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samedi 28 avril 2018

Grand Est : le porte-parole du gouvernement décourage l'idée d'un "Brexit alsacien"

"Il n'y aura pas de Brexit alsacien," prévient Benjamin Griveaux

"Toute sortie de l'Alsace du Grand Est est exclue"


Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a été catégorique sur France Bleu Alsace ce mercredi matin.


Le président Macron l'avait déjà indiqué lors de sa venue à Strasbourg, et son porte-parole du gouvernement l'a répété : "On ne reviendra pas sur la région Grand Est, mais on n'écarte pas une fusion des départements alsaciens". Avec transfert de compétences économiques de la Région ? "Des réflexions sont en cours. Le préfet doit rencontrer l'ensemble des élus", a vaguement répondu Benjamin Griveaux. 

Le préfet du Bas-Rhin, Jean-Luc Marx, doit rendre sa copie d'ici le 20 juin. 
De leur côté, les départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin ont lancé une consultation en ligne pour permettre aux Alsaciens de se se prononcer sur une nouvelle collectivité d'Alsace.

"L'enjeu n'est pas un brexit alsacien" (Brigitte Klinkert)

Brigitte Klinkert, présidente DVD, ex-UDI, du Conseil départementale du Haut-Rhin a réagi par tweet aux propos du porte-parole du gouvernement, le 25 avril. "L'enjeu n'est pas un Brexit alsacien, mais bien de construire un territoire européen et trans-frontalier exemplaire au service de la France".
Bienvenue en @BGriveaux ! L’enjeu n’est pas un alsacien mais bien de construire un territoire européen et transfrontalier exemplaire au service de la ! C’est notre projet avec @F_Bierry et les élus et parlementaires alsaciens ! @fbuchy @BleuAlsace @Chab_

Autre sujet évoqué ce mercredi matin sur France Bleu Alsace, le GCO, le Grand Contournement ouest de Strasbourg : "Le gouvernement ne changera pas d'avis, mais lorsque nous allons délivrer l'autorisation unique environnementale, il faudra y intégrer un renforcement des mesures compensatoires et faire en sorte que l'impact environnementale soit maîtrisé pour limiter au maximum les effets négatifs sur la biodiversité", indique Benjamin Griveaux mais "l'autoroute se fera bien".

Et un Brexit des deux Savoie ou des deux Corse ?

vendredi 27 avril 2018

"Plan banlieues" : Dati tacle les vieilles recettes d'un Borloo congelé dans le passé

Encore de l'assistanat à fonds perdu

Jean-Louis Borloo croit pouvoir faire du neuf avec du vieux

Née de parents immigrés maghrébins, l'ex-résidente du quartier des Prés-Saint-Jean à Chalon-sur-Saône, Rachida Dati n'a pas de mots assez durs pour dénoncer les propositions de son ex-collègue. Le "plan Banlieues" rédigé par Jean-Louis Borloo "veut sauver les banlieues avec les vieilles recettes," met en garde l'ancienne garde des Sceaux dans Le Figaro. 

"Des milliards supplémentaires à fonds perdu pour de l'assistanat".
En quelques mots, Rachida Dati exécute le "plan Banlieues" de l'ancien ministre du Logement de Jacques Chirac.  Jean-Louis Borloo "veut sauver les banlieues" après "avoir échoué à électrifier l'Afrique," ironise l'ancienne ministre de la Justice ans un communiqué diffusé vendredi,.en référence aux efforts vains tentés par son ancien collègue au gouvernement sous Nicolas Sarkozy à travers la fondation "Energies pour l'Afrique" lancée en 2015. Investi pour dix ans dans l’électrification de l’Afrique, il annonça en 2017 qu'il abandonnait et se tournait vers d’autres horizons, avec la satisfaction d’avoir contribué à créer l’Initiative africaine pour les énergies vertes (AREI). Mais les acteurs de cette initiative dédiée aux énergies renouvelables réfutent tout lien de parenté avec l'AREI...

Estimant sa mission remplie, le 15 février 2017, dans un entretien accordé au quotidien Le Figaro, l’ancien avocat annonça qu’il souhaitait désormais se mettre "au service d’une nouvelle cause collective", évoquant notamment, à quelques mois des élections présidentielle et législatives, "le déclassement de la France" et - après celui de l'Afrique - le "sauvetage de l’Europe"...
"Depuis 2004 et la création de l'Agence nationale pour la rénovation urbaine, 60 milliards d'euros ont été déversés sur ces quartiers dits populaires"

Ce rappel de Rachida Dati est d'autant plus cruel que cet argent n'a pas eu d'effets. Logiquement, elle s'interroge sur les moyens supplémentaires réclamés par Borloo. "Alors à quoi vont servir ces 48 milliards d'impôts supplémentaires ? A financer une Ecole Nationale d'Administration pour banlieusards, alors que le décrochage scolaire intervient dès le collège, que la violence et la désintégration républicaine gangrènent une partie de ces territoires. Et ce n'est pas la tarte à la crème'du numérique' qui empêchera les fractures", lance la maire du VIIe arrondissement de Paris .

Les "nouvelles Marianne" devant remplacer "les grands frères" des années 90, autre mesure gadget pour l'ex-magistrate. Utiliser "les mères comme femmes-relais en les assignant au pied des immeubles", c'est du "mépris" et du "sexisme", explique-t-elle à l'ancien député radical valoisien qui prend ses racines idéologiques dans la franc-maçonnerie

"Ce plan ne comporte ni responsabilité, ni devoir, ni sécurité, met-elle en garde. Alors non, les impôts des Français ne doivent pas contribuer à notre affaiblissement, pour la seule bonne conscience de ceux qui méprisent ou victimisent les habitants de ces territoires", fustige Rachida Dati.

Bilan du gouvernement à un an, pire que médiocre : 60% des Français mécontents

Les Français ont une mauvaise opinion des ministres et de l'action du  gouvernement 

Près d'un an après son entrée en fonction, le gouvernement est peu apprécié

Les soldats inconnus de Macron : il devra ranimer leur flamme !
De surcroît, l'action de l'exécutif n'est pas non plus bien perçue par plus de la moitié des Français, observe un sondage Odoxa publié jeudi. 
Au total, environ six Français sur dix se disent mécontents de l'action du gouvernement. Seulement 40 % (- 1) des personnes interrogées se disent " satisfaites" du gouvernement, contre 59 % (=) d'un avis contraire, soit quasiment le même niveau que lors d'une précédente enquête en novembre 2017.

Les sympathisants de La République en marche sont les plus satisfaits (92 %), mais  seulement 41 % des proches du Parti socialiste et 43 % de ceux du parti Les Républicains se disent satisfaits du gouvernement

Non pas du fait de sa politique intérieure, mais plutôt de son déploiement médiatique en Europe et à l'international et encore le sont-ils moins qu'en novembre (54 %, - 1), devant la sécurité (46 %, - 9), l'éducation (45 %, - 7) et les questions économiques et sociales (35 %, =), selon cette enquête avec Dentsu Consulting pour Le Figaro et Franceinfo. 
Si 31 % (+ 7) des Français ont en moyenne une "mauvaise opinion" des ministres dans leur ensemble et 23 % (+1) une "bonne", 46 % (- 8) des personnes interrogées avouent ne toujours pas connaître les membres du gouvernement.

Dans le détail, la ministre des Sports Laura Flessel reste la plus populaire avec 41 % (- 4) de bonnes opinions, mais elle doit cette médaille d'or davantage à sa notoriété de championne qu'à son action très confidentielle. 
Elle devance le premier ministre Edouard Philippe (38 %, - 4) et Jean-Yves Le Drian (38 %, - 1), Nicolas Hulot s'effondre (36 %, - 11), tandis que Gérard Collomb se maintient (31 %, - 1). Jean-Michel Blanquer gagne 3 points à 28 %. 

Mais plus d'un Français sur deux sont des inconnu(e)s, telles les ministres des Armées, Florence Parly, de la Culture, Françoise Nyssen, ou de la Justice, Nicole Belloubet. Trois femmes...


Chômage : petit recul, mais nette hausse de la précarité

Un tour de passe-passe dont les demandeurs d'emploi ne sortent pas indemnes

Le nombre de demandeurs d'emploi en France métropolitaine aurait reculé de 0,9 % au premier trimestre 2018
 


Les premiers chiffres trimestriels fournis par la Dares, l'institut de statistiques du ministère du Travail et publiés par le gouvernement mercredi, sont établis par rapport aux trois derniers mois de l'année 2017 consécutifs au quinquennat Hollande.
Les chiffres de l'Insee sont considérés comme plus significatifs. Ce sont eux qui sont utilisés pour les comparaisons internationales. Ils ne tiennent pas compte des personnes inscrites à Pôle emploi, mais uniquement des critères d'absence d'emploi, de disponibilité et de recherche.

Un chiffre qui concerne la catégorie A, celle des chômeurs sans aucune activité salariée. Le nombre des demandeurs d'emploi dans cette catégorie s'établit à 3.435.900 personnes en France métropolitaine, et à 3.695.400, en prenant en compte les départements et régions d'Outre-mer (hors Mayotte !).
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A Mayotte, selon l'INSEE en 2016, le taux de chômage s'élevait à ...27,1% et 26% en février 2018, en majorité dans le secteur public...Le taux de chômage des jeunes de moins de 30 ans est de l'ordre de 43% à Mayotte, contre 16% en métropole.
Au total, le nombre de personnes inscrites - en métropole - à Pôle emploi, toutes catégories confondues, s'établit pour ce premier trimestre à 5.621.000. Le recul du chômage en catégorie A semble donc se confirmer puisque le nombre de chômeurs est en baisse de 1,4 % sur un an.

Dans le même temps, le recul du chômage s'est accompagné d'une hausse du nombre de demandeurs d'emploi exerçant une activité (+ 1,5 %), qui a atteint 2,23 millions. Résultat : le nombre de demandeurs d'emploi, avec ou sans activité, est resté stable (+ 1.900, + 0,0 %) sur le trimestre, à 5,93 millions. Sur un an, le chômage a baissé de 1,2 %, mais le nombre de demandeurs d'emploi, petite activité comprise, a augmenté de 2,1 %.

Autre préoccupation, le chômage de longue durée a fortement augmenté au 1er trimestre : en incluant les demandeurs d'emploi ayant exercé une activité, 2,74 millions étaient inscrits depuis plus d'un an. Un chiffre en hausse de 1,9 % sur le trimestre et de 6,5 % sur l'année.
Sur le trimestre, toutes les régions ont profité de la baisse du chômage, à l'exception de l'Île-de-France (stable), de la Corse (+ 0,2 %) et de La Réunion (+ 1,3 %).

Si on ne veut considérer que les seuls chômeurs (sans activité), toutes les classes d'âge ont profité de la baisse trimestrielle. En métropole, le chômage a décru de 0,6 % pour les jeunes comme pour les seniors. 
En revanche, si les "moins de 25 ans" ont vu leur situation s'améliorer fortement (- 3,9 %), sur un an, la situation des "50 ans ou plus" s'est détériorée (+ 0,4 %).

Travail précaire en hausse sensible

Mieux vaut un travail précaire que rien ?
 
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En septembre 2012, deux tiers des demandeurs d'emploi qui exerçaient un petit boulot (moins de 110 heures par mois) en même temps qu'ils recherchaient un emploi stable le décrochaient quelques mois plus tard, selon une étude de l'Unedic. La moitié obtenait un CDI.
"Au cours du quinquennat de François Hollande, chaque fin de mois était devenue très souvent comme un supplice chinois pour ...les ministres du Travail [sic] lorsqu'il s'agissait d'annoncer officiellement les chiffres du chômage, écrivit La Dépêche"... On plaindra donc Michel Sapin, François Rebsamen, puis Myriam El Khomri.

Cette baisse que la presse des macroniens béats salueest quelque peu factice.
Elle s'accompagne en parallèle d'une hausse du travail précaire, dénoncée hier par plusieurs syndicats. Une situation qui rappelle ainsi ce qui s'est passé en Allemagne après les réformes du travail introduites par Gerhard Schröder en 2003. Il y a 15 ans : la marche en avant de Macron serait-elle virtuelle ?
Alors que plusieurs clignotants (croissance, embauches en CDI), sont au vert, notamment chez nos voisins européens, cette ombre au tableau  français va modérer l'enthousiasme du gouvernement et des fats de la majorité présidentielle. De fait, hier, le président du groupe LREM à l'Assemblée, Richard Ferrand, a assuré le service minimum, mentionnant plutôt sobrement "un signal positif dans la lutte contre le chômage." Un signal clignotant...

jeudi 26 avril 2018

Tolbiac : Marianne, LeMedia (LFI) et Reporterre, en flagrant délit de "fake news"

Des pros de l'info font de l'intox à la manière des réseaux qu'ils méprisent

"Blessé grave à Tolbiac": la folle infox d'une presse engagée qui se repaît du malheur

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L'évacuation de Tolbiac, un site de Paris-Sorbonne que squattaient des anarcho-autonomes par la BAC et des CRS vendredi 20 avril à l’aube, aurait pu donner du grain à moudre à une certaine presse orientée. Marianne, Reporterre et Le Media avaient complaisamment relayé une rumeur  - non vérifiée - selon laquelle un blessé grave aurait été déploré vendredi, lors de cette évacuation  de la faculté de Tolbiac, évidemment qualifiée aussitôt de "musclée". 

Après Reporterre, Le Media présenta ses excuses. "Ils voulaient juste casser des mecs; tu crois que c’est normal de taper à la cheville comme ça ? Franchement, s’il décède…". Vendredi dernier, en faisant des commentaires à visée catastrophiste, un groupe d'étudiantes révolutionnaires quitte les abords de la fac de Tolbiac (XIIIe arrondissement), réhabilitée à grands frais après un désamiantage et pourtant saccagée depuisLe Parisien écrit : "A la chaleur étouffante de cette fin avril s’ajoute l’ardeur de plusieurs centaines d’étudiants, militants et professeurs réunis devant l’enceinte bouclée par des dizaines de camions de CRS. " Les bloqueurs seraient les policiers : le monde à l'envers !

Le Parisien ne s'en tient pas là et désigne les coupables qui l'arrangent. 
"Depuis quelques heures, un bruit affole la 'Commune libre de Tolbiac' et hystérise les réseaux sociaux." Le site universitaire a été évacué à l’aube par la BAC et des CRS après un mois d’occupation et de blocage des cours, au moment des partiels. "Essayant d’échapper à la police, un homme aurait chuté d’un parapet après avoir été crocheté à la cheville par un membre des forces de l’ordre. Dans le coma ? Mort ? Gravement blessé ? s'interroge le journaliste Cyril Simon.

Il y aurait des témoins directs, clament étudiants et syndicats.  
"Six jours plus tard, la rumeur s’est totalement dégonflée," commente Le Parisien, sautant à pieds joints sur près d'une semaine d'intox malintentionnée de la presse. 
On notera avec intérêt que les tweets sont expédiés depuis l'étranger par Taranis News, ex-Rennes TV, une agence de presse alternative qui assura la promotion de 'Nuit debout", le mouvement de contestation du projet de loi El Khomri sur la réforme du Code du Travail français et qui s’inscrit clairement à l’extrême gauche, dans la mouvance antifa.
Son fondateur et gérant Gaspar Glanz, 29 ans, a travaillé pour des organes d’information aussi militants qu’Antenne 2, Rue 89, Canal+, l’AFP et l’agence de presse russe Ruptly. On retrouve G. Glanz en particulier lors des affrontements hyper-violents des 'black blocks' et 'No border' avec la police lors du sommet de l’OTAN et à l'origine de saccage anti-capitaliste de Strasbourg en 2009 et du camp de réfugiés  clandestins de Calais, ainsi que ceux de Notre-Dame des Landes et de Sivens.Ganz s'est fait démasquer lors des manifestations anti-mariage entre personnes du même sexe. Sur le site de bretagne.france3.fr, on pouvait lire le titre suivant : Manif pour tous à Rennes : deux personnes, dont un journaliste [du site internet RennesTV], agressées par des anti.
Le Parisien passe directement aux excuses sans mentionner le travail de désinformation de ses confrères.
Cyril Simon
Dans un communiqué de mercredi soir, après le site alternatif Reporterre,  c’est 'Le Média', la webtélé créée par des militants insoumis de Jean-Luc Mélenchon, qui a fait "amende honorable", selon Le Parisien, non sans indulgence confraternelle de la part du journaliste C. Simon, passé par Slate. "Des excuses cosignées par l’intégralité de la rédaction," des militants habitués aux scores staliniens et solidaires jusque dans la honte. 

Reprenons le déroulé de cette "vraie fausse nouvelle" colportée par la gauche radicale : une manipulation, si la droite l'avait pareillement instrumentalisée

"Un mort à Tolbiac, vous confirmez ?" Il est 12h52 quand le mot "mort" est pour la première fois lâché sur Twitter. La vérité voudrait que C. Simon précisât que c'est le compte Twitter de Reporterre qui dramatise une situation explosive, sur la base du témoignage d'une "représentante de l'UNEF". Or, à Tolbiac, l'UNEF est rouge.

La victime dans le coma supposé est bientôt déclarée morte.
"A l’Assemblée générale de Science Po, on vient de nous dire qu’il y a un mort à Tolbiac, après avoir été coursé par la BAC, crâne fracassé. Etat de choc ici. Vous confirmez ?", s’indigne aussi sec le très actif compte gauchiste "Stop état d’urgence" en interpellant son homologue 'Commune Libre de Tolbiac', raconte Simon. 
"Il faudra moins de deux heures pour que cet écho se transforme en vacarme," observe pour Le Parisien Visibrain, une plateforme de veille [?] des réseaux sociaux. Répétons-le, d'abord, les twittos ne sont pas en cause.

Trois articles de presse diffusèrent l'intox

Le premier est signé du site Reporterre.net, qui parle d’un "occupant squatteur " grièvement blessé" et cite au moins deux témoins directs. 

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Reporterre est un site français d'actualité lancé en ...2007, se qualifiant de "quotidien de l'écologie". Il est animé par Hervé Kempf, un ancien journaliste du Monde. Il dénonça la classe oligarchique et reçut l'onction d'Hugo Chávez, mais refusa la Légion d'honneur que voulait lui décerner la ministre de l'Environnement, Ségolène Royal.
Au printemps 2016, Reporterre s'est particulièrement investi dans le suivi du
mouvement 'Nuit debout' et a publié une enquête assurant révéler des éléments inédits sur la mort de Rémi Fraisse à Sivens et sur la responsabilité du gouvernement.
L’hebdomadaire Marianne relaie ensuite la 'fake news' en donnant la parole à une représentante insoupçonnable de l’UNEF évoquant "un étudiant dans le coma", avant de s’amender [selon Simon] et d’évoquer une heure plus tard un "blessé grave", info tout aussi fausse. 

Le Média saute également sur l'occasion. Sur place, aucun étudiant n’est toutefois capable de fournir l’identité, l’âge ou le prénom du malheureux plongé par Reporterre dans le coma.  

Quand la préfecture de police de Paris sort de son silence, c'est pour démentir tout blessé grave. Elle mentionne simplement l’hospitalisation d’un "jeune homme" durant une heure et demi pour "une blessure au coude". Cela ne suffit pas aux trois manipulateur de l'opinion. 
Entre deux thèses complotistes, il est désormais question d’un transfert à l’hôpital Cochin par les pompiers. Ce que démentent les deux organismes, conjointement interrogés par Le Parisien et le parquet de Paris. Samedi midi, l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) se fend même d’un communiqué officiel, pressé par le syndicat SUD-Santé. "De source hospitalière, nous savons qu’un patient a été proposé à la grande garde de neurochirurgie mais refusé parce que ne relevant pas de la chirurgie et transféré dans un autre établissement", avait-elle indiqué. 

Les trotskistes de SUD avaient aussitôt publié une lettre soupçonneuse "Rumeur ou mensonge d’État ?".  
Mardi soir, le temps des «témoignages fallacieux» Et si l’homme hospitalisé était un migrant ayant rejoint, comme certains SDF, le site universitaire ? Cette thèse grossit à mesure que passaient les journées sans information, puisque la rumeur était sans réalité factuelle. Les étudiants assuraient même préparer leur défense et protéger les deux témoins directs. L'agit-prop mijote sans le concours  des réseaux sociaux.

Invitée dimanche soir sur France 5, Juliette, une porte-parole de 19 ans, certifie "constater" des mensonges de la part des autorités. 
Reporterre défend  sa version mordicus… jusqu’à mardi soir. Sous l'effet magique d’un article de Libération, le site accuse alors des témoignages "fallacieux". "Il n’y a pas eu de blessé grave à Tolbiac le 20 avril", lâche le journaliste "après une enquête collective[sic, mais tardive] auprès du voisinage et des étudiants. Aucun élément probant n’a été trouvé sur l’existence par ailleurs d’une équipe de nettoyage qui serait venue nettoyer les taches de sang. 

Les premiers rétropédalages ne tardent pas chez les ex-bloqueurs de Tolbiac. Ces prétendus témoins directs, "ce sont les mêmes qui se sont confié.e.s aux un.e.s et aux autres", tweete mardi soir le compte 'Cortège de tête'. Nous partageons la responsabilité d’avoir fait écho de témoignages erronés". Ils assument... Et alors ? Macron aurait-il fait école en leur sein ?

Mercredi après-midi, la 'Commune Libre' de Tolbiac n'a, quant à elle, toujours pas fait "amende honorable"
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Les anars n'auront pas ce courage et partageront les bobards de Leïla, cette porte-parole sur-mesures interrogée par le site de propagande de LFI, Le Média, dans une vidéo virale. 

Accusée par Libération d’avoir menti sur son rôle de témoin oculaire,
elle n'hésite pas à dénoncer mercredi un "article diffamatoire". "ON a vu un gars devant les grilles avec la tête complètement explosée et une flaque énorme […] La personne est actuellement dans un coma profond", avait affirmé vendredi après-midi ce modèle de vertu révolutionnaire. 

Elle précise désormais avoir utilisé le "on" devant les caméras
"au nom d’un collectif qui souhaitait faire état des témoignages recueillis".  Une version que Le Parisien accepte pour sa part de confirmer, sans se porter garant de la tenue des autres entretiens. Souvent imprécise dans ses réponses, Leïla nous a toutefois assuré n’avoir rien vu de ses propres yeux. 
Micro en main devant Tolbiac vendredi, elle lançait même à la foule un appel à témoins pour éclaircir "cette situation floue". Maladresses de langage de sa part, mensonge éhonté ou manipulation de La France insoumise ?

Aujourd’hui, si les media semblent laisser mourir la rumeur de mort lente, elle n’est pas encore totalement éteinte. De nombreux militants détournent l'attention du " blessé grave" sur les "violences policières", une valeur sûre. 
Tous demandent désormais que soient examinées les images des caméras de vidéoprotection situés rue Baudricourt, à l’arrière du centre Tolbiac, entre 5h30 et 6h30 du matin, au moment de l’évacuation et de la supposée chute. 
Jointe mercredi matin, la préfecture de police de Paris confirme la présence de ces appareils sans indiquer s’ils lui appartiennent. "Seules les autorités judiciaires peuvent choisir de consulter et diffuser ses images, poursuit-elle. Et il faut pour cela qu’une plainte soit déposée ou qu’une enquête soit ouverte". Ce qui n’est pas le cas à l’heure actuelle.

Gérard Miller, cofondateur du Média, se ridiculise

Sans vergogne, le psy dérangé tente de justifier la diffusion de la fake news sur l'évacuation de Tolbiac.
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"Evidemment, il n'y a pas eu de blessé grave, un blessé dans le coma après l'intervention brutale de la police à Tolbiac." Cette mise au point, quatre jours après la préfecture de police et l'AP-HP, est signée Gérard Miller, cofondateur du Média, l'un des sites qui ont relayé avec le plus d'insistance ce qui s'est avéré être une manipulation politique de la presse d'opinion.

Mais l'ancien chroniqueur de Michel Drucker et de Laurent Ruquier, ce proche de Jean-Luc Mélenchon ne présente pas d'excuses et tente même de se justifier, ce mercredi 25 avril, après avoir propagé cette fausse information.

Miller noie le poisson.  De l'évacuation musclée du site Mendes-France de l'université Paris 1 à Tolbiac qui s'est déroulée vendredi 20 avril. Rapidement après les faits, au moins trois témoins évoquent le cas d'un individu qui aurait été grièvement blessé en tentant de fuir la police. Aucune des personnes rencontrées par Le HuffPost n'a été en capacité de décrire la personne blessée ni de dire où l'accident aurait précisément eu lieu.

Miller est à l'aise avec les dérangés.
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Après les deux démentis,
Gérard Miller et la direction du Média prennent la parole, mais ne reconnaissent pas leur récupération des égarements de leur base militante. Au contraire, le site continue d'estimer qu'il a bien fait de donner la parole à cette jeune femme qui portait une accusation aussi lourde de conséquences.

Miller - et avec lui Le Media - se déconsidèrent à jamais.
"Evidemment lorsqu'on prend le risque de recueillir les témoignages de gens qui ont vécu un événement traumatisant [le soignant est-il plus malade que le patient ?], on prend le risque d'avoir des témoignages qui peuvent se révéler inexacts, imprécis. (...) Comment en vouloir à un certain nombre de médias d'avoir donné la parole à ces étudiants traumatisés", se demande Gérard Miller. Et le psychanalyste d'enchaîner avec une valorisation du déraillement de son media.
"Il est décisif que les témoins des événements puissent parler avec leur façon de faire, avec leur émotion avec parfois leurs inexactitudes qu'on soulignera. Mais ne faisons pas en sorte qu'une chape de plomb retombe sur les témoins des événements violents [généralisation et amalgame]. Ne partons pas du principe qu'il ne faut donner la parole qu'à des journalistes après un jour ou deux d'enquête, exhorte-t-il encore. [Défend-il pareillement le crédit à accorder aux réseaux sociaux ?] Mais sur le fond, la violence policière, c'est ça que les étudiants ont traduit à leur façon et c'est ça qu'il fallait effectivement transmettre largement", délire-t-il.

Au risque donc de relayer une infotox pendant plusieurs jours; une obstination sur une longue durée qui ne dérange pas Gérard Miller, selon lequel "cette info inexacte (a été) vite corrigée". Dans Le Monde, le docteur Maboul affirme ne pas vouloir se "laisser impressionner par les cris d'orfraie des défenseurs de l'exactitude".
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