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mardi 3 avril 2018

Social : vers une convergence des luttes, rêve collectif ?

Cheminots, éboueurs, pilotes, étudiants ou encore électriciens cessent le travail aujourd’hui

Ces professions sont parmi les nombreux secteurs qui protestent contre leurs conditions de travail et les réformes Macron

Sept syndicats et organisations représentant la SNCF se sont mobilisés dans la rue le 22 mars 2018
Sept syndicats et organisations représentant la SNCF se sont mobilisés dans la rue le 22 mars 2018
Après de premières mobilisations résignées  - du fait d'un passage en force annoncé par ordonnances -  contre une Loi Travail finalement votée sans encombres par la majorité présidentielle majoritaire, ces différents mouvements de contestation lancés en ce début de printemps pourraient cette fois-ci bénéficier d’un effet d’accumulation susceptible de gêner un gouvernement qui a eu jusqu’ici les mains libres pour mettre en place son projet de libéralisation de l'économie française. 

Savoir si les syndicats et les travailleurs peuvent devenir la principale force d’opposition à son action, c'est désormais tout l’enjeu pour un exécutif autoritaire qui orchestre la grogne de la population sur ses chaînes d'information dévouées. Dans la matinée, CNews a montré en boucle des usagers désemparés traversants les voies SNCF et son chroniqueur économique a chiffré le coût de ce mouvement social à 20 millions par jour, pour ...l'Etat. A 25, à Air France, et toujours pour le contribuable !

Guillaume Erner a posé la question à ses intervenants de nous "expliquer" la situation (sur BFMTV, ils nous la "décryptent")...
Sociologue et professeur à Science Po, ce journaliste est passé de France Inter (avant que Mathieu Gallet ait demandé à Olivier Poivre d'Arvor de quitter la direction de France Culture), à France Culture, dans le même temps où d'autres chroniqueurs du service public ont, comme lui, intégré Charlie Hebdo après l'attentat de 2015.

Cet entre-de soi de France Culture a réuni :
Sophie Binet, co-secrétaire générale de la CGT des cadres et techniciens (UGICT-CGT)

et Manuel Cervera Marzal, sociologue 
Ce sociologue n'a donc pas échappé à la règle générale consistant à diplômer ou recruter, en fonction du profil politique.

Il rectifie le tir sur Twitter:
 en effet, 
certains mots sont impopulaires : les "acquis sociaux" évoqués à 7h00 deviendront des "droits existants" à 7h59...

La CGT a trouvé la solution : faire payer les Français
Faire gonfler la dette publique n'est pas un problème pour l'extrême gauche. 
Et si, sous la pression de l'Union européenne,  le pouvoir macronien prend dans les poches du contribuable, la CGT et Mélenchon hurleront-ils à un impôt déguisé ? 

Manuel Cervera Marzal, chercheur associé au CESPRA (EHESS), foyer de gauchistes, nous est envoyé par la Casa de Velázquez de...Madrid).
Dans Libération, en juin 2016, cet expert envisageait "Podemos ou la possibilité d’un tournant historique", preuve que l'idéologie rend clairvoyant... "Seule autre option sérieusement envisageable : un "gouvernement du changement" réunissant les deux forces de la gauche, Partido Socialista Obrero Español et Unidos Podemos," écrivait l'influenceur : manipulateur ?

La convergence des luttes commence par la convergence idéologique des accapareurs du service public.

Air France : une quatrième grève et un conflit convergent

La mobilisation pour une revalorisation des salaires de la compagnie aérienne ne faiblit pas

Les salariés d’Air France ont reçu un nouvel appel à la grève mardi.

C'est la quatrième fois depuis la fin février, dans un conflit qui se durcit et  converge vers le mouvement  social à la SNCF, les éboueurs ou les universités

Une journée de mobilisation pour les salaires qui coïncide avec le début de la longue grève en pointillés et à rebonds à la SNCF, par sessions de deux jours hebdomadaires, même si les syndicats de la compagnie affirment que la date avait été arrêtée depuis longtemps, sans concertation avec les cheminots. 
En attendant une convergence des luttes, le calendrier social s’accorde au moins aujourd’hui dans la convergence des dates. Les salariés d’Air France sont d’ailleurs appelés à d’autres arrêts de travail les 7, 10 et 11 avril.  : combien, d'ici la fin juin ? 

Les grévistes restent fermes sur leur revendication d’une augmentation générale de 6%

Une intersyndicale regroupant les organisations de pilotes (le SNPL, majoritaire, Spaf et Alter), de personnels navigants (SNPNC, Unsa-PNC, CFTC, SNGAF) et au sol (CGT, FO et SUD), coordonne un mouvement social unitaire. 
Un simple "rattrapage de l’inflation", plus que légitime, selon eux, alors que leurs salaires sont bloqués depuis 2011. Les fonctionnaires sont-ils plus favorisés ? Détenteurs de la clé du conflit avec leur capacité à clouer les avions au sol, les pilotes réclament même 4,7% de plus pour arriver à une revalorisation de leur rémunération de l’ordre de 11%.  

Les syndicats estiment que le retour aux bénéfices en 2017 a changé la donneaprès plusieurs années d’efforts de productivité imposés par la direction, durant lesquelles ils ont joué le jeu d’une grande modération salariale, afin de ne pas aggraver les pertes de la compagnie, assurent-ils. Une juste répartition des fruits de la croissance qui s’est déjà traduite dans d’autres compagnies, comme l’allemande Lufthansa, par de substantielles augmentations pour les pilotes au terme d’un mouvement social de trois ans qui aura coûté plusieurs centaines de millions d’euros à la compagnie et au citoyen allemand. 

"Je crains que ce mouvement ne dure et coûte fort cher", a mis en garde le responsable du SNPL. Il y a quelques jours, Philippe Evain (Air France) a en effet consulté début mars les pilotes sur le principe d’arrêts de travail pouvant dépasser six jours, approuvé à 71%. 
Pour la direction, qui estime à 25 millions la facture de chaque jour de grève - additionnés aux 20 millions par jour de grève à la SNCF - avec environ 25% des vols annulés, céder à la revendication "pas réaliste" des grévistes reviendrait à hypothéquer gravement l’avenir de la compagnie dont la rentabilité demeure nettement inférieure à celle de ses concurrents. La compagnie a chiffré à 240 millions d’euros le coût d’une telle mesure qui viendrait s’additionner aux 200 millions déjà accordés pour 2018 : 1% d’augmentation générale, 1,4% de hausses individuelles pour les personnels au sol et un accord d’intéressement qui représente 20% du résultat d’Air France, soit 130 millions d’euros à répartir, avec, cerise sur le gâteau, un bonus de 2% par salarié. Au total, a-t-elle calculé, l’augmentation de la rémunération sera ainsi en moyenne de 4,5% en 2018.  

Pas question donc d’aller plus loin et de rogner sur les investissements 

On parle ici de 1,3 milliard d’euros prévus cette année, comprenant l’embauche de 250 pilotes et 1,7 milliard l’an prochain, en acceptant que l’essentiel des 590 millions de bénéfices de 2017, les meilleurs de l’histoire de la compagnie, soit absorbé par des hausses de salaires. 
La marge opérationnelle d’Air France atteint aujourd’hui 4% là où elle est à 9% chez Lufthansa et KLM et 12% chez British Airways. "Pour distribuer de la richesse, il faut d’abord l’avoir créée", a résumé Franck Terner, le PDG d’Air France. 

Le mouvement est-il en phase de décélération

La mobilisation n’a guère faibli, lors de la troisième journée de grève, vendredi dernier. Chez les navigants, elle était de 31% de grévistes chez les pilotes et 28% pour les hôtesses et stewards PNC. Elle était en revanche de moins de 10% au sol, selon la direction, un chiffre en forte baisse. 

Un dialogue social aphone s'installe. Les pilotes ont quitté la dernière séance de négociations après seulement quarante minutes de discussion et le directeur des ressources humaines a échoué dans sa stratégie de division syndicale sur laquelle avait dans un premier temps misé. 
Ex-conseiller de Manuel Valls à Matignon, Gilles Gateau entendait s’appuyer sur la CFDT, seul syndicat représentatif réformiste (proche du PS, tant qu'il ne s'était pas écrasé au sol lors des dernières élections) avec la CFE-CGC à avoir signé l’accord de février sur les salaires, pour créer une brèche dans le front syndical. 

L’écart grandissant entre le taux de pilotes grévistes et celui des personnels au sol pourrait-il finir par favoriser un découplage des négociations comme l’escompte la direction ? Cette hypothèse a jusqu’ici été mise en échec par le bureau du SNPL, qui joue à fond l’union intersyndicale avec les autres catégories de personnel pour faire plier la direction. 
En plus de la nouvelle journée de grève déjà prévue samedi 7 avril, les syndicats, qui s’inquiètent que la direction de la compagnie "ne semble pas prendre au sérieux la détermination des salariés et de l’intersyndicale", ont annoncé dimanche de nouveaux arrêts de travail pour les 10 et 11 avril.  

Air France amorce une "inversion de la poussée" ('reverse thrust', pour ce prétentieux de Macron)
Alors que les positions se figent, la direction a réaffirmé son ouverture à poursuivre le dialogue. Selon certaines sources [secret de sources, réelles ou imaginées], elle aurait également, mis sur la table la possibilité d’accéder à une partie des revendications des pilotes en échange d’un élargissement du périmètre d’activité de la filiale à bas coût d’Air France, Transavia
Transavia est une compagnie aérienne à bas prix néerlandaise, filiale de KLM [flotte de ...Boeing, essentiellement] et qui fait donc partie du groupe Air France-KLM [depuis 2003]. C'est un peu ce qu'est Flexibus (2011) - ou "cars Macron"- pour la SNCF [dont la filiale d 'autocars OuiBus' prend le relais des chemins de fer !], un moyen alternatif 'low cost' de transport destiné à  briser les grèves.Depuis longtemps, Guillaume Pepy, le président de la SNCF a pris la mesure qui pourrait changer la donne de la grève des cheminots. Ces dernières années, l’entreprise ferroviaire a ainsi créé de nombreuses filiales spécialisées : Ouibus pour le car longue distance, IDVroom pour le covoiturage, Ouicar pour la location de véhicules entre particuliers. "La solution alternative, maintenant, c’est le covoiturage", a-t-il lancé fin mars sur France Inter. La SNCF a d’ailleurs rendu gratuit son service IDVroom pour les passagers pendant la durée des grèves.
Pour se développer et augmenter le nombre de ses appareils (aux coûts d’exploitation réduits), alors qu'elle est pour la première fois bénéficiaire en 2017, Transavia, a besoin d’un agrément des pilotes. Le sujet sera au cœur du plan stratégique à cinq ans d’Air France, que les pilotes se disent prêts à prendre en compte, mais sans pour autant mélanger deux dossiers qu’ils estiment séparés. Autrement dit : d’abord le rattrapage et ensuite la discussion sur l’avenir. "On peut s’attendre à une longue guerre d’usure dans la grande tradition des conflits à Air France, pronostique un spécialiste, selon lequel l’attitude de l’Etat pourrait faire pencher la barre dans "un sens ou dans l’autre. S’il reste en dehors comme lors des précédents conflits, ce sera vu comme un encouragement pour la direction à tenir bon. Mais s’il s’en mêle, le dossier prendra un tour très politique, comme l’espèrent les syndicats et alors là, difficile de prévoir l’issue".

Les éboueurs CGT entrent en grève

La CGT fait la grève de la gestion des déchets 

La CGT a entamé mardi matin une grève pour la création d'un "service public national" des déchets

Début d'une grève de la CGT dans la gestion des déchets
Des actions sont menées en Ile-de-France, dans l'Ouest et le Nord, ont indiqué des représentants syndicaux.

Présent avec une "petite centaine" de personnes devant le centre de tri du Syctom à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), Fabrice Michaud (fédération CGT des Transports) a salué "une bonne mobilisation, dans le privé surtout".
L'entreprise assurant la collecte des communes de "Villejuif, Gentilly, Vitry, Arcueil..." était à l'arrêt, a-t-il dit, tandis qu'"à Charenton, il y a seulement 6 camions bennes qui sont sortis ce matin".

Des assemblées générales se tenaient mardi matin

F. Michaud, CGT, confirme que la base n'est pas décisionnaire de la grève, puisqu'il ajoute qu'elles se réunissent "pour convaincre les camarades de ne pas sortir", a ajouté dans les différents sites de collecte et traitement des déchets

Il y a par exemple "100% de grévistes aux Mureaux", PS et PCF par alternance, dans les Yvelines et "99% au centre de tri d'Anzin [PS-MoDem, mais traditionnellement de gauche]" dans le Nord, selon lui.

Baptiste Talbot, secrétaire général de la CGT des Services publics, a également fait état de piquets de grève à Saint-Ouen (PCF jusqu'en 2014, Seine-Saint-Denis) et Ivry-sur-Seine (PCF depuis 1945, Val-de-Marne, PCF).

Dans l'Ouest, une mobilisation était en cours à Dieppe (PCF) et à Morlaix (PS jusqu'en 2008), a-t-il ajouté.

Les fédérations CGT des Transports et des Services publics sont à l'origine de cette grève illimitée

Elles réclament la création d'un "service public national" des déchets avec un "statut unique public" pour les salariés de la filière.

Exigeant la "reconnaissance de la pénibilité" du travail dans ce secteur, ils demandent un départ anticipé à la retraite de cinq ans "à taux plein" pour tous et de 10 ans pour les métiers "exposés à l'insalubrité et la pénibilité" (ramassage des ordures, agents de tri), ainsi qu'une réduction du temps de travail.


lundi 2 avril 2018

Un député LREM s'en prend violemment aux cheminots

Jean-Baptiste Djebbari plaide pour un "syndicalisme plus constructif"

La grève "perlée" de la SNCF - deux jours sur sept hebdomadaire, pour une meilleure désorganisation - démarre officiellement 
ce lundi soir 2 avril. 

Si le trafic s'annonce quasi normal en ce lundi de Pâques et de retour des Français d'un long week-end en famille, leur vie quotidienne va considérablement se tendre, avec notamment un "mardi noir" attendu sur les rails. La première salve du mouvement s'annonce particulièrement suivie alors que 77% des conducteurs devraient être en grève. 

Un député LREM Jean-Baptiste Djebbari, 36 ans, ne craint pas la démagogie.
"Je fais un pari sur l'intelligence des Français qui savent très bien qu'on est dans un statu-quo intenable. 
C'est un statu-quo maintenu par les gouvernements précédents qui n'ont pas eu le courage de faire cette réforme, polémique l'élu LREM de la deuxième circonscription de Haute-Vienne 
La réforme est pour les usagers", selon le rapporteur sur la loi ferroviaire, 36 ans. Il est en fait fonctionnaire de l'aviation civile, devenu pilote de ligne.

VOIR et ENTENDRE l'élu imbu de sa personne qui se tient toujours de trois-quart, épaule en avant, dans une attitude agressive :
A laquelle des trois familles des députés En Marche ! Djebbari appartient-il ?
Le carré des anciens élus. Ce sont des socialistes en rupture de ban, réélus dans le sillage du président sans base partisane, certains pour la troisième fois, ils sont parfois deux fois plus âgés que les Marcheurs qui les ont rejoints au Palais-Bourbon et ils sont amers. Leur expérience pèse peu, selon eux, aux yeux des novices de LREM. L'ex-écolo François-Michel Lambert (Bouches-du-Rhône) ou les ex-socialistes Brigitte Bourguignon (Pas-de-Calais) et Françoise Dumas (Gard) ne cachent pas leur agacement. En plus, les postes auxquels ils pouvaient prétendre leur passent sous le nez. De quoi être frustrés. Comme la vice-présidence de l'Assemblée pour Jacques Krabal (ex-PRG), décrochée par le jeune Sacha Houlié, ou la présidence de la commission des Lois, pour l'ex-PRG.
Un deuxième groupe - dont le 'mentor' est Stéphane Séjourné, 32 ans, n'est pas député - a suivi la filière des Jeunes Socialistes. Ils ont une trentaine d'années et ont milité au début des années 2000 au sein du Mouvement des jeunes socialistes (MJS). La plupart ont fait leurs études à l'université de Poitiers. Et leur combat initiatique fut la lutte contre le CPE, le contrat premier embauche, en 2006. Ils ont pour noms Sacha Houlié (Vienne), qui occupe le poste clé de vice-président de l'Assemblée nationale, Pierre Pierson (Paris), à la commission des Finances, Guillaume Chiche (Deux-Sèvres) ou Aurélien Taché (Val-d'Oise), à la commission des Affaires sociales. Alain Tourret (Calvados), à laquelle s'est fait élire la Marcheuse Yaël Braun-Pivet.
Djebbari a son rond de serviette à la table des prétentieux
,  clan de députés parisiens de la majorité qui pensent que la France n'attendait qu'eux, dont Sylvain Maillard, Stanislas Guerini ou Pacôme Rupin, issus des plus grandes écoles de commerce et de gestion comme HEC ou l'Essec, Amélie de Monchalin (Essonne), Caroline Abadie (Isère) ou Bruno Bonnell (Rhône). Parmi les 41 chefs d'entreprise qui siègent désormais au Palais-Bourbon, 31 sont issus de la République en marche et du MoDem. 
Ce directeur des opérations aériennes d'un groupe privé - et pourtant expert judiciaire - dénonce alors une "pratique syndicale" obsolète.

"C'est une conception qui ne devrait plus avoir cours. On devrait avoir un syndicalisme qui est beaucoup plus constructif et qui cesse d'être réfractaire par principe", déplore ce proche de Castaner, évoquant dès lors un "front syndical qui n'est pas uni". Avant d'ajouter : "Il y a le dialogue social qui ne fonctionne pas à la SNCF. Il y a 9.000 mandats syndicaux à la SNCF, soit 2.200 syndicalistes à temps plein". 
A l'assemblée nationale, il a accepté la fonction de "whip" (au Parlement de Westminster), sorte de 'surjet' (conseiller principal d'éducation) ou d'adjudant de quartier.

Il s'est fait le spécialiste des transports (notamment dans le cadre des Assises de la mobilité), intervenant régulièrement dans les media sur ce sujet (fractures territoriales ou Notre-Dame-des-Landes, non sans arrière pensée électoraliste, puisqu'il "oeuvre" au désenclavement de la ...Haute-Vienne.

Hidalgo se fait dépasser: le stationnement devient payant pour les deux-roues motorisés dans deux villes avant Paris

Le Val-de-Marne dégaine plus vite que Paris

Le stationnement payant pour les deux-roues motorisés 
est voté dans deux villes

Val-de-Marne: le stationnement devient payant pour les deux-roues motorisés dans deux villes

A partir du 3 avril, à Charenton-le-Pont et à Vincennes, deux communes du Val-de-Marne (PCF), le stationnement sera payant pour les deux-roues motorisés. Une première en France qui, dit-on, fait rager Anne Hidalgo. 

80 centimes par heure pour les deux-roues, contre 1,20 euros pour les voitures, c'est le prix que devront payer les usagers de scooter ou de moto pour stationner à Charenton-le-Pont ou à Vincennes (UDI).
La recrudescence de deux-roues motorisés justifie cette mesure, estiment ces deux villes du Val-de-Marne, d'autant qu'elle est permise dans le cadre de la décentralisation du stationnement: "Puisqu'il y a de nouveaux usages en matière de transport et de mobilité, il est quand même assez naturel que lorsqu'on est propriétaire d'un deux-roues, véhicule à part entière, quand on occupe le domaine public, on s'acquitte, et on respecte la réglementation", a déclaré Hervé Gicquel, le maire LR de Charenton-le-Pont, ce lundi sur franceinfo. 

"Nous sommes touchés par les dispositions prises dans la capitale en matière de circulation" 

Ce nombre croissant de deux-roues résulte des mesures restrictives de circulation prises dans la capitale, explique le maire, qui observe, depuis quelques années, "un usage croissant des deux-roues motorisés, à Paris comme dans les communes limitrophes".

Mais la décision est loin de plaire à la Fédération française des motards
La mesure est tout simplement injuste, de son point de vue : "Pourquoi faire payer les deux-roues motorisés, alors qu'ils apportent une vraie solution au trafic urbain, une fluidité ?", a demandé le coordinateur de la Fédération Jean-Marc Belotti, citant sur franceinfo, le seul point positif, selon lui, alors que le bruit et la pollution qu'ils produisent entrent en ligne de compte. 

"Il y a des mairies qui ont pris le parti de mettre en place des zones bleues, c'est-à-dire de ne pas faire payer les usagers. L'avantage, en plus, selon lui, c'est que ça favorise la rotation". Un argument qui peut porter, à l'heure où les syndicats lancent un mouvement unitaire de grèves étalées sur trois mois, désorganisant les transports publics deux jours consécutifs sur sept et frappant ainsi les usagers. 

Les trottoirs, en revanche, sont encombrés. 
Cette nuisance crée un risque et pour les personnes âgées et pour les personnes en situation de handicap, mais aussi quiconque doit descendre sur la chaussée réservée aux véhicules. 
Les féministes ne manqueront pas de souligner le risque de harcèlement engendré par le stationnement des deux-roues réduisant l'espace laissé aux piétonnes, notamment dans certains quartiers (où, bizarrement, la présence de migrants errants n'est plus instrumentalisée actuellement).

 
deux ans des municipales, qui s'annoncent délicates pour elle, Anne Hidalgo et son ayatollah écologiste vont-ils "sucer la roue" des deux communes de leur périphérie, au risque de déplaire aux motards ?

dimanche 1 avril 2018

Début d'une grève SNCF usante: lundi 2 au soir; fortes perturbations, mardi

Il ne suffisait pas à la SNCF d'acheter le silence des usagers abandonnées en rase campagne

Les cadres-cheminots ont déjà gagné une prime de plus, avant même que la base ait commencé à nous gâter la vie pendant trois mois

Nostalgie de Mai 68
La direction de la SNCF a proposé à des cadres une prime pour les inciter à conduire des trains pendant la grève qui doit débuter lundi soir, a-t-on appris dimanche auprès de sources syndicales qui dénoncent une tentative de déstabilisation du mouvement.
"Depuis la semaine dernière", la direction "propose une prime de conducteur occasionnel" à des "cadres opérationnels qui ne la touchaient pas jusqu'à présent", a clamé Erik Meyer (SUD-Rail), qui avait commencé par faire fuiter l'information par franceinfo.

Cette prime mensuelle d'un montant de "150 euros" était jusqu'alors versée à des "cadres de direction issus de la conduite" amenés à conduire un train de temps en temps, "une fois par trimestre", a développé E. Meyer. La direction "a commencé à étendre ce dispositif" aux "cadres traction", les "chefs d'équipe" des agents de la conduite, leur proposant cette prime "de manière pérenne", a-t-il précisé.

Il s'agit d'"une prime qui existait déjà" et qu'on rendrait "plus incitative", a commenté Bernard Aubin, du syndicat FiRSTémanation de la CFTC (non-représentatif), en dénonçant des "pressions exercées sur l'encadrement pour remplacer les grévistes". C'est "la politique de la carotte et du bâton" pour "réduire au maximum les impacts de la grève", a-t-il commenté.

La direction de la SNCF a confirmé l'existence de "cette prime forfaitaire de 150 euros", qui "a pris effet au 1er janvier 2018", et a dénoncé "un faux procès", les discussions à ce sujet "remontant à 2017".

Qui sont les "jaunes" ciblés par l'offre ?
Résultat de recherche d'images pour "les jaunes briseurs de greve"Désormais, la prime "va être versée aux chefs conducteurs qui ont quitté la direction de la traction (...), mais qui continuent à entretenir leurs compétences", afin de pouvoir "remplacer des conducteurs au pied levé, quelle que soit la cause du remplacement", a expliqué un porte-parole.

"Jusque là, ils le faisaient sans rémunération supplémentaire", a-t-on précisé de même source. Les briseurs de grèves seront désormais récompensés par cette prime "tous les mois, indépendamment du nombre de jours de conduite effectués" et cela "va aider à assurer la continuité du service public pendant la grève", a ajouté le porte-parole.

Face à la grève dure qui s'annonce, "on voit bien" que la direction est "aux abois", a estimé E. Meyer. 
Cédric Robert (CGT Cheminots) a accusé pour sa part la direction d'être "prête à tous les subterfuges pour casser la grève".

La grève à la SNCF contre le projet de réforme de leur statut démarre lundi soir

CGT, Unsa et CFDT appellent à un mouvement par épisode de deux jours sur cinq jusqu'au 28 juin, SUD-Rail appelle à une grève illimitée, reconductible par 24 heures.

L'opposition des syndicats de la SNCF est unitaire, face à un gouvernement déterminé à ne pas céder. Evoquant les remontées de certaines régions, E. Meyer a parlé par exemple d'"un TER sur dix en Picardie" pour mardi et, en région parisienne, d'une circulation sur le RER D "catastrophique". C'est la ligne du réseau express régional d'Ile-de-France qui dessert une grande partie de la région selon un axe nord-sud. Elle comprend trois arrêts dans Paris intra-muros : Gare du Nord, Châtelet - Les Halles et Gare de Lyon.

Lundi soir, le trafic devrait être peu perturbé, mais la grève entrera dans  le dur mardi, à l'aube, avec la promesse de très fortes perturbations.

En atteignant le "haut du spectre" de la démagogie, la SNCF verse dans le populisme.
Après le remboursement du ticket des usagers abandonnés au milieu de nulle part (sondage PaSiDupes ci-dessous : colonne de droite -> SNCF et catastrophe naturelle) et les chocolats aux voyageuses pour la Journée internationale de la femme (lien PaSiDupes), voici la prime aux "jaunes"...

"Journée morte" dans la justice: magistrats et avocats en grève contre la réforme Macron

Avocats et magistrats mobilisés ce vendredi 30 mars pour une nouvelle journée de grève 

Après celle du 21 mars, ils protestent contre la réforme de la justice

A Evry
Les propositions de leur collègue Belloubet bafouent les droits de la défense, selon eux. Les principaux syndicats de magistrats, les greffiers et les avocats étaient mobilisés le vendredi 30 mars pour une nouvelle journée  "justice morte" : audiences renvoyées et rassemblements dans les juridictions à travers la France.  

Réforme de la procédure pénale, de la procédure civile, numérisation de la justice, réforme des peines et de l'organisation territoriale sont mis en question: prévu pour être examiné en Conseil des ministres le 18 avril, le projet de loi de programmation de la justice devrait pourrait être soumis avant l'été au Parlement. 

Ce projet annonce "sans surprise la mort de la justice, au terme d'une longue maladie"

Professionnels de la justice en grève,
rassemblés à Versailles, le 30 mars 2018

Dans un communiqué, l'Union syndicale des magistrats (USM, qu'on dit modérée), le Syndicat de la magistrature (SM, souvent qualifié de "juges rouges"), le Syndicat des avocats de France (SAF), ainsi que la CGT Chancelleries et services judiciaires et d'autres syndicats dénoncent le projet de loi. La plupart des rassemblements ont eu lieu en milieu de journée. 
Rien qu'à la cour d’Appel de Versailles, qui œuvre sur 4 départements et où "on ne compte qu’un magistrat pour 11.500 habitants", selon Sylvie Borrel, déléguée régional du Syndicat de la Magistrature [SM, marqué à l'extrême gauche et dont serait proche le juge Tournaire], il manquerait déjà "100 magistrats et 100 fonctionnaires de greffe".

Les organisations mobilisées ont dressé une liste de leurs principaux griefs contre cette réforme: "Suppression des 307 tribunaux d'instance et de la fonction spécialisée de juge d'instance, organisation judiciaire illisible et éloignée du citoyen, déshumanisation de la justice, privatisation du contentieux civil"
Michel Besseau, représentant CFDT au comité technique ministériel, s’inquiète du regroupement des activités des tribunaux d’instance au TGI. "Tout est fait pour qu’à terme, comme pour les petites lignes SNCF, nos territoires deviennent des déserts judiciaires. On coupe toute une partie de la population de la justice. Si les plus modestes ont l’aide juridictionnelle, ce n’est pas le cas de quelqu’un qui vit seul avec un SMIC. Il n’aura pas d’autre choix que de faire 80 km par le Oui Bus pour aller au tribunal. Et s’il n’a pas accès au juge, je ne réponds de rien sur la façon dont il entendra obtenir justice."
Ils dénoncent aussi les dommages collatéraux : une "régression des droits de la défense, (un) recul du contrôle de la justice sur les atteintes aux libertés publiques, (une) suppression larvée du juge d'instruction et du juge de l'application des peines (JAP), (une) réduction de la collégialité". 

"Le projet du gouvernement a le mérite de la cohérence: racler, réduire, supprimer, sacrifier tout ce qui peut l'être, au détriment de la qualité, pour que les jugements - ou leurs ersatz - sortent le plus vite possible, à moindre coût et que les personnels ne soient plus que des pions à déplacer", préviennent-ils.

L'ensemble du monde de la justice est entré en rébellion

Les avocats étaient déjà mobilisés contre la réforme le 21 mars, à l'appel notamment du Conseil national des barreaux, dont les élections de 2017 sont entachées d'un certain nombre de polémiques relatives à leur transparence. La mobilisation 164 barreaux locaux avait été importante et de nombreuses audiences perturbées.
En réponse à la réforme voulue par le gouvernement, les avocats en grève ont décidé une journée de "justice morte", avec blocage des prisons : des avocats se sont rassemblés pour dénoncer des conditions de détention "intolérables".
"La cour d’Appel de Versailles compte 6 postes de juge d’application des peines, alors qu’il en faudrait 7, et seulement trois sont pourvus", indique un magistrat. Résultat, "à [la prison de] Bois-d’Arcy, par exemple, faute de moyens, seulement la moitié des dossiers déposés par les détenus est traitée".

Une deuxième journée "justice morte",
Image associée
avec un rassemblement national à Paris, est déjà annoncée pour le 11 avril. 
Ne supportant pas d’être taxés d’immobilisme, les avocats répètent qu’ils ne "sont pas contre toute réforme". "Mais on ne comprend pas qu’une telle décision soit prise sans concertation avec les gens de terrain qui connaissent le sujet", martèlent-ils.

 

Stupéfaction à l'arrivée de Brigitte et Emmanuel Macron au Touquet

Le couple présidentiel s'est fait déposer sur la plage ... en Rafale

Une preuve d'amour qui a ému les Macroniens... 

L'arrivée surprise de Brigitte et Emmanuel Macron sur la plage du Touquet... en Rafale

Ce geste délicat du président était top secret, mais Le Monde et Mediapart ont révélé l'information...
Au risque de dévoiler une partie de la vie privée des deux tourtereaux, la presse politique a diffusé ce scoop de portée internationale que la presse caniveau avait  gardé de par-devers elle : le droit à l'information a prévalu. 

Le Monde et Mediapart n'ont pas hésité à dénoncer les critiques de l'opposition de gauche comme de droite.
Les uns reprochent le bruit et la pollution occasionnés par ce déplacement, tandis que les autres pointent la dépense - estimée à quelque 150.000 euros - qui n'iront pas aux migrants.
Tous, au final, s'indignent de concert de la réquisition des moyens de l'Etat pour la stimulation de la libido du couple jupitérien. 

A vous maintenant de vous faire un avis.