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lundi 3 novembre 2014

Salaires à Matignon en hausse de 10% sur 2012: des "rémunérations choquantes" en prériode d'austérité

Les feuilles de paie flambent dans les cabinets

René Dosière, député PS, pointe l'augmentation des rémunérations des conseillers du gouvernement Valls par rapport à celui de Ayrault 

 Les conseillers de Matignon auraient touché une augmentation de plus de 1.000 € 
par mois chaque mois sur deux ans  
sur ce qu’ils gagnaient au début du quinquennat de Hollande.

Selon le site d’information trotskiste Mediapart cette semaine,
l’augmentation des salaires des conseillers du chef du gouvernement enclenchée sous Jean-Marc Ayrault aurait ensuite été accentuée avec l’arrivée de Manuel Valls à Matignon.

En avril 2014,
Le Canard Enchainé avait également révélé le coût total des dépenses de bouche effectuées par le ministère de l'Economie, sous le précédent gouvernement; il se serait alors élevé à 754.500 euros en un an pour l'attribution de 11 lots de nourriture pour une durée de 12 mois. Au sommet des produits alimentaires commandés par Arnaud Montebourg et son collègue du Budget, Michel Sapin, se trouvaient "les fruits, légumes et jus de fruits frais" (156.000 euros), suivis des "produits frais et surgelés" (143. 000 euros) et la boucherie "viande bovine, ovine, porcine, veau, et produits tripiers" (95.000 euros). Le ministère de l'Economie s'est montré moins glouton, en revanche, concernant les "fromages et crèmeries" (43.000 euros), la "volaille" (24 000 euros), la "boulangerie" (19 000 euros) et la "charcuterie" (14 500 euros). Quant aux "mignardises, macarons, chocolats fins, mini-pièces salées apéritives", les frais sont chiffrés à 14.000 euros. Macron, le nouveau patron de Bercy, va devoir écouler les surplus auprès des Restos du Coeur.

VOIR et ENTENDRE Nicole Bricq, alors secrétaire d'Etat au Commerce, se plaindre que la nourriture est "dégueulasse":

Déficits budgétaires, mais rémunérations choquantes des 
conseillers ministériels

Spécialiste des dépenses de l'État, le député PS a dû sortir de deux années de léthargie pour éplucher le document consacré aux "effectifs des cabinets ministériels", à la date du 1er août. Il est particulièrement intéressant sur les rémunérations perçues par 333 membres de cabinet de Manuel Valls (soit 74% des agents en poste) et sur les indemnités pour sujétions particulières (ISP) perçues par 286 agents, dont certains cumulards figurent aussi dans les 333 sus-nommés ! 
Son analyse, ministère par ministère, qui s'appuie sur des données figurant dans les annexes du projet de budget 2015 (!), ne manque pas d'interpeller sur la réalité de la vertu affichée par Matignon. "Par rapport au gouvernement Ayrault (2013), les rémunérations dans le gouvernement Valls (2014) sont en forte augmentation: +7,1% à 8.201 euros pour la rémunération brute moyenne d'un agent et +4,3% à 2.235 euros pour les indemnités de sujétion", qui correspondent à des primes, relève l'élu de l'Aisne.

A Matignon, moins de conseillers, mais qui coûtent plus cher !

René Dosière note que d'août 2013 à août 2014, le nombre de membres du cabinet du Premier ministre aurait baissé de 12 pour atteindre 55 personnes, au vu de l'annexe au projet de loi de Finances 

Mais s'il pointe "
une diminution (-1,3% comparé à 2013)" du total des rémunérations pour les membres de cabinet du Premier ministre Manuel Valls, il pointe un niveau "plus élevé (13.134 euros mensuels)", primes comprises, de la rémunération moyenne à l'arrivée

VOIR et ENTENDRE
René Dosière dénoncer "augmentation très forte" des rémunérations,  sur Europe 1 :

Des conseillers mieux payés que leur ministre 

Ceux qui travaillent plus, gagnent plus...
"Alors que le gouvernement impose aux Français des efforts de rigueur, les membres des cabinets ministériels ne sauraient en être exonérés", a considéré le député socialiste, renouvelant sa proposition qu'aucune rémunération ne dépasse celle du ministre, ce qui ferait une économie de 3,8 millions d'euros (11% de la masse salariale). 
En effet, "contrairement à la règle appliquée à l'Élysée et à Matignon, où aucun collaborateur ne gagne plus que le Président (ou le Premier Ministre), dans 19 ministères la rémunération moyenne des membres de cabinet est supérieure à celle du ministre", écrit René Dosière.

Globalement, le nombre de membres des cabinets ministériels a diminué de 18,4% sur un an, à 461 équivalents temps plein, au vu des informations communiquées sur les effectifs au 1er août 2014. Mais leur coût a "globalement" augmenté et atteint un total avoué 340 millions d'euros, par mois...

Les femmes ne sont pas des consommatrices facilement exploitables ?

Pour les femmes, c'est plus cher !

Pour un même produit, elles paient plus cher 
Il faut admettre aussi que leur lingerie est plus raffinée... Un collectif a pourtant mis en lumière cette "injustice" à laquelle veut s'attaquer la secrétaire d'Etat aux Droits des femmes. L'alerte vient des Etats-Unis, mais les féministes hexagonales s'en emparent aussi sec, assurant que l'exploitation de la femme est mondialisée.
Pour aggraver leur cas,
le rose, à gauche, est réservé
aux femmes...
Une pétition   dénonce une tarification sexiste: 5 rasoirs jetables à 2 lames pour femmes à 1,80 € contre 10 pour hommes à 1,72€. Monoprix justifie cette différence de prix par des volumes de vente différents.
 
Il faut être une blonde pour ne pas s'approvisionner au rayon hommes, mais passons, puisque les gays fréquenteraient plutôt celui des femmes glamour... Il faut se défaire des clichés éculés.

Un décret "sveltesse" imposera 
le "geste minceur"à tous 
les hommes à poignées d'amour
Les femmes paient-elles une "taxe invisible" (à l'insu de leur plein gré) sur les biens de consommation courante, juste parce qu'elles sont des femmes ? Cet impensable complot a été mis au jour par l'enquête Internet d'un jeune collectif baptisé les Georgette Sand et le gouvernement n'entend pas détourner le regard. La "fashion victim' Fleur Pellerin a mordu à l'hameçon, pensez-vous ? Faux ! C'est Pascale Boistard la secrétaire d'Etat aux Droits des femmes qui , avec un sens aiguisé des priorités, tente ainsi d'exister en sortant de l'ombre moite des aisselles de femmes exploitées.

Ces trentenaires, filles et garçons d'ailleurs, sont allés relever dans les commerces les tarifs des produits et services "sexués": pour femme ou pour homme. A de rares exceptions près, tous les articles pour femmes sont toujours plus chers. "On sait qu'il y a eu des enquêtes aux Etats-Unis et on savait qu'on trouverait des différences... Mais pas autant et pas si rapidement", gronde Géraldine Franck, la première à avoir dégainé son smartphone dans les rayons. "En trois heures de balade dans mon quartier, j'avais déjà pris une quinzaine de photos éloquentes..."

Une taxe rose invisible, Leclerc y avait pensé !

Slip "gros paquet"
pour pétroleuses
Le déodorant (rose) efficacité 48 heures pour femme d'une marque réputée : 4,15 €, contre, tout contre, 4,11 €e le même (en noir) pour homme. Différence, 4 centimes... De quoi, en effet, se doucher plus souvent, si ça ne faisait pas grimper la facture d'eau des femmes. Sauf que chez le coiffeur mixte en face du magasin, le shampoing-coupe-brush homme est à 8 €, mais à 13 € pour les femmes. Chez le teinturier, le chemisier en soie de madame est à 5 €, la chemise en twill de monsieur à 4 €. Mais où va-t-on? Mis bout à bout, toutes ces ces élégants conditionnements et ces écarts machistes finissent par constituer "une injustice injustifiable", résume Géraldine Franck.

"C'est une taxe femme, une taxe rose... Tous les gens à qui on met les exemples sous le nez sont sidérés. Ils nous disent : Je n'y avais jamais pensé, mais bon sang, c'est vrai", rapporte la secrétaire d'Etat aux Droits des femmes, Pascale Boistard, qui a posté sur Tweeter la photo d'un sachet de cinq rasoirs roses à 1,80 €, à côté d'un sachet identique de 10 rasoirs bleus à... 1,72 €(ci-dessus). "Moi aussi j'y pense en me rasant", a lancé avec humour la ministre. Ce n'est pas un hasard, si elle est ministre. On murmure aussi que Laurence Rossignol sa collègue sénatrice, mijote un amendement qui emprisonnerait le petit oiseau des garçons dans des slips en dentelle pour niveler par le haut...

La secrétaire d'État Boistard annonce avoir relayé cette "injustice" au ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, pour qu'il lance une enquête sur ces écarts discriminatoires de prix. Mais même si les experts en marketing expliquent que "les femmes sont prêtes à payer plus" et qu'en consommant moins de lames de rasoirs que les hommes, elles font grimper leurs prix, la pétition adressée à Monoprix qui frôle les 20.000 signatures, n'envisage pas que les femmes fassent valoir leurs droits auprès des hommes en les menaçant de laisser dépasser le foin de la charrette. "Notre prochaine étape, ce sont les grandes chaînes de coiffure, assure Géraldine Franck. Qui peut encore croire que toutes les femmes ont les cheveux longs et tous les hommes la boule à zéro ?" Une idée à creuser, car l'abondante consommation à bon compte de gel capillaire par Manuel Valls est outrageusement sexiste.

Pendant ce temps, on apprend que trois attentats djihadistes ont été déjoués en France dans l'année écoulée. Mais, toutes ensemble, toutes ensemble, continuons la lutte, mes soeurs !

 

dimanche 2 novembre 2014

EELV doit-elle faire le ménage parmi ses militants violents?

Europe Ecologie-les Verts continue de cautionner la violence de ses activistes

La manifestation rouge et noire 
de  Gaillac a dérapé

La minute de silence en hommage à la jeune victime de 21 ans a rapidement dégénéré.
Des violences prévisibles sont vite venues ternir le rassemblement prévu pour un prétendu hommage au jeune militant écologiste décédé sur le site du barrage contesté de Sivens dans le Tarn. 
Les forces de l'ordre ont dû intervenir en début de soirée pour mettre un terme aux échauffourées et aux dégradations commises par une cinquantaine d'exaltés aussitôt présentés comme des "infiltrés". A Gaillac, le dispositif de la gendarmerie n'a pas pu être levé avant minuit.

Des militants antifas et anti-républicains encagoulés -non identifiables - s'en sont pris au monument aux morts et à des vitrines à Gaillac, lors du rassemblement organisé à la mémoire de Rémi, le jeune militant décédé sur le site de la retenue d'eau contestée de Sivens.


L'orientation politique des activistes était clairement affichée, sans que le pouvoir socialiste y mette le holà.
Redoutées des gouvernements démocratiques pour leur extrémisme, ces hordes incontrôlées suivent le même mode opératoire depuis qu'elles ont déferlé en France, notamment à Strasbourg. 
Des "black blocks" (Black Blocs), anti-capitalistes, hommes et femmes, venus de partout en Europe, ont saccagé la ville européenne 
où se tenait le Sommet de l'OTAN (3 et 4 avril 2009).

Liens PaSiDupes


La marche rouge et noire de Gaillac a débuté d'emblée dans une ambiance tendue, témoigne le site Le Tarn libre. Une minute de silence dans une marée de 450 poings d'activistes écologistes a été observée aux abords du monument aux morts qu'une main avait tagué d'un "ni oubli, ni pardon", une variante du "ni dieu, ni maître" des anarchistes: EELV recèle-t-elle des anarcho-révolutionnaires dans les zones humides et sombres du parti ?

Des élus EELV ont attisé le feu 

Joseph Bové a beau être euro-député, il parcourt le territoire, aussi bien que les plateaux de radio et de télévision, pour son
agit-prop, diffusant des messages de colère professionnelle et de révolte révolutionnaire. 
Militant de la première heure à la très radicale Confédération paysanne, présente à Notre-Dame-des-Landes, sur les terres de la Ferme des 1.000 vaches ou sur le site de la retenue d'eau de Sivens (Tarn), pompeusement qualifiée de "barrage", il s'est fait connaître par des actes de vandalisme sur le restaurant McDonald's de Millau, que selon sa rhétorique il appela "démontage", ou se qualifiant de "faucheur volontaire" pour détruire des champs de maïs OGM.
Liens PaSiDupes :
2- José BOVE, candidat condamné les altermondialistes ne sont pas au-dessus des lois.


L'élu d'Europe Ecologie-les Verts (EELV) s'était rendu dans le Tarn pour exhorter ses troupes sur la retenue d'eau (photo ci-contre) où le jeune militant a trouvé la mort. En août 2007, José Bové appelait déjà à l’insurrection citoyenne


Le mardi 28, Bové a accusé le ministre PS de l'Intérieur de "provocation" pour avoir posté des gendarmes sur le site du projet de retenue d'eau de Sivens (Tarn), demandant au ministre de "s'expliquer.".  

En réponse notamment aux attaques de Cécile Duflot et de José Bové, Bernard Cazeneuve a répliqué en soulignant une "instrumentalisation sans vergogne" de la mort du manifestant Rémi Fraisse. "Un certain nombre de propos tenus ce matin m'ont choqué et relèvent d'une instrumentalisation politique sans vergogne d'un drame. Cela n'est pas acceptable et doit être condamné", a affirmé le ministre lors d'une allocution place Beauvau. 

Mais Bové n'est pas un cas isolé à l'extrême gauche.
VOIR et ENTENDRE le trotskiste Olivier Besansenot (NPA) accuser les forces de maintien de l'ordre de "répression policière": 

Europe Ecologie-les Verts fait flèche de tout bois
 
VOIR et ENTENDRE Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d'Europe Écologie-Les Verts (EELV), se déclarer mardi "scandalisée" par les propos de Bernard Cazeneuve, qui avait "condamné" un peu plus tôt les attaques de Cécile Duflot et José Bové à l'encontre de l'action du gouvernement, reprochant au ministre de l'Intérieur de mettre "en cause directement les écologistes". 
"Je suis scandalisée de la mise en cause directe des écologistes", a grondé Emmanuelle Cosse, en réponse à Bernard Cazeneuve.


VOIR et ENTENDREl'ancienne ministre de Hollande, Cécile Duflot, sur le terrain:
Cécile Duflot a demandé la mise en place d'une commission d'enquête parlementaire. Mais, bien qu'ex-ministre, elle semble ignorer que le Parlement ne peut se réunir en commission sur une affaire quin fait l'objet d'une plainte en justice, à l'initiative de la famille du jeune homme...

Quant à l'amer  Mamère, 
député écologiste, il joue de la corde sensible, a assénant ce mardi qu'on ne "construit pas un barrage sur un cadavre !"

Quand ils le la provoquent pas, les responsables politiques Verts cautionnent la haine anti-républicaine et la révolution

L'objectif de déstabilisation politique anime la plupart des responsables d'extrême gauche.

Ainsi, pour José Bové, "Cazeneuve doit démissionner"Lequel oppose mardi soir, sur Public Sénat: "Non, il ne s'agit pas d'une bavure". 

Le bras de fer des écologistes est en effet hors de proportions 

s'agissant d'une modeste retenue d’eau d’1,5 million de m3, de 304 m de large, 12 m de hauteur et 2 km de long au lieu-dit du Testet, à Lisle-sur-Tarn. Le conseil général est le maître d’ouvrage de ce projet et le chantier de défrichage débuté en septembre dernier, encadré par les gendarmes, ne s'étend que sur 34 ha. Les motivations des militants sont donc moins écologiques que politiques. Le réservoir a été exploité jusqu'à la corde et malgré la mort d'un homme, à des fins insurrectionnelles. 



Lorsque l'opinion publique désavoue les manifestations violentes d'opposants, Bové met la pédale douce. "La stratégie non violente est toujours préférable", susurre-t-il. "Je ne comprends pas à quoi ça sert de faire ce genre de démonstrations." Et le vieux routier de la révolte de botter en touche, en accusant ses insaisissables alliés objectifs. "Malheureusement, on a toujours une frange qui réagit de cette manière-là. On peut aussi avoir des provocateurs et des gens infiltrés pour détourner le regard". Le tour est joué: responsable, mais pas coupable. Adressez-vous aux "casseurs"...
VOIR et ENTENDRE le duel Zemmour-Domenach sur i-télé:


Bové et ses semblables peuvent-ils s'en tirer ainsi ?


VOIR et ENTENDRE François Fillon mettre en évidence "la part de responsabilités" des politiques, notamment les Verts, qui utilisent certaines violences:
L'ancien Premier ministre souligne que les opposants au projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes sont les mêmes que ceux de Sivens. "On dit que ce sont des casseurs qui étaient au premier rang dans ces manifestations. Mais en réalité, ce ne sont pas des casseurs, ce sont des extrémistes politiques".


VOIR et ENTENDRE un fonctionnaire, activiste anonyme dissimulé sous un chèche pro-palestinien, débiter des inepties :

VOIR et ENTENDRE le témoignage d'un gendarme sur les agissements des anarchistes et l'absolue nécessité des policiers de se protéger de leur guérilla :
 

Escalade dans la traque du chômeur: le contrôle des demandeurs d'emploi n'est pas suffisant

Désescalade: la faute à Pôle emploi qui devrait assurer un meilleur accompagnement !

Les fraudeurs et les passifs n'existent pas, nie la gauche du PS

Gaffe, provocation, propos délibéré ? Le 2 septembre, en" intimant l’ordre" à Pôle emploi (selon les termes de Challenges, groupe L'Obs) de "renforcer les contrôles pour vérifier que les chômeurs cherchent bien un emploi" et de les "sanctionner" dans le cas contraire, le ministre du Travail, François Rebsamen, a provoqué un tollé dans les rangs syndicaux. Eric Aubin (CGT) s’est "désolé" (selon Challenges!) que "la seule solution qu’il trouve pour faire baisser la courbe du chômage soit de sanctionner". "Même" (Challenges) le réformiste Laurent Berger (CFDT, proche du PS) s’est déclaré "atterré" par des propos "scandaleux et stigmatisants". Pourtant, un mois plus tard, Manuel Valls persistait : "La question des devoirs des chômeurs fait partie de l’assurance-chômage." Pour Challenges, priorité au ressenti syndical sur la préoccupation du gouvernement dès lors qu'il est "social-libéral". Or, 20 % des chômeurs ne cherchent pas de travail

350.000 offres non pourvues: les syndicats n'en sont pas choqués...

Pourquoi donc le gouvernement "s’engouffre-t-il" dans cette voie ? s'interroge Challenges. Pour faire baisser le chômage ? François Rebsamen a en effet pointé du doigt les "350.000 offres d’emploi qui ne trouvent pas preneurs", à commencer dans l'Education nationale, en dépit de l'abondance des créations de postes). Mais, selon Gilles Saint-Paul, membre associé de l’Ecole d’économie de Paris, ce n’est pas aussi simple : "Les profils des offres et ceux des demandeurs d’emploi ne correspondent jamais parfaitement. Il y a un stock incompressible d’emplois non pourvus, quels que soient le pays et la conjoncture." Tout va donc pour le mieux dans l'Hexagone, alors que la France compte 5 millions de demandeurs d’emploi. Une sous-estimation de l'hebdo économique, au passage, car la France comptait 6,0802 millions de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi  au 31 juillet, un chiffre probablement en deçà de la vérité, si on sait que beaucoup de personnes, découragées, ne s'inscrivent pas à Pôle emploi, bien qu'elles recherchent un emploi. 

Le gouvernement veut surtout combattre la défiance croissante de l’opinion vis-à-vis de l’assurance-chômage. Si on lit entre les lignes, la politique gouvernementale, voire le contexte économique européen, ne seraient donc pas en cause. Les Français en recherche extensive d'un emploi seraient victimes du système. D'ailleurs, une note du CREDOC sur l’Etat providence montre justement que 64% des Français pensent que "s’ils le voulaient vraiment, la plupart des chômeurs pourraient trouver un emploi". Selon un sondage LH2-Le Nouvel Observateur du 5 septembre, 72% des Français pourvus d'une feuille de paie sont d’accord pour "renforcer les contrôles" sur les travailleurs privés d'emploi. Or, l’enquête d’octobre de Pôle emploi montre que, sur 496.900 radiations annuelles, seules 7,6% sont dues à un arrêt temporaire de recherche d’emploi. Parce que les contrôles de demandeurs d’emploi sont insuffisants ? Faut-il monter en puissance et intensifier la chasse aux phobiques du travail ?

Entre sanctions inadaptées et laxisme approprié, la gauche social-démocrate à l'ancienne a choisi

Le contrôle fait bien partie des missions de Pôle emploi, issu de la fusion en 2008 de l’ANPE et des ASSEDIC. Mais la fracture idéologique perdure. Si les méchants ex-agents des Assédic ont conservé une culture de la sanction, les gentils ex de l’ANPE conçoivent plutôt leur mission comme celle de travailleurs sociaux. Et "l’arme de la radiation" (sic) pour refus de deux offres raisonnables d’emploi est peu utilisée : seules 77 personnes ont été sanctionnées pour refus en 2013 en France. "Les droits et les devoirs des chômeurs ne sont pas clairs dans le Code du travail", surtout l'interprétation qui en est faite dans la "bonne" pratique, souligne l'auteur de Chômage : inverser la courbe. 

Les sanctions sont complexes à manier et inadaptées. Les agents ne peuvent pas réduire les allocations, comme aux Pays-Bas ou au Royaume-Uni, ce qui encourage pourtant à retrouver un emploi." Michel-André Chasseing, délégué syndical CFE-CGC pour la région Centre, précise : "L’établissement public concentre ses moyens sur l’accompagnement renforcé des chômeurs les plus éloignés de l’emploi," les plus de 50 ans et les longue durée. Quant aux demandeurs d’emploi dits "autonomes", ils n’ont que deux entretiens obligatoires et ils peuvent actualiser leur situation via un formulaire en ligne. Une simplification administrative qui, paradoxalement, n'est plus au goût du jour du gouvernement qui se flatte de sa loi toute neuve.

Pôle emploi a donc lancé, mi-2013, une expérimentation sur le contrôle des chômeurs en créant des équipes dédiées dans trois régions tests (Poitou-Charentes, Franche-Comté et Provence-Alpes-Côte-d’Azur). Cette étude, présentée au conseil d’administration le 15 octobre dernier, donne du grain à moudre au ministre du Travail. Selon Jean Bassères, le directeur de Pôle emploi, "l’expérimentation a fait apparaître des taux de radiation plus importants qu’en moyenne. Les disparités sont remarquables d'une région à l'autre: 8 à 35% des personnes contrôlées ont été sanctionnées". Les agents se sont appuyés sur des méthodes variées : contrôles aléatoires ou ciblés sur des métiers dits "en tension", à partir de conversations téléphoniques, de questionnaires ou de justificatifs papier.


558 288
Refus de visite médicale
4
Refus d'élaboration ou d'actualisation du projet personnalisé d'accès à l'emploi
5
Refus d'offre raisonnable d'emploi
95
Réfus de visite médicale
1 504
Déclaration inexacte
8 790
Insuffisance de recherche d'emploi
29 276
Refus de contrat aidé, d'action d'insertion ou de formation
558 288
Non réponse à convocation

"Contrôles redynamisants": c'est comme les shampoings ?

Seulement 8% des personnes sanctionnées en Provence-Alpes-Côte-d’Azur, où les contrôles aléatoires représentent 87% des cas: quel pourcentage de passifs non sanctionnés ? En Franche-Comté, avec 78% de contrôles ciblés, la fréquence des radiations s’élève à 35%. Dans ces zones expérimentales, les radiations pour insuffisance de recherche d’emploi représentent juste 2,7% des sorties de la liste des demandeurs d’emploi, contre 0,1% dans d’autres régions. Un frémissement des statistiques peut-il faire espérer des économies substantielles pour l’assurance-chômage : 55% des chômeurs radiés étaient des récalcitrants, des passifs forcenés et n'étaient pas indemnisés. 

Mais Jean Bassères pointe un autre avantage :
"La création d’équipes dédiées permet aux conseillers de mieux se concentrer sur l’accompagnement." Et selon lui,  préconisant la psychologie, "le contrôle a un effet de redynamisation sur certains chômeurs". Mais ce sentiment de Bassères ne se fonde sur aucune statistique: il trouve l'idée belle, car il n'a pas de préoccupations comptables... La généralisation de l’expérimentation n’est d'ailleurs pas encore au programme: elle doit passer par une convention tripartite avec l’Etat et l’UNEDIC.

Le nœud du problème, c'est que Pôle emploi est face à des sous-effectifs criants.
D’après une étude comparée de l’inspection générale des Finances (IGF) de 2011 sur les missions d’accueil, d’indemnisation et d’accompagnement, Pôle emploi ne dispose que de 71 agents pour 10.000 chômeurs contre plus de deux fois plus en Allemagne. Mme Merkel est parfois la référence... "Ce n’est pas le contrôle, mais le rapport étroit entre le demandeur d’emploi et son conseiller qui réduisent la durée du chômage", résume Stefano Scarpetta, chef de la division de l’analyse et des politiques de l’emploi à l’OCDE. La psychologie de groupe est révolue: vive le contact personnel ! Et le massage?

Les syndicats sont partagés. 
"Un bon contrôle, c’est d’abord un bon suivi, insiste Dominique Nugues, délégué de l’UNSA, syndicat de progrès juste un peu figé (sur la ligne ringarde de la prévention en matière de police) et clairement ...moral ! "Les agents sont vite capables de dire si une personne cherche ou pas, de déceler les stratégies d’évitement." L'UNSA préconise-t-elle la délation ou l'omerta ? 

Réponse: le contrôle des chômeurs est devenu un passage obligé. Pour éviter "la suspicion générale qui pèse sur les demandeurs d’emploi", se défend Jean Bassères. On atteint même un niveau historique de moralisation: "il faut contrôler pour des raisons de justice sociale comme d’équité", explique Bertrand Martinot, que pour la seconde fois Challenges appelle à la rescousse de sa thèse : "Pour le gouvernement, la lutte contre le chômage est une lutte contre les chômeurs." L'auteur de "Chômage : inverser la courbe" est en effet un ex-conseiller social de Nicolas Sarkozy et il ajoute : "Cela ne permettra que marginalement de lutter contre ce phénomène lié à des causes profondes."

Quand il était dans l’opposition, François Hollande avait fustigé le renforcement des contrôles décidé par la droite
, rappelle Challenges dans un coup de pied de l'âne à Manuel Valls qui semble bien avoir pris l'ascendant sur Hollande.