POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

dimanche 2 décembre 2012

Les députés votent pour les réseaux de soins créés par et pour les mutuelles


Les élus du peuple votent contre la volonté des intéressés
Le vote a eu lieu dans la nuit de mercredi à jeudi
Hollande livre notre santé
aux mains des réseaux socialistes
 
L'Assemblée nationale a voté  la proposition de loi PS sur le fonctionnement des réseaux de soins créés par les mutuelles
Cette proposition de loi du chef de file des députés socialistes, Bruno Le Roux, est un chantage au remboursement. Elle modifie le Code de la mutualité et vise notamment à contraindre les adhérents des mutuelles à choisir de recourir à des professionnels de santé ou établissements membres d'un réseau de soin, avec lesquels les mutuelles auront passé des contrats de qualité ou de modération tarifaire. Les mutuelles de santé sont des sociétés de personnes à but non lucratif, dont les parts sociales sont soumises à des conditions restrictives permettant notamment aux associés d'agréer -ou coopter ! - les nouveaux membres de la société...  Bruno Le Roux est détenteur d'une maîtrise en gestion et un 3e cycle en ...stratégie !
Les totalitaires entendent réduire notre liberté de choix
Le gouvernement et les députés PS embobinent les Français
Ils ont présenté cette perte de liberté comme "un rétablissement de l'égalité"
avec les autres types de complémentaires santé (assureurs ou institutions de prévoyance) autorisés à faire fonctionner légalement leurs réseaux de soins.

Autres intox sémantiques, l' "élargissement - présumé - de l'accès aux soins" et la réduction - supposée - des dépenses restant à la charge des patients, notamment en matière de soins optiques, dentaires ou de prothèses auditives.



La droite a soutenu les  professionnels de santé.
Avec pugnacité, l'opposition a défendu notre libre choix,  bataillant contre cette proposition de loi "suspecte sur ses motifs réels et inquiétantes sur ses conséquences", selon la formule de l'ex-président de l'Assemblée nationale, le Dr. Bernard Accoyer. 
Outre une remise en cause de la liberté de choix des malades et du principe de la médecine libérale, à l'unisson de ses collègues, il a dénoncé  la création d'une médecine "à plusieurs vitesses" et réclamé une réduction des frais de gestion des mutuelles.

Côté communiste, on dénonce la progression vers une "médecine à deux vitesses".

Les députés socialistes, écologistes et radicaux ont voté pour ce texte, tandis que les élus du Front de Gauche se sont abstenus "malgré d'extrêmes réserves" et que les députés des groupes UMP, mais aussi de l'UDI, ont voté contre au terme d'un vif débat de près de quatre heures.


La mise en réseaux de la santé est un acte politique

Seules les assurances et les complémentaires ont le droit d’avoir des réseaux de soins et de pratiquer des remboursements différenciés. En 2010, la Cour de cassation a rappelé l’obligation d’égalité entre tous les adhérents d’une mutuelle qu’ils choisissent un dentiste conventionné ou non conventionné. Depuis, la MGEN (mutuelle générale de l’Education nationale), qui a lancé le 1er réseau de soin, en 1992, a été assignée en justice à plusieurs reprises. Ces réseaux existent surtout pour l’optique et les soins dentaires, mal remboursés par la Sécu. 



La mutualité est aux mains de la gauche


Aujourd'hui ouverte à tous les Français,
la MGEN est très proche du PS. C'est ainsi que son actuel président, Thierry Beaudet , professeur des écoles, a exercé des responsabilités associatives à la Ligue de l'Enseignement. Il est également président de l'union mutualiste de groupe Istya,constitué d'un réseau de quatre mutuelles issues de la fonction publique (le groupe MNH, la Mutuelle Nationale des Territoriaux, la Mutuelle Générale Environnement et Territoires et la Mutuelle des Affaires Étrangères et Européennes) .

La Fédération nationale de la mutualité française (FNMF)
Forte de 18 millions d'adhérents, elle a eu René Teulade pour président (). Or, il est sénateur PS de Corrèze depuis 2008 et fut ministre des affaires sociales et de l'intégration (1992-1993) du gouvernement de Pierre Bérégovoy. En 2011, René Teulade fit appel d'une condamnation à 18 mois de prison avec sursis et 5 000 euros d'amende pour abus de confiance par le tribunal correctionnel de Paris, dans le cadre de l'affaire de la Mutuelle retraite de la fonction publique (MRFP).

Au côté de François Hollande, il augmenta l'influence de son parti dans la Corrèze jusqu'à ce que le Conseil général bascule à gauche en mars 2008 et qu'il en devienne alors le premier vice-président cumulard (1992-2011) de 80 ans.


"Une privatisation rampante de la Sécurité sociale"

Si pour les mutuelles, comme les complémentaires et les assureurs, le but affiché est de négocier des baisses de tarifs, le gouvernement socialiste cherche en vérité à soumettre le secteur privé de santé. Question cohérence, il interpelle, puisque, du côté sidérurgie, il cherche à nationaliser, mais privatise du côté santé.

D'ailleurs, pour le Collectif des associations d’usagers de la santé (Ciss), une étude d’impact est nécessaire, car "l’effet prix reste à démontrer ".
"Le devenir de plusieurs de nos savoir-faire emblématiques, en particulier pour les lunettes, est mis en péril" au profit de productions à bas coût, notamment chinoises, a aussi assuré Marie-Christine Dalloz (UMP). 
Pour l'UDI, Arnaud Richard a redouté l'ouverture d'une "boîte de Pandore" et la création d'"un réseau parallèle sans garantie sur l'amélioration d'accès aux soins". En réaction, des médecins libéraux veulent créer une "mutuelle libre."
Les médecins libéraux et des internes soucieux du maintien du libre choix du praticien manifestent aujourd'hui contre le projet de Marisol Touraine.

samedi 1 décembre 2012

Florange: les syndicats se disent trahis par le gouvernement

Les métallos se sentent trahis par les politiques socialistes

"On nous a menti", estime Edouard Martin de la CFDT


La CFDT ne croyait pas
si bien dire...
La CFDT répugne à nommer l'exécutif socialiste qui les a menés en pédalo

Ni nationalisation promise, ni plan social et ni redémarrage des hauts-fourneaux de Florange (Moselle) par Mittal. Le gouvernement a choisi le compromis mou, annoncé vendredi soir par le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, après qu'un pacte mystérieux a été signéavec le groupe sidérurgique à Matignon.


Mittal s'engage à investir 180 millions d'euros sur cinq ans dans son affaire, mais la menace plane toujours sur l'approvisionnement en gaz. "Si Mittal coupe les vannes de gaz, c'est mort. "



Un compromis qui a généré une très grosse déception à Florange
Les syndicats d'une part et le maire socialiste de la ville, d'autre part partageaient une  vive méfiance à l'égard des promesses du gouvernement et d'ArcelorMittal. 



Ambiguïté du responsable CFDT d'ArcelorMittal à Florange


Ils étaient bons,
les croissants du ministre,
n'est-ce pas, 
Edouard Martin ?
Edouard Martin accuse ce samedi le gouvernement d'avoir "menti tout au long" des discussions sur l'avenir de Florange, mais garde sa confiance à Montebourg.

Au pouvoir, il reproche que  "jusqu'à la dernière minute quasiment, on nous a fait croire que la nationalisation temporaire était acquise." Et d'accuser le Premier ministre: "On n'a pas compris du tout ce pataquès de dernière seconde où Jean-Marc Ayrault a annoncé une piste qui n'avait jamais été évoquée", a-t-il lancé sur RTL. 
VOIR et ENTENDRE un reportage de France Info qui rend encore Mittal responsable du compromis négocié par Ayrault et avalisé par Hollande:


Le syndicaliste désigne pourtant  Ayrault, se demandant "si à un seul moment le Premier ministre a cru à l'hypothèse de la nationalisation". "On aurait aimé qu'on arrête de nous rouler dans la farine (...). J'ai l'impression qu'on nous a menti tout au long", a-t-il dit. Pour le responsable syndical, «si le patron n'était pas Mittal on aurait pu crier quasiment victoire» mais, a-t-il ajouté, 
Le syndicat réformiste reproche au gouvernement d'avoir discuté avec Lakshmi Mittal: il "n'a jamais respecté les engagements qu'il a pris". E. Martin a exprimé la crainte que "pour le gouvernement le dossier soit bouclé et la page tournée, et que (les salariés de Florange) soient oubliés".


Dès samedi, Edouard Martin est passé aux menaces


Hollande fait
 déchanter
les métallos
"Nous avons été le cauchemar de Sarkozy, on pourrait être celui de ce gouvernement (...) Les rénovations et les investissements, c'est maintenant que nous les voulons, pas dans cinq ans. Nous exigeons que les travaux de rénovation démarrent tout de suite". 
Le délégué syndical exige la tenue "d'une réunion tripartite gouvernement-syndicats-direction" au cours de laquelle il souhaite avoir des garanties quant à "l'échéancier sur l'investissement de 180 millions euros promis".

La CFE-CGC (cadres) "dit banco ! " à la réunion tripartite promise à Florange avec Jean-Marc Ayrault.

Le secrétaire fédéral de FO Métaux est aussi dubitatif

"Je suis satisfait qu'ArcelorMittal fasse fonctionner la totalité du site tout en faisant Ulcos mais
j'aimerais connaître ce qu'il y a exactement dans l'accord. A priori la déclaration du Premier ministre nous convient, puisque on n'a pas de plan social, on va refaire fonctionner les hauts fourneaux avec Ulcos et ArcelorMittal va verser 180 millions d'euros, mais j'espère que ce n'est pas de la poudre aux yeux." 
"Or, 8 millions multipliés par 18 mois cela fait 164 millions", a indiqué Frédéric Souillot faisant remarquer qu'il ne restera pas grand chose de la somme promise par ArcelorMittal.

Lionel Burriello, représentant du collectif jeunes de la CGT à Florange

"
C'est une trahison, une incohérence totale par rapport aux déclarations de toute la semaine, c'est de l'enfumage. Rien que le mot accord avec ArcelorMittal ça me donne envie de pleurer, on a l'impression de vivre un Gandrange 2." Ou Vilvorde, pour les moins jeunes qui ont connu le gouvernement Jospin.


La CGT dénonce " un renoncement condamnable " du gouvernement

Le secrétaire général de la CGT affirme que le site de Florange n'est pas " sauvé ".VOIR et ENTENDRE Bernard Thibault doute fort de la reprise d'activité de la filière chaude et envisage la fermeture définitive de Florange:


L'affaire de Florange menace les syndicats d'éclatement

A la tête de la CFDT, on assure que l'accord entre le gouvernement et ArcelorMittal est "une victoire", aux dires de son secrétaire général, Laurent Berger, affirme que . C'est d'aileurs lui qui se plaît à affirmer calmement:" Les hauts-fourneaux du site sidérurgique ArcelorMittal de Florange ne seront pas coupés cette semaine." (sic)

A l'inverse, sur le terrain, le délégué du site crie à une "très haute trahison d'Etat".



Florange: le compromis gouvernement-Mittal ne règle rien

Mittal paiera mais les incertitudes demeurent sur les haut-fourneaux

Le  patron d'Arcelor a trouvé samedi un  compromis avec le gouvernement

Le géant indien se dit satisfait, mais le gouvernement n'a pas dissipé le flou sur l'avenir des haut-fourneaux.
Arnaud Montebourg, qui s'est beaucoup impliqué dans ce dossier, confondant investissement et mise en scène, agression et négociation, a plaidé en vain pour une nationalisation temporaire du site mosellan.

Le président Hollande piégé par son ministre


"C'est le président de la République qui décidera" ou non en faveur de la nationalisation, avait déclaré Arnaud Montebourg à la sortie d'un café du quartier où il avait pris le petit déjeuner avec une dizaine de métallos qui lui mettaient la pression en campant sous les fenêtres de son ministère. Mais " ce n'est pas un faux espoir, c'est une solution. C'est une solution qui est sérieuse, crédible, durable ", a insisté le ministre, qui avait été le premier à vouloir imposer la nationalisation. Pour lui, une telle option n'était pas de nature à effrayer les investisseurs étrangers: " Je crois que Barack Obama a nationalisé, les Allemands nationalisent, tous les pays nationalisent... Je ne vois pas où est le problème, " avait maintenu le ministre illuminé pour qui "c'est très moderne de nationaliser !..."

Pour le président du
MoDem, François Bayrou, le projet de nationalisation "peut être envisagé (...), mais avant on est en droit de demander au gouvernement d'être un peu plus équilibré et d'agir un peu moins par foucades, par invectives".

Michel Delebarre
, sénateur-maire PS de Dunkerque
, où sont installés d'autres hauts-fourneaux d'ArcelorMittal, a regretté lundi soir des "déclarations à l'emporte-pièce" sur ce dossier, ciblant clairement  Montebourg.


Hollande repasse le mistigri à Ayrault

Le président de la République devait être l'arbitre. "J'imagine bien que François Hollande, s'il demande à rencontrer Lakshmi Mittal, c'est pour essayer de remporter le dernier bras de fer (...) et le convaincre à travers un accord négocié de céder le site de Florange", a déclaré sur France Inter Edouard Martin, délégué CFDT du site.

Le ministre du Redressement productif a d'ailleurs prétendu samedi soir ne pas se sentir désavoué par le jugement de Salomon du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault.
"J'ai décidé de rester à mon poste de travail et de combat", a déclaré Montebourg sur TF1, réfutant toute idée de démission et confirmant ainsi que tout Premier ministre qu'il soit, Ayrault n'est pas le patron.

Le gouvernement recule sur la nationalisation

Le coprésident du Parti de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, sur BFM TV et RMC, avait apporté son soutien à   Montebourg, rappelant que le premier à avoir demandé la nationalisation "c'est Bernard Thibault", le secrétaire général de la CGT.

Les syndicats ont donc  diversement apprécié l'arbitrage du président socialiste
Certes les 629 salariés menacés du site mosellan échappent transitoirement à un plan social, mais le compromis n'infléchit pas réellement la position d'ArcelorMittal, qui fait des concessions financières et non pas stratégiques.


En effet, toutes ces tractations n'ont pas fait varier d'un iota un des points essentiels de la stratégie de Lakshmi Mittal:
les hauts-fourneaux de Florange ne devraient plus cracher de brames d'acier brut. La négociation a abouti à des investissements sur "l'aval", c'est-à-dire la transformation de l'acier en produits industriels élaborés et non sur "l'amont", la production d'acier proprement dite.

Ayrault avoue rester sur le qui-vive
Évoquant"des interrogations qui se sont exprimées du côté des salariés" après l'annonce du compromis passé entre le gouvernement et ArcelorMittal, il indique qu'il "veillera scrupuleusement à la réalisation effective des engagements pris". 

Jean-Marc Ayrault rappelle que ces engagements portent sur l'absence de plan social, "des investissements d'au moins 180 millions d'euros sur le site de Florange et sur le projet Ulcos".

En attendant Ulcos ?

Le gouvernement s'abrite derrière le projet européen Ulcos 
L'Union européenne n'a pourtant pas encore décidé de permettre -à terme- à un des haut-fourneaux de Florange de produire de l'acier en émettant beaucoup moins de CO2 pour faire meilleure figure, car il affirme qu'ArcelorMittal s'est engagé sur ce dossier.

Et c'est peut être dans ce flou que réside la supercherie
ArcelorMittal ne faisait samedi dans son communiqué aucun commentaire sur le projet Ulcos, contrairement au communiqué publié quelques minutes après par Jean-Marc Ayrault certifiant que "le projet Ulcos" - bien qu'il ne soit pas validé - est  inscrit dans les engagements pris par le groupe.

Montebourg affiche une défiance tous azimuts 
Interrogé, Montebourg admettait d'ailleurs que le projet n'était pas abouti, que Mittal s'est simplement "engagé à étudier le projet", et a  appelé Jean-Marc Ayrault à plus de radicalité.
"Je crois que le Premier ministre peut faire preuve d'encore plus de fermeté pour obtenir davantage d'ArcelorMittal".

Le ministre a également affirmé que le président François Hollande lui a assuré que l'option d'une nationalisation de Florange reste sur la table si le groupe ne respectait pas ses engagements.


Les réactions sont mitigées, mais évolutives

Arnaud Montebourg avait suscité l'espoir d'une nationalisation temporaire chez les syndicalistes et sur l'échiquier politique. Dans la journée du mardi 27 novembre, Arnaud Montebourg avait salué l'unité nationale qui se dessine selon lui sur une nationalisation temporaire du site de Florange.
Les syndicalistes CFDT et FO
appâtés au croissant

Mais la mergez partagée par Hollande et les croissants offerts par Montebourg à l'heure des poubelles leur sont restés en travers du gosier.



La CFDT a critiqué la "méthode" du ministre et du gouvernement, lui reprochant d'avoir "suscité énormément d'espoir, aujourd'hui déçu", mais tient l'arbitre élyséen en dehors de ses rancoeurs. 

FO
s'est déclaré "satisfait", mais redoute de la "poudre aux yeux".

"J’ai entièrement confiance en messieurs Hollande et Montebourg, avait pourtant cru pouvoir affirmer Walter Broccoli, délégué FO de Florange. J’ai entendu Arnaud Montebourg dire qu’il était prêt à aller jusqu’au bout, le président de la République aussi, on a vu les élus de droite, de gauche, nous soutenir jusqu’au bout, je vois mal aujourd’hui le gouvernement faire marche arrière. Pour nous, il n’y a aucun mystère : ou Mittal fait marche arrière, ou on nationalise ".

 
La CFE-CGC, elle est content qu'il n'y ait pas de nationalisation.

Comme Mélenchon, la CGT était en revanche plus soupçonneuse: " On a besoin de sérieux sur cette affaire. On va avoir aussi une visibilité sur ce qu’a annoncé à demi-mot Arnaud Montebourg à l’Assemblée nationale, le fait qu’il y aurait deux marques d’intérêt sur Florange. Nous, on veut savoir exactement ce que c’est, sur le fond."

Chez les politiques, Harlem Désir, premier secrétaire du PS, désigné par l'Elysée, a appelé tout le monde à se mobiliser "pour l'avenir de Florange", tandis que pour le député socialiste de Moselle, Michel Liebgott, l'accord "n'est pas la panacée mais il permet de préserver l'emploi".

La présidente du FN, Marine Le Pen, demande "un plan d'ensemble en faveur de la sidérurgie française".
Le président de l'UDI, Jean-Louis Borloo, veut "un grand débat" sur la filière.


L'UMP dénonce unanimement le gouvernement. 

Le secrétaire général sortant, Jean-François Copé, a critiqué vendredi
"une forme d'improvisation au sommet de l'Etat", et l'ex-Premier ministre François Fillon a stigmatisé samedi "l'incohérence" et "l'irréalisme" de l'exécutif.

A Florange, les habitants ont accueilli ces annonces avec méfiance, en ce jour de la Saint-Eloi, patron des métallos.
"Lakshmi Mittal a roulé tout le monde dans la farine", peste Serge Gremese, ouvrier de 40 ans qui, d'avoir trop écouté Aurélie Filippetti et les visiteurs socialistes parisiens en campagne, ne réalise pas que la sidérurgie se porte mal partout en Europe et que Mittal reste le seul maître des forges.

Le ministre du Travail Michel Sapin a dit "comprendre les réactions de scepticisme des salariés", "compte tenu des antécédents" de L. Mittal, qui a souvent  manqué à ses promesses en s'adaptant à la crise internationale.

Z-Ayrault-pointé a ajouté à la morosité en réaffirmant samedi la nécessité de "veiller scrupuleusement à la réalisation effective des engagements".

Pour conserver un minimum de crédit, le Premier ministre s'est cru obligé de saluer samedi le travail de Arnaud Montebourg qui,selon lui, "n'a pas ménagé sa peine pour  "créer un rapport de forces favorable" et chercher toutes les solutions possibles". Sans les trouver.

Montebourg a mené la représentation nationale en bateau  pédalo

Un repreneur de l'intégralité de Florange est prêt à investir "près de 400 millions d'euros" sur le site sidérurgique qu'ArcelorMittal souhaite en partie fermer, avait déclaré le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, devant les députés. "La décision est entre les mains de M. le président de la République et de M. le premier ministre, je ne doute pas qu'ils prendront les bonnes décisions après les réponses de Mittal", a-t-il conclu, avec le respect dû 
à Monsieur Mittal par un ministre à l'Assemblée.

VOIR et ENTENDRE le poker-menteur du ministre de Hollande le 28/11/2012 :



A noter que Michel Liebgott, député socialiste de Moselle, n'avait pas manqué d'abonder dans le sens de Montebourg, ajoutant sur BFM-TV qu'il s'agissait d'un "industriel crédible".


Politiquement, le dénouement devrait, à plus ou moins court terme, avoir des conséquences pour Montebourg, qui n'a pas su faire pencher en sa faveur l'arbitrage de Matignon et imposer la nationalisation promise de Florange.
Le secrétaire général réformiste de la CFDT, proche du PS,  François Chérèque, a estimé mercredi qu'Arnaud Montebourg a fait "un pas de trop" face à ArcelorMittal. "Quand on a 23.000 salariés (en cause) et qu'on n'a pas les moyens de reprendre toute la branche, c'est une erreur", a-t-il déclaré en marge d'une assemblée générale des cadres de la CFDT.

Florange: Hollande démettra-t-il Montebourg pour mensonges ?

Montebourg s'est disqualifié au gouvernement

Isolé, le ministre du redressement productif sent le soufre


Le candidat Hollande mange la merguez des métallos de Florange


Les merguez de Hollande sont restées en travers de la gorge des salariés.

Le candidat Hollande qui avait promis de faire mieux que son prédécesseur avait fait du redémarrage des hauts-fourneaux de Florange l'emblème de sa présidence. Or, la mission de redressement productif qu'il avait confiée au turlupin Montebourg a capoté à la suite d'un bras de fer fondé sur une suite de mensonges. 

Hollande a missionné son Premier ministre pour acter le désastre.
Jean-Marc Z-Ayrault s'est efforcé de ne pas perdre la face mais son ministre matamore est maintenant lâché et taclé par Matignon qui n'a pas retenu son plan de nationalisation.

Le ministre de Hollande a perdu toute crédibilité



Les croissants de Montebourg
aux syndicalistes d'ArcelorMittal
qui campent devant son ministère
ont le goût de pains au chocolat...



"S'il perd la bataille de Florange, il va être réduit au ministre qui va jeter quelques bouées de secours", estimait récemment un de ses proches, le député socialiste de l'Essone Malek Boutih.

Florange était emblématique du Redressement productif 
L'exécutif avait vanté la sidérurgie française, bien qu'industrie historique à la splendeur passée et avait bercé d'illusions un bassin d'emploi sinistré. Mais la gauche entière avait aussi diabolisé ArcelorMittal, incarnation du capitalisme transnational dont le ministre dénonce les méfaits: .


Nono Montebourg est grillé et Florange est meurtri. 
Le site de Florange ne sera pas nationalisé pour être revendu ensuite. ArcelorMittal a tenu bon face à l'exécutif socialiste et a consenti à investir dans le site mosellan, à limiter les réductions l'emploi et à maintenir fonctionnels les hauts-fourneaux, tandis que la filière chaude ne redémarrera pas, malgré les promesses de campagne de l'ex-députée locale, la ministre Aurélie Filippetti.

Un responsable gouvernemental ironisait sur le gâchis

"C'est un immense triomphe pour Arnaud Montebourg".

Quelque heures avant cet épilogue, Montebourg fanfaronnait encore. 

Montebourg offre les croissants du matin
aux syndicalistes de la CFDT
Idée à laquelle s'étaient ralliés de nombreux responsables politiques de tous bords, que les syndicats appelaient tous de leur voeux et que la presse soutenait sans broncher, la nationalisation n'était "pas un faux espoir" mais une "solution qui est sérieuse, crédible, durable", assuraient-ils tous.

Les agressions verbales, les menaces et le chantage ont été contre-productifs
Irresponsable, le ministre avait fait croire à l'existence d'un repreneur industriel anonyme auquel revendre Florange. Après avoir laissé Montebourg en faire l'annonce à l'Assemblée nationale, Matignon a fini par avouer qu'il s'agissait d'un stupide poker menteur.

Selon une source proche de la rue de Varenne, J.-M. Zayrault a finalement estimé que le repreneur annoncé par Montebourg n'est pas "crédible".
Ce n'était "pas solide" et "pas bordé", insiste-t-on à Matignon, tardivement, lorsque le coup foire.

Le ministère du Redressement productif était injoignable en fin de matinée. A. Montebourg doit participer dimanche en fin d'après-midi à l'émission "Tous politiques", organisée par France Inter et Le Monde.

Encore un ministre qui fait tache 

"Montebourg désavoué par Ayrault", a twitté l'ancienne ministre UMP Nadine Morano.

"Absurde de discréditer son ministre", a en revanche pesté, sur le réseau social Twitter, la sénatrice PS Marie-Noëlle Lienemann, une proche de Montebourg, à l'aile gauche du PS. En 2004, elle fut conseillère régionale du très contesté Nord-Pas-de-Calais et deuxième en 2008 sur la liste conduite par ...Gérard Dalongeville. Mais pour ce qui nous occupe, rappelons simplement que Marie-Noëlle Lienemann et Arnaud Montebourg étaient membres de "La Gauche socialiste" (GS, 1988), un courant du PS, et critiquaient l'intervention française dans la Guerre du Golfe ensemble. Avec Montebourg encore, elle défendit le " non " au référendum français sur le traité établissant une Constitution pour l'Europe.


Pour faire nombre, il faudrait encore citer le député
Laurent Baumel qui a pris la parole aujourd'hui pour voler au secours du turlupin de l'affaire Mittal. Fin novembre, avec Philippe  Doucet, le maire d'Argenteuil, R. Juanico, O. Dussopt, François Brottes, François de Rugy, et d'illustres inconnus, il avait signé une tribune de soutien à la proposition du Ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, pour un contrôle public temporaire du site Arcelor Mittal de Florange.

Mais, "le rôle de Montebourg, c'est de faire du bruit utile pour les négociations", estime Eddy Fougier, un chercheur dévoué, associé au CNRS, spécialiste de la gauche. Ce que la presse couchée ne dit pas, c'est que ce politologue (combien sont-ils donc en France ?...) est spécialiste des mouvements de contestation de la mondialisation. Il est donc sur la même ligne que Montebourg, auteur d'un ouvrage sur la ... démondialisation ! Un détail encore: outre qu'il est chargé de formater les étudiants à l’Institut supérieur de formation au journalisme (ISFJ, Paris), cet Eddy Fougier est chargé d’enseignement dans plusieurs écoles, notamment Audencia Nantes, la ville dont le Premier ministre était le député-maire.


Une idée partagée par un membre anonyme du gouvernement [Benoît Hamon ?] pour qui "Montebourg voulait vraiment nationaliser. Mais pas les autres. On s'en est servi comme arme dans la négociation".


La place de Montebourg au gouvernement devient intenable

Le gouvernement Zayrault revendique en effet une "révolution copernicienne" dans son rapport aux entreprises, et onsidère donc la nationalisation comme une vieille lune socialiste.
"On n'est plus dans une époque où on nationalise la sidérurgie", avait tranché la semaine dernière le ministre du Travail Michel Sapin. 

Nationaliser est "juridiquement hasardeux" et "économiquement instable", avait-on opposé à Matignon. 

Montebourg avait donc déclaré que la décision appartient à l'Elysée.
On y faisait dire en effet que "la leçon, c'est aussi que la nationalisation est un outil dédiabolisé".

Mais Hollande a envoyé Ayrault au casse-pipe.
"Le gouvernement a fait le choix du Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l'emploi. Il s'agit d'une priorité nationale", a déclaré La Voix de son Maître, vendredi soir, en référence aux mesures de relance de la compétitivité adoptées jusqu'ici, notamment le crédit d'impôt sur le coût du travail octroyé aux entreprises, critiqué par la gauche de la gauche.

"Qu'il y ait des tensions (...), c'est évident", insiste Fougier, qui admet que, "sur le fond", Montebourg n'est pas compatible avec la révolution copernicienne du PS.
"En même temps, il y a des déséquilibres internes (...) et Montebourg a un rôle pour que le parti ne penche pas trop à droite", nuance le foireux qui ainsi  n'irritera personne.

Fougier préfère polémiqueravec la droite, ajoutant que "le Florange de Montebourg peut être le Gandrange de Sarkozy". Mais alors, comme la gauche,  le chercheur se discrédite en occultant  le Renault-Vilvorde de Jospin.



Hollande et Ayrault ont berné les syndicats de Florange

"Les mensonges de Montebourg sont accablants"

L'exécutif socialiste a mené les salariés de Florange en pédalo

Mercredi, le ministre avait annoncé un repreneur

Les méthodes du ministre du Redressement productif "relèvent du chantage et des menaces". Montebourg se disait "prêt" à aller jusqu'à l'expropriation de Mittal si  le  bras de fer, baptisé "négociations", avec ArcelorMittal n'aboutissait pas d'ici vendredi, veille de la date-butoir fixée par le groupe pour la fin des négociations. Pour crédibliser cette expropriation définitive, Arnaud Montebourg avait annoncé mercredi avoir trouvé un repreneur pour la totalité du site ArcelorMittal de Florange. 


En officialisant le 1er octobre dernier l'arrêt des hauts-fourneaux de Florange, ArcelorMittal avait fixé un délai de deux mois, qui prend fin samedi, pour permettre au gouvernement de trouver un investisseur pour la phase à chaud non rentable.
Mais, faute de repreneur pour les seuls hauts-fourneaux, le gouvernement a émis l'hypothèse de nationaliser l'intégralité du site, donc également la rentable et stratégique "phase à froid" dont ArcelorMittal n'entend pas être dépossédé.Le gouvernement a légalement la possibilité de faire voter une loi pour nationaliser Florange -contre une indemnisation-, puis de revendre le site à un autre groupe sidérurgique qui maintiendrait les hauts-fourneaux en activité.
ArcelorMittal pouvait aussi proposer au gouvernement de nouveaux projets ou des alternatives pour maintenir l'emploi et pérenniser le site.

Le ministre avait même trompé les députés

Il les avait assurés que  
"nous sommes prêts parce que nous avons un repreneur qui est un aciériste, un industriel, qui n'est pas un financier, qui, par ailleurs, souhaite investir son argent personnel, et, excusez du peu, est disposé à investir jusqu'à près de 400 millions", avait raconté Arnaud Montebourg à l'Assemblée nationale. Le ministre socialiste avait tu l'identité de ce mystérieux repreneur,  russe pour les uns, belge pour les autres.

La presse aux ordres n'avait émis aucun doute, malgré le nombre de ses experts, analystes et décrypteurs patentés.

Des complices de gauche avaient joué à ce jeu

Philippe Verbeke, responsable CGT, a déclaré à l'issue d'une réunion à Bercy entre le ministre, des élus de Moselle et des responsables syndicaux du site qu'il "semblerait" que le repreneur annoncé "soit quelqu'un de la partie".
Michel Liebgott, député socialiste de Moselle, a ajouté sur BFM-TV qu'il s'agissait d'un "industriel crédible".

Le ministre de Hollande avait promis un  financement

Arnaud Montebourg avait précisé que le gouvernement pourrait mobiliser des participations "dormantes" de l'Etat pour financer une éventuelle nationalisation, sans coût pour le budget.L'Etat français aurait vendu 1% de GDF Suez pour financer une éventuelle nationalisation du site de Florange.
C'est ce qu'avaient assuré plusieurs syndicalistes de la CFDT et de FO, après leur rencontre avec le ministre du Redressement productif.
Par la suite, Arnaud Montebourg avait dû démentir par communiqué. "Arnaud Montebourg tient à préciser que la cession de titres GDF Suez n'est pas à l'étude", a-t-il écrit, indiquant, sans plus de précisions, avoir "explicité" à l'intersyndicale, c'est-à-dire reculé sur son projet d'un éventuel financement d'une opération de contrôle publique temporaire du site "par la cession de participations de l'Etat". L'Etat détient 36% du groupe énergétique et 1% du capital représentait au cours de mercredi 408 millions d'euros.
L'exécutif avait alimenté la haine de Mittal
La fermeté affichée par le ministre du Redressement productif, voire son agressivité, avaient été salués par Edouard Martin, responsable CFDT d'ArcelorMittal Florange, qui, avec une délégation de syndicalistes, avait entrepris de camper sous les fenêtres du ministère de l'Economie jusqu'à l'expiration du délai. "Il attend que M. Mittal fasse des propositions autres que celle de la fermeture, sinon le gouvernement (est) bien décidé à nationaliser temporairement le site", avait lancé le leader syndical complice.

La CFDT se retourne contre Montebourg

Quand Montebourg osa
le V de la victoire


ArcelorMittal pouvait proposer de nouveaux projets ou des alternatives pour maintenir l'emploi et pérenniser le site.
La confrontation entre le gouvernement et ArcelorMittal a déclenché un début de polémique sur la politique économique du gouvernement, mais le soutien apporté par de nombreux responsables de l'opposition lui a permis de faire croire à une "unité nationale" de façade sur la question.
Le débat sur l'avenir de Florange avait pris un tour polémique en début de semaine, après l'agression verbale d'Arnaud Montebourg sur la famille Mittal, actionnaire majoritaire d'ArcelorMittal, qui n'est pas la bienvenue en France, avait-il lancé: "nous ne voulons pas de Mittal en France", déclaration qui avait "choqué" le groupe.
Devant le Sénat, le haut-fourneau du gouvernement avaitégalement affirmé que "leproblème des hauts-fourneaux de Florange, ce n'est pas les hauts-fourneaux de Florange, c'est Mittal."
Et, dans Les Echos, son support-media privilégié, le ministre de l "effondrement productif" avait dénoncé "les mensonges de Mittal depuis 2006 sont accablants", estimantant malgré la crise qu'il "n'a jamais tenu ses engagements" vis-à-vis de l'État français.
En Inde, les media dénoncèrent du racisme chez Montebourg et une menace de boycottage pesait sur nos produits.
De nombreux économistes estimaient toutefois qu'une nationalisation pourrait dégrader le climat des affaires en France et décourager les investisseurs étrangers.
Mercredi, avant de passer le relais à son successeur, le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a estimé qu'Arnaud Montebourg a fait "un pas de trop". "Quand on a 23.000 salariés (en cause) et qu'on n'a pas les moyens de reprendre toute la branche, c'est une erreur", a-t-il déclaré en marge d'une assemblée générale des cadres de la CFDT. "C'est toujours Montebourg, c'est toujours un pas de trop."