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vendredi 11 avril 2014

Tarifs d'EDF retoqués: impuissante, Royal juge "très regrettable" la décision

La perverse Royal promet d'entraver la libre concurence des prix de l'énergie

Royal avale une première couleuvre de travers
Ambiance souriante à l'Assemblée nationale:
Dumbo Valls et Royal Canin, fort tendus
Ministre de la parole, Ségolène Royal condamne la liberté des juges. 
Bras croisés, la ministre de l'Ecologie et de l'Energie a regretté vendredi l'arbitrage défavorable du Conseil d'Etat qui désavoue le gouvernement Ayrault. En juillet 2012, peu après le retour de la gauche au pouvoir, celui-ci avait en effet démagogiquement limité à 2% l’augmentation des tarifs de l'électricité par EDF, fournisseur dominant auxquels souscrivent plus de 28 millions de Français, en dépit de l'avis de la Commission de régulation de l’énergie qui avait calculé qu’une hausse de 5,7% était nécessaire.  

Dumping du gouvernement socialiste
Ayrault avait tenté de rétablir le monopole d'EDF en étranglant les petits concurrents d’EDF par des pratiques commerciales déloyales contraires à l'esprit de concurrence. 
L’Anode, regroupement de Direct Energie, Eni, Lampiris, etc, avait porté plainte et, constatant une vente à perte, le Conseil d'Etat vient de leur donner raison.

Vingt-et-un mois plus tard, retour de boomerang
Le Conseil d’Etat a jugé que les tarifs "bleus" des particuliers étaient "manifestement inférieurs au niveau auquel ils auraient dû être fixés en application des principes s’imposant aux ministres". Ces tarifs "ne permettaient pas de répercuter les hausses prévisionnelles des coûts de production pour l’année 2012", pointe-t-il.

Le Conseil d’Etat a donné deux mois au nouveau gouvernement Valls - la question des tarifs d’énergie est généralement du domaine de compétences de Matignon et des ministères de l’Energie de Ségolène Royal et de l’Economie d’Arnaud Montebourg - pour prendre un nouvel arrêté conforme.
Les victimes ont d'ores et déjà appelé le gouvernement à prendre en compte "l’ensemble des coûts du passé" qui, selon elles, devront de toutes façons être réglés un jour ou l’autre. "Il est absolument indispensable de solder, dès à présent, la totalité des dettes, en évitant qu’à l’avenir les charges d’hier ne pèsent, à nouveau, sur les factures de demain des Français", écrit l’Anode dans un communiqué où elle salue la "décision logique" du Conseil d’Etat.

Ségolène Royal se défend de faire passer les Français à la caisse

Le gouvernement est contraint mais les Français sont pénalisés 
Le gouvernement Valls nous fait payer les manoeuvres de Ayrault en adressant une facture d'électricité rétroactive à la plupart des foyers.
Royal se désolidarise, déclarant de manière très ambigüe et limite mensongère : "C'est une décision très regrettable pour les consommateurs qui ne correspond pas à la volonté du gouvernement qui avait voulu limiter à 2% la hausse des tarifs".

Et elle insiste en faisant porter la responsabilité aux autres
"La décision du Conseil d'Etat s'appuie sur des textes qui manifestement doivent être réformés pour que le gouvernement puisse appliquer une politique énergétique sans être entravé par des textes administratifs qui ne correspondent pas à (sa) volonté politique", a-t-elle ajouté.

Royal nie la tentative par Ayrault de favoriser EDF.
Hollande avait en effet couvert la fixation de tarifs très "offensifs", voire "déloyaux" avec des marges très faibles  pour éliminer les concurrents d'EDF, établissement public et premier producteur et fournisseur d'électricité en France et dans le monde.

Royal promet une réglementation totalitaire du marché de l'énergie
"Nous allons mettre en chantier avec le ministre de l'Economie, et sous l'autorité du Premier ministre, une réforme des modes de calcul pour que le gouvernement puisse prendre des décisions sans (les) voir annulées sur une base juridique", a expliqué Ségolène Royal. Et d'insister : "Il faut réformer ce mode de calcul.
La ministre trompe les Français sur les intentions profondes du gouvernement
"Il n'est pas acceptable que lorsque le gouvernement veut limiter la hausse des tarifs, cette décision soit annulée sur la base de textes qui doivent être changés", prétend-elle, avec la ferme intention de rétablir une maîtrise étatique de l'énergie.
Dans le cadre de la future loi sur la transition énergétique, "nous aborderons cette question du prix de l'énergie, (de son) mode de fixation (...). Je vais très rapidement entamer des consultations sur ce sujet, annonce la maquilleuse. S. Royal se donne le beau rôle en déclarant qu'elle veut "protéger le consommateur contre les hausses des tarifs de l'énergie", contrainte et forcée.

A la vérité, S. Royal ne prend pas une décision libre et "juste"
Le Conseil d’Etat a imposé deux mois au nouveau gouvernement Valls  pour prendre un nouvel arrêté conforme. La question des tarifs d’énergie est en effet du domaine de compétences de Matignon et des ministères de l’Energie de Ségolène Royal et de l’Economie d’Arnaud Montebourg...

Les tarifs réglementés d'électricité d'EDF pour les particuliers seront réajustés pour la période allant de fin juillet 2012 à fin juillet 2013. Le coup bas de Ayrault à la concurrence impactera  les budgets des fidèles à EDF, entraînant une hausse rétroactive des tarifs réglementés de l'électricité.

Une facture de 20 à 50 euros par tête
L’inconnue principale porte désormais sur le niveau de la hausse rétroactive, sachant toutefois que, dans sa décision, le Conseil d’Etat se réfère à l’évaluation "prévisionnelle" de la CRE (Commission de régulation de l’énergie),  soit 5,7%, ce qui privilégie l’hypothèse d’une "petite" hausse. Mais elle avait dans un second temps estimé la hausse nécessaire  à 9,6%Dans le premier cas, le mopins défavorable, la facture rétroactive moyenne devrait être de l’ordre de 20 euros, mais de près de 50 euros dans le second. Au point que cette somme devrait probablement être lissée sur les prochaines factures.
Près de 92% des foyers français, restés fidèles aux tarifs règlementés de l’électricité, sont concernés par la facture rétroactive. Les autres sont ceux ayant souscrit avant la période concernée à une "offre de marché" (proposée entre autres par GDF Suez, Direct Energie mais aussi EDF), et qui ne seront pas affectés.

Si elles ne contestent pas le fondement juridique de la décision du Conseil d’Etat, des associations de consommateurs comme l’UFC-Que Choisir appellent le gouvernement à plus de responsabilité et de loyauté dans le contrôle des coûts d’EDF, le régulateur n’ayant pas assez de moyens, selon elles, pour les vérifier. "Un tel audit est indispensable pour garantir que les tarifs sont bel et bien en adéquation avec la réalité économique des coûts d’EDF" et permettrait de mettre au jour des "voies d’optimisation", a réagi vendredi l’UFC.
Une critique fermement rejetée par la CRE, qui reconnaît qu’elle "ne refait pas la comptabilité d’EDF, mais qu’elle vérifie l’exactitude des comptes".

Les écologistes font monter la facture
Du fait des coûts de rénovation des centrales nucléaires et du réseau électrique, ainsi que des surcoûts liés aux énergies renouvelables, le prix de l’électricité -le plus bas d'Europe en France- a entamé une ascension qui s’annonce très forte en 2012.
Indépendamment de la hausse finale des tarifs de 2012 qui reste donc à déterminer, s’est déjà ajoutée une hausse de 5% des tarifs au 1er août 2013, qui sera suivie d’une hausse de 5% à nouveau en août 2014. Une autre augmentation suivra en 2015. 

Outre le tarif, qui représente environ 70% du prix, la CSPE, une taxe spéciale qui finance notamment les surcoûts des énergies renouvelables, augmente elle significativement chaque 1er janvier.

Au final, la CRE a averti à plusieurs reprises que les prix de l’électricité devraient augmenter d’environ 30% entre 2012 et 2017.


mardi 9 avril 2013

Allocations familiales: Et toc ! Le Haut Conseil de la famille retoque le rapport de réforme

Allocations familiales : le gouvernement envoyé dans les cordes

Bertrand Fragonard, 
président du Haut Conseil à la famille
Le Haut Conseil de la famille récuse l'objectif du gouvernement de taxer les familles

Ayrault devra revoir sa copie. D'habitude très consensuel, le HCF où siègent la Caisse nationale d'allocations familiales (CNAF, qui gère les "allocs"), les syndicats, le patronat, des "personnalités qualifiées" et les représentants des familles est intraitable.

Commandé par le gouvernement et rendu ce mardi à Jean-Marc Ayrault, le rapport Fragonard sur la réforme de la branche famille s'est fait mettre en pièces par une majorité des membres. Il envisageait de rendre dégressives les allocations familiales en fonction des revenus
Bien qu'étrillée par une majorité des membres du Haut Conseil, dont les syndicats CGT, FO, CFTC et CFE-CGC, ainsi que la CNAF, le gouvernement pourrait bien reprendre à son compte cette idée-phare du rapport

"Il s'agirait d'une atteinte au principe d'universalité"
, est-il indiqué dans l'avis provisoire discuté hier. Si ce fondement est remis en cause, "rien ne Pour une minorité des membres du Haut Conseil (dont le MEDEF et la CFDT), la modulation des allocations "est envisageable". Mais sous deux conditions: ne cibler que "les plus hauts revenus" et "lisser la perte d'allocations familiales pour la rendre progressive".
"Rien ne nous dit que le gouvernement n'abaissera pas les plafonds dans le futur en fonction des besoins", redoute Jean-Marc Bilquez (FO). 


Plus grave,
une autre majorité du Haut Conseil remet en cause l'objectif même du gouvernement: réduire à zéro le déficit de la branche famille d'ici à 2016
Pour elle, "le déficit de la branche famille est artificiel", creusé par le financement des "droits familiaux de retraite". Ce terme regroupe notamment la majoration de pension pour les assurés ayant élevé au moins trois enfants. Soit une lourde facture de 8,8 milliards d'euros - quatre fois le déficit de la branche famille - qui devrait plutôt échoir à la branche vieillesse.

"Exercice prématuré"

Ces membres du Haut Conseil à la famille sont d'autant plus remontés qu'ils estiment que "la branche famille retournera spontanément à l'équilibre en 2019". Et que celle-ci dégagera même un excédent de 6 milliards en 2017. "Il n'y a pas lieu de forcer ce mouvement, surtout dans un contexte de crise économique", estiment-ils, avant d'asséner que "l'exercice réalisé par le Haut Conseil est prématuré". Il faudrait notamment attendre que la réforme des retraites ait lieu, au cas où les avantages familiaux de retraites seraient impactés.

Deux syndicats, FO et CFE-CGC, qui se sont désolidarisés en bloc de l'avis du Haut Conseil. 
"Ce texte ne fait que présenter un catalogue de mesures pour permettre au gouvernement de prendre celle qu'il veut, mais nous, nous ne voulons pas lui donner de chèque en blanc", lance Danièle Karniewicz, la représentante du syndicat des cadres et ancienne présidente de l'assurance-vieillesse. 

Le gouvernement qui tentait de se décharger de toute responsabilité devra arrêter ses mesures d'ici à la mi-avril.


mercredi 2 janvier 2013

Niches fiscales: entre 500 millions à un milliard de manque à gagner

Les apprentis socialistes enregistrent un déficit de rentrées fiscales

La démagogie a un prix
que le pouvoir paie cash


Le gouvernement conteste la réalité

Elément de langage: Pas plus de 500 millions d'euros de pertes !

La presse aux ordres a pour mission de colporter que  la censure partielle du budget 2013 n'entraînerait pas un manque à gagner d'un milliard d'euros pour les finances publiques, selon l'exécutif Dans son édition du 2 janvier, Les Echos, reprenant les estimations du projet de loi de finances, estime, lui, à un milliard ce manque à gagner lié au rejet par le Conseil constitutionnel de plusieurs dispositions fiscales contenues dans le budget 2013.

"Je crois que la presse spécule un petit peu (...) Lorsque nous parlons de 500 millions, nous évoquons notamment, mais pas seulement, les 75% de taxation sur les revenus supérieurs à un million d'euros par an", a supputé Najat Vallaud-Belkacem, la porte-parole du gouvernement sur France 2, ce mercredi.
VOIR et ENTENDRE Madame la Marquise Najat Vallaud-Belkacem "délivrer" ses commentaires positifs : 


"Lorsque la presse va plus loin, elle évoque un certain nombre de dispositifs censurés, comme le déplafonnement des niches fiscales outre-mer(...) pour une part source de recettes pour l'Etat et pour une autre part source de coût pour l'Etat", a-t-elle argumenté.

Le gouvernement a bien l'intention de proposer un nouveau dispositif de taxation des hauts revenus

La binationale confirme que le pouvoir n'en démord pas, comme François Hollande l'a annoncé lors de ses voeux de fin d'année. Mais la porte-parole n'a pas été en état de donner une quelconque précision sur la forme ou le délai.

Qui dit vrai ?
Alors 500 millions ou un milliard d'euros de manque à gagner ? 
Des analystes s'efforcent de soutenir que la difficulté tient dans la nature même des chiffres du manque à gagner. Et, bien que gouverner, ce soit prévoir, et bien aussi que le gouvernement promette la transparence à propos de tout, il ne s'agirait que "de simples estimations de Bercy" et non de données certaines puisque tous les revenus de 2012 qui seront imposés en 2013 ne sont pas encore connus. Mais de "simples estimations" permettent-elles, à l'inverse, de contester les chiffres du journal Les Echos ?


On est loin d'une recette en milliards promise par le candidat Hollande

F. Hollande, clone
de Fernand Raynaud
Ainsi, le rejet de la taxe à 75% entraînerait une perte de recettes de 210 millions par an, à en croire les manipulateurs de Bercy. 
Or, comment quantifier le rendement de la défunte taxe? Idem de la remise en cause partielle du plafonnement des revenus au titre de l'ISF. Pour Bercy, le plafonnement prévu initialement aurait permis à l'Etat de récupérer entre 100 et 200 millions d'euros. Une fourchette pour le moins large...

Et la fourchette est une passoire 

Au Sénat, François Marc, le rapporteur socialiste de la Commission des Finances, déclare froidement: "l’impact de cette diminution des dépenses fiscales [les niches] à hauteur de 2,2 milliards d’euros est atténué par de nouvelles dépenses fiscales pour un montant global de 0,6 milliard d’euros, soit un solde net de diminution des dépenses fiscales de 1,6 milliard d’euros en mesures nouvelles depuis l’adoption de la loi de finances initiale pour 2012". 
Ce qui est clair s'énonce clairement: les niches fiscales ne sont pas ce qu'ils en disaient.

Et la presse dévote qui nous a vendu l'apprenti sous-ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, en expert fiscal !