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vendredi 3 février 2017

Affaire Penelope: secret des sources contre secret du travail des collaborateurs parlementaires

Qui est la taupe ? Jouyet serait la source secrète du Canard enchaîné

"Cette opération ne vient pas de chez nous, pas de notre camp.
Cette affaire [Penelope] vient du pouvoir", a affirmé François Fillon devant ses sympathisants, mercredi 1er février. Le candidat LR à la présidentielle, harcelé dans l'affaire des emplois présumés fictifs de son épouse Penelope, a aussi dénoncé une "tentative de coup d'État institutionnel" venu de "la gauche". Ses soutiens les plus fervents jugent les attaques plus dangereuses  pour le scrutin que pour le candidat dans l'opinion soumise au matraquage médiatique de la gauche qui a perdu toute chance de victoire et balance entre Hamon et Macron, faisant le jeu de l'extrême droite, comme en 2002. 

La presse retranchée derrière le secret des sources a reçu le soutien du Parquet
L'opération lancée par l'hebdomadaire anarchiste repose sur un montage de soupçons. Les montants avancés sur les sommes perçues par l'épouse du candidat de la droite républicaine se sont d'ailleurs avérés inexacts d'une semaine à l'autre.

Depuis 2012, chaque nouvelle élection présidentielle est entachée d'un complot.

Le socialiste Dominique Strauss-Kahn fut la première victime des media avec la révélation de son activité sexuelle pourtant connue de longue date, notamment par François Hollande, alors premier secrétaire et candidat du Parti socialiste. A qui le crime profita-t-il ?


Puis, en mars et avril 2012, à seulement quelques jours de l'élection présidentielle, l'affaire Kadhafi fut déclenchée par le journal trotskiste en ligne Mediapart, avec deux documents pouvant laisser croire à l’existence d’un financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy par le régime libyen en 2007. L'information judiciaire n'a toujours pas abouti.


Après DSK et Sarkozy, Fillon, avec pour point commun à ces complots successifs, François Hollande et son entourage.

VOIR et ENTENDRE d'ailleurs ce petit échange discret mais révélateur, entre Hollande et Edwy Plenel, animateur du site révolutionnaire :


Les députés LR E. Ciotti et B. Debré ont quelques motifs de citer Jean-Pierre Jouyet comme taupe du gouvernement Fillon et indic du Canard

Jouyet a été secrétaire d'État au gouvernement Fillon en charge des Affaires européennes en 2007, avant d'être nommé secrétaire général de la Présidence de la République par... Hollande qui , bien qu'il n'aimât pas les riches, appela cet ex-président de Barclays France à l'Elysée.

La presse partisane qui reçoit les supputations du Canard et Mediapart comme argent comptant, disqualifie "pêle-mêle" les indications des deux députésd'un revers de clavier, "sur la base de vagues "suspicions" ou simples déductions, selon elle, parfois très suspicieuse.

Les media auraient-ils aussi oublié le dîner de cons entre Fillon et Jouyet ?
Selon le livre Sarko s'est tuer, lors d'un déjeuner le 24 juin, François Fillon aurait pressé Jean-Pierre Jouyet, secrétaire général de l'Élysée, d'accélérer les procédures judiciaires visant Sarkozy. Au plus fort de la tempête qui secouait l'UMP, avec les révélations concernant de supposées fausses factures et le rôle de Bygmalion, l'ancien premier ministre aurait insisté auprès de son interlocuteur sur un point précis: le paiement par le parti des pénalités de plus de 500.000 euros infligées à Nicolas Sarkozy pour dépassement de son budget de campagne.
Fillon-Jouyet : Le dîner de cons...Dans Le Monde, les journalistes de la nuit profonde et auteurs du livre Gérard Davet et Fabrice Lhomme rapportent plusieurs extraits de l'échange entre les deux hommes, tel que Jean-Pierre Jouyet lui-même les leur aurait rapportés : "Fillon m'a dit texto 'Jean-Pierre, c'est de l'abus de bien social. C'est une faute personnelle. [Nicolas Sarkozy] n'avait rien à demander à l'UMP, de payer tout ça'." Toujours selon ce récit, Fillon aurait expliqué à Jouyet: "Jean-Pierre, tu as bien conscience que si vous ne tapez pas vite, vous allez le laisser revenir?" Le secrétaire général de l'Élysée, aura-t-il en revanche la volonté d'accélérer les procédures judiciaires visant... Fillon ?

Dès avril 2014, Jouyet est un homme incontournable du quinquennat de Hollande. Le secrétaire général de l'Élysée a d'abord nié catégoriquement avoir fait un tel récit aux journalistes, bien que ceux-ci assurent disposer de plusieurs sources concordantes mais également des enregistrements (!) de leur entretien avec Jouyet. Dimanche, Jouyet est pourtant revenu sur son démenti. "François Fillon m'a fait part de sa grave préoccupation concernant l'affaire Bygmalion. Le ladre s'en est déclaré profondément choqué", a-t-il simplement synthétisé.

VOIR et ENTENDRE Macron soutenir Jouyet lors de l'affaire du "dîner de cons" 
à l'Elysée avec Fillon, selon France Info, organe de presse partisan  :

Jouyet a-t-il en fait travaillé pour le candidat Macron en lançant le Canard enchaîné sur la trace de Pénelope ? Membre du Parti socialiste (2006-2009), Emmanuel Macron a été fait secrétaire général adjoint de l'Elysée par François Hollande en 2012, au côté de Jouyet et à sa demande, avant de le nommer ministre de l'Économie et de le propulser dans le paysage politique et sous les projecteurs des media.

Jouyet roule pour Macron


Jeudi 2 février, Jean-Pierre Jouyet, François Hollande, Emmanuel Macron ou encore l'ancien procureur Jean-Louis Nadalprésident de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), sont apparus en grands organisateurs de cette chasse à l'homme
Le journal Libération pointe par ailleurs les hashtags de soutien au candidat Fillon et, sans encore les traiter de fachos, cloue au pilori les militants qui prennent sa défense sur les réseaux sociaux. Parmi eux a émergé le mot-clef 'StopChasseàlhomme' ce mercredi sur Twitterparce qu'il dénonce le ciblage malveillant dont est victime le candidat du parti Les Républicains. Il ferait pschitt selon Le Point qui ne précise pas qu'il est envahi de tweets hostiles de la gauche radicale désunie sur un programme commun, mais une dans la salissure et le grippage de la démocratie. #ProFillon n'est pas non plus apprécié du quotidien tenu par Laurent Mouchard-Joffrin.

Éric Ciotti explique sur Franceinfo :
Les éléments qui sortent, les contrats, les chiffres, qu'ils soient dans le domaine privé ou dans celui de l'Assemblée nationale, du Sénat, il n'y a qu'un lieu où tous ces éléments sont recensés de façon exhaustive : c'est à Bercy. C'est à Bercy. Voilà. Donc après... [...] Il y a en tout cas les déclarations de revenus de façon exhaustive sur toutes les années, bien entendu. [...] Ça veut dire que le pouvoir en place a la capacité de disposer de ces éléments et on voit bien que c'est une possibilité. Si on converge, si on rapproche ces deux éléments - à qui profite le crime et qui dispose des éléments pour commettre le crime - vous avez déjà des indices pour mener l'enquête.
[...]
[Emmanuel Macron] est très proche de l'actuel président de la République, du secrétaire général de l'Élysée qui a fait monter monsieur Macron. Le secrétaire général de l'Élysée, c'est monsieur Jouyet. Moi je le dis très clairement, ce sont des faits.Monsieur Macron n'est pas éloigné de ce pouvoir; au contraire, il bénéficie, au sein de l'appareil d'État, d'un soutien très important. Nul n'ignore que monsieur Jouyet a été un acteur majeur dans la montée en puissance de monsieur Macron. Et nul n'ignore, aussi, l'opportunisme légendaire de monsieur Jouyet, qui a été jusqu'à être ministre de Nicolas Sarkozy avant d'être secrétaire général [de l'Élysée] de François Hollande et d'être un soutien de monsieur Macron.
Est-ce donc Jean-Pierre Jouyet "qui tire les ficelles" ? 
"Ce n'est pas ce que j'ai dit, répond Ciotti. J'ai dit : 'A qui profite le crime ?'. C'est manifestement au pouvoir."






 "A qui profite le crime ? C'est manifestement au pouvoir" et à Emmanuel Macron, estime Eric Ciotti 

Bernard Debré affirme qu'une "officine" est derrière tout ça, même s'il ne "sait pas laquelle", assure-t-il à Cyril Viguier, sur Public Sénat et Radio Classique, avec la participation de Christophe Bordet (Sud Radio, groupe Fiducial) et Michaël Szames (Public Sénat, détenu à 100% par le Sénat). S'en suit cet échange :
- Bernard Debré : On n'a pas de preuve [pas plus que le Canard?], mais on sait tr...
- Journaliste : Alors pourquoi avancer que c'est une officine ?
- Bernard Debré : Parce qu'on est en train de chercher et qu'on a des suspicions. Ces suspicions, c'est monsieur Nadal, qui a été nommé par le gouvernement, c'est monsieur... un conseiller de François Hollande qui est là pour ça  On le sait bien ! Voilà.
Nadal, 75 ans, mais qui n'a toujours pas cédé sa place à une jeune priorité de Hollande, est un ancien procureur général à la cour de Cassation, qui s'en prit déjà au ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux. Magistrat évidemment indépendant par définition, il s’engagea toutefois politiquement au côté de Martine Aubry lors de la primaire présidentielle socialiste de 2011. En 2012, il soutint ouvertement le candidat François Hollande

C'est dire si la Haute autorité pour la transparence de la vie publique peut être équitable.
Pour mémoire, cet homme intègre a été conseiller technique au cabinet du garde des Sceaux, ministre socialiste de la Justice, Robert Badinter, chargé des questions de... nominations dans la magistrature (1983-1984, puis en 1986).

C'est Nadal (ci-contre), animé par le seul louable souci de la recherche de transparence, qui avait exercé une pression politique en 2004 dans l'affaire Tapie-Crédit lyonnais, et avait requis en 2011 l'ouverture d'une enquête à l'encontre de Christine Lagarde devant la Cour de Justice de la République en marge de la contestation de l'arbitrage rendu en 2008. Coupeur de têtes ?

Bernard Debré, quant à lui, ne cible donc pas Jouyet. "Pas du tout, monsieur Jouyet n'est pas venu dans ma bouche, c'est vous...", rectifie Bernard Debré. Et de poursuivre sur le cas du juge Nadal : "Bien entendu : il a été nommé pour ça ainsi que d'autres"





.@Bernard_Debre sur les "officines" : "On a des suspicions, ces suspicions c'est M. Nadal qui a été nommé par le gouvernement...

La suite :
- Journaliste : Ça profite à qui ?

- Bernard Debré : Bah à la gauche, à qui voulez-vous que ça profite ? Ça profite à monsieur Macron, c'est évident. Quand l'affaire a commencé, on pouvait imaginer entre Hamon et Valls, l'un des deux. Alors ça profitera pas beaucoup à Hamon mais ça profitera à...
- Journaliste : Tout est monté depuis l'Élysée ?
- Bernard Debré : Ah bah, j'en suis absolument persuadé, persuadé ! Qui voulez-vous qui monte ça, qui voulez vous qui ait ces informations?


La gauche républicaine se donne du mal pour débusquer les conjurés.
Le moyen d'encadrer la rumeur est simple, comme l'a très calmement suggéré Éric Woerth (lien PaSiDupes) : que Le Canard Enchaîné révèle sa ou ses source(s) dans ce dossier... Taire ses sources, c'est entretenir le soupçon de complot anti-républicain. Aussi longtemps que le "secret des sources" de la presse ne pourra pas être levé, les rumeurs les plus folles pourront courir.

jeudi 10 mars 2016

Claude Bartolone provoque la polémique en décorant son frère à l'Assemblée

Conflits d'intérêts et mafia? La Justice va devoir élargir ses investigations aux réseaux Bartolone

Claude Bartolone "se croit chez lui", tonne Bernard Debré.

Ca pue à gauche, semble dire Taubira
"Je ne veux plus de cette décoration ! Si ça fout le bordel, je n'en veux pas. Moi, je n'ai rien demandé"! Restaurateur, le frère de Claude Bartolone semblait découvrir le 11 février dernier que la cuisine politicienne a parfois des relents aigres. Alors qu'il a été décoré il y a quatre mois de l'ordre national du mérite, Renato Bartolone doit enfin recevoir sa médaille jeudi 10 mars. Problème, Claude Bartolone, président de l'Assemblée nationale profitant de sa fonction, a organisé pour la remise une réception dans les salons de la présidence de l'Assemblée nationale au palais Bourbon, selon son agenda, et confirmant une information du Canard enchaîné.

"Il n'en fallait pas plus à une partie de l'opposition pour crier au scandale." 

L'AFP (et Orange) s'en prennent ainsi à l'opposition qui a conservé sa dignité
, à la différence des suppôts médiatiques de l'Etat-PS. "Je suis sans voix. Après on va aller pointer du doigt tous les responsables politiques", a déploré le député Les Républicains Bernard Debré. La décoration n'est pas en cause. C'est la réception qui est "dérangeante et désagréable", selon l'ancien ministre, qui a ajouté qu'"il n'a qu'à faire ça chez lui, dans son restaurant. Claude Bartolone se croit tout permis et chez lui".


Le député Les Républicains Denis Fasquelle, cité par Le Figaro, a pour sa part adopté un autre angle pour exprimer sa désapprobation : "Cela ne me choque pas, dès lors que les frais ne sont pas pris en charge par l'Assemblée nationale. Ca sera à vérifier".

Claude Bartolone doit remettre à son frère Renato sa médaille de chevalier  (1er grade) dans l'Ordre national du mérite pour ses "34 ans de services" en tant que restaurateur, en tant que patron du Marco Polo...
Lien PaSiDupes (9 décembre 2015): "La petite tambouille des frères siciliens Bartolone"

Claude Bartolone épinglé par Mediapart


Il n'en fallait pas plus au site trotskiste pour crier au scandale, aurait pu commenter l'AFP.
Le 8 mars dernier, le site Mediapart avait fini par épingler Claude Bartolone pour n'avoir pas déclaré en 2014 une part qu'il détenait en 2012 dans le restaurant de son frère. Il n'était pas tenu à le faire d'après la Haute autorité pour la transparence.

Dans le modèle de "déclaration d'intérêts et d'activités" que les parlementaires doivent remplir figure une rubrique sur "les participations financières directes dans le capital d'une société à la date de l'élection". Or, souligne Mediapart, Claude Bartolone, élu PS de Seine-Saint-Denis, apparaît "jusqu'en novembre 2012 au capital du restaurant" Marco Polo, rue Saint-Sulpice (VIe arrondissement de Paris), près du Sénat. Le 15 novembre de cette année-là, Bartolone a en effet vendu sa dernière part pour 15,24 euros, sa valeur nominale.

Interrogée par l'Agence de presse officielle, la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), créée par les lois post-affaire Cahuzac fin 2013, indique toutefois avoir donné pour consigne aux parlementaires qui l'avaient interrogée en janvier 2014 de mentionner les participations "à cette date-là". Il n'y a "aucun problème" avec la déclaration du président de l'Assemblée, a-t-on insisté à la Haute autorité.
Or, depuis décembre 2013, la HATVP est présidée par Jean-Louis Nadal, ancien procureur général près la Cour de cassation (2004-2011), et né en Tunisie comme les deux frères Siciliens...
Ce magistrat a connu son heure de gloire en s'en prenant aux syndicats policiers et au ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, à ceux qui "affich[ent] pour la justice une forme de mépris".

Ce magistrat est vraiment des leurs, si on considère qu'en 2004 Jean-Louis Nadal avait d'abord écrit une note juridique à l'attention de l'État
conseillant de recourir à un compromis dans cette affaire, pour finalement requérir en 2011 -après le changement de majorité- l'ouverture d'une enquête à l'encontre de Christine Lagarde devant la Cour de Justice de la République, en marge de la contestation de l'arbitrage rendu en 2008.
Mediapart s'interroge en outre sur la cession, dans le passé, d'autres parts de ce restaurant par Claude Bartolone puisque, jusqu'au début des années 2000, le député socialiste possédait la moitié du Marco Polo.
Ses 249 autres parts ont été vendues à son frère "sans que l'on puisse savoir exactement quand, ni surtout pour quel montant" car "les comptes de l'année 2001 n'ont jamais été publiés", contrairement à ceux des autres années, précise le site.

Interrogé par Mediapart, Renato Bartolone a déclaré les avoir rachetées pour "2.000 ou 3.000 euros" au total. Ces cessions "ont toujours été faites sans plus-value, ni moins-value et à la valeur symbolique des titres", a affirmé au site d'investigation le directeur de cabinet du président de l'Assemblée.

La HATVP a déclaré à l'AFP n'avoir "aucun commentaire à faire" sur ces cessions, puisqu'elles sont en rapport avec des déclarations de patrimoine antérieures à 2012 -fournies à une commission antérieure-, sur laquelle la Haute autorité n'a pas de pouvoir de contrôle: les pièces n'ont jamais été produites...

jeudi 27 novembre 2014

Yamina Benguigui aurait menti sur sa déclaration de patrimoine

La ministre avait délocalisé ses affaires 

Jean-Marc Ayrault se déclarait garant de la "transparence financière de la vie politique"


Or, en lousdée et dans la foulée, la ministre socialiste empocha pourtant 430.000 € en ...Belgique. Yamina Benguigui aurait-elle des secrets pour Hollande et la République? Il y a moins d'un an, comme tous les membres du gouvernement, la ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères, chargée de la Francophonie, a rempli une déclaration de patrimoine rendue publique et nécessaire par la fraude fiscale du ministre du Budget du président Hollande, le socialiste Jérôme Cahuzac  et les promesses d'exemplarité du vertueux candidat PS, François Hollande, un an plus tôt, en 2012. 
Après la charte de déontologie voulue par Fabius et imposée à l'ensemble du gouvernement Ayrault, le pouvoir socialiste avait voulu marqué une rupture ostensible, remplaçant, le 20 décembre 2013, la Commission pour la transparence financière de la vie publique par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, sans plus d'effets.
Les affaires s'engagèrent mal aussitôt: chargée d'examiner les déclarations d'intérêts et de patrimoine de quelque 7000 élus et hauts fonctionnaires, cette autorité aurait dû être indépendante, mais l'Elysée alla chercher Guillaume Valette-Valla au cabinet du ministre des Relations avec le Parlement Alain Vidalies, dont il était le conseiller chargé des affaires institutionnelles et législatives, pour en faire le nouveau secrétaire général de l'HATVP. 

Début décembre 2012, malgré l'opposition de l'UMP à la création de cette instance, l'Élysée avait déjà installé l'ancien procureur général de la Cour de cassation Jean-Louis Nadal à la présidence de la HATVP, bien que réputé proche de Martine Aubry.

"Autant envoyer directement ma déclaration de patrimoine rue de Solférino, au siège du PS!", protesta alors Christian Jacob, président du groupe UMP à l'Assemblée. "Ces gens ont le droit de vie ou de mort sur les élus, ajoute Eric Woerth, député UMP de l'Oise. Il devrait y avoir une règle pour ce type de fonction. Quelle que soit la qualité de la personne qui l'occupe, une préférence politique crée une suspicion immédiate de subjectivité."

Après la volonté de débarquer le procureur François Falletti, après les promotions-éclair de Thomas Le Drian, 29 ans, fils du ministre de la Défense, "chargé de mission auprès du Président du Directoire" André Yché à la Société nationale immobilière (SNI), de Salomé Peillon, fille du ministre de l'Education nationale, au prestigieux poste d'attachée culturelle à l'ambassade de France en Israël, ou de Paul Bernard, ancien conseiller de François Hollande, ces nominations accréditent l'idée qu'un Etat PS est en train de se former sous nos yeux avec la double ambition de placer les amis et de contrôler l'appareil d'Etat.

En cas de mensonge, l'élu(e) encourt 3 ans de prison et 45.000 euros d'amende.
Mises en ligne le 15 avril 2013, ces déclarations de patrimoine étaient censées concrétiser les promesses de l'exécutif en matière de "transparence financière de la vie politique". Le préambule méthodologique est parfaitement explicite : "La déclaration prend en compte tous les éléments composant le patrimoine, quelles que soient leur nature, leur importance ou leur situation géographique. L'ensemble des biens doit être déclaré, y compris ceux détenus à l'étranger et ceux n'entrant pas dans l'assiette de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF)." 

La secrétaire d'Etat utilisait tous les moyens de la République



Elle se déplaçait en Falcon
: lien PaSiDupes

Elle était aussi un symbole de la diversité franco-algérienne nantie qui a trouvé asile à gauche

Devoir de mémoire: outre François Hollande soi-même, huit membres du gouvernement Ayrault dépassaient le million d'euros de patrimoine: Jean-Marc Ayrault, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, Michèle Delaunay (Personnes âgées), Marisol Touraine (Santé), Michel Sapin (Travail), Victorin Lurel (Outre-mers), Valérie Fourneyron (Jeunesse et Sports) et George Pau-Langevin (Réussite éducative).

 
Le "néant" socialiste est plein aux as

Yamina Benguigui a inscrit "néant" dans la case n° 10 de sa déclaration, celle qui concerne les "biens mobiliers, immobiliers et comptes détenus à l'étranger" et leur valeur. Or, le 29 janvier 2014, alors qu'elle menait campagne pour les municipales dans le Xe arrondissement de Paris sur la liste du socialiste Rémi Féraud, la ministre-réalisatrice-écrivain avait bien dû vendre les parts qu'elle détenait dans une société anonyme de droit belge, G2, soit 20 % du capital. Le rachat par ladite société "des 12 actions émises près de Mme Yamina Benguigui" d'une valeur nominale de 1.000 € a été décidé "au prix de 35.833,33 € par action", indique le document enregistré au greffe de Bruxelles le 13 février dernier. Soit, au final, un joli chèque de 430.000 €

Un "néant" chargé, mais une bagatelle pour les nantis du PS.

Aux innocents socialistes les mains pleines. Pour un petit péché véniel, une fraude fiscale de 430.000 euros de son patrimoine qui se justifie probablement par une épidémie socialiste de "phobie administrative", Anne Hidalgo réclama la démission de Yamina Benguigui du Conseil de Paris. 
Le 27 février 2013, sur le plateau de Canal +, ce chevalier dans l'ordre national du Mérite, promue officier en mai 2007, avait lancé en riant au sujet de l'affaire Copé : "Ça fait du bien à notre gouvernement !" Nul doute que son éviction du gouvernement la met moins en joie que le verdict à venir du tribunal: jusqu'à 3 ans de prison et 45.000 euros d'amende, de quoi faire rire Copé pendant encore longtemps.

Si on passe le "néant" socialiste au crible, on découvre des liens entre G2, une coquille créée en 2000 par le producteur Philippe Dupuis-Mendel, et Yamina Benguigi, deux amis de longue date.
Cette structure belge contrôle une autre société, française celle-ci, Bandits Production, qui a financé l'essentiel des œuvres de cette cinéaste engagée, dont Mémoires d'immigrés, le documentaire de témoignages en trois parties (160 mn) qui l'a fait connaître en 1997, à l'issue des années Mitterrand. Il se trouve disponible au CNDP, mais fut d'abord diffusé par Canal+ et MK2, groupe audiovisuel de Marin Karmitz, dont la fortune était estiméeà 40 millions d'euros en 2009. Dès octobre 2005, Yamina Benguigui, ex-adjointe de Bertrand Delanoë aux droits de l'homme et à la lutte contre les discriminations, a siégé sans discontinuer au conseil d'administration de G2. Elle n'a démissionné de ce mandat qu'en août 2012, deux mois après son entrée au gouvernement. "Je ne détiens aucune part dans cette société", nous avait-elle répondu par mail à Marianne en mai 2013. Une information alors impossible à vérifier, l'entreprise belge ne détaillant pas la structure de son actionnariat dans ses comptes annuels. Mais en rachetant récemment ses actions à Yamina Benguigui, G2 a dû se plier à l'obligation légale de publicité qui entoure ce type d'acte. Et dévoiler incidemment le pot aux roses ? Contactée par le magazine, la ministre n'avait pas souhaiter communiquer: la transparence n'est pas la chose du monde socialiste la mieux partagée.

Mais comment se fait-ce, puisque  "
je n’ai pas le moindre problème avec le fisc et jamais je ne démissionnerai. Cette affaire n’est qu’une tempête dans un verre d’eau. D’ailleurs, le président Hollande est d’accord avec moi : les élus sont sous la dictature des media"...