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mercredi 11 mars 2015

Nouvelle affaire Taubira: Hollande confirme l'"apartheid ethnique" imposé aux Français

"Ca suffit," les vitupérations de Valls contre les victimes de l'exécutif

Pourquoi Taubira est-elle invitée à repartir à Cayenne ?

La couleur de peau s'oppose au droit à la critique
Au-delà des mots, comment en vient-on à écrire: "C’est pitoyable d’avoir une telle ministre de la Justice. Elle vient de Cayenne, là où il y avait le bagne, qu’elle reparte là-bas vu qu’elle a toujours détesté la France." Le Parisien révèle ce mardi ce message posté sur Facebook par Isabelle Guinot, la première adjointe (sans étiquette) au maire UMP de Juvisy, dans l’Essonne. On peut juger pitoyable l'inaction de Fleur Pellerin à la Culture ou du ministre de l'Industrie, comme le déplore Jean-Pierre Raffarin, mais ce qui est autorisé à un ancien premier ministre est interdit à une  élue communale. Il est permis de dénoncer les propos d'Emmanuel Macron stigmatisant les "illettrés" de GAD, mais les invectives de Madame Taubira à l'encontre d'un député-maire d'opposition seraient de bon aloi quand elle qualifie ses déclarations de "déchets de la pensée humaine"...

A Juvisy-sur-Orge, le bilan de la garde des Sceaux a donc été cinglant samedi sur Facebook, mais la première adjointe au maire UMP s’est vue taxée de racisme pour avoir invité Christiane Taubira à "repartir la-bas". Or, si Cayenne est en France, ce chef-lieu de département n'est ni Valenciennes, ni Limoges et jouit d'un statut particulier, parce que situé en Guyane. La gauche évoque sans cesse le sexe et la couleur de peau, dont ceux cumulés de Christiane Taubira, laquelle exploite à fond sa condition en y faisant référence pour en faire un argument de suspicion, voire d'attaque: l'une et l'autre  portent  à tout propos contre les autres des accusations de machisme et de racisme. Ce procès permanent en sorcellerie commence à dépasser les bornes du débat républicain pour confiner au totalitarisme. 

Quand le devoir de mémoire est interdit, on se dirige vers le négationnisme
Tandis qu’une habitante envisageait que la ministre perchée "partirait" quand "elle tombera de son arbre", l’élue Isabelle Guinot (récemment exclue du DLF pour avoir soutenu le candidat UMP aux prochaines départementales) commente : "C’est pitoyable d’avoir une telle ministre. Elle vient de Cayenne, là où il y avait le bagne. Qu’elle reparte là-bas vu qu’elle a toujours détesté la France". Elle ne peut pas, elle est coincée dans son perchoir. Il va falloir le secouer très fort le c… !", lui a répondu l’habitante.

Or, que disent les faits?
Christiane Taubira, 62 ans, s'est portée candidate du PRG à l'élection présidentielle de 2002 et les voix qui se sont portées sur son nom au premier tour ont fait défaut au candidat socialiste Lionel Jospin qui a, de ce fait, été éliminé du second tour au profit du candidat du Front national. 
Avant ce forfait, en 1978, elle a débuté sa carrière politique comme militante indépendantiste, c'est-à-dire hostile à la France qu'elle a combattue, notamment au sein du Mouvement guyanais de décolonisation (MOGUYDE) fondé par son mari Roland Delannon. Ainsi a-t-elle dirigé la revue indépendantiste Mawina. Selon Robert Chaudenson, "ces mouvements anticolonialistes, impliqués dans nombre d'attentats, étaient très violents." Roland Delannon, avec l'aide de l'UTG, prépara contre les installations pétrolières de Guyane un attentat qui échoua (le complot de Noël). Il fut alors arrêté le 13 décembre 1974 avec 12 autres personnes. Elle affirme qu'elle avait alors été obligée de vivre en clandestinité.  Elle ne cessa son militantisme indépendantiste qu'à l'arrivée de François Mitterrand à la présidence en 1981. La crise de Valls est donc à la hauteur du lourd passé anti-France de sa ministre de la Justice et les propos de la petite élue ne sont pas diffamatoires. Seuls sont répréhensibles les images employées, dignes de Charlie hebdo, et les sous-entendus racistes présumés qui lui sont prêtés.  

Le Premier ministre érige la colère au rang de vertu républicaine
Il s'autorise lui-même des crises à répétition qui pervertissent l'usage des retransmissions télévisées des questions au gouvernement dévoyées en réglements de comptes d'un gouvernement aux abois à la veille d'élections qui devraient consacrer le rejet du pouvoir socialiste annoncé par des sondages de popularité calamiteux.

Avant même son accession à Matignon, le premier ministre stigmatisait déjà l'opposition.
En février 2014, une attaque de Manuel Valls contre leur collègue parisien Claude Goasguen, qu'il a accusé de venir de l'extrême droite - comme Cambadélis, entre autres, vient de l'extrême gauche - a provoqué le départ de l'hémicycle de députés UMP en pleine séance de questions au gouvernement.
Sectaire, le ministre de l'Intérieur avait encore lancé : "Contrairement à vous, nous ne sommes complaisants avec personne; vous, vous avez été complaisants avec ceux qui s'en prenaient aux valeurs de la République" lors des manifestations contre le mariage homosexuel. 

Marion Maréchal Le Pen (FN) a piqué Manuel Valls au vif lors de son intervention à l’Assemblée nationale : "Gardez-donc votre mépris crétin et vos leçons de République pour votre propre parti qui en moins de trois ans a oscillé entre phobie administrative et faux diplômes, compte en Suisse et prise illégale d’intérêt", a rappelé la jeune élue. Avant d’ajouter : "Sans doute Cambadélis a trouvé le sien [son diplôme, NDLR] au fond de sa poubelle" et de poursuivre : " Ce n’est pas du Front national que sont issus les Cahuzac, les Sylvie Andrieux, les Kader Arif et tant d’autres qui ont volé les Français. Au nom de la République, vous revendiquez la stigmatisation de Marine Le Pen et 30% des électeurs Français (…) Quand vous combattez toutes les autres formes de stigmatisation et toutes les autres formes d’amalgame".

VOIR et ENTENDRE Valls céder à la colère face au tableau dressé des échecs du pouvoir socialiste par la représentante de centaines de milliers de Français repoussés par la gauche dans les bras de la droite radicale: 
Un numéro bien réglé du FNPS...

VOIR et ENTENDRE Valls, une nouvelle fois en crise, tout rouge et postillonnant, invectiver le député Gérald Darmanin qui a souligné que la montée du Front national correspond à l'arrivée du PS au pouvoir :

Christiane Taubira n'a que haine et mépris pour ses détracteurs
La garde des Sceaux de Hollande s'abaisse au niveau de Twitter.

VOIR et ENTENDRE cette ministre de Valls déverser son tombereau d'insultes:

L'agressé rappelle que les attaques personnelles contre un jeune élu "indigent" sont indignes de la fonction où elle est placée:
 
La liberté de parole à géométrie variable est une dérive dangereuse 

L'Etat-PS est-il engagé sur la voie de la "poutinisation" de la liberté d'expression?
VOIR et ENTENDRE le coléreux Valls se faire doucereux et susurrer un appel au calme des autres:

Mise en scène de la sortie du Conseil des ministres du 11 mars. 

Le numéro de l'Elysée du 11 mars 2015
Le reality-show de l'Elysée continue. Longuement, ostensiblement, le président de la République a serré la main de la Ministre de la Justice qui a suscité une nouvelle attaque, taxée de raciste, tant il est vrai que Christiane Taubira peut se permettre tous les excès sous couvert de sa couleur de peau. Le faciès est ainsi devenu une arme défensive à toutes les ripostes à ses agressions et la population ne va pas tarder à en prendre avantage, suivant l'exemple d'en haut pour créer des conflits consacrant la fracture sociale entre les citoyens: les gens de couleur et les intouchables de la société française. Hollande est en train de faire des indigènes de métropole les nouveaux dalits de France. Le premier Ministre l'aura l'apartheid qu'il anticipe. En dénonçant les propos inacceptables d'une élue excédée, le chef de l'Etat a déjà pris le parti de la provocatrice. Se tenant en retrait dans la coulisse, Valls s'est bientôt avancé sur la scène du perron.

Le premier ministre saisit ainsi l'occasion de se refaire une virginité
Lors de ses vœux à la presse, voulant mettre en exergue "les maux qui rongent notre pays", Manuel Valls avait dénoncé "un apartheid territorial, social, ethnique qui s'est imposé". La référence à la ségrégation raciale institutionnelle qui sévissait en Afrique du Sud jusqu'en 1991 n'avait évidemment pas manqué de provoquer des remous dans la classe politique, de Jean-Luc Mélenchon à Nicolas Sarkozy. "Je suis consterné par cette expression," a confié Nicolas Sarkozy. "Comparer la République française à l'apartheid, c'est une faute".  

Les vagues d'indignation avaient atteint l'Elysée et, selon Le Canard enchaîné, François Hollande -qui reste branché sur Sarkozy- n'avait pas ménagé Manuel Valls. Il se serait essayé à une étude de texte. "Il y a plusieurs interprétations possibles à ce que Valls a voulu dire en parlant de l'apartheid dans les banlieues. Soit c'est un acte d'autorité, soit c'est une marque de commisération", aurait-il finalement conclu à l'attention de quelques visiteurs anonymes, missionnés toutefois pour diffuser ses propos publics.

Utiliser le mot "apartheid" pour stigmatiser les personnes vulnérabilisées par une politique toute orientée contre elles et en faveur de nouveaux venus exigeant des sacrifices des travailleurs et des contribuables est une entourloupe politique et médiatique qui joue sur l’émotion, comme joue sur l'ostentation la poignée de main du président à la provocatrice, suivie de son accompagnement jusqu'à sa voiture sous les caméras par le chef de gouvernement. Tant d'honneurs tuent la démonstration d'honorabilité.

Décidément très à l'écoute de l'Elysée, l'hebdomadaire satirique rapporte même que, la veille déjà, il aurait entendu Hollande appeler Valls à se calmer: "Fais attention à ne pas avancer des idées qui ne font pas consensus a priori, à ne pas te découvrir en prenant des risques", aurait-il expliqué un peu avant le Conseil des ministres. Avant d'ajouter qu' "il ne faut pas susciter les débats, il faut les laisser venir". Ces longues phrases ne sont pas dans le style primaire de Hollande, mais le Canard enchaîné est libre de faire parler ses sources prétendues comme il veut. 


samedi 24 novembre 2012

Valls est-il maître au ministère de l'Intérieur ?

Manuel Valls est manipulé par ses propres services…

Entretien réalisé par Robert Ménard et Emmanuelle Duverger.

Alain Orsoni,  activiste corse,
président AC Ajaccio
Alain Orsoni est aujourd’hui au cœur de la polémique. Plusieurs de ses " amis " — ou présentés comme tels dans les media — ont été assassinés. Figure du nationalisme corse — il fut le fondateur du MPA (Mouvement pour l’autodétermination) —, actuel président de l’ACA (un des clubs de football d’Ajaccio), il a accordé un long entretien à Boulevard Voltaire. Voici le premier volet…
BV. Vous dites que vous êtes serein, mais en même temps, que vous avez peur…
AO. Avec les journalistes, il faut bien peser ses mots car ils ont tendance à tout interpréter comme ça les arrange.
J’ai très exactement déclaré que j’étais terrorisé par la campagne de presse qui s’est développée à la suite de la mort de Jacques Nacer 1. On a le sentiment que les médias ont trouvé la solution (la police en étant, elle, incapable) : en Corse, on tue les amis d’Orsoni.
Je me pose une question étrange : comment se fait-il, alors que je pars tous les matins à 9h de chez moi et que je rentre tous les soirs entre 18 et 20h en fonction de ma charge de travail, que des gens se donnent autant de mal pour liquider des personnes que je connais, afin de m’atteindre si je comprends bien, alors qu’il serait si simple de me tuer directement… Donc, pour revenir à votre question, je suis terrorisé par le fait qu’on me fasse systématiquement endosser la responsabilité de ces histoires et qu’on me colle, d’une certaine manière, une cible dans le dos…
A force de tout ramener à moi, un de ces quatre matins, je vais effectivement finir par m’en prendre une…
Vous n’avez donc pas peur et vous n’allez pas quitter la France, comme on peut le lire dans la presse.
Je vous ai expliqué le contexte dans lequel j’avais peur. A force d’en faire des tonnes sur Orsoni, on me met en danger. En Corse, la rumeur tue, malheureusement.
Avec mon passé politique mouvementé, on peut décider de faire resurgir une vieille histoire et hop ! On n’aura ensuite qu’à la relier aux événements de ces derniers mois… La rumeur est relayée par les médias, sans qu’ils ne se posent aucune question. On affirme des choses de façon péremptoire, on se copie les uns les autres…
Mais lorsque quatre de vos amis sont assassinés, on peut y voir un lien…
C’est faux ! Le mot ami a un sens précis. Parmi ces quatre personnes, Antoine Nivaggioni 2 était un intime. Pour Noël Andréani 3, la police connaît très bien les probables raisons de son assassinat, qui n’ont rien à voir avec moi…
Quant à Antoine Sollacaro 4 et Jacques Nacer, on dit n’importe quoi. Le premier était mon avocat, et un ami, c’est vrai. Sans être un intime.
Jacques Nacer, lui, était un supporter de l’ACA, seul club professionnel de France géré par une association qui n’a pas le droit de faire des bénéfices et réinvestit tous les profits qu’elle fait immédiatement. Le seul dirigeant salarié de cette association, c’est moi, à hauteur de 4 000 € par mois. Point barre.
Mais quand Manuel Valls laisse entendre que le sport pourrait servir au blanchiment d’argent, c’est évidemment vous qu’il vise ?
C’est énorme ! Car, évidemment, quand il parle du sport, il parle de l’ACA. Comment Manuel Valls, ministre, peut-il dire une énormité pareille ? Je crois sincèrement qu’il est manipulé par certains éléments de ses propres services. La DNCG (Direction générale de contrôle de gestion des clubs) est d’une rigueur incroyable ! Tout est contrôlé au centime près. Nous passons tous les ans devant elle, au contraire de certains grands clubs, et notre audition dure au maximum un quart d’heure. Pourquoi ? Parce que nos comptes sont limpides.
Blanchir de l’argent signifie injecter de l’argent sale pour le récupérer blanchi.
L’ACA a un budget de 20 millions d’euros, répartis de la façon suivante :
- 12,5 millions d’euros pour les droits de transmission télévisée. C’est la part fixe que touchent tous les clubs ;
- 2,3 millions d’euros au titre des droits télévisés répartis en fonction du classement du club ;
- 1 million au titre de la vente des panneaux de publicité, ce qui est une somme ridicule pour un club de foot. La plupart des clubs vendent aussi l’emplacement de leurs maillots. Nous l’avons offert aux Restos du cœur ;
On arrive à 16,8 millions. Ajoutez les subventions accordées à tout club de foot dans toutes les villes et toutes les régions de France (et on est les derniers), qui correspondent, pour Ajaccio, à 800 000 euros. Le reste est constitué des recettes de la boutique, des recettes des visiteurs du club et de celles des abonnés.
On n’achète jamais de joueurs parce qu’on n’en a pas les moyens. Quand on achète un joueur, c’est qu’il est libre et on n’a qu’à se mettre d’accord avec lui sur le montant de son salaire. Dans ces conditions, comment voulez-vous que l’on blanchisse de l’argent ? Comment peut-on dire une bêtise pareille ? C’est hallucinant.
Comment l’expliquez-vous ?
En ce qui concerne Manuel Valls, il doit être extrêmement mal informé, pour ne pas dire manipulé. Ou alors on nage en plein délire… J’invite le ministre à envoyer ses services passer au crible la comptabilité de notre club.
Dans quel but les médias colporteraient-ils de fausses rumeurs ?
La presse dit beaucoup de bêtises. Beaucoup plus que vous ne le soupçonnez… Vous désirez que je vous explique pourquoi ils mentent et pourquoi ils sont incompétents ? Pourquoi ils se copient les uns les autres ? Mais je ne peux pas vous donner d’explication. C’est tellement ahurissant que je n’arrive pas à comprendre. Je suis atterré.
Pourquoi tout le monde vous accuse-t-il de dérives mafieuses ?
J’aimerais bien le savoir. Je lis la presse comme vous et je vois des informations étonnantes comme : « Orsoni est un homme d’affaires. » Depuis quand ? Je ne possède aucune affaire, ni en Corse ni sur le continent. Je n’ai aucun restaurant. Je ne suis ni dans le BTP ni dans l’immobilier. Je ne vends pas de terrains non plus. Je suis uniquement gérant de mon club de foot et ça me rapporte 4 000 € par mois, je vous l’ai dit. C’est tout. Je ne pleure pas d’ailleurs. Beaucoup de gens aimeraient gagner cette somme. Je ne suis pas malheureux mais je suis loin d’être quelqu’un de riche…
Vous travaillez toujours pour la PEFACO, une société de machines à sous à Barcelone ?
Bien sûr que non ! Je n’en ai plus le droit depuis que j’ai été impliqué dans cette affaire 5 en 2009. Comment voulez-vous que je fasse des affaires à l’étranger alors que je suis assigné à résider en France ?
Donc, la presse raconte encore une fois n’importe quoi ?
Vous faites allusion aux articles qui prétendent que je travaille pour PEFACO ? C’est moi qui devrais vous interroger, vous journalistes : comment pouvez-vous vous permettre, sans avoir fait l’ombre d’une vérification, d’affirmer des saloperies pareilles ? Je mets au défi quiconque de sortir quoi que ce soit sur ma prétendue fortune. Je n’en ai pas… Je gagne correctement ma vie mais ceux qui veulent insinuer que je brasse des millions d’euros sont dans le fantasme. C’est inimaginable.
C’est à cause de votre parcours. Vous avez quitté la France pour aller travailler en Amérique latine pendant 12 ans, dans l’industrie du jeu…
Vous venez de parler de l’industrie du jeu : c’est ainsi que le jeu est considéré dans quasiment le monde entier. Sauf en France. Quant à la Française des jeux, sorte de mafia organisée, elle escroque l’ensemble des parieurs français de manière éhontée. Mais tout le monde s’en fout ! Personne n’en parle. Mais c’est un vrai scandale !
Alors, l’industrie du jeu, comme vous dites, qui existe depuis la nuit des temps et qui fonctionne dans quasiment tous les pays du monde, m’a demandé de travailler pour elle en tant que consultant. J’ai démarché pour elle en Amérique Latine, j’ai été payé pour cela et je n’en ai pas honte. Je regrette de ne pas gagner plus d’argent, ça me plairait. Mais on raconte vraiment n’importe quoi. Encore une fois, je ne travaille plus pour PEFACO depuis 2009.
Alain Orsoni, le 24 novembre 2012
  1. Jacques Nacer, Président de la chambre de commerce et d’industrie de la Corse du Sud et secrétaire général de l’ACA, a été abattu par un tireur le 14 novembre 2012. 
  2. Antoine Nivaggioni, ancien militant nationaliste du MPA, a été abattu le 18 octobre 2010. 
  3. Noël Andréani, Ancien militant nationaliste du MPA, a été tué par balles le 27 juin 2009. 
  4. Antoine Sollacaro, avocat et ancien bâtonnier d’Ajaccio, a été abattu sur l’aire d’une station-service de la route des Sanguinaires, au volant de sa voiture, le 16 octobre 2012. 
  5. En juin 2009, Alain Orsoni a été interpellé avec plusieurs personnes dans le cadre de l’enquête sur la vague d’assassinats en Corse dans le milieu du grand banditisme. En l’absence de preuves à son encontre, il sera relâché après une grève de la faim de trente-six jours. 

mardi 17 février 2009

Guadeloupe : mieux connaître l’UGTG et LKP

Des indépendantistes anti-libéraux

L'Union générale des travailleurs de Guadeloupe (UGTG) est une organisation syndicale guadeloupéenne, fondée le 2 décembre 1973.
Aujourd'hui l'UGTG, qui a obtenu 51.67% des voix aux élections prud'homales du 03 décembre 2008; soit une progression de 4 points par rapport aux prud'hommes 2002, vient loin devant les autres organisations syndicales guadeloupéennes, telles que la CGTG 20% et la CTU 9%.
En décembre 2008, ce syndicat à la tête de trente et une organisations revendiquait la hausse du pouvoir d'achat et la baisse de 50 centimes des prix du carburant. Les objectifs ne sont-ils pas atteints ?

Qui trouve grâce aux yeux des gros bras de l’UGTG ?

LKP
- Liyannaj Kont Pwofitasyon
;
NPA - Nouveau Parti Anticapitaliste ;
PG - Le Parti de Gauche ;
POI - Le Parti Ouvrier Indépendant

L'UGTG s'est prononcée pour l'indépendance
Dès sa création, le 2 décembre 1973. Et cela quoi qu'en dise Christiane Taubira, une proche de S
a Cynique Majesté Royal, laquelle a manifesté au début de ce mois un nouveau désir d'avenir à l'Outre-Mer au sein du nouveau PS...

La stratégie de conquête de l'UGTG
Reprenant la méthode de l'encerclement des villes par les campagnes, elle s'est d'abord implantée dans le milieu des ouvriers agricoles, puis ses cadres se sont établis dans le mouvement des travailleurs pour développer l'UGTG. Syndicat alors minoritaire, il s'est fait connaître par la radicalité de ses revendications, par la fermeté des actions de grève de longue durée, en s'imposant par des piquets dissuasifs et a acquis une popularité dans les luttes gagnantes qu'elle a engagées.
Cela a fini par modifier les rapports qu'entretenaient avec elle les autorités et le patronat qui ont dû reconnaître ses délégués syndicaux et signer avec eux des protocoles de fin de conflits, puis des accords d'entreprise et de branches avant que la Chambre de Commerce ne la reconnaisse comme représentative sur l'ensemble du territoire.
En 1997, pour la première fois, l'UGTG a présenté des candidats aux élections prud'homales. Le 3 décembre 2008, elle a obtenu 52% des votes exprimés pour désigner les nouveaux conseillers des prud'hommes.

C'est dans le contexte qui précéda le déclenchement de la grève générale que l'UGTG avec d'autres mouvements culturels associatifs et politiques a créé le collectif LKP autour d'une plate-forme unitaire de la lutte contre la vie chère et la dénonciation de la surexploitation dont les grands groupes de distribution et d'importation sont les bénéficiaires exclusifs. Ce sont ces mêmes groupes qui dirigent le commerce, la distribution, l'importation automobile (Hayot et
Despointes Lauret, Blandin), l'hôtellerie (Vion); la presse quotidienne (Hersant).

Dans les quinze dernières années, les idées et méthodes de l'UGTG se sont propagées dans de nombreux milieux, en dehors même de la sphère syndicale. De très nombreuses associations se sont organisées autour de la défense de la langue créole, de la musique locale, du théâtre, des arts plastiques, de l'écologie et de l'économie locale durable, de l'artisanat, des toutes petites entreprises, etc. Le mouvement populaire est influencé par un syndicalisme qui a fait exploser ses propres frontières revendicatives pour agréger toutes les forces progressistes et identitaires.

L'UGTG influence de façon significative le mouvement universitaire et enseignant et les associations culturelles.

En plein mouvement de grève, LKP et
Elie Domota ont pris le temps d'organiser une rencontre avec la jeunesse: un millier de jeunes lycéens, étudiants, employés et ouvriers ont dialogué sur sa plate-forme en 148 points et sur les perspectives que réservait le mouvement aux jeunes Guadeloupéens qui veulent "vivre et rester au pays". De même les meetings-concerts de LKP bénéficient du soutien bénévole des artistes les plus populaires de la Guadeloupe, des slameurs, poètes, et groupes de Gwoka.

Au lieu de s'enfermer dans son statut d'organisation syndicale hégémonique, l'UGTG a d'abord réussi à créer un front syndical unitaire, notamment avec la CGTG (qui a rassemblé 19 % des suffrages aux élections prud'homales ; non affiliée à la CGT mais coopérant avec la centrale de Montreuil), et avec la CTU (une scission de la CFDT, 9% aux élections prud'homales). Elles tiennent toute leur place au sein de LKP. Plus encore, l'UGTG a voulu affirmer sa volonté d'assumer l'ensemble des revendications des forces culturelles et sociales qui défendent l'identité guadeloupéenne. C'est cette orientation qui lui a permis d'entraîner dans un front uni les autres organisations syndicales représentatives (à l'exception de la CGC) avec la majorité des forces politiques et associatives identitaires du pays.
Cette large mobilisation culturelle, sociale et identitaire fait que le patronat et ses organisations, ainsi que les autorités territoriales et l'Etat, ne se retrouvent pas dans un face-à-face avec une seule organisation syndicale mais avec tout un peuple qui affirme sa dignité. Cette unité populaire s'adosse à la lutte contre la vie chère, pour la baisse du prix du carburant, pour l'augmentation immédiate de 200 euros pour les bas salaires; mais elle va bien au-delà. Il serait grand temps que les décideurs économiques et les représentants des autorités politiques nationales, régionales et municipales le comprennent.

Mobilisation extrémiste
Depuis le 29 janvier, la mobilisation s'est maintenue. Le secrétaire d'Etat,
Yves Jégo, est arrivé le 4 février. Il a pensé qu'en faisant des concessions aux gérants des stations-service cela permettrait, une fois les cuves de nouveau pleines, comme ce fut le cas en France en 1968, que chacun retourne à ses occupations et que les entreprises et les commerces rouvrent leurs portes. Les grandes surfaces, qui appartiennent aux grands groupes, l'espéraient. La présence de forts contingents de la police et de la gendarmerie à leurs portes les y encourageaient. Des piquets de grève déterminés les ont démentis.
Après une journée d'accalmie, le mouvement s'est durçi
sous le prétexte du départ d'Yves Jégo pour consultation auprès du chef de gouvernement. Par sa voix, le gouvernement déclare que les augmentations des bas salaires ne pourront être réglées que par la négociation directe entre syndicats et employeurs, puisqu’il n’est pas compétents sur ce sujet dans le secteur privé.
Déclenchement de la grève générale en Martinique : effet d’aubaine venu de la Guadeloupe

La grève approche de sa deuxième semaine en Martinique
. Des syndicalistes de la Guyane peuvent aussi rejoindre à tout moment un mouvement d'ensemble qui risque ainsi de se propager dans les "départements français d'Amérique".

Le mouvement vire au chantage
On peut craindre que l'exaspération de la majorité de la population prise en otage n’amène des affrontements, mais aussi que l'esprit de négociation soit vicié par des provocations extrémistes qui manient la rhétorique du discours colonial et instrumentalise les répressions du passé, ce qui est déjà en gestation, comme on peut l’observer ci-dessous. Les 144 revendications peuvent être satisfaites à moyen et long terme. Les plus immédiates (baisse des prix à la consommation, baisse des prix des carburants, augmentation de 200 euros par mois sur les bas salaires) ont déjà trouvé une réponse effective, mais l’UGTG relève la barre toujours plus haut à chaque nouvelle mesure.

Des appels à la raison et donc à des négociations vraies porteront-ils leurs fruits ? Ou la Guadeloupe se changera-t-elle en département bananier ?

Littérature de l’UGTC

Guadeloupe en lutte :
Appel de l’UGTG
mercredi 28 janvier 2009


Le 26 janvier 2009 : Le pouvoir colonial français s’apprête à réprimer les travailleurs, la jeunesse, le peuple de Guadeloupe avec leurs organisations.

A l’appel de 47 organisations syndicales, politiques, d’associations de consommateurs, d’associations populaires et culturelles un mouvement de grève générale a commencé le 20 janvier 2009, exprimant ainsi le mécontentement général des masses laborieuses, un ras le bol général contre les souffrances auxquelles elles sont confrontées.( …)
Au nom du droit des travailleurs et du peuple de Guadeloupe à se battre pour leurs légitimes revendications nous faisons un appel à la solidarité internationale.


Secrétaire général de l’UGTG
Elie Domota

Littérature de LKP

Le LKP est de ces groupes politiques minoritaires, successifs et divers qui se sont réclamés de l'autonomie ou de l'indépendance, quels que soient les aléas statutaires envisagés depuis la départementalisation.

A l'exception des partis de gouvernement de droite et de gauche, LKP rassemble dans un seul collectif les représentants désignés de 48 organisations regroupées sur une plate-forme commune comprenant 146 revendications, notamment contre la vie chère. En clair, le LKP n’est pas républicain.

COMMUNIQUÉ DE LKP
Lundi 16 février 2009 : répression & passages à tabac !!!

COMME IL L’AVAIT PROMIS JEGO A DÉCIDÉ DE RÉPRIMER LKP ET LE PEUPLE DE GWADLOUP. EN CE SENS, LES FORCES DE REPRESSION TABASSENT A TOUT VA. ILS ONT DÉJA ARRETÉ UNE DIZAINE DE PERSONNES AU GOSIER ET DEUX A SAINTE-ROSE, MANIFESTANTS OU NON. EN PLUS TOUT UN BATAILLON ENCERCLE EN CE MOMENT UNE CINQUANTAINE DE PERSONNES (MANIFESTANTS OU NON) TOUJOURS SUR LE GOSIER LES ENSERRANT DE PLUS EN PLUS AVEC L’INTENTION BIEN DECIDEE DE FRAPPER ET D’ARRÉTER.

Propagande de la CNT

Quels sont les précédents en termes de luttes aux Antilles ?

Avant guerre le grand évènement social survient avec l’assassinat d’André Aliker, le rédacteur du journal communiste « Justice » qui dénonçait la corruption et les exactions des békés. Ses funérailles, en 1935, amèneront une foule immense tout le long du cortège. Quelques mois plus tard, à la faveur du Front Populaire, le premier syndicat est créé, la CGTM.
C’est de cette époque là que date les premières lois du Travail en Martinique, pas souvent appliquées.


On se bornera ici - la liste serait longue ! -, évoquant les cinquante dernières années en Martinique, à rappeler, les grèves et les émeutes de 1959, où les forces de l’ordre feront acte d’une violence inouïe ouvrant le feu sur les manifestants. Ce qui amènera le conseil municipal de Fort-de-France - dont le maire était Aimé Césaire depuis 1945 - à évoquer la sécession d’avec la métropole. Enfin on évoquera ici la répression de la grève des ouvriers de la bananes de février 1974, où, d’hélicoptères,les CRS tirèrent sans sommation à la mitrailleuse sur les manifestants. Il y eut plusieurs morts et blessés. Le chanteur Kolo Bart évoque aujourd’hui avec talent ce dramatique évènement dont on vient de commémorer les 25 ans.

Quel est le panorama syndical à la Martinique ?

Il y a, comme en métropole, une multitude de confédérations. Mais elles sont en général spécifiques à la Martinique. En Guadeloupe c’est un peu différent.

CGTM : Confédération Générale du Travail Martiniquaise, influencé au départ par les communistes.
CSTM : Confédération Syndical des Travailleurs Martiniquais. Pulvar en était un militant très actif.
CDMT : Confédération Démocratique Martiniquaise du Travail. Scission de la CFDT- Son leader est à la IVe Internationale (trotskyste - LCR). Met en avant la gestion directe par les travailleurs eux-mêmes. Veut organiser un congrès des travailleurs pour proposer un autre type de société.
UGTM : Union Générale des Travailleurs de Martinique. Indépendantiste, anti-colonialiste. En essor, même s’il n’est pas au même niveau que l’UGTG de Guadeloupe qui est devenu là-bas, semble t-il, la première force syndicale.
FO : même syndicat, rattaché à la métropole.
FEN-UNSA : le plus gros syndicat de l’enseignement (sauf dans le secondaire). Très cogestionnaire.
FSU : minoritaire, sauf dans le secondaire avec le SNES.
CFDT : très minoritaire
SUD-PTT : très minoritaire

Comment s’organise le mouvement populaire en Martinique ?

Il y a les CNCP, comités de base de quartier, nationalistes et anti-colonialistes très proche du MIM dont le leader, Alfred MARIE-JEANNE est président du Conseil Régional.

Les syndicats,
quelle que soit leur étiquette, apparaissent relativement plus puissants qu’en métropole. Et leur unité, dans l’action, se fait spontanément. Ce qui amène vite une action de masse et une cohésion.

Quel est en particulier le poids du syndicalisme indépendantiste ? La spécificité de ses revendications ?

Il a tendance à s’affirmer de plus en plus. Surtout à la Guadeloupe où l’UGTG a recueilli 51% des suffrages aux élections prudhommales. Ses méthodes sont radicales, rappelant celles du syndicalisme nord-américain. Il ne fait pas bon s’opposer à la grève quand ils l’ont déclenché. Les commerçants et les patrons qui n’obéissent pas à ses consignes le paient cher. Et en général on obtempère toujours aux consignes de l’UGTG. A chaque grève ils incitent fermement les salariés qui ne sont pas encore affiliés à prendre la carte .

L’UGTG, comme l’UGTM, mettent la culture et l’identité créole en avant, la lutte contre le colonialisme et les békés. Ils veulent développer une polyculture permettant d’atteindre l’auto-suffisance. Même chose pour l’industrie : créer sur place ce qui nous manque.

Olivier Besancenot doit se rendre en Guadeloupe vendredi.