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mercredi 20 mai 2020

La quantité de masques jetés au sol indigne les éboueurs

Un député réclame une amende de 300 euros contre le jet de masques sur la voie publique

A Lyon, les éboueurs s'insurgent contre l'abandon de masques par terre
Des gants et masques abandonnés sur la voie publique
Sans négliger le risque sanitaire augmenté de propagation du virus
Dans les rues de Paris ou de Lyon, on peut voir des masques chirurgicaux joncher le sol, mais aussi des masques en tissu ou des masques et des gants de chantier: un manque de civisme qui exaspère les éboueurs. 
Quelques masques jetés par terre dans les rues de Paris.

Des photos prises pendant leur tournée justifient leur indignation.
"Les masques, on ne les jette pas par terre, ni dans le bac de tri... c’est dans un sac fermé et dans la poubelle grise...", rappellent-ils sur Twitter. "Et ça y’a vraiment besoin de le rappeler!"

L'information de couleur de poubelles méritait d'être indiquée explicitement, ce que les technocrates du ministère de l'environnement ne parviennent pas à faire:


Le ministère de la Santé a, quant à lui, publié une liste précise de gestes à adopter pour ce type de déchets dès fin mars. 
Il recommande ainsi d'utiliser un sac à part pour les masques, mouchoirs à usage unique ou encore bandeaux pour le nettoyage des surfaces des habitations. Ce sac doit être résistant et disposer d’un système de fermeture fonctionnel. Il doit être soigneusement fermé puis conservé 24 heures avant d’être placé dans le sac plastique pour ordures ménagères.
Mais les messages du gouvernement ressassent les mêmes consignes concernant les gestes-barrière, au détriment  de conseils sur la gestion individuelle des masques et gants souillés.

La mairie de Paris appelle au civisme


"Il faut continuer à protéger les autres, et penser aux agents de propreté qui ont été là pendant tout le confinement", explique Paul Simondon, adjoint à la mairie de Paris en charge de la propreté et de la gestion des déchets. 
Et de rappeler: "l'idéal pour les gants, les masques, les mouchoirs, c'est de les enfermer dans un sac plastique et de jeter ce sac au bout de 24h. En faisant cela, on prend soin de tout le monde."
Un député réclame une amende de 300 euros contre le jet de masques sur la voie publique

En réponse aux éboueurs de plusieurs agglomérations françaises qui alertent sur les comportements de leurs concitoyens en postant des photos de masques sanitaires abandonnés au sol, un député LR des Alpes-Maritimes a déposé, ce lundi, une proposition de loi réclamant une amende de 300 euros en cas d'abandon de masque sanitaire au sol.

Eric Pauget, député Les Républicains (Libres!, le mouvement de Valérie Pécresse), des Alpes-Maritimes (Antibes-Biot-Vallauris), propose de relever l'amende en vigueur pour mettre un terme à cet incivisme, rapporte France 3 Provence-Alpes-Côte-d'Azur. L'élu souhaite lutter "contre ces comportements qui induisent des risques sanitaires et environnementaux importants".

Ce lundi, ce conseiller départemental et vice-président chargé de la jeunesse, du développement des pistes cyclables et du sport a ainsi déposé une proposition de loi visant à demander que cette amende, actuellement établie à 68 euros, passe à 300 euros
Eric Pauget demande également l'utilisation de la vidéoprotection sur la voie publique pour sanctionner les contrevenants. 
Il demande enfin que la qualité d'agent de police judiciaire soit accordée aux directeurs de police municipale et que les agents de police municipale et judiciaire adjoints puissent réaliser des contrôles d'identité en ce sens.

"Chacun de ces déchets épars non géré conformément au code de l'environnement est une nuisance voire une pollution qui constitue un coût important sur de nombreux plans pour la collectivité", explique encore Eric Pauget.
Un masque sanitaire en papier mettrait 450 ans à se décomposer, selon le mouvement Plastick Attak, qui combat le suremballage plastique, ainsi que les dépôts sauvages de plastique dans la nature.


dimanche 22 mars 2020

Ndiaye encourage le non-respect du confinement dans certaines banlieues inciviques 

Adepte des vieilles recettes nauséabondes, Ndiaye "voit bien le relent" raciste "qui va arriver"...

Ses commentaires racistes anti-Blancs confortent les contrevenants aux mesures de confinement


Alors que circulent et indignent des images de mépris communautaire de la réglementation de la République dans certaines banlieuesla prophétesse participe ainsi au non-respect des règles de confinement prises par le gouvernement dont elle est porte-parole 

Il n'y a "pas de moindre respect dans certains endroits que dans certains autres" en France des mesures de lutte contre le coronavirus, maintient Ndiaye, en dépit des preuves matérielles à disposition. 

"Je préfère mettre le holà tout de suite», a prévenu Sibeth Ndiaye - probablement nouveau ministre de l'Intérieur et décisionnaire -  ce vendredi matin sur RMC/BFMTV. L'ex-parole du gouvernement et remplaçante officieuse du noctambule de Beauvau ne se contente plus de communiquer sur les décisions gouvernementales : la Castafiore a fustigé les propos de certains commentateurs qui relaient la difficulté des forces de l'ordre à faire respecter le confinement dans certaines zones sensibles. 
"Evidemment [c'est acté !], c'est vrai que dans certains quartiers, il n'y a pas de respect des règles", a-t-elle reconnu. "Mais attention, je ne veux pas qu'on commence à dire  - censure discriminante - que c'est parce que ce sont des banlieues, avec des populations de telle ou telle origine, que les gens ne respectent pas les règles", a-t-elle martelé.

"Je vois bien à quoi ça peut vite mener"

Sibeth Ndiaye craint que du racisme se cache derrière ces indignations : sa réaction n'est-elle pas un réflexe communautaire, donc racial, voire raciste ? "J'entends les dérapages de certains. Je vois bien à quoi cela peut vite mener", a-t-elle insinué, distillant une analyse discriminante et fracturante

Ajouté à "il n'y a "pas de moindre respect dans certains endroits que dans certains autres, en fonction de la catégorie sociale ou de l'origine de nos compatriotes," par ailleurs asséné, la secrétaire d'Etat usurpe les pouvoirs d'élus et de membres supérieurs de la hiérarchie gouvernementale, celle de l'Edouard notamment, avec l'onction du président : face à lui en 2022, Macron va-t-il trouver sa secrétaire d'Etat binationale ? Une première femme présidente noire en France, même les Américains et leur métis n'ont pas fait mieux !
Il risque de se trouver si bête qu'on veut voir ça... 

dimanche 15 mars 2020

Macron se retranche derrière les scientifiques et un médecin accable les Français

Jean Rottner, médecin et président de région, lanceur d'alerte  

Le président de la région Grand Est - de ce fait ex-président de Mulhouse Alsace Agglomération et ex-maire de Mulhouse (mais premier-adjoint de la ville) - est également un médecin urgentiste qui se plaint d'une saturation des moyens dans l'un des principaux foyers de contamination en Alsace

Résultat de recherche d'images pour "saturation hopitaux mulhouse"
Les critiques qui s'élèvent contre le rejet de Macron de reporter le scrutin des municipales semblent éloignées des préoccupations de cet ex-président de Mulhouse Alsace Agglomération et ex-maire de Mulhouse (mais premier-adjoint de la ville) sous le coup de la loi du non-cumul - en lien avec la montée de la contamination sur son territoire : président de la région Grand Est à la faveur de la démission de Philippe Richer, il est également médecin urgentiste...

En ce dimanche de premier tour, il suit les tendances sur la participation des électeurs mais ce LR Macron-compatible de 53 ans en a vu bien d'autres et s'inquiète de la légèreté et l'impréparation générale face au coronavirus qui avait pourtant fait assez de dégâts en Chine ou en Italie pour que la France ne le prenne pas de haut comme l'ont fait Macron et Buzyn. "On verra ce soir", souffle-t-il au vu de l'abstention qui s'annonce massive: la participation  se situe sous les 10% en fin de matinée, quelle que soit la sociologie des secteurs.

L'incivisme, "c'est terrible"...

Jean Rottner, président de la région Grand Est, également urgentiste de métier.
"Vous savez, insiste celui qui est aussi urgentiste à l'hôpital de Mulhouse, nous sommes dans l'œil du cyclone depuis le 1er mars. C'est là qu'on a vu arriver les choses. En dehors de l'Alsace, je crois que les Français ne mesurent pas encore ce que cette crise sanitaire veut dire. C'est terrible. Des jeunes qu'il faut intuber de toute urgence, des personnes âgées balayées en quelques heures, des équipes médicales qui arrivent à saturation complète après 15 jours de mobilisation, des gens en pleurs, des plans nationaux, la peur pour soi et pour ses proches... Quand on est dedans, les choses sont extrêmement compliquées", raconte le premier-adjoint au maire de Mulhouse.

La ville a été durement touchée par un foyer de contamination de 2.000 personnes, suite à un rassemblement d'une église évangélique. Elle est passée très tôt en stade 2 renforcé. Rottner évoque une "chape de plomb même si la vie continue". Et la question d'un report des élections est presque une question trop parisienne pour les habitants de la région. "Pour nous, il n'y a pas lieu de débattre. La décision a été prise. Il faut la respecter. Il a été très compliqué pur nous de faire campagne mais ce temps démocratique doit pouvoir se dérouler au mieux", estime l'élu local.

Lors d'une prise de parole conjointe avec Jean-Baptiste Djebbari, Elisabeth Borne a préconisé ce dimanche 15 mars de "renoncer aux déplacements non essentiels", pour limiter le risque de propagation du coronavirus.

Un SMS de l'élu régional à Macron début mars

Résultat de recherche d'images pour "saturation hopitaux mulhouse" est également confronté aux aspects transfrontaliers du Coronavirus, avec des décisions allemandes qui ont été parfois prises de manière "unilatérale". "Il y a plein d'effets induits auxquels on ne pense pas forcément quand on est sur les plateaux des chaînes d'infos. Sur le terrain, les sujets sont éminemment autres", grince le président du conseil de surveillance de l'hôpital, contraint de passer personnellement des coups de fil pour obtenir des masques et d'inventer des solutions au fil d'une crise inédite.

Face à la gravité des événements, Jean Rottner avait immédiatement envoyé un SMS à Emmanuel Macron, dès le début du mois de mars. Il l'avait alerté sur une situation devenue endémique. "Je lui ai dit qu'il y avait une distorsion entre ce que les gens entendaient de la parole publique officielle et ce qui était ressenti sur le terrain par les soignants. J'ai insisté sur le fait que cela n'allait pas être gérable longtemps", 
e-t-il.

En même temps, Rottner se dit frappé par le "calme" et la "patience" des habitants, prêts à attendre des réponses durant plusieurs heures. "Les gens ne sont pas affolés outre mesure mais il est nécessaire de privilégier toujours les messages les plus simples et les plus clairs", conseille-t-il, en notant que l'inquiétude est surtout liée à la saturation des moyens et des équipes. Il n'y a pas plus de places disponibles dans les hôpitaux alsaciens.

Conscient des difficultés et des efforts du gouvernement pour faire face à des événements exceptionnels, Jean Rottner souhaite simplement appeler chacun à la responsabilité. "Les Français doivent prendre conscience de ce qui arrive", conclut-il le président de la région Grand Est.

La situation décrite par Rottner, c'est ce que vivront les Français dans quelques heures.
Merci aux malins qui veulent "que la vie continue" et qui sont allés au théâtre (Antoine) donnant l'exemple de l'irresponsabilité et de l'incivisme...

 

dimanche 7 octobre 2018

"La crise est en premier lieu celle de la citoyenneté", insiste Yves Michaud

La citoyenneté, le laxisme et la victimisation, mis en cause dans la crise de société actuelle

"Le système est à bout"

Yves Michaud pointe le dépérissement des élites politiques et intellectuelles [rongées par la démagogie], un laxisme protéiforme, une autorité lézardée, une victimisation triomphante, une liberté d'expression aseptisée... Ce philosophe et auteur de "Aux armes, citoyens !" est interrogé par La Tribune.


L'Etat de droit défaille parce que "l'Etat-guichet s'est substitué à l'Etat-providence", l'incivisme meurtrier prospère parce que "l'incivisme mou est toléré", les figures populistes brillent parce que "les racines et les publics de leur consécration ont été méprisés", la démocratie de citoyenneté se disloque, parce que "les systèmes éducatif et fiscal se décomposent", le vivre-ensemble s'érode parce que "l'organisation de la société est tout entière catégorielle "... 

La riposte est-elle impossible ? 

Non, assure le philosophe. Mais il faut se mettre "concrètement en révolution".
LA TRIBUNE - De toutes les manifestations qu'elle adopte, la crise est en premier lieu, selon vous, celle de la citoyenneté. Quels sont l'origine et les symptômes de cette crise ? Quels périls sécrète-t-elle ?

YVES MICHAUD - La "crise de citoyenneté" que traverse notre temps est effectivement plus aiguë que les crises de la démocratie et de l'identité. Parce qu'elle met en jeu, et surtout en cause, les fondements mêmes du vivre-ensemble, qui font la communauté politique. Aujourd'hui, les citoyens n'ont plus le sentiment de partager une même communauté. Et l'origine, la raison première de ce constat réside dans la composition des programmes et des actions publics qui, particulièrement depuis l'accession de Jacques Chirac, en 1995, à la présidence de la République, relèvent de logiques purement catégorielles. Une fois le moment électoral passé - qui porte le phénomène à son paroxysme -, que constate-t-on ? Un éventail de propositions, de compensations, de dispositifs, de lois adaptés à chaque catégorie de personnes : fonctionnaires (d'État, de la filière hospitalière, des collectivités territoriales.), enseignants, professions libérales, jeunes, retraités, chômeurs (de courte, moyenne, longue durées), travailleurs pauvres, habitants des banlieues classées "difficiles ", etc. 

A force d'apporter une offre spécifique à chaque catégorie, on atomise la communauté humaine et politique, on segmente puis on enferme la population dans des cloisonnements, voire des ghettos. On encourage chaque membre de chaque catégorie sociale à défendre ses revendications en jalousant les autres catégories, in fine on multiplie les sentiments de victimisation. Chacun apparaît - ou plutôt se pense - "victime" de quelque chose ou de quelqu'un, c'est-à-dire de ce qui caractérise, privilégie, embellit le fonctionnement de ces "autres" catégories. C'est la politique du  "Et pour vous, ce sera quoi ?" qui engendre les plaintes du "Et moi, on m'oublie ?"

L'origine de ce mal est lointaine et plurielle. 

L'une des causes les plus fondamentales est la lente transformation de l'Etat-providence en Etat-guichet. En un sens, ce sont les bienfaits de l'Etat-providence qui d'eux-mêmes engendrent ces maux. La providence pour tout le monde est devenue un guichet pour chacun, et ce mouvement de "catégorialisation" de l'Etat, si je peux inventer ce mot, coupe ce dernier de sa vocation première : servir l'intérêt de toute la communauté républicaine plutôt que celui de chacune des catégories qui la composent. 
Ainsi, au lieu de garantir le socle assurant universalité, équité, justice, l'Etat s'est lézardé, se muant peu à peu en producteur de particularismes qui compartimentent, fracturent et donc désunissent la société. La générosité de l'Etat n'est plus au service de tous, elle se morcelle au profit de groupes d'individus. Avec pour paradoxe que plus cet Etat se délite, plus la bureaucratie prolifère. C'est normal, car la gestion catégorielle des personnes réclame toujours plus d'agents spécialisés. L'incroyable maquis des aides sociales ou des dispositifs de formation en est un exemple symptomatique.
La citoyenneté, c'est disposer des droits civils et politiques dans une communauté politique donnée. La crise de citoyenneté ne peut donc pas être disjointe de celles d'identité et de démocratie. 

Qu'est-ce que l'identité ?

L'identité constitue un sujet d'étude éminemment complexe, malheureusement maltraité par les raccourcis, les incompétences ou même les détournements. C'est un des sujets logiques et métaphysiques les plus difficiles en philosophie. Nationale, linguistique, libidinale, affective, religieuse, l'identité englobe beaucoup de réalités, de situations, de concepts. Et chaque individu est lui-même la juxtaposition, ou plutôt la confluence plus ou moins cohérente et organisée de toutes ces identités. Qui suis-je ? Un Lyonnais, un intellectuel, un "vestige" du XVIIIe siècle auquel j'ai consacré une grande partie de mon existence, etc ? Mon identité, votre identité, l'identité de chacun est par essence formidablement diverse, formidablement dense, formidablement complexe parce qu'elle est l'imbrication d'une multitude d'identités ; or, plus la mondialisation "contamine" des pans de notre existence, plus nous prenons conscience de cette diversité, et plus alors nous sommes en peine de définir ou de circonscrire une, notre identité.
Certes, comme on le voit avec le secteur de l'hôtellerie, qui propose une offre similaire de Shanghai à Buenos Aires, les outils susceptibles d'aplanir ou d'égaliser les différences d'identités révélées par les disparités géographiques, culturelles, cultuelles ne manquent pas. Toutefois, ils ne sont pas suffisants pour effacer la force des facteurs d'identité locale. Et c'est notamment là, en affirmant que l'identité est exclusivement politique, que l'on commet la plus lourde erreur. 

"Les identités sont en danger", "Reconstruisons les identités". 

Que n'entend-on pas comme ineptie ! Les identités ne sont pas seulement politiques, mais justement elles ne doivent pas contaminer le champ politique.
Comment l'état du monde - formidablement mondialisé, décloisonné, interdépendant, uniformisé, instantané, déstructuré, marchandisé, mobile - bouleverse-t-il l'identité ?
Qu'elle porte sur les échanges commerciaux, le tourisme, la finance, la consommation, les technologies ou encore l'enseignement, la mondialisation est une réalité incontestable. 

Mais un autre mouvement tout aussi incontestable est celui de la (re) localisation. Nous sommes à la fois de plus en plus mondialisés et de plus en plus localisés, illustrant ainsi le terme, désormais largement usité, de "glocalité". Pourquoi nombre d'entreprises dites internationales peinent-elles tant à mettre en oeuvre le principe "d'intelligence culturelle", c'est-à-dire à mettre en harmonie, en sympathie, en symbiose même, les intelligences issues du monde entier qui composent le corps social ? Parce que les identités demeurent très locales, et elles imposent de s'accorder entre et avec toutes. Essayez de faire collaborer un ingénieur indien avec un homologue russe, un gestionnaire arabe et une consœur brésilienne ! On y parvient, mais cela ne va pas de soi. Et cette réalité corrobore un constat sociologique, et même anthropologique, extrêmement intéressant, qui met en lumière les incohérences, voire les écartèlements auxquels l'aspiration à et le rejet de la mondialisation placent les citoyens.
La polémique récente sur le goût supposé différent des pots de Nutella distribués en Italie et en Pologne, ou les réactions, contrastées, à la découverte des mêmes enseignes de mode à Barcelone et à Prague, l'illustrent : dans le concert de la mondialisation tous azimuts, les populations à la fois veulent et refusent l'uniformité. Et souvent elles peinent à savoir qui elles sont devant le dilemme.

Peut-on se considérer citoyen du monde sans être citoyen de la nation à laquelle on est lié ?

Citoyen d'Europe davantage que citoyen de France ? Citoyen de la biodiversité plus que de la ville où l'on habite et travaille ? Existe-t-il une hiérarchie factuelle ou morale "des" citoyennetés ?
En 1948, le militant pacifiste américain Garry Davis rendait son passeport et s'autoproclamait "premier citoyen du monde" avant de fonder le mouvement du même nom. Quelques années plus tôt, d'aucuns déjà revendiquaient le droit à l'apatridie. Cet idéalisme cosmo-politique, très complexe à mettre en oeuvre, convoque la condition de "pur sujet de raison" chère à Kant. Un "pur sujet de raison" sans attache, porté exclusivement par la volonté de "faire le bien" et par un intellect déterminé à ne rien croire qui dépasse la raison, peut être cosmopolite. Or, la réalité est que nous sommes constitués de chair, de sang et d'émotions qui forment notre identité, en partie issue de l'endroit où nous sommes nés. Personne (ou presque) ne peut s'affranchir de cette relation physique, "géographique".

Tout aussi idéaliste doit être considéré le vœu d'une "identité européenne", quand bien même la notion de "citoyenneté nationale" est durablement contestée. Les égoïsmes locaux et nationaux demeurent très forts, et d'aussi vertueux programmes que celui d'Erasmus - modules de formation dans les pays de l'Union européenne, grâce auxquels chaque étudiant détenteur d'une identité dite nationale revient enrichi de sa confrontation à d'autres identités dites nationales - ne les atténuent qu'à la marge. La résurgence des revendications identitaires locales ou régionales dans certains pays d'Europe est une réalité... d'ailleurs contrastée. En effet, lorsqu'elle est contenue au folklore, il me semble qu'elle est parfaitement inoffensive, et même doit être encouragée. Mais lorsqu'elle se manifeste par des appels, chez les Catalans, à ne pas partager les eaux de l'ET bre avec les Andalous, par des mouvements séparatistes en Belgique, ou par la détermination, chez certaines élites d'Italie du Nord, de ne plus financer l'économie des Pouilles ou de la Calabre, elle devient extrêmement dangereuse.

La citoyenneté ne s'exprime pas par le sang ou par le sol, mais par l'engagement civique. Celui-ci résulte de la loyauté que l'on manifeste à l'égard de la communauté dont on attend les droits et dont on accepte les devoirs, et cette loyauté est elle-même commandée par un serment. Une organisation démocratique doit être dessinée qui favorise cet accomplissement, qui agrège l'efficacité de la démocratie et l'efficacité de la citoyenneté. Vous circonscrivez à l'éducation et à la fiscalité les deux principaux chantiers à conduire dans ce sens d'une démocratie au service de la citoyenneté. Effectivement, l'exercice de l'impôt participe de manière fondamentale à la construction de toute citoyenneté. Faire accepter la nécessité et l'utilité de s'acquitter de l'impôt constitue l'une des meilleures parades à la fraude - dont vous proposez de punir de la déchéance de nationalité les auteurs d'infractions majeures. Sur quelle base peut-on réformer le système fiscal afin que la perception de sa nécessité, de son utilité et de sa justice s'impose dans les consciences, et ainsi sustente l'appartenance citoyenne ?

Le système fiscal conditionne et, sur un autre plan, éclaire et rend présent et concret le système de solidarité. Une théorie de l'impôt, c'est bel et bien une conception de la société et de ses liens. Tous les penseurs du passé l'ont déclaré, rien n'a changé. "Autant tu paies d'impôt, autant tu as d'action publique." La santé de la communauté politique dépend en grande partie de la politique fiscale. Accepter ces principes, c'est considérer que l'impôt doit être clair pour être compris et accepté. 

De grandes orientations et d'importants choix sont à déterminer, qui tous servent à renforcer l'exercice de citoyenneté. Parmi eux : la fin de l'exemption - être "inimposable". Qu'en France moins d'un foyer fiscal sur deux s'acquitte de l'impôt sur le revenu - pourtant le seul lisible - est délétère ; absolument tous les citoyens, y compris les allocataires du RSA, devraient apporter leur contribution, même symbolique, à la solidarité et à la collectivité. Cela permettrait également de supprimer les effets de seuil, par la faute desquels l'intéressé peut se retrouver simultanément à être imposable et à perdre les avantages liés à la non-imposabilité. Cette fin des exemptions fiscales pourrait être compensée par une révision des taux et notamment des premiers taux de l'échelle. Ainsi, les éléments du blocage récurrent de toute réforme fiscale ambitieuse seraient levés.

Un système fiscal "citoyen" doit être clair, simple, lisible, juste, valable pour tous, responsabilisant. Et ceux qui le trompent doivent faire l'objet d'une répression implacable. Inspirons-nous du modèle américain : les taux d'imposition y sont contenus, mais malheur aux fraudeurs ; ils rejoignent les geôles, et souvent pour longtemps.
"Les montages très problématiques d'Ernest-Antoine Seillière et de ses acolytes chez Wendel datent de 2007 et n'ont toujours pas été jugés dix ans plus tard." Ainsi illustrez-vous l'extrême mansuétude qui profite au traitement judiciaire des crimes en "col blanc" et ternit au sein de la société la perception de citoyenneté. Les rédacteurs des lois étant eux-mêmes exposés auxdits délits, est-il crédible d'espérer mettre fin aux indulgences, collusions et compromissions ?
Que 14 ans après avoir initié un montage financier, baptisé Solfur, grâce auquel un gain net de 315 millions d'euros fut généré après un investissement de départ de moins d'un million d'euros, que six ans après qu'une information judiciaire ait été ouverte, que près de deux ans après que le parquet financier eut conclu au délit, aucun procès ne se soit encore tenu contre le très puissant ex-président du Medef et de Wendel est symptomatique. Et proprement inimaginable. Le quidam incarcéré six mois après un jugement hasardeux en comparution immédiate appréciera... Voilà une nouvelle illustration du processus de transformation de l'Etat-providence en Etat guichet : les prétendus représentants du peuple, qui sont pour la plupart des politiciens professionnels et pour beaucoup issus d'une Ecole nationale d'administration qu'il faut impérativement supprimer - ce qui ne s'annonce pas être une priorité, bien au contraire même si l'on se réfère aux cursus des nouveaux gouvernants -, écrivent les lois à leur profit, introduisent des dispositions avantageuses pour leur corporation via quelques amendements discrets, s'arrangent "catégoriellement" en se fabriquant des "régimes spéciaux" sur mesure. Songez que 20 ans de présence au Sénat garantit une retraite à taux plein... Comment, dans ces conditions, être crédible pour dénoncer les privilèges des agents de conduite de la SNCF, des pilotes de ligne ou des contrôleurs aériens ?

Dans cette organisation si morcelée de la société, chacun avance ses pions pour qu'ils profitent à son intérêt catégoriel ; les parlementaires sont simplement mieux outillés pour réaliser cette quête. La porosité de cette caste avec d'autres également dirigeantes, notamment dans le monde économique, favorise les collusions d'intérêts. Peut-on y faire face ? Je l'ignore. La plupart des parades sont étonnamment simples à imaginer et à mettre en oeuvre, mais la force de résistance des publics "menacés" est considérable. Surtout lorsqu'elle s'allie à un périmètre de pouvoir substantiel.
"L'état de santé" de la citoyenneté en France apparaît comme "un" élément de la radiographie sociale, sociétale, humaine, même civilisationnelle, il "dit" substantiellement de la volonté et de la capacité individuelles et collectives de créer et de bâtir ensemble, et même, comme notre dialogue l'introduit, de vivre ensemble. Le malade est au plus mal...

C'est incontestable. Mais ce n'est pas définitif. Le monde est un mouvement perpétuel, qui périodiquement brille et s'affaisse, progresse et stagne - voire recule. A l'usure ou à la dégradation momentanée, il existe des pansements, des remèdes, dont la nature et la puissance sont adaptées à l'ampleur du mal. Ce XXIe siècle est celui d'un changement monumental de paradigme, d'un contexte de révolution. Oui, nous sommes potentiellement en révolution, et il est l'heure de nous mettre concrètement en révolution. Juguler le déclin intellectuel et moral est à ce prix.
Yves Michaud, "Aux armes, citoyens !" (L'Aube, 96 pages, 9,90 euros)

mardi 16 juillet 2013

Cécile Duflot révélée par l'anti-militarisme de son compagnon Xavier Cantat

Une Verte du gouvernement confondue par le tweet d'un proche écologiste rouge  
La ministre au bord des larmes à l'Assemblée nationaleLa ministre écologiste du Logement a semblé très touchée ce mardi à l'Assemblée Nationale par l'évocation d'un tweet anti-militariste de son compagnon, le Bordelais Xavier Cantat

"Ces propos ne sont pas acceptables", a souligné avec modération Philippe Meunier, député UMP du Rhône en réaction au tweet de Xavier Cantat lors des cérémonies du 14 juillet


Dimanche dernier, lors du défilé militaire du 14 juillet, le   frère du chanteur Bertrand Cantat avait, via un tweet, affirmé sa fierté de ne pas être présent à la tribune sur les Champs-Élysées, où son compagne trônait. Une prise de position déplacée, mais qui est très largement celle de son parti, Europe-Ecologie les Verts, qui prône l'anti-militarisme, et que partage donc Cécile Duflot qui en fut la secrétaire nationale, avant de se commettre avec le gouvernement Ayrault.

Le député UMP Philippe Meunier a pris la parole ce mardi devant les députés pour s'adresser à Jean-Marc Ayrault : "Monsieur le Premier ministre, vous êtes responsable de la Défense nationale, votre gouvernement de la force armée, le président de la République est le chef des armées, il est donc important à l'avenir d'inviter à la tribune officielle des personnalités qui ont la décence de respecter l'engagement de nos hommes, notamment au Mali, et sur les terrains des opérations extérieures, au péril de leurs vies".

Une évocation qui a visiblement touché la ministre du Logement, qui est apparue les yeux rougis, se sentant découverte :

Le monde à l'envers
Jean-Marc Ayrault s'est senti obligé de défendre l'indéfendable, s'en prenant au député Philippe Meunier : " vous ne faites pas honneur à la France par vos propos particulièrement minables et polémiques".
Mais rappelons donc la teneur du tweet que le sombre Ayrault soutient:

Du côté de l'incivisme, se sont rangé, outre le chef du gouvernement,  les réseaux sociaux jusqu'ici décriés par la presse. De nombreux messages de militants ont tenté de faire croire en un soutien du pays à la pastèque écologiste du gouvernement rose:  Vert à l'extérieur et rouge à l'intérieur. 
Certains élus du PS se sont compromis avec ceux du parti de la ministre. "La droite déteste Cecile Duflot, pas grave nous on l'aime."  "L'UMP jamais en retard d'une bassesse et d'une médiocrité" fustige le Landais Stéphane Delpeyrat, vice-président PS du Conseil régional d'Aquitaine, qui vota Laurent Fabius en 2006, comme Jacques Généreux, Pascal Cherki, Liem Hoang Ngoc et Benoît Hamon.  

Ce n'est pas la première fois que Cécile Duflot est rattrapée par les convictions qu'elles partage son compagnon. 

C'est ainsi  qu'en mars 2011 sur le plateau du Grand Journal de Canal +, elle préféra "botter" en touche.