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mardi 27 novembre 2018

Un astrophysicien ridiculise Macron sur sa transition écologique

"On ne combat pas une crise planétaire par des mesures d’ajustement", ironise Aurélien Barrau 

Barrau, professeur à l'université Grenoble-Alpes
A l'origine de l'appel des 200 personnalités pour sauver la planète, dans le journal Le Monde, à la suite de la démission de Nicolas Hulot, l'astrophysicien Aurélien Barrau, 45 ans, ci-dessus, répond au discours d'Emmanuel Macron sur la transition écologique. A part quelques points positifs il s'inquiète de "manques essentiels" dans ses propositions.

Le discours d'Emmanuel Macron mardi était sur le fil du rasoir. A-t-il convaincu les Gilets jaunes? Pas sûr. Et les écologistes? Pas tout à fait non plus. Aurélien Barrau est astrophysicien et prend depuis plusieurs semaines position dans les media pour faire prendre conscience au grand public de la crise climatique à venir et des profonds changements qu'elle implique. Il est notamment à l'origine de l'appel de 200 personnalités à un changement sociétal pour sauver la planète. Pour le Journal du dimanche, il réagit aux annonces du Président. 

La tribune d'Aurélien Barrau 

"Le chef de l’Etat semble prendre conscience de la gravité extrême de la situation écologique globale et c’est une bonne nouvelle. Cela suffira-t-il pour autant? De nombreux aspects, essentiels, ont été passés sous silence. Et surtout : les mots seront-ils suivis des faits? L’histoire récente appelle à la plus grande prudence et à la plus grande vigilance. Et, quand bien même ce serait le cas, il n’est sans doute pas possible de faire face au drame actuel en tentant désespérément de sauvegarder un système mortifère et agonisant. Il faudra aller plus loin.

Nous sommes en danger vital, tout à la fois coupables et victimes d’un saccage planétaire sans précédent. Dans cet étrange suicide collectif, nous entraînons, de plus, beaucoup d’espèces et commettons finalement un "crime contre l’avenir". La question de la vie sur Terre ne peut pas être secondaire : si ce combat est perdu, tous les autres le seront aussi.

Face à ce défi, le plus important de l’histoire de l’humanité, le plus grave et le plus global, le plus difficile aussi, il ne saurait être question de s’en tenir à des ajustements de détails.

Les premières victimes du désastre écologiques seront les plus démunis

Il est rassurant de noter que le président de la République annonce, si je l’ai bien compris, la nécessité d’une baisse de la consommation. C’est une évidence scientifique : une croissance exponentielle de l’utilisation des ressources dans un monde fini n’est pas tenable longtemps. Un système soumis à un tel régime ne peut que "crasher" rapidement. A moins d’inverser rapidement la tendance en cours, nous allons donc mener le système "Planète Terre" au crash. Ce n’est pas un détail.

Il est également heureux de noter que monsieur Macron évoque les 48.000 décès annuels, rien qu’en France, dus à la pollution. Ce chiffre affolant devrait susciter une réaction à sa démesure. Un véritable "état d’urgence environnemental".

Enfin, la reconnaissance de ce que la transition écologique – si elle a effectivement lieu, puisque pour le moment aucune action réelle n’a encore été entreprise – est génératrice d’emplois [et de combien de suppressions ?] et, évidemment, convergente avec le progrès social est une bonne chose. De même que la volonté de développer des énergies non carbonées. Les premières victimes du désastre écologique seront les plus démunis, comme noté par le chef de l’Etat, et cette préoccupation est donc tout sauf élitiste.

Je pense enfin – et je sais que ce sujet est très polémique – que le Président a raison de viser une sortie "lente" du nucléaire. S’en extraire immédiatement serait catastrophique et imposerait de recourir à des énergies terriblement plus néfastes au niveau climatique. Souhaiter y demeurer dans le long terme pourrait être irresponsable compte-tenu des dangers associés aux déchets.

Emmanuel Macron me semble donc avoir évoqué avec nuance et précision un certain nombre de points importants.

Il n’est pas possible de penser une situation écologiquement pérenne sans une meilleure répartition des richesses

Il ne saurait pourtant être question d’en demeurer à une satisfaction de façade. D’abord, il y a, je crois, des manques essentiels dans le discours du chef de l'Etat

Au niveau social, évidemment : il n’est pas possible de penser une situation écologiquement pérenne sans une meilleure répartition des richesses. Nous habitons un monde où huit personnes possèdent autant que la moitié de la population mondiale. Ce n’est pas tenable.

Et, pour en rester à l’aspect purement environnemental, il est très contrariant que l’expansionnisme débridé des territoires humainement impactés n’ait pas été mentionné. Nous ne pouvons plus continuer à envahir tout l’espace. Les autres vivants – avec lesquels nous sommes en interdépendance – n’ont plus de lieu pour vivre. C’est actuellement une cause majeure d’extinction des espèces.

Il est également étonnant et inquiétant que les très graves problèmes de pollutions liés, par exemple, à l’emploi du plastique (la mer de plastique dans l’océan pacifique fait actuellement 3 fois la taille de la France et sa masse augmente exponentiellement) n’aient pas été discutés.

Le dérèglement climatique est un problème immense mais il est loin d’être le seul. Les vivants sont, en ce moment même, en train de mourir sur Terre : les espèces disparaissent – la 6e extinction massive est en cours – et même au sein des espèces peu menacées, les populations s’effondrent. En quelques décennies, nous avons éradiqué 60% des vertébrés de la planète et 80% des insectes en Europe. Et cela n’est pas (encore) dû au réchauffement climatique…

Il s’agit de conjurer la fin du monde. Les mots ne sont pas exagérés

Le risque de l’évolution esquissée par le Président, c’est peut-être avant tout celui d’une nouvelle tentative de sauvetage d’un système intrinsèquement incompatible avec la vie. On ne combat pas des bombes atomiques avec des épées de bois, on ne combat pas une crise d’ampleur planétaire par des mesures d’ajustement.

Il s’agit de conjurer la fin du monde. Les mots ne sont pas exagérés. Dépeuplée de la plupart des vivants, dévastée par la famine, dévisagée par la pollution, dépeuplée par les canicules, la Terre perdrait ce qui la rend unique et magnifique. Elle ne mériterait plus qu’on se batte pour elle. Le monde ne serait plus le monde. Face, donc, à cette fin du monde, il faut aller plus loin, plus vite et, surtout plus profondément que ce qui a été suggéré par le chef de l’Etat. [Et cette urgence a un coût que les populations déjà lourdement surtaxées ne sont pas prêtes à supporter : Ni Macron, ni Barrau n'a intégré ce paramètre] Sans doute est-il souhaitable, comme le propose monsieur Macron, de favoriser les véhicules électriques qui seront – un peu – moins polluants [il faudra produire plus d'électricité d'origine nucléaire ou à partir d'énergies fossiles]. Mais on ne peut pas continuer exactement "comme avant". On ne peut pas en rester là. On ne peut pas se contenter de changer superficiellement les accessoires et de ne pas interroger les enjeux et les objectifs.

Le défi est immense. Incommensurable à tout autre. C’est tout notre rapport à la "nature" qui doit être urgemment repensé. C’est cette mortelle velléité à nous extraire d’une nature dont nous sommes pourtant un élément parmi tant d’autres qui doit être mise sur la table. C’est un travail politique mais aussi éthique et philosophique. Bien-sûr, il faut décroître suivant les indicateurs de l’ancien monde, c’est une question de survie. Mais il faut aussi trouver de nouveaux indicateurs qui montreront que cette décroissance peut aussi devenir un réenchantement [sic] très profond. Il n’est pas question de revenir à l’âge de pierre [de bronze, peut-être], mais au contraire d’inventer, enfin, un devenir radicalement autre qui s’extraie de la logique de domination et d’appropriation.

On ne s’entendra pas sur "le bon système". Pour faire face au désastre écologique, chacun a son analyse sur les "racines du mal". Et les analyses sont divergentes. Alors, pour une fois, attaquons-nous d’abord aux conséquences. Faisons-le. Agissons. Mettons en place les mesures qui seront recommandéEs par le Haut Conseil pour le climat créé par Emmanuel Macron – y compris quand elle seront orthogonales aux dogmes en vigueur –, et allons au-delà, car il le faudra, sans aucun doute. Nous verrons bien, a posteriori, quel système permettra de mener cette révolution. Choisissons la vie et les normes s’adapteront.

Le seul espoir face à la catastrophe en cours, c’est que, finalement, forcés d’inventer un autre rapport à la nature, du dedans, nous soyons aussi contraint d’inventer un autre rapport à nos semblables. Peut-être la nécessité écologique sera-t-elle finalement le salut social. Nous pouvons ici tout perdre. Mais aussi gagner ce qui semblait inaccessible. Les temps sont décisifs."

Des critiques et des directions, mais quelles propositions concrètes ?...

mardi 28 janvier 2014

Arnaud Montebourg, en primate de dessin animé

Arnaud Montebourg prête sa voix à un dessin animé

Le ministre de Hollande a inspiré un personnage de la série Silex and the City

Montebourg nous ramène 40.000 avant JC…
La planète semble obéir aux lois de la sélection naturelle.


Le paléolithique est l'âge où le gouvernement Ayrault nous entraîne, avec les partisans EELV de la décroissance. La série réunit en effet de nombreux troglodytes de l'Histoire de l'âge des cavernes: Nicolas Demorand, Amélie Nothomb, Sophia Aram, José Bové, François Busnel ou Gérard Miller…

Après avoir donné de sa personne en endossant une marinière pour promouvoir le "made in France", Arnaud Montebourg a prêté sa voix à cette série animée française sur Arte. Ses manières, sa voix affectée et ses conceptions rétrogrades, tout désignait le ministre du Redressement productif. Le m'as-t-vu a donc enregistré plusieurs répliques d'un prochain épisode de la série Silex and the City, une adaptation d'une bande dessinée de Jul qui sera diffusée sur Arte en automne 2014. Des enregistrements que s'est procurée en exclusivité l'émission Les Pieds dans le plat, animée par Cyril Hanouna sur Europe 1.

Un singe en marinière 

La série suit les aventures de la famille Dotcom, qui vit à l'âge de pierre
en transposant des sujets contemporains dans cet univers préhistorique. Arnaud Montebourg y trouve naturellement sa place sous les traits de la caricature d'un singe en marinière, puisque Christiane Taubira craint les peaux de bananes dans ce type de remontée dans le temps. Montebourg y joue un rôle de composition: pensez donc, il incarne un "ministre du Redressement progressif" qui lutte contre la délocalisation d'un volcan…

Montebourg fait son "coming out" 

En participant au doublage de la série, il cautionne l'endoctrinement homosexuel sur Arte, chaîne culturelle.

"Le made in feu national"
 

Montebourg, ministre sérieux
dévasté par la crise
et le chômage
La séance d'enregistrement eu lieu vendredi dernier à Bercy, transormé en studio pour la rigolade, comme le rapporte Le Lab d'Europe 1. 
Pendant une vingtaine de minutes, Arnaud Montebourg a répété des répliques comme celle-ci : "le made in feu national est un gage de qualité que nous devons encourager".

La série animée caricature plusieurs autres personnalités, comme Daniel Cohn-Bendit (ci-contre à droite), David Pujadas ou encore Christine Ockrent.

Pour les plus courageux,
voici un petit aperçu du truc:
Croyez-vous que Montebourg va redresser la BD ?
Pour remonter la courbe du chômage  l'audience de Arte, il faudra un peu plus que le ramage de Nono.

mardi 17 décembre 2013

20 millions d'euros de prime de Noël pour le gouvernement: une folle rumeur ?

Le cumul des enveloppes distribuées aux 21 ministres au titre des ISP 2012 s'élève à plus de 20 millions d'euros

Pas de fumée sans feu,
selon la sagesse populaire
La "gauche sociale"
n'aime pas les riches

Sur les blogs et les forums, les réseaux sociaux et ici ou là  sur Internet, qui empêche la république des copains et des coquins de tourner rond, la rumeur gonfle d'une prime de Noël secrète d'un montant de 20 millions d'euros pour les membres du gouvernement et leurs collaborateurs"La rumeur d'une prime de 20 millions d'euros est infondée", assène Sud Ouest, d'entrée de jeu. Voyons quels éléments de preuve apporte le quotidien qui annonce un "décryptage"...  







Sud Ouest s'inscrit péremptoirement en faux contre Mediapart qui laisse publier la liste par ministèresur son site: 

Les données concernent la fin d'année 2012.
AYRAULT 
Budget primes: 5 850 000 €
>Nbre de membres de son équipe: 456
> Soit un taux de 58% du budget total
> Soit 12 829 € en moyenne par personne

Vals 
Budget primes: 1 547 532 €
> Nbre de membres de son équipe: 252
> Soit un taux de 60% du budget total
> Soit
6 141 € en moyenne par personne

Taubira
Budget primes: 983 000 €
> Nbre de membres de son équipe: 169
> Soit un taux de 62% du budget total
> Soit 5 817 € en moyenne par personne 
  
TOURAINE
> Budget primes: 878 408 €
> Nbre de membres de son équipe: 64
> Soit 13 725 € en moyenne par personne
Si certains au sein de leur entreprise vont devoir se contenter de 20 ou 30 euros, à peine de quoi acheter une bouteille de mousseux, pour les sans-emploi, l'état va débourser un peu plus de 150 euros par individu. Pas vraiment le Pérou (ni le Chili...)!
MONTEBOURG
Budget primes: 679 058 €
> Nbre de membres de son équipe: 57
> Soit un taux de 62% du budget total
> Soit 11 913 € en moyenne par personne

BELKACEM 
Budget primes: 552 001 €
Nbre de membres de son équipe: 47
> Soit un taux de 72% du budget total
> Soit 11 745 € en moyenne par personne

MOSCOVICI
Budget primes: 730 304 €
> Nbre de membres de son équipe: 67
> Soit un taux de 62% du budget total
> Soit 10 900 € en moyenne par personne

FABIUS
Budget primes: 1 091 082 €
> Nbre de membres de son équipe: 150
> Soit un taux de 60% du budget total
> Soit 7 274 € en moyenne par personne

DUFLOT
Budget primes: 580 950 €
> Nbre de membres de son équipe: 57
> Soit un taux de 62% du budget total
> Soit 10 192 € en moyenne par personne

PEILLON 
Budget primes: 616 000 €
> Nbre de membres de son équipe: 61
> Soit un taux de 66% du budget total
> Soit 10 098 € en moyenne par personne

Lebranchu 
Budget primes: 543 636 €
> Nbre de membres de son équipe: 55
> Soit un taux de 62% du budget total
> Soit 9 884 € en moyenne par personne
 
Fioraso  
Budget primes: 564 000 €
> Nbre de membres de son équipe: 58
> Soit un taux de 63% du budget total
> Soit 9 724 € en moyenne par personne

Lurel
Budget primes: 552 347 €
> Nbre de membres de son équipe: 63
> Soit un taux de 54% du budget total
> Soit 8 767 € en moyenne par personne

Aurélie Filippetti  
Budget primes: 642 710 €
> Nbre de membres de son équipe: 91
> Soit un taux de 59% du budget total
> Soit 7 063 € en moyenne par personne

Sapin
Budget primes: 500 291 €>Nbre de membres de son équipe: 75
> Soit un taux de 63% du budget total
> Soit 6 671 € en moyenne par personne

FOURNEYRON
Budget primes: 541 770 €
> Nbre de membres de son équipe: 53
> Soit un taux de 50% du budget total
> Soit
10 222 € en moyenne par personne

Batho
Budget primes: 900 720 €
> Nbre de membres de son équipe: 173
> Soit un taux de 62% du budget total
> Soit 5 206 € en moyenne par personne

Le Foll
Budget primes: 370 457 €
> Nbre de membres de son équipe: 75
> Soit un taux de 56% du budget total
> Soit 4 939 € en moyenne par personne

PINEL 
Budget primes: 466 268 €
>Nbre de membres de son équipe: 39
> Soit un taux de 58% du budget total
> Soit 11 956 € en moyenne par personne

BRICQ

Budget primes: 454 052 €
> Nbre de membres de son équipe: 38
> Soit un taux de 50% du budget total
> Soit 11 949 € en moyenne par personne

Le Drian
Budget primes: 967 238 €
> Nbre de membres de son équipe: 158
> Soit un taux de 60% du budget total
> Soit 6 122 € en moyenne par personne


Sud Ouest défend l'indéfendable
"Des formulations alambiquées et approximatives, s'appuyant sur des chiffres vieux d'un an et relayée par des sites douteux à un moment opportun (un Noël en temps de crise) pour faire naître un sentiment d'indignation," commente le quotidien. "Tous les ingrédients sont réunis pour une bonne vieille rumeur comme Internet les aime tant", accuse-t-il. On attend toujours le début d'un décryptage.

Que dit précisément cette rumeur ?
La rumeur est relayée, entre autres, sur Radins.com le mercredi 11 décembre, un site nordiste présenté par "La Voix du Nord" comme une "entreprise (...) devenue la référence des bons plans" sur Internet et qui "fédère une communauté qui partage ses trucs". Radins.com cite un article de Journaldunet.com, dont la dernière mise à jour - sur le sujet, précisons-le...- date de mars 2013 et qui décrypte le budget primes du gouvernement Ayrault pour l'année 2012. Sud Ouest s'est donc épargné le travail d'investigation. "Le site nordiste "avance', ministère par ministère, le montant de la prime allouée et le ramène à une somme par collaborateur."
"En ces temps de crise où de plus en plus de Français éprouvent des difficultés à s'en sortir et à s'acquitter de leurs impôts, le gouvernement n'hésite pas à s'arroger la part du lion pour les primes", assène Radins.com, qui a tout pour plaire au départ aux écologistes radicaux et altermondialistes qui se reconnaissent dans la mouvance des casseurs de pub, des freegans (amateurs de gratuit) ou de la décroissance.

Que se cache-t-il derrière les chiffres cités ?
Les cadeaux de Noël sont en réalité des "indemnités pour sujétion particulière", assure le puissant groupe de presse du sud-ouest (GSO), basé à Bordeaux (Gironde) qui arrose la France, de la Charente-Maritime jusqu'à la frontière espagnole. Il n'est en revanche précisé nulle part qu'elles sont versées à Noël. Le seraient-elles à Pâques ou à l'Epiphanie que cela changerait tout au problème déontologique pour les signataire de la Charte vertueuse voulue par Flamby.

Ce qui est un scandale pour Guéant tombe dans la "normalité" pour Ayrault
Des versements reprochés  à l'ancien ministre de l'Intérieur en mai 2013 seraient désormais légitimes, puisque "destinées notamment à compenser le travail de nuit et les horaires décalés des collaborateurs des ministres, et font désormais l’objet d’une dotation ministérielle en bonne et due forme", explique le journal 

Créées en 2002 par Lionel Jospin alors qu'il était Premier ministre, ces indemnités ont remplacé les enveloppes en liquide - non déclarées au fisc - distribuées aux collaborateurs dans les ministères et sont versées en toute transparence - elles sont d'ailleurs imposées. Ce ne sont donc pas des primes. Sont-ce toutefois des quatorzièmes mois?

Comme l'explique le blog des Décodeurs du Monde.fr, "on peut trouver leur montant annuel dans un document budgétaire annexé à la loi de Finances, disponible au public vigilant, et intitulé "Personnels affectés dans les cabinets ministériels" (lien vers le document).
Reste que ni Libération, ni Le Monde et ni le Canard Enchaîné n'en gave ses lecteurs à longueur de semaines.

Sud Ouest poursuit son historique pompeusement intitulé "décryptage"
Les ministres socialistes
millionnaires
font la manche
En mai 2013, le député apparenté socialiste René Dosière, pourfendeur de la gabegie budgétaire et initiateur du contrôle du budget de l'Élysée, indiquait que "le gouvernement Ayrault a bénéficié d’une dotation de 24 millions d’euros pour ces indemnités", pour "environ 2 800 collaborateurs". Ce qui représente une foule de collaborateurs qui ne sont pas soumis à l'obligation de résultats.

D'où vient cette rumeur ?
Selon le blog des Décodeurs du Monde.fr, cité par Sud Ouest, champion du décryptage copié-collé, la rumeur émanerait du site Wikistrike.fr, par le biais d'un post en date du samedi 7 décembre 2013. Le journal - que gérait Pierre Jeantet avant de devenir directeur général du groupe ...La Vie-Le Monde - accuse le site d'être un "grand propagateur de rumeurs et autres théories conspirationnistes, qui a ressorti cette 'information' ".

Le décryptage des  archivistes de Sud Ouest consiste donc à dénigrer
"Nul doute : il s'agit bien d'une rumeur", conclut Sud Ouest après avoir toutefois admis que des indemnités sont bel et bien versées pour incompétence à des Bricq ou Pinel, tandis que Hollande et sa majorité socialo-écolo n'offiront aux Smicards que la hausse limitée aux mécanismes légaux, sans coup de pouce, comprendre prime...

mardi 24 juillet 2012

Montebourg, incompris de la presse de gauche, aussi

Rapatrier les centres d'appels? Et le co-développement, bordel ? 


Le ministre français du Redressement productif lance l'idée d'un rapatriement des centres d'appels à l'étranger. 
Mais à quel prix...

Le PDG d'Orange obtempère

Lors d'une audition devant la commission des Affaires économiques du Sénat, 
Stéphane Richard s'est prononcé mercredi en faveur d'un " état des lieux objectif " sur la délocalisation des centres d'appels, mené par " un corps de l'Etat " : il se trouve que le gouvernement socialiste a justement demandé aux opérateurs d'étudier le rapatriement d'une partie de ces services.
La veille, mardi, les ministres Arnaud Montebourg ("Redressement productif") et Fleur Pellerin (PME et Economie numérique) venaient notamment de demander aux dirigeants d'Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free dans quelle mesure ils pourraient rapatrier, du Maghreb notamment, une partie des emplois dédiés à leurs hotlines d'assistance technique et de service après vente. 
Relocaliser en France 10.000 emplois dédiés à l'assistance technique des opérateurs télécoms " coûterait en moyenne " 20 centimes par mois aux abonnés, a affirmé mercredi A. Montebourg.

Montebourg démondialise au grand dam des altermondialistes

"Montebourg veut empêcher le Maghreb de se développer mais accélérer le déclassement des jeunes diplômés français: ça part d’un bon sentiment !

Arnaud Montebourg veut réindustrialiser la France et c’est une super idée. Après tout, fabriquer des trucs et des bidules plutôt que simplement les inventer dans des bureaux d’étude [Produire sans inventer, c'est en effet la décroissance. Une aberration  croissante !] ça justifie l’existence d’un parc nucléaire   qui alimente des usines gloutonnes en énergie et ça stimule les activités de dépollution. [déraillement de la démonstration]
Ça n’est pas exactement de la croissance durable, bien sûr, mais c’est toujours de la croissance tout court. 

Le hic, c’est que les trucs et les bidules sur lesquels il se concentre, du fil de soutien-gorge au fil d’acier [en passant par le fil chirurgical de suture], ne sont pas exactement le meilleur moyen de rattraper l’Allemagne ou le Japon sur ce terrain. Ces deux pays, les seuls ou presque encore capables de vendre quoi que ce soit aux émergents, préfèrent leur expédier des machines-outils ou des robots [et des usines clé en main]: ça rapporte davantage et ça permet de bien payer les ouvriers [tout en poussant les travailleurs français au chômage]. Mais surtout, les Chinois ne savent pas encore faire les mêmes et ils en ont besoin pour fabriquer les soutiens-gorge et l’acier qu’ils exportent vers la France à vil prix. 

De fait, si notre projet industriel est de concurrencer la Chine et l’Inde sur le textile et les rouleaux de métal, il faudra aussi penser à ramener nos salaires et nos conditions de travail aux niveaux chinois ou indiens [A Florange, A. Filippetti veille au grain (de loin) et les salariés d'ArcelorMittal sont attentifs]. Remarquez, ce sera tout bénef pour les fabricants allemands et japonais de machines-outils auprès desquels il nous faudra bien nous équiper… [La solidarité des travailleurs de l'internationale socialiste n'est plus ce qu'elle était aux beaux jours]

Mais Arnaud Montebourg s’intéresse aussi au tertiaire, même si ça clashe un peu avec l’intitulé de son ministère. Il entend désormais "rapatrier" les centres d’appels des sociétés françaises installés en Afrique du Nord ou à Madagascar [un état en grande pauvreté qui, en 1972, a choisi le socialisme]au motif que ça créerait des emplois (un bon 30.000, entend-on dire ici et là mais personne ne sait vraiment). 

Bon, c’est normal qu’il s’intéresse à ce genre de choses parce que c’est exactement la même approche que pour l’industrie: concurrençons les pays à bas salaires [le Maghreb] sur des postes peu qualifiés et la prospérité reviendra! Mais le hic (oui, il y a encore un hic), c’est que les centres d’appels [délocalisés] sont exactement le genre d’endroits où aboutissent les jeunes diplômés [tunisiens et sénégalais] qui n’ont pas été pris chez McDo pour parachever leur déclassement social. [Au diable les jeunes diplômés de France ?]

Abonnés au SMIC, forcés de travailler le dimanche et le soir [comme l'épicier arabe du coin: la honte !] parce que le principe de la hotline, c’est précisément de fonctionner à plein régime sur ces périodes, ils pourraient mettre leurs masters en psycho, socio et autres "sciences de la communication" [des filières signalées aux lycéens kamikazes comme des impasses ] au service des abonnés à Free (lesquels feraient tout de même un peu la gueule parce que le prix de l’assistance téléphonique aura augmenté dans la foulée). 

Pour autant, l'ami [camarade?] Montebourg, il faudra encore qu’il explique à Pascal Canfin, son collègue chargé de l'aide au développement [et ex- chargé de mission à la CFDT et militant altermondialiste d'Europe Ecologie-les Verts], en quoi cette initiative est une bonne chose pour les pays du Maghreb, dont les avantages comparatifs autorisant un décollage économique à l’asiatique sont précisément d’être francophones [?], de travailler le dimanche et à des horaires différents de la France pour des raisons culturelles, de disposer d’une main d’œuvre abondante et bon marché [mais motivée, compte-tenu du niveau de vie local]. [L'eurodéputé Canfin initia la création de l'ONG Finance Watch avec Philippe Meirieu, et était  membre suppléant de la commission du marché intérieur et de la protection des consommateurs et de la délégation pour les relations avec la République populaire de Chine]

Des milliers de licenciements en Tunisie et au Maroc et l’interdiction absolue pour ces pays d’apprendre à pêcher au lieu d’être gavés de poissons conditionnés en France (ok, c'est une image), ça ça serait un joli coup de pouce de la gauche aux révolutions arabes… [Et à Moncef Marzouki, hostile à "la vieille gauche tunisienne,laïcarde et ... francophone" ou au chef du gouvernement du Maroc d'origine de Najat Vallaud-Belkacem, Abdel-Ilah Benkiran,   secrétaire général  du Parti de la justice et du développementislamiste].

Lu dans
Slate 

Le Tiers-mondisme a la vie dure.