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jeudi 16 avril 2020

Le mystère des vraies motivations du "déconfinement progressif"

Les raisons floues de la réouverture des écoles interpellent

"Le premier critère est d’abord social", a susurré le ministre de l’Education nationale

DÉCONFINEMENT PROGRESSIF ! - Blagues et les meilleures images drôles!
La Science a parlé...
(à moins que ce ne soit l'Economie !)
Les élèves en difficulté et les décrocheurs pourraient reprendre en premier,  a laissé entendre Blanquer, sans crainte de stigmatisation des cancres.

Lundi soir, Emmanuel Macron a annoncé la prolongation du confinement jusqu’au 11 mai et évoqué un déconfinement progressif après cette date, avec notamment la réouverture des écoles et la reprise de certaines activités économiques. Un lien qui n'a pas manqué de sauter aux yeux des moins éveillés...
En évoquant la possibilité pour le plus grand nombre "de retourner travailler, redémarrer notre industrie, nos commerces et nos services", sans donner plus de détails, il n'a échappé à personne que l'intérêt des enfants n'est pas sa priorité: à la préservation de leur santé, l'ex-banquier a préféré la reprise de l'économie. Des enjeux qui soulèvent de nombreuses questions, dont celle des enfants, porteurs asymptomatiques du virus et potentiels dangers pour la communauté éducative mais aussi pour la cellule familiale dans le cas où ils rapporteraient le CoVid 19 à la maison.

"Le président de la République a demandé au gouvernement de préparer un plan complet de sortie, un plan d’ensemble, j’aurai l’occasion de le présenter quand il sera prêt, largement avant la date du 11 mai, a déclaré le premier ministre lors de la séance des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale. Mais il doit être travaillé en consultation avec beaucoup d’acteurs pour être véritablement à la hauteur des enjeux." C'est-à-dire que Macron a pris cette décision avant consultation des parties.
Et de détailler : "Il appartient au gouvernement de mettre en place les instruments, les méthodes, la doctrine d’emploi, la coordination nécessaire, pour faire en sorte que ces objectifs rappelés par le président de la République soient atteints ; c’est ce à quoi nous nous employons."

Le chef du gouvernement a assuré que "vers le 11 mai, nous aurons su diminuer le nombre de malades en réanimation, nous aurons su permettre à l’hôpital de reprendre une forme de capacités face au stress inouï, face à l’intensité de la première vague à laquelle il a dû faire face".

La réouverture des écoles n'est pas un choix éducatif

C'est un choix "social" critiquable et critiqué.
Officiellement inspirée par la volonté de lutter contre le creusement des inégalités dû au confinement, la décision de rouvrir progressivement les écoles à partir du 11 mai est prise pour des raisons inavouables.

Cela pourrait se traduire "peut-être par une forme adaptée", dans un fonctionnement "différent" de la normale, selon l'énigmatique E. Philippe qui navigue à vue. L'Edouard prévient d'ailleurs qu’il ne veut "sur ce point rien annoncer de définitif". "Il y a un impératif [de retour à l’école] qui est réel; il ne peut pas se faire au prix de la santé, bien entendu," se défend-il. En clair, l'exécutif est conscient des risques. "Il doit être conjugué avec la nécessité de préserver la santé de nos concitoyens, de garantir le respect de règles sanitaires ", a-t-il dit, brandissant sa volonté d'éviter que les inégalités sociales ne se creusent. Le cadet de ses soucis, en fait, la réouverture "progressive" des établissements scolaires inquiète les enseignants, car la préoccupation de Macron est d'ordre économique.

Cette réouverture ne se fera "pas du jour au lendemain", avait également insisté le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, dans la matinée  sur France 2. "Le premier critère est d’abord social", a-t-il répété en écho à l'Edouard, laissant entendre que les élèves les plus en difficulté pourraient reprendre en premier. "Il faut sauver les élèves qui pourraient partir à la dérive du fait du confinement. C’est les publics les plus fragiles que j’ai d’abord en tête pour assurer ce service public." S'il parvient à leur mettre la main au collet, leurs parents opératrices ou maçons pourront relancer la machine économique.

Les faux-semblants ne supportent pas d'avancer en gros sabots
Au cours des dernières semaines, Blanquer avait en effet commencé à préparer les esprits. Depuis, la presse nous serine avec la crainte que la fermeture des écoles depuis le 16 mars creuse les inégalités scolaires et accentuant le décrochage de certains jeunes, notamment des filières professionnelles. Logiquement, les premiers a bénéficier de la sollicitude du gouvernement devraient donc être les lycées professionnels... Sur tous les tons, la presse institutionnelle cite les propos du ministre : "les dégâts sociaux et humains" du confinement "peuvent être très importants", a reconnu le ministre mardi: "importants, mot creux, en dit long à lui seul sur la conviction du pouvoir.
Pour préparer la reprise, qui passera "forcément par de très grands aménagements", Jean-Michel Blanquer a annoncé des consultations de deux semaines avec les organisations syndicales, lycéennes, ou fédérations de parents.

Plus vite les enfants seront de retour dans les écoles, plus vite l'économie repartira

Bien qu’encore exclu du déconfinement, le secteur du tourisme, se prépare à une reprise d’activité pour cet été, annonce "en même temps" le gouvernement. Durement frappé par la crise sanitaire, il est déjà bénéficiaire d’un plan de soutien, car son déconfinement nécessitera une adaptation, notamment au plan sanitaire.
"Il est compliqué à ce stade de donner un horizon matérialisé par une date précise" ou "d’apporter des réponses précises et arbitrées" sur la reprise d’activité du secteur touristique, a déclaré mardi à la presse lors d’une conférence téléphonique le secrétaire d’Etat aux affaires étrangères, Jean-Baptiste Lemoyne qui, comme les autres membres du gouvernement, parle pour ne rien dire.

Il est clair en revanche que "chaque jour de confinement aggrave les finances publiques".
Du côté du ministère de l’Economie, Bruno Le Maire a toutefois réussi à estimer  à 8 % le recul du produit intérieur brut français en 2020. "Nous aurons une prévision de croissance qui sera fixée à – 8 % pour le projet de loi finance rectificative", qui sera présenté mercredi en conseil des ministres, a-t-il déclaré sur RMC-BFM-TV.

En conséquence, le ministre des comptes publics, Gérald Darmanin, a fait savoir, quant à lui,  que le déficit public se creuserait plus que prévu, à environ 9 % du PIB, tandis que la dette augmentera à 115 % du PIB. Mais en septembre, il sera, lui, de retour à Tourcoing.

Il y a moins d’une semaine, les deux ministres n'étaient pas mécontents de faire supporter par le virus l'entière responsabilité de prévisions historiquement mauvaises pour l’économie française cette année. Ils prévoyaient une "contraction" (!) du PIB de 6 %, un déficit public de 7,6 % et une dette de 112 %.

Ces mauvaises prévisions avaient déjà poussé le gouvernement à doubler son plan d’urgence, à 100 milliards d’euros, pour soutenir les entreprises et les salariés. Ce plan est désormais encore relevé, avec notamment une augmentation du budget consacré au chômage partiel, estimé à 24 milliards d’euros contre 20 milliards précédemment.
Le fonds de solidarité destiné aux très petites entreprises et aux indépendants est, lui, doté d’un milliard d’euros supplémentaire, soit 7 milliards au total.

Au-delà du maintien des 1.500 euros pour les entreprises ayant une chute de plus de 50 % de leur chiffre d’affaires, le "deuxième étage" du dispositif "va être porté de 2.000 à 5.000 euros" pour les entreprises menacées de faillite, a déclaré Bruno Le Maire. "On n’est pas arrivé à la fin de cette crise du Covid-19. Les chiffres que je vous donne et que donne le ministre de l’économie, sont indicatifs", a toutefois précisé Gérard Darmanin. Quand Bercy et les assureurs travaillent à un régime d’assurance pandémie, le retour des décrocheurs à l'école est clairement le cadet de leurs soucis.

L’horizon du 11 mai pour entamer un déconfinement progressif est une date à "conquérir", a de son côté déclaré le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, sur France Inter, rappelant aux Français la "discipline" qui doit prévaloir dans le respect du confinement.
"Le 11 mai est une date d’objectif. Ce qu’a annoncé le président de la République hier, ce n’est pas le déconfinement le 11 mai, c’est le confinement jusqu’au 11 mai." La profondeur de cette brève de comptoir nuancée peut échapper au plus grand nombre mais, en cas de difficulté persistante, on peut faire appel au décryptage de la pensée castanerienne par Sibeth Ndiaye...

Le ministre des tireurs de LBD 40 met les Français en joue

"Il est nécessaire de ne pas se projeter en disant le 12 mai, c’est le mois de mai et nous faisons ce qu’il nous plaît, eh bien non, il faudra continuer à se battre", a poursuivi le noctambule.

Depuis leur mise en place à la mi-mars, 11,8 millions de contrôles ont été réalisés par les forces de l’ordre et 704.000 infractions ont été constatées, partout en France s'est félicité C. Castaner qui a même prétendu que "peu" d’abus générés par ces contrôles lui avaient été signalés. Clairement, tous les excès ne lui remontent pas...

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, s’est dit confiant mardi matin concernant "la multiplication des pains points de dépistage" à partir du 11 mai. Mais seules y auront accès les personnes présentant les symptômes du Covid-19. Interrogé sur RTL, le sauveur de la Santé a souhaité "qu’on innove, qu’on mobilise toutes les bonnes volontés, toutes les forces vives de la nation", qu’il y ait des tests " dans les hôpitaux, les laboratoires - quel que ce soit leur statut", y compris ceux consacrés "à la recherche". A chaque fois que des kits de dépistage seront disponibles. 
Véran a dit aussi vouloir "s’appuyer sur les collectivités", lesquelles ne l'ont d'ailleurs pas attendu pour prendre les devants. Nombre d'entre elles ont dégagé des millions pour l'achat de masques et de tests. Elles ont décidé de "mettre en place des équipes mobiles, des "drive tests", procéder à partir des pharmacies, d’officines volontaires".

Le ministre continue de se projeter dans l'avenir: "On  - c'est qui : Macron ou les collectivités ? - a fait à peu près aujourd’hui 150.000 tests et au-delà par semaine; nous sommes en train d’aller vers les 200.000 tests par semaine" [à quelle échéance?], avec "l’objectif d’être capable de tester" actuellement "dans les Ehpad, les publics les plus fragiles, les malades hospitalisés, les soignants", a-t-il promis.

Quant à l’isolement des personnes testées positives au Covid19, Olivier Véran a déclaré que "toutes les possibilités [sont] à l’étude », notamment une éventuelle réquisition d’hôtels. Une éventualité est une piste mais non une réalité..

Les décisions de Macron étaient attendues lundi soir par 36,7 millions de téléspectateurs sur les onze chaînes qui la diffusaient, selon des données de Médiamétrie publiées mardi matin. 
L'angoisse des Français va donc grandissante : le 16 mars, 35,4 millions de spectateurs avaient espéré des mesures concrètes et précises lors de la précédente allocution et non des yeux de merlan frit, des intonations de prêtre en chair, des petits poings serrés. Le confinement aidant, l'inquiétude a conduit la quasi-totalité (94,4 %) des Français à se rassembler devant leur téléviseur entre 20h02 et 20h27. La presse n'a pas hésité à assurer que les Français voulaient entendre la parole du petit père de la patrie, de même que l'Elysée avait twitté que les soignants du CHU-Bicêtre avaient applaudi Macron, quand la vérité veut qu'ils se soient applaudis entre eux. 

Les décrypteurs de cette presse dévote n'ont pas capté que l'audience des allocutions présidentielles est inversement proportionnelle au niveau de confiance et de sérénité des Français. 
Le précédent "record d’audience" pour une déclaration officielle remonte à la fin de 2018 : 23 millions de téléspectateurs pour une allocution du président en pleine crise des "Gilets jaunes".

vendredi 16 février 2018

Patrick Cohen , fossoyeur d'Europe 1 ?

Patrick Cohen était-il missionné pour nuire à cette radio privée ?

"Je me sens responsable d’un éven­tuel échec sur Europe 1" 

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Confronté à la baisse des audiences de la station privée qui l'a recueilli après sa démission de France Inter, où il occupait la tranche horaire du 7/9 avec pour mission d'en "améliorer encore la vivacité et la réactivité", le présentateur d’Europe 1 s'interroge sur son avenir à la radio et répond sans détour. Car, dans 'C à vous' sur France 5, où il est chroniqueur, l'émission présentée par Anne-Élisabeth Lemoine fait de bonnes audiences. Mais, comme présentateur sur Europe 1 depuis la rentrée, l’audience n’est encore pas au rendez-vous, bien qu'il y ait retrouvé un 7/9h30.
 
Patrick Cohen est écouté par 3.000 personnes...

Il assure évidemment que l’intensité du plaisir qu'il a à faire ce métier à la radio ne dépend pas du nombre d'auditeurs, mais combien est-il payé pour fédérer aussi peu ? 
A votre arrivée sur Europe 1, vous avez expliqué avoir les mains libres. Cela vous rend-il plus responsable de la baisse des audiences? 
Oui, je me sens responsable d’un éventuel échec, mais aussi d’un éventuel succès si tout se passe, comme je l’espère, bien (sourire las).

Comment vivez-vous avec cette pression sur les épaules? 
Je n’ai jamais caché que c’était un pari. Certains ont voulu présenter mon transfert comme une sorte de parachutage doré. Or, il est évident qu’il y a surtout une prise de risques [laquelle ?], un challenge à relever [lequel] qui m’intéressait. Pour l’instant, ce n’est pas encore gagné, mais on travaille.
 
Ce retard à l’allumage, vous êtes en train de le corriger? 
La radio est une alchimie complexe. C’est une incarnation, une ambiance, une relation de confiance… Tout cela est long à construire. En renouvelant la grille, on a pu dérouter des auditeurs réguliers et faire quelques mauvais choix. J’ai peut-être reproduit ici mes réflexes d’"anchorman" [présentateur, tout bêtement, en français] de France Inter, en étant un peu trop en retrait. 
Nos réajustements de début janvier nous dynamisent. Je suis plus présent à l’antenne, notamment en présentant le journal de 8 heures. Et dans la préparation de la matinale avec cette rédaction de grande qualité, comme à l’antenne, je prends énormément de plaisir ! 

Ce lien de confiance, vous l’aviez avec les auditeurs de France Inter. Surpris que vos "fans" ne vous aient pas suivi sur Europe 1? 
L’identité des radios est plus forte que l’identité de leurs animateurs. Les auditeurs sont avant tout attachés à France Inter. Donc, avant d’être séduit par Patrick Cohen sur Europe 1, il faut être déçu par France Inter. Et quitter la radio à laquelle on est fidèle pour une que l’on connaît moins est très difficile.

Heureusement il y a 'C à vous', où les audiences sont au top sur France 5 et où vous n’avez pas de pression… Je vous interdis de dire qu’il n’y a pas de pression! La production et l’équipe autour de la table se la mettent tous les jours pour offrir les plus beaux plateaux et être au cœur de l’actualité. De 19 à 20 heures, nous sommes de loin le premier talk-show en audience. Ce qui est une vraie fierté pour toute l’équipe. 

A-t-on plus de chance de vous retrouver [comme rigolo] sur France 5 que [comme présentateur] sur Europe 1 en septembre? 
Ma volonté est d’être encore sur ces deux media à la rentrée. Ne pas me projeter vers la réussite du projet Europe 1 n’aurait pas de sens. On travaille, chaque jour dans le moindre détail pour enrichir et offrir la meilleure des matinales.

La personnalité du journaliste pose problème, pourquoi ne pas le dire ?

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Certes, la veulerie de son apparence physique devrait passer mieux à la radio ! Mais, thuriféraire de tous les pouvoirs de gauche, il a fini par se faire repérer, notamment en sortant de sa zone de confort sur Radio France. 

En mars 2013, au cours de l'émission ...C à Vous sur France 5, Cohen provoque une polémique lors d'un débat avec Frédéric Taddeï, entre journalistes de gauche. Il reproche en effet à l'animateur de Ce soir (ou jamais !) de donner la parole à ceux qu'il considère comme des "cerveaux malades", citant au passage quatre noms : Tariq Ramadan, Dieudonné, Alain Soral et Marc-Édouard Nabe. Son ostracisme inspire alors à Daniel Schneidermann dit même, traduisant la pensée de Patrick Cohen, qu' "ils ont contrevenu à un dogme" et analysant cette "liste noire", il juge que : "Se priver d’invités intéressants parce qu’on n’est pas d’accord avec eux est, pour un journaliste payé par le contribuable, une faute professionnelle. Et non seulement c’est indéfendable, mais c’est contre-productif." C'est, de son point de vue, passer à côté d'occasions de les combattre. Patrick Mandon, commentant la polémique, avance "le second métier de M. Cohen serait plutôt censeur des ondes officielles d’État"

L'association de critique des media Acrimed soulignera par la suite les contradictions et la "mauvaise foi" de Patrick Cohen, notamment lorsque celui-ci estime qu'il ne faut pas priver de parole Éric Zemmour car, selon Patrick Cohen, les téléspectateurs ne sont pas "des imbéciles" et sont "capables de faire la part des choses". Le sectaire avait viré, retenant la leçon de son totalitarisme précédent...

En décembre 2013, Dieudonné réagit au qualificatif de "cerveau malade" que Patrick Cohen lui avait décerné. L'humoriste antisémite commente : "Tu vois lui, si le vent tourne, je ne suis pas sûr qu'il ait le temps de faire ses valises. Moi, tu vois, quand je l'entends parler, Patrick Cohen, je me dis, tu vois, les chambres à gaz... Dommage !" Bien que l'écart de langage ait été suscité par une insulte, Radio France dépose aussitôt plainte, ces propos contribuant à l'extrême tension politique autour des activités de Dieudonné durant l'hiver 2013-2014.

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Le 10 mars 2015, pour montrer sa solidarité envers une autre ayatollah de la pensée dominante à France Inter, sa collègue Pascale Clark dont la carte de presse n'est pas renouvelée, dans un geste théâtral, Patrick Cohen déchire sa propre carte de presse en direct à l'antenne de France Inter, geste suscitant de nombreuses critiques et moqueriesTravaille-t-il depuis sans sa carte ?

Dans le direct de l'émission C à Vous du 13 mai 2015, Yann Moix déclare vouloir "crever l'abcès" face à Patrick Cohen : l'actuel chroniqueur azimuté d'On n'est pas couché, divertissement politique partisan sur France 2, reproche à Cohen d'avoir cherché à le faire licencier du Figaro où il était chroniqueur littéraire, par désaccord avec une chronique qu'il avait écrite. Moix déclare avoir pris connaissance d'un courriel, transféré par son rédacteur en chef et signé de Patrick Cohen, où cette demande de licenciement était explicite. Cohen se justifiant à l'antenne en réaffirmant son désaccord avec le contenu de la chronique, Moix déclare que le problème "n'est pas de dire ce qu'on pense mais de demander par derrière à ce qu'on vire quelqu'un" et que "la méthode qui consiste à dire devant tout le monde ce qu'on pense dans un journal est beaucoup plus acceptable". Patrick Cohen admet face à Yann Moix s'être adressé en privé au rédacteur en chef du Figaro, tout en niant avoir demandé un licenciement.


Au courant ou non des bassesses de ce fourbe, Cohen est grillé. 
Le public n'est pas "imbécile"... 

jeudi 21 juillet 2016

Question pour un champion: Ernotte s'est plantée en imposant Samuel Etienne

L'autoritaire nouvelle patronne de France Télévisions enregistre son premier échec

Succès d'audience de courte durée, suite à une erreur de jugement

Le "moderne" ne vaut pas l' "ancien"
Samuel Etienne n'avait pas le bon profil et les spécialistes de la télévision avaient prévenu la sotte Pédégère. Placé à la présentation de "Questions pour un champion" en février 2016, le journaliste reconverti à l'animation à son corps défendant, passé un bref effet de curiosité, n'a pas atteint l'objectif fixé par la direction de France 3.

Comme le soulignait ce dimanche le magazine média de LCI, l'audimat de l'émission est plutôt en baisse depuis l'éviction de Julien Lepers, son présentateur historique. 
Côté audiences, entre le 22 février et le 25 mai dernier, "Questions pour un champion" version Samuel Etienne affiche une moyenne de 1,38 million de téléspectateurs chaque jour selon Médiamétrie*, soit 11,0% du public de quatre ans et plus. Des scores en baisse par rapport à ceux de Julien Lepers, un an plus tôt. En effet, sur la même période, l'ancien animateur réunissait 83.000 téléspectateurs de plus (1,46 million) et affichait une part d'audience supérieure d'un demi-point.
Autre claque pour la chaîne publique: la moyenne d'âge des téléspectateurs n'a rajeuni que... d'un an et demi.
France 3 a également raté son pari sur la baisse de l'âge moyen du téléspectateur de "Questions pour un champion". Aujourd'hui, le fidèle du jeu de culture générale de Samuel Etienne a 67,7 ans quand celui de Julien Lepers était âgé de... 69,3 ans. Que Delphine Ernotte le veuille ou non, ses habitués restent des retraités.
En février sur Canal+, Samuel Etienne espérait pourtant faire rapidement mieux que son illustre prédécesseur:
"Ma mission est très claire: se rapprocher des bons scores [des programmes diffusés avant et après QPUC]. La chaîne me donne un an et demi. Moi, je me donne six mois. Si dans six mois, je n'ai pas réussi, pour moi, j'aurai en partie failli", prévenait-il.
Mais qu'est-il allé faire dans ce casse ?
Cinq mois plus tard, force est de constater que la patronne que Delphine Ernotte n'a pas rempli son contrat et que le journaliste reconverti dans l'animation d'un jeu télé n'est pas l'homme de la sitution. 
La preuve en images :

La désastreuse Delphine Ernotte n'aura plus qu'à réparer sa bourde
 en utilisant intelligemment les compétences
et en recasant Samuel Etienne (IEP de Paris, 45 ans) sur la chaîne d'information en continu du service public de France Télévisions qui émettra à la rentrée. 
En 1999, S. Etienne parti­cipa au lance­ment de i-télé, la chaîne info du groupe Canal+, où il présente le jour­nal télé­visé de la nuit. A partir du mois d'octobre 2004, il pris les commandes d'un maga­zine de débats d'idées, N'ayons pas peur des mots. Il devint au fil des ans une figure emblé­ma­tique de la chaîne.
En octobre 2006, le jour­na­liste rejoint l'équipe de Michel Deni­sot pour présen­ter le jour­nal de 18h45 dans l'émis­sion Le Grand jour­nal de Canal+ et paral­lè­le­ment présenta une émis­sion hebdo­ma­daire, Planète Société, sur la chaîne Planète. Il remplaça égale­ment Pascale Clark pour En Aparté et en 2007, il anima L'édition spéciale, émis­sion de diver­tis­se­ment. Mais après une saison, il annonça  son départ de l'émis­sion.

En 2008, il arriva sur France Télé­vi­sions après neuf passées dans le groupe Canal+
.

vendredi 15 avril 2016

'Dialogues Citoyens' de Hollande: réactions politiques sur Twitter

Hollande, "dans la nuée des critiques"

"Un bide": quelle est l'étendue de son flop d'audience ?

Seulement 3,4 millions de téléspectateurs ont assisté à l'intervention de François Hollande, jeudi soir sur France.
Une audience "mauvaise" pour le président de la République alors que l'horaire de l'émission, diffusée à partir de 20h05, devait avoir un effet positif. Le chef de l'État n'a pas bénéficié du pic d'audience du journal télévisé et a même perdu des téléspectateurs sur la session de 1h45, jusqu'à 21h45 et la coupure publicitaire.


"L'allocution de #Hollande ce soir visait la réconciliation avec les Français : c'est un bide !" @ericcoquerel #OVPL #OnVautMieuxQueCa

— Parti de Gauche (PG) (@LePG) 14 avril 2016


Car ses propos n'ont pas convaincu. A format comparable, François Hollande avait réalisé le 6 novembre 2014 un score plus de deux fois supérieur à celui de jeudi. Sur TF1,  le chef de l'État avait réussi à capter l'attention de 7,9 millions de personnes. Soit 29,8% de part d'audience, avec un pic à 9,8 millions, dans l'émission "En direct avec les Français".
Le 11 février 2016 encore, l'intervention en direct de François Hollande dans les journaux télévisés de TF1 et France 2 avait également fédéré près de 10 millions de Français (5,5 sur la Une, 4,5 sur la Deux).
Avec 14,3% du public devant sa télé, François Hollande a fait moins bien que la série policière "Falco", sur TF1 ( 4.405.000 téléspectateurs, 19,4%).

Hollande: "L'habileté n'est plus suffisante, le pays souffre trop"
Le fil conducteur de cette émission crépusculaire de Hollande voulait mettre en perspective la dernière année de son quinquennat. A défaut d'horizon, on a eu droit à un marathon d'explications qui ne parlent plus à personne, suite à la somme de ses renoncements et trahisons depuis 2012 sont une réalité qui, à un an de la prochaine présidentielle, a été le fil conducteur d'une émission crépusculaire. ce soir, on a bel et bien assisté à la fin du hollandisme.
Les membres du gouvernement volent en escadrille au secours de Hollande

La secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargée de l’Aide aux victimes n'a pas un mot pour... les Français:
Le ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports promet une année supplémentaire de chienlit, comme celle provoquée par la réforme Valls du droit du Travail, avec les 'Nuit Debout':
Une radio du service public a trouvé ce tweet introuvable sur la page de Jojo Pau-Langevin, ministre des Outre-mer...
Stéphane Le Foll assume tout...

Méthode Coué de la ministre de la Santé, Marisol Touraine, qui ne se soigne toujours pas:
Le 'frondeur' Laurent Baumel, député socialiste d'Indre-et-Loire, souligne en revanche que le 'capitaine de pédalo' rame:
Pour le Parti de gauche, Eric Coquerel, annonce la fin:

Trouve-t-on un seul un internaute ravi ?
Un autre souligne qu'il n'y a pas eu de "couac majeur à signaler" et qu'il s'agit d'une "prestation réussie".

Pourtant, la star de 'Dialogues de citoyens' sur France 2 n’a pas été François Hollande mais Léa Salamé, dont l’interjection "C’est une plaisanterie ?" fera date.
La journaliste réagissait à l'une des contre-vérités présidentielles, lorsque Hollande a évoqué sa politique migratoire et affirmé qu’il n’y a pas de différence avec celle d' Angela Merkel en Allemagne.

C’était néanmoins davantage François Hollande qui interrompait Léa Salamé: déchéance de nationalité, Loi El Khomri, NuitDebout… la passe d’armes entre les deux n’a pas manqué de tensions.

Ce qui est sûr, c'est que l'émission de Michel Field ne sort pas gagnante: avant qu'elle puisse faire ses premières armes, le nouveau patron de l'information sur France 2 l'avait pénalisée, en éliminant deux intervenants, un éleveur et une syndicaliste, à la demande de l'Elysée... Lien PaSiDupes



L'opposition montre peu d'intérêt pour ce fiasco

Le député Eric Ciotti, président du Département des Alpes Maritimes, secrétaire général adjoint Les Républicains, demande toutefois des comptes:



Humour vengeur aussi:

Hors Twitter (c'est possible!), Alain Juppé a réagi sur son blog:

François Hollande à la peine  

Publié le 14/04/2016 par Alain Juppé
J’ai regardé de bout en bout l’émission du Président de la République sur France 2 . C’était courageux de sa part de s’exposer ainsi, dans l’état de faiblesse politique où il se trouve.
A aucun moment il n’a su trouver, selon moi,  la réponse qui fait mouche. Je passe sur quelques affirmations approximatives, par exemple sur le chômage des jeunes. Pour l’essentiel, son argumentation consistait à donner des « informations » (c’est le terme qu’il a utilisé) sur son bilan et à constater que « la France allait mieux ». Or ses interlocuteurs étaient visiblement convaincus du contraire . Il est difficile d’être à ce point en décalage avec l’opinion de la grande majorité des Français.
F. Hollande n’a pas compris ce qu’attendait de lui la jeune femme chef d’entreprise : la volonté de faire sauter les freins à l’embauche qui dissuadent les entreprises, et surtout les PME, de recruter alors qu’elles auraient besoin de le faire. Et le principal de ces freins, c’est bien la rigidité des procédures de licenciement. Mais pour un Président qui se dit encore socialiste, c’est une révolution copernicienne.
Sur l’éducation, la seule mesure concrète dont il s’est prévalu, c’est la création de 60 000 postes d’enseignants supplémentaires. C’est de réformes structurelles que [dont, en français] notre système a besoin. Elles n’ont pas été faites (cf. Mes chemins pour l’école)
Sur la Syrie, je me suis senti en ligne avec son approche. Hélas! la France a perdu la main.
Le seul moment où « ça passait », c’était à l’extrême fin quand, le métier politique aidant, il a fait jouer la corde sensible.
Mais au total, ce qui se dégageait de ces deux heures d’émission pour le téléspectateur, c’était un profond sentiment de scepticisme.

samedi 16 août 2014

Rugby féminin : le XV de France s'incline en demi-finale face au Canada

Najat Vallaud-Belkacem échoue dans sa propagande féministe

Forcing médiatique sur commande
Dans les régimes totalitaires, le sport est vecteur d'idéologie. 
Or, l'actuelle ministre de la Jeunesse et des Sports qui est aussi celle des Droits des femmes était porte-parole du précédent gouvernement. Najat Vallaud-Belkacem a donc tout naturellement mélangé les genres et offert un mix de propagandes, fait prioritairement de promotion du féminisme et accessoirement du rugby. Le service public qui,  sans sourcillerdiffuse les éléments de langage du pouvoir depuis deux ans, était encore mobilisé et a accompli sa mission avec ses gros godillots habituels. 
Son critère était trivialement comptable, non seulement pour des raisons de recettes publicitaires, aubaine des gestionnaires insouciants de France Télévisions, mais aussi de militantisme basique en faveur des femmes dans le rugby, sport viril, réputé brutal mais surtout macho. Les chaînes publiques qui avaient reçu le privilège de la retransmission de l'événement, auraient rassemblé des foules d'admirateurs sortis de nulle part, notamment en demi-finale, comme lors des précédentes rencontres de la coupe du monde de rugby féminin. "Samedi soir, il y avait du monde devant la télé. Et surtout, derrière les Bleues!" lit-on ici ou là. "Au total, les Bleues ont réuni près de 2 millions d'amateurs d'Ovalie: le meilleur score d'audience de l'Histoire pour ce sport." 

Plus l'intox est énorme, moins elle passe de nos jours. 
Et L'Express dénonce le canular de Najat Vallaud-Belkacem, titrant "Non, le rugby féminin n'a pas battu des records d'audience" et ajoutant "Avec une demi-finale mercredi, la médiatisation du rugby féminin pourrait encore s'accroître avant de retomber dans l'oubli dès la fin de la compétition"... 
Et de citer Daniel Bilalian, directeur des sports du groupe France Télévisions, qui plaque au sol les prétentions de la nouvelle ministre: "Ce succès ne tombe pas de l'armoire. Cela fait plusieurs années que France 4 investit dans le sport féminin, dont certaines disciplines, comme le rugby - hier en devenir - commencent à trouver un large public. Le partenariat avec la Fédération française de rugby et l'International Rugby Board (IRB) porte ses fruits." La ministre socialiste aurait-elle ainsi tenté de profiter d'une dynamique qui ne lui doit rien?

Mais, selon les godillots de la presse, le groupe France Télévisions aurait créé la surprise -sur décision gouvernementale- avec France 4, devenue, le temps d'un soir, la quatrième chaîne de l'Hexagone, grâce à la coupe du monde de rugby féminin, dépassant M6, mais loin, très loin derrière TF1 et France 2 qui réalisent tous deux de très bons scores d'audiences avec leurs jeux télévisés, dont Fort Boyard pour France 2 qui n'avait pas pris le risque de livrer des filles hommasses aux sarcasmes des beaufs du début de soirée.

Les Bleuettes ont fait illusion, comme les Bleus du Mondial de foot

Le football américain a
d'autres atouts...
Leurs homologues masculins du ballon rond ont rêvé aussi longtemps qu'ils n'ont eu qu'à affronter des petites équipes d'un groupe peu relevé et se sont effondrés face à la première grande équipe. Pour leur troisième match de coupe du monde, samedi soir à la maison (Marcoussis, dans l'Essonne), les féminines du  XV de France ont battu 17-3 l'Australie, nation où les hommes occupent tout l'espace rugbystique. Toujours devant leur public au Stade Jean Bouin, à Paris, nos joueuses ont perdu leur demi-finale de Coupe du Monde de rugby face à une équipe du Canada particulièrement déterminée, mais à laquelle les hommes ne font aucune ombre.

Vallaud-Belkacem a profité au maximum d'atouts exceptionnels
La Lingerie Football League,
rebaptisée Legends Football League,
est un championnat parallèle de
 football américain féminin
... en petite tenue.
Le patron des sports de France TV a expliqué ce succès relatif d'audience. "Cette Coupe du monde est organisée pendant une période bien choisie: le Mondial de football et le Tour de France sont terminés. Donc les amateurs de sports sont disponibles. De plus, sur le plan sportif, la pratique du rugby féminin, basée sur des passes, du mouvement, est attrayant".


samedi 13 juillet 2013

14 Juillet 2013 plombé par l'inefficacité d'un pouvoir socialiste impopulaire

Hollande parle d'or et réprime ferme

Le président de la République ne change rien au traditionnel entretien télévisé depuis l'Élysée
 dimanche
mais qui va l'écouter?

"Rien que du très classique, assure Le Figaro. Après avoir cherché à innover, François Hollande revient aux fondamentaux.Le Parisien, en revanche, fait discrètement allusion à un revirement: "François Hollande accordera 'finalement" un entretien à TF1 et France 2, dimanche 14 juillet, à 13 heures, en direct" et évoque "une question restée en suspens jusqu'à mercredi."  
Mais le quotidien détourne en fait l'attention sur une valse d'hésitations du président. Il se serait rendu aux raisons de ses conseillers qui auraient "insisté pour qu'il renoue avec l'ancienne tradition républicaine de l'interview et ne laisse pas le dernier mot avant l'été à Nicolas Sarkozy." Rien d'étonnant à ce qu'après son élection l'année dernière, Hollande ait décidé de renouer avec cette tradition, puisque Nicolas Sarkozy l'avait abandonnée durant son quinquennat: faute de réflexion et de préparation, la politique du socialiste était déjà dirigée par la volonté de faire le contraire de son prédécesseur. 
Mais si François Hollande avait en revanche hésité à renouveler l'opération cette année, c'est qu'à la mi-juin, il s'était invité sur M6 dans l'émission "Capital" et qu'il avait fait un flop d'audience avec moins de 2,5 millions de téléspectateurs. Dès lors, pourquoi parler à nouveau alors qu'il n'avait rien de plus à ajouter?Dans la suite des échecs de Hollande, celui-là est mineur et n'a pas découragé l'Élysée, où l'on veut toujours croire que François Hollande est le seul à pouvoir être entendu des Français. Prévu pour durer trente minutes, l'entretien sera conduit dimanche par Claire Chazal (TF1) et Laurent Delahousse (France 2).

Enfumage d'un reniement de plus
Hollande s'attend à un nouvel échec, alors on le déclare "dubitatif sur l'intérêt de l'exercice", mais il n'a pas résisté à la volupté du paraître. "Je vais être interrogé sur tout", a-t-il craint toutefois. Les questions sur ses arbitrages au faciès: l'éviction de Delphine Batho du gouvernement, mais le maintien de Montebourg, les fractures suscitées par les réformes des retraites et du mariage en faveur des homosexuels (lien sur l'opposition au sein du PS), la montée du chômage mais la baisse du pouvoir d'achat, ou encore la montée du FN mais la baisse du taux du Livret A, la surfiscalisation des contribuables mais la dégradation de la France par l'agence de notation Fitch ou la répression à la fois policière et judiciaire et le retour annoncé de l'ancien président Nicolas Sarkozy. 
En trente minutes ! Le changement, c'est que "plus c'est court, plus c'est bon" !  En français, "plus c'est court, meilleur c'est !" mais vous n'êtes pas obligé de le croire...

D'autres formules ont été évoquées, mais il s'est finalement rallié à l'idée qu'il devait parler directement. "Ne pas parler dimanche, ça se verrait presque davantage que de parler", a ainsi résumé un conseiller du palais de l'Elysée. François Hollande est pris au piège par le système et par l'obligation de rendre des comptes: il doit s'exprimer même s'il n'a rien de nouveau à dire et bien qu'il n'ait d'autre solution que d'afficher "cohérence", détermination" et "confiance". 
La pégagogie anesthésiante a démontré ses limites. Lui suffira-t-il de se justifier, de faire des constats ponctués de "il y a..." et d'aligner  en batterie de belles intentions marquées de "il faut"? Comment pourrait-il continuer à mettre en cause le quiquennat précédent, alors qu'après un an de pouvoir sans partage les chiffres tombent, toujours plus accablants ?   

Hollande se cherche toujours

Le chef d'Etat néophyte s'était livré à cet exercice l'an passé à l'Hôtel de la Marine place de la Concorde, en guise de changement. Dans l'idéologie et le symbole, le président socialiste voulut sortir de son palais, se rapprocher du peuple, démocratiser la fonction.  Mais l'impopularité de ses mesures politiques l'envoie dans les cordes, le renvoient dans ses murs. Cette année, il réintègre l'Elysée la queue basse, contrairement à un engagement de campagne. 

Tous les commentaires des suppôts médiatiques de la majorité présidentielle tentent d'occulter ses engagements, dont celui du 14 juillet 2012, quand il avait expliqué son choix de s'exprimer dans un autre lieu que le palais présidentiel pour garantir "la plus grande liberté et la plus grande indépendance" à son entretien.  Billevesée !

Le changement au rétroviseur

"La question n'est pas de savoir si c'est une bonne idée de parler, c'est une nécessité, c'est une tradition", insiste son compagnon de route et conseiller, le maire de Quimper Bernard Poignant. "Le 14 Juillet, c'est le jour où il faut marquer la solennité de la fonction. Ce jour-là, ce qui est solennel, c'est ce qui est normal", insiste-t-il.

Souvent chef d'État socialiste varie

Il parlera donc encore, et  de l'Élysée. Après avoir snobbé les symboles du pouvoir, Hollande veut s'essayer devant les Français à montrer qu'il incarne bien la fonction. "De plus en plus de gens lui disaient qu'il n'était pas nécessaire d'aller ailleurs qu'à l'Élysée", rétropédale Bernard Poignant. Ces gens-là, qui sont-ils?

Les anonymes ont la parole
"Si on avait un message commun, on pourrait le marteler ", grince un ministre en constatant l'absence de coordination.

Le message est-il tout dans le décor ? 

Parachutiste blessé
au premier 14 juillet de Hollande
Les monologues des conférences de presse à l'Élysée réussisent-ils mieux que les entretiens télévisés, trop confus. Le problème de communication de l'exécutif n'est toujours pas résolu. Malgré une équipe renforcée de conseillers en communication, ou  à cause d'effectifs en surnombre, la boîte à couacs est béante. Dernier exemple en date, l'échange entre le nouveau ministre de l'Écologie, Philippe Martin, et celui du Redressement productif, Arnaud Montebourg, sur les gaz de schiste. Ce dernier rompt la solidarité gouvernementale -qui a valu à la petite Batho d'aller mouiller plus loin- et insiste sur la nécessité de trouver une technique d'extraction écologique, alors que l'âne Martin et le sombre Ayrault s'accrochent toujours à la bouée du maintien de l'interdiction totale de l'exploitation des gaz de schiste.

Dimanche, le chef de l'État devrait étaler son aveuglement



C'est d'abord sa conviction que l'inversion de la courbe du chômage est possible, alors que personne n'y croit plus, même dans son propre camp. "Avec les emplois aidés, on peut y arriver. Mais cela ne résout pas la question de l'orientation politique", soupire un député qui préconise sans doute un "emploi aidé" pour le chômeur de l'Elysée. 


Bien fol est qui s'y fie: la garde rapprochée du chef de l'État fait bloc.
 
Et c'est bien le problème. "Changer de cap serait une erreur", a expliqué, au Monde, le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll. Et ce fin politicien du verbe d'ajouter: "Notre discours, lui, doit changer. Nous devons désormais beaucoup plus positiver et valoriser ce que nous avons fait." 
Au PS, on s'inquiète que son premier cercle incite François Hollande à suivre sa pente naturelle qui le porte à l'indécision et à l'espérance. La situation est jugée socialement alarmante par certains et réclamerait un changement de ligne, mais Hollande croit en sa bonne étoile, se replie sur lui-même, s'isole et se coupe des réalités. Il attend que la croissance revienne aux USA et de tirer les marrons du feu.

L'orgueilleux président de la République écoute intellectuels et élus, mais se bute

Ni Bruxelles, ni les marchés n'acceptent cet attentisme. Les Français s'impatientent et condamnent cette passivité béate. Le discours de l'exécutif ne passe toujours pas auprès de l'opinion. 

Après un léger sursaut, la cote de popularité du chef de l'État est retombée au plus bas. A 30 %, moins trois points dans l'IFOP. Et selon l'institut BVA, François Hollande n'est jugé capable de prendre les bonnes décisions que par  30 % des Français. "Le cap est difficile, alors pour beaucoup de Français il n'est pas agréable à leurs oreilles", relativise Bernard Poignant.

Après l'épreuve sado-maso de l'entretien de dimanche, François Hollande recevra à déjeuner quelques personnalités, comme le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, ou le président malien par intérim Dioncounda Traoré, puis ira oublier à Boulogne-sur-Mer (PS), à l'occasion de la Fête du pédalo   de la mer.