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vendredi 15 avril 2011

Conflit d'intérêts : un socialiste, Malek Boutih, défend un patron

Ce partisan de F. Hollande vole au secours de son employeur, Skyrock

Boutih use de sa position de membre du Bureau national du PS
pour soutenir le PDG de Skyrock, Pierre Bellanger, depuis l'annonce surprise de l’éviction du fondateur et de la mise en vente prochaine de la radio rap, ainsi que le déclenchement du mouvement du personnel.

Bien que Skyrock soit une station commerciale privée, 1ère radio des 15-25 ans, les animateurs de cette « radio de la libre expression de la jeunesse populaire/ », selon eux, ont demandé aux auditeurs de se mobiliser en interpellant le gouvernement via le site du Ministère de la Culture.
« S'ils nous enlèvent ça, ça va devenir très compliqué pour les rappeurs et la culture en général (…) Si aujourd'hui les gens se permettent de plus ou moins saboter le travail fait depuis plusieurs années, c'est aussi saboter toute une génération. » a ajouté Sinik, fils d'une mère française et d'un père algérien ( Kabyle ), admirateur de Kool Shen (co-fondateur de NTM, Nique Ta Mère), et rappeur d'origine portugaise en perte d'audience.

Le nouveau patron, Marc Laufer, 46 ans, nommé par le conseil d’administration, s'est vu interdire l'accès de la radio par un barrage mercredi. Soupçonné de vouloir réduire les coûts et licencier, il a pourtant assuré qu' « à mon sens, le problème de Skyrock, qui a des résultats plus faibles en 2010 qu’en 2009 n’est pas une question de charges et de masse salariale mais de développement commercial et d’actions à mener. »
Il est l'ancien directeur général (numéro 2) de la station et un ancien du groupe NRJ et de NextRadio TV (RMC et BFM TV). Il avait auparavant exercé pendant dix ans différentes fonctions au sein du groupe NRJ, dont celle de directeur général de Radio Nostalgie.

Pierre Bellanger, l'ex-PDG de Skyrock, est le fils de proches du président François Mitterrand depuis la Résistance, Christine Arnothy et Claude Bellanger, lequel est co-fondateur du Parisien Libéré, après avoir été secrétaire général administratif de la >Ligue de l'Enseignement >(1886, en temps de libéralisation politique du Second Empire), en même temps que celui de directeur de l'Action laïque (CNAL).
  • La Ligue de l'Enseignement est clairement un bras militant de la gauche laïque, aidée par la FCPE (Fédération nationale des conseils de parents d’élèves des écoles publiques, socialo-communiste). Son actuel président, Me Jean-Michel Ducomte, soutint le Front de Gauche aux élections régionales françaises de 2010.
  • Le Comité national d'action laïque (CNAL) fondé en 1953, alors que le radical-socialiste Maurice Bourgès-Maunoury était ministre des Finances, a pour but la défense et la promotion de l'Ecole publique et de la laïcité. Il est constitué de 5 éléments :
    les Délégués départementaux de l'Éducation nationale (DDEN) ;
    la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE) ;
    la Ligue de l'enseignement ;
    le Syndicat des enseignants (SE-UNSA, anciennement SNI-PEGC);
    la Fédération UNSA éducation (anciennement FEN) qui héberge le CNAL dans ses locaux.


    Ainsi comprend-on sans doute mieux cette mobilisation de la nébuleuse socialiste pour maintenir l'un des siens à son poste.
  • En 2003, avec les mêmes, Abdelmalek Boutih est allé soutenir l'Initiative de Genève, plan de paix alternatif prévoyant la création d'un État palestinien au côté d'Israël.
    L'ancien ministre socialiste de la Culture Jack Lang exprimait sa joie d'être présent pour ce « moment de l'histoire. » Le philosophe Bernard-Henri Lévy expliqua que « si le plan n'a qu'un seul mérite, c'est celui d'obliger les gens à se positionner en faveur ou contre la paix.» Et Malek Boutih, ancien porte-parole de SOS-Racisme, de préciser que « cette journée est un pavé dans la mare ».

    Depuis bientôt trois jours, Skyrock vit un peu sa "révolution de jasmin". Lien Le Figaro

    Mercredi matin, ils étaient réunis devant les studios pour défendre les animateurs de cette radio
    , née en mars 1986.
    On peut comprendre que les animateurs se mobilisent, mais déjà un peu moins qu'ils cherchent à entraîner le public derrière eux et encore moins que Boutih fasse pression.


    La 1ère chaîne des jeunes rappeurs
    animée par des quadras:
    Difool, ci-contre



    Invités de Malek Boutih, Hollande, Lang et Dominique Sopo sont venus.

    En 2007, éliminé au 1er tour des législatives en Charente, Boutih avait pourtant mis en cause «la responsabilité personnelle de François Hollande» qui (l)'«a envoyé au casse-pipe, comme on dit».
    Egalement présent, Hamon s'est encore exprimé le lendemain matin, au nom du Parti socialiste, et a même eu le droit à un "quiz Rap".

    La gauche politique a invité la droite.
    Pas sectaires, Laurent Wauquiez, Rama Yade et Benjamin Lancar étaient invités jeudi après-midi. "On veut montrer à Axa -actionnaire de la radio [via Nakama, la holding du groupe français Orbus] - qu'il n'a pas affaire à un conflit traditionnel. »

    La station est en effet prisée des jeunes et a toujours eu un rapport étroit à la politique, mais Skyrock était régulièrement taxée d'opportunisme dès les années 1990. En 2007, elle avait invité les trois principaux candidats d'alors à la présidentielle: Nicolas Sarkozy, François Bayrou et la battue, Désirdavenir Royal.

    Cumul des emplois réservés

    Malek Boutih, ex-vice-président de SOS Racisme (1985-1992) et membre du bureau national du PS, ne se vantait pas de ses liens personnels avec Skyrock, radio commerciale.
    Skyrock dispose d'un « atout de choix », selon L'Express: Malek Boutih. Depuis plusieurs années, l'élu PS occupe en effet la fonction de directeur des relations institutionnelles pour la radio. Il tient pourtant à mettre les choses au clair: "Ce sont des liens non partisans. Il n'y a aucune instrumentalisation. Même aux socialistes, je leur dis bien qu'ils ne viennent pas pour un combat droite/gauche."

    Malek Boutih exerce la fonction d'administrateur au sein du collège des personnalités qualifiées du PSG (Paris Saint-Germain)

    Toutes ces casquettes placent son action en situation de trafic d'influence et de conflit d'intérêts.

    samedi 21 août 2010

    Allocation de rentrée scolaire: des parents ne s'opposent pas aux bons d'achat

    La FCPE n'est pas représentative de la majorité des parents

    L 'A*P et Le Point ignorent une partie des parents d'élèves
    La majorité des parents d'élèves n'est pas consultée.
    L'idée du député UMP de l'Oise Edouard Courtial de remplacer l'allocation de rentrée scolaire par des bons, pour éviter que certaines familles l'utilisent à des achats d'écrans plats plutôt qu'aux fournitures scolaires ou aux vêtements des enfants scolarisés, comme le prévoit la loi, suscite de vives réactions de la part des intéressés qui ne sont pas nécessairement ceux qu'on croit ni pour des raisons avouables. La presse d'opposition s'est néanmpoins rangée du côté de l'illégalité en faisant barrage aux bons d'achat pour la rentrée scolaire et en encourageant les abus.

    L'opposition et la presse dite impertinente se sont rangés derrière la FCPE

    Les mères qui lisent Elle sont abusées
    « Même son de cloche [d'hostilité aux bons d'achat] du côté DES associations de parents d’élèves. « C'est du contrôle des achats. On ne fait pas ça aux riches, on ne demande pas à ceux qui ont des déductions fiscales ce qu'ils font de leur argent », a réagi, toujours sur RTL, Jean-Jacques Hazan, président de la FCPE ».

    La FCPE est en fortement ancrée à gauche

    Créée à la Libération par des enseignants - Henri Aigueperse, secrétaire général du SNI (Syndicat national des instituteurs) et d'Albert Bayet, président de la Ligue française de l'enseignement - elle reste dominée par des enseignants et liée à la galaxie d'organisations apparentées. Bien qu'elle s'en défende, la FCPE est en outre inféodée à la FSU, une fédération d'enseignants socialistes, communistes et trotskiste.

    Nadine Morano a les honneurs d'une citation exempte d'insolence! Etrangement, cette presse engagée monte en épingle les réserves de la secrétaire d'Etat à la Famille, sur les bons d'achat, au prétexte qu'ils coûteraient trop cher pour "quelques abus marginaux" constatés. Ainsi, le PS villipende-t-il le train de vie de l'Elysée et stigmatise-t-il les ministres qui ne roulent pas leurs cigarettes, mais les démagogues ne considèrent pas que les dépenses publiques doivent également être assainies.


    Défense de contrôler la destination de près de 30 millions d'euros

    Le problème n'est pas nouveau: lire PaSiDupes
    lien 2008
    lien 2010

    Les abus continuent en temps de crise
    Un contrôle rigoureux de l'usage libre de l'ARS confirmerait ce que les Français ont tous déploré aux caisses des supermarchés: à la différence des responsables de la FCPE, les contribuables aimeraient que l'ARS ne soit pas détournée de son objectif scolaire.
    Les parents qui s'inquiètent devant les micros de France Info (cf. PaSiDupes) que les associations sportives ou culturelles n'acceptent plus l'ARS sous la forme de bons d'achat découvrent le pot aux roses.
    Outre que l'ARS n'est pas destinée à faire doublon avec les activités sportives scolaires, l'allocation est visiblement détournée vers la nébuleuse FSU.
    Car la nébuleuse des associations de la FSU et du PS profitent indirectement de l'allocation, telle la Ligue de l'Enseignement.

    La fédération dominante de parents est-elle représentative ?

    Avec 300 000 adhérents, la presse qualifie la FCPE de première fédération, ce qui n'a aucun sens, car tout est relatif.

    En effet la FCPE n'est pas représentative de l'ensemble des parents d 'élèves
    , puisque tous les parents n'adhèrent pas à une fédération et qu'elle n'est pas non plus la seule fédération. La presse en découvrira d'ailleurs d'autres – la PEEP ou l'APEL - en fonction de la récupération ponctuelle qu'ils pourront en faire. Quand on ne méprise pas les minorités et qu'on revendique même leur représentation parlementaire, on n'omet d'ailleurs pas de citer toutes les 'fédérations', dont l'UNAAP
    Créée en 1968, l’UNAAPE regroupe près de 500 associations autonomes locales. Elle se défend d’être une fédération, mais revendique son statut "d’union pluraliste, indépendante de toute idéologie, de tout mouvement politique, syndical et religieux".

    Démonstration de l'intox médiatique: élections de janvier 2010

    Nombre de parents votants
    Premier degré : 4 417 347
    Second degré : 2 066 998
    Répartition des sièges
    - Premier degré
    listes de parents d’élèves non constituées en association : 56,47 % (- 0,03 %)
    FCPE : 18,92 % (- 0,34 %)
    listes d’associations locales non affiliées : 13,69 % (- 0,02 %)
    listes d’union : 6,43 % (+ 6,43 %)
    PEEP : 3,10 % (+ 0,44 %)
    UNAAPE (Union nationale des associations autonomes de parents d’élèves) : 1,39 % (+ 0,45 %)
    - Second degré
    FCPE : 50,68 % (+ 0,35 %)
    listes de parents d’élèves non constituées en association : 14,98 % (+ 0,50 %)
    listes d’associations locales non affiliées : 14,91 % (+ 0,31 %)
    PEEP : 11,50 % (- 0,99 %)
    UNAAPE : 1,82 % (- 0,08 %)
    Nota : Entre parenthèses, les variations par rapport aux élections 2008-2009.
    Taux de participation
    Premier degré : participation moyenne : 43,55 % (- 0,81%)
    Second degré : participation moyenne : 25,40 % (- 0,9%)
    Avec 50%, la FCPE ne représente guère que le quart des familles d'enfants scolarisés.
    Les adhérents sont-ils libres et conscients d'être manipulés ?
    Outre que les enseignants peuvent être accusés de "conflit d'intérêts", puisqu'ils distribuent eux-mêmes la littérature des fédérations pendant leurs cours et que leur propagande peut aisément orienter le vote final, l'identité des présidents successifs de la FCPE est révélatrice:
    Jean Cornec (pendant 24 ans, de 1956 à 1980), fils d'instituteurs syndicalistes du SNI (SNU-ipp), fut membre de la revue La Révolution prolétarienne et fort actif au Comité national d'action laïque (CNAL);
    Ses successeurs sont des enseignants:
    Jean Andrieu, instituteur;
    Jean-Pierre Mailles, militant UNSA éducation (ex-FEN), maître de conférence à Paris I;
    Georges Dupon-Lahitt (1997-2006), enseignant-chercheur, membre du CESR d'Aquitaine;
    Faride Hamana (2006-2008), professeur de sciences économiques et sociales dans l'enseignement agricole;

    Les convergences entre FCPE et enseignants FSU sont naturellement politiques
    La FCPE milite pour le grossissement des effectifs d'enseignants, l'ouverture ou le maintien de classes, ou pour le "service public" contre l'école privée, …) et défile systématiquement aux côtés de la FSU ou de RESF. Mais elle ne crée aucun problème à ce professeur qui, année après année, clame dans sa classe (exemple authentique) que les Rachid et autres Ahmed seront tous désormais pour lui des 'Mohamed' : il est syndiqué à la FSU...
    Mais la FCPE soutient l'élève agresseur contre la professeure victime: lien PaSiDupes

    Jean-Jacques Hazan (2008- ) est directeur de la restauration scolaire et, dans le XIIe arrondissement de Paris d'où il vient, le politiquement correct impose de 'restaurant scolaire' et non plus 'cantine'...
    En cas de grève, ni cours, ni ramassage scolaire, ni cantine, avec l'assentiment de la FCPE
    Le SNU-ipp perturbe l'évaluation scolaire dans le primaire: lien PaSiDupes
    La marque du SNU-ipp pèse sur les programmes scolaires: lien PaSIDupes
    La FSU, créatrice de psychoses: lien PaSiDupes
    Les crèches en grève, c'est la FSU: lien PaSiDupes

    La lutte des classes perdure

    Jean-Jacques Hazan considère que
    les contribuables n'ont pas à savoir où va leur argent et réagit à la proposition de substituer des bons d'achats à l'ARS trop souvent employée à des achats sans rapport aucun avec l'école: « C'est du contrôle des achats. On ne fait pas ça aux riches, on ne demande pas à ceux qui ont des déductions fiscales ce qu'ils font de leur argent ».

    Or, bien que cette rentrée scolaire ne doive pas coûter plus cher que l’an passé et qu'au pire, l’augmentation ne soit que minime, si l’on en croit les associations familiales, JJ Hazan s'indigne: "En plus, cette idée est assez malvenue alors que l'ARS n'a pas augmenté d'un centime. La gratuité d'enseignement est constitutionnelle : que les députés se mêlent de cela, c'est-à-dire de comment distribuer partout livres et fournitures, et que ce soit vraiment gratuit", a-t-il ajouté. "On voit avec ce député que la réflexion sociale et celle sur la gratuité de l'école n'existent plus. Il faut les remettre dans le débat", a polémiqué Jean-Jacques Hazan.
    Il faut donc rappeler que « les dépenses seront stables, selon les chiffres de l’Insee, les plus solides », souligne Dominique Marcilhacy, porte-parole de l’Union des familles en Europe.



    L'enjeu n'est pas seulement social

    Le social a bon dos
    On a compris que l'ARS fait l'objet d'une récupération politicienne grossière. Mais il faut mettre en évidence les retombées indirectes de cette allocation.

    Quelle est la part des 30 millions d'euros redistribuée aux associations satellites de la FSU ?
    La MAE, ou la mutualité rose
    « Versée par le gouvernement, l'ARS (allocation de rentrée scolaire) peut certes contribuer à l'entretien des militants de la MAE, mais les familles qui ne soutiennent pas la gauche ou peinent à faire face aux frais de rentrée peuvent -sans dommage- faire l'économie d'une dépense superfétatoire. » Article PaSiDupes de 2009: lien PaSiDupes

    Lire l'article de PaSiDupes sur le prêt grâcieux de 'professeurs détachés' aux frais de la princesse: de quoi relativiser les dépenses de l'Elysée ? Lien PaSiDupes

    L'école privée retrouve la parole et droit de cité
    Les associations de parents d'élèves FCPE (enseignement public) et Apel (privé) ne sont pas plus enthousiastes. "D'abord, c'est du contrôle des achats. On ne fait pas ça aux riches, on ne demande pas à ceux qui ont des déductions fiscales ce qu'ils font de leur argent", a réagi, président de la FCPE, « première » fédération de parents du public.
    En mal d'idées, les fédérations font en effet de la surenchère ce qui vaut à l'Apel de se faire instrumentaliser, avant d'être accablée.
    Au micro de la radio RMC, la présidente de l'APEL, Béatrice Barraud, a fait une autre proposition : "Je préconiserais davantage que l'Education nationale fournisse à chaque élève à la rentrée une mallette avec les fournitures nécessaires. Là, en terme d'équité, on serait probablement beaucoup plus au point pour l'ensemble des enfants (...), plutôt que d'orienter une ARS vers telle ou telle enseigne via des bons d'achat". Et de préciser : "Je pense d'abord qu'il y aurait moins de gaspillage et puis ce serait un sacré service qui serait rendu par l'Education nationale aux familles, et une économie pour tout le monde", a-t-elle ajouté.
    Hélas, l'expérience des Conseils généraux n'a pas servi...
    Ils sont clairement plus riches qu'ils ne le prétendent et les opérations Ordina 13 (ou autres) ont été un gigantesque gaspi sur plusieurs années. Toutes les familles, nanties ou non, ont bénéficié d'une donation d'ordinateur avec clé USB !
    Lire PaSiDupes: le scandale ordina 13 depuis 2006
    Lire PaSiDupes: les régions ne sont pas dispensées de chasse au gaspillage
    CG13: un collégien, un ordi
    Lire PaSiDupes: depuis les élections les élus se lâchent

    Une opposition malsaine

    L'ARS a bien été versée le 19 août
    Son montant n'augmente pas, mais le plafond de ressources annuelles des parents pour en bénéficier est relevé, passant pour une famille de deux enfants de 32.623 euros en 2009 à 33.536 euros cette année (+ 2,8 %).
    A dépenser librement: téléviseurs pour la famille et cours de karaté pour les petits...
    Avec la complicité d'une presse sans convictions et à la remorque de la tendance médiatique

    La mission de la gauche d'opposition?

    samedi 22 septembre 2007

    La Dictature des Syndicats, d’après Bernard Zimmern

    Un livre utile et politiquement incorrect
    Bernard Zimmern est le Président-fondateur, en 1985, d’un institut spécialisé dans la recherche sur les administrations, l’iFRAP, l’Institut pour la recherche sur les administrations publiques. Cet ancien élève de l’ENA et de Polytechnique a publié en 2001 un best-seller, « Les profiteurs de l'État » (Plon).

    Il s’agit ici de son ouvrage intitulé La Dictature des Syndicats’
    . Plon, son éditeur, en faisait cette présentation :
    Qui dirige Bercy ? Matignon ? Le ministre ? Non : le SNI, le syndicat maison.
    Et la rue de Grenelle ? Le SNES et la FSU. On pourrait continuer la liste.
    Ce livre est un réquisitoire mais un réquisitoire argumenté, nourri par un travail de recherches de plusieurs années. Dans ce livre l’auteur dénonce l’imposture de syndicats qui passent leur temps à protester alors qu’ils se sont emparés de État depuis des années.
    Car ils font la loi. Ils sont en grève quasi permanente comme à la SNCF - un tiers des journées non travaillées en France en 2001- ou dans l’éducation nationale. Ailleurs ils refusent tout changement et cassent les ministres qui essaient de promouvoir quelques timides réformes. Nulle part ailleurs la politique fiscale ou les avancements au sein de l’administration ne sont décidés par des représentants syndicaux ; nulle part ailleurs un gouvernement démocratiquement élu n’est forcé de s’incliner devant leur dictat. Et pourtant ils sont numériquement les plus faibles de toute l’Europe. C’est l’explication de ce paradoxe qui est au cœur de cet essai.
    Quels intérêts défendent ces lobbies qui derrière la préservation des avantages acquis bloque la France et la tire vers le bas ? D’où vient leur argent ? Sont-ils la seule institution exemptée par la loi de tenir des comptes et donc d’en rendre ? Sont-ils honnêtes ou désinforment-ils et avec quels mensonges ?
    Disparus du secteur privé, ils se sont réfugiés dans les administrations d’où ils narguent le reste de la Nation parce que État ne contrôle plus grand chose. Que peuvent faire les citoyens et les entreprises victimes de cette dictature pour s’en défendre ?
    Autant de questions auxquelles ce livre apporte des réponses précises et claires, appuyées sur des faits dont les médias ne parlent guère. Un essai sur ces nouveaux maîtres de la France qui veulent nous dicter notre destin.

    Le dimanche 09 novembre 2003, Dumait Alain commettait cette critique dont nous vous proposons la lecture :
    " La dictature des syndicats ", qui vient de paraître [2003] aux Éditions Albin Michel, de décrire, par le menu, l’emprise des syndicats sur le fonctionnement interne de l’administration particulièrement de ses services les plus stratégiques.
    L’auteur prend le cas de l’administration des impôts, avec l’incontournable Syndicat national unifié des impôts qui, sur 80 000 employés de cette administration, annonce fièrement 22 000 adhérents. Ce syndicat s’est, efficacement, opposé à toute réforme sérieuse de la Direction générale des impôts (DGI), ce qui, d’un point de vue syndical, peut encore se concevoir, mais en outre, prétend aussi inspirer la politique fiscale du gouvernement, quel qu’il soit, allant jusqu’à utiliser des données confidentielles pour démontrer que l’impôt n’est pas si lourd que ça, que les riches n’en paient jamais assez, que le trop d’impôts n’est qu’une fiction…
    L’article 20 de la Constitution française stipule que le gouvernement détermine la politique de la nation, qu’il dispose de l’administration, qu’il est responsable devant le Parlement. Mais en vérité, comme on l’a vu ces dernières années, à différentes reprises, le gouvernement ne commande pas vraiment son administration, celle-ci obéit plutôt au lobby des syndicats.
    Bien sûr, on aurait aimé en savoir davantage sur les finances des syndicats. Mais c’est un secret bien gardé, le législateur ayant lui-même organisé non pas la transparence financière à laquelle est désormais soumise la moindre association faisant appel à la générosité publique, mais au contraire une opacité telle qu’il est impossible de répondre à la question simple " d’où vient l’argent ? ". On sait simplement que toutes sortes de circuits, la plupart occultes, voire frauduleux, sont utilisés par les syndicats pour assurer leur train de vie.
    Seule à publier ses comptes, la CFDT
    annonçait en 2002, quelque 220 millions de francs de ressources dont 104 de cotisations. Pourtant, sur la base d’un peu plus de 3 000 permanents dont disposerait cette confédération, c’est plutôt d’un budget de l’ordre d’un milliard de francs qu’elle devrait être créditée. Extrapolée à l’ensemble des centrales syndicales, une telle reconstitution, sur la base des personnels permanents dont elles disposent, aboutirait sans doute à un budget de l’ordre d’un milliard d’euros, c'est-à-dire environ dix fois plus que les ressources dont dispose l’ensemble des partis politiques.
    Bernard Zimmern termine son ouvrage en posant la bonne question : " que faire ? ". Attendre que l’administration se réforme d’elle-même et mette un frein à la toute puissance syndicale ? Autant rêver… La piste proposée par l’auteur est de rendre au Parlement les pouvoirs de contrôle qu’il a, de fait, perdus avec la Constitution de 1958, car c’est lui qui vote le budget dont vivent les fonctionnaires. C’est à lui d’assumer ses responsabilités. C’est à lui non seulement de voter la dépense mais aussi de demander des comptes sur l’exécution de chaque budget. Pour pouvoir sanctionner (s’il le voulait vraiment) une administration inefficace, encore faudrait-il qu’il se dote d’un corps de contrôle extérieur à l’administration, évidemment distinct de la Cour des Comptes, faisant appel à des experts compétents et indépendants. C’est la proposition concrète par laquelle Bernard Zimmern achève cette enquête qui, à notre connaissance, est la première du genre.