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vendredi 16 juin 2017

Législatives 2017 : 61% des Français contre une majorité écrasante

Si seulement 61% des électeurs votaient...

Une majorité d'électeurs est "mécontente" des résultats du premier tour des législatives, selon un sondage Elabe pour BFMTV.  

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Les Cassandre de la presse ne parle que de raz-de-marée, démobilisant des électeurs déjà submergés par la politique et les scrutins : dimanche, ils participeront - ou non -  au huitième. 
Avec encore un à venir ensuite, dans cette année électorale chargée, les sénatoriales, le dimanche 24 septembre 2017. On peut prendre le risque de les évoquer, car c'est un collège de grands électeurs qui va renouveler les 170 sièges de la chambre haute du Parlement dans la série 1, quasiment la moitié des 348 sénateurs, élus pour six ans.
Les "grands électeurs" qui élisent les sénateurs dans chaque département sont des députés, des conseillers régionaux, des conseillers départementaux, des délégués des conseils municipaux(représentant 95 % de ce collège électoral)des membres des assemblées, conseils, ou Congrès des collectivités d'Outre-mer ou de Nouvelle-Calédonie.

Le fléau qui devrait s'abattre sur l'Assemblée nationale dimanche 18 juin est jeune et inexpérimenté


Les hommes de "CroMacron"

Déterminé à en remontrer aux anciens, entre 400 et 440 députés sur les 577 devraient pouvoir se revendiquer de la majorité présidentielle d'Emmanuel Macron dans le futur hémicycle, selon les estimations de Kantar Sofres-OnePoint pour RTL. Si cette déferlante s'annonce historique, c'est qu'elle est la conséquence d'une effarante accumulation de mesures contradictoires et insensées, inédite sous la Ve République, et à la débandade de la majorité présidentielle socialiste incarnée par Hollande, qui a dû renoncer à un second round, le mythomane bouffi Michou Sapin, au Travail et à l'Economie et aux Finances (!), Jean-Marc Ayrault qui a suscité les premières déceptions des Français, Manuel Valls, qui a fait monter la colère dans le pays, Bruno Le Roux, qui a été contraint à la démission du gouvernement Cazeneuve pour s'être autorisé les emplois présumés fictifs d'assistantes parlementaires de ses filles mineures, sans compter les Montebourg ou Taubira, qui ont saccagé le tissu socio-économique, et Najat Vallaud-Belkacem qui a perturbé un peu plus le système scolaire et la jeunesse, ainsi que les déséquilibrés Thomas Thévenoud ou Aquilino Morelle, et le fraudeur fiscal, Jérôme Cahuzac, ministre du Budget... 
Les électeurs passés aux urnes dimanche 11 juin se sont imaginés que la nouvelle législature ne pouvait être pire, mais ils étaient surpassés en nombre par les abstentionnistes et, bien que la presse aux ordres diffusent l'idée fausse d'une confiance massive du peuple en les équipes d'arrivistes de Macron, le nouveau quinquennat souffre déjà d'un déficit de légitimité. 

A la veille du second tour, les Français semblent espérer un rééquilibrage des forces en présence. 

Le chef de meute
Ils ne sont que 37% à persévérer dans l'erreur en voulant que le scrutin du 18 juin "confirme" la dynamique de La République En Marche, selon un sondage Elabe pour BFMTV,  : errare humanum est, perseverare diabolicum !
 
Les Français se mordent déjà les doigts de leur bouderie des urnes.
A l'inverse, 61% des sondés souhaitent que "le second tour rectifie le premier tour en apportant une majorité de députés favorables à Emmanuel Macron moins importante qu'attendue".

Parmi les plus enclins à rectifier le tir, tous les autres... 
On retrouve aussi bien les partisans des extrêmes, la frontiste Marine Le Pen (81%), le radical Jean-Luc Mélenchon (la France insoumise ) ou le socialiste de gauche Benoît Hamon (75%), mais aussi bien la droite républicaine de LR et UDI (74%) que les abstentionnistes (58%). 

Et pourtant, un sondage prévoit une abstention encore plus forte au second tour. D'après Elabe, officine du groupe BFM de Patrick Drahi (Numéricable, SFR, Libération et L'Express, groupe établi à Guernesey: un sujet de moralisation pour Macron !), il apparaît que la majorité des Français est mécontente du résultat du premier tour. Un sur cinq se dit "très mécontent(22%). Les personnes les plus expérimentées (56% et les retraités ont en effet découvert dans le programme de Macron matière à s'inquiéter) et les catégories populaires (57%) sont les plus nombreuses à se faire du souci sur cette majorité de chefs d'entreprises et de jeunes loups déterminés à leur apprendre la productivité.
 
En revanche, les Français qui n'ont pas à se plaindre de la vie, les cadres et les jeunes (18-24 ans) se satisfont du rapport de force qui s'annonce. 

La nouvelle assemblée promet une société plus inéquitable.
Pour plus de 6 Français sur 10 l'avenir s'assombrit. 
Le dépassement du seuil de 400 députés La République En Marche inquiète 53% des Français. 27% des sondés, moins d'un Français sur trois, sourient à ce scénario.

Ce sondage a été effectué par internet les 13 et 14 juin auprès d'un échantillon de 1.000 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas). Marge d'erreur de 1,4 à 3,1 point.
Les intentions de vote ne constituent pas une prévision de résultat. Elles donnent une indication des rapports de force et des dynamiques au jour de la réalisation du sondage.

dimanche 14 mai 2017

Les nouveaux hommes du président Macron à l'Elysée

Uniquement des hommes, moyenne d'âge 50 ans

Alexis Kohler, 44 ans, nommé secrétaire général de l'Elysée

Alexis Kohler nommé secrétaire général de l'Elysée
Alexis Kohler, ancien directeur de cabinet d'Emmanuel Macron à Bercy, est nommé secrétaire général de l'Elysée, a indiqué dimanche l'entourage du président élu.

Enarque, A. Kohler, 44 ans, a notamment travaillé à l'Agence des participations de l'Etat, avant d'être le directeur adjoint de cabinet de Pierre Moscovici au ministère des Finances, puis de diriger le cabinet d'E. Macron au ministère de l'Economie (2014-2016). Il va succéder à Jean-Pierre Jouyet, ami proche de François Hollande et ancien secrétaire d'Etat de Nicolas Sarkozy.
Le secrétaire général de l’Élysée est le plus proche collaborateur du chef de l’État. Il dirige l’ensemble des conseillers, aide le président de la République à élaborer sa stratégie, veille sur les domaines réservés de celui-ci, à savoir la défense et les affaires étrangères.

Patrick Strzoda, nouveau directeur de cabinet du nouveau président 

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Agé de 64 ans, énarque (1983, promotion Léonard de Vinci), ancien préfet des Deux-Sèvres en 2004, de Savoie (et secrétaire général du comité d’organisation des Jeux olympiques d'hiver de 1992 à Albertville, toujours en Savoie) et de la région Bretagne (2013-2016), il fut d'abord directeur du cabinet du ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, avant de l'accompagner brièvement au même poste à Matignon lorsque Cazeneuve succéda à Manuel Valls, Premier ministre démissionnaire en décembre dernier, et avant d'être nommé préfet de la région Ile-de-France entre les deux tours de la présidentielle, il n'y a pas un mois.

Philippe Etienne, 61 ans, a été nommé conseiller diplomatique

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Actuel ambassadeur de France en Allemagne, Ph. Etienne est aussi énarque, il fut notamment directeur adjoint du cabinet de Hervé de Charette, ministre des Affaires étrangères d'Alain Juppé de 1995 à 1997, puis directeur de cabinet de Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères de Nicolas Sarkozy de 2007 à 2010. 
Ce diplomate français a été en poste en ambassade en Serbie, en Allemagne et en Russie. Il fut, de 2009 à 2014, représentant permanent de la France auprès de l'Union européenne à Bruxelles.
Le conseiller diplomatique fournit au chef de l’État des informations sur l’international et la diplomatie française.

Ismaël Emelien, 30 ans, a été nommé conseiller spécial du président

Diplômé de Science Po (2010), il est le plus jeune membre du cabinet d’Emmanuel Macron, mais a un gros CV, puisqu'à 19 ans, il a travaillé, lui aussi, avec son professeur, Dominique Strauss-Kahn sur la campagne avortée de 2006 (notamment à la co-écriture, avec Gilles Finchelstein, des discours de l’ancien candidat à la primaire socialiste), et sur les primaires du Parti Socialiste préparant l'élection présidentielle de 2007. 

En 2013, il œuvra à la campagne du président bolivarien Nicolás Maduro, président par intérim du Venezuela à la mort du président Hugo Chávez (2013,), lorsqu'il fut élu chef de l'Etat, aujourd'hui contesté dan la rue.
Il était déjà conseiller d’Emmanuel Macron au ministère de l’Économie, chargé de la stratégie, de la communication et des discours. Il a participé au lancement d’En Marche !, et était conseiller communication et affaires stratégiques pendant la campagne présidentielle. 

Discret, Ismaël Emelien est d’une redoutable efficacité. Il suit les opinions et attentes des Français grâce à de nouveaux outils de traitement des données.
Cette fonction a notamment été occupée par Aquilino Morelle sous la présidence de François Hollande, ou encore par Henri Guaino, sous celle de Nicolas Sarkozy.
Emelien est l'antithèse du petit marquis Morelle, cet aîné délicat qui se faisait reluire les pompes à l'Elysée, aux frais de Marianne.

 

vendredi 12 mai 2017

Législatives: les créatures de Macron ne sont pas des créations

Laurence Vichnievsky, Marie Sara, Gaspard Gantzer, Eric Halphen : les candidats de Macron ne sont pas des perdreaux de l'année

Le parti en devenir de Macron n'a pu sortir
 de son chapeau que trois candidats sur 4 

Avec un jour, jeudi 11 mai et non mercredi, et une heure trente de retard, Richard Ferrand a accouché dans la douleur de 428 des 577 candidats investis pour l'instant par le mouvement d'Emmanuel Macron pour les élections législatives de juin. Pour les comptables, le futur parti a sélectionné 214 femmes et 214 hommes parmi les "19.000 dossiers" reçus d'ambitieux, la plupart inconnus et inexpérimentés. Et 52% d'entre eux sont issus de la société civile, aussi bien entrepreneurs que chômeurs. 

De nombreux hommes et femmes de l'ombre connus des seuls initiés
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Fumette, maquillage des yeux et sourcils épilés
Ainsi Gaspard Gantzer,  37 ans, dont le nom ne dit rien à personne, mais dont la silhouette gracile - et agitée vibrionnait autour de François Hollande: il était le très allumé conseiller en communication du président. "Archétype du bobo parisien cool, sûr de lui", selon le quotidien Libération, G. Gantzer est parachuté dans la 2e circonscription de l'Ille-et-Vilaine, à Rennes Sud, celle de Nathalie Appéré, devenue maire de Rennes (avec les soutiens d'EELV et du Front de Gauche, mais soutien de Hollande en 2011), bien qu'il n'ait jamais travaillé ni en entreprise (haut fonctionnaire passé par le ministère du Travail et le CNC), ni dans la vraie vie en général. Mais, en qualité de proche du président sortant François Hollande, il est préféré à des locaux, au risque d'incarner la continuité entre Emmanuel Hollande et François Macron. Successeur d'Aquilino Morelle, il a été le condisciple de Macron à l'ENA en 2004 et le copinage conserve ses droits dans l'entourage d'Anormal 1er. Un premier mauvais signal de renouvellement de la classe politique, donc.

Description de cette image, également commentée ci-après
Le mathématicien Cédric Villani est un autre drôle d'oiseau qui brigue un mandat de député dans la prochaine Assemblée nationale. Soutien d'Anne Hidalgo aux élections municipales de mars 2014, ce chercheur star de 43 ans avait signé le 1er mai un appel de scientifiques à voter pour Emmanuel Macron, "pour barrer la route au pire". Bien qu'il voie en la politique un dérivatif, il est investi dans la 5e circonscription de l'Essonne, qui comprend notamment le plateau de Saclay et ses laboratoires de recherche. La députée est actuellement la socialiste Maud Olivier qui avait remporté la circonscription avec 54,81 % des suffrages au deuxième tour.

L'ancien juge Eric Halphen, 58 ans, est également un être complexe,  
voire instable. "Un psycho rigide," selon son ex-beau-père, un psychiâtre. Cofondateur de l'association Anticor en 2002, il a émergé en 1994 avec l'enquête sur l'affaire des HLM de Paris. Il est entré en politique en soutenant la candidature présidentielle de Jean-Pierre Chevènement, mais a bientôt créé son propre parti, le Mouvement pour une alternative républicaine et sociale (MARS), pour finalement adhérer au 'Mouvement de l'Utopie Concrète' de l'architecte Roland Castro, dans "une tentative de refonder et rénover la politique autour de valeurs révolutionnaires". Il est actuellement conseiller à la cour d'Appel de Paris, en charge de la surveillance du travail des juges d’instruction. Un homme qu'on n'a pas envie de voir rôder autour de soi, mais qui pourrait aller épier les habitants de la 2e circonscription du Calvados. Aujourd'hui "caution probité" de Macron (plutôt que Bayrou, mortifié), ce magistrat avait annoncé son soutien au président élu en début d'année. Mais pourquoi le Calvados (et son grand banditisme, son terrorisme et ses crimes contre l’humanité ?), et pourquoi Caen 2 ? C'est un fief tranquille de la gauche (celui de Louis Mexandeau), réunissant la ville de Caen à ses banlieues populaires, détenu par la socialiste Laurence Dumont, soutien de Martine Aubry, puis de Benoît Hamon, mais opposée à la GPA. Elle brigue d'ailleurs un nouveau mandat.

Avec l'ancienne magistrate Laurence Vichnievsky, 62 ans, Macron renforce la république des juges. 
Binôme d'Eva Joly (à droite sur la photo), on croyait tombée dans un 
cul-de-basse-fosse après avoir instruit les affaires Elf, Roland Dumas ou des frégates de Taïwan. Mais elle a postulé et s'est faite affecter dans la 3e circonscription du Puy-de-Dôme, dont la députée sortante est l'écologiste Danielle Auroi. 
C'est une revenante qui va incarner le renouvellement avec En marche! 
Résultat de recherche d'images pour "vichnievsky joly"Avant de rejoindre le mouvement "révolutionnaire" d'Anormal 1er,, cette fille d'immigrants russes s'est d'abord engagée en politique avec le rassemblement écologiste Europe Écologie dont elle fut tête de liste aux élections régionales de 2010 (10,92 % des suffrages au premier tour, pour finalement fusionner avec le Parti socialiste et le Front de Gauche) en Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA) et le MoDem.

L'ancienne torera à cheval Marie Sara, 52 ans, 
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est investie dans la 2e circonscription du Gard face au député sortant, l'avocat Gilbert Collard, élu sous les couleurs du Rassemblement bleu Marine de Marine Le Pen. L'éleveuse de taureauxdirige les arènes des Saintes-Maries-de-la-Mer (Bouches-du-Rhône), commune où elle réside, et de Mont-de-Marsan (Landes). Fille d'Antoine Bourseiller, elle s'engage en politique pour "la première fois". Elle a comparé la campagne qui l'attend à "un beau combat". "J'ai l'habitude de descendre dans les arènes, c'est un bel adversaire. Je sais qui est Gilbert Collard, c'est aussi pour qu'il ne soit pas réélu que je suis candidate", a-t-elle expliqué, mettant en avant sa notoriété, à défaut de compétence. Emmanuel Macron "m'a sollicitée. Il m'a demandé d'aller défendre ses valeurs dans mon territoire, mes terres de Petite Camargue pour combattre le FN et l'obscurantisme, a précisé Marie Sara. Et l'obscurantisme de ses électeurs. Ça a été un peu une surprise; j'ai hésité pendant quelques heures: c'est un engagement sérieux, un changement de vie." Ex-épouse du joueur de tennis Henri Leconte, avec qui elle a eu une fille en 1996, elle s'est remariée en juillet 2004 avec Christophe Lambert, un publicitaire et conseil en communication politique, dont elle a deux enfants et dont elle est veuve depuis un an.

L'ancien patron Bruno Bonnell, 58 ans, 
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cofondateur de l'éditeur français de jeux vidéo Infogrames et ancien juré de l'émission "The Apprentice", dans le rôle du 'patron', sur M6, est investi dans la 6e circonscription du Rhône, face à Najat Vallaud-Belkacem. B. Bonnell avait soutenu la candidature d'Emmanuel Macron à la présidentielle dès fin 2016 et  jusqu'à présent était le référent d'En marche ! dans le Rhône. Il avait été encouragé à s'engager en politique par  l'un des premiers soutiens de poids du président élu, Gérard Collombmaire de Lyon, contre la ministre socialiste de l'Education sortante et son ex-conseillère municipale de Lyon, adjointe aux grands événements, à la jeunesse et à la vie associative de 2008 à 2013...
The Apprentice : qui décrochera le job ? sur M6 (Canal+, ancienne formule) est une émission de télé-réalité inspirée d'un modèle américain et organisée par Bruno Bonnell. Quatorze candidats des deux sexes préalablement sélectionnés à parité doivent être à la hauteur des attentes d'un patron pour tenter d'obtenir un poste de Directeur du Développement Commercial en CDI dans une de ses sociétés françaises.
Un programme rappelant la sélection des candidats 
à l'investiture de En marche!, en CDD, par le président Macron.
Or, l'émission fut déprogrammée, faute d'audience. Rendez-vous le 11 juin...

jeudi 30 avril 2015

Impunité: Fleur Pellerin n'a pas vraiment démissionné Agnès Saal (INA)

Le pouvoir socialiste n'a pas sanctionné sa servante 

Cette affaire souligne l'impunité de la haute administration.

Un taxi customisé Vuitton
ou je rends ma carte du PS
La présidente de l'INA a présenté sa démission ce mardi après la révélation d'une facture colossale de taxi mais Agnès Saal conserve son statut de fonctionnaire, observe Eric Verhaeghe pour Le Figaro. Après les révélations sur ses frais de taxi, Agnès Saal a donc jeté l'éponge, mais si elle quitte ses fonctions de l'Institut National de l'Audiovisuel (INA), sa décision  nous prive peut-être d'autres révélations sur ses turpitudes.

[Comme Aquilino Morelle,] Agnès Saal appartient à cette classe de petits marquis de gauche qui ont fait ou font carrière en se politisant et en rendant des services aux élus dans le sillage de qui ils s'inscrivent. Cette technique leur permet de rebondir d'élection en élection, jusqu'à imaginer que la machinerie publique dont ils sont les dirigeants se résume à un jeu d'obstacles déconnecté de l'intérêt général, jusqu'à être persuadés que la machine est à leur service et non l'inverse.

Il existe une rhétorique amusante, consubstantielle à l'étiquette de cette Cour. Il est de bon ton d'y dénoncer les petits patrons poujadistes mais de courber l'échine devant les grands du CAC 40 qui pourraient un jour vous recruter. Il est de bon ton d'y fustiger RMC (qu'on écoute dans le taxi, occupation essentielle quand le chauffeur est en vacances) et de n'écouter que Patrick Cohen qui dit si bien tout haut ce que les gens bien se répètent chaque soir dans les salons. Il est obligatoire d'avoir en horreur le Front National qui est poujadiste et populiste mais de ne jamais franchir le périphérique ou alors seulement avec une moue de dégoût et en prenant soin de bien appeler tous ses copains pour leur annoncer triomphalement qu'on l'a fait. Il est tout aussi obligatoire de défendre becs et ongles la laïcité et l'école publique, mais d'inscrire ses enfants dans une école privée quand on n'a pas réussi à se trouver un appartement pas trop cher dans l'hypercentre parisien. Il faut proscrire le racisme et l'antisémitisme bien sûr, vomir tous ceux qui veulent défendre l'identité nationale, mais on interdit à ses enfants d'aller dans les quartiers difficiles, de prendre le métro après 20 heures, et on conseille à sa fille de changer de trottoir quand un groupe de jeunes immigrés arrive. Et, bien entendu, il faut dénoncer tous ces salauds de droite qui se remplissent les poches sur le dos de pauvres travailleurs opprimés, mais ne surtout pas se gêner pour faire payer le taxi de son enfant par le contribuable.

Longtemps à l'abri des regards, ces petits travers [ou coûteuses libertés] posent de plus en plus problème à l'opinion publique. En phase de disette budgétaire, plus personne ne peut admettre qu'un haut fonctionnaire bénéficie d'une voiture de fonction, d'un chauffeur à demeure, et qu'il se prélasse malgré tout dans des taxis pour une somme équivalent à 4.000 euros par mois. Surtout, s'il a accédé à son poste de direction en surfant sur les différents ministres socialistes qui l'ont promu au nom du redressement dans la justice et de la lutte contre la finance.

Agnès Saal a quitté son poste et son geste est présenté comme une démission: de qui se moque-t-on ?
 
Il faut bien entendu expliquer au public qu'Agnès Saal ne tardera pas à retrouver un poste de fonctionnaire où elle sera payée entre 6.000 et 10.000 euros nets chaque mois, pour une charge de travail très incertaine. On aimerait être plus précis sur les chiffres, mais la haute fonction publique, qui est très exigeante sur la transparence des rémunérations dans le secteur privé, maintient un black-out complet sur les rémunérations publiques.

Une tique gorgée du sang du contribuable
Cette impunité est l'une des explications majeures du déficit public qui étouffe la croissance en France. Il n'existe aujourd'hui aucun mécanisme qui incite les hauts fonctionnaires à placer la dépense publique sous contrôle. Les nominations et les carrières se font selon des critères très politiques (ou amicaux) qui excluent totalement les aspects financiers. L'attitude d'Agnès Saal en est la meilleure preuve.

Dans la désincitation des hauts fonctionnaires à maîtriser les dépenses, la question de la sanction se pose. Lorsqu'un haut fonctionnaire est pris en défaut, son seul risque est d'être mis dans un placard doré. Est-ce suffisant pour inciter une caste à réviser ses fondamentaux? [La dame n'a qu'à patienter quelques mois sur une île ensoleillée, en attendant que le pouvoir reconnaissant - sur intervention d'un proche de Lionel Jospin, de Catherine Trautmann ou de Catherine Tasca - lui trouve un point de chute pour une pré-retraite dorée tant méritée: la fameuse Inspection générale des affaires sociales ou IGAS ?]

Dans la logique de mise sous contrôle des dépenses, il faut évidemment savoir se poser la question de la réforme de la haute administration, sous ce double aspect. Premier aspect: comment dépolitiser les carrières et inciter les décideurs publics à bien gérer? Deuxième aspect: ne faut-il pas les "sortir" du statut de la fonction publique et prévoir leur licenciement pur et simple [leur révocation] lorsque leur gestion n'est pas à la hauteur des attentes collectives?

Tôt ou tard, la question se posera, assure Eric Verhaeghe.
Il a été président de l'Apec (Association pour l'emploi des cadres) entre 2004 et 2009. Il est également l'auteur de plusieurs ouvrages publiés chez Jacob-Duvernet: "Jusqu'ici tout va bien", "Au cœur du MEDEF: chronique d'une fin annoncée", et "Faut-il quitter la France?". Retrouvez ses chroniques sur son site.

mardi 2 décembre 2014

Le livre d'Aquilino Morelle qui fait déjà "trembler" François Hollande

Aquilino Morelle a reçu 70.000 euros d'avance pour son livre "dédié" à  Hollande

Viré comme un malpropre de l'Élysée sur
des révélations de Mediapart 
qui - au-delà du cirage de ses bottines dans les salons de l'Elysée -  l'accusent de conflits d'intérêts avec l'industrie pharmaceutique,
l'ancien conseiller de François Hollande allait se venger dans un livre au vitriol. 

"Il tremble, François", jubilait même l'intéressé, cité par Le Nouvel Observateur fin septembre.
On en sait un peu plus aujourd'hui sur ce livre d'Aquilino Morelle, grâce au Canard Enchaîné, et pas seulement qu'il sera édité par les éditions Grasset. L'ancien conseiller de François Hollande a reçu une avance de 70.000 euros, de quoi éveiller le mépris de Valoche.
On est en effet encore loin des montants reçus par Valérie Trierweiler grâce à Merci pour ce moment. Sur Europe 1 le 19 novembre, son éditeur avait indiqué que l'ancienne compagne du président de la République allait toucher "autour de" 1,3 à 1,7 millions d'euros et ses détracteurs bien en cour à l'Elysée la fustigent déjà pour ne pas avoir encore partagé avec des oeuvres humanitairesCar, on le sait, Action Contre La Faim n'a plus les moyens de venir en aide aux victimes du printemps arabe en Syrie.

Mais, comme Valérie Trierweiler, Aquilino Morelle va viser François Hollande, "l’enfoiré", comme il le désigne désormais, tant sa colère est grande. "Et ça peut saigner", prévenait-il dans L'Obs attirait par l'odeur du sang et donc distrait de celle des sanisettes du patron.

L'ex-conseiller avait alors parlé d'une "purification ethnique"

Cet humble témoignage de l'importance qu'il s'accorde remonte au 11 septembre, une semaine après la sortie du livre de la concubine répudiée, Aquilino Morelle évoquant son éviction de l'Élysée dans Le Point, où il considère qu'il a " été liquidé par la Tcheka hollandienne."

Toujours aussi modéré, ce serviteur de l'Etat dresse un parallèle entre son renvoi, celui d'Arnaud Montebourg et le génocide au Rwanda. Des propos que le petit marquis avait démentis, expliquant s'être fait piégé par la journaliste. 
C'est dire combien son livre de réglements de comptes à venir promet d'être poisseux.

dimanche 27 avril 2014

Nouveau chef de la com' de l'Elysée, Gaspard Gantzer dérange

L'Elysée sentait le cirage; il empeste maintenant le pétard

L'entourage de Hollande interpelle
Le gracile successeur
Mediapart fait commerce des turpitudes de ses contemporains. 
Le site trotskiste d'information s'est fait une spécialité de débusquer les puissants, politiques ou non, coupables d'exil fiscal, de corruption, de malversations ou de détournements de fonds publics et vient d'épingler, non pas un réactionnaire, mais un progressiste, le socialiste Aquilino Morelle.

Mediapart a en effet obtenu la peau du conseiller politique de François Hollande. Ce vertueux (ci-dessous) a dû démissionner, bien que d'extraction modeste et d'une rare exemplarité, soucieux des conditions de travail des précaires qu'il lui arrive d'apercevoir le jour, mais parasite clinquant de la république, la nuit.

La haute idée qu'il se faisait du service de l'Etat l'a perdu. Il estimait en effet que la moquette des allées du pouvoir requiert d'être chaussé de façon décente, en sorte de représenter la France dignement. Rien de plus.
Bobo socialiste
Hormis le recours au service d'un cireur professionnel, appelé à l'Elysée pour lustrer les escarpins de cette pièce maîtresse de l'Etat et y pratiquer une opération de glaçage, le tout dans un salon spécialement aménagé pour l'occasion. Mais qu'aurait-on dit si le-dit cireur avait été exploité au fond d'une cave, sans lumière, ni commodité, tel un ouvrier du textile dans un atelier clandestin ? Préoccupé par le confort de ses employés comme par le confort des divins orteils d'Aquilino. On peut être socialiste en temps de crise, on n'en reste pas moins un humaniste autant qu'en esthète. 
Hormis aussi les bouteilles millésimées livrées à l'Elysée quand tombe le soir et rapportées à la maison pour oublier les déficits publics et la courbe du chômage qui frappe les damnés de la terre.

Les collaborateurs des grands de ce monde ont des problèmes existentiels que les manants n'ont pas, mais qu'il partage avec Julien Dray. 
Proche du métrosexuel Valls
Ce dernier a quotidiennement le cas de conscience du choix entre la multitude de montres de luxe qu'il a amassées et le second doit chaque matin choisir entre une trentaine de paires de souliers de luxe. Les manuels traditionnels d'élégance masculine recommandent aux honnêtes hommes de disposer de sept paires de souliers différents, afin de pouvoir en changer chaque jour de la semaine. Aquilino Morelle a donc respecté l'étiquette à la lettre, afin de posséder autant de paires que de jours dans le mois. Morelle est donc un serviteur de la république de l'espèce que l'on croyait disparue depuis que Roland Dumas n'est plus aux affaires...

Les temps changent mais les tracas restent
Quand bien même on aurait remarqué la denture jaune d'un Bernard Cazeneuve ou d'une Marisol Touraine

on n'ose imaginer l'état des pompes d'un Yann Galut. Tournons-nous donc plutôt vers les dessous de Nono Montebourg...  

Les réseaux plus vigilants que la presse et l'Elysée réunis

Ganzer, un protégé de L. Fabius
Changement de génération, changement de moeurs, sans garantie sur l'hygiène. Le problème devient sanitaire.

A peine nommé à la tête du service communication de l’Elysée, en lieu et place d’Aquilino Morelle, Gaspard Gantzer, est en effet au cœur d’une polémique après la diffusion sur les réseaux sociaux de photos compromettantes.

Plusieurs clichés de ce jeune énarque de 34 ans circulent sur Twitter, où l’on peut voir Gaspard Gantzer tirer sur une cigarette que la SEITA ne produit pas.

Les internautes ne s'y sont pas trompé et pointent ce qui ressemble fort à un joint. Or, le cannabis a manifestement fait de sérieux ravages sur le trentenaire au physique d'adolescent, car le nouveau conseiller de François Hollande assure n’avoir "aucune idée" de la substance présente dans cette cigarette…  

Bien que présenté comme brillant, à défaut d'être prévoyant et réactif, ce communicant a laissé traîner sur Facebook des photos peu flatteuses, mais qui ont rencontré un vif succès sur le réseau social Twitter.
L'impétrant  devait donner de l'Elysée une image décapante; elle sera fumeuse.  Voire embarrassante, en évitant d'évoquer "les heures les plus sombres de notre histoire"...  

Sans avoir jamais été élu, Gaspard Gantzer, 34 ans, a déjà croqué la vie politique à pleines dents : conseiller pour la communication puis porte-parole de Bertrand Delanoë à la Mairie de Paris, de 2010 à 2013, avant de rejoindre le Quai d'Orsay pour occuper les mêmes fonctions auprès de Laurent Fabius, son mentor.

Il aura été aussi le très éphémère directeur-adjoint du cabinet de Stéphane Le Foll, le ministre de l'Agriculture élevé au rang de porte-parole du gouvernement depuis le remaniement du 2 avril et qu'il a rejoint en expert de la "com'".

Jeudi matin, encore tout étonné par cette trajectoire fulgurante, 
Gaspard Gantzer était de nouveau dans les cartons avant de faire son entrée à l'Elysée, besace en bandoulière et casque rouge sous le bras.
Ce jeune énarque y retrouvera deux proches, tous deux secrétaires généraux adjoints de la présidence, Emmanuel Macron, son "camarade" de la promotion Léopold Sédar Senghor (2004) de l'ENA, et Nicolas Revel, lui aussi un ancien collaborateur - tout comme la directrice de cabinet de Manuel Valls à Matignon, Véronique Bédague-Hamilius-- de Bertrand Delanoë.
Gaspard Gantzer reprend une partie des attributions d'Aquilino Morelle, qui était également le conseiller politique du président avant sa disgrâce et sa démission face à des accusations de conflit d'intérêts.


Gaspard Gantzer, 34 ans, a été annoncé mercredi comme 
nouveau chef du pôle communication et conseiller chargé des relations avec la presse prendra ses fonctions dès jeudi.
Le jeune énarque (2004, promotion Léopold Senghor) est passé par de prestigieux cabinets. En 2008, il a été promu directeur de cabinet de Christophe Girard, homosexuel notoire, alors maire-adjoint chargé de la Culture. Il a ensuite intégré l'équipe rapprochée d'un autre homosexuel décomplexé, Bertrand Delanoë, comme chargé de la presse, puis conseiller politique, et enfin chef du service de presse de la mairie de Paris. Une ascension qui évoque celle d'un autre homosexuel,  Bruno Julliard, 33 ans, devenu 1er adjoint d'Anne Hidalgo à Paris après avoir été syndicaliste étudiant étiqueté à la gauche du PS, tendance Benoît Hamon, élu il n'y a que six ans au Conseil de Paris, adoubé par Bertrand Delanoë à la Jeunesse (2008), puis à la Culture (2012).
La charcuterie familiale
La tâche du jeune Gaspard Gantzer devait être de sortir l'image de François Hollande de la choucroute
L'image du président Hollande s'est encore profondément dégradée mercredi à Carmaux, patrie de Jean Jaurès dont il a tenté de s'approprier l'héritage politique, François Hollande a pu mesurer une nouvelle fois la colère des Français. Avant d'improviser un bain de foule, le président a été copieusement sifflé, hué et traité de "pourri" par des déçus du socialiste et des habitants furieux d'être tenus à l'écart de la cérémonie.  L'impopularité de François Hollande se vérifie et s'amplifie jour après jour dans les sondages. L'aiguille du baromètre politique Ifop-JDD du mois d'avril pointe résolument sur «Tempête», avec une cote de popularité qui a encore chuté de cinq points, à 18%, un record négatif sous la Ve République.

Au Château, Gaspard Gantzer s'est installé dans le bureau de Christian Gravel, conseiller communication du président qui est pressenti pour prendre les rênes de la communication du gouvernement. Christian Gravel est en effet un proche de Valls qui a mis fin aux fonctions de l'actuel directeur du Service d'information du gouvernement (Sig), Philippe Guibert. 

Pour avoir été vu sortant d'un entretien avec le président de la République , le successeur d'Aquilino Morelle devait être Vincent Feltesse, responsable de la campagne numérique du candidat François Hollande. 
Avant cette partie de chaises musicales à l'Elysée, François Hollande s'était déjà séparé de son secrétaire général depuis 2012, le préfet Pierre-André Lemas, remplacé par un ami de 30 ans du chef de l'Etat, lui aussi issu de la promo Voltaire de l'ENA, Jean-Pierre Jouyet.

Depuis qu'en génial communicant Gantzer a laissé son profil Facebook exposé au public, un nouveau mouvement devrait être logiquement observé en "république exemplaire".