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lundi 29 juillet 2019

Le téléphone perdu de Benalla est retrouvé et il met en cause l'Elysée...

Des messages précédemment supprimés plongent l'Elysée dans l'embarras

Des échanges entre l'ex-chargé de mission et l'Elysée portent sur l'épisode de violences à la Contrescarpe, le 1er Mai à Paris. 


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Un téléphone "perdu" toujours actif.
Le 21 juillet 2018, Benalla affirmait en garde à vue qu'il avait "perdu" son téléphone et qu'il ne souhaitait "pas donner d'éléments sur ce téléphone". Les données de ce portable personnel auraient été conservées "sur une clé USB", avait-il précisé le 5 octobre 2018, mais il lui fallait encore remettre la main  sur elle dans ses affaires. 
Le 19 février 2019, il avait finalement raconté que la clé USB "s'était perdue dans des déménagements successifs". Les enquêteurs sont parvenus à mettre la main sur le téléphone et on découvert qu'il était toujours actif alors qu'il était censé être "perdu". 
En effet, le 22 juillet 2018 à 22h01, près de trois mois après les violences, Benalla est entré en correspondance, via ce même appareil, avec le chef de cabinet de Brigitte Macron, Pierre-Olivier Costa. 
Ainsi, en mettant la main sur le téléphone déclaré perdu de Benalla, les enquêteurs ont mis au jour d'anciens messages supprimés d'Alexandre Benalla.
"Monsieur le Président, hier après-midi j’ai été invité par la Préfecture de Police à observer de l’intérieur la manifestation du 1er Mai; j’ai donc été équipé d’un casque et intégré à une équipe de policiers en civil et accompagné par un major de police. En fin d’après-midi, nous nous sommes retrouvés place de la Contrescarpe, où la situation a plus que dégénéré. Je ne me suis alors pas cantonné à mon rôle d’observateur (…) La scène assez violente a été filmée et même si on ne m’identifie pas très nettement je suis reconnaissable. Cette vidéo tourne actuellement sur les réseaux sociaux. Alexandre."

Ce message, révélé par Le Monde, Alexandre Benalla l'aurait envoyé directement à Emmanuel Macron quelques heures après l'incident, dans la nuit du 1er au 2 mai 2018. Le lendemain matin, il l'a transféré à Alexis Kohler, secrétaire général de l'Elysée.

Benalla a reçu des messages de soutien.
D'autres messages récupérés après effacement en disent long sur le climat délétère à l'Elysée. des mots de soutien à Alexandre Benalla. "Tous des cons Alexandre sois zen et fort c’est le patron qui décide et à 30 000 kilomètres (Emmanuel Macron se trouvait alors en voyage officiel en Australie) il ne décide rien te concernant", écrivait Jean-Luc Minet, le commandant militaire en second de la présidence de la République, un chef d'escadron, le 1er mai. "Merci pour ton soutien", avait répondu le chargé de mission, avant d’effacer soigneusement cet échange.


Alexandre Benalla, mandaté par l'Elysée, malgré son contrôle judiciaire

Rappelons une information d'août dernier révélant que l'homme de confiance de Macron s'est rendu à la PJ à bord d'un véhicule de l'Elysée. Huit jours plus tard, le jeune garde du corps de 26 ans a tenté de le récupérer à la fourrière, mandaté par... l'Elysée.

Le 20 juillet, deux jours après les révélations du Monde sur l'affaire Benalla, le jour même de sa mise à pied par l'Elysée,
l'ex-chargé de mission était encore au volant d'un véhicule de la flotte présidentielle. La Renault Talisman, immatriculée EY-196-VZ, gérée par le commandement militaire du palais de l'Elysée, dirigé par le général Eric Bio-Farina, était garée sur le trottoir d'une rue adjacente au Tribunal de Grande instance, où l'ex-chargé de la sécurité présidentielle devait répondre à une convocation de la PJ dans ses nouveaux locaux du 17e arrondissement de Paris dans le quartier des Batignolles. 

C'est donc à bord de ce véhicule de l'Elysée que le chargé de mission auprès du sous-préfet François-Xavier Lauch, chef de cabinet de la présidence, a déféré à sa convocation. Mais le jeune homme qui se croit tout permis n'a décidément pas de chance :
après 36 heures de garde à vue suivie de sa mise en examen, il ne retrouve pas la voiture garée en stationnement gênant : malgré son gyrophare deux tons et son pare-soleil estampillé 'police', le véhicule a été embarqué à la fourrière Chevaleret, dans le sud de la capitale.

Une procuration du commandement militaire de l'Elysée.
Huit jours et près de 500 euros de frais d'amende et de garde plus tard, c'est Alexandre Benalla en personne qui s'est présenté pour retirer la Renault présidentielle. 
Contrairement aux dénégations très vigoureuses alors émises par les cow-boys de l'Elysée, il était bien mandaté par le commandement militaire du palais présidentiel, qui n'a rien à refuser au protégé du patron. Sur ordre du général Bio-Farina, c'est le commandant militaire en second de la présidence de la République, Jean-Luc Minet, qui a fait parvenir une procuration avec sa pièce d'identité pour que Benalla, pourtant mis à pied depuis huit jours, remplisse cette mission.
Alerté de la présence de Benalla à la fourrière, le magistrat instructeur avait aussitôt saisi la police judiciaire. Ce qui a permis aux enquêteurs du Quai des Orfèvres de perquisitionner la voiture officielle.

L'Elysée et Alexandre Benalla ont violé les règles du contrôle judiciaire 
En dépit de la réglementation qui interdit au bodyguard du président d'exercer une mission de service public, le juge de la liberté et de la détention n'a pas été saisi. Interrogé, le Parquet de Paris ne voit aucun problème dans le fait que le commandement militaire chargé de la sécurité du Palais de l'Elysée passe par Benalla pour récupérer un véhicule officiel. Le ministère ne croit pas davantage que les gendarmes de l'Elysée aient voulu soustraire le véhicule à la curiosité de la police judiciaire.

Ce n'est pas l'avis des protagonistes de ce dossier d'instruction : "Etre missionné par le commandement militaire de l'Elysée peut s'apparenter à une mission de service public, argumente le procureur. Le juge de la liberté et de la détention aurait dû être saisi. Pas pour qu'Alexandre Benalla aille en prison [ce qui est prévu en cas de non-respect du contrôle judiciaire], mais pour démontrer que la justice traite tous les mis en cause à égalité."

Ce n'est pas la première fois que l'Elysée reste à la manœuvre pour assister son ex-chargé de mission
, pourtant mis à pied depuis le 20 juillet.
De même,
l'organisation de son entretien avec Le Monde pouvait laisser songeur. C'est Michèle Marchand, chargée de l'image du couple présidentiel, qui a présenté Marc Francelet au chargé de mission du chef de cabinet du président de la République. 
Papesse des paparazzis depuis qu'elle a fréquenté la pègre et fait de la prison, Mimi de Bestimage connaît l'ex-barbouze Francelet de longue date. Tous deux ont eu pour clients communs, entre autres, Johnny Hallyday ou bien, plus récemment, Zahia, le "cadeau d'anniversaire" que les féministes ne chipotent pas à Franck Ribéry alors qu'elle était mineure. Leur mission : valoriser et défendre leur image dans les media.

samedi 30 mars 2019

Affaire Benalla: l'Elysée a fait relayer un montage trompeur à partir d'images obtenues illégalement

Fake news d'Ismaël Emelien, conseiller très spécial de Macron

Un mensonge d'Etat qui ne pèse pas sur les sondages de confiance en Macron...


Ismaël Emelien, est au coeur de l'affaire Benalla, 

ici, au Palais de l'Elysée, le 17 janvier 2018
Le chargé de communication de l'Elysée Ismaël Emelien s'est invité dans l'affaire Benalla pour avoir tenté d'accabler le manifestant violenté par Alexandre Benalla en le faisant passer pour un individu lui-même violent, à partir d'images policières obtenues illégalement. Un parfait  tableau de la moralité macronienne. 

La majorité présidentielle n'a pas hésité à dénoncer une instrumentalisation médiatique derrière l'affaire Benalla, tant que de nouveaux éléments n'ont pas été révélés par une enquête du Monde, publiée le 29 mars, semblant prouver que si instrumentalisation il y a eu, celle-ci serait tout au contraire le fait de l'Elysée. 
La vidéo truquée par ce proche conseiller d'Emmanuel Macron à l'Elysée, Ismaël Emelien, – de mai 2017 à mars 2019 – ,  mêle à d'autres des images du 1er mai 2018  place de la Contrescarpe, récupérées illégalement auprès de la préfecture, montrant notamment un jeune couple lancer des projectiles sur les policiers, quelques instants avant l'intervention d'Alexandre Benalla.









Une vidéo digne des faux circulant sur internet

Le montage vidéo réalisé par Ismaël Emelien fait appel à des images d'une autre scène, montrant cette fois-ci un autre homme, poursuivant un policier avec une chaise. L'objectif présumé du manipulateur de l'opinion hébergé à l'Elysée visait à minimiser les violences physiques d'Alexandre Benalla et à discréditer les victimes.
LREM a beau nier mener des opérations anonymes sur la toile, un "employé" du mouvement aurait diffusé des images de vidéosurveillance - obtenues illégalement - sur un compte Twitter, un compte anonyme...

Ismaël Emelien a les mains blanches : il a transféré la vidéo à Pierre Le Texier, responsable du pôle e-influence d'En Marche, pour diffusion et propagation de ce montage. 
Le journal Le Monde a révélé le 8 mars que les enquêteurs de la police des polices, l'IGPN, a réussi à identifier l'internaute caché derrière le compte Twitter FrenchPolitic, responsable le 19 juillet dernier de la diffusion d'images de vidéosurveillance de la Préfecture de police de Paris, alors dirigée par Michel Delpuech, limogé depuis. Pierre Le Texier, l'individu en question, est un salarié de La République en marche (LREM) que les enquêteurs soupçonnent d'avoir agi sur ordre d'Ismaël Emelien, alors secrétaire adjoint de l'Elysée, lui-même démissionnaire depuis. Pierre Le Texier, communiquant proche d’Ismaël Emelien, a raconté aux enquêteurs comment il a obtenu les images et les a diffusées, sur demande de ce dernier.
Lorsque, le mercredi 18 juillet 2018, le journal du soir des hommes d'affaires Xavier Niel et Matthieu Pigasse révèle que le conseiller d'Emmanuel Macron, Alexandre Benalla, a participé activement à des violences sur la place de la Contrescarpe, le 1er mai 2018, "un vent de panique saisit l'Elysée" et Ismaël Emelien prend l'initiative de lancer la contre-offensive : annoncer qu'Alexandre Benalla a reçu une première sanction au mois de mai 2018. 
L'intox consistait à déclarer que le protégé de Macron ne faisait que "réagir en réponse à des violences". Le 19 juillet, Ismaël Emelien veut lancer la bataille médiatique par les réseaux sociaux en récupérant les fameuses vidéos. Le conseiller spécial de Macron demande au communiquant Pierre Le Texier d'utiliser des comptes anonymes pour amorcer cette bataille.

C'est Alexandre Benalla lui-même qui fournira ces images, des images obtenues illégalement auprès de la préfecture. Toujours d'après Le Monde, à la police, Ismaël Emelien assurera qu'il "ignorait leur provenance et donc leur caractère illégal"...
Maître d'oeuvre, Ismaël Emelien va également transmettre à Pierre Le Texier des images mélangeant les événements du 1er mai, place de la Contrescarpe et une du même jour, visiblement plus tard dans la journée, montrant un inconnu poursuivre un policier, chaise à la main. L'intention maligne était de créer la confusion en attribuant au jeune manifestant un comportement agressif et dangereux qui aurait justifié l'intervention violente d'Alexandre Benalla et de son binôme, Vincent Crase. La vérité, c'est que l'étudiant accablé par les images manipulées est la véritable victime agressée par Alexandre Benalla le 1er mai et qu'il n'est pas "l'homme à la chaise" de la deuxième vidéo.

Le second couteau d'Emelien affirme sur Twitter : "C’était un individu violent sciemment venu place de la Contrescarpe pour casser du flic"

Sur les réseaux, anonymement, Pierre Le Texier choisit d’ajouter une légende pour discréditer le manifestant interpellé brutalement par Alexandre Benalla et d'excuser le comportement du favori de l'Elysée: 
Les sbires de Macron diffament.
"OK, même si ce n’était pas à #Alexandre Benalla de le faire,
ne faisons pas passer cet étudiant pour un garçon bien sous tout rapport. C’était un individu violent qui était sciemment venu place de la contre-escarpe pour casser du flic." 
Le 19 juillet 2018, le compte anonyme '@frenchpolitic' met en ligne ce montage video. 
Le journaliste Samuel Laurent précise même que l'Elysée a ensuite diffusé l'adresse du compte à des journalistes. "Libres et indépendants", mais pas téméraires, ils ont craint la courroux de Jupiter...
Pierre Le Texier utilise ensuite un deuxième compte anonyme, dans la journée du 19 juillet, pour diffuser le montage. Quelques heures plus tard, Ismaël Emelien demandera à Pierre Le Texier de supprimer le premier tweet avec les légendes...

Ismaël Emelien a été interrogé par C à vous sur France 5, le 28 mars à ses turpitudes connues
Alors qu'il pensait faire tranquillement la promotion de son livre sur le progressisme en toute quiétude, l'individu, visiblement agacé, a tout d'abord justifié l'utilisation de comptes anonymes pour propager des vidéos truquées, affirmant que, sur Twitter, c'est "un peu la règle". 

Sur la question de la propagation d'un montage vidéo mensonger, puisque mettant à la suite l'une de l'autre deux vidéos qui n'avaient de commune que la date, Ismaël Emelien a répondu qu'il ne savait pas si celle-ci était... mensongère. "Pour moi, elle ne l'était pas", a-t-il justifié, en ajoutant, avec mépris, qu'il n'avait rien à ajouter.

"En même temps", ironie du sort,  le 18 janvier dernier, lors d'une visite surprise à Souillac devant des maires pour le second épisode du grand débat national, le président de la République lui-même dénonçait l'anonymat sur Internetappelant sans vergogne à des mesures devant permettre sa disparition progressive. Il estimait alors qu'il s'agissait d'un "processus où on sait distinguer le vrai du faux et où on doit savoir d’où les gens parlent et pourquoi ils disent les choses"... 

La République morale n'est pas en marche...

mardi 1 janvier 2019

Affaire Benalla : de forts soupçons s'abattent sur un très proche de Macron à l'Elysée

Un conseiller de l'ombre pourrait faire office de fusible

Les contacts entre Macron et Benalla s'établissaient sans intermédiaire, assure l'ex-garde du corps

Le nom de ce collaborateur n'avait jusque-là jamais été cité dans l'"affaire Benalla". Conseiller très proche d'Emmanuel Macron, Ismaël Emelien pourrait avoir eu un rôle prépondérant, notamment la nuit où les premières images de violences sur la place de la Contrescarpe ont été rendues publiques.

Un journal du Groupe Le Monde a mené l'enquête.

La nuit qui suit les premières révélations du Monde, dont les actionnaires principaux sont Xavier Niel (propriétaire de Free, et Matthieu Pigasse, banquier d'affaires, 
Alexandre Benalla est en contact régulier avec différents numéros de portables de l'Elysée. Son principal interlocuteur aurait été Ismaël Emelien, 31 ans, ancien conseiller en communication d'Emmanuel Macron au ministère de l'Economie, ex-militant de Dominique Strauss-Kahn -- comme Cédric O (36 ans, conseiller conjoint du président de la République Emmanuel Macron et du premier ministre Edouard Philippe où il est l'oreille de l'Elysée), Benjamin Griveaux (42 ans, porte-parole du gouvernement étrangement silencieux depuis quelques jours), Stanislas Guérini (37 ans, délégué général de LREM) ou encore Sibeth Ndiaye (franco-sénégalaise de 39 ans et 'meuf' qui dirige la com' du président et n'hésite pas à déclarer : "pour protéger le président, j’assume parfaitement de mentir"...) -- devenu une pièce maîtresse dans la campagne d'Emmanuel Macron.
Ismaël Emelien a fait partie en 2013 de l'équipe chargée de la communication de Nicolás Maduro, syndicaliste, puis président bolivarien du Venezuela (avec 50,6 % des voix) après la mort d'Hugo Chávez, pendant sa campagne présidentielle et se rendra en Syrie pour installer une succursale de l'entreprise de vente et d'installation de panneaux solaires que son père a fondée avec ...Stanislas Guérini.


Selon l'Obs, subventionné par l'Etat français, le "conseiller spécial" du chef de l'Etat serait "le plus en capacité d'avoir pu réceptionner durant la nuit le CD" contenant les images de l'affrontement entre Alexandre Benalla et un couple de manifestants. Son but supposé : les diffuser à travers un compte Twitter proche du parti présidentiel 'La République En Marche' pour préparer la défense du mis en cause.

Or, l'ex-garde du corps a toujours affirmé avoir transmis la vidéo à l'Elysée bien plus tard, vers 8h30. Deux versions bien différentes donc, qui pourraient mettre à mal encore une fois Emmanuel Macron et son plus proche conseiller. Ismaël Emelien a déclaré à l'Obs "réserver naturellement l'ensemble de ses déclarations à la justice".

mardi 2 octobre 2018

Benalla violente un couple; ses victimes sont mises en garde à vue

Ce sont les deux activistes tabassés par Benalla qui sont en garde à vue
L'homme et la femme violentés par l'ancien chargé de mission de l'Elysée Alexandre Benalla lors des manifestations du 1er mai ont été placés en garde à vue mardi avec trois autres personnes, a-t-on appris de source proche de l'enquête.
Chloé et Georgios ont reconnu dans des entretiens avoir lancé sur les forces de l'ordre des objets, dont un cendrier et une carafe pris à la terrasse d'un café, sur la place de la Contrescarpe, dans le Ve arrondissement de Paris.
C'est à la suite de ce geste, qu'ils ont dit regretter, qu'Alexandre Benalla, casqué et mêlé aux CRS présents sur place, a participé à leur interpellation violente.
Celui qui s'était imposé comme l'homme de confiance du chef de l'Etat, Emmanuel Macron, depuis la campagne de l'élection présidentielle, avait dû être licencié de l'Elysée et mis en examen, après la diffusion en juillet d'un enregistrement vidéo de cet incident.
Les cinq personnes placées en garde à vue mardi, dont le couple, font l'objet d'une enquête ouverte pour violences commises contre personnes dépositaires de l'autorité publique le 1er mai sur la place de la Contrescarpe, précise-t-on de source proche de l'enquête.

lundi 24 septembre 2018

Benallagate : les juges ordonnent l'expertise psychiatrique d'Alexandre Benalla

Ce proche de Macron sera-t-il déclaré "déséquilibré" ?

L'ex-chargé de mission d'Emmanuel Macron pourrait être reconnu schizophrène

Le "casseur" de l'Elysée est-il névrosé ou psychotique ?
Une expertise psychiatrique d'Alexandre Benalla a été demandée par les juges, révèle le Journal du Dimanche (JDD). Elle devrait avoir lieu le 28 septembre, en application de l'article 706-47-1 du code de procédure pénale.

Alexandre Benalla a été mis en examen le 22 juillet dernier, pour "violences volontaires", "immixtion dans l'exercice d'une fonction publique" et "port prohibé d'une arme de catégorie B", après la diffusion d'une vidéo qui montre sa participation au maintien de l'ordre lors des manifestations du 1er-Mai 2018.

Il s'agit en outre de déterminer si sa volonté de puissance a poussé Benalla à s'arroger des prérogatives que son statut n'autorisaient pas.

jeudi 19 juillet 2018

Violences sur manifestant par un proche collaborateur de Macron

Alexandre Benalla s'est acharné sur un manifestant du 1er Mai : depuis, Macron l'a maintenu à son service

L'identité de l'inconnu surpris en train de rouer de coups un manifestant est finalement révélée, plus de deux mois après les faits.

DIRECT. Affaire Alexandre Benalla : le collaborateur de l'Elysée était dans le bus des Bleus lors duAlexandre Benalla lors d\'une manifestation à Paris, le 1er mai 2018.

L' "homme" qui a frappé au sol ce manifestant est Alexandre Benalla, chargé de mission à l'Elysée
auprès du chef de Cabinet, François-Xavier Lauch.

Une vidéo, tournée dans le 5e arrondissement de Paris et diffusée dès le 1er Mai sur les réseaux sociaux, montre Alexandre Benalla, coiffé d'un casque de policier et arborant un brassard - dans certaines scènes seulement -  s'est déchaîné place de la Contrescarpe. 
Des sanctions tardives et factices s'en seraient suivies, en conséquence des révélations de passage à tabac. Ce collaborateur d'Emmanuel Macron aurait été mis à pied pendant deux semaines, mais réintégré pour des fonctions administratives à l'Elysée, révèle Le Monde. 
Que s'est-il passé ce jour-là ?
Les faits se sont déroulés en fin de journée, mardi 1er Mai, lors d'un rassemblement "en marge", comme on dit,  des manifestations, dans le Quartier latin de Paris. Selon le quotidien, moins de 100 personnes sont alors assises par terre place de la Contrescarpe, pour un "apéro" initié par le Comité d'action inter-lycéen (un collectif anarcho-révolutionnaire dont le blog est hébergé par Mediapart), rejoint par le syndicat étudiant UNEF et La France insoumise (LFI).

"Assez vite, une trentaine de CRS est arrivée et a bouclé la place. A ce moment-là, ça a rapidement dégénéré", témoigne auprès de Libération Taha Bouhafs, 19 ans, auteur de la vidéo, ex-candidat de la France Insoumise (LFI) aux législatives en Isère, mêlé aux événements de Tolbiac en avril dernier (individu à droite, ci-dessous). L'activiste, qui y a relayé certaines rumeurs de violence sans avoir vérifié leur véracité, fut la cible d'une campagne d'hostilité à son agit-prop.
L'évacuation du campus de Tolbiac le vendredi 20 avril, avec Taha Bouhafs à droite. / © Christophe SIMON / AFP

Sa vidéo montre les violences physiques commises par Alexandre Benalla. Ce collaborateur d'Emmanuel Macron est vêtu d'un sweat-shirt gris clair sous un blouson noir et
montré en train de tirer une jeune manifestante par le cou. Il se défoule ensuite sur un jeune homme à terre, lui assénant des coups de poing sur la nuque et des coups de pied, sous le regard des forces de l'ordre présentes, qui n'interviennent pas sur ce qui était passé pour des violences policières, ce qui accrédite l'idée qu'elles savent qui est cet individu, un intouchable.
"Il arrive en courant, il attrape par le cou le gars qui est déjà à terre entouré de CRS. Il l’étrangle et lui met plusieurs coups de poing par derrière, c’est un tabassage en règle, témoigne Taha Bouhafsà dans Libération.Le jeune homme agressé lui demande d'arrêter, lui criant "je vais vous expliquer". "La victime a du mal à respirer, se touche le ventre. On crie tous plusieurs fois d’arrêter, c’est hyper violent", rapporte encore T. Bouhafs. Quand le militant s'approche d'Alexandre Benalla pour lui porter secours  mieux filmer son visage [sic], ce dernier quitte les lieux, craignant d'être identifié.
Contacté par Le Monde, Patrick Strzoda, le directeur de cabinet du chef de l'Etat, a confirmé qu'Alexandre Benalla est bien l'auteur de ces violences. 

Qui est ce protégé de Macron ? 
 
Alexandre Benalla, ancien responsable de la sécurité de la campagne d'Emmanuel Macron aujourd'hui chargé de mission à l'Élysée, arborant lors de la manifestation du 1er mai un brassard police alors qu'il n'appartient pas aux forces de l'ordre.
Ce proche du président, adjoint au chef de cabinet François-Xavier Lauch, a été chargé de la sécurité d'Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle, indique Le Monde. Lors de la précédente campagne, en 2011 et 2012, Alexandre Benella avait été responsable de la sécurité de Martine Aubry, puis cet homme de main avait intégré le service d'ordre chargé de la protection du candidat socialiste à l'élection présidentielle, François Hollande. 
Il a également travaillé brièvement pour Arnaud Montebourg, qui l'a très rapidement congédié, précise Le Monde"Je m'en suis séparé au bout d'une semaine après une faute professionnelle d'une première gravité : il avait provoqué un accident de voiture en ma présence et voulait prendre la fuite", confie l'ancien ministre de l'Economie au quotidien. 
Lors de la campagne d'Emmanuel Macron, cet ancien salarié d'un groupe de sécurité privée est repéré pour ses méthodes musclées. Selon les "Macron Leaks", cités par Le Monde, Alexandre Benalla souhaitait commander deux pistolets lançant des balles en caoutchouc, mais également des boucliers anti-émeutes et un flash-ball pour le service de sécurité du candidat. A l'occasion d'un meeting de campagne à Caen (Calvados), en mars 2017, ce chef de la sécurité d'Emmanuel Macron avait évacué de force un photographe, estimant qu'il était trop près du candidat, poursuit Le Monde
Que faisait Benalla à cette manifestation syndicale ?

Alexandre Benalla "souhaitait participer à une intervention auprès de la préfecture de police, pour voir comment se gérait une grande manifestation, à l'occasion du 1er-Mai," explique Patrick Strzoda, 66 ans, ex-socialiste, dans un entretien accordé au Monde. 
Ce dernier avait été nommé préfet de Paris, préfet de la région Ile-de-France, avec prise de fonction au mais n'exerce pas cette fonction en raison d’une nouvelle nomination en tant que directeur du cabinet du président de la RépubliqueEmmanuel Macron prenant effet le même jour.
Il m'en a demandé l'autorisation, je la lui ai donnée, mais en précisant bien qu'il y allait en observateur, assure Patrick Strzoda au "Monde".

Le directeur de cabinet du chef de l'Etat admet qu'il a été informé dès le 2 mai qu'Alexandre Benalla avait été identifié "en train de participer à des opérations de maintien de l'ordre". "J'ai vu les vidéos, je l'ai convoqué le jour-même", affirme Patrick Strzoda.

Comment Benalla a-t-il été sanctionné ?

"Si les faits sont avérés, il faut prendre des sanctions", aurait réagi Macronlorsqu'il a été informé des violences commises par son nervi, si on en croit Le Monde. 

Après avoir reconnu les faits, Alexandre Benalla a reçu une lettre de Patrick Strzoda, dans laquelle le directeur de cabinet stipule que ses actes ont "porté atteinte à l'exemplarité qui est attendue, en toutes circonstances, des agents de la présidence de la République". Il lui annonce alors qu'il est suspendu de ses fonctions et privé de salaire pour une durée de deux semaines, jusqu'au 19 mai. En cas de récidive, Patrick Strzoda le prévient : "Je mettrai fin définitivement à votre collaboration au sein des services de la présidence de la République". 
"Cette sanction est la plus grave jamais prononcée contre un chargé de mission à l'Elysée", commente Bruno Roger-Petit, porte-parole sorti de son placard à l'Elysée, lors d'une déclaration, jeudi 19 juillet.

L'ex-journaliste donneur de leçons sur le site 'LePost', Bruno Roger-Petit a précisé qu'un autre homme, Vincent Crase, a été sanctionné dans le cadre de ces violences. 

"Ce gendarme réserviste, par ailleurs employé de La République en marche, [LREM] était très ponctuellement mobilisé, comme d'autres réservistes, par le commandement militaire de la présidence de la République", a précisé le porte-parole de l'Elysée. Pour avoir escorté Alexandre Benalla le 1er mai, "il a été sanctionné, comme lui, par une mise à pied de 15 jours avec suspension de salaire", a-t-il ajouté. "Il a été également mis fin à toute collaboration entre lui et la présidence de la République." Ce qui n'est pas le cas de Benalla.

Depuis son retour à l'Elysée, le 19 mai, Alexandre Benalla est toujours chargé de mission, mais désormais responsable de la sécurité d'événements ayant lieu "à l'intérieur" de l'Elysée. 


Une enquête préliminaire a été ouverte jeudi, pour "violences par personne chargée d'une mission de service public", "usurpation de fonctions" et "usurpation de signes réservés à l'autorité publique," annonce le Parquet de Paris. L'enquête a été confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP), précise le Parquet.

Quelles sont les premières réactions politiques ?

Depuis mercredi, les révélations ont entraîné de vives réactions dans la classe politique française. 

"Je reste sans voix", a réagi sur Twitter Boris Vallaud, député et porte-parole du Parti socialiste. 

"Est-ce que l'Elysée a sanctionné ce collaborateur ?", interroge de son côté Valérie Boyer, députée Les Républicains des Bouches-du-Rhône.

Plus incisif, le député 'La France insoumise' de Seine-Saint-Denis,
 Eric Coquerel, demande une commission d'enquête parlementaire sur ces violences commises le 1er mai, a-t-il quant à lui annoncé .


"La scène filmée est d'une grande violence", a réagi enfin Florian Philippot sur le réseau social. "Incroyable que ce type soit encore au service du président de la République", a-t-il déclaré.

Interpellée à l'Assemblée nationale sur l'affaire par le député Les Républicains Eric Ciotti, la garde des Sceaux Nicole Belloubet  a déclaré que "les éléments qui ont été révélés par les films qui ont été diffusés témoignent effectivement de gestes absolument inadaptés". "Si cela paraît nécessaire, le procureur prendra de sa propre initiative les décisions qui s'imposent", a-t-elle ajouté.