POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

mercredi 28 novembre 2018

Rencontre pour rien avec de Rugy : un "gilet jaune" appelle à manifester samedi à Paris

Ils s'étaient mis  à trois pour "entendre" deux représentants des Gilets jaunes

Le gouvernement est resté fermé à toute écoute


Après une journée d'incertitudes et une prise de parole très verbeuse du président Emmanuel Macron, en matinée, ce mardi, Eric Drouet, l'un des porte-parole des manifestants a déploré que "les Français n'ont pas du tout été convaincus" par les paroles du président Macron.

Paris-7-ardt-Hôtel-de-Roquelaure-DSC 0014.jpg
Après deux heures d'attente au ministère de la Transition écologique et solidaire, à l’hôtel de Roquelaure, 246 du boulevard Saint-Germain à Paris, ci-contre, avant d'être reçus mardi soir, deux représentants des gilets jaunes, Eric Drouet et Priscillia Ludosky, deux des huit porte-parole officiels du mouvement des Gilets jaunes, ont finalement pu rencontrer le ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy et ses secrétaires d'Etat Brune Poirson et Emmanuelle Wargon.
Après deux autres heures de réunion, Eric Drouet a appelé à une nouvelle manifestation samedi prochain à Paris, sur les Champs-Elysées. 
-
Eric Drouet, un chauffeur routier de Melun (Seine-et-Marne) et père de famille âgé de 33 ans, a créé ce dimanche après-midi un événement Facebook intitulé 'Acte II : toute la France à Paris ! ! ! '. Il a ainsi donné rendez-vous aux Gilets jaunes samedi 24 novembre place de la Concorde, à Paris. A 19 heures, 11.000 personnes s’étaient déjà inscrites sur Facebook au grand rassemblement national des Gilets jaunes au 'Samedi jaune' du 24 novembre. Et 81.000 se disaient intéressées par l’événement.

Résultat de recherche d'images pour "Priscillia Ludosky"
Membre d’une association de passionnés d’automobile, Muster Crew, Eric Drouet s’était placé dès la rentrée de septembre dans la roue de Priscillia Ludosky, ci-contre, cette habitante de Seine-et-Marne, près de Melun, qui a lancé la fameuse pétition contre la hausse des taxes sur le prix du carburant qui a recueilli près d’un million de signatures le dimanche soir.

Mais, mardi matin, des organisateurs du mouvement ont exprimé des réserves sur la prestation d'Eric Drouet sur le plateau de 'Bourdin Direct', sur BFMTV. Face à un Jean-Jacques Bourdin offensif, martelant les questions sur les objectifs des Gilets jaunes, Eric Drouet, qui sortait d’une nuit de travail, n’a pas fait l'unanimité dans son camp. 
  
Pourquoi réduire la colère sociale à l'écologie ?

Eric Drouet dénonce l'approche du gouvernement centrée sur l'écologie. "On avait plus de souhaits que ça; on n'était pas que sur la transition écologique, on était sur un débat beaucoup plus grand." 

Manifester de nouveau ce week-end est donc inévitable. "Il y aura le rendez-vous, comme samedi dernier, aux Champs-Elysées. Le souhait de tous les gilets jaunes, c'est de continuer chaque samedi comme ça, aux Champs-Elysées". 


Débats dans tous les départements, sur trois mois : stratégie du délitement


Rugy a admis qu'il était dépassé par l'ampleur des points de colère. 
Il enregistré que "leurs revendications, qu'ils nous ont remises sur deux pages, vont très au-delà des questions de la transition écologique".



Désireux de gagner du temps, le ministre d'Etat a réaffirmé à ses interlocuteurs que l'exécutif est prêt à "organiser des débats dans tous les départements où les citoyens [seulement ceux] qui sont impliqués dans les gilets jaunes pourront venir s'exprimer". 

Dupe de la méthode du pourrissement adoptée par Macron, l'autre porte-parole des gilets jaunes souhaite que "chaque grande région trouve ses représentants" pour parler au nom du mouvement. Priscilla Ludosky, auto-entrepreneuse également reçue au ministère a pour sa part demandé une autre réunion, en présence cette fois du "porte-parole du gouvernement ou le Premier ministre".

Qui sont ces huit anonymes devenus "communicants officiels" des Gilets jaunes

LCI les a d'abord pris de haut, puis jugés désordonnés et enfin déclarés contestés

Ces anonymes devenus "messagers" des Gilets jaunes gagnent à être connus


Ils sont désormais le visage officiel des Gilets Jaunes et deux d'entre eux (seulement) ont été reçus par François de Rugy (escorté de ses deux secrétaires d'Etat, Brune Poirson et Wargon) ce mardi. Intérimaire, serveur, routier, ils sont ces"gens qui ne sont rien". Pour autant, sont-ils des "illettrés" ou des "séditieux"?... Qui sont ces 8 "communicants officiels" désormais désignés en visio-conférence par l'ensemble de leurs représentants territoriaux pour représenter ce mouvement au niveau nationalCe sont eux qui relaieront dorénavant la parole des Gilets jaunes en régions. 

Une "délégation" de huit "communicants officiels" du mouvement a été créée ce lundi, annonce un communiqué publié sur Facebook, mentionnant deux principales revendications, à savoir "revoir à la baisse toutes les taxes" ET créer "une assemblée citoyenne" pour débattre des thèmes de la transition écologique. L'objectif est d' "engager une prise de contact sérieuse et nécessaire avec les représentants de l'Etat et de son gouvernement", détaille le communiqué. Parmi ces interlocuteurs nationaux, désignés par une trentaine de représentants régionaux, à la légitimité déjà contestée par des membres du mouvement qui n'ont pas été désignés, on retrouve logiquement des visages que les media ont fait émerger des rangs du mouvement dès le départ de la grogne contre la hausse des carburants.

Priscillia Ludosky, la pétitionnaire

Porte-voix depuis la première heure, elle est une porte-parole naturelle du mouvementA la tête d'une société de vente en ligne de cosmétiques bio et de conseils en aromathérapie, cette auto-entrepreneuse de Seine-et-Marne (seule femme sur la photo ci-dessus)  est l’initiatrice d’une pétition pour la baisse des prix du carburant lancée en mai 2018. Ces dernières semaines, son texte est passé de 10.000 à près de 1.000.000 de signatures. Rejetant toute affiliation à des partis politiques, cette trentenaire n’avait pas explicitement appelé à bloquer des routes le 17 novembre, mais avait apporté son soutien à ceux qui avaient lancé cette action de blocage.

Eric Drouet, l'initiateur de la mobilisation
Le visage d’Eric Drouet, lui aussi originaire de Seine-et-Marne, n’est pas inconnu non plus du grand public (dernier à droite, ci-dessus). Avec l’événement Facebook "mouvement national contre la hausse des taxes" qu'il cogère, le chauffeur routier trentenaire a lancé l'idée d'actions des Gilets jaunes dans toute la France le 17 novembre.

Depuis le 17 novembre, pas question d'abandonner pour Priscilla Ludosky

A leurs côtés, depuis la province, six autres porte-voix se feront eux aussi l’écho des revendications des Gilets jaunes au niveau national. 

Maxime Nicolle, intérimaire des Côtes-d'Armor

Sur la Toile, Maxime Nicolle, intérimaire des Côtes-d'Armor, est le premier d'entre eux à voir relayé le communiqué sur la page Facebook "Fly Rider infos blocage" de près de 50.000 membres qu'il gère. Le jeune homme apparaît dans de nombreuses vidéos dans lesquelles il tente d'organiser le mouvement, notamment à travers des sondages de propositions à soumettre à Emmanuel Macron. "Je vous annonce officiellement que je suis un des référents des porte-parole officiels France pour le mouvement des Gilets jaunes", a-t-il expliqué cet après-midi dans une vidéo en direct, très suivie sur le réseaux social. Et de préciser dans la foulée : "on n’est pas des chefs, on n’est pas des leaders, on n’est pas des décisionnaires, on est des messagers."

Marine Charrette Labadie, serveuse de Corrèze

Agée de 22 ans, elle s'est vu confier la responsabilité de l’organisation du mouvement à Brive-la-Gaillarde, en Corrèze, après avoir décidé, en amont de la journée de mobilisation nationale du 17 novembre, de déclarer la manifestation.
Elle expliquait récemment à L'Opinion qu'elle occupe son temps libre à "l’organisation et au dialogue avec les autres manifestants."
Notez au passage comment la journaliste de BFMTV Adeline François (présentatrice qui a dû présenter des excuses pour un commentaire que ses collègues photo-reporters ont jugé méprisant, le 13 avril dernier: "un photographe qui a 'juste appuyé sur le clic-clac au bon moment..., " a-t-elle ricané depuis son studio) 

A. François apporte la contradiction à la petite serveuse, plutôt que de lui poser des questions neutres, quand la jeune femme indique la priorité, " la baisse des taxes du carburant":

Julien Terrier, dépanneur de l'Isère

A 31 ans, Julien Terrier, le porte-parole grenoblois de l'Isère, est passé par l’armée de l’air. "J'ai créé ma propre entreprise de rénovation et dépannage", a-t-il expliqué à LCI. "J'avais dans l'idée de créer un collectif de citoyens d'entr'aide." Ce collectif deviendra finalement les Gilets jaunes.

Mathieu Blavier, étudiant des Bouches-du-Rhône

Mathieu Blavier, l'étudiant-artisan porte-parole des GJ.
Si Mathieu Blavier, représentant des Bouches-du-Rhône, ne s'est pas encore exprimé dans la presse, y compris locale, depuis le début de la mobilisation des Gilets jaunes, des publications sur Facebook évoquent un "apprenti avocat". Le jeune homme de 21 ans, originaire de Miramas, cité cheminote et communiste de 1995 à 2001, est en effet étudiant en droit à la faculté d'Aix-en-Provence. Pour financer son cursus, ce "premier de cordée" aurait par ailleurs lancé sa propre fabrique de jus de pomme artisanal en 2016, comme le relatait à l'époque le quotidien régional La Provence. Un "auto-entrepreneur" en fait associé à son papa, Jacky...

Thomas Miralles, engagé depuis la première heure en Occitanie

Résultat de recherche d'images pour "Thomas Miralles"Ce Perpignanais de 25 ans sera le messager des Gilets jaunes catalans dans les Pyrénées-Orientales. Engagé de la première heure, il avait livré à France 3 Occitanie ses intentions à la veille de la manifestation du 17 novembre. "On compte rester dans un esprit pacifiste : le but n’est pas d’aller à l’encontre des forces de l’ordre; ils sont des citoyens comme nous et eux aussi souffrent de la hausse du prix du carburant, donc il faudra les laisser passer, il faudra rester pacifiste."
Toutefois, le jeune homme a déjà à son actif deux engagements politiques, comme l'a relevé L'Indépendant, dans une information confirmée par l'intéressé. L'un pour le Front national aux municipales 2014 de Canet-en-Roussillon, et l'autre, plus précoce, pour une liste Union Républicaine soutenue... par le Parti socialiste. Des recherches politiques qualifiées d'erreurs qui sont parfois sanctionnées : à Toulouse, Benjamin Cauchy, ex-UMP de Haute-Garonne, a été évincé des porte-parole du mouvement des Gilets jaunes.

Jason Herbert, chargé de com' en Charente

Ce jeune Charentais de 26 ans est, quant à lui, chargé de communication pour le Grand Angoulême, PS. Membre de la CFDT-Journalistes, mais "indépendant", apolitique" et quoi encore ?, cet engagement politico-syndical pourrait lui valoir d'être évincé, rapporte Marianne
BFMTV le trouve pourtant à sa convenance, hier, mardi matin, et lui donne la parole pour estimer qu'un moratoire sur les hausses des taxes ne sera "pas suffisant".

Dimanche soir, une première réunion visant à désigner quatre ou cinq porte-paroles nationaux du mouvement était restée vaine, alors que des désaccords et des rivalités  personnelles commencent à surgir concernant les méthodes d'action et les revendications, aussitôt exploitées et amplifiés par les media inféodés au pouvoir.

VOIR et ENTENDRE comment LCI "casse" le mouvement des Gilets jaunes dans sa présentation partiale de leurs "messagers", des portraits négatifs qui insistent sur la dissidence et envisageant volontiers une fracture :
(désolée de vous faire subir une pub)




mardi 27 novembre 2018

Un astrophysicien ridiculise Macron sur sa transition écologique

"On ne combat pas une crise planétaire par des mesures d’ajustement", ironise Aurélien Barrau 

Barrau, professeur à l'université Grenoble-Alpes
A l'origine de l'appel des 200 personnalités pour sauver la planète, dans le journal Le Monde, à la suite de la démission de Nicolas Hulot, l'astrophysicien Aurélien Barrau, 45 ans, ci-dessus, répond au discours d'Emmanuel Macron sur la transition écologique. A part quelques points positifs il s'inquiète de "manques essentiels" dans ses propositions.

Le discours d'Emmanuel Macron mardi était sur le fil du rasoir. A-t-il convaincu les Gilets jaunes? Pas sûr. Et les écologistes? Pas tout à fait non plus. Aurélien Barrau est astrophysicien et prend depuis plusieurs semaines position dans les media pour faire prendre conscience au grand public de la crise climatique à venir et des profonds changements qu'elle implique. Il est notamment à l'origine de l'appel de 200 personnalités à un changement sociétal pour sauver la planète. Pour le Journal du dimanche, il réagit aux annonces du Président. 

La tribune d'Aurélien Barrau 

"Le chef de l’Etat semble prendre conscience de la gravité extrême de la situation écologique globale et c’est une bonne nouvelle. Cela suffira-t-il pour autant? De nombreux aspects, essentiels, ont été passés sous silence. Et surtout : les mots seront-ils suivis des faits? L’histoire récente appelle à la plus grande prudence et à la plus grande vigilance. Et, quand bien même ce serait le cas, il n’est sans doute pas possible de faire face au drame actuel en tentant désespérément de sauvegarder un système mortifère et agonisant. Il faudra aller plus loin.

Nous sommes en danger vital, tout à la fois coupables et victimes d’un saccage planétaire sans précédent. Dans cet étrange suicide collectif, nous entraînons, de plus, beaucoup d’espèces et commettons finalement un "crime contre l’avenir". La question de la vie sur Terre ne peut pas être secondaire : si ce combat est perdu, tous les autres le seront aussi.

Face à ce défi, le plus important de l’histoire de l’humanité, le plus grave et le plus global, le plus difficile aussi, il ne saurait être question de s’en tenir à des ajustements de détails.

Les premières victimes du désastre écologiques seront les plus démunis

Il est rassurant de noter que le président de la République annonce, si je l’ai bien compris, la nécessité d’une baisse de la consommation. C’est une évidence scientifique : une croissance exponentielle de l’utilisation des ressources dans un monde fini n’est pas tenable longtemps. Un système soumis à un tel régime ne peut que "crasher" rapidement. A moins d’inverser rapidement la tendance en cours, nous allons donc mener le système "Planète Terre" au crash. Ce n’est pas un détail.

Il est également heureux de noter que monsieur Macron évoque les 48.000 décès annuels, rien qu’en France, dus à la pollution. Ce chiffre affolant devrait susciter une réaction à sa démesure. Un véritable "état d’urgence environnemental".

Enfin, la reconnaissance de ce que la transition écologique – si elle a effectivement lieu, puisque pour le moment aucune action réelle n’a encore été entreprise – est génératrice d’emplois [et de combien de suppressions ?] et, évidemment, convergente avec le progrès social est une bonne chose. De même que la volonté de développer des énergies non carbonées. Les premières victimes du désastre écologique seront les plus démunis, comme noté par le chef de l’Etat, et cette préoccupation est donc tout sauf élitiste.

Je pense enfin – et je sais que ce sujet est très polémique – que le Président a raison de viser une sortie "lente" du nucléaire. S’en extraire immédiatement serait catastrophique et imposerait de recourir à des énergies terriblement plus néfastes au niveau climatique. Souhaiter y demeurer dans le long terme pourrait être irresponsable compte-tenu des dangers associés aux déchets.

Emmanuel Macron me semble donc avoir évoqué avec nuance et précision un certain nombre de points importants.

Il n’est pas possible de penser une situation écologiquement pérenne sans une meilleure répartition des richesses

Il ne saurait pourtant être question d’en demeurer à une satisfaction de façade. D’abord, il y a, je crois, des manques essentiels dans le discours du chef de l'Etat

Au niveau social, évidemment : il n’est pas possible de penser une situation écologiquement pérenne sans une meilleure répartition des richesses. Nous habitons un monde où huit personnes possèdent autant que la moitié de la population mondiale. Ce n’est pas tenable.

Et, pour en rester à l’aspect purement environnemental, il est très contrariant que l’expansionnisme débridé des territoires humainement impactés n’ait pas été mentionné. Nous ne pouvons plus continuer à envahir tout l’espace. Les autres vivants – avec lesquels nous sommes en interdépendance – n’ont plus de lieu pour vivre. C’est actuellement une cause majeure d’extinction des espèces.

Il est également étonnant et inquiétant que les très graves problèmes de pollutions liés, par exemple, à l’emploi du plastique (la mer de plastique dans l’océan pacifique fait actuellement 3 fois la taille de la France et sa masse augmente exponentiellement) n’aient pas été discutés.

Le dérèglement climatique est un problème immense mais il est loin d’être le seul. Les vivants sont, en ce moment même, en train de mourir sur Terre : les espèces disparaissent – la 6e extinction massive est en cours – et même au sein des espèces peu menacées, les populations s’effondrent. En quelques décennies, nous avons éradiqué 60% des vertébrés de la planète et 80% des insectes en Europe. Et cela n’est pas (encore) dû au réchauffement climatique…

Il s’agit de conjurer la fin du monde. Les mots ne sont pas exagérés

Le risque de l’évolution esquissée par le Président, c’est peut-être avant tout celui d’une nouvelle tentative de sauvetage d’un système intrinsèquement incompatible avec la vie. On ne combat pas des bombes atomiques avec des épées de bois, on ne combat pas une crise d’ampleur planétaire par des mesures d’ajustement.

Il s’agit de conjurer la fin du monde. Les mots ne sont pas exagérés. Dépeuplée de la plupart des vivants, dévastée par la famine, dévisagée par la pollution, dépeuplée par les canicules, la Terre perdrait ce qui la rend unique et magnifique. Elle ne mériterait plus qu’on se batte pour elle. Le monde ne serait plus le monde. Face, donc, à cette fin du monde, il faut aller plus loin, plus vite et, surtout plus profondément que ce qui a été suggéré par le chef de l’Etat. [Et cette urgence a un coût que les populations déjà lourdement surtaxées ne sont pas prêtes à supporter : Ni Macron, ni Barrau n'a intégré ce paramètre] Sans doute est-il souhaitable, comme le propose monsieur Macron, de favoriser les véhicules électriques qui seront – un peu – moins polluants [il faudra produire plus d'électricité d'origine nucléaire ou à partir d'énergies fossiles]. Mais on ne peut pas continuer exactement "comme avant". On ne peut pas en rester là. On ne peut pas se contenter de changer superficiellement les accessoires et de ne pas interroger les enjeux et les objectifs.

Le défi est immense. Incommensurable à tout autre. C’est tout notre rapport à la "nature" qui doit être urgemment repensé. C’est cette mortelle velléité à nous extraire d’une nature dont nous sommes pourtant un élément parmi tant d’autres qui doit être mise sur la table. C’est un travail politique mais aussi éthique et philosophique. Bien-sûr, il faut décroître suivant les indicateurs de l’ancien monde, c’est une question de survie. Mais il faut aussi trouver de nouveaux indicateurs qui montreront que cette décroissance peut aussi devenir un réenchantement [sic] très profond. Il n’est pas question de revenir à l’âge de pierre [de bronze, peut-être], mais au contraire d’inventer, enfin, un devenir radicalement autre qui s’extraie de la logique de domination et d’appropriation.

On ne s’entendra pas sur "le bon système". Pour faire face au désastre écologique, chacun a son analyse sur les "racines du mal". Et les analyses sont divergentes. Alors, pour une fois, attaquons-nous d’abord aux conséquences. Faisons-le. Agissons. Mettons en place les mesures qui seront recommandéEs par le Haut Conseil pour le climat créé par Emmanuel Macron – y compris quand elle seront orthogonales aux dogmes en vigueur –, et allons au-delà, car il le faudra, sans aucun doute. Nous verrons bien, a posteriori, quel système permettra de mener cette révolution. Choisissons la vie et les normes s’adapteront.

Le seul espoir face à la catastrophe en cours, c’est que, finalement, forcés d’inventer un autre rapport à la nature, du dedans, nous soyons aussi contraint d’inventer un autre rapport à nos semblables. Peut-être la nécessité écologique sera-t-elle finalement le salut social. Nous pouvons ici tout perdre. Mais aussi gagner ce qui semblait inaccessible. Les temps sont décisifs."

Des critiques et des directions, mais quelles propositions concrètes ?...

"Gilets jaunes": Hollande tacle le gouvernement et demande plus de redistribution

L'ancien président préconise le renforcement de l'assistanat de l'"ancien monde"

'Réchauffer un serpent dans son sein', puis le renier

Résultat de recherche d'images pour "nationalismes Macron"
L'ancien président s'en est pris lundi au gouvernement, et notamment au ministre du Budget Gérald Darmanin qui a parlé de "peste brune" à propos des "gilets jaunes".
"Comment peut-on utiliser des mots comme ça ? Ca déconsidère même celui qui l'emploie, ce mot-là, pas ceux qu'il vise", a déclaré l'ancien président de la République sur France Inter.
Sur les Champs-Elysées, "ce ne sont pas des gilets jaunes qui ont manifesté, c'est la peste brune", avait affirmé G. Darmanin, dimanche sur RTL.

Pour François Hollande, les "gilets jaunes" sont le signe d'une "aspiration populaire à être regardés (...), entendus (...), compris"

Il a en revanche passé sous silence la métaphore de Macron sur la "lèpre nationaliste"
L21 juin 2018, lors d'une allocution à Quimper en Bretagne, Emmanuel Macron avait agressé ses voisins italiens, dénonçant la "lèpre qui monte" en Europe, allusion au nationalisme. Le président français s'était emporté contre "le nationalisme qui renaît, la frontière fermée que certains proposent", ainsi que ceux qui "trahissent même l'asile". Le ministre de l'Intérieur italien Matteo Salvini y a vu des "insultes" à son pays. "Si Macron cessait d'insulter et pratiquait concrètement la générosité qui emplit sa bouche, en accueillant les milliers d'immigrants que l'Italie a accueillis ces dernières années, ce serait mieux pour tout le monde", a riposté, lors d'une visite à Terni, le ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini, selon l'agence de presse italienne AGI.

Macron met en garde contre la "lèpre nationaliste" et un retour aux années 1930
Macron est "frappé" par la ressemblance entre la situation actuelle en Europe et celle des années 1930, a-t-il déclaré à Ouest-France, quatre mois plus tard, mercredi 31 octobre 2018. "Dans une Europe qui est divisée par les peurs, le repli nationaliste, les conséquences de la crise économique, on voit presque méthodiquement se ré-articuler tout ce qui a rythmé la vie de l'Europe de l'après Première Guerre mondiale à la crise de 1929", a élucubré le président en campagne des Européennes de mai prochain, dans la crainte d'une contamination, conscient que sa politique implacable puisse être désavouée au profit de l'extrême droite qu'il installe, dans l'opinion, au rang de premier parti d'opposition.

Une leçon de démocratie  qui irrite le Japon.
La comparaison médicale utilisée à plusieurs reprises par Macron a fait réagir un ambassadeur de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). Yohei Sasakawa, ambassadeur de bonne volonté de l’OMS pour l’élimination de la lèpre et pour le droit des personnes qui en sont atteintes, a envoyé une lettre au président français regrettant l’utilisation de la "lèpre" comme métaphore négative. 
Il rappelle qu’il lui avait déjà écrit à ce sujet au mois de juin après son discours à Quimper dans lequel il avait déjà parlé d’une "lèpre qui monte" en Europe pour parler du retour du nationalisme. Bis repetita. Cette piqûre de rappel aura-t-elle un effet cette fois-ci? Macron n'entend rien, ni personne.

Le produit des taxes sur les carburants doit être davantage redistribué

C'est le conseil du président qui a renoncé à se représenter à l'issue de son quinquennat. Interrogé sur un éventuel abandon par le gouvernement des hausses de taxe prévues en janvier, Hollande a suggéré que l'exécutif se réaligne sur la trajectoire carbone fixée sous son propre quinquennat ou qu'il y ait une "réallocation" des recettes supplémentaires pour accompagner la transition énergétique (chèque énergie, isolation des logements). Un retour à l'"ancien monde" de l'assistanat.

"L'égalité, la justice fiscale, elle n'est pas au rendez-vous. Sur la même ligne que le PCF, Hollande a estimé que ce qui marquera le début de ce quinquennat, c'est la suppression de l'impôt sur la fortune",  qui avait déjà qualifié Emmanuel Macron de "président des très riches" il y a quelques mois.

Le mentor de l'actuel président de la République a invité son successeur à davantage considérer "les corps intermédiaires", et notamment les organisations syndicales.
Il a notamment critiqué le refus du Premier ministre Edouard Philippe de prendre en compte la proposition du patron de la CFDT Laurent Berger de réunir les acteurs sociaux pour construire un "pacte social de la conversion écologique".
"On a la chance d'avoir une proposition qui vient d'un partenaire social [proche du PS] qui est le premier syndicat dans le secteur privé et qui vient vous dire 'est-ce qu'on [ne] peut pas se mettre autour d'une table pour trouver ensemble des solutions ?'. On n'envoie pas le Premier ministre un dimanche soir à la télévision pour repousser d'un revers de main une proposition qui part avec un bon esprit, qui cherche une issue et qui aurait empêché si elle avait été reprise d'avoir une semaine de manifestations, et le samedi assez cruel dont nous avons eu le spectacle sur les Champs-Elysées", a-t-il cinglé.

Dans un communiqué publié le 14 novembre, le Parti socialiste a souhaité un "gel des augmentations des taxes sur le carburant prévues en janvier".

lundi 26 novembre 2018

Mobilisation populaire du 24 novembre : polémique sur le cynisme du ministère de l'Intérieur

Gilets jaunes : un exécutif en pleine parano complotiste

Christophe Castaner accuse Marine Le Pen d'avoir encouragé les violences

Cynisme de la dramatisation :
Castaner en vareuse à épaulettes et cravate noires !
Alors que des heurts ont éclaté sur les Champs-Elysées, samedi 24 novembre, jour de mobilisation des gilets jaunes, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a dénoncé ces violences en accusant la présidente du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, d'être l'instigatrice : "fake news" ET manipulation politicienne de l'opinion à l'approche des Européennes ?

Christophe Castaner a dénoncé "les séditieux" parmi les Gilets jaunes

VOIR et ENTENDRE
le ministre insensé débiter des propos injurieux facteurs de colère ajoutée, à l'origine de violences en marge d'un mouvement qualifié de "bon-enfant" avant son intervention provocatrice :
Le bouffon affirme que "nos forces de sécurité avaient parfaitement anticipé" !

Darmanin, ministre, désigne l'ultra-gauche et le "peste brune"

EN IMAGES. Mobilisation des gilets jaunes, violences à Paris
Dimanche, le ministère de l'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, a repassé une couche de diabolisation du mouvement citoyen, assimilant les manifestants des Champs-Élysées à la "peste brune"...

La comparaison ne passe pas. Après Macron qui avait évoqué la "lèpre nationaliste" pour stigmatiser les électeurs qui ont démocratiquement porté des anti-européens  au pouvoir en Autriche ou Italie, mais aussi en Pologne ou en Slovénie, son ministre a développé la thèse  d'une montée du nazisme tendant à décrédibiliser les 'Gilets jaunes' et à démobiliser la population.

Mais le ministre des surtaxes n'a réussi qu'à se placer sous le feu de la critique ce lundi, après avoir affirmé que "la peste brune" avait manifesté samedi sur les Champs-Élysées, à Paris.

Hollande (PS) n'en croit pas ses oreilles
Cette référence au fascisme a suscité des critiques acerbes de l'opposition. "Comment peut-on utiliser des mots comme ça ? Cela déconsidère celui qui le dit", a condamné François Hollande, ce lundi sur RTL.  

Même l'extrême gauche dénonce ces propos.
 
"Il ne faut pas faire croire que des milices fascistes ont déferlé sur Paris. C'est bien plus compliqué que cela. Et cela évite de parler du fond. Les "gilets jaunes" n'égalent pas quelques abrutis d'extrême-droite très minoritaires", a de son côté affirmé ce lundi sur France Info le député LFI Alexis Corbière, abruti qui a dû abandonner le logement social de la Ville de Paris qu'il squattait. 

Marine Le Pen a enfin démonté ce lundi l'analyse de Gérald Darmanin et de Christophe Castaner, qui avait attribué dès samedi les violences à des "séditieux" de l'ultradroite". Des Français qui brandissent le drapeau français et chantent la Marseillaise, ce seraient des "séditieux ?" Pour Gérald Darmanin, les gilets jaunes sont la "peste brune", donc des nazis..." 

Aucun des interpellés n'appartient à l'ultra-droite. Peut-on en dire autant de l'ultra-gauche ? 
Alors, maintenant, le préfet de police, Michel Delpuech, et le demi-ministre de l'Intérieur assurent que des "gilets jaunes" ont pu être ...manipulés par cette ultra-droite !

Casseurs en marge du rassemblement de "gilets jaunes" à Paris : comment se sont-ils infiltrés sur les Champs-Elysées ? 

Le pouvoir a laissé l’acte 2 de la mobilisation des gilets jaunes tourner au chaos à Paris ce samedi. Des milliers de manifestants se sont rendus sur les Champs-Elysées malgré l’interdiction et de nombreux affrontements ont eu lieu avec les forces de l’ordre car des casseurs se sont infiltrés par les gilets jaunes, alors que l'exécutif se flattait de maîtriser habituellement les mouvements de foule sur les Champs. Les explications de Sibylle Delaitre.

Les forces de police ont reçu l'ordre de laisser entrer les manifestants sur les Champs-Elysées

Cette video l'atteste,
en même temps que le désordre dans les rangs policiers :


Une témoin assure en outre avoir assisté à l'arrivée d'un groupe de 'Black bloc", c'est-à-dire des internationalistes anarcho-révolutionnaires. Les journalistes avaient en effet indiqué que des cars venus d'Allemagne avaient été signalés, ce qui accrédite la thèse du cynisme de l'exécutif.

L'ultra-droite était-elle à la manoeuvre sur les Champs-Elysées ?

L'Heure des Pros (1ere partie) du 26/11/2018 :



Marine Le Pen conclut que Castaner traite les "Gilets jaunes" de nazis :


Les députés ne paieront plus la CSG que sur leur indemnité parlementaire

Les députés paieront la CSG seulement sur leurs frais de mandat parlementaire

Les députés se sont bien protégés : leur CSG n'affecte plus qu'une part minime de leurs ressources de parlementaires

Document 'Le Media pour Tous'
Ils sont tenus de s'acquitter d'une CSG-CRDS d'un montant de 699,35 euros, indique le site de l'Assemblée.

Or, ils se sont voté la suppression de leur CSG sur l'indemnité représentative de frais de mandat (IRFM) d'un montant de 5.840 euros bruts, à compter du 1er janvier 2018 : article 20 de la loi "pour la confiance dans la vie politique" du 15 septembre 2017 , ex-loi de ...moralisation !
Cette indemnité (IRFM sert à faire face aux diverses dépenses liées à l'exercice du mandat (loyers de permanence, transports en circonscription) non prises en charges ou remboursées par l'Assemblée Nationale. Alors que l'IRFM était soumise à la CSG (à hauteur de 467 euros par mois), le nouveau système de remboursement sur justificatifs qui la remplace est lui exclu de la base CSG-CRDS.

Ce changement amène une suppression de la cotisation sociale généralisée (CSG) pour les parlementaires dans un contexte où elle devrait augmenter d'1,7 point pour l'ensemble des Français en 2018. Un député y voit là une "exonération d'impôt inexplicable".

"Très franchement, comme beaucoup de députés, j'ai découvert ce point avec l'intervention de Marc Le Fur (jeudi à l'Assemblée nationale)", assure le député la France Insoumise Eric Coquerel, contacté par LCI au sujet de la suppression de la CSG sur les frais de mandat parlementaires. Dans l'ancien système, l'IRFM, les députés touchaient une indemnité de 5.840 € bruts par mois de laquelle étaient déduits 438€ de CSG et 29,20€ de CRDS. Soit 467,20€ mensuels d'impôt sur les frais de mandat.

Le député Les Républicains Marc Le Fur s'est indigné jeudi d'un "tour de passe-passe fiscal"
La prochaine mise en place  du nouveau système de remboursement des frais parlementaires sur présentation de justificatifs (sur la base de factures), répétons-le, met fin à ces prélèvements. Contacté par LCI, le député LR des Côtes-d'Armor s'interroge : "Vous trouvez vraiment normal qu'on applique une exonération d'impôt dans une loi qui serait une loi de moralisation ?"

L'AFP monte au créneau

Quelle mouche à piqué l'agence de presse?
Elle nie farouchement les faits : voyez les énormes caractères qui barrent la révélation du "tour de passe-passe fiscal"...

"Non, les députés n'ont pas voté la suppression de "leur" CSG au moment où ils l'augmentaient pour le reste de la population," nient ces journalistes qui expliquent qu' "ils ont transformé leur manière de se faire rembourser leurs frais de mandat pour plus de transparence" [sic].

D'après un article, déjà vieux (octobre 2017) mais republié vendredi sur les pages Facebook de Lagauchematuer ou "La révolte des Vaches à Lait", il y a eu un "Vote de la suppression de la CSG pour les députés et hausse pour les retraités. Aucun média n’en parle."

"Pour commencer, cette affirmation ne concerne en réalité qu'une partie seulement de l'argent [redondance visant à minorer l'injustice sociale] que touchent les 577 députés pour exercer leur mandat: il s'agit de la partie frais ("frais de mandat") et non de la partie salaire ("indemnité parlementaire"). Sont-elles à parties égales ??

La majorité d'Emmanuel Macron a mis fin en 2017 à l'ancien dispositif pour les frais, l'IRFM pour "indemnité représentative de frais de mandat", critiquée pour son opacité et qui a servi à des députés à se payer des locaux parlementaires, des vacances ou même un téléviseur. C'était pour certains "un revenu complémentaire", "entièrement dans la poche", affirmait en 2016 Charles de Courson (UDI). Si cette disposition d'octobre 2017 assure plus de transparence, pour autant, est-elle plus juste ?

D'un montant de 5.840 euros brut, cette IRFM était soumise à la contribution sociale généralisée (CSG) et à la contribution à la réduction de la dette sociale (CRDS): une fois ces cotisations versées, un député recevait au final 5.373€ net.

Le député LR Marc Le Fur, le 2 décembre 2015 à Saint-Pol de Léon
Lorsque les lois de moralisation ont été adoptées à l'été [hasard du calendrier...] et le dispositif pour le versement des frais de mandat révisé, le vice-président LR de l'Assemblée nationale Marc Le Fur (ci-contre) avait alors manifesté son embarras contre le nouveau dispositif, qu'il dénonçait une "suppression du versement de la CSG", comme le rapportait LCI. Est-ce inexact ?


D'après ces nouvelles règles, en vigueur depuis le 1er janvier à l'Assemblée nationale, les députés disposent désormais d'une "avance sur frais de mandat", non soumise à l'impôt sur le revenu dont le périmètre est fixé dans une liste. Or, ce périmètre exclut aussi 600 euros qui peuvent être dépensés sans justificatifs.

L'AFP est-elle justifiée à se mettre dans tous ses états ?

La transparence et l'encadrement de l'impôt des députés n'est pas du goût des journalistes. Sont-ils concernés ?
Ils le sont indirectement, car le sujet, qui revient sur le tapis depuis octobre dernier, bien que la presse se soit appliquée à ne pas l'ébruiter, est d'une actualité brûlante, lorsque les "Gilets jaunes" peinent à se faire entendre du pouvoir lorsqu'ils se rebellent contre la sur-fiscalisation de tous leurs faits et gestes.
Si les députés ne paient que 699,35€ de CSG et de CRDS sur le coeur de leur rémunération, 7209.74€ bruts d'indemnité parlementaire mensuelle, il y a peut-être de quoi dresser quelques barrages filtrants...

N'en déplaise aux journalistes de l'AFP et d'ailleurs
La moralisation de la vie publique progresserait si les députés supprimaient l'abattement fiscal forfaitaire sur le revenu net des journalistes d'un montant de 7.650 €.
Si les "gilets jaunes" savaient...