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mardi 2 décembre 2008

Eunice Barber condamnée

Elle ne lâche pas le morceau et fera appel
L'ancienne championne du monde, Eunice Barber, poursuivie pour refus d'obtempérer et outrage envers des policiers lors d'une interpellation en mars 2006 à Saint-Denis, avait été mise en examen. Sa plainte pour violences volontaires aggravées avait débouché sur un non lieu au bénéfice des policiers.

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A l’audience, Barber a perdu ses moyens à plusieurs reprises, mais a néanmoins réussi à réaffirmer qu'elle avait voulu «protéger» son corps, son «outil de travail». Elle a de surcroît accusé les policiers de l’avoir «humainement humiliée», «peut-être» par «racisme».

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La championne d’origine sierra-léonaise de 34 ans avait auparavant réitéré ses accusations contre un policier chargé de la circulation qui l’aurait, selon elle, initialement giflée. Ce dernier conteste les dires de la prévenue. D’ailleurs, aucun témoin, hormis Margaret Barber, la mère d’Eunice, n'a pu confirmer les dires de Barber, malgré la forte affluence aux abord du stade. Un film largement diffusé ne présente que la phase finale de l’interpellation. L’agression originelle des policiers par Eunice Barber n’est donc pas visible.

Les péripéties

> Pour Maître Géraldine Lesieur, avocat de 5 des 6 policiers s’étant portés partie civile, Barber adopte «exactement la même défense que n’importe lequel des jeunes gens qui sont jugés quotidiennement devant la 11e chambre: "J’ai été agressé, je me suis défendu". Consigne ou mot d'ordre, peu importe.

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Deux mois d'emprisonnement avec sursis avaient été requis le 26 novembre dernier par le procureur de la République de Bobigny (Seine-Saint-Denis), bien que les USA se soient dotés d’un président métis et que la Française Barber soit Noire, originaire de la Sierra-Leone, et ancienne championne de l'heptathlon (1999) et de saut en longueur (2003).

Le verdict
> Barber n’a été condamnée mardi 2 décembre qu’à 5.000 euros d'amende par le tribunal correctionnel de Bobigny. Il faut préciser que ses insultes racistes n’ont pourtant pas été retenues contre elle.

> Son avocat, Me Emmanuel Daoud (cabinet avenue Hoche, à Paris VIIIe), qui avait plaidé la relaxe, a annoncé qu'elle "va faire appel" de cette décision, estimant que l'ancienne championne "n'est pas coupable, mais n'est que victime dans cette affaire". Me Emmanuel Daoud a en outre demandé au juge d’apprécier ce dossier au regard de ce «mensonge originel» qui «vicie toute la procédure»…

Bref rappel des faits
La championne avait fait l'objet d'une interpellation par la police aux abords du Stade de France de Saint-Denis le 18 mars 2006, alors qu'elle circulait en voiture en compagnie de sa mère ...et de son neveu. Elle avait tenté de forcer un passage fermé et en avait été empêchée par des policiers. La méthode de défense avait d’abord consisté à mordre un représentant de la loi, mais elle avait ensuite été conseillée de saisir l'IGS, en affirmant avoir été brutalisée par la police.
Une femme policière lui avait pourtant reproché de l’avoir traitée de « sale blanche ».

vendredi 14 décembre 2007

Corse: attentats contre la décision de justice

Le plastique prêt à l'usage
Des 'patriotes corses' non violents s'expriment…
Moins de deux heures après le verdict condamnant Yvan Colonna jeudi soir à la réclusion à perpétuité pour l'assassinat du préfet Claude Erignac, le 6 février 1998, une villa est lourdement plastiquée en Corse: entièrement détruite, elle appartient à une amie d'enfance de la veuve du préfet, rapporte la police.
Située entre Porto-Vecchio et Bonifacio (Corse-du-Sud), dans le même hameau de Casa Longa, cette maison est la propriété de Flavie Reveillon, amie d'enfance de Dominique Erignac, qui y séjournait parfois avec son mari, avant l'assassinat du préfet, 'Commissaire de la République'.

Appartenant également à des continentaux, une autre villa a été détruite par cinq charges explosives. Endommagée dans le même hameau de Casa Longa, elle a souffert dans des proportions moindres.
L'identité des propriétaires de cette villa n'était pas connue vendredi matin. La nature des explosifs utilisés est encore impossible à préciser. Selon les premiers éléments de l'enquête, aucune inscription n'a été retrouvée à proximité des deux villas visées et les attentats n'ont pas été revendiqués.
Le feu a ravagé le maquis environnant mais a été maîtrisé dans la nuit, permettant aux enquêteurs, démineurs et spécialistes de la police scientifique d'approcher et de procéder aux premières constatations.
Au total, cinq explosions ont été entendues par les riverains à Casa Longa et les gendarmes n'excluent pas de trouver d'autres bâtiments touchés lors de leurs patrouilles.
Par ailleurs, la gendarmerie de Zicavo (Corse-du-sud) a été mitraillée tard dans la soirée de jeudi, sans faire de blessés. Six coups de feux visant les locaux de service situés en-dessous des habitations ont été entendus, ont précisé les services de sécurité intérieure de l'île. Cette gendarmerie a déjà fait l'objet de plusieurs reportages télévisés.
Outre ces deux plastiquages et la fusillade, des incidents mineurs ont éclaté dans les rues de Bastia, où une centaine de personnes se sont rassemblées devant le Palais de Justice. Un groupe d'une vingtaine d'éléments incontrôlés a brûlé des palettes en bois et quelques conteneurs à ordures, arraché des panneaux de signalisation et lapidé la façade du tribunal. En France, on brûle décidément volontiers dans certains milieux.
A Ajaccio, une manifestation du même type a été marquée par le jet d'un bâton de dynamite en direction d'un car de CRS, sans faire de blessé ni de dégâts.
Confirmant la dénonciation par Chevènement de la complaisance de certains medias, à 7h30 ce matin le JDD minimisait aussitôt les faits:
"Colonna: Attentats légers en Corse
Deux attentats à l'explosifs ont visé deux villas inoccupées appartenant à des continentaux dans la région de Bonifacio (Corse du Sud), moins de deux heures après la condamnation à perpétuité d'Yvan Colonna. L'ampleur des dégâts n'a pas encore été mesurée [voir le titre, néanmoins]. D'autres part, la soirée a été émaillée par de légers incidents. Quelques dizaines de militants nationalistes s'étaient rassemblés en fin d'après-midi devant les palais de justice d'Ajaccio et de Bastia pour attendre le verdict. A son énoncé, un bâton de dynamite a été lancé en direction d'un fourgon de CRS, vers 20h00, sans faire de dégâts. A Bastia, des pneus et des conteneurs à ordure ont été brûlées près du palais de justice. Le calme est revenu vers 21h00. A Cargèse, le village de la famille Colonna, les rues sont restées désertes. Les nationalistes corses appellent à un rassemblement à Corte (Haute-Corse), le XX décembre. "

Dynamite et plastique en vente libre en Corse, tous les jours, y compris le dimanche.

Chevènement sur l'affaire Colonna: 'la justice a passé'

L'ancien ministre de la République pense à la victime
Devant le tribunal Yvan Colonna a refusé vendredi 7 décembre de renier ses convictions de "patriote corse" et de condamner explicitement l'assassinat du préfet Claude Erignac, dont il est accusé, estimant qu'il ne peut pas y avoir "d'interprétation saine" quelle que soit la position qu'il adopte sur la question.

Interrogé sur France-Info au lendemain du verdict Jean-Pierre Chevènement a déclaré que "la justice de la République a passé."
Et ce malgré la complaisance des commentateurs qui prétendaient que le doute surgissait à chaque déposition et qui voulaient ignorer la « piste agricole » et qui s'employaient à innocenter ce petit 'berger', de la France (?) profonde à Cargèse -haut lieu de résistance-, qui serait victime d'une justice de classe! Un Bové corse, ni plus ni moins aussi violent que son modèle, 'démonteur' de McDo et arracheur de mauvaises herbes. Un 'jeune' tueur sympa!
Il a rappelé les présomptions lourdes qui pesaient sur Yvan Colonna, âgé alors de 38 ans, fils de Jean-Hugues Colonna, né à Cargèse et ancien député socialiste des Alpes-Maritimes, militant des mouvements nationalistes proches du FLNC (Front de Libération Nationale Corse). Rappelons les dépositions sérieuses qui attestent, par exemple, de sa présence sur les lieux du crime, en repérage et que Yvan Colonna s'est soustrait à la justice française durant près de quatre ans en se cachant.
Ses complices l'ont désigné comme l'assassin du représentant de l'Etat, avant de se rétracter … 18 mois plus tard, non sans avoir confirmé au préalable leurs accusations devant un magistrat.
L'ancien ministre Jean-Pierre Chevènement se place au côté de la famille de la victime âgée de 60 ans et n'exprime aucun état d'âme. Il demande aux Français de penser au 'pauvre préfet' qui a été "assassiné, de trois balles dans la nuque, seul, désarmé, dans la nuit", à bout portant.
Pour Jean-Pierre Chevènement, le ministre de l'Intérieur au moment des faits, "l'affaire est entendue".

jeudi 13 décembre 2007

Perpétuité pour Yvan Colonna, assassin du préfet

Colonna jugé coupable de l'assassinat du préfet Erignac
La parole est maintenant au plastique...
Yvan Colonna a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac en 1998, le crime politique le plus grave commis en trente ans de violence politique en Corse: il frappe un représentant de l'Etat dans l'exercice de ses fonctions.
Les sept magistrats de la cour d'assises spéciale de Paris n'ont pas complètement suivi les réquisitions de l'accusation, qui avait demandé la perpétuité assortie d'une période de sûreté de 22 ans incompressible, peine maximale du droit français.
Le militant nationaliste, âgé aujourd'hui de 47 ans, qualifié de 'patriote Corse' ou de 'berger de Cargèse', selon le public visé, arrêté en juillet 2003 dans le maquis corse, s'était désigné comme le coupable, du seul fait de sa fuite et de sa clandestinité pendant plus de quatre années. Malgré leurs rétractations tardives, ses compagnons avaient aussi avoué qu'il est le responsable principal.
Il est aussi condamné pour l'attaque de la gendarmerie de Pietrosella, en septembre 1997, où fut volée l'arme qui devait servir à tuer le préfet.
Il s'est pourtant déclaré innocent lors du procès et sa défense avait plaidé l'acquittement.
A la lecture du verdict, Yvan Colonna a redit: "Je suis innocent" aux juges, en corse (!) et en français. Le père d'Yvan Colonna, ancien député socialiste, sa soeur et son frère se sont effondrés en larmes, tandis que des membres de leur entourage dans le public criaient "liberta" ('liberté' en langue corse) et "tiens bon!" Yvan Colonna, livide, a levé ses mains menottées en leur direction et leur a dit, en corse, "Ne pleurez pas!"
Sur le banc d'en face, la veuve de sa victime, Claude Erignac, n'a pas laissé transparaître ses sentiments, tandis que sa fille Marie-Christophine fondait en larmes. Dignes, elles n'ont pas fait de déclarations à la presse. Cette peine ne ramène ni le mari ni le père.
Le verdict a été rendu en présence des principaux élus et dirigeants nationalistes corses de toutes tendances, dont Jean-Guy Talamoni et Edmond Simeoni, qui soutiennent le 'jeune' berger de Cargèse. Ils se sont tus, mais la vengeance sera terrible.
"Pour nous, le combat ne fait que commencer", a déclaré Antoine Sollacaro. Les armes au vestiaire, souhaitons-le! Le dossier n'est donc pas encore refermé car son avocat a annoncé qu'il ferait appel. Un nouveau procès sera organisé dans un an environ devant la même cour d'assises spéciale de Paris, autrement composée.
Le préfet de Corse Claude Erignac a été lâchement assassiné de trois balles dans la tête le 6 février 1998 à Ajaccio. Six hommes ont été condamnés en 2003 à des peines allant de 15 ans de réclusion à la perpétuité pour Pierre Alessandri et Alain Ferrandi, qui auraient accompagné Yvan Colonna lorsqu'il a tiré.
Cinq d'entre eux, ainsi que plusieurs de leurs compagnes ou épouses, ont mis en cause en 1999 Yvan Colonna avant de se rétracter, comme un seul homme. C'est sur ces dépositions que l'accusation reposait et le témoignage attestant de la présence de Colonna sur les lieux, en reconnaissance.
Juste avant que la cour d'assises spéciale ne se retire pour délibérer, l'accusé avait donc fait une dernière déclaration, comme la loi l'y autorise, et avait clamé son innocence. "M. le président, mesdames et messieurs les juges, au bout d'un mois de procès, je pense avoir répondu sincèrement à toutes les questions qui ont été posées. Je n'ai rien d'autre à ajouter, si ce n'est que je réaffirme avec force que je suis innocent", avait-il affirmé.
Antoine Sollacaro a une conception insulaire de la loi. Il a considéré qu' "en acquittant Yvan Colonna, ce n'est pas la justice que vous désavouerez, c'est la justice antiterroriste, qui est ce que la musique militaire est à la musique". Avant cela, la défense de Colonna avait déjà fait le procès de la justice. "Notre justice s'est vautrée dans des pratiques que ne désavoueraient pas certaines dictatures africaines ou asiatiques". Les avocats peuvent tout se permettre, impunément.
Sans crainte d'amalgame, Me Sollacaro a estimé que le dossier procède d'un montage destiné à faire oublier l'arrestation en 1999 de Bernard Bonnet, successeur de Claude Erignac, qui avait ordonné l'incendie de restaurants de plage illégaux, les 'paillottes'. "Le maitre mot de ce dossier, c'est manipulation. Chevènement (Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'Intérieur en 1999) a fait de la manipulation pour protéger son préfet qui brûlait", a dit l'avocat dans sa plaidoirie, sans obligation de prouver ses allégations...
Avant lui, Me Gilles Simeoni avait plaidé sur l'absence de preuves matérielles et ce qu'il voit comme les carences de l'enquête, mentionnant un suspect selon lui oublié, mais dont il n'a pas demandé la convocation... . Subjectivement, Me Simeoni a soutenu qu'Yvan Colonna avait été mis en cause à tort par les autres protagonistes de l'affaire en 1999, dans le but de protéger d'autres personnes toujours en fuite.Qui sont-elles? Que ne les désigne-t-il pas, pour preuve.
Refaisant le procès à sa convenance dans les couloirs du tribunal, à l'attention d'une presse dévouée, il a répété que les témoins oculaires de l'assassinat du préfet ont vu deux hommes et non trois, comme le soutient l'accusation et ils ont dit à l'audience que le tueur qu'ils ont vu n'était pas Yvan Colonna. Les témoins n'auraient donc pas peur de déposer et n'auraient subi aucune pression ni menace? Peut-il l'affirmer?
La veille, Me Pascal Garbarini avait exhorté aussi les magistrats à acquitter Yvan Colonna, qui deviendrait autrement, selon son expression, un ..."Dreyfus corse..."
Non, ils n'ont pas froid aux yeux. Les avocats, bien sûr! Pour les autres...

samedi 8 décembre 2007

Mama Galledou: Peines d'encouragements aux tortionnaires

La dignité de la victime arrange tout le monde
Des peines légères récompensent les tortionnaires:les réquisitions ont été divisées par deux, elles-mêmes divisées par deux, du fait de cette merveilleuse 'excuse de minorité'. Avoir un enfant pour des années soumis à des soins hospitaliers après avoir été horriblement brûlé à 62 % et aux 2° et 3° degrés est quatre fois moins grave si les criminels sont des jeunes! Elle est pas belle la justice?

D'abord, la presse respectable le souligne, le verdict ne concerne manifestement que le bus incendié!…
Les titres d'agences de presse:
Les 6 incendiaires du bus à Marseille condamnés à des peines en deçà des réquisitions (agence de presse française)
Peines modérées pour l'incendie du bus de Marseille (agence R.)
Bus incendié à Marseille: trois à neuf ans de prison ferme, un acquittement (agence de presse associée)

Ensuite, viendra probablement le verdict pour la torture de Mama Galledou?
Le verdict
Les coupables de l'incendie de bus dont Mama Galledou a été victime sont fixés sur leur sort. Ils avaient prémédité leur acte criminel pour faire parler d’eux dans les médias qui moulinaient « l’anniversaire » des émeutes de banlieues parisiennes un an plus tôt. La politique imprègne donc l'affaire. Les médias ne sont pas pour autant mis en cause: ils ne peuvent être poursuivis pour incitation au crime.


Dans le contexte de la loi sur les mineurs délinquants récidivistes qui mobilise la gauche, la cour d'assises des mineurs d'Aix-en-Provence a refusé de suivre les réquisitions du parquet général. Elle a condamné vendredi soir à de faibles peines les six jeunes incendiaires d'un bus à Marseille, dans lequel -accessoirement- une jeune femme avait été grièvement blessée en octobre 2006.
Après trois heures et demi de délibéré, le président Jean-Pierre Deschamps (LIRE une présentation du magistrat dans un prochain billet PaSiDupes) a annoncé des peines allant de cinq ans dont deux avec sursis à neuf ans de prison, l'un des accusés ayant été acquitté. L'avocate générale Anne Lezer avait requis de 5 ans de prison à 15 ans de réclusion, la peine maximum encourue une fois l'excuse de minorité retenue.
L'annonce publique des condamnations, dans ce procès qui se déroulait à huis-clos depuis lundi, a été accueillie dans le calme par les parents des jeunes gens, et avec soulagement, comme on l'imagine. La victime principale, Mama Galledou, était soit résignée, soit accablée, ce qui a été interprété comme de la dignité, ce dont elle fait admirablement preuve depuis le début de son épreuve. Sans doute est-elle désireuse de se consacrer à ses soins, tant ils sont lourds..
"Nous réaffirmons notre confiance en la justice. Nous acceptons son verdict", a déclaré son père Bocar Sally Galledou (ci-contre à gauche). lors d'un point presse organisé par les deux avocats de la famille, Me Alain Molla et Me Jean Boudot (ci-contre à droite) "Nous souhaitons que de tels actes ne se reproduisent plus, et nous souhaitons accompagner Mama vers son rétablissement pour qu'elle puisse retrouver tranquillité et respect", a-t-il ajouté avant de conclure en s'adressant à sa fille: "Nous sommes tous très fiers de toi". Tout le monde peut-il en dire autant?

La peine la moins légère -9 ans- a été attribuée au jeune homme qui, le soir du 28 octobre 2006, avait jeté un mouchoir enflammé dans le bus à bord duquel se trouvait la jeune femme, brûlée aux deuxième et troisième degrés sur 62% de la surface de son corps. Deux des accusés, qui étaient tous mineurs au moment des faits , ont été condamnés à une peine de 7 ans de prison. Ils avaient pourtant bloqué les portes pour que le drame soit complet.
Des peines de 5 ans dont 2 avec sursis et 1 avec sursis ont été prononcées contre deux autres accusés tandis que le dernier a été acquitté. L'un de leurs avocats, Me Thierry Ospital, qui a rappelé à plusieurs reprises que les jeunes irresponsables n'avaient jamais imaginé blesser quelqu'un (sic), une explication dont le tribunal se satisfait, a affirmé avoir "le sentiment d'un verdict équilibré". 'Equilibré' évite d'affirmer qu'il est 'juste'. Car
plus personne ne souligne la préméditation. La politique fait en revanche son retour dans les propos des avocats militants. Au début du procès, plusieurs avocats de la défense avaient exprimé leur inquiétude de voir ce dossier transformé en emblème de la délinquance des mineurs ou de la violence dans les banlieues.
Cette déclaration est particulièrement indécente, sachant quel est l'engagement des acteurs de cette pantomime. Leur parcours et leur connivence ne laisse aucun doute sur les raisons du laxisme de ce nouveau jugement.

Les avocats des deux premiers jeunes gens jugés ne sont pas sûrs de vouloir laisser Mama se soigner tranquillement. La victime n'est pas 'assez abattue' comme l'est l'un des coupables, aux dires de son avocat! Elle est profondément traumatisée et marquée dans sa chair. Les avocats de la cause des adolescents violents vont pourtant étudier la possibilité de faire appel du jugement. « Huit ans, on pourrait être content, mais on ne l’est pas parce que huit ans pour un enfant qui n’a pas encore 16 ans, c’est énorme. C’est très sévère », a déclaré Me Philippe Vouland, avocat du plus jeune. Mama est marquée à vie. Me Michel Lao, avocat du plus âgé, s’est dit « étonné » que tous les deux aient été condamnés à la même peine, puisque son client avait parlé et désigné celui qui avait mis le feu au bus. « La peine est pour nous manifestement encore trop lourde. On va réfléchir à la faculté de faire appel. Notre client est assez abattu. Il a un peu plus de seize ans et on vient de le condamner à la moitié de son âge », a déclaré Me Lao à la presse. Violon! Me Vouland s’est dit « plutôt partisan » [le terme est singulièrement approprié] de faire appel, de même que son client. Les six autres mineurs, âgés de plus de 15 ans, lors du drame, seront jugés à partir du 3 décembre par la cour d’assises des mineurs des Bouches-du-Rhône. M° Vouland était à nouveau défenseur de tortionnaire au procès des six autres.
Leur crainte est désormais que le parquet fasse appel. Le parquet se déjugera-t-il? Confirmera-t-il la mascarade?

"La justice des mineurs a été réhabilitée dans ce procès, sans être laxiste", affirme Me Philippe Vouland qui (faisant de ce cas particulier une généralisation militante) a estimé totalement subjectivement que "cette décision fait la part à l'éducatif. Si le parquet prenait l'initiative d'un appel, ce serait infiniment regrettable". Pour en apprendre un peu plus sur l'engagement militant de M° Vouland,
LIRE un prochain article de PaSiDupes.
Un souci partagé par les avocats de Mama Galledou. "Je souhaite personnellement, et la famille Galledou aussi, qu'il n'y ait pas de second procès d'assises", a déclaré Me Alain Molla, affirmant que "l'essentiel c'est qu'il y ait eu compromis entre punir et éviter la diabolisation, l'élimination de personnes qui sont mineures".
Obsession militante ...

De qui Me Molla est-il le défenseur réel? Son militantisme soulève la suspicion mais la défiance citoyenne pourra-t-elle s'exprimer à son encontre?
Le journal Le Monde rapporte des propos aussi édifiants qu'alarmants: "Me Alain Molla, conseil de Mama Galledou, s'interroge : "Le peuple, représenté par les jurés, sera-t-il influencé par l'horreur des souffrances infligées ou au contraire tiendra-t-il compte que ce sont quand même des gamins qui ont perpétré le crime ?"
Ne dirait-on pas qu'il est animé par d'autres préoccupations que celles de sa cliente?
En affirmant haut et fort que sa cliente, encore occupée à soigner des lésions douloureuses pendant de longs mois avant une série d'opérations au printemps, n'avait surtout pas envie de revivre encore une fois cette épreuve, cherche-t-il à s'allier à maîtres Vouland et Lao dans la défense des délinquants pour lesquels il milite habituellement? "Sa première réaction a été 'Pour moi, c'est fini dans ma tête'", a-t-il attribuée à Mama Galledou au téléphone. Peut-il affirmer que c'est fini dans ses chairs?

Pour la jeune femme de 27 ans, ce n'est pas fini, quel que soit le désir d'avenir de l'avocat qui va un peu vite en besogne avec les victimes. Mama -l'ignore-t-il- devra encore affronter en février le procès en appel de deux adolescents, jugés séparément fin septembre pour leur participation à l'incendie. Ils avaient été condamnés à huit ans de prison. Le verdict concernant les six devrait leur être favorable en justice mathémathique.
A propos de mathématiques en matière de réductions de peines, les 'enfants' feront peu-être entre 4 ou 5 ans et 1 ou 3 ans. Les plaies de Mama Galledou seront-elles fermées à leur sortie?

Maître Gilbert Collard, l'avocat de la conductrice du bus, Danielle Fernandez,(ci-contre tous les deux) est fort discret: probablement ravi?

Le 28 Décembre 2006, Le Monde publiait deux mois jour pour jour après le drame un article de Michel Samson intitulé: Huit jeunes gens très ordinaires.
Volonté respectable de minimiser le crime prémédité?

La justice de classe est devenue un gag, la justice ethnique, une réalité, mais voici venir la justice de génération.