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mercredi 21 novembre 2012

Valls enregistre un 18e assassinat en Corse

La 18e victime depuis le début de l'année

Cinq jours après le déplacement des ministres de la Justice Christiane Taubira et de l'Intérieur Manuel Valls en Corse, un nouveau meurtre a eu lieu ce mardi 20 novembre, dans une station-service de Cervione en Haute-Corse, près de Bastia. C'est le 18e assassinat depuis le début de l'année.

Victor Ribeiro, 45 ans, patron d'une entreprise de bâtiment et travaux publics dans le village de Moriani (Haute-Corse), a été abattu vers 13h30 de plusieurs décharges de chevrotines à la tête et au thorax, a déclaré sur place le procureur de la République Dominique Alzéari.

Alors qu'il était seul au volant de sa voiture, près du village de Prunete, sur la côte orientale, à 50 km au sud de Bastia après avoir déjeuné en famille dans un restaurant du bord de mer, plusieurs personnes armées d'armes longues et cagoulées l'ont bloqué et ont fait feu sur lui à plusieurs reprises. Il est décédé immédiatement", a déclaré D. Alzéari (photo ci-contre), ajoutant: "Il était attendu. C'est manifestement un assassinat".
La victime était suivie par un autre véhicule à bord duquel se trouvait un employé, son épouse et son fils, "ce qui est d'autant plus dramatique car des proches ont assisté au déroulement des faits", a souligné le procureur.

Victor Ribeiro avait travaillé sur plusieurs chantiers avec un ancien militant nationaliste reconverti dans l'immobilier, Charles-Philippe Paoli, lui-même assassiné le 29 juin 2011 à Folelli (Haute-Corse), un village voisin, a-t-on appris de source proche de l'enquête.

"Vous pouvez être certains de la détermination du gouvernement à lutter contre ces crimes organisés, contre cette dérive mafieuse", a déclaré peu après Manuel Valls à l'Assemblée nationale.

Appelant les Corses à "assumer leurs responsabilités" dans la lutte contre le crime, le ministre de l'Intérieur de François Hollande a ajouté ce truisme, avec gravité : "La Corse, c'est la France. La Corse, c'est la République. Les Corses sont des Français, ils ont donc droit à la protection de l'Etat et de la République."
Le chiffon rouge, Christiane Taubira, ministre de la Justice, a exprimé sa "stupeur" et réaffirmé, dans un communiqué,"la volonté du gouvernement à faire rétablir le respect des personnes et l'Etat de droit en Corse".


Renforcement des moyens d'enquête

Ce nouvel assassinat a été commis le lendemain de la prise de fonction à Ajaccio d'un nouveau directeur régional de la police judiciaire, le commissaire Philippe Chadrys, de la sous-direction antiterroriste.

Cinquième homicide en cinq semaines, il est aussi intervenu six jours après une visite de M. Valls et Mme Taubira à Ajaccio, après l'assassinat du président de la Chambre de commerce et d'industrie de Corse-du-Sud, Jacques Nacer.

Dépêchés "en urgence" par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, pour qui "la mafia est à l'oeuvre en Corse", Valls avait observé que l'île est le théâtre d'"environ 20% des règlements de comptes" commis en France.


VOIR et ENTENDRE
Jean-Marc Ayrault pointer l'argent sale corse, plutôt que le nationalisme indépendantiste:


Les deux ministres comptent faire barrage de leurs corps à la mafia:  
Manuel Valls   et Mme Taubira  reviendront en Corse dimanche.(photos ci-dessus)
Jacques Nacer, 49 ans, avait été assassiné le 14 novembre dans son magasin du centre d'Ajaccio par un homme seul au visage masqué qui était parvenu à s'enfuir.


Le 16 octobreAntoine Sollacaro, 63 ans, un ex-militant nationaliste,  était tué par balles au volant de sa voiture par deux tueurs en moto qui avaient pris la fuite. Ce célèbre avocat ajacien avait notamment défendu Yvan Colonna dans l'affaire dite de l'" Assassinat du préfet Érignac ". 

=> Son fils, Paul Sollacaro, avocat de 31 ans, s'exprime pour la première fois lundi 22 octobre dans une interview au Parisien.
Selon lui, "les services de police sont responsables de [la] mort" de son père.
"Je veux une enquête parlementaire sur le fonctionnement de la JIRS. Je souhaite aussi que le ministre de l'intérieur saisisse l'inspection générale des services. Il faut faire le ménage si on veut enrayer le phénomène au lieu de l'entretenir", a exigé le fils de l'avocat. En Corse, "il a fallu qu'on tue un avocat, qu'une barrière tombe, pour qu'on se rende compte à quel point la situation est folle", souligne-t-il, avant d'ajouter : "Ça me scandalise."
Les dossiers de ces deux assassinats ont été transférés à la Juridiction inter-régionale spécialisée (Jirs) de Marseille, chargée des affaires de grand banditisme et qui traite de nombreux dossiers corses.

Le gouvernement avait annoncé le 22 octobre un "renforcement des moyens d'enquête spécialisés" avec l'affectation de 14 officiers de police judiciaire de la gendarmerie, spécialistes de la lutte contre la délinquance économique et financière.

Le Groupement d'intervention régional (
GIR, combinant notamment police, gendarmerie, douanes et services fiscaux) sera renforcé de quatre fonctionnaires et la Coordination des services de sécurité intérieure en Corse d'un spécialiste des enquêtes financières.

Visiblement, le milieu corse ne semble pas très impressionné par la mobilisation du gouvernement. 
Bizarrement, Christiane Taubira n'épouvante pas la mafia.  "Sa "stupeur" et "la volonté du gouvernement à faire rétablir l'Etat de droit en Corse ", rien n'y fait. 

Reste que les renforcements des mesures de sécurité annoncées la semaine dernière à grand renfort de publicité ne devraient pas suffire à rassurer une population inquiète et fatiguée par ce déchaînement de violence qui s'abat sur l'île et qui fait de la Corse la région la plus criminogène d'Europe.


VOIR et ENTENDRE le ministre de l'Intérieur affirmer que l'Etat ne peut pas tout et mettre en cause l'argent, élément de langage déjà exprimé par le Premier ministre:

Faudra-t-il envoyer l'illustre Ayrault, faiseur de boulettes, ou le "capitaine de pédalo", pour noyer le poisson ?

Si une ancienne indépendantiste guyanaise comme Christiane Taubira ne fait pas l'affaire, la célèbre  comploteuse lilloise ne serait-elle mieux adaptée ?

dimanche 1 mars 2009

Procès Colonna : Me Antoine Sollacaro, par qui le scandale arrive ?

Des avocats de la défense qui font la loi dans le tribunal
L’intimidation et la menace sont très tendance à gauche: des syndicalistes révolutionnaires agressent des participants aux négociations de Guadeloupe et au procès Colonna des avocats de la défense insultent le président.
La justice est soupçonnée -voire accusée- de partialité, du seul fait que l'Etat poursuit les assassins d'un de ses hauts fonctionnaires, un représentant de l'Etat, le préfet, Claude Erignac.
Ancien sympathisant de l’extrême-droite nicoise, Antoine Sollacaro est sans aucun doute une sommité dans le petit monde insulaire. Avocat de gros voyous, du casino d’Ajaccio, de nationalistes, de maris cocus, de femmes bafouées, de club de football, il traîne dans tous les prétoires sa silhouette alourdie par les ans et les soucis. Son nom est cité lorsque Emile Mocchi avait versé la somme de 500.000 Frs au FLNC par l'intermédiaire d'Alain Orsoni qui avait gardé 300.000 Frs pour lui. Émile Mocchi a toujours versé de l'argent au FLNC (et sans doute aux autres tendances par la suite), son neveu Toussaint Mocchi, entrepreneur à Propriano, assurant les contacts. »

Un rapport précise que Toussaint Mocchi est un ami personnel de Jean-Michel Emmanuelli, patron d’une boîte d’immobiliers proprianaise et ajaccienne mais aussi directeur du « Journal de la Corse ». Le préfet Bonnet citait son nom dans le témoignage qu’il voulait lire au procès des assassins présumés du préfet Erignac. Avec François Santoni et René Modat (devenu président de la FDSEA, Corse-du-Sud après l’assassinat « miraculeux » de Lucien Tirroloni), il a monté une Société d’Économie Mixte, Authentica, censée promouvoir les produits corses.

Antoine Sollacaro a également été l’ami et l’avocat d’Émile Mocchi. Il était surtout destiné à lui succéder à la mairie. Malheureusement pour lui, l’alliance des nationalistes proches du FLNC Union des Combattants et du radical de gauche Paul-Marie Bartoli va remporter la victoire et mettre un terme à l’irrésistible ascension de l’avocat ajaccien.

Un temps, très très proche du FLNC uni, Antoine Sollacaro fait ses premières armes en Corse en défendant des militants nationalistes, au point de devenir quasi-hégémonique dans ce domaine. Sur le plan financier, il ne fait aucun cadeau à ses « camarades » de combat. La défense moyenne revient à environ à 100.000 francs, surtout quand il faut partager avec son vis-à-vis parisien, un certain Robaglia, ancien militant fasciste et aujourd’hui décédé.

Lors de la rupture entre les deux branches ennemies du nationalisme corse, il prend le parti du MPA et du FLNC Canal habituel. Il est vrai qu’il connaît bien Alain Orsoni.

Les 22 mars et 29 mars 1992, il apparaît sur la liste MPA qui s’oppose à celle de Corsica Nazione. Il côtoie du beau monde : Alain Orsoni, dirigeant du FLNC Canal habituel, tout comme Dominique Bianchi. Ou encore Tony Fieschi, arrêté pour le double attentat contre l’URSAFF et la DDE en novembre 1999. Ou encore Jacques Marcellesi, réputé responsable du FLNC Canal habituel puis du FLNC du 5 mai, ou encore Gilbert Casanova sorti de prison où il y était entré pour escroquerie après avoir été un dirigeant du FLNC puis du FLNC Canal habituel. Sollacaro est d’ailleurs son avocat et a même été placé en garde-à-vue pour lui.

On ne peut pas tous les citer mais tous devraient l’être. Antoine Sollacaro est là pour faire foule. La liste obtient 8% tandis que Corsica nazione en obtient 15%. Tout est en place pour que la guerre entre nationalistes commence. Elle débutera l’année suivante avec l’assassinat de Robert Sozzi.

Après l’assassinat du préfet Erignac, Maître Sollacaro, avocat d’Yvan Colonna est bâtonnier du barreau d’Ajaccio. Lors de la rentrée solennelle du TGI d'Ajaccio en janvier 1999, il prend la parole et dénonce les « pratiques » du préfet Bonnet en sa présence. De cette voix si particulière qui rend souvent ses propos inaudibles, il parle et parle et parle encore de la répression, des « dragonnades ».

Le préfet estimant que Me Sollacaro était allé trop loin dans ses propos, sort de la salle, estimant que l'État était mis en cause. Le procureur général Legras reste dans l'enceinte judiciaire, estimant que c'était la place d'un magistrat. Le préfet lui reprochera " de ne pas l'avoir suivi et d'avoir manqué de solidarité ", d'après les propos rapportés par le procureur général devant la commission.

Maître Sollacaro a réussi à élargir le fossé entre l’institution judiciaire et le pouvoir exécutif. Il ne demandait que ça.

Mais pourquoi évoquer ces vieux souvenirs ? Car il semblerait que Maître Sollacaro soit en train de jouer une partie identique. Nous avons souligné combien cet homme de robe avait tendance à varier dans ses récits. Peut-être est-il un peu poète lui qui se pique d’être un adhérent de la Ligue des droits de l’homme et de rêver à une humanité meilleure.

On l’a ainsi entendu dire à peu près tout et n’importe quoi sur le fameux rendez-vous du Lutetia avec Bernard Squarcini. Nous avons analysé les fuites concernant l’évocation de cette réunion et notre rôle sur le compte de divergences entre différents chefs de la police.

Et puis, un de nos correspondants parisiens nous a soufflé un autre renseignement. Le premier écho a été écrit par Laïd Sammari dans l’Est Républicain. Cet excellent journaliste est surnommé en Corse « u Scurpinu » (la Rascasse, un poisson de roche tapi dans l’ombre auquel il ne fait pas bon se frotter). Il a écrit dans le Canard Enchaîné sous le pseudonyme de Jérôme Canard. Sa femme, magistrat en Lorraine, lui a ouvert bien des portes. L’homme est intelligent et très bon analyste. Son audition par la commission d’enquête parlementaire relative à la Corse est un morceau d’anthologie.

L’homme a compris la Corse. Mais il est mû par une ambition journalistique qui, parfois, le mène un peu trop loin. Il a gardé de nombreux contacts en Corse parmi lesquels Antoine Sollacaro. L’hypothèse est la suivante : Maître Sollacaro sait que son client, Yvan Colonna, risque fort de prendre perpétuité assortie d’une peine de sûreté de 22 ans. Il fait lui-même fuiter un secret qu’il prétend vouloir protéger et il s’adresse au journaliste ami.

Il est fort probable que, quoiqu’il dise, le sujet d’Yvan Colonna ait été abordé avec Bernard Squarcini. Maître Sollacaro a dit et répété que le principe même d’une reddition de son client était inenvisageable avant la fin du procès. Dont acte. Et voilà qu’Yvan Colonna est arrêté juste avant cette fin de procès. Maître Sollacaro ne dispose donc plus de cartouches suffisantes pour négocier une reddition de son client. Mais il peut jouer sur cette fameuse réunion du Lutetia. Il tient un atout maître : le droit de dire ce que bon lui semble sans que les autorités puissent réagir sans s’enfoncer plus encore dans le scandale.

Pour ce faire amusons-nous au jeu des suppositions. Maître Sollacaro nous pardonnera bien volontiers notre côté gamin. Admettons que nos informations soient justes. Auquel cas, dans les jours qui viennent d’autres papiers distilleront de nouvelles vérités sollacariennes déguisées en suintements journalistiques. La pression montera et, peut-être un jour, apprendrons-nous que contrairement à ce qu’il a affirmé jusqu’à aujourd’hui tout avait été négocié jusqu’au moindre détail mais que l’Etat a changé son fusil d’épaule…

Pour notre part, nous avons indiqué l’endroit où nous nous sommes arrêtés laissant Squarcini et Sollacaro mener ou ne pas mener leurs affaires. Nous voulions éviter une « kelkalisation » d’Yvan Colonna, une de ces bavures médiatiques qui aurait plongé la Corse dans un bain de sang.

Et si nous nous étions trompés (mais tout notre récit n’était qu’imaginaire) Maître Sollacaro aurait le bon goût d’accepter nos excuses

jeudi 13 décembre 2007

Perpétuité pour Yvan Colonna, assassin du préfet

Colonna jugé coupable de l'assassinat du préfet Erignac
La parole est maintenant au plastique...
Yvan Colonna a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac en 1998, le crime politique le plus grave commis en trente ans de violence politique en Corse: il frappe un représentant de l'Etat dans l'exercice de ses fonctions.
Les sept magistrats de la cour d'assises spéciale de Paris n'ont pas complètement suivi les réquisitions de l'accusation, qui avait demandé la perpétuité assortie d'une période de sûreté de 22 ans incompressible, peine maximale du droit français.
Le militant nationaliste, âgé aujourd'hui de 47 ans, qualifié de 'patriote Corse' ou de 'berger de Cargèse', selon le public visé, arrêté en juillet 2003 dans le maquis corse, s'était désigné comme le coupable, du seul fait de sa fuite et de sa clandestinité pendant plus de quatre années. Malgré leurs rétractations tardives, ses compagnons avaient aussi avoué qu'il est le responsable principal.
Il est aussi condamné pour l'attaque de la gendarmerie de Pietrosella, en septembre 1997, où fut volée l'arme qui devait servir à tuer le préfet.
Il s'est pourtant déclaré innocent lors du procès et sa défense avait plaidé l'acquittement.
A la lecture du verdict, Yvan Colonna a redit: "Je suis innocent" aux juges, en corse (!) et en français. Le père d'Yvan Colonna, ancien député socialiste, sa soeur et son frère se sont effondrés en larmes, tandis que des membres de leur entourage dans le public criaient "liberta" ('liberté' en langue corse) et "tiens bon!" Yvan Colonna, livide, a levé ses mains menottées en leur direction et leur a dit, en corse, "Ne pleurez pas!"
Sur le banc d'en face, la veuve de sa victime, Claude Erignac, n'a pas laissé transparaître ses sentiments, tandis que sa fille Marie-Christophine fondait en larmes. Dignes, elles n'ont pas fait de déclarations à la presse. Cette peine ne ramène ni le mari ni le père.
Le verdict a été rendu en présence des principaux élus et dirigeants nationalistes corses de toutes tendances, dont Jean-Guy Talamoni et Edmond Simeoni, qui soutiennent le 'jeune' berger de Cargèse. Ils se sont tus, mais la vengeance sera terrible.
"Pour nous, le combat ne fait que commencer", a déclaré Antoine Sollacaro. Les armes au vestiaire, souhaitons-le! Le dossier n'est donc pas encore refermé car son avocat a annoncé qu'il ferait appel. Un nouveau procès sera organisé dans un an environ devant la même cour d'assises spéciale de Paris, autrement composée.
Le préfet de Corse Claude Erignac a été lâchement assassiné de trois balles dans la tête le 6 février 1998 à Ajaccio. Six hommes ont été condamnés en 2003 à des peines allant de 15 ans de réclusion à la perpétuité pour Pierre Alessandri et Alain Ferrandi, qui auraient accompagné Yvan Colonna lorsqu'il a tiré.
Cinq d'entre eux, ainsi que plusieurs de leurs compagnes ou épouses, ont mis en cause en 1999 Yvan Colonna avant de se rétracter, comme un seul homme. C'est sur ces dépositions que l'accusation reposait et le témoignage attestant de la présence de Colonna sur les lieux, en reconnaissance.
Juste avant que la cour d'assises spéciale ne se retire pour délibérer, l'accusé avait donc fait une dernière déclaration, comme la loi l'y autorise, et avait clamé son innocence. "M. le président, mesdames et messieurs les juges, au bout d'un mois de procès, je pense avoir répondu sincèrement à toutes les questions qui ont été posées. Je n'ai rien d'autre à ajouter, si ce n'est que je réaffirme avec force que je suis innocent", avait-il affirmé.
Antoine Sollacaro a une conception insulaire de la loi. Il a considéré qu' "en acquittant Yvan Colonna, ce n'est pas la justice que vous désavouerez, c'est la justice antiterroriste, qui est ce que la musique militaire est à la musique". Avant cela, la défense de Colonna avait déjà fait le procès de la justice. "Notre justice s'est vautrée dans des pratiques que ne désavoueraient pas certaines dictatures africaines ou asiatiques". Les avocats peuvent tout se permettre, impunément.
Sans crainte d'amalgame, Me Sollacaro a estimé que le dossier procède d'un montage destiné à faire oublier l'arrestation en 1999 de Bernard Bonnet, successeur de Claude Erignac, qui avait ordonné l'incendie de restaurants de plage illégaux, les 'paillottes'. "Le maitre mot de ce dossier, c'est manipulation. Chevènement (Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'Intérieur en 1999) a fait de la manipulation pour protéger son préfet qui brûlait", a dit l'avocat dans sa plaidoirie, sans obligation de prouver ses allégations...
Avant lui, Me Gilles Simeoni avait plaidé sur l'absence de preuves matérielles et ce qu'il voit comme les carences de l'enquête, mentionnant un suspect selon lui oublié, mais dont il n'a pas demandé la convocation... . Subjectivement, Me Simeoni a soutenu qu'Yvan Colonna avait été mis en cause à tort par les autres protagonistes de l'affaire en 1999, dans le but de protéger d'autres personnes toujours en fuite.Qui sont-elles? Que ne les désigne-t-il pas, pour preuve.
Refaisant le procès à sa convenance dans les couloirs du tribunal, à l'attention d'une presse dévouée, il a répété que les témoins oculaires de l'assassinat du préfet ont vu deux hommes et non trois, comme le soutient l'accusation et ils ont dit à l'audience que le tueur qu'ils ont vu n'était pas Yvan Colonna. Les témoins n'auraient donc pas peur de déposer et n'auraient subi aucune pression ni menace? Peut-il l'affirmer?
La veille, Me Pascal Garbarini avait exhorté aussi les magistrats à acquitter Yvan Colonna, qui deviendrait autrement, selon son expression, un ..."Dreyfus corse..."
Non, ils n'ont pas froid aux yeux. Les avocats, bien sûr! Pour les autres...