POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est préfet Erignac. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est préfet Erignac. Afficher tous les articles

mardi 2 avril 2019

La venue de Macron en Corse fait monter les tensions dans l'île

Les dirigeants autonomistes ne participeront pas à la rencontre prévue avec les élus insulaires. 

Des charges explosives ont été retrouvées à Bastia
Simeoni et Talamoni font peu cas de Macron (Ajaccio, février 2018)

Alors que le chef de l'Etat est attendu jeudi en Corse, les dirigeants nationalistes Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni ont annoncé qu'ils ne participeront pas à la rencontre prévue avec les élus insulaires. C'est la dernière étape - explosive - du tour de France en gilet jaune que Macron a engagé dans le cadre de son grand débat, pré-campagne électorale déguisée.

Jeudi 4 avril, Emmanuel Macron va se rendre en Corse pour une rencontre avec les élus insulaires à Cozzano (Corse-du-Sud). Sa visite suscite des craintes d'une reprise des violences : la police a fait la découverte lundi de deux tentatives d'attentat contre des bâtiments des finances publiques à Bastia, et le plasticage de plusieurs résidences secondaires depuis le début mars. Des événements qui n'ont pas été revendiqués, mais qui n'ont pas non plus été ébruités par les grands media institutionnels.

"Ça n'a pas explosé, c'est un avertissement, c'est une charge pour impressionner et avertir", a commenté lundi après-midi Jean-Pierre Battestini, secrétaire général local de la CGT Finances Publiques, présent sur place. Il a fustigé, dans un communiqué, des attentats et tentatives d'attentats qui "mettent en péril la vie des personnels et fragilisent (...) nos missions de services publics au moment où justement le président Macron veut les supprimer. Macron et poseurs de bombe poursuivent les mêmes objectifs au détriment de l'intérêt général de la Corse".

Une journée "Ile Morte", 
comme Bordeaux "ville morte" pour l'Acte XX...

La visite du chef de l'Etat sur l'Ile de Beauté s'annonce délicate. Dès lundi matin, le président autonomiste du Conseil exécutif corse Gilles Simeoni avait annonçait qu'il ne "participera(it) pas en l'état" à la rencontre avec les élus. Estimant que "la venue du président de la République s'inscrit dans un climat tendu", il craint que la "situation de crise économique et sociale structurelle et de blocage politique ne p(uisse) conduire qu'à la résurgence de la logique de conflit, et donc à une impasse, aussi bien pour la Corse que pour l'Etat".

Vendredi, le président indépendantiste de l'Assemblée de Corse Jean-Guy Talamoni avait déjà indiqué qu'il "n'irait pas à Cozzano", assurant que les nationalistes ne pratiquent "pas une politique de la chaise vide" mais que "cette visite n'a strictement aucune chance de déboucher sur un dialogue".

La coalition nationaliste Pe a Corsica, formée des partis de Gilles Simeoni (Femu a Corsica), Jean-Guy Talamoni (Corsica Libera) et Jean-Christophe Angelini (PNC), a par ailleurs appelé à une demi-journée "Isula Morta" (Île morte) ce jeudi entre 12h et 18h.

Macron se dit "disponible et volontaire"

"Je viens en Corse disponible et volontaire. Disponible pour toutes celles et ceux qui seront présents, et volontaire pour échanger et apporter ma part de réponses de manière concrète", annonce de son côté le chef de l'Etat dans un entretien à Corse-matin publié mardi matin. Au cours du débat, il entend échanger "sur les sujets nationaux et la crise que nous traversons aujourd'hui, mais également pour répondre directement aux questions spécifiques de la Corse", qu'elles soient économiques, sociales ou politiques.
Indiquant avoir récemment eu "une longue discussion" avec Gilles Simeoni, le chef de l'Etat souligne que leur responsabilité commune "est de ne pas faire bégayer l'histoire" et de "tout faire pour que la page de la violence soit définitivement tournée""Je pense qu'on peut défendre l'identité de la Corse et respecter profondément la République et ses valeurs", précise-t-il.

Interrogé sur l'impression de rigidité qu'il avait laissée après sa première visite en Corse en février 2018, le président met en avant "la certaine tonalité" liée à la 20e anniversaire du préfet Claude Erignac, assassiné en février 1998. "Je dis toujours, là où je m'exprime, ce à quoi je crois très profondément", souligne-t-il.

La marche-arrière de Macron

Emmanuel Macron confirme que la principale annonce de cette première visite, l'inscription de la Corse dans la Constitution, est "toujours d'actualité". "C'est un geste politique fort. Un projet de texte a été débattu entre les représentants de la Collectivité de Corse et des maires et la ministre Jacqueline Gourault. Il a fait l'objet d'un compromis entre les attentes des Corses et les souhaits de la représentation nationale", indique-t-il, tout en reconnaissant que le texte "ne va pas aussi loin que certains l'auraient voulu". "Dès lors que la Constitution reconnaît la spécificité corse, l'efficacité sera au rendez-vous", assure-t-il.

Pour soutenir la langue corse, que les nationalistes souhaiteraient rendre obligatoire jusqu'en Terminale, il annonce une concession : le corse sera sur l'île l'une des spécialités du baccalauréat, avec quatre heures par semaine en première et six heures en terminale. Le chef de l'Etat a réaffirmé qu'il soutient le bilinguisme mais refusé la co-officialité du corse, "car il n'y a qu'une langue officielle dans la République".

Par ailleurs seront créés 55 postes dans les établissements scolaires à la rentrée 2019 et 40 à l'université. Ces avancées ont été actées lors d'une rencontre lundi entre les ministres Jean-Michel Blanquer (Éducation) et Jacqueline Gourault (Cohésion des territoires), Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni.

mardi 13 février 2018

L’ex-leader du FNLC en garde à vue pour injures à la veuve du préfet assassiné

Le terroriste libéré injurie la veuve du préfet Erignac

L’ex-leader du FLNC Charles Pieri a été placé en garde à vue mardi dans l’enquête sur un odieux message Facebook

Le nationaliste corse Charles Pieri, lors d'une manifestation à Ajaccio,
le 3 février 2018
Il injurie  la veuve du préfet Erignac, au moment même où se tenait à Paris une réunion sur l’avenir de l’île en présence de ses dirigeants, sous l’égide de la 'Mme Corse' du gouvernement, Jacqueline Gourault, 67 ans, et en présence des dirigeants nationalistes de l’île, Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni, et sur l’inscription de la spécificité Corse dans la Constitution, mesure contestée annoncée par Emmanuel Macron lors de sa visite.
L’inscription de la Corse dans la Constitution est la seule des revendications à laquelle Emmanuel Macron n’a pas opposé une fin de non-recevoir : MM. Simeoni et Talamoni doivent l'évoquer avec Mme Gourault. "C’est le début d’une discussion concrète", "nous allons demander aux représentants de la collectivité de Corse ce qu’ils souhaitent précisément à travers la modification constitutionnelle", a-t-elle expliqué. Macron a donc donné son accord de principe à une modification du contenu de la Constitution dont il ne connaît pas la teneur.
L’enquête, visant des faits d’ "injure par voie de communication", a été ouverte par le procureur de la République à Ajaccio, Eric Bouillard. Convoqué à 10h00 à la gendarmerie de Ghisonaccia (Haute-Corse), Charles Pieri, 67 ans, est arrivé avec ses deux enfants, soutenu par une dizaine de sympathisants réunis à l’appel de Sulidarita, une association de défense des prisonniers dits "politiques". Il devait être interrogé sur un message publié sur Facebook dans la nuit du mardi 6 au mercredi 7 février, après la cérémonie d’hommage au préfet Erignac organisée en présence d’Emmanuel Macron. 

Diffusé sur le compte 'Di l’altu pianu' attribué à Charles Pieri, ce court texte comparait notamment la veuve du préfet aux femmes françaises ayant eu des relations sexuelles avec des soldats allemands pendant la Seconde guerre mondiale. 

Une "déclaration immonde, abjecte" dénoncée par la ministre auprès du ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur

J. Gourault a salué la réaction "rapide, claire et nette" de Gilles Simeoni, président du conseil exécutif corse, qui a dénoncé fermement, dès dimanche midi, le message publié sur Facebook. Cette MoDem avait soutenu Alain Juppé, puis avait parrainé Macron.

La ministre a en revanche jugé "inquiétant" que Pieri reprenne un rôle de premier ordre "dans le parti de Jean-Guy Talamoni", Corsica Libera, mouvement nationaliste. "Le contenu de ce texte est inacceptable et contraire à ce que je suis et ce que je pense, au plan philosophique, éthique et politique", avait déclaré Gilles Simeoni. 

Jean-Guy Talamoni a attendu lundi pour réagir en son nom, après une réaction de son parti: "Quel qu’en soit l’auteur, je n’en partage évidemment pour ma part ni la forme ni la teneur"

Dans un entretien accordé à Corse-matin, avant la visite d’Emmanuel Macron en Corse, Charles Pieri avait annoncé "reprendre une place de responsable dans l’exécutif" de Corsica Libera. Il avait ensuite participé à la manifestation organisée à l’appel de MM. Talamoni et Simeoni, le 3 février, juste avant la visite du chef de l’Etat. A propos du retour au premier plan de Ch. Pieri dans les instances dirigeantes de Corsica Libera, J.-G. Talamoni avait jugé que sa présence était "dans l’ordre des choses". "Charles Pieri a toujours fait partie de Corsica Libera. Aujourd’hui, il est à nouveau responsable", avait-il confirmé, jugeant que c’était "le fonctionnement normal d’une organisation politique". 

La réapparition sur la scène publique de Charles Pieri pourrait toutefois constituer une épine dans le pied des dirigeants nationalistes, au moment où les nationalistes semblaient accepter de reprendre des discussions avec le gouvernement. 

L’ex-dirigeant du FLNC sera "utilisé par Paris pour mettre à distance un certain nombre des revendications nationalistes," 
Résultat de recherche d'images pour "Charles Pieri"
prévient le politologue Xavier Crettiez (professeur de sciences politiques à l'université de Versailles Saint-Quentin, auteur de nombreux ouvrages et articles sur les thèmes de la violence, du nationalisme et de l'analyse des mouvements sociaux, des islamistes à l'extrême gauche et à l'extrême droite, en passant par l'IRA, l'ETA ou les clandestins corses, pêle-mêle) qui voit en lui une "ombre tutélaire" au-dessus des têtes de MM. Talamoni et Simeoni.
Egalement connu pour ses liens supposés avec le grand banditisme corse, Charles Pieri est un ex-syndicaliste CFDT.
Candidat nationaliste aux élections municipales de Bastia, il est alors soupçonné d'avoir participé à l'assassinat d'un légionnaire, tué à Sorbo-Ocagnano, le 11 février 1982. Incarcéré, évadé, repris et de nouveau écroué, il est finalement acquitté par la cour d'Assises de Bordeaux en 1988. Entre-temps, Pieri s'est forgé une réputation : il figure sur l'affiche des six militants les plus recherchés par la police.
A la fin des années 1990, il est le principal leader du Front de libération nationale de la Corse (FLNC) en Haute-Corse. Il échappera à un attentat à la voiture piégée le 1er juillet 1996 à Bastia. Il est aujourd'hui considéré comme un des ex-chefs du FLNC Union des combattants (FLNC UC), l'une des deux actuelles organisations clandestines nationalistes corses.
Il a été condamné en 2005 à dix ans de prison pour malversations financières en relation avec une entreprise terroriste, peine réduite à huit ans en appel.
Son fils, Christophe Pieri, a été acquitté dans l'affaire de l'assassinat de Christophe Garelli, un militant d'une organisation nationaliste rivale abattu lors d'une fête du village de Lucciana en août 1998. Il ne s'était pas rendu à l'audience.
Le 27 mai 2006, Christophe Pieri a été interpellé sur une route de Haute-Corse par le service régional de police judiciaire de Corse et des policiers du RAID sur commission rogatoire du juge anti-terroriste. Il est soupçonné d'avoir été mêlé à des rackets d'entreprises du BTP, des opérations qui ont pu servir à financer la cause nationaliste.
En 2013, il est condamné à deux ans de prison ferme pour acquisition et détention illicite d'arme de poing.
Résultat de recherche d'images pour "yvan colonna"
Autre indépendantiste célèbre de Haute-Corse, le nationaliste Yvan Colonna, ci-contre à droite, surnommé le berger de Cargèse par la presse française, militant indépendantiste corse condamné pour l'assassinat en relation avec une entreprise terroriste, du préfet Claude Érignac, commis le 6 février 1998 à Ajaccio. C'est pour lui que son épouse adressa à Macron une supplique qui apparut suspecte à l'ensemble de la presse et des réseaux sociaux.  

mercredi 7 février 2018

Corse : "rencontre-surprise" organisée entre la femme d'Yvan Colonna et Macron

Comment la femme d'Yvan Colonna a-t-elle pu interpeller le président Macron ?

La comédie du pouvoir : mise en scène d'une séquence humanitaire

La garde rapprochée du président s'est-elle laissée surprendre ?
Stéphanie Colonna interpelle Emmanuel Macron à la sortie du musée Fesch à Ajaccio.

"C’est une rencontre inattendue à la sortie de la visite du Palais Fesch," alors que quelques personnes attendaient le président de la République, raconte la presse corse. Stéphanie, la femme du tueur Yvan Colonna a pu interpeller le chef de l'Etat et lui demander le rapprochement de son mari dans une prison corse. 

Le dialogue surréaliste du scénario élyséen
"Bonjour [bonjour qui ?], je suis la femme d'Yvan Colonna". 
A la sortie de la visite du musée Fesch qui a duré une heure, Emmanuel Macron a été interpellé par Stéphanie Colonna qui lui a tendu la main et l’a supplié de rapprocher son mari qui est incarcéré à la centrale d'Arles, Bouches-du-Rhône, dans le Sud de la France. 
Condamné à la prison à perpétuité pour le meurtre du Préfet Erignac, Yvan Colonna est emprisonné sous le statut de DPS (Détenu particulièrement surveillé) qui exclut tout rapprochement familial. Fin janvier, le Conseil d’Etat a rejeté un recours qui demandait la levée de son inscription sur le registre des DPS. 

"Mr le président, mon fils de six ans n'a pas vu son père depuis un an et demi. S'il vous plait, faites quelque chose… Ce n'est pas un animal, c'est un être humain… Il doit être près de sa famille", a-t-elle plaidé, éplorée. 

Jouant la surprise, le comédien formé au lycée par sa professeure de lettres et future épouse a lâché sa réplique: "Que votre enfant puisse voir son père, que les personnes qui sont détenues dans notre pays puissent voir leur famille, ça fait partie des choses que nous allons assurer". 

Le "dialogue" à la fois "surprise" et "sur le vif" avec un président Macron "mis au pied du mur" mais disponible intervient à point nommé, sous la caméra de LCI :  

La femme d'Yvan Colonna se dit "choquée" par les paroles prononcées par Macron

Le matin même, dans son discours d’hommage au préfet Erignac, Macron a en effet exclu toute amnistie pour les prisonniers corses.
"Personne n'oubliera ce qui s'est passé… Je ne parle pas d'amnistie, concède l'épouse éplorée dans le numéro de duettistes.

"Mais je vous en prie, mon fils est là. Faites quelque chose ! Je compte sur vous !".  La réponse de Jupiter tombe de l'Olympe: "Vous me regardez dans les yeux, je ne vous mens pas". Sur ce coup, l'auteur des dialogues a manqué d'habileté: il nous renvoie au mensonge effronté du ministre-fraudeur Jérôme Cahuzac, "les yeux dans les yeux" !...

Le psychodrame s'intègre à une vaste dramaturgie politique.
Cette requête de l'épouse du "berger" corse fait en effet écho au discours - sobre, celui-là - de la veuve du préfet de la République. 
Or, la supplique de l'épouse corse fait partie des revendications des nationalistes corses et, sur ce point précis - excluant l'amnistie, avec l'assentiment de la bergère - le président évoque  - Ô surprise encore ! - un éventuel geste d'ouverture sous les caméras lundi 6, la veille du "grand" discours du président à la Corse, ce mardi 7. 

A l'issue de ce "grand acte", Stéphanie Colonna se fondit, son fils dans les bras, dans les rues d'Ajaccio, côté jardin, côté gauche.

Corse : Macron aurait porté "atteinte aux droits de la défense"

Le bâtonnier de l'ordre des avocats d'Ajaccio  porte cette accusation contre le chef de l'Etat

Le chef de l‘Etat crée une polémique dès le premier jour de sa visite officielle en Corse

Résultat de recherche d'images pour "macron Corse"
Le président de la République n'est pas au centre...
Lors de sa participation aux commémorations de l‘assassinat au préfet Claude Erignac, lâchement tué dans le dos à Ajaccio le 6 février 1998 par un commando nationaliste, Emmanuel Macron a souligné dans son discours que "ce qui s‘est passé ici ne se justifie pas, ne se plaide pas, ne s'explique pas, ce fut un assassinat, un attentat".

Le chef de l‘Etat s‘est exprimé devant le président de la collectivité territoriale de Corse, Gilles Simeoni, qui a défendu en tant qu'avocat le nationaliste Yvan Colonna, définitivement condamné pour l‘assassinat du préfet.

Le bâtonnier Stéphane Nesa a protesté suite aux propos du président de la République mardi sur l'assassinat du préfet Claude Erignac

Dire, comme Macron, que l'assassinat du préfet Claude Erignac ne peut ni se justifier, ni "se plaider"  constitue une "atteinte aux droits de la défense".
"Malgré la douleur de la famille du préfet qui impose le plus profond respect et la plus grande empathie, on ne peut que s‘interroger sur cette formulation qui ne peut qu‘apparaître comme une atteinte aussi violente qu‘infondée aux droits de la défense", soutient Stéphane Nesa dans un communiqué commun, émanant simultanément des barreaux d’Ajaccio et de Bastia..

"Le président de la République affirme par ses propos (...) que certains justiciables ne sauraient bénéficier de l‘assistance d'un avocat, au regard des actes qu‘ils ont commis et surtout de la personnalité et des fonctions occupées par la victime”, ajoute ce conseil de Laurent Marcangeli, maire d'Ajaccio et soutien d'Alain Juppé pour la primaire présidentielle des Républicains de 2016.

La déclaration du président est "une atteinte sans précédent aux principes fondamentaux reconnus par les lois de la République", insiste Stéphane Nasa, en fonctions à la tête de l'ordre des avocats depuis janvier 2018.
Un rôle d'avocat qui se perd... "Regardez, on est tellement en perte de repère qu'on en arrive à des dérives totalement inacceptables, comme ce qu'il s'est passé dernièrement à Ajaccio avec le bâtonnier Me Gatti, explique Me Nasa Me Gatti a été insulté pour avoir défendu une personne et ce en raison de l'origine de cette personne, et parce qu'il a eu l'audace d'évoquer un certain nombre de sujet à la barre. C'est inacceptable, donc je le répète : il faut que l'on recentre aussi l'avocat, au coeur de la société."
"En privant un justiciable du droit d’être assisté et défendu, la parole présidentielle contrevient à l'Etat de droit et fragilise le socle même des valeurs républicaines", explique-t-il.
Voici le communiqué commun des bâtonniers de l’ordre des avocats du barreau d’Ajaccio et de Bastia, Stéphane Nesa et Gilles Antomarchi : 
"Ce jour, à l’occasion de la commémoration des 20 ans de l’assassinat du préfet Claude Erignac, M. Emmanuel Macron, Président de la République, en cette qualité garant des institutions et de la séparation des pouvoirs, a déclaré : 
"… car ce qui s’est passé ici le 6 février 1998, ne se justifie pas, ne se plaide pas, ne s’explique pas…"
Malgré la douleur de la famille du Préfet qui impose le plus profond respect et la plus grande empathie, on ne peut que s’interroger sur cette formulation qui ne peut qu’apparaître comme une atteinte aussi violente qu’infondée aux droits de la défense. 
Le Président de la République affirme par ses propos, qui ne peuvent être le fruit d’une improvisation maladroite étant donné la solennité du moment, que certains justiciables ne sauraient bénéficier de l’assistance d’un avocat, au regard des actes qu’ils ont commis et surtout de la personnalité et des fonctions occupées par la victime. 
Il s’agit d’une atteinte sans précédent aux Principes Fondamentaux Reconnus par les Lois de la République, intégrés dans le bloc de constitutionnalité, et dont l’avocat est l’un des piliers essentiels. 
La parole présidentielle, en privant un justiciable du droit d’être assisté et défendu, contrevient à l’Etat de droit et fragilise le socle même des valeurs républicaines. 
Nous entendons solennellement rappeler, comme d’autres l’ont fait avant nous, que nous avons prêté serment d’exercer notre mission avec dignité, conscience, indépendance, probité et humanité, de sorte qu’il nous faut "les défendre tous", sous la seule réserve de notre conscience et du choix des moyens de défense. 
Telles sont les valeurs auxquelles nous n’entendons pas renoncer."
L'Elysée estime que cette "polémique n‘avait pas lieu d’être"

"L'expression du président visait la notion d‘une défense politique et ne visait absolument pas la défense judiciaire", a-t-on nuancé. 

"Son propos visait le sujet politique. Il considère qu'on ne peut pas plaider ni défendre un attentat contre un préfet".

Mais la LDH Corsica se dit "interpellée" par les propos d'Emmanuel Macron
"La Ligue des droits de l'Homme est interpellée par les propos du Président de la République tenus lors de la cérémonie d'hommage au préfet Claude Erignac ce mardi 6 février. Alors qu'il affirme la nécessité de l'Etat de droit, il déclare dans le même temps "ce qui s'est passé ici ne se plaide pas". 
Il semble pour le moins contradictoire d'associer l'Etat de droit et, dans le même propos, la négation du droit à la défense constitutif du procès équitable et d'une justice démocratique."

dimanche 4 février 2018

LREM : la majorité présidentielle se divise sur la Corse

Castaner désavoue le soutien d’élus LREM aux revendications nationalistes 

Des élus locaux du mouvement présidentiel soutiennent une résolution nationaliste en Corse

Dans la nuit de vendredi à samedi à l’Assemblée de Corse, les six élus macroniens corses ont voté une résolution solennelle déposée par les dirigeants nationalistes reprenant leurs principales demandes et qui sera remise au président Macron lors de sa venue dans l’île, mardi

Le premier article de la résolution de l’Assemblée de Corse appelle Emmanuel Macron à ouvrir "un dialogue sans préalable ni tabou entre l’Etat et la Corse"
Le second demande que "la Corse fasse l’objet d’une mention spécifique dans la Constitution"
Le troisième réclame le "rapprochement de tous les prisonniers condamnés pour des actes en relation avec la situation politique de la Corse" et qu’une "mesure d’amnistie intervienne au terme du règlement définitif de la question corse". 

Christophe Castaner a désavoué les soutiens LREM aux nationalistes

Délégué général de La République en Marche (LREM) et ministre des Relations avec le Parlement, Castaner a affirmé dimanche  qu’ils n’ont "pas voté une position de LREM".  "Le seul positionnement politique de La République en Marche n’est pas celui de la motion qui est adoptée, je vous le dis, il est celui du discours du président de la République qu’il a tenu à Furiani pendant la campagne”, a affirmé le délégué général de LREM lors du "Grand Jury" LCI-RTL-Le Figaro. 

"Ils n’ont pas voté une position qui est celle de la République en Marche", a-t-il dénoncé. Ce vote a également été désavoué dimanche par les "animateurs" des comités locaux de LREM dans l’île
Pour le secrétaire d’Etat aux Relations avec le Parlement, il ne s’agit pas d’un "rappel à l’ordre", car les six élus macroniens de l’Assemblée de Corse sont "libres". 

Le patron des élus LREM de l’île et maire de Bonifacio, Jean-Charles Orsucci, a riposté.
Il a révélé qu'après cet épisode il a appris "de façon officieuse", l’annulation d’une étape de M. Macron dans sa ville de Corse-du-Sud, prévue "à titre privé". "J’ose espérer que c’est pour des raisons d’agenda”, a déclaré l’élu, dimanche soir, se défendant après avoir "tout fait pour que la résolution soit d’inspiration macronienne" et estimant qu’aucun point n’était "en contradiction avec le discours d’En Marche". 

Une visite sous tension d'Emmanuel Macron mardi et mercredi

L’un des déplacements les plus sensibles depuis son entrée à l’Elysée en se rendant en Corse, où il est très attendu sur sa vision de l’avenir de l’île, 72 heures après une manifestation à l’appel des dirigeants nationalistes. 
"Il aurait été préférable que Christophe Castaner et (le porte-parole du gouvernement) Benjamin Grivaux voient la résolution" avant de se prononcer a taclé Orsucci, lâchant que le texte des nationalistes avait été modifié sous l’impulsion d’En Marche, notamment sur la question des prisonniers et de l’amnistie. 

En langue de bois sur France 3, Benjamin Grivaux a appelé de son côté à se concentrer sur "l’avenir" de l’île. "Le dialogue a commencé il y a plusieurs semaines avec le nouvel exécutif" corse, a-t-il souligné.
Mais il a aussi rappelé plusieurs lignes rouges du gouvernement, sur le refus d’un statut fiscal pour les résidents ou l’examen "au cas par cas" de la situation des prisonniers

Absence annoncée de Jean-Guy Talamoni aux cérémonies d’hommage au préfet Erignac...
"C’est sa décision", a déclaré le porte-parole, avant de juger "important que la République puisse rendre hommage à ce préfet assassiné d’une balle dans le dos", le 6 février 1998, à Ajaccio par des indépendantistes corses.
Les auteurs de l'assassinat ont été condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité; un autre indépendantiste corse, Yvan Colonna, jugé postérieurement au reste du groupe, a été condamné en appel à la même peine le 27 mars 2009, mais nie sa participation à l'attentat. Yvan Colonna a été jugé une troisième fois début mai 2011, après cassation de son procès en juin 2010. C’est pour n’avoir pas répondu aux conclusions de la défense concernant l’audition d’un expert en balistique que sa condamnation en appel avait été annulée.Le 11 juillet 2012, le pourvoi en cassation d'Yvan Colonna est rejeté, rendant sa condamnation à perpétuité définitive. Le 11 janvier 2013, Yvan Colonna a toutefois saisi la Cour européenne des droits de l'homme, estimant qu'il n'a pas eu droit à un procès équitable.

samedi 3 février 2018

Des milliers de manifestants nationalistes à Ajaccio

Entre 5.600 à 6.000, selon la préfecture et 22.000 à 25.000, selon les organisateurs 

Les Corses ont défilé à l'appel des dirigeants nationalistes, samedi après-midi dans les rues d'Ajaccio

"C'est une mobilisation sans précédent ces dernières années", s'est félicité le leader nationaliste Gilles Simeoni. "C'est un message très fort qui est envoyé par les Corses. Maintenant, au président de la République de dire, de parler et, je l'espère, de montrer qu'il a entendu ce que nous avons dit aujourd'hui", a ajouté Simeoni à la fin de cette manifestation, qui s'est achevée dans le calme, 

Trois jours avant une visite du président de la République Emmanuel Macron sur l'île

Résultat de recherche d'images pour "ajaccio manifestation 2018"Les Corses étaient appelés à manifester afin de "convaincre" le président français Emmanuel Macron, d'"ouvrir un dialogue" sur leurs revendications, selon le président autonomiste du conseil exécutif. 

Le 11 février 1998, cinq jours après l'assassinat du préfet Claude Erignac, quelque 15.000 personnes avaient manifesté à Ajaccio, selon la police et environ 13.000 à Bastia, selon la police, pour exprimer leur refus de la violence. (Avec AFP)

mercredi 11 juillet 2012

Y.Colonna: pourvoi en cassation définitivement rejeté


La Cour de cassation ne bafoue pas la mémoire du préfet Erignac


La haute juridiction a confirmé la condamnation à perpétuité de l'assassin...


Il n'y aura pas de quatrième procès. 

La Cour de cassation a annoncé le rejet du pourvoi d'Yvan Colonna, dont la condamnation à la réclusion à perpétuité pour l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac devient ainsi définitive.
Elle confirme  la condamnation à perpétuité d'Yvan Colonna pour l'assassinat du préfet Erignac en 1998. Celle-ci est donc définitive, et le berger nationaliste de Cargese ne sera donc pas jugé une quatrième fois. 

Le 20 juin 2011, à l'issue de son troisième procès, le terroriste corse de Cargese avait été condamné à perpétuité pour l'assassinat du  représentant de l'Etat le 6 février 1998 à Ajaccio, et pour l'attaque quelques mois plus tôt de la gendarmerie de Pietrosella (Corse-du-Sud), où l'arme du crime avait été dérobée.


Il y a deux ans, la haute juridiction, qui se prononce sur la forme et non sur le fond des dossiers dont elle est saisie, avait annulé la condamnation en appel d'Yvan Colonna, pour un vice de procédure. Il était donc retourné aux assises. Mais le 20 juin 2011, il était à nouveau condamné à perpétuité pour l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac, le 6 février 1998 à Ajaccio, et pour l'attaque quelques mois plus tôt de la gendarmerie de Pietrosella (Corse-du-Sud), où l'arme du crime avait été dérobée.


Des gardes à vue "pas conformes au droit à un procès équitable"

Le terroriste s'était donc de nouveau pourvu en cassation. 
Yvan Colonna, qui n'a jamais cessé de clamer son innocence, est incarcéré depuis la fin août 2011 à Toulon (Var), après avoir passé huit années à Fresnes (Val-de-Marne). Lors de l'audience de cassation du 21 juin, le parquet général a recommandé un rejet de son pourvoi. Cet avis n'est pas contraignant et il appartient à la chambre criminelle de décider si elle ordonne un quatrième procès.

Patrice Spinosi, l'un des avocats d'Yvan Colonna,  a plaidé six motifs de cassation, soulevant notamment la question des gardes à vue durant lesquelles les autres hommes poursuivis pour l'assassinat du préfet et leurs épouses avaient mis en cause son client. Selon Me Spinosi, ces gardes à vue "n'étaient pas conformes au droit à un procès équitable".


Recours devant la Cour européenne des Droits de l'Homme ?


L'avocat a également contesté la décision de la Cour d'assises spéciale de verser au débat une lettre de menaces qu'aurait envoyée Colonna à un membre du commando condamné avant lui, afin qu'il le disculpe. L'avocat a par ailleurs mis en cause la décision de la Cour d'assises de motiver son verdict, six mois avant l'entrée en vigueur de la loi à cet effet.

Il a prévenu la Cour de cassation que si elle rejetait le pourvoi, la défense d'Yvan Colonna en appellerait à la Cour européenne des Droits de l'Homme (CEDH), procédure qui pourrait cependant prendre "quatre à cinq ans" pour aboutir. 


L'avocat de la famille Erignac, Emmanuel Piwnica, avait au contraire appelé la Cour à "rendre définitive la condamnation" d'Yvan Colonna, au nom de "la mémoire du préfet Erignac".



dimanche 1 mars 2009

Procès Colonna : un avocat voyou bafoue la justice

L’Ordre des Avocats se saisira-t-il de ces insultes ?

Yvan Colonna, jugé en appel à Paris pour l'assassinat du préfet Erignac, a participé au chaos dans tribunal.

Membre du commando, arrêté en 1999 et condamné pour l'assassinat du préfet de Corse, le 6 février 1998, l’innocent " jeune berger", porta en effet de graves accusations contre le président de la Cour d'Assises spéciale à la suite d'un incident entre ce magistrat et la défense.

Premier acte

Tout commença quand un des témoins-clé du procès, l'enquêteur Georges Lebous, se fit excuser, pour "état dépressif", un certificat médical faisant foi. Or, daté du 4 février et envoyé le 9 février, la défense ne fut informée de son existence que le 27, soit cinq jours avant le début de l'audience.

Mais Georges Lebbos, un "enquêteur-témoin-acteur essentiel" et dont "l'éthique professionnelle" est fortement contestée –comme le reste– par la défense, assura une partie des gardes à vue du commando, devrait être entendu … le 13 mars !
Les avocats se saisirent aussitôt de cette défaillance et s’en prirent directement au président de la Cour, qui suspendit les débats.
3 heures plus tard, à la reprise de l’audience, la défense persista dans la destabilisation du procès et se fut le tour d’Yvan Colonna d’agresser le président:
"
Vous n'êtes pas impartial, vous êtes en mission", rapporte le Figaro. Re-interruption, et re-reprise.

Deuxième acte


  • Pour la défense, Me Patrick Maisonneuve (défenseur du ministre socialiste, Edmond Hervé, dans l'affaire du sang contaminé et (ci-dessus de face, avocat du juge Burgaud -en arrière plan- dans l'affaire d'Outreau) prend alors la main et dramatise le débat, reprenant les mêmes accusations, sur un ton doucereux: "Le certificat nous a été dissimulé. Je suis inquiet de la loyauté de votre cour".
  • Passage de relais à Me Sollacaro (ci-dessous, de face; Me Pascal Garbarini, à droite et Me Patrick Maisonneuve, de profil à gauche), qui, plus virulent, ne se contente pas de passer une deuxième couche: "Qu'est ce que c'est que cette cour! Qu'est ce que c'est que cette cour, on se croirait devant la junte birmane! Vous nous cachez des choses, vous êtes en cause. Vous êtes indigne de mener ces débats. Vous devez partir!" Applaudissements d'une partie du public

    Troisième acte


    Le président Wacogne suspend immédiatement l'audience qui vient de reprendre à 14H30, déclarant : "Il y a des limites!"
    Une heure plus tard, la Cour revient dans la salle d'audience pour une mise au point du président : "La cour tient à dire qu'il est normal que la défense puisse utiliser tous les moyens qu'elle croit utile à la manifestation de la vérité".
    Mais "il n'est pas obligatoirement nécessaire que les limites soient dépassées et c'est le cas", ajoute Didier Wacogne qui demande aux cinq avocats de la défense, ainsi qu'au représentant du Conseil de l'Ordre des avocats, qu'il a fait venir, de rejoindre la cour pour un aparté. Tous refusent et disent, par la voix de Gilles Simeoni, "assumer" les propos tenus et accusant le président "d'avoir menti".
    L'audience est donc à nouveau suspendue à 15H45, sous les sifflets de la salle, ce qui provoque le retour du président Wacogne un bref instant, pour préciser qu'il a le pouvoir de faire évacuer le public. Il avertit : "Seule la sérénité des débats peut amener un jour la manifestation de la vérité".


    Qu’est-ce que j’ai fait ? J’ai rien dit de mal !
    Joint par France Info pendant la suspension de séance, Me Sollacaro (ci-dessus de profil) persiste et signe: "
    Il n'y a rien d'insultant dans ce que j'ai dit. A mon avis, ce président du tribunal est complètement disqualifié. C'est une atteinte aux droits de la défense. Cacher un certificat médical, c'est un procédé déloyal: moi je prends mes responsabilités."

    Quatrième acte

    Les accusations de l’assassin du préfet Erignac
    "Vous n'êtes pas impartial, vous êtes en mission", lance le condamné, Yvan Colonna, au Président Wacogne. L'accusé en appel demande alors à voir ses avocats hors audience (un huis clos…) pour décider quelle attitude adopter. L'audience suspendue dix minutes, Colonna et ses avocats reprennent leur place et commence enfin l'audition des témoins prévus.

    La défense aimerait se substituer au président
    Ce ne serait nullement une atteinte aux droits de la partie civile : on sait que dans la balance de la justice les victimes ne font pas le poids contre les coupables.
    Après l'épisode Vinolas, une demande de récusation du président Wacogne a été déposée par la défense.
    Le premier président de la cour d'appel l'a rejetée.

    L'avocat général Christophe Teissier dénonce "le caractère extrêmement violent des propos" tenus par Me Sollacaro. Fait plutôt rare, un représentant du bâtonnier de Paris, l'avocat Jean-Yves Leborgne, s'est déplacé pour dire son souhait d'une poursuite des débats "dans la courtoisie et la sérénité". Ce voeu paraît difficile à exaucer dans un contexte marqué aussi par la défection de plusieurs témoins. Le procès accuse déjà un retard d'au moins deux semaines et le verdict est désormais repoussé à la fin mars.