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mercredi 20 mars 2019

Castaner sur un siège éjectable : la presse a déjà le doigt sur le bouton

Castaner, un bon bilan à l'Intérieur ? "Pas sûr", estime Jean-Michel Aphatie  

Le limogeage de Michel Delpuech à la suite de la foirade de Castaner, son donneur d'ordre, est une lâcheté de l'exécutif

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"Casta m'a tuer" !
Les annonces négligées d'un regain de participation et de promesses de violences mettent en évidence l'incurie du ministre de l'Intérieur. Les "mesures fortes" frappant les subalternes de l'irresponsable Christophe Castaner ne masquent pas les négligences de sa gestion condescendante de l'Acte XVIII des Gilets jaunes infiltrés par l'ultra-gauche. 

Mercredi matin, le préfet de police Michel Delpuech est officiellement remplacé par Didier Lallement, le préfet d'Aquitaine. Un changement annoncé lundi par Edouard Philippe, dans la foulée des émeutes parisiennes sur les Champs-Elysées. L'éditorialiste Jean-Michel Aphatie met l'entière responsabilité sur le compte d'une mauvaise communication entre les différentes pièces de la maison police dont Castaner a la charge...

"Le limogeage de Michel Delpuech est mille fois justifié, commente le suppôt du pouvoir et caisse de résonance du ministère. Ce n'est pas moi qui le dit, se défend l'antenne-relais, il faut écouter Christophe Castaner, qui s'était invité mardi matin sur la radio de service public France Inter. Là, on se dit vraiment que Michel Delpuech est nul." Ce qui est énorme, si on songe que le sexagénaire est ancien préfet de Corse dont la carrière est jalonnée de fonctions sensibles sous les présidences de Jacques Chirac, puis de Nicolas Sarkozy, et de François Hollande comme préfet de Paris et de la région Ile-de-France le 27 février 2017.
 
Un règlement de comptes au sommet
D'abord, Christophe Castaner a commencé par accuser le préfet de police de n'avoir pas appliqué les consignes pour l'utilisation des forces de l'ordre, donc il a été limogé.
Mais surtout, Castaner a raconté deux histoires à propos des LBD, les lanceurs de balles de défense. Ce sont deux histoires sidérantes. On savait déjà que les policiers qui préposés aux LBD avaient été dotés de munitions courtes, moins efficaces que les munitions traditionnelles. Le jour où on attendait beaucoup de casse, le jour de l'"ultimatum", doter les policiers de munitions moins performantes est parfaitement irresponsable. Sauf pour les élus LREM, que rien n'étonne. 
Or, le 23 juillet 2018, dans l'affaire Benalla et des violences commises par les Pieds-Nicklés à la solde de Macron du 1er mai, Delpuech est entendu par la commission d'enquête de l'Assemblée Nationale. Il répond alors aux révélations du ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, en niant toute implication. Il explique l'absence de réaction en rejetant la responsabilité sur l'autorité exécutive. Il y dénonce, en outre, des dérives liées, selon lui, à des "copinages malsains". Impardonnable ! D'où le limogeage en différé.
Castaner a expliqué mardi qu'il n'est ni responsable ni coupable de rien Place Beauvau

C'était un membre de l'état-major de la préfecture de police qui en avait décidé ainsi avant la manifestation de samedi, bien qu'elle ait été annoncée comme "historique". "Et le préfet de police n'était pas au courant. Quand on entend ça, on se dit qu'il n'est pas très bon," conclut Aphatie, en parlant, bien évidemment, du sous-fifre.

Alors, d'où viennent les consignes de laisser-faire dans la "chaîne de commandement" ?
Le "kéké" de Forcalquier a raconté une deuxième anecdote. Il dit : 'dimanche matin, j'étais sur le terrain et je croise un policier [anonyme et, par chance, tenu au secret professionnel] qui me prend à part et me dit que c'est dommage d'avoir donné des consignes restrictives pour l'utilisation des LBD samedi. Je suis très étonné', dit Christophe Castaner, 'parce que moi je n'ai donné aucune consigne de ce type', raconte le  joueur de poker marseillais.

Christophe Castaner raconte avoir enquêté dimanche après la manifestation et assure avoir découvert qu'il y avait une consigne à la préfecture de police d'utilisation restrictive des LBD et que Michel Delpuech n'était pas au courant. Effectivement, si le préfet de police ne sait pas ce qui se passe, il vaut mieux en changer. Et si le ministre ne s'intéresse pas à ce que fait son préfet, qu'est-ce qu'on fait ?

Le préfet de police de Paris avait-il reçu carte blanche ?

Car Christophe Castaner n'était au courant de rien non plus. Qui est le patron réel de l'administration ? Aphatie répond : "C'est Christophe Castaner, et il fait l'aveu qu'il ne sait rien de ce qui se passe à la préfecture de police. Il y a deux décisions crétines qui sont prises avant la manifestation et personne n'alerte le cabinet du ministre de l'Intérieur ? 
Le ministre de l'Intérieur n'a-t-il aucun correspondant [des yeux et des oreilles] à la préfecture de police ? Le cabinet du ministre et la préfecture de police ne se parlent-ils pas ? On se rend compte, quand on écoute Christophe Castaner, que peut-être parmi toutes les administrations françaises, celle de l'Intérieur est peut-être la plus mal gérée. Dans la période actuelle, c'est quand même un problème." 

Macron a-t-il confié à une arsouille la charge de fonctions régaliennes ? 
Certes relégué  au 11e rang, après le démission de Gérard Collomb, son prédécesseur,  numéro 2 du premier gouvernement et ministre d'Etat?

Le responsable devant le président, c'est Castaner.
Et devant le peuple, c'est Macron. 

Le préfet de police est remplacé et Christophe Castaner peut continuer à déléguer à ses collaborateurs. Alors Aphatie estime qu' "on peut se poser la question ce matin de savoir si c'est un bon bilan ou pas. Personnellement, je n'en suis pas sûr."

Si Castaner demande au premier ministre, Philippe lui répond-il : "ça va ma poule ?" 
Mais Aphatie commence à douter de l'exécutif, c'est un très mauvais signal. Quand  les rats quittent le navire.

jeudi 11 février 2016

Remaniement: 2 ministres et secrétaires d'Etat de plus, parité, mais aucune femme à un poste régalien

Changement ? Royal devait être promue et Le Foll devait gicler; ils restent en place !

Un gouvernement de combat à l'approche de 2017 ?

Le gouvernement a été alourdi, avec 38 ministres et secrétaires d'Etat, au lieu de 36. Dix sont des nouveaux entrants, mais l'intox saute aux yeux.

Parmi ces "nouveaux", figure ...Jean-Marc Ayrault ! L'ancien Premier ministre, 65 ans, remplace au Quai d'Orsay Laurent Fabius, qui s'est auto-désigné à la présidence du Conseil constitutionnel. 
A noter l'entrée au gouvernement de trois écologistes: Emmanuelle Cosse, l'altermondialiste d'EELV au ministre du Logement, Jean Vincent Placé au secrétaire d'Etat en charge de la Réforme de l'Etat, auprès du premier ministre, et Barbara Pompili, secrétaire d'Etat au Climat, soit deux sous-ministres écologistes modérés pour une ministre radicale.
Voici les nouveaux ministres et secrétaires d'Etat

Jean-Marc Ayrault, l'ancien Premier ministre, rejoint le ministère des Affaires étrangères;

La patronne d'EELV 
Emmanuelle Cosse nommée ministre du Logement, après Cécile Duflot dont le gouvernement Valls est obligé de démonter la loi;

Barbara Pompili 
(ex-EELV) nommée secrétaire d'Etat chargée des Relations internationales sur le climat, en doublon avec Fabius qui avait déclaré que sa présidence du Conseil constitutionnel en mars n'est pas incompatible avec sa mission onusienne à la COP21 ;

Juliette Méadel, une porte-parole de mauvaise foi du PS, nommée secrétaire d'Etat chargée de l'Aide aux victimes (des attentats);

L'écologiste 
Jean-Vincent Placé nommé secrétaire d'Etat chargé de la Réforme de l'Etat, à la place de Clotilde Valter;

Jean-Michel Baylet nommé ministre de l'Aménagement du territoire et de la Ruralité (Elysée), bien que battu dans son département;

La conseillère culture de Hollande à l'Elysée, Audrey Azoulay, nommée ministre de la Culture et de la Communication, parce qu'elle connaît le nom de Patrick Modiano, prix Nobel français de littérature et qu'elle est la fille binationale d'un conseiller juif-marocain anti-sioniste du roi du Maroc, André Azoulay (ci-dessus). Sophia Aram, n'a simplement pas eu de chance: l'humoriste franco-marocaine mal-embouchée n'est pas assez bien née pour Hollande ?

Hélène Geoffroy, députée PS, actuellement maire guadeloupéenne de Vaulx-en-Velin, nommée secrétaire d'État chargée de la Ville auprès de Patrick Kanner, mais à son détriment;

Estelle Grelier (PS) nommée secrétaire d'État chargée des Collectivités territoriales;

Ericka Bareigts, cadre territoriale et députée de la Réunion, nommée secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité réelle.
Manuel Valls s'est exprimé après l'annonce du remaniement.
"Avec le président de la République, nous souhaitions un gouvernement basé sur l'expérience, la solidité. C'est le cas avec Jean-Marc Ayrault et Ségolène Royal. [Le Drian et Cazeneuve ne devront pas s'offusquer] Un gouvernement avec ceux qui sont à la tête des ministères, qui assurent la sécurité de nos compatriotes, avec une assise élargie, avec notamment l'entrée d'écologistes, avec nos alliés radicaux et du renouvellement, de nouvelles figures", détaille Manuel Valls. Le Premier ministre se félicite d'"un gouvernement entièrement paritaire", mais Valls esquive le manque de confiance aux femmes à de fonctions régaliennes. Et promet : "Nous allons réformé jusqu'au bout."

Or, avec ce remaniement sans surprise, François Hollande prend ainsi le risque d'ajouter un peu plus de tensions socialistes et écologistes au gouvernement, puisque Ayrault défend le projet d'aéroport de Nantes et qu'Emmanuelle Cosse y est farouchement opposée et soutient les zadistes.

Manuel Valls prétend se réjouir également du retour d'Ayrault 
 –
dont il a pourtant précipité, sans ménagements, l'éviction de Matignon. "A la tête de la diplomatie française, il faut des responsables qui ont une expérience", déclare le Premier ministre pour justifier la nomination de Jean-Marc Ayrault au Quai d'Orsay. "C'est avec plaisir que je retrouve Jean-Marc Ayrault", a cru bon d'ajouter l'hypocrite Valls, avant... de faire amende honorable de son manque de courtoisie au changement de gouvernement: "C'est aussi une manière de rassembler."

Hollande a besoin du réconfort de la vieille garde et conserve le cumurad Jean-Yves Le Drian. A 68 ans, il reste ministre de la Défense, tout en étant président du conseil régional de Bretagne. Ce cumul représente une entorse à la charte déontologique signée par les membres du gouvernement, mais l'exécutif l'a justifié par la situation particulière liée à "la guerre" contre le terrorisme. Le Drian a ainsi tout intérêt à multiplier les théâtres d'opération qui provoquent des tueries de masse par des djihadistes.

Emmanuelle Cosse, nommée jeudi ministre du Logement et de l'Habitat durable, a exprimé sa joie d'entrer au gouvernement, sans préciser qu'elle a négocié une consultation de la population sur le problème de l'aéroport de Nantes, cher à son collègue Ayrault...

Jean-Michel Baylet,
qui ne passe pas pour compétents, est nommé ministre de l'Aménagement du territoire et de la Ruralité, parce qu'il est président du Parti radical de gauche (PRG). Deux anciennes secrétaires d'État de ce parti ont d'ailleurs été  promues au rang de ministres. C'est de la cuisine électorale pour 2017.

Jeu de chaises musicales

Laurence Rossignol, secrétaire d'État féministe à la Famille, à l'Enfance et aux Personnes âgées, a été nommée ministre de la Famille, de l'Enfance et du Droit des femmes, 
Annick Girardin, secrétaire d'État au Développement et à la Francophonie, a été nommée ministre de la Fonction publique.

Outre 
 Fabius (Affaires étrangères), l'élément déclencheur, trois femmes quittent l'exécutif: Sylvia Pinel (PRG, Logement), devenue présidente de Région, Lebranchu (Décentralisation et Fonction publique), pour épuisement, et Pellerin (Culture), pour incompétence. 
La nomination au Logement de la secrétaire nationale d'Europe Écologie-Les Verts (EELV), Emmanuelle Cosse, 41 ans, au même poste que Cécile Duflot, qui avait refusé d'appartenir à un gouvernement Valls en mars 2014, est une aubaine pour Cosse qui ne gérait plus rien du parti, rongé par les divisions depuis deux ans.

Le compte Twitter de l'Elysée précise les détails du remaniement gouvernemental, en lieu et place de l'exécré Stéphane Le Foll...


Sous Hollande, l'instabilité gouvernementale est digne de la IVe République
La liste complète des membres du gouvernement de Manuel Valls
Voici la liste des membres du nouveau gouvernement du Premier ministre Manuel Valls, après le remaniement annoncé jeudi par l'Elysée :
18 ministres
- Affaires étrangères et développement international: Jean-Marc Ayrault
- Environnement, énergie et mer, chargée des relations internationales sur le climat: Ségolène Royal (n°2,  l'ex-concubine est mortifiée !)
- Education nationale, enseignement supérieur et recherche: Najat Vallaud-Belkacem
- Finances et comptes publics : Michel Sapin
- Affaires sociales et santé: Marisol Touraine
- Défense: Jean-Yves Le Drian
- Garde des sceaux, ministre de la justice: Jean-Jacques Urvoas
- Travail, emploi, formation professionnelle et dialogue social: Myriam El Khomri (conservée pour sa compétence ?)
- Aménagement du territoire, de la ruralité et des collectivités territoriales: Jean-Michel Baylet;
- Intérieur: Bernard Cazeneuve
- Agriculture, agroalimentaire et forêt, porte-parole du Gouvernement: Stéphane Le Foll
- Logement et habitat durable: Emmanuelle Cosse
- Economie, industrie et numérique: Emmanuel Macron
- Culture et communication: Audrey Azoulay
- Famille, enfance et droits des femmes: Laurence Rossignol
- Fonction publique: Annick Girardin
- Ville, jeunesse et sports: Patrick Kanner
- Outre-mer: George Pau-Langevin
20 secrétaires d'Etat
- Relations avec le Parlement, auprès du Premier ministre: Jean-Marie Le Guen
- Egalité réelle, auprès du Premier ministre: Ericka Bareigts
- Réforme de l'Etat et simplification, auprès du Premier ministre: Jean-Vincent Placé
- Aide aux victimes, auprès du Premier ministre: Juliette Méadel
- Affaires européennes, auprès du ministre des Affaires étrangères: Harlem Désir
- Commerce extérieur, promotion du tourisme et Français de l'étranger, auprès du ministre des Affaires étrangères: Matthias Fekl
- Développement et francophonie, auprès du ministre des Affaires étrangères: André Vallini
- Transports, mer et pêche, auprès de la ministre de l'Environnement: Alain Vidalies
- Relations internationales sur le climat, chargée de la biodiversité, auprès de la ministre de l'Environnement: Barbara Pompili
- Enseignement supérieur et recherche, auprès de la ministre de l'Education: Thierry Mandon
- Budget, auprès du ministre des finances: Christian Eckert
- Personnes handicapées et lutte contre l'exclusion, auprès de la ministre des Affaires sociales: Ségolène Neuville
- Personnes âgées et autonomie, auprès de la ministre des Affaires sociales: Pascale Boistard
- Anciens combattants et mémoire, auprès du ministre de la Défense: Jean-Marc Todeschini
- Formation professionnelle et apprentissage, auprès de la ministre du Travail: Clotilde Valter
- Collectivités territoriales, auprès du ministre de l'aménagement du territoire: Estelle Grelier
- Commerce, artisanat, consommation et économie sociale et solidaire, auprès du ministre de l'Economie: Martine Pinville
- Numérique, auprès du ministre de l'Economie: Axelle Lemaire
- Ville, auprès du ministre de la Ville: Hélène Geoffroy
- Sports, auprès du ministre de la Ville: Thierry Braillard
A 20 heures et pendant une trentaine de minutes, François Hollande répondra aux questions de Gilles Bouleau (TF1) et David Pujadas (France 2), soit deux chaînes nationales simultanément, et en direct de l'Elysée - ce qu'il avait promis de ne pas renouveler. Pour nous vanter l'instabilité gouvernementale de son quinquennat sur le modèle de la IVe République, le changement promis sous la Ve.