POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est langues régionales. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est langues régionales. Afficher tous les articles

jeudi 20 octobre 2011

Espagne: les marxistes d'ETA renonceraient aux violences révolutionnaires

Décapité, ETA annonce l'arrêt définitif de son action armée
ETA a annoncé "l'arrêt définitif de son activité armée"



La photo des encagoulés,
poings serrés levés,
inspire confiance !


Cette déclaration de jeudi marque un tournant historique après plus de 40 ans de lutte armée - et 800 morts - pour l'indépendance du Pays basque, une " victoire de la démocratie " saluée par le chef du gouvernement socialiste espagnol.
Trois militants de l'ETA encagoulés, vêtus de noir, ont fait cette annonce assis à une table portant l'emblême de l'ETA, la hache entourée d'un serpent, dans une vidéo diffusée par le journal basque Gara. " L'ETA a décidé l'arrêt définitif de son activité armée ", ont déclaré ses représentants.
Le groupe appelle l'Espagne et la France à ouvrir le dialogue avec des hommes masqués
" L'ETA lance un appel aux gouvernements d'Espagne et de France pour ouvrir un processus de dialogue direct qui aura comme objectif la résolution des conséquences du conflit et, en conséquence, le dépassement de la confrontation armée ", ajoute le texte.

Le gouvernement socialiste exploite ce renoncement

A un mois des élections législatives du 20 novembre
, José Luis Zapatero a immédiatement salué "la victoire de la démocratie, de la loi et de la raison", "conscient de l'importance capitale de l'annonce" de l'ETA.

Alors que de précédentes annonces avaient été fermement rejetées par le chef du gouvernement socialiste, le chef de l'opposition de droite Mariano Rajoy, favori des élections, a lui aussi salué "un pas très important" de l'ETA, mais il a réclamé aussi "la dissolution irréversible" du groupe armé.

Très affaiblie, l'organisation séparatiste marxiste n'avait pas commis d'attentat en Espagne depuis 2009
Née en 1959 sous la dictature franquiste, l'ETA semblait avoir pourtant regagné un peu de respectabilité perdue. Ces derniers mois ont été jalonnés de gestes de la part de l'ETA semblant indiquer que se profilait la fin de la lutte armée, sous la pression de la gauche indépendantiste qui a peu à peu pris ses distances avec la violence, préférant défendre ses idéaux par les urnes.

Lundi, une conférence réunie à Saint-Sébastien, rassemblant des personnalités étrangères autour de mouvements et partis politiques basques, avait demandé à l'ETA "l'arrêt définitif de la violence".

Des victimes ou leurs proches ont estimé que l'annonce de l'ETA n'est pas suffisante
" C'est le communiqué que nous espérions, mais pas celui que nous voulions ", a déclaré Angeles Pedraza, présidente de l'association des victimes du terrorisme.
" Bien sûr que nous nous réjouissons qu'il y ait un arrêt définitif de la violence, mais ils doivent aussi déposer les armes et il doit y avoir une dissolution du groupe ", a-t-elle ajouté.

Le premier pas notable remonte à septembre 2010 lorsque l'organisation clandestine avait annoncé qu'elle "ne mènerait pas d'actions offensives armées". Plus significative encore, l'étape du 10 janvier 2011: l'ETA annonce un cessez-le-feu "permanent et général", jugé insuffisant par le gouvernement.

Classée depuis 2001 sur la liste des organisations terroristes par l'Union européenne et les Etats-Unis, l'ETA est tenue pour responsable de la mort de 829 personnes en plus de 40 ans de lutte armée pour l'indépendance des territoires espagnols et français du Pays basque, et de la Navarre.

Mais les polices espagnole et française ont marqué des points ces dernières années et leur concertation a permis d'amener les terroristes à la reddition.

Son bras politique, Batasuna, faisait bande à part
Batasuna faisait monter la pression pour que le groupe armé déclare une trêve. Illégal en Espagne depuis 2003, il était désireux de sortir de sa marginalité électorale et d'appliquer les méthodes douces des islamistes pour accéder au pouvoir.

En novembre 2010, Batasuna annonçait la création d'un nouveau parti rejetant la violence, préambule à la légalisation de Bildu, alliance électorale autour de la mouvance Batasuna, qui a remporté un succès écrasant aux élections locales du mois de mai, devenant la deuxième force politique du Pays basque derrière les nationalistes de centre-droit du PNV.

"Pure" stratégie
Aux législatives du 20 novembre, les partisans de l'indépendance espèrent encore élargir leur audience, réunis dans une nouvelle coalition sous l'étiquette Amaiur.

Ces derniers mois, l'ETA avait encore fait plusieurs gestes, annonçant par exemple fin avril qu'elle mettait fin aux extorsions, ce qui s'appelle objectivement du "racket", une pratique historique mafieuse visant les entrepreneurs du Pays basque qui constituait l'une des principales sources de 'financement' du groupe marxiste révolutionnaire.

Aucune mention d'Irrintzi, liée à l'ETA
Cette organisation nationaliste basque s'est faite connaître en Iparralde (nom basque du Pays basque du Nord ou Pays basque français), par des sabotages en 2006 autour de Bayonne. Depuis lors, l'organisation a attaqué des chemins de fer, des sites touristiques, des sièges de partis politique, des maisons secondaires, des agences immobilières, des terrains de golf, etc. principalement avec des bombes, en tout une trentaine d'actions violentes à caractère "social"...

mercredi 13 avril 2011

Le Nouvel Obs soupçonne Nolwenn Leroy d'extrémisme droitier

La gauche nous laissera-t-elle enfin un peu libres ?

Atlantico.fr nous met en garde contre le risque de privation de nos libertés par la gauche.
Nous sommes tous des Bretons catholiques !

Ce vendredi, le Nouvel Obs critiquait violemment le nouvel album - "Bretonne" - de la chanteuse Nolwenn Leroy. Après l'éditorialiste d'Atlantico Hugues Serraf, le cadre dirigeant à l'international Philippe David dénonce un "brûlot" mélangeant allègrement "racisme anti-breton et délit de sale gueule".

Il m’a fallu relire l’excellente chronique de Hugues Serraf pour arriver à le croire. Et il m’a fallu cliquer sur le lien du « Nouvel Obs » pour être certain que j’avais bien lu le pire torchon dans la rubrique « culture », il est impératif de mettre des guillemets dans ce cas vu le niveau de l’auteur, d’un journal depuis le fameux « Claude François a volté » qui faisait la une de « Libé » pour annoncer le décès du chanteur la veille des législatives de 1978.

Racisme anti-breton et délit de sale gueule

Pourtant les mots étaient là : violents, cruels, haineux. Contre Nolwenn Leroy ? Pas seulement, cette diarrhée verbale s’adressant tour à tour aux Bretons et, en ricochet, aux Basques, aux Alsaciens, aux Catalans, aux Ch’tis, bref à tout ce qui fait la France dans sa vieille et grande diversité. Une haine digne du premier éditorial du magazine « Globe » qui proclamait : « Tout ce qui est terroir, béret, bourrée, biniou, bref franchouillard et cocardier nous est étranger voire odieux », éditorial signé BHL, Georges-Marc Benamou et Pierre Bergé.

Dans ce brûlot tout y est, outre les sempiternelles références subliminales aux « heures les plus noires de notre histoire », mélangeant allègrement racisme anti-breton et délit de sale gueule comme « La pochette montre la chanteuse à 5 ans, en Bigouden, comme une preuve génétique de sa bretonnante traçabilité. Garantie née coiffée. Après le bébé-éprouvette, le bébé-cornette. De toute évidence, le fichu de Nolwenn se porte mieux dans l'opinion que celui de Diam's » sans oublier le « droit dans ses sabots » (lire dans ses bottes) et l’incroyable attaque sur son patronyme de « Finisterienne au nom si peu républicain ». Pour terminer, il fallait bien que l’auteur termine en vomissant un peu de bile sur « l'image de la France rurale, l'image de la France des terroirs et des territoires » tout en ironisant sur son « prénom de Sainte décapitée » pour ce qui est du couplet christianophobe…

Une autocritique inconsciente ?

Un article parlant des Juifs en ces termes aurait eu sa place en première page de « Je suis partout » en 1944. En parlant sur un ton équivalent de la Bretagne et des Bretons, il a sa place dans « le Nouvel Obs » en 2011. Psychanalytiquement, on peut légitimement se demander si, à chaque fois que ce magazine parle de « relents des années 30 » dans la France d’aujourd’hui, il ne fait pas inconsciemment son autocritique…

Donc, oui, Nolwenn Leroy a « commis », puisque vu le ton utilisé il s’agit au mieux pour elle d’un délit au pire d’un crime, un album faisant référence à la Bretagne de ses origines.

Qu’y a-t-il de mal à cela ? Qui, en France, ne connaît pas « Tri martolod » ou « La jument de Michao » qui sont des chansons ne faisant pas partie uniquement du patrimoine culturel breton mais du patrimoine culturel de la France toute entière ?

Pourquoi se moquer de sa tenue Bigouden et de sa cornette ? L’auteur se moquerait il du voile de Diam’s ou de la casquette de Joey Starr. En aucun cas de peur d’être traîné devant les tribunaux par les associations antiracistes dans le premier cas et de prendre un « coup de boule » dans le second...

Pour ce qui est du terme de « traçabilité », il est réservé en général aux bêtes envoyées à l’abattoir et le fait de faire le parallèle entre des êtres humains et des animaux rappelle, pour de bon, « les heures les plus noires de notre histoire ».

Quant à l’attaque sur son patronyme, qui représente un mont Everest de connerie, devrait-il inciter Nolwenn Leroy à prendre un nom d’emprunt comme le patron du «Nouvel obs » qui ne s’appelle pas « Joffrin » mais « Mouchard » ?

De la haine de la « France des terroirs »





Une immigrée qui dérange la gauche !
Elle a ses papiers...



Enfin, pourquoi cette haine de la « France des terroirs » que les étrangers qui viennent la visiter nous envient ?

Des « Winstub » d’Alsace aux « Fest noz » de Bretagne sans oublier les « estaminets » du Nord ni les « bars à tapas » du Sud-Ouest où, comme chantait Nougaro, « l’Espagne pousse un peu sa corne », tous font partie de la France et de son merveilleux patrimoine culturel et, pour ajouter un vécu personnel, je dois avouer que le moment le plus fort que j’ai vécu dans un stade de rugby fût quand j’ai assisté au milieu des supporters du Biarritz Olympique à la demi finale du championnat de France qui les avait opposé à Bourgoin Jallieu en 2005 à Toulouse. Tous ces supporters habillés en blanc et couverts d’un béret basque (oui le même qui était odieux à BHL, Benamou et Bergé et qui doit l’être au même titre que les chansons traditionnelles bretonnes à Fabrice Pliskin) chantant en basque « Aupa BO » et autres chants du terroir m’avait fait dresser le poil, comme à tous les spectateurs présents dans le stade dont les gradins n’étaient pas remplis de nostalgiques de Vichy.

Alors bravo à Nolwenn Leroy pour son album et ses 500 000 exemplaires vendus et merci à elle d’avoir permis aux Français l’ayant écoutée de se souvenir que la France a un grand patrimoine culturel dans les régions qui la composent et, en ce qui me concerne, merci de m’avoir fait humer par sa voix un peu de l’air iodé de cette merveilleuse terre que mon grand-père quitta pour ne jamais retourner y vivre à 17 ans pour aller défendre la France pendant la Première Guerre mondiale.

En Mai 68, période chère au « Nouvel obs », un des slogans phare de soutien à Cohn-Bendit était : « Nous sommes tous des Juifs allemands ».

Que nous aimions l’artiste ou pas, il est un devoir de la soutenir en clamant : « Nous sommes tous des Bretons catholiques ».

Quand à Fabrice Pliskin qui dans son papier fétide a cité Renan, je lui transmets une citation de ce même Renan extraite des « Dialogues et fragments philosophiques » qui lui sied totalement : « La bêtise humaine est la seule chose qui donne une idée de l’infini ».

mardi 17 juin 2008

L'Académie française contre des langues régionales dans la Constitution

Les académiciens demandent le retrait d’un article de la loi

Une atteinte à l'identité nationale

L'Académie Française s'inquiète de la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution, qui porte selon elle "atteinte à l'identité nationale", et demande le retrait d'un article de loi en ce sens voté en mai par l'Assemblée nationale.
Une démarche "extrêmement rare" de l'institution, dont la mission est notamment de "veiller sur la langue française", reconnaît l'Académie, pour souligner la gravité du danger.


Cette attaque vient de l’intérieur,
ce qui la rend encore plus accablante.

"Depuis plus de cinq siècles, la langue française a forgé la France. Par un juste retour, notre Constitution a, dans son article 2, reconnu cette évidence: La langue de la République est le français", écrivent les académiciens dans une "déclaration" diffusée lundi.
Or, les députés ont, selon les sages du Quai Conti, adopté en première lecture le 22 mai un texte "dont les conséquences portent atteinte à l'identité nationale". Les défenseurs de la langue s’élèvent contre ce qu’ "ils ont souhaité que soit ajoutée dans la Constitution, à l'article 1er, dont la phrase commence par les mots : La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale, une phrase terminale: Les langues régionales appartiennent à son patrimoine".

Un amendement en ce sens au projet de loi sur la réforme des institutions déposé par le président UMP de la commission des Lois de l'Assemblée Nationale, Jean-Luc Warsmann (1965, sans profession), avait alors été voté à la quasi-unanimité.
S'ils ne contestent pas l'importance des langues régionales, les académiciens s'interrogent sur "cette apparition soudaine dans la Constitution", qui met "en cause, notamment, l'accès égal de tous à l'Administration et à la Justice".

L'Académie, "qui a reçu le mandat de veiller à la langue française dans son usage et son rayonnement", demande "le retrait de ce texte dont les excellentes intentions peuvent et doivent s'exprimer ailleurs, mais qui n'a pas sa place dans la Constitution".
Les académiciens contestent en particulier la primauté donnée aux langues régionales, désormais inscrites dans l'article 1 de la Constitution alors que la langue française reste mentionnée dans l'article 2. "Il nous paraît que placer les langues régionales de France avant la langue de la République est un défi à la simple logique, un déni de la République, une confusion du principe constitutif de la Nation et de l'objet d'une politique", écrivent-ils.

Les déclarations de l'Académie de ce type sont "rares et traduisent une vraie préoccupation" des académiciens, souligne-t-on Quai Conti.
L'institution est ainsi intervenue ces dernières années pour donner sa position et "attirer l'attention" des différents acteurs dans les débats sur la simplification de l'orthographe, la place du français dans les programmes scolaires ou la féminisation des noms de métiers et fonctions.
Le texte doit être examiné à partir de mardi au Sénat.

Un génocide culturel : les langues régionales inscrites dans la Constitution française

La diversité de l’unité nationale, un nouveau concept absurde et périlleux …
Le 22 mai dernier, lors de l'examen du projet de loi constitutionnelle de modernisation des institutions, l’Assemblée Nationale décida d'adopter un amendement introduisant dans l'article de la Constitution française la phrase suivante : « Les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France. » Avec cette avancée populiste, une erreur historique est à redouter. La sottise à courte vue risque d'être élevée au rang de révolution.
En 1999, selon les critères de la charte européenne des langues régionales ou minoritaires, le rapport Bernard Cerquiglini en a recensé 75. Leur caractéristique est qu'elles ne doivent pas être les langues officielles de pays étrangers - l'espagnol, l'anglais ou l'arabe classique, par exemple, ne sont pas concernés–, ni émaner de populations récemment immigrées, ni être mortes. Il s'agit donc de langues régionales et traditionnelles, encore parlées et attachées à un espace géographique, comme l'occitan, le basque, le breton, le catalan, l'alsacien, le corse, le créole, donc à une nation. Mais on trouve aussi, dans les langues minoritaires et en raison de l'Histoire, le berbère, l'arabe dialectal ou le yiddish. C’est la résurgence du passé colonial de la France avec, par exemple, le lingala parlé en République du Congo et le douala au Cameroun parlés par moins de 20 millions de personnes, dont les franco-camerounais controversés Dieudonné, humoriste ou l’ex-sportif-chanteur Yannick Noah, ou le jazziste Manu Dibango.
Il serait d’ailleurs extrêmement injuste de négliger les 66 à 73 millions de locuteurs vietnamiens au Viêt Nam et les 15 à 22 millions de Cambodgiens du Cambodge et du sud du Viêt Nam (et en Thaïlande), qui parlent la langue khmer.

Le flou sur les critères rend souvent difficiles à identifier les langues
concernées par ce projet. Ainsi, le shimaore parlé à Mayotte est une variante du swahili. Il n'existe pas une langue créole ou kanak, mais plusieurs dialectes. En Nouvelle-Calédonie, on compte par exemple 32 aires langagières différentes ! Ce qui brise net le roman venu de Paris qui voudrait que l'on puisse témoigner au tribunal dans la langue du « pays ». Pour le breton, les cinq langues d'origine ont été unifiées pendant l'Occupation. Et le breton dit 'unifié', à côté du gallo, est une langue parfaitement artificielle, qui est au breton ce que le poisson surgelé est au poisson de pêche, selon le socialiste Jean-Luc Mélenchon ! Au total, les langues minoritaires ne sont parlées que par 7 % de la population. Vouloir introduire, dans le registre politique, des droits particuliers au motif de la langue est contraire à l'esprit de nos institutions. En 1999, le Conseil Constitutionnel ne s'y est pas trompé : il a rejeté la charte européenne - qui introduisait notamment ces langues dans nos services administratifs et judiciaires - au motif qu'elle était incompatible avec l'unité et l'indivisibilité de la communauté légale. Quatorze membres du Conseil de l'Europe ne l'ont pas signée du tout, comme la Belgique, le Portugal, la Grèce ou l'Irlande.
En 1972, Georges Pompidou, Président de la République dit encore :
« il n’y a pas de place pour les langues régionales dans une France destinée à marquer l’Europe de son sceau ». (lien 'langues régionales')
Songez que le Français est langue officielle de l’Union Européenne, mais qu’elle est en cours de marginalisation et que de grandes entreprises françaises pratiquent l’anglais en interne… C’est ‘cool’ ! L’urgence est la défense de la langue française et donc de notre culture, voire de notre identité nationale. Par conséquent, cette volonté d’introduction des langues régionales dans la Constitution n’est pas une simple plaisanterie mais un génocide programmé. LIEN Académie de la Carpette anglaise

Or, le 22 mai 2008, l'amendement de Jean-Luc Warsmann, président de la Commission des lois, a pourtant été adopté à la quasi-unanimité... C'est une décision circonstancielle, démagogique, absurde et dangereuse ! Les ethnicistes mélangent les genres. Les langues régionales ou minoritaires font partie de notre culture. Personne ne peut le nier ou s'y opposer. Mais les introduire dans notre Constitution est dangereux. L'article l est centré sur la notion d'universalité. Introduire de la différence à ce niveau est d'une totale aberration. Pourquoi reconnaître cette particularité-là ? Demain, d'autres demanderont qu'on y fasse figurer la religion ou l'origine ! Et progressivement, on va introduire l'idée qu'il y aurait une définition ethnique possible du peuple français.

L’amendement est certes la manifestation d'une prise de conscience générale de l'intérêt de ces langues régionales dans notre patrimoine. Mais le problème est qu'il ne faut pas en faire un principe institutionnel. C'est une chose d'être croyant ; c'en est une autre de vouloir créer un gouvernement religieux. La décision du 22 mai a mis en valeur la pression d'une Assemblée nationale sous l'influence des communautaristes. Droite et gauche ont cédé à l’ ethnicisme ambiant. En filigrane, le risque, désormais, est de voir resurgir cette fameuse charte des langues minoritaires que le Conseil Constitutionnel a rejetée en 1999. Cette charte était faite pour les minorités linguistiques dans les Balkans, dans les Etats baltes, dans les anciens pays de l'Est, etc. Mais en France, le contexte est radicalement autre, avec tout un appareil législatif protecteur depuis la loi Deixonne LIEN
, en 1951. Elle fut complétée par les lois Toubon (1994, LIEN 'franglais') et Jospin. Outre la rando ou le surf, on peut désormais choisir une de ces langues en option pour le bac. En Corse, les élèves ont droit à trois heures de corse par semaine. Les écoles Diwan enseignent du matin au soir le breton, et le français n'est pas même optionnel. On peut difficilement nous reprocher de faire obstacle à ces langues. Mais lorsqu'en Bretagne le français -langue en voie de disparition- sera une option langue étrangère, appelerons-nous l'Oncle Sam au secours? WWF nous recueillera peut-être...
De plus, parler français a aussi été un mode d'émancipation, notamment pour les femmes. Il serait politiquement incorrect d'ajouter qu'il l'a été pour les peuples colonisés... Ce fut la manière d'éviter l'enfermement dans un 'petit' lieu clos, où l'on devait se marier et mourir comme avaient fait les parents. ('Small is not beautiful', selon le cas) Lorsque François 1er décide, par l'ordonnance de Villers-Cotterêts, d'imposer partout le français, plus populaire que le latin, il libère finalement le serf. C'est le parler commun qui fonde notre liberté, dit ajuste titre Robert Badinter, sans penser que parler 'franglais', puis anglais -'parler commun' du reste du monde-, nous aliène. L'enracinement qu'idéalisent aujourd'hui les urbains était avant tout porteur d'aliénation. Quiconque a vécu dans un village sous l'œil du maire laïc saura de quoi il est question!

Il a fallu autrefois l'école publique pour que la langue s'impose, en mettant en sourdine les langues régionales. Sans réussir à les faire disparaître. Aujourd’hui, le risque politique est bien celui d'un communautarisme officialisé. La France a inventé les droits universels de l'homme. Avec la spécificité commencent l'horreur de l'enfermement, les affrontements sanglants, l'obscurantisme. La langue est un domaine de passion et de culture. Mais aussi un enjeu de pouvoir et de liberté. On doit s'interroger, quand on est républicain, sur l'origine de la charte européenne, par exemple.
Qui l'a proposée au Conseil de l'Europe ? Une commission animée par un groupe composé d'élus eurosceptiques autrichiens, flamands et allemands. Ses origines suspectes devraient mettre en garde tout le monde sur le délire qui consiste à créer un droit particulier pour ceux qui parlent une langue particulière. Tout cela risque finalement d'aller au détriment des langues minoritaires : car, si la charte, à terme, devait être adoptée, demain l'Etat, empêtré dans ses obligations de traductions, n'aura d'autre choix que de dire quelle est la bonne langue bretonne, catalane... Les ethnicistes sont à l'œuvre. Il faut s'opposer à eux au nom de l'unité et de l'indivisibilité de la République française. Je proposerai donc prochainement un amendement de suppression de cet article au Sénat.

Liens intéressants : 'fastoche', 'mollo mollo', etc
· Anglicisation
·
Francisation
·
Gallicisme
·
Anglo-normand (langue)
·
Défense de la langue française
·
Impérialisme linguistique
·
Néologisme
·
Prix de la carpette anglaise
·
Franponais
·
Camfranglais