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mercredi 25 janvier 2012

Présidentielle: Hollande court après Mélenchon, selon Bayrou

Le discours de Hollande dans le 9.3 racole à la gauche du PS

Bayrou se sent abandonné du candidat Hollande
Le président du MoDem affirme qu'il gardera son "cap" et estime que François Hollande a commis une erreur en se positionnant, dimanche au Bourget, en ennemi de la finance.


La prestation de François Hollande n'a peut-être pas été une si bonne opération
Vu du QG de campagne de François Bayrou, rue de l'Université à Paris (VIIe), l'appel du genou du candidat à la gauche du PS et à l'extrême gauche est une erreur stratégique, contrairement à ce que veut faire croire la presse au service du candidat socialiste. "En déclarant, 'mon ennemi, c'est la finance', François Hollande court après [Mme Dugenou], Jean-Luc Mélenchon. Je pense que beaucoup de gens de centre gauche vont s'interroger sur cette posture", estime ainsi l'eurodéputée Marielle de Sarnez, bras droit de François Bayrou et ex-épouse du maire de Deauville.

Hollande se met les banques à dos
Un autre proche du candidat centriste abonde: "Jusqu'à aujourd'hui, Hollande pouvait se prévaloir du soutien des anciens strauss-kahniens et de la gauche des affaires. Là, il s'est mis de lui-même dans une situation impossible à gérer pour la suite, car les Français savent bien que la France ne se gouverne pas à la gauche de la gauche. En fait, il vient d'ouvrir un espace au centre…"
Sur le fond, Sarnez note encore que le candidat socialiste n'a parlé ni de la dette ni du déficit. "Hollande n'a pas fait un discours pour temps de crise. Il a fait un discours politique de facture traditionnelle, où on a entendu un florilège de promesses, qui fait s'interroger sur la crédibilité de son projet…", observe-t-elle.


"Mon ennemi, moi, c'est le chômage"

Mardi matin, sur RTL, Bayrou a d'ailleurs pointé lui-même son désaccord avec l'analyse de Hollande faisant du "monde de la finance" son adversaire principal. "Ça revient à dire que les problèmes que nous rencontrons ne sont pas de notre faute et viennent de l'extérieur. Mon ennemi, moi, c'est le chômage", a-t-il insisté, à la suite du Chef de l'Etat.
Député européen du MoDem et ancien patron du Crédoc, Robert Rochefort juge ainsi "artificiel de faire croire que la relance de la production se fera par des décisions d'encadrement des banques et de la sphère financière". Pour lui, "le redressement de la France, donc la baisse du chômage, passera par le 'produire en France' de Bayrou, c'est-à-dire les PME, la création d'activité et les artisans, qui ont été totalement absents du discours d'Hollande."
François Bayrou l'assure : les Français sont prêts à payer " deux euros de plus " pour acheter de la lingerie Lejaby produite en France. Et les consommatrices ?...

Surtout, calcule encore Rochefort, "la liturgie, très siècle dernier de Hollande au Bourget, était adaptée au public qui était là, mais, contrairement à Ségolène Royal, qui en 2007 avait essayé d'ouvrir, il ne devrait pas mordre au-delà de ce public". Ce qui fait dire encore à Sarnez, la comparse de ce numéro de duettistes, que "seul Bayrou peut incarner et réussir un rassemblement large autour de lui pour former une majorité nouvelle". Joint mardi par Le Figaro, Bayrou le jure: "Tout cela ne m'oblige qu'à une attitude: garder mon cap ! C'est parce que j'ai gardé mon cap que les gens me rejoignent aujourd'hui."
Où est par conséquent le problème ?
Et pour preuve, il souligne qu'il a voté contre la loi pénalisant les génocides, contrairement à l'UMP et au PS. Sans garantie pourtant que ceux qu'il a gagnés d'un côté ne l'ont par quitté de l'autre.


Le PS n'a pas tardé à riposter à ces remarques acides

Faut-il y voir une certaine fébrilité dans l'entourage d'Hollande vis-à-vis du candidat centriste ?

Président du groupe PS à l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault a ouvert le feu mardi. "Bayrou a dit que son seul adversaire, ce n'est pas la finance mais le chômage. Il est député. Jamais une fois je ne l'ai entendu parler du chômage dans l'Hémicycle", a raillé avec aplomb le conseiller spécial du candidat socialiste, de mauvaise foi.

Car la Voix de son Maître grésille beaucoup, mais ne rend pas le son fidèlement. Tout le monde garde en effet en mémoire le combat du député des Pyrénées Atlantiques, Jean Lassalle, l'un des 4 élus du MoDem à l'Assemblée, en faveur de la polyclinique d’Oloron en mars 2011 ou sa grève de la faim sa grève de la faim d'avril 2006, en soutien aux 150 salariés de l'usine Toyal dans la vallée d'Aspe. Le mépris de Ayrault est d'autant plus indécent qu'il prétend par ailleurs défendre les petites formations en soutenant la proportionnelle.

Mais Ayrault était peut-être occupé à faire des niches fiscales à la majorité en se planquant derrière un rideau.
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jeudi 13 janvier 2011

Islam en France: la charia entre dans nos maisons

Un premier prêt bancaire à l’habitat « charia compatible » en France


L'essor du commerce halal ne doit pas occulter le développement de la finance particulière aux musulmans religieux de France.



Une association pour la promotion de financements islamiques annonce le premier prêt à l’habitat monté en France en respect des principes de la loi islamique.

Ce prêt a été accordé en mai 2010 pour l’achat d’une maison en région parisienne, précise-t-elle. « Nous avons fait une première opération de prêt habitat en mai », a annoncé Anass Patel, président de l’Association d’innovation pour le développement économique et immobilier (AIDDIM) qui a conseillé l’acquéreur, lors d’un colloque sur la finance islamique qui s'est tenu à Strasbourg. Cette association cherche à promouvoir une nouvelle éthique dans les rapports avec le monde de la finance et se reconnaît militante: " La recherche d'alternatives aux produits bancaires basés sur l'intérêt a besoin de votre soutien", écrit-elle à ses bienfaiteurs.

VOIR et ENTENDRE cet illustration islamique du marketing ethnique:

Le bénéficiaire est un « sportif de haut niveau », qui a fait l’acquisition d’une maison en région parisienne pour « un montant important » et a bien voulu se prêter à cette première, afin de faire progresser la mise au point du produit, a précisé A. Patel sans révéler son identité.

Un processus plus efficace à terme que la méthode Cantona
Le prêt a été accordé par la BRED. Cette banque est une société de cautionnement(ou de garantie de prêt immobilier), affiliée au groupe Banque Populaire, s’est refusée à tout commentaire et la Banque Populaire, groupe bancaire et financier mutualiste, des Caisses d'Épargne et de Prévoyance, a préféré déléguer... Or, la BPCE, nouvelle entité (Banque Populaire-CNEP), est devenue le deuxième groupe bancaire français.
L’opération de prêt immobilier islamique a été réalisée par le biais d’un mécanisme d’achat-revente (”Murabaha“) consistant, pour la banque, à acheter le bien et le revendre ensuite au client. Ce dernier rembourse ensuite la banque en une ou plusieurs fois et lui verse, en outre, une commission correspondant au service rendu.
La formule permet d’éviter le versement d’intérêts, prohibés par la loi islamique.

L'enseignement parallèle des droits français et islamique
L'association proposait deux jours de formation intensive à la finance islamique, les samedi 4 et dimanche 5 Décembre 2010 de 9h à 18h à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), dans le cadre général des activités commerciales en Islam et l'interdiction du Ribah.
Ce type de stages conteste le système financier occidental et pose la 'problématique' de la conformité de la Shariah (charia) avec les produits financiers français et propose une alternative 'pure'.
A Saint-Denis, les cours étaient animés par Les cours seront animés par Cheikh Mohammad Patel, membre permanent du comité Acerfi, Mohammed Marouane, fondateur de Quantis, Cheikh Mohamed Bechir Ould Sass, membre permanent du comité Acerfi et enseignant chercheur à l'Ecole de Management de Strasbourg, et
Boubkeur Ajdir, directeur de projet chez Islamic Finance Advisory & Assurances Services.
Les ateliers étaient animés aussi bien par Anass Patel, président d'Aiddim (cadre finance et immobilier) qu'un cadre financier venu de Londres que par un enseignant de l'Ecole de Management de Strasbourg.

Le comité ACERFI (Audit, conformité, éthique et recherche en finance islamique) est le premier comité francophone de conformité en finance islamique sur le territoire français constitué de spécialistes en droit musulman engagé dans la recherche en finance islamique et la validation de produits financiers.
Il assure que la finance islamique intéresse la place de Paris dans ses efforts pour rattraper la City de Londres et se targue d' une hausse de 20 % par an depuis 2003, pour un montant estimé à plus de 700 milliards d’euros dans le monde.
Enfin, le comité ACERFI ne cache pas que le contexte économique actuel lui est un terreau favorable et il milite donc sur l'idée que la crise économique internationale souligne la nécessité d'idées nouvelles et d'alternatives...

Un forum de la finance islamique s'est encore tenu à Paris, le 26 novembre dernier. Il a rassemblé plusieurs docteurs en droit musulman.

La diversité n'est tenue ni dans le besoin, ni dans le mépris
L'Aiddim, par la voix d'Anass Patel, diplômé de l'ESC de ...Lille et directeur stratégie et recherche, assure que nous sommes " à l’heure où le gouvernement envisage d’offrir un cadre juridique et fiscal plus favorable pour accueillir la finance islamique " et donc de lui accorder une reconnaissance officielle.

La ministre de l’Economie et des Finances appelle à un assouplissement du cadre législatif et fiscal

Christine Lagarde s'est engagée de longue date en faveur de réformes susceptibles de favoriser son implantation dans l'Hexagone, au prétexte de permettre à certains particuliers ou entreprises de disposer d'instruments d'investissement compatibles avec leurs opinions religieuses, alors qu'aujourd'hui ils s'abstiennent, investissent à l'étranger ou utilisent à contre-cœur des outils financiers habituels. Il faut en outre probablement que l'économie souterraine diversifie ses activités et se lance dans le blanchiment 'pur' d'argent sale.
Mais l'adaptation de la législation française aux pressions islamiques fait débat au sein des élus, notamment à gauche, au nom du principe de laïcité.

Petits bémols à la pureté

Les Caisses d'Épargne sont actionnaires de la banque d'affaires Natixis, qui s'est lancée en 2006 sur le marché des subprimes aux États-Unis, par l'intermédiaire d'un réhausseur de crédits qu'elles ont dû financer en catastrophe par une recapitalisation. En juillet 2010, la Direction des Fraudes (DGCCRF) a remis au Parquet de Paris un rapport relevant l'infraction de publicité trompeuse à l'encontre de la Caisse d'Epargne.

Pour sa part, la Caisse d'épargne Loire-Drôme-Ardèche a en revanche été mise en examen, quelques jours plus tard, par le Tribunal de Saint-Étienne pour publicité trompeuse sur le produit de placement "Doubl'Ô"

Depuis septembre 2009, les Caisses d'épargne - partenaires financiers de l'Aiddim - sont dans le collimateur des associations de consommateurs et de certains parlementaires.
Sont en cause des centaines de millions d'euros prélevés sur les comptes débiteurs de personne en difficulté, au titre des " frais de forçage " notamment.
Ses partenaires atteignent le comble de l' 'impureté', sans que la finance islamique vertueuse ne bronche.
Ces commissions ont été déclarées illégales par la Cour de Cassation en 2008, dans la mesure où elles consistent à facturer le découvert non autorisé au-dessus du seuil de ...l'usure (ci-contre, La Vieille Usurière, de Jusepe de Ribera), ce qui est hyper 'impur' dans le monde religieux islamique et illégal dans le monde séculier et laïc, et donc passible de poursuites pénales. Si cette pratique n'est pas spécifique aux Caisses d'épargne, il semble que le groupe en soit l'un des plus friands. Une loi pourrait prochainement contraindre les agences Caisse d'épargne à stopper ces pratiques et à rembourser les clients abusés.

La pureté des intentions de la sphère financière islamique est donc mise à mal par l'actualité judiciaire.
La volonté affichée du respect de la charia apparaît ainsi nettement plus douteux que la conquête du pouvoir par l'islam de France.

jeudi 24 septembre 2009

Bonus - Vers un compromis: des régles, mais pas de limite

L'opposition avait donc sous-estimé Sarkozy...

La gauche doutait

'Le compromis sera difficile', assurait RFI.
Le sommet G20 court un grand risque, celui de voir chaque Etat membre exhiber son propre ordre du jour. Trois grands blocs se dessinent : les Européens d’un côté, les Anglo-saxons de l’autre et enfin les pays émergents. Les Européens, France et Allemagne en tête, insistent sur la nécessité d’encadrer les bonus excessifs distribués par les banques.

Or, les dirigeants des 20 pays les plus industralisés
n'imposent pas encore de plafond, mais s'accordent sur le principe d'un encadrement des bonus versés dans les métiers financiers.
Les 20 réunis au sommet de Pittsburgh (Etats-Unis) devraient préconiser vendredi de "limiter les bonus à un pourcentage du produit net bancaire quand ils menacent un niveau de saine capitalisation", a déclaré un responsable d'un pays du G20 citant un extrait du projet de communiqué.
Le secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, a réfuté l'existence de profondes divergences avec les Européens et les Français en particulier. "En fait, nous sommes très proches et je crois que nous avons les mêmes positions", a-t-il dit. "Nous voulons des normes très vigoureuses qui limitent les risques". C'est pourquoi "nous avons conçu, et vous le verrez demain, une série ambitieuse de règles très détaillées, qui soulignent cet engagement", a-t-il dit.

La pression européenne fait bouger les lignes

Les positions de départ
La gauche hexagonale avait mis le Président libéral français au défi d'obtenir quoi que ce soit des Américains, mais saluera probablement volontiers la limitation des bonus obtenue. La question des primes avait pourtant considérablement divisé Américains et Européens, sur fond d'indignation populaire devant les bonus versés aux banquiers ou aux opérateurs de marchés, accusés d'avoir fortement contribué à la crise par leurs comportements à risque. Les membres du G 20 ont aussi souligné que l'objectif était que chaque pays, individuellement, instaure en outre "un mélange de régulations, de lois et de mesures de supervision nécessaires pour appliquer ces normes".
L'administration démocrate du Président Obama continue d'ailleurs de s'opposer à un plafonnement des rémunérations auquel poussent les Européens.

Mais les participants au sommet ont assuré qu'il existait un "fort soutien" parmi les pays du G20 à la mise en place d'un cadre pour des politiques concertées entre les membres afin d'éviter les déséquilibres économiques et veiller à la stabilité financière.

Les avancées

  • Mardi, était annoncé un accord "sur les priorités essentielles de réforme pour renforcer les normes de capital, réformer les pratiques de rémunérations, soumettre les marchés dérivés et les fonds spéculatifs à un cadre de supervision approprié, essayer de faire en sorte que nous ayons de meilleurs outils pour répondre à de futures crises financières", mais aussi sur des calendriers pour faire entrer en vigueur ces réformes.
  • Il y avait alors bon espoir que, sur une autre question qui les divise, les pays du G20 accompliraient des progrès : l'octroi aux grandes économies émergentes de droits de vote accrus dans les institutions financières internationales comme le Fonds monétaire international et la Banque mondiale. Il en a affirmé la nécessité, malgré les réticences européennes, mais a dit la volonté américaine de procéder "par étapes".
    Une "norme très claire" pour les exigences de capitaux propres des banques était aussi envisagée.
  • L'administration Obama a toutefois affirmé l'opposition américaine à une sortie prématurée des stratégies de relance économique, à laquelle poussent de grands pays européens inquiets de leurs déficits. "Nous prenons des mesures pour réduire nos déficits budgétaires à un niveau supportable", a-t-il assuré.
    Mais, a-t-il ajouté, les Etats-Unis comptent laisser les mesures de relance en place "jusqu'à ce que nous ayons toute confiance dans le fait que le système financier est en mesure de fournir le crédit nécessaire à la reprise. Nous veillerons aussi à ce que les gens comprennent que nous renverserons ces mesures dès qu'il sera raisonnable de le faire".

    Il a néanmoins déclaré qu'un dollar fort était "très important" pour les Etats-Unis et que ce pays avait la "responsabilité particulière" [Sa Cynique Majesté Royal va hurler au plagiat...] de préserver la confiance internationale, face aux inquiétudes internationales devant la faiblesse du dollar ou aux appels à une nouvelle monnaie de réserve.
    Selon lui, le dollar devrait rester la principale monnaie de réserve "pendant très longtemps", bien que l'euro ait pourtant démontré sa résilience.