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dimanche 21 octobre 2018

Première mesure de Castaner, démagogique

Si le nouveau ministre doit être enlevé, mieux vaudrait que ce fût maintenant...

Castaner a décidé de vivre dangereusement le reste de ses jours


Pour l'heure, Castaner ne risque pas d'être pris en otage...

Avec cette mesure populiste, dès sa prise de fonction, Christophe Castaner donne le ton de la démagogie que nous allons devoir subir. Il veut "mettre un terme" à "la protection à vie des anciens ministres de l'Intérieur" et la ramener à cinq ans après la fin de leurs fonctions.

Tout juste nommé, Christophe Castaner imprime ainsi son style d'ex-socialiste. Le nouveau ministre de l'Intérieur a dévoilé sa feuille de route dans un entretien publié dimanche 21 octobre par le Journal du Dimanche, un journal bien en cour. 


Propriété de Lagardère Active, filiale du groupe Lagardère, son directeur de la rédaction est Hervé Gattegno, journaliste apprêté passé par Le Méridional, quotidien régional marqué à droite, avant de rejoindre Le Nouvel Observateur, marqué à gauche et de se poser au centre, girouette opportuniste aux orientations déterminées en fonction du pouvoir en place : on l'a dit proche d'Arnaud Montebourg quand il était à Bercy, mais il sera macronien tant que se maintiendra la cote de l'ex-banquier, déjà bien basse à 29%. Il est marié à la rédactrice en chef du magazine féministe Elle, propriété du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, après avoir appartenu jusqu'en avril 2018,au ...Groupe Lagardère !


Au cours de cet entretien, Casta a évoqué sa volonté de mettre en place "rapidement" une "réforme symbolique" et non pas essentielle : la suppression des protections à vie des anciens ministre de l'Intérieur. "La protection cesserait cinq ans après la fin des fonctions, sauf bien sûr si une menace persistait. Je consulterai ces prochaines semaines mes prédécesseurs", a-t-il déclaré. Une "réforme" qui augure mal des grandes et vraies réformes à venir, celles-là.
A l'heure actuelle, quelle que soit la durée de son passage à la place Beauvau, tout ancien ministre de l'Intérieur, bénéficie d'une protection rapprochée. Celle-ci est assurée par quatre officiers de sécurité issus des 1.260 agents du Service de la protection (SDLP), note Le Parisien. Ces personnes sont à la disposition de l'intéressé 24 heures sur 24. Ainsi, rappelez-vous, si vous pouvez, le socialiste Matthias Fekl ne l'a pas été deux mois (exactement 1 mois et 19 jours)... Et Manuel Valls, est-il ainsi encore protégé par des policiers français, en Catalogne ? 

Avec cette "réforme", des économies sont à prévoir

La protection d'une personnalité coûte environ 71.000 euros par an et par fonctionnaire. L'ancien secrétaire général de La République en Marche y voit aussi un geste fait en direction des policiers, agacés par les gardes statiques, des tâches indues de plantons. 
Ces dernières années, les fonctionnaires de police ont souvent exprimé leur grogne concernant des missions de surveillance et des formalités administratives qui leur sont assignées, alors qu'il ne s'agit pas de leur cœur de métier.

Dans son entretien, Christophe Castaner adresse d'autres signes à ses troupes, le coucou s'appropriant notamment une "réforme" mesure prise par son prédécesseur, Gérard Collomb, la hausse de 3,5% du budget de son ministère.

C'était sa "feuille de route" !

lundi 9 octobre 2017

Huis-clos du gouvernement Philippe à Matignon le week-end dernier

Edouard Philippe fait de la pédagogie sur les membres de son  gouvernement

Le premier ministre éprouve la nécessité de formater ses collaborateurs

Il veut établir la feuille de route de l’exécutif pour la fin de l’année 2017. 
L'ordre du jour de ce nouveau séminaire est "d’organiser le travail gouvernemental d’ici à la fin de l’année," avait fait savoir l'entourage du locataire de Matignon mercredi. "Le Premier ministre souhaite faire des points d’étape réguliers avec les ministres hors de la pression de l’actualité", avait indiqué Matignon à quelques jours de cette réunion prévue dimanche 8 octobre après-midi.  

Quand l'enfumage ne marche pas, on fait de la "pédagogie"
"On a un problème d'intelligibilité des réformes", concède l'entourage du premier ministre. "Nous rentrons dans une nouvelle étape. On est moins dans la phase de fabrication des réformes que dans celle de l'explication", poursuivent les proches d'Edouard Philippe.
Un besoin de pédagogie éprouvé également par les députés de la majorité. "On a une inquiétude sur la façon dont les Français perçoivent le message. Il faut notamment leur faire comprendre que le budget est certes favorable aux entreprises, mais qu'il l'est aussi pour les gens qui travaillent", s'inquiète un député qui souhaite garder l'anonymat et pour qui les "mesures sur le travail ont un caractère inaudible".

"
Ce temps passé ensemble est important pour le travail en équipe," avait confié Matignon: il permet un travail de planification à moyen terme, en faisant partager des priorités, une feuille de route et un calendrier communs". 
Chacun est à l'écoute des conversations voisines

"Séminaire" d'entreprise gouvernementale, une "thérapie de groupe"?

La fanfare gouvernementale doit s'accorder.
L’entourage du premier ministre avait confié un besoin de "ces moments à froid qui permettent aussi des échanges informels et des retours d’expérience bien utiles après les premiers mois du gouvernement".

Résultat de recherche d'images pour "edouard philippe seminaire matignon"Dans un tweet du 8 octobre, Philippe ne nie pas que son gouvernement est en manque d' "une bonne coordination et une bonne entente des ministres, pour continuer à réparer le pays"...

Edouard Philippe avait trouvé moderne et innovant ce principe du 'séminaire' gouvernemental une première fois à Nancy au début de l’été. 

Un autre séminaire de l’exécutif, présidé cette fois par Emmanuel Macron, s’était tenu fin août à l’Elysée, pour la rentrée.

Les deux premiers exercices de ces réunions gouvernementales, se voulant plus informels,  ont été considérés comme urgents et nécessaires à la coordination de l'exécutif, au vu de la cacophonie générale de l'Elysée à l'Assemblée nationale, en passant par Matignon. Nul n'a oublié l'effet déplorable produit par Edouard Philippe sur RMC où il réclama des pauses pour consulter ses fiches et ses conseillers.  
"Un gouvernement, c'est un orchestre : pour qu'un orchestre joue bien, il faut que chacun joue sa partition, mais aussi que chacun sache quelle partition joue l'autre", a résumé Edouard Philippe en arrivant à la réunion à Matignon. "Faire en sorte que les ministres s'écoutent, qu'ils sachent qui va faire quoi et à quel moment, dans une atmosphère assez décontractée ", a insisté le chef d'orchestre auteur de couacs.

Ce troisième séminaire en quatre mois pour mettre le cap à gauche alors que le premier ministre, qui souffre d’un manque de notoriété, mène ces dernières semaines une offensive médiatique pour imprimer son style et convaincre qu'il est social en défendant et expliquant les réformes de l’exécutif qui jettent les syndicats dans la rue. 

Les "bleus" au pouvoir doivent accorder leurs violons et reprendre leurs partitions
Revue de mode décontractée à Matignon : pour créer de la confiance ?

"Protéger" certains Français...
Selon Matignon, la réunion vise essentiellement à préparer les plans gouvernementaux de lancement de la concertation sur la réforme de l'assurance chômage et de la formation professionnelle, et le "plan étudiant" actuellement préparé par la ministre Frédérique Vidal, sous la pression de La Fage et l'UNEF.
L'exécutif entend aussi
faire davantage "émerger" des mesures, nouvelles ou déjà incluses dans les feuilles de route des ministres, qui montrent qu'il veut aussi mieux "protéger" les Français, pour illustrer le slogan "libérer et protéger " porté par Emmanuel Macron durant sa campagne, mais que les Français voient d'un mauvais oeil.

Reculade annoncée sur l'ISF
"La volonté du président de la République, c'est de montrer qu'on est bien sur deux jambes et de sortir de la cristallisation sur l'ISF", raconte un conseiller anonyme. La réforme de l'impôt sur la fortune (ISF), dont le recentrage sur le seul immobilier a été dénoncé par la gauche comme un cadeau du "président des riches" aux plus aisés, a plombé la "pédagogie" gouvernementale autour d'un budget vanté comme "équilibré". 
Selon un sondage Elabe publié jeudi, 45 % des Français jugent la politique de l'exécutif équilibrée, mais 40 % "trop à droite".
Face à la polémique sur les yachts ou autres lingots d'or qui échapperaient à l'ISF, la copie a dû être revue. Richard Ferrand, patron du groupe LREM à l'Assemblée, portera finalement lui-même un amendement visant à taxer, à raison de 30.000 à 200.000 euros par an, les résidents français propriétaires de bateaux de plus de 30 mètres. La taxe sur la cession des matières précieuses devrait être alourdie et une taxe sur les voitures de grand luxe créée. Et le candidat Macron avait promis de ne pas ajouter de taxes aux taxes...

Dimanche, le président LREM de l'Assemblée nationale, l'ex-EELV François de Rugy, a aussi évoqué la possibilité que les maisons de retraite répercutent la baisse de la taxe d'habitation 
pour compenser la hausse de la CSG qui va toucher principalement les retraités. Après la signature des ordonnances réformant le droit du travail, l'exécutif met aussi le cap sur son deuxième grand chantier économique et social, à savoir la réforme de l'assurance chômage, de la formation professionnelle et de l'apprentissage.

VOIR et ENTENDRE
Philippe tenter de démontrer que le budget du gouvernement ne mise pas sur la CS: 
Les concertations sociales démarrent dans le style de la loi Travail XXL...
Le président ouvre les concertations sociales en recevant les syndicats jeudi et vendredi à l'Élysée, comme il l'avait fait fin mai sur le droit du travail.
Edouard Philippe prendra le relais, sans doute la semaine suivante. Si l'exécutif tente de tourner la page des ordonnances travail, qui doivent encore être ratifiées par le Parlement fin novembre, ces mêmes syndicats n'ont sans doute pas encore dit leur dernier mot. Lundi, les dirigeants des grandes centrales discutent d'une mobilisation commune. 
La contestation a été relancée à FO, par sa base, et à la CFDT, qui se réaffirmait réformiste sous Hollande, mais dont les dirigeants conciliants sur ce dossier depuis le début du quinquennat Macron, sont également soumis à une pression de leur base, notamment les fonctionnaires qui feront grève le mardi 10 octobre.

La concertation s'étendra donc à d'autres domaines cette semaine, a promis le premier ministre, invité d'Europe 1 lundi matin. Il reçoit jeudi et vendredi plusieurs représentants des collectivités locales, qui grondent contre les contraintes budgétaires fixées par l'exécutif. 

Lundi, il recevra à Matignon les dirigeants des deux principaux syndicats étudiants, la Fage (Fédération des associations générales étudiantes, ci-contre), force étudiante majoritaire dans 55 % des universités, quoi qu'en dise BFMTV ce matin, et l'UNEF, en vue du plan préparé dans le sillage de la future réforme des règles d'inscription à l'université.

Le climat social est en effet particulièrement tendu sur fond de critiques dénonçant un gouvernement qui favorise les 'riches' contre les classes moyennes, les professions indépendantes et les retraités par ses mesures économiques et sociales. 
Une grève unitaire est annoncée pour ce mardi 10 octobre.

Et l'opération de com' a foiré
Les populations accablées par le pouvoir macronien ne se reconnaissent pas dans le style décontracté d'Edouard Philippe  qui est apparu en sauterelle  sous les caméras convoquées pour l'événement médiatique au sommet ! Il a traversé la cour de Matignon en pantalon citrouille et col ouvert décontracté, façon Les Insoumis "sans cravate"... 



samedi 1 juillet 2017

Un séminaire gouvernemental en région, pour faire simple et pas cher

Macron clôture à Nancy le stage de formation de ses députés novices

La Meurthe-et-Moselle, supérieure au 7e arrondissement de Paris

Résultat de recherche d'images pour "seminaire Nancy"Le chef du gouvernement et ses ministres se sont délocalisés dans une belle province de Macron 1er, petit père de toutes les régions, vendredi et samedi, pour discuter la "feuille de route" du début du quinquennat. Nancy a eu l'immense honneur d'abriter un séminaire gouvernemental en forme de stage de "renforcement d'équipe" ("team building", pour les admirateurs de la langue américaine). 
Le concept de 'team building' est né dans les années 80 et se fondait alors sur de nombreux travaux des années 60, comme les "étapes de Tuckman," du nom du père du "forming–storming–norming–performing model" de développement du groupe considéré. Il a pour objectif de rendre les équipes plus efficaces en resserrant les liens au sein des équipes. Le jeune président trentenaire y a recours 30 ans et 50 ans plus tard, par nécessité. En effet, son équipe de législateurs est hétéroclite, inexpérimentée et informe.
Or, les techniques de
'team building' visent donc à resserrer les liens entre les membres d'une équipe, quand cette équipe existe. Mais comme la sienne est à l'état de pâte à modeler, Macron 1er doit lui donner forme et lui insuffler l'esprit d'équipe qu'il veut pour elle. Nancy est le lieu choisi pour ce formatage des esprits, en favorisant la gestion du stress et la cohésion entre ses membres par un environnement favorable au travail collectif, à travers des activités de jeux de management, d'activités sportives, culturelles, artistiques ou créatives. Un 'boot camp', diront certains, où sont mises en place des situations dans lesquelles les acteurs seront mis à contribution pour atteindre un but collectif, faire preuve de solidarité, communiquer, résoudre des problèmes et prendre des décisions de façon collégiale ou tout simplement partager un bon moment. Les pratiques de renforcement d'équipe sont au nombre de trois : la récompense, l'intégration de nouveaux collaborateurs et la gestion de crise...
Le séminaire de Nancy est aussi l’occasion pour Edouard Philippe de commencer à dessiner son style comme premier ministre. Une nécessité, là encore, puisque l'hyper-président lui brûlera la politesse lundi lors du rassemblement des deux chambres du Parlement en Congrès à Versailles, la veille de sa propre déclaration de politique générale devant les députés. Macron 1er, tsar de toutes les régions, affirmera à Nancy sa prééminence sur son collaborateur de Matignon. 
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Edouard Philippe et plusieurs membres de son gouvernement ont assisté vendredi soir au spectacle Sons et lumières donné, comme chaque été par la préfecture de Meurthe-et-Moselle, devant les façades XVIIIe siècle illuminées de l’hôtel de ville, au milieu des riverains et des touristes surpris de les trouver là. Le gouvernement s’est offert, vendredi et samedi 1er juillet, un week-end découverte en Lorraine : voyage en train tous ensemble et nuit à l’hôtel (sauf pour le premier ministre logé en préfecture). 
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Deux jours durant, le chef du gouvernement et ses ministres se sont délocalisés en province pour ce "séminaire de travail" à huis clos (cf. le "bunker", ci-contre), au cours duquel chacun a évoqué sa "feuille de route" pour le début du quinquennat. 
L’occasion aussi pour Edouard Philippe d'effectuer ses débuts de chef de la majorité dominée par La République en marche, à la veille de sa déclaration de politique générale, mardi 4 juillet devant l’Assemblée nationale.

Pendant ce temps, le président de la République, Emmanuel Macron, assiste à Strasbourg à la cérémonie européenne en mémoire de l’ancien chancelier allemand Helmut Kohl ou inaugure la nouvelle ligne TGV entre Paris et Bordeaux (en plus du Paris-Rennes).

A Nancy, l'ambiance rappelle celle des séminaires de cadres de grandes entreprises

"Un moment de rencontre et de partage" pour "souder un esprit de cohésion", tente de théoriser le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner. " Nous retrouver tous ensemble pour mieux nous connaître et pour dresser un constat partagé sur la situation du pays", résume le premier ministre, dissimulant mal une opération de formatage des esprits à l'unanimisme de groupe. Edouard Philippe raconte qu'il a voulu "s’extraire des soubresauts du temps court", citant l’historien Fernand Braudel. On comprend dès lors que les journalistes des chaînes d'information en continu soient inadaptés et exclus de ce huis clos de Nancy.

Les media en sont réduits à couvrir l'écume de l'événement. 
Image associéeLa fine équipe Philippe II a donc partagé un "dîner de travail" avec des "héros du quotidien"dixit le même Castaner, vendredi soir, dans une tentative de perfusion de courage et d'expertise. Dans le huis clos des gens de La République en marche, les héros ont raconté "leurs expériences personnelles inspirantes pour tous". Parmi ces invités, Jean-Marie Schleret, l’ancien député de Meurthe-et-Moselle engagé dans l’action sociale et solidaire, Céline Lazorthes, fondatrice de la start-up de paiement en ligne Leetchi, ou l’académicien Erik Orsenna. L’écrivain, ancien conseiller à l’Elysée sous François Mitterrand, a mis en garde, avec humour, les ministres contre "la vanité du pouvoir". "Il nous a fait tout un topo sur la prison que peut devenir un ministère et sur le risque d’enfermement du pouvoir", rapporte un participant. 

Résultat de recherche d'images pour "seminaire travail nancy 2017"Mais l'étoile du week-end d’intégration du gouvernement Philippe a été l’astronaute français Thomas Pesquet (ci-contre à gauche). Convié par le premier ministre, "Thom Astro" a raconté sa mission de six mois sur la station spatiale ISS. "Je viens partager mon expérience et les points communs qu’il peut y avoir entre une mission spatiale et diriger la France", a expliqué le scientifique, légèrement flottant dans sa tentative de rapprochement sur commande. "On était comme des gosses !", confiera après le repas un ministre anonymé, avouant que plusieurs membres du gouvernement n’ont pas résisté à prendre des selfies avec l’astronaute ou à lui demander des autographes pour leurs enfants. Séminaire de travail, disiez-vous ?

L'exécutif, une 'Belle Alliance Populaire' ?

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G. Collomb ne semble pas vraiment intégré
Face à un chef de l’État omniprésent, Edouard Philippe a essayé de profiter du séminaire pour se poser en animateur du gouvernement. "Une équipe complémentaire, motivée, avec un bon esprit. Je suis ravi d’être à sa tête", a-t-il confié à la presse, vendredi soir devant un demi de bière, attablé en terrasse place Stanislas avec plusieurs de ses ministres. Du pain béni pour Paris Match, Closer ou Public... 
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Autour de lui, s’affiche la jeune garde gouvernementale, avec les "Macron boys," Benjamin Griveaux, 39 ans (ci-contre à gauche), Julien Denormandie, 37 ans, et Mounir Mahjoubi, 33 ans, tous secrétaires d'Etat, et les ralliés venus de la droite, Gérald Darmanin, Sébastien Lecornu et Jean-Baptiste Lemoyne. Les vieux de la vieille, Jean-Yves Le Drian, 70 ans, Gérard Collomb, 70 ans, ou Bruno Le Maire, 48 ans, en revanche, avaient préféré regagner leurs chambres d’hôtel. 

Le chef du gouvernement prépare son discours devant les parlementaires mardi. La veille, lundi 3 juillet, Emmanuel Macron s’adresse au Congrès depuis Versailles, au risque de lui couper l'herbe sous le pied, bien que Castaner les déclare tous deux bien "en ligne". Le premier ministre nie d'ailleurs tout esprit de compétition dans le duo exécutif, ce qui est bien naturel à l'issue d'un weekend d'intégration: "Le président va fixer le cap, lundi; moi j’expliquerai mardi comment on atteint ce cap", résume-t-il. 

Les Républicains du gouvernement à la peine

Remettre de l’ordre dans les comptes publics de Hollande
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Philippe se voûte dangereusement
Les trois prises de Macron à la droite ne sont pas à la fête. Alors que Didier Migaud, le président de la Cour des comptes, était venu samedi matin à Nancy pour disserter devant le gouvernement sur la situation des finances publiques (et François Molins, le procureur de la République de Paris, sur la politique de lutte antiterroriste), le premier ministre avait connaissance du "rapport extrêmement sévère et critique" de la rue Cambon pour préparer l’opinion à des économies supplémentaires et atteindre les 3 % de déficit à la fin de l’année.

Après cinq années de socialisme, la France est le dernier pays en Europe à ne pas avoir équilibré ses comptes publics. "Nous sommes en déficit permanent depuis 1974. On va remettre un peu d’ordre dans les comptes publics", prévient depuis Nancy Edouard Philippe, évoquant "une question de souveraineté" pour le pays. 

L’exécutif revendique un "discours de vérité"
Ce qui avait été reproché à F. Fillon, lorsqu'en septembre 2007, il s'était déclaré "à la tête d'un État "en situation de faillite", est aujourd'hui vanté. L'ex-maire juppéiste de Rouen refuse d'ailleurs de préciser l’ampleur et le ciblage des futures coupes budgétaires : retraités, handicapés, etc ? Bruno Le Maire devra trouver 8  à 9 milliards d'euros d'économie avant 2018 pour pallier les effets de la politique de Hollande et Sapin qui ont laissé filer les dépenses, quand ils ne l'ont pas organisée, et le premier ministre a annoncé des coupes budgétaires drastiques ... "suite au rapport du Président de la Cour des Comptes", lit-on, bien qu'il n'en soit évidemment en rien responsable.

Gérald Darmanin, ministre de l’action et des comptes publics, à l’Elysée, le 28 juin.
Le 29 juin, le gouvernement a déjà annoncé le gel du point d’indice des salaires des fonctionnaires, à la stupéfaction des syndicats que Darmanin n'a pas consultés, mais cela sera insuffisant pour rattraper le "dérapage" de 9 milliards d’euros attribué par la Cour des comptes au précédent quinquennat de François Hollande. Le premier ministre n’a "aucun domaine sur lequel il s’interdit de se poser des questions", ont précisé - dans un insupportable charabia - les technocrates de son entourage depuis Nancy.
L’annonce du gel du point d’indice, qui sert à calculer le traitement des fonctionnaires, n’étonne pas vraiment les syndicats mais elle cause un profond mécontentement chez la plupart d’entre eux. C’est la méthode, tout d’abord, qui a déplu : "Le ministre de l’Action et des comptes publics, Gérald Darmanin, a fait le choix d’aller devant les media pour dévoiler cette décision alors qu’il avait affiché son souci du dialogue, lorsqu’il nous avait reçus, le 23 mai", déplore Jean-Marc Canon (CGT). "C’est une déclaration choquante, sur la forme comme sur le fond, enchaîne Mylène Jacquot (CFDT). Elle se situe en dehors des modalités habituelles du dialogue social."
Christian Grolier (FO) dit "ne pas être surpris". "Nous n’avions aucune illusion sur le programme libéral d’Emmanuel Macron", assène-t-il. Et M. Darmanin, peu après sa prise de fonctions, avait assez clairement laissé entendre qu’i
l n’y aurait "pas de nouvelle augmentation de la valeur du point, en 2017, après celle de 0,6 % entrée en vigueur en février", poursuit-il.
Mais les propos du ministre vont plus loin, celui-ci ayant indiqué, vendredi, qu’il n’y aurait aucun coup de pouce au moins jusqu’en 2018. Résultat :
des "pertes de pouvoir d’achat" pour les fonctionnaires, souligne M. Grolier (FO). C’est la preuve que "le prisme comptable va peser sur ce ministère", s’indigne Bernadette Groison (FSU), en fustigeant une décision "aussi injuste qu’inefficace" qui va "bloquer la rémunération de 20 % de la population".
Matignon interdit néanmoins de parler d’austérité. 
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Hotel Mercure de Nancy
La Cour des comptes a épinglé l'"insincérité" du dernier budget de Hollande, ce qu'en langage  courant, on appelle "mensonger" (sous-budgétisation de certains ministères, la recapitalisation d’Areva, et le rendement plus faible qu'annoncé de la régularisation fiscale des contribuables fraudeurs  dans des paradis fiscaux) mais que les  fonctionnaires et les retraités seront les premiers appelés à éponger, sans la contrepartie d'un carton d'invitation à la 'garden party' de Nancy.  
Quelle sera la prochaine catégorie à son tour essorée comme "variable d'ajustement" du budget 2018 et des suivants ? "On ne va pas faire du sang et des larmes, mais on va prendre des décisions courageuses qui ne seront pas toutes forcément populaires", réplique un proche  anonyme d’Edouard Philippe. Un équilibre qui s’annonce difficile à trouver.

Du sang et des larmes, mais en silence, SVP...
Il est donc urgent que les syndicats se mettent au "team building" pour une meilleure défense des Français.

jeudi 17 avril 2014

Comment Valls nous impose 50 milliards d'économies

Valls, combien de divisions ?
Le Premier ministre a brassé du vent
Valls et ses quatre santons
Il a annoncé peu de réformes structurelles. 
La plupart des économies présentées sont soit le résultat de politiques déjà en place, soit la reconduction de dispositifs existants.
Il nous a servi des éléments de langage consensuels propres à endormir les plus vigilants. "Réformer, réduire les déficits, redresser, réussir": qui pourrait y trouver à redire. Manuel Valls s'est pourtant manqué sur la méthode, en ne laissant à personne le soin de cet exercice. Il a en effet refusé de déléguer à Stéphane Le Foll le soin de communiquer le 16 avril sur la ligne de conduite qu'il a fixée. Dans un exercice plutôt blessant pour le porte-parole de son gouvernement, le premier ministre s'est réservé de s'exprimer à l'issue du Conseil des ministres à l'Élysée.
Il s'était fait escorter de quatre ministres, alignés debout, aux garde-à-vous, à une longueur de bras les uns des autres... 
François Hollande avait évoqué le pacte de responsabilité et redit son intention de réduire de 50 milliards les dépenses d'ici à 2017, pour la première fois  le 31 décembre. Et le "Conseil stratégique de la dépense publique" que le chef de l'État présidait en personne, pour déterminer les 50 milliards, s'est réuni dans le plus grand secret, justifiant malaise et impatience manifestes depuis plusieurs semaines.
VOIR et ENTENDRE Hollande assumer la feuille de route "difficile, mais indispensable" qu'il a fixée à Valls:
Manuel Valls n'a pas répondu à toutes les attentes avec précisions, bien qu'il se soit précipité à annoncer le détail de l'enveloppe des 50 milliards prévue avant la date prévue pour le 23 … Du point de vue de l'exécutif sous pression, cette prestation dans l'urgence était rendue nécessaire par le refus de l'Union européenne d'accorder un délai supplémentaire à ces bras cassés pour réduire les déficits publics.
Mais, du coup, Valls est entré peu avant dans le détail des économies:l'enveloppe sera répartie à hauteur de 18 milliards d'économies pour l'État, mais sur nos épaules de contribuables fourbus, 11 milliards au niveau des collectivités locales, 10 milliards supportés par les allocataires de l'Assurance-maladie et 11 milliards pour les autres dépenses sociales.
VOIR et ENTENDRE Valls refuser le terme d'austérité appliqué à sa feuille de route"
 

La présentation de Valls fait l'impasse sur de nouvelles mesures nécessaires 

La plupart des économies présentées sont soit le résultat de politiques déjà en place (comme la réforme des retraites), soit la reconduction de dispositifs existants (comme la poursuite du gel du barème des fonctionnaires). L'une des rares véritables annonces concerne le gel des prestations sociales, hors minima sociaux, jusqu'à octobre 2015.

Surtout, les réformes de structures tant attendues, et chères à la Commission européenne, font clairement défaut… Geler le barème des fonctionnaires ou décaler la revalorisation des pensions sont des décisions courageuses à prendre politiquement mais ce ne sont pas des réformes qui modernisent l'appareil de l'État ou rationalisent l'action publique. Cela revient surtout à renvoyer le sujet à plus tard! «Ce que nous prévoyons de faire sur les dépenses de santé, ce sont de véritables réformes de structure!», se défend-on à Matignon, où l'on cite une optimisation de la dépense dans le domaine des médicaments, un recours accru au générique ou une meilleure organisation du parcours de soins.
"La chirurgie ambulatoire montre qu'on peut réaliser des économies tout en améliorant la qualité de la prise en charge", a souligné Manuel Valls, sans donner plus de détail. Pas plus qu'il n'en a donné sur ce qui pourrait être la vraie réforme de fond du quinquennat, celle qui touchera les collectivités territoriales, via notamment un rapprochement entre les régions. «Le futur projet de loi de clarification des compétences des collectivités territoriales comportera des réformes profondes pour générer des économies», a simplement souligné le premier ministre.

Pas un plan d'austérité, mais appauvrissement de la population

Manuel Valls a surtout pratiqué la méthode Coué

"Il ne s'agit pas d'austérité", a-t-il martelé. Comme pour répondre par avance aux critiques qui n'ont pas tardé à pleuvoir des syndicats et de l'aile gauche de son parti
Et parce qu'il tient à les convaincre du bien-fondé des choix qui ont été faits, il a brossé "trois objectifs" au plan de 50 milliards d'économies, à grands traits. D'abord permettre de financer le pacte de stabilité qui vise à réduire de 30 milliards d'euros le coût du travail des entreprises d'ici à la fin du quinquennat. "C'est le moyen de mettre en mouvement notre économie, de redonner du souffle à nos entreprises," assure-t-il. 
Ces économies sont ensuite supposées permettre de "redonner du pouvoir d'achat aux salariés". Dès le mois de juin, le gouvernement prendra une mesure en faveur des contribuables les plus modestes. Un coup de pouce de "500 millions d'euros", a confié le secrétaire d'État aux Relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, à qui il ne fallait pas objecter que les 50 millions suffiront à peine à financer le "pacte de responsabilité"...

Le 1er janvier 2015, les cotisations salariales seront allégées pour les très bas salaires.

Enfin, Valls garantit que cela doit se traduire par une amélioration de la situation de nos finances publiques. Malgré le maintien des créations de postes aux points d'indices gelés dans l'Education, "nous ne pouvons pas vivre au-dessus de nos moyens", a martelé le premier ministre, qui a confirmé une fois de plus l'intention ferme de la France de ramener son déficit public sous la barre des 3 % en 2015 - il est aujourd'hui à 4,3 %


Pour l'instant, l'équation financière semble délicate et nombreux sont ceux qui affirment que le compte n'y est pas… 
"Il y sera!", assène-t-on à Matignon. L'exécutif doit présenter mercredi prochain en Conseil des ministres les nouvelles prévisions macroéconomiques de la France et la trajectoire de finances publiques qui en découle. De nouvelles velléités, mais aussi nouveau moment de vérité, dans les foyers comme au sein de la majorité présidentielle aux cent coups.

Vers une dissolution du Sénat et une crise de régime?