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jeudi 22 mai 2014

Assemblée: l'adoption de la loi famille se fait contrer par l'opposition

L'opposition contraint le gouvernement à reporter la proposition de loi sur l'autorité parentale

Coup de théâtre à l'Assemblée
La minorité fait suspendre jeudi le débat commencé depuis lundi. Chaque article a  été âprement discuté par l'UMP et, sur twitter, l'UMP Daniel Fasquelle a pu s'en féliciter: "Texte sur la famille reporté sine die ! Victoire ! Nous avons mis en échec le gouvernement". Depuis lundi, l'UMP dénonçait la tentative de la gauche de "casser les repères" de l'enfant.

Avec détermination, les membres de l'Entente parlementaire pour la Famille ont défendu leurs amendements au nom de "l'intérêt supérieur de l'enfant".  Par sa proposition, la majorité parlementaire tentait de relancer le projet de grande loi sur la famille, abandonné en février sous la pression populaire de février dernier. 


Les députés PS refusent d'être les hommes de main de l'exécutif. "Le gouvernement ne laissera pas tomber ce texte dans les oubliettes de l'obstruction parlementaire. Je vous donne rendez-vous pour continuer l'examen de ce texte", a cependant assuré aux députés Laurence Rossignol, la secrétaire d'État chargée de la Famille et des Personnes âgées, soulignant ainsi la tentative d'instrumentalisation des godillots de l'Assemblée par le gouvernement.

Bisou entre Nicolas Bays et Yann Galut,
députés PS, à Paris le 27 janvier 2013
Les députés ne pouvaient poursuivre l'examen du texte jeudi, réservé à l'étude de propositions de loi du Front de gauche. Et l'Assemblée ne siégera pas vendredi à 48 heures des élections européennes. Centré sur les conséquences des séparations de couples pour les enfants, le vote solennel de ce texte gouvernemental repris par les groupes socialiste et écologiste ne peut avoir lieu comme  prévu le 28 mai.
Ce sera à la conférence des présidents de l'Assemblée de proposer une nouvelle date alors que le calendrier parlementaire des prochaines semaines est déjà très chargé avec notamment au menu la réforme pénale et le collectif budgétaire.

"L'adoption de cette proposition de loi pourra être ralentie par les arguments et les comportements les plus réactionnaires mais elle ne pourra être entravée. Ceux qui au sein de l'UMP s'attribuent la mission de gardien de la famille se révèlent en être finalement les geôliers", ont dénoncé dans un communiqué la rapporteure du texte Marie-Anne Chapdelaine (siège PS réservé à une femme, photo) et Erwann Binet, néo- député PS isérois (2012, fort occupé, ci-dessus) en charge de ce texte.

Le chef de file des députés UMP sur ce texte, Philippe Gosselin, avait dénoncé toute accusation d'une "intention de jouer le match retour" de la loi sur le mariage pour tous. L'opposition se voit reprocher d'avoir voulu donner la priorité aux couples hétérosexuels pour l'adoption.

Le débat sur la reconnaissance du rôle des beaux-parents a été interrompu au milieu de l'examen de l'article 10 du texte 
L'UMP s'oppose en effet à ce que l'autorité parentale puisse être déléguée et donc diluée entre quatre personnes.

Dans l'après-midi, la majorité a en revanche réussi à faire passer la double domiciliation de l'enfant d'un couple séparé
Cette disposition est l'une des plus controversées du texte et a donné lieu à plusieurs passes d'armes entre l'UMP et la majorité. L'UMP a fait valoir que l'instauration du principe de la "résidence alternée" se fait au détriment des enfants, ce que nie Laurence Rossignol, connue pour son engagement féministe, accusant la "mauvaise foi et manipulation" à court d'arguments.
Cette disposition est pourtant contestée dans une pétition par quelque 5.500 psychiatres, psychologues ou professionnels de l'enfance. Elle pose le principe d'une résidence de l'enfant au domicile de chacun des parents après une séparation et dans le cas d'un exercice conjoint de l'autorité parentale, sans préjuger du temps passé chez l'un et l'autre. Les modalités de fréquence et de durée sont déterminées d'un commun accord entre les parents ou, à défaut, par le juge.

Rossignol, à la gauche de M. Touraine,
à la tête d'un ministère sans parité...
La majorité a également décidé que la non-représentation d'enfant fera désormais encourir une contravention immédiate -et peu sociale, car très inégalitaire- de 135 ou 375 euros, plus simple à appliquer qu'un délit qui n'était que rarement poursuivi. En cas de récidive, dans un délai de deux ans, la sanction  restera un délit passible d'un an d'emprisonnement et de 15.000 euros. Les parents défavorisés, notamment les pères, n'ont pas intérêt à faillir: les trois femmes du ministère des Affaires sociales et de la Santé ne feront pas de quartier.

dimanche 17 février 2008

Municipales: familles éclatées en politique

Caractères innés ou acquis ?
Quand la campagne devient une affaire de famille, il n'estpas facile de s'y retrouver. Voire plus difficile. Des proches des personnalités politiques ont décidé de s'engager, mais pas toujours dans le même camp.
Qu'il s'agisse des municipales ou des cantonales, l'examen de certaines listes électorales réserve parfois des surprises. Ainsi y retrouve-t-on des noms familiers, mais pas toujours sous les étiquettes où on les attendait.

Il fallait commencer par la famille éclatée par excellence: les Royal. Le PS n'est toujours pas rénové mais la "vigilance républicaine" ne s'applique pas qu'à la majorité présidentielle. Elle trouve son origine psychiatrique dans la famille Royal. Vous allez savoir d'où vient ce TOC Royal.
En juillet 1985, sous le règne de Mitterrand, le souverain et son ministre Charles Hernu lançèrent la DGSE contre le Rainbow Warrior, un bateau de Greenpeace qui mouillait dans le port d'Auckland (Nouvelle-Zélande). Les Turenge, un faux couple d'agents de la DGSE, envoyèrent des poseurs de bombes dans un canot dirigé par un 'homme au bonnet rouge'. Ils firent sauté le bateau, mais l'affaire devint scandale public quand les 'époux' Turenge furent arrêtés. Un 'vigile' du port avait repéré le manège de ces 'pros'… Sa Cynique Majesté Royal a gardé depuis une obsession de la vigilance. Ainsi, l'ex-candidate à la présidentielle a-t-elle placé l'un de ses frères sous surveillance. Or, on a retrouvé 'l'homme au bonnet …rouge' dans le Finistère: c'est Gérard Royal, Monsieur le frère de Madame. C'est là, à Camaret-sur-Mer, connue aussi pour la chanson paillarde Les Filles de Camaret, qu'il a décidé de se présenter sur une liste …divers droite. Selon la presse locale, l'ancien agent de la DGSE et lieutenant-colonel à la retraite "ne pipe pas mot sur sa sœur".
Les relations familiales sont encore plus détendues en Gironde où cette fois-ci, c'est une cousine de la présidente de la Région Poitou-Charentes, Anne-Christine Royal, 40 ans, qui fait campagne pour le …FN dans le cadre des cantonales, à Castillon-la-Bataille, où le duc d'Anjou, en 1377, commença à guerroyer en Aquitaine pour bouter les Anglais hors de France. Il les défit en 1453, récupérant la Guyenne pour son frère le roi.

Dans la famille Mauroy, je demande Brigitte. La nièce de Pierre Mauroy, l'ancien maire socialiste de Lille et ancien Premier ministre de Mitterrand, sera numéro deux sur la liste conduite à … Lille, par le député UMP Sébastien Huyghe. Elle estime qu'il "incarne mieux l'héritage" de son oncle que Martine Aubry, ancien ministre à qui la France doit les 35 heures.

Dans la famille Besancenot, je demande la belle-soeur du porte-parole de la LCR, Laurence Besancenot. Elle se présente sur la liste UMP du maire sortant du Havre, Antoine Rufenacht. "Quand on se réunit dans la famille de mon mari, on évite de parler de politique", a récemment confié la jeune femme. L'honneur est heureusement sauf clans l'Eure où Geneviève Besancenot, mère du postier à quart de temps syndical, portera bel et bien les couleurs trotskistes de la LCR à Louviers.

Car des candidats au nom connu ont quand même décidé de rester dans leur "famille politique". On citera notamment l'exemple de Nicole Hollande, née Tribert, mère du premier secrétaire socialiste, qui a choisi de se présenter » en dernière position de là liste PS à ...Cannes, ville de nantis au soleil. François Hollande "n'aime pas les riches", mais il a donc dû aussi déclarer, après Gide, "famille, je vous haïs", car il est né d'un père médecin ORL de la banlieue résidentielle de Rouen et a fait ses études au lycée Pasteur de Vaux-en-Velin … , pardon, de Neuilly-sur-Seine, auprès de Sarkozy… "C'est une place symbolique, elle a 80 ans, mais c'est venu d'elle", assure la candidate à la mairie Appoline Crapiz.

Dans la famille UMP, Malika Dali, sœur de la garde des Sceaux, est en quatorzième édition sur la liste du maire sortant de Nancy, André
Rossinot
, en lice pour un cinquième mandat.
Un dernier cas mérite enfin d'être évoqué, car il est extrême. C'est celui de la ville clé de Puteaux (Hauts-de-Seine) où l'ancien maire Charles Ceccaldi-Raynaud livre une guerre sans merci à l'actuelle maire UMP qui n'est autre que... sa fille Joëlle ! Après lui avoir laissé sa place en 2004, il l'accuse aujourd'hui de tous les maux, dont celui d'avoir dilapidé l'argent de la commune en festivités.