POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est affaire Thévenoud. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est affaire Thévenoud. Afficher tous les articles

dimanche 21 juillet 2019

Transparence et déontologie, selon Edouard Philippe et ses prédécesseurs

© Fotolia.com
Les ministres et secrétaires d’Etat sont nommés par le président de la République sur proposition du Premier ministre. A leur entrée dans le gouvernement, durant leurs fonctions puis à leur sortie, ils sont soumis à certaines obligations en matière de transparence et de déontologie.
En outre, ils ont interdiction de cumuler leur activité gouvernementale avec certaines autres fonctions.
Lorsqu’ils cessent de faire partie du gouvernement, les ministres et secrétaires d’État peuvent percevoir une indemnité pendant trois mois maximum.

Les règles en matière de transparence et de déontologie

Ces règles ont été renforcées par la loi ordinaire du 11 octobre 2013 relative à la transparence de la vie publique, adoptée dans l’urgence à la suite de l’affaire "Cahuzac", et par la loi ordinaire du 15 septembre 2017 pour la confiance dans la vie politique.
[Il faudrait également citer la Charte de déontologie des membres du gouvernement, 17 mai 2012, déjà suggérée par JY Le Drian]

A l’entrée dans le gouvernement

Dans les deux mois suivant leur nomination, les ministres et secrétaires d’État doivent adresser à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) une déclaration de patrimoine concernant la totalité de leurs biens propres ainsi que, le cas échéant, ceux de la communauté ou les biens indivis. La déclaration porte notamment sur les immeubles, les assurances-vie, les comptes bancaires détenus.
Dans le même délai, les ministres et secrétaires d’État doivent transmettre à la HATVP et au Premier ministre une déclaration d’intérêts. Celle-ci doit mentionner les intérêts détenus à la date de leur nomination et dans les cinq années précédentes. Elle fait notamment apparaître, les activités professionnelles ou de consultant passées et présentes du déclarant, ses différentes participations aux organes dirigeants d’organismes publics ou privés, la profession de son conjoint, partenaire pacsé ou concubin.
La HATVP, qui a remplacé en janvier 2014 la Commission pour la transparence financière de la vie politique créée en 1988, est chargée de vérifier ces déclarations. Elle peut enjoindre un membre du gouvernement qui aurait omis de les déposer de le faire sous un mois, ainsi que de compléter ses déclarations ou de fournir des explications.
Pour assurer sa mission, la HATVP transmet à l’administration fiscale les déclarations de patrimoine afin obtenir tous les éléments pour en contrôler l’exhaustivité, l’exactitude et la sincérité (par exemple avis d’impôt sur le revenu, avis d’impôt sur la fortune immobilière). Elle saisit le parquet de toute déclaration de patrimoine irrégulière (cas en mars 2014 des déclarations de Yamina Benguigui, ministre déléguée chargée de la Francophonie).
La HATVP publie sur son site internet les déclarations de patrimoine et d’intérêts des membres du gouvernement, assorties de ses éventuelles appréciations. Cette publicité est une innovation majeure de la loi du 11 octobre 2013, même si dès juin 2012 et avril 2013, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault avait ordonné la publication des déclarations d’intérêts et de patrimoine des ministres sur le portail internet du gouvernement.
Lors de leur entrée au gouvernement, les ministres et secrétaires d’État doivent également confier à un tiers la gestion de leurs instruments financiers.
Ils font en outre systématiquement l’objet, dès leur nomination, d’une procédure de vérification fiscale. Cette procédure, supervisée par la HATVP et conduite par l’administration fiscale, permet de vérifier que les membres du gouvernement sont à jour du paiement de leurs impôts. Si tel n’est pas le cas, le président de la République et le Premier ministre en sont immédiatement informés (depuis la loi Sapin II du 9 décembre 2016) et le membre du gouvernement fautif contraint à la démission (comme le secrétaire d’État au commerce extérieur Thomas Thévenoud en septembre 2014). Jusqu’à la loi de 2013, cette vérification était mise en œuvre, de manière officieuse, à la demande du ministre du budget.
De plus, la vérification de la situation des membres du gouvernement peut avoir lieu avant même leur nomination. Cette pratique, initiée lors de la composition du gouvernement d’Édouard Philippe en mai 2017, est désormais prévue par la loi ordinaire du 15 septembre 2017 pour la confiance dans la vie politique. En vertu de ce texte, le président de la République peut, préalablement à la nomination du Premier ministre, des ministres et secrétaires d’État, demander :
  • à la HATVP des informations sur leur situation au regard des conflits d’intérêts et sur le respect de leurs obligations déclaratives en matière de patrimoine et d’intérêts et d’activités ;
  • une attestation sur leur situation fiscale ;
  • le bulletin n°2 de leur casier judiciaire.
Le Premier ministre reçoit également ces informations (sauf si elles le concernent).

Pendant leurs fonctions

En cas de modification importante de leur patrimoine durant l’exercice de leurs fonctions, les ministres et secrétaires d’État doivent le déclarer à la HATVP. Il en est de même en cas de modification substantielle de leurs intérêts. Dans ce dernier cas, le Premier ministre doit également recevoir une déclaration.
Par ailleurs, les membres du gouvernement doivent exercer leurs fonctions avec dignité, probité et intégrité et veiller à prévenir ou à faire cesser immédiatement tout conflit d’intérêts. La loi de 2013 définit pour la première fois la notion de conflits d’intérêts. Il s’agit de "toute situation d’interférence entre un intérêt public et des intérêts publics ou privés qui est de nature à influencer ou à paraître influencer l’exercice indépendant, impartial et objectif d’une fonction".
Dans une telle situation, le ministre doit prévenir le Premier ministre afin que ce dernier exerce ses attributions pour régler les dossiers en interférence. La même règle s’applique au secrétaire d’État (ou ministre délégué) qui doit alerter le Premier ministre et son ministre de rattachement afin que ce dernier le remplace pour traiter les affaires en cause.
Depuis mai 2017, trois ministres et un secrétaire d’État du gouvernement d’Édouard Philippe ont fait l’objet de décrets de "déport". C’est le cas notamment d’Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé, qui a été déchargée de la tutelle de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), dirigé par son mari, ou de Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique et solidaire, qui a été déchargé des questions relatives à la "Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme" et à la marque de cosmétiques Ushuaïa. [L’une des cinq membres du gouvernement Philippe concernés par un décret restreignant ses compétences est Emmanuelle Wargon, fille de Lionel Stoleru (ancien secrétaire d'Etat de Giscard d'Estaing, puis de Mitterrand), secrétaire d’Etat à la Transition écologique et solidaire, à la suite de Sébastien Lecornu, en plus de Françoise Nyssen, en conflit d'intérêts patent entre la patronne d'Actes Sud et la ministre de la Culture.]
 Ces décrets de déport figurent sur le "registre de prévention des conflits d’intérêts", accessible sur le portail internet du gouvernement.
Ce registre mentionne également les cas dans lesquels un membre du gouvernement a estimé ne pas pouvoir participer à une délibération en conseil des ministres en raison d’une situation de conflit d’intérêts relative à la question débattue. La création de ce registre date de la loi précitée du 15 septembre 2017.

A la sortie du gouvernement

Dans les deux mois suivant la cessation de leurs fonctions, les ministres et secrétaires d’État doivent transmettre une nouvelle déclaration de patrimoine ainsi qu’une nouvelle déclaration d’intérêts à la HATVP.
La déclaration de patrimoine terminale doit récapituler l’ensemble des revenus perçus par le ministre ou secrétaire d’État (et le cas échéant par la communauté) depuis son entrée au gouvernement. L’objectif est de lutter contre la corruption en vérifiant que la personne ne s’est pas illégalement enrichie lorsqu’elle était au gouvernement. En cas de variation inexpliquée de la situation patrimoniale, la HATVP transmet le dossier au parquet.
Par ailleurs, les membres du gouvernement sortants peuvent se voir interdire ou autoriser sous réserve par la HATVP, pendant un délai de trois ans après la fin de leurs fonctions, une activité libérale ou une activité rémunérée au sein d’une entreprise ou d’un établissement public industriel et commercial. Si les ex-ministres violent l’interdiction ou les réserves édictées afin de prévenir un conflit d’intérêts, la HATVP publie un rapport spécial et le transmet au parquet.

Les règles en matière d‘incompatibilité et de cumul avec d’autres fonctions

Les fonctions ministérielles sont incompatibles avec diverses autres fonctions, qu’elles soient publiques ou privées, électives ou non. Ces incompatibilités, qui sont pour l’essentiel prévues à l’article 23 de la Constitution du 4 octobre 1958, visent à garantir la disponibilité et l’indépendance des ministres.

Incompatibilité avec un mandat parlementaire

Un membre du gouvernement ne peut pas exercer en même temps un mandatparlementaire. Cette incompatibilité date de la Ve République.
Les députés et les sénateurs qui acceptent une nomination au gouvernement sont remplacés par leurs suppléants. Ce remplacement est, depuis la réforme constitutionnelle du 23 juillet 2008, temporaire : il prend fin un mois après la fin des fonctions ministérielles. L’ex-ministre retrouve automatiquement son siège de parlementaire. Il n’a plus à attendre, comme auparavant, la fin du mandat de son suppléant ou sa démission et l’organisation d’une élection partielle pour retrouver son siège.

Incompatibilités professionnelles (avec un emploi public, une activité privée ou une fonction de représentation professionnelle)

Le fonctionnaire, qui devient ministre ou secrétaire d’État, ne peut pas continuer à exercer son emploi public. Lorsqu’il entre au gouvernement, il est placé d’office en disponibilité. Dans cette position, il ne peut pas obtenir d’avancements de carrière, ni acquérir de droits à pension. Cette règle, instituée par la loi organique du 11 octobre 2013, est applicable depuis le 1er octobre 2014. Elle a mis fin au régime plus avantageux du détachement pour les fonctionnaires nommés au gouvernement.
L’exercice d’une activité professionnelle privée, y compris libérale, est également interdit aux membres du gouvernement. L’incompatibilité peut concerner toute activité, même annexe à la profession de la personne appelée au gouvernement (par exemple une activité publicitaire, comme ce fut le cas pour le secrétaire d’État aux sports Bernard Laporte en 2007).
Il est également impossible de cumuler des fonctions gouvernementales avec une fonction de représentation professionnelle à caractère national. Cette interdiction vise la direction nationale des syndicats patronaux ou de salariés et des organismes professionnels ou interprofessionnels (publics, semi-publics ou privés).

Les autres incompatibilités

Les fonctions de membre du gouvernement sont également incompatibles avec celles de :
  • président de la République (coutume constitutionnelle) ;
  • député européen (article 6 de la décision du Conseil des Communautés du 20 septembre 1976) ;
  • membre du Conseil constitutionnel (article 57 de la Constitution) ;
  • membre du Conseil supérieur de l’audiovisuel ;
  • membre du Conseil économique, social et environnemental ;
  • Défenseur des droits ou adjoints au Défenseur.

La question du cumul avec un mandat local

Aujourd’hui, aucun texte n’interdit à un ministre ou à un secrétaire d’État de détenir des mandats locaux. Toutefois, les présidents de la République Jacques Chirac en 2002 et François Hollande en 2012 ont appliqué à leurs gouvernements la doctrine instituée en 1997 par Lionel Jospin. Lors de sa nomination comme Premier ministre, celui-ci avait imposé à ses ministres de renoncer à la direction d’un exécutif local. En mai 2012, après l’élection de François Hollande, la "doctrine Jospin" a été formalisée dans une "charte de déontologie des membres du Gouvernement". A son tour en mai 2017, Emmanuel Macron a demandé aux ministres nouvellement nommés de démissionner des exécutifs locaux qu’ils dirigeaient.
Un projet de loi constitutionnelle relatif aux incompatibilités applicables à l’exercice de fonctions gouvernementales et à la composition du Conseil constitutionnel, présenté le 13 mars 2013, prévoyait d’inscrire dans la Constitution l’interdiction du cumul des fonctions de ministre avec un mandat d’exécutif local. Toutefois, ce projet de loi a été abandonné faute pour le Sénat de l’avoir examiné.
Le projet de loi constitutionnelle, présenté le 9 mai 2018 en Conseil des ministres dans le cadre de la réforme des institutions, reprend cette interdiction. Son article 1er dispose que "Les fonctions de membre du Gouvernement sont également incompatibles… avec l’exercice d’une fonction exécutive ou de présidence d’assemblée délibérante au sein des collectivités…, de leurs groupements et de certaines personnes morales qui en dépendent".
En novembre 2012, la Commission "Jospin" de rénovation et de déontologie de la vie publique, allait plus loin. Elle préconisait d’interdire le cumul d’une fonction ministérielle avec l’exercice de tout mandat local, exécutif ou non.

L’indemnité de cessation de fonction des membres du gouvernement

Après avoir cessé leurs fonctions, les ministres et secrétaires d’État perçoivent une indemnité équivalente au traitement qu’ils recevaient au gouvernement. Le versement de cette indemnité leur est assuré pendant trois mois (contre six mois avant la loi organique du 11 octobre 2013), sauf s’ils reprennent une activité rémunérée avant.
Les ministres et secrétaires d’État qui ont oublié de déclarer tout ou partie de leur patrimoine ou de leurs intérêts sont privés de leur indemnité (depuis la loi organique du 11 octobre 2013).
Concernant les avantages matériels (logement, voiture de fonction, etc.) des ex-ministres et secrétaires d’État, la loi ne prévoit rien.
Dans un souci de complète transparence et au nom de la séparation des pouvoirs, à l’instar du député René Dosière qui souhaitait en mars 2016 un débat parlementaire sur les avantages des anciens présidents de la République, certains ont réclamé une loi sur le statut des membres et anciens membres du gouvernement.


mercredi 22 novembre 2017

François Hollande savait que Thomas Thevenoud fraudait le fisc

Mediapart a révélé les faits; France Info précise aujourd'hui que Hollande était au courant

Le président Hollande a fait entrer un fraudeur fiscal notoire au gouvernement

Thomas Thévenoud devait de l'argent au fisc et le président Hollande ne l'ignorait pas, assure France Info, qui ajoute que le président socialiste pensait que son secrétaire d'État au Commerce extérieur allait régulariser sa situation. Fin août 2014, lorsqu'il arrêta son choix sur le député de Saône-et-Loire, François Hollande comptait-il que le ministre des Finances étouffe l'affaire ?
était au courant que le député de Saône-et-Loire devait de l'argent au fisc. 

Thomas Thévenoud aura tenu à peine deux semaines au gouvernement, un record de brièveté dans l'histoire de la Ve République.
L'urgence du remaniement expliquerait tout. Le président ni son entourage ne prennent pas le temps de vérifier que la situation du futur secrétaire d'État est régularisée. Quelques minutes seulement avant l'annonce du remaniement, le chef de l'État montre à son ministre des Finances la liste qu'il a dressée. 

Michel Sapin oppose une faible résistance à cette nomination que réprouve la morale politique

Résultat de recherche d'images pour "thevenoud Michel Sapin"
"C'est bien réglé son affaire ?", se serait alors inquiété François Hollande, dans un tardif sursaut  moral, tandis que Jean-Pierre Jouyet, le secrétaire général de l'Élysée, commençait à annoncer le nouveau gouvernement sur le perron de l'Élysée, précise France Info, comme si son informateur était sur place. 

La fraude de Thomas Thévenoud avait déjà fait pencher la balance en faveur d'un autre candidat, Fleur Pellerin, quelques mois plus tôt, alors qu'il avait déjà été pressenti pour faire partie du premier gouvernement Valls. En août, le président de la République pensait que le député socialiste de Saône-et-Loire aurait eu à coeur d'assainir sa situation fiscale.
 
Or, quatre mois n'avaient pas suffi à Thévenoud pour se mettre en règle.   Thomas Thévenoud avait accumulé des "retards de déclaration et de paiement" au Trésor public entre 2009 et 2013, alors que Pierre Moscovici était ministre de l'Économie et des Finances (mai 2012-mars 2014). 
L'ex-secrétaire d'État a écopé de trois mois de prison avec sursis et d'une peine d'inéligibilité d'un an pour fraude, alors qu'il est retiré de la vie politique...
Du temps libéré pour soigner sa "phobie administrative" !

vendredi 28 novembre 2014

Le fraudeur Thomas Thévenoud ose se remontrer sur les bancs de l'Assemblée

Les Français sont pourtant pour l'inégilibilité des élus condamnés pour fraude fiscale 

Démissionné pour fraude fiscale, l'ex-ministre Thomas Thévenoud a fait son retour vendredi à l'Assemblée nationale
Fraudeur socialiste,
odieux et méprisant
L'AFP -et la presse en choeur derrière elle- évoque ses "déboires" fiscaux qui pour d'autres sont des fraudes. 
L'éphémère secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, le très controversé Thomas Thévenoud, député de Saône-et-Loire, est de retour vendredi dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, pour la première depuis sa démission du gouvernement début septembre pour cause de "phobie administrative" qui serait la raison "médicale" de son trouble psychologique à déclarer tous ses revenus en temps et en heure.
Une approche sournoise, à la socialiste...
Dans le calme mais observé depuis tous les bancs, il s'est installé à l'avant-dernier rang de l'hémicycle, siégeant parmi les non-inscrits. Seul le co-président du groupe écologiste, François de Rugy, est venu le saluer avant l'ouverture de la séance.

Le député de Saône-et-Loire compte participer aux votes


Sans le pousser à renoncer à son siège, Le PS l'avait appelé à " tirer les conséquences " de ses actes...
Le fraudeur avait annoncé le 8 septembre dernier qu’il quittait le Parti socialiste, tout en refusant de démissionner de son mandat de député, provoquant l'indignation de ses collègues députés de droite, mais aussi du PS, dans une posture molle du fait du risque pour le PS de perdre la majorité en provoquant des élections partielles.

Ex-PS maintenant non-inscrit, le fraudeur s'incruste pourtant et va participer au débat sur la résolution socialiste pour la reconnaissance d'un Etat palestinien, une pression d'ailleurs intolérable, puisqu'il n'entre pas dans les attributions du législatif d'aborder les problèmes relevant du pouvoir régalien. Claude Bartolone, président de l'Assemblée, ignore-t-il le règlement ?

Thévenoud avait amorcé son retour en venant pointer en Commission
Thomas Thévenoud a remis les pieds à l'Assemblée mi-octobre en assistant à une réunion de la commission du Développement durable dont il fait désormais partie. Puis, mi-novembre, il avait pris la parole lors d'une réunion de cette commission. Le député membre des radicaux de gauche Olivier Falorni avait alors quitté la salle. 

Le fraudeur a un sens tout socialiste de la dignité 
Le président du groupe UMP à l'Assemblée, Christian Jacob, avait en septembre demandé au ministre du Budget, Christian Eckert, de saisir la commission des infractions fiscales "pour savoir s'il y a eu une fraude". Dans sa conférence de presse du 18 septembre, le président de la République, François Hollande, a estimé que l'ex-secrétaire d'Etat n'est "pas digne de rester à l'Assemblée nationale", mais Thévenoud n'en a cure.

L'exécutif se préoccupe comme d'une guigne de l'opinion

Un sondage Opinionway pour Powerfoule.org, publié lundi par LeMonde.fr, révèle que 73 % des Français estiment que les élus condamnés pour fraude fiscale ne devraient jamais pouvoir se représenter. Un chiffre qui grimpe à 84 % pour les faits de corruption et 85 % pour le détournement de fonds publics.
Les Thévenoud cassent la confiance des Français en la probité de leurs élus. 
Ainsi, 47 % des Français considèrent que la fraude fiscale est un phénomène très répandu parmi la classe politique, 40 % pour les faits de corruption et de détournement de fonds publics. Un jugement beaucoup plus répandu dans l'électorat du Front National : entre 94 et 97 % des électeurs ayant voté Marine Le Pen à la dernière présidentielle considèrent en effet ces phénomènes comme très répandus.
Le PS n'enregistre que 13 % et l'UMP 9 %. Une majorité de Français (46 %) estime cependant qu'aucune des formations politiques existantes ne répond à ce souhait de transparence. 
Le PS de Hollande met la République en souffrance.


mardi 9 septembre 2014

Fraudeur Thévenoud : double jeu politicien d'un PS "exemplaire"

Tour de passe-passe: Th.Thévenoud quitte le PS, mais reste député, "non inscrit" !

Fraude fiscale et arithmétique parlementaire, en passant par la charte de déontologie et la loi de transparence de la vie publique...   
Montage d'après Chaunu
Laurent Fabius avait soumis ses collègues du gouvernement à la signature d'une Charte de déontologie, dès le 17 mai 2012. "Le bon fonctionnement d'une démocratie passe par l'existence d'un lien de confiance entre les citoyens et ceux qui gouvernent. (...) Elle se construit jour après jour, au vu de l'action du gouvernement et de l'image donnée par ceux qui en sont membres. Un manquement isolé peut, à lui seul, suffire à l'entamer durablement", pouvait-on lire en introduction du texte, lourd de cinq chapitres, dont le 5e: "Intégrité et exemplarité".

Le 3 avril 2013, François
Hollande avait ensuite annoncé une loi sur la transparence de la vie publique, annoncée le 3 avril par François Hollande. C'était sous la pression de l'affaire de dissimulation de fonds sur des comptes en Suisse et à Singapour par le chevalier blanc socialiste Jérôme Cahuzac, ministre du Budget du même Hollande, a été définitivement adoptée par l'Assemblée nationale, mardi 17 septembre 2013, malgré de nombreuses résistances.

Claude Bartolone faisait de la résistance sur le contrôle des élus et la déclaration de leur patrimoine pour permettre de prévenir les conflits d'intérêts et tout enrichissement personnel:
Le président (PS) de l'Assemblée nationale, qui était "contre la publication des déclarations de patrimoine des élus, et qui le demeure", n'hésitait pas à qualifier ce texte de "l'une des meilleures lois européennes" en la matière. Son opposition avait conduit à un compromis bancal consistant à autoriser tout citoyen inscrit sur les listes électorales à prendre connaissance des déclarations de patrimoine des élus, mais sans le droit de les divulguer...

La fraude fiscale du député PS Thomas Thévenoud ébranle la confiance dans le gouvernement

En toute conscience de son infraction au code fiscal de son pays, le camarade d'Arnaud Montenourg, élu comme lui de Saône-et-Loire, avait accepté le poste de secrétaire d'Etat chargé du Commerce extérieur, du Développement du tourisme et des Français de l'étranger du gouvernement Valls 2, en dépit des proclamations de transparence et d'exemplarités des 3 gouvernement de Hollande en deux ans.
Après 9 jours, Thomas Thévenoud est contraint à la démission démissionne le 4 septembre 2014, pour "un problème de conformité avec les impôts"! Selon Mediapart, l'élu "exemplaire" ne déclarait pas ses revenus et il aura fallu une mesure de recouvrement forcé pour qu'il paie un arriéré de trois années d'impôts...

Lundi 7 septembre, le président de l’Assemblée nationale, ,Claude Bartolone (PS), estime maintenant que l’éphémère secrétaire d’Etat Thomas Thévenoud saura " prendre la bonne décision " et démissionner de son mandat de député. A la veille des prochaines élections sénatoriales, le 28 septembre 2014, Sandra Thévenoud, la femme du député, a d'ailleurs été " mise en congé, sans traitement" de sa fonction de chef de Cabinet du président du Sénat, soit à trois semaines de la fin de son contrat, le 30 septembre. "La fiscalité étant l'affaire solidaire des époux, Mme Thévenoud marque la même irresponsabilité que son mari et devrait en tirer les conséquences", explique la sénatrice UDI-UC de l'Orne, Nathalie Goulet, par ailleurs candidate à la présidence du Sénat.
Bartolone sort parapluie et calculette

"Je suis certain qu'après le choix qu'a pu représenter, y compris dans sa vie personnelle, cette sortie du gouvernement, il saura prendre une
décision qui à la fois le protège lui mais nous protège collectivement, et au-delà même de la gauche, tous les responsables politiques, parce qu'on voit le traumatisme qu'a créé cette affaire dans l'opinion publique", a déclaré le sournois Claude Bartolone.
Car le président est ébranlé sur son perchoir. Il évalue donc les rapports de force dans l'hémicycle. "Aujourd'hui, je n'ai aucun moyen pour l'empêcher d'être député", a prévenu le président de l'Assemblée. "A la limite, nous allons voir aussi ce que dira la Haute autorité de la transparence de la vie Publique, qui aura l'occasion d'examiner à la fois son patrimoine et ses déclarations de revenus, comme elle le fait actuellement pour tout député", a-t-il ajouté.
Dessin de Luz
Selon le président de l'Assemblée, qui recevait Thévenoud régulièrement à déjeuner à l'Hôtel de Lassay  avec d'autres jeunes députés, "c'est à la fois une décision individuelle et une décision collective", via le Parti socialiste. Jean-Christophe Cambadélis, patron du PS, a fini par annoncer lundi qu'il a convoqué M. Thévenoud pour "tirer les conséquences" de sa "défaillance" fiscale sur son mandat de député. 
"Pour le reste, c'est une décision individuelle (...) C'est à lui aussi de voir (...) compte tenu de la légèreté dont il a pu faire preuve hélas, de savoir exactement quelle est la décision qu'il va prendre", a insisté Bartolone.  Thévenoud, qui a nié la fraude, concédant de la "négligence mais pas de la malhonnêteté", a l'intention de conserver son mandat, contre l'avis général à gauche comme à droite.

Au final, le fraudeur vertueux quitte le PS,  pour un temps, pas l'Assemblée !
Thévenoud refuse de démissionner de son siège et fera aujourd'hui sa rentrée au Parlement, avant un retour annoncé au PS d'ici 2017. Malgré les rappels à la décence républicaine, notamment du PS, l’ex-secrétaire d’Etat Thomas Thévenoud a annoncé lundi soir qu’il reste député mais quitte le PS. "Après m’être entretenu ce lundi soir avec Jean-Christophe Cambadélis", "j’ai décidé de me mettre en retrait du Parti socialiste et donc du groupe SRC à l’Assemblée nationale (...) 
Il persiste et signe. "Mais je veux rappeler que l’enchaînement de négligences choquantes qui m’ont placé dans cette situation ne fait pas de moi un fraudeur (...) Mes électeurs de Saône-et-Loire seront mes seuls juges" lors des législatives de 2017, explique-t-il, en victime d'un "enchaînement de négligences".
Simplement, par un jeu d'écritures, l'exemplaire Thévenoud sera déclaré "non inscrit"... 

Thévenoud-la-menace prend le statut de protecteur de la majorité présidentielle !

Le Foll lance un "appel à la responsabilité" à la veille du vote de confiance 
Le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll, accessoirement ministre de l'Agriculture, a lancé sur France Info mardi, jour de la convocation du parlement en session extraordinaire, un "appel à la responsabilité de tous." Les difficultés sont suffisamment importantes en cette rentrée pour qu’on soit solidaires et soudés", tandis que, pour une fois, l'ineffable godillot Bruno Le Roux reste coi.

Revoir à l'Assemblée l'ex-secrétaire d'Etat Thomas Thévenoud, renvoyé du gouvernement en raison de fraude fiscale, exaspère la presse mardi pour qui ce retour n'est vraiment "pas glorieux", mais il est nécessaire à la majorité présidentielle. "La seule perspective de le voir revenir maintenant sur les bancs de l'Assemblée nationale semble une insulte à tous les contribuables en règle avec leur percepteur", commente Nicolas Beytout dans L'Opinion, mais le président exemplaire ne peut se priver d'aucune voix au Parlement et en avale son chapeau.
La démission de Thévenoud entraînerait une législative partielle, avec le risque fort de bénéficier à un candidat UMP.
Or, le groupe socialiste dispose actuellement de 290 voix à l’Assemblée nationale, soit la majorité absolue plus une voix. Peut-il se permettre de perdre encore un député, alors qu’une quarantaine rugissante de "frondeurs" menace de lui faire défaut ? Manuel Valls, qui défend NVB contre les attaques racistes qu'alimentent des déclarations et projets, mais se plaint du surnombre de Blacks dans sa bonne ville d'Evry, n'ignore pas pour autant l’arithmétique. Contraint de rameuter ses troupes à la veille d’un délicat vote de confiance, le Premier ministre envoie Le Foll sonner le rappel de la solidarité parlementaire et sort la grosse artillerie. Il lance à la cantonade : "Marine Le Pen et l’extrême-droite sont aux portes du pouvoir !". Une évocation insultante pour un parti républicain depuis qu'il rassemble 25% des électeurs. À croire qu’agiter le chiffon rouge du FN reste le dernier argument de la gauche aux abois…

Les républicains appellent Thévenoud à la décence 

Martine Aubry ne se dit plus "salie", mais...
"Lui (Thomas Thévenoud) il a un problème, donc il faut qu'il s'en aille", avait pourtant insisté la maire de Lille, Martine Aubry, hier sur Europe 1.

"Quand on est député et membre d'une commission qui lutte contre la fraude fiscale, oublier de déposer sa déclaration (...) c'est invraisemblable", a estimé le maire de Bordeaux, Alain Juppé, lundi sur France Bleu Gironde. "Dans son cas, on va au moins demander à ses électeurs de vous relégitimer."

Cécile Duflot (EELV), ancien ministre, partage l'avis d'Alain Juppé:



Une pétition demande la démission de Thévenoud

La pétition diffusée vendredi sur la plateforme en ligne Change.org a été lancée par un étudiant en droit et militant UMP Guillaume Aubry. "Il est de ceux qui écoeurent les français de la politique; il est de ceux qui démoralisent le pays; il est de ceux qui alimentent les populismes", écrit-il. Hier, déjà 78.000 personnes demandaient la démission de Thomas Thévenoud après une pétition lancée sur Change.org.  LIEN