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vendredi 19 août 2016

François Hollande "n'a même pas essayé une politique de gauche", dénonce Benoît Hamon

Se plaçant en rival du président sortant, Hamon estime pouvoir mener une politique de gauche

Il y a "plus d’hypothèses" que la gauche ne passe pas au premier tour

de la présidentielle de 2017 que dans le cas contraire, estime Benoît Hamon.

L’ancien ministre et député frondeur Benoît Hamon accuse. Celui qui vient de déclarer sa candidature à la primaire du PS pour 2017, a estimé dans une interview au quotidien L’Indépendant de vendredi que François Hollande n’a "même pas essayé une politique de gauche".

"Je crois fondamentalement que la capacité de François Hollande à réunir sa famille politique est émoussée. Je pense qu’il est trop tard pour lui aujourd’hui. A mes yeux, il n’est pas le bon candidat car, dans beaucoup de domaines, l’économie, le social, il n’a même pas essayé une politique de gauche. Il est trop tard pour qu’il recrée une relation de confiance avec son électorat", déclare Benoît Hamon, trois jours après avoir annoncé sa candidature à l’investiture socialiste.

Hollande a 
mis en place une "société de tous contre tous"

Benoît, amateur du doigté de H. Emmanuelli, 
député et gourou de Hamon
Député de fraîche date, pour la première fois  en septembre 2014, le socialiste quinquagénaire   croit que, estime qu’il y a "plus d’hypothèses" que la gauche ne passe pas au premier tour de la présidentielle de 2017 que dans le cas contraire. "si François Hollande et Jean-Luc Mélenchon s’affrontent au premier tour, c’est plié", assure-t-il, ajoutant qu'alors, "on n’aura plus qu’à aller distribuer des tracts pour Nicolas Sarkozy." Ainsi Hamon penserait-il pouvoir faire barrage à Sarkozy...

Dans une nouvelle charge contre la loi Travail, qu’il promet d’abroger, Benoît Hamon estime aussi qu’une "société de tous contre tous" a été mise en place. "La loi Travail va baisser le tarif des heures sup', donc le salaire des Français qui pourront aussi être licenciés plus facilement : merci la gauche !", ironise-t-il, dénonçant "la concentration des pouvoirs dans les mains d’un seul homme avec un Parlement godillot (qui) accouche par exemple d’une loi Travail imposée".

A qui Hamon destine-t-il
ce doigt d'honneur ?
"On vit en monarchie républicaine. C’est incroyable qu’un président de la République puisse imposer une loi sans vote (…) Je suis pour une procédure d’impeachment (destitution) comme aux États-Unis [bien qu'une telle procédure donne actuellement l'exemple d'un vaudeville au Brésil] ou la possibilité pour le peuple de le faire [bien encore une fois que la volonté de Hamon de légiférer sur l'introduction du recours collectif ou "action de groupe" ('class action' en anglais, ait produit un bilan plus que mitigé. (…) Aujourd’hui, il faut faire respirer la démocratie", estime-t-il dans les colonnes de L'Indépendant, quotidien de Perpignan.

Qui a dit "monarchie républicaine" ?
Déontologie socialiste. Avec trois années de licence (dont rien n'atteste qu'elles aient été  sanctionnées d'un diplôme), Benoît Hamon a d'abord été membre du conseil d'administration de l'université Paris-VIII, en tant que "personnalité extérieure", entre octobre 2008 et septembre 2009. A cette date et à l'Institut d'études européennes de ... l'université Paris-VIII, il devient professeur des universités associé et assure un enseignement relatif aux organisations internationales et aux processus décisionnels dans l'UE. A-t-il signé  lui-même son propre contrat d'embauche ? 
Fustigeant l’actuel "concours Lépine de la solution miracle pour lutter contre le terrorisme", le tout nouveau candidat à la primaire appelle à cesser de "faire de l’électoralisme sur ces questions-là", préférant insister sur le besoin de " prévention de la radicalisation". L'éphémère ministre de l'Education évoque "130.000 jeunes [qui] décrochent d’un système éducatif qui trie par l’échec", bien que le futur candidat à la primaire socialiste se soit rendu coupable d'abandon de poste après quatre mois, pour incompatibilité d'humeur politique.

mardi 1 septembre 2015

Coût du blocage de l'A1 par des gens du voyage

La pression des gens du voyage sur la justice a coûté un demi-million d'euros 

Une première: cette action de groupe privé a eu gain de cause

La Sanef établit donc à un demi-million d'euros le coût du blocage de l'A1 Paris-Lille par une manifestation des gens de voyage, le soir du 28 août 2015 au niveau de Roye de gens du voyage, après la fusillade de Roye, Somme. "Au total, on estime notre dommage à environ 500.000 euros, 100.000 euros de dégâts divers et 400.000 euros de péage car on a dû ouvrir les barrières", a confié Arnaud Quémard, directeur d'exploitation du groupe Sanef, Société des autoroutes du Nord et de l'Est de la France. 

La facture pourrait s'alourdir encore 
"On a une pensée pour tous nos clients qui se sont retrouvés dans des conditions de circulation très difficiles lors de ce dernier retour de vacances", a expliqué Arnaud Quemard, soulignant que cette manifestation avait provoqué 50 km de bouchons sur l'A1, l'A16 et l'A29. 

"On a pu intervenir samedi à partir de 15 heures et on a remis complètement les deux sens de circulation en état à 21 heures", a-t-il précisé, soulignant que ces délais étaient "extrêmement courts". La Sanef a fait part de son intention de porter plainte "dans les jours qui viennent", ce qui permettra "à la justice de déterminer les responsabilités". 
La facture pourrait d'ailleurs s'alourdir car la Sanef va devoir mener prochainement une expertise pour déterminer si la structure de l'autoroute a été endommagée. "C'est une réparation d'urgence, dans les semaines qui viennent, on devra peut-être faire une réparation en profondeur", a-t-il dit.

La justice est aussi libre qu'indépendante

"Les personnes manifestent pour que le fils d’une des victimes de la fusillade de mardi, actuellement incarcéré à la maison d’arrêt d’Amiens, puisse assister aux funérailles de son père lundi", a indiqué un porte-parole de la préfecture de la Somme. 

La justice a cédé à la force
Une décision de justice rendue par la Cour d’appel d’Amiens, qu’ils avaient saisi samedi matin, leur a été favorable. Ils ont donc décidé de mettre fin à cette action.Aucune interpellation n'a été effectuée.

Des funérailles sans heurts 

Dans la nuit de vendredi 28 au samedi 29, puis pendant une partie de la journée de samedi, une soixantaine de personnes avaient bloqué l'autoroute A1 Paris-Lille avec des pneus et des palettes avant d'alimenter le feu avec des poubelles ou des arbres qu'ils avaient tronçonnés.
Outre des feux de pneus et de palettes bloquant totalement la circulation dans les deux sens de l’une des autoroutes les plus fréquentées d’Europe, les manifestants, équipés de tronçonneuses, avaient coupé des arbres environnants pour alimenter d’autres feux, notamment sur un rond-point situé près d’un camp de gens du voyage, sous le regard médusé de touristes, parfois bloqués depuis des heures dans leur voiture. Ni EELV, ni aucune association de protection de l'environnement n'a porté plainte. 

Les gens du voyage avaient décidé cette action "spectaculaire", selon "Le Monde avec l'AFP", voire illégale... pour contraindre les autorités à accepter que le fils d'une des victimes de la fusillade de Roye, incarcéré à la maison d'arrêt d'Amiens, puisse assister lundi aux funérailles de son père, tué lors de cette fusillade mardi dernier.

Après une première décision défavorable, ils avaient finalement eu gain de cause. Ces funérailles ont eu lieu sans heurt, le lundi, comme si de rien n'était. Quelque 600 personnes de la communauté des gens du voyage, selon la préfecture de la Somme, ont afflué en début d'après-midi dans le centre de Roye afin d'assister aux obsèques d'une jeune mère de famille de 19 ans, de son beau-père et de sa fille de neuf mois, tués par un homme de 73 ans au fusil de chasse. 
La fusillade avait également causé la mort d'un gendarme, dont les obsèques auront lieu ce mardi à Amiens.

Récit des faits

Selon le procureur, le meurtrier, un homme de 73 ans, vivait "en caravane au contact des gens du voyages mais ne faisant pas partie communauté". Au moment de l'attaque, il était fortement alcoolisé, avec un taux de "2,28 grammes d'alcool par litre de sang".
Une fusillade a éclaté ce mardi après-midi dans un camp de gens du voyage installé sur un terrain près de l'Intermarché de la commune de Roye dans la Somme, en région Picardie, rapporte le Courrier Picard. 

Le maire PS est un ex-avocat de 73 ans, ancien premier secrétaire de la Fédération socialiste de la Seine-Saint-Denis (1966-1968) établi à Roye avec le parrainage d'André Coël, maire précédent, et ancien député. Lors du congrès de Reims il a rejoint la motion de Benoit Hamon et, en 2012, il s'est engagé auprès du socialiste Gérard Filoche, ancien de l'UNEF, de la CGT, du PCF. Avec 20% de la LCR, il a rejoint le PS dans les années 70. Ce dissident est inspecteur du travail, donneur de sperme volontaire et père de Léa Filoche, conseillère socialiste de Paris. On l'a bien compris, Roye est une commune de "frondeurs" du PS. Les victimes de la fusillade à Roye étaient "sédentarisées" a indiqué mercredi 26 août l'adjoint au maire de la ville.
Vers 16h30, des coups de feu ont retenti dans le camp, situé derrière la gendarmerie, près de la sortie d'autoroute, et les gendarmes ont dû intervenir.

Le bilan est lourd 
Quatre morts: un homme, une femme et un bébé de six mois du camp de gens du voyage, ainsi qu'un gendarme qui a succombé à ses blessures. Trois autres personnes seraient grièvement blessées : un enfant, l'auteur de la fusillade, mais aussi un gendarme. Elles ont été hélitreuillées vers le CHU d'Amiens. La zone autour de l'Intermarché est bouclée.
  
Le motif de la fusillade reste pour le moment inconnu. Selon France 3 Picardie, il s'agirait d'un règlement de compte.
La situation est cependant loin d'être apaisée : des journalistes dépêchés sur place ont été agressés par des personnes du camp de gens du voyage.

L’auteur présumé de la fusillade a été mis en examen pour assassinat et tentative d’assassinat, et écroué, a indiqué vendredi le procureur d’Amiens.

lundi 24 août 2015

Thalys: sans papiers, le terroriste islamiste a pu travailler en France

Le marché du travail en France aussi trouble que le parcours d'Ayoub El Khazzani
Quatre-vingts sans-papiers environ -cornaqués par le collectif CSP 59 (GISTI)-

ont envahi en fin de matinée la direction du travail, rue Gambetta à Lille, en février 2012. Ils voulaient sensibiliser Nicolas Sarkozy 
-et les demandeurs d'emploi français ?- à leurs difficultés.
Ce djihadiste marocain a séjourné au moins trois mois en France, début 2014

Soupçonné d'avoir voulu commettre une tuerie à bord d'un train Thalys Amsterdam-Paris vendredi dernier et interpellé en gare d'Arras, Ayoub El Khazanni a pu travailler pour une société de téléphonie mobile pendant deux des trois mois qu'il a passés en France. L'opérateur Lycamobile lui avait accordé un CDD de trois mois début 2014, mais son contrat avait été écourté faute de papiers en règle.  Alors que sa garde à vue continue, l'islamiste nie avoir voulu commettre un acte terroriste,  affirmant avoir trouvé, par hasard, les armes dont il était porteur.

Son employeur a préféré parler

Lundi 24, son ex-employeur, Alain Jochimek, directeur général de l'opérateur de téléphonie mobile Lycamobile, a fourni 
la première preuve tangible de sa présence dans l'hexagone. 
"Il a effectivement travaillé chez nous sur un CDD de trois mois: du 3 février 2014 jusqu'au 3 avril 2014", mais Lycamobile "a dû mettre fin à ce contrat au bout de deux mois car les papiers qu'il avait présentés ne lui permettaient pas de travailler en France", a indiqué le patron de l'opérateur téléphonique dans un entretien à France Info. "Distribuer des prospectus" "Il était promoteur, ce qui consistait à distribuer des prospectus et mettre des posters dans les boutiques. Je crois pouvoir vous dire que ça se passait plutôt pas mal", a-t-il ajouté.

Le père d’Ayoub El Khazzani accuse Lycamobile

Le père estime que l'employeur est responsable de son changement de comportement et de sa radicalisation.
Répondant au père d'Ayoub El Khazzani qui aurait accusé Lycamobile d'être responsable de son changement de comportement, Alain Jochimek a estimé que c'était "absolument ridicule". "Dire que Lycamobile forme des terroristes, c'est peut-être un peu fort quand même!", s'est indigné Alain Jochimek.

Reste aux chômeurs français à se porter partie civile
L'action de groupe ("class action") ou "recours collectif" permet  à des individus d'intenter un procès au nom de tous ceux qui estiment avoir subi un préjudice similaire, parfois même, au nom de millions de consommateurs. Les clients peuvent ainsi se regrouper contre des opérateurs qui se seraient entendus pour gonfler leurs prix, par exemple. Et pourquoi pas les demandeurs d'emploi, puisque seuls les litiges liés à la santé et l'environnement sont exclus.
L'instauration des actions de groupe est une promesse de François Hollande pendant sa campagne.Les clients doivent passer par l'une des 16 associations de consommateurs reconnues d'utilité publique (CLCV, UFC-Que Choisir, etc..) et non par le biais d'un avocat. La procédure d’action de groupe est en vigueur depuis le 1er octobre 2014. Yapuka ! 

lundi 13 avril 2015

Projet de loi santé: l'heure grave du vote à l'Assemblée

Quand le Parti de gauche dénonce le "clairement social" à la socialiste... 

L
a généralisation du tiers payant, mesure "phare" qui cache les écueils
Le projet de loi sur la santé ne passe toujours ni à droite, ni chez les médecins. Il est pourtant soumis ce mardi au vote solennel en première lecture de l'Assemblée, une occasion pour la majorité de se rassembler, notamment le don d'organes  forcé "à l'insu du plein gré" des donneurs, voté en commission, de nuit.‏

Le texte, qui a été défendu durant deux semaines par la ministre de la Santé Marisol Touraine, ira ensuite au Sénat, en procédure accélérée, forme édulcorée de l'usage de l'article 49.3. Une ministre "courageuse" selon Manuel Valls -promoteur de la loi liberticide sur le renseignement - qui se félicite qu'elle ait imposé son projet en la maquillant en "loi d'égalité d'accès aux soins", mais obtuse, selon les observateurs, qui soulignent quant à eux son inaptitude au dialogue avec les médecins et le lest symbolique qu'elle consent face aux manifestations.

Le tiers payant généralisé malgré son coût pour la collectivité
Avant qu'il mette le feu à la dette publique, en 2012, François Hollande avait promis la dispense d'avance de frais pour les consultations en ville. Elle va doit devenir "un droit" pour tous les assurés fin novembre 2017, après la présidentielle, à la charge du nouveau président et de la minorité de contribuables qui paiera pour une majorité d'exemptés de l'impôt, chômeurs et clandestins.
Même à cette échéance, il sera "impossible de revenir en arrière", souligne MST, qui est seule à estimer que "la loi a changé pour tenir compte de demandes de médecins" (garanties de paiement, souplesse de mise en oeuvre...).

Plusieurs syndicats de médecins- Bloc, FMF, SML et UFML - vont encore interpeller les députés 

Ils seront rassemblés aux abords de l'Assemblée mardi matin, avant le scrutin en milieu d'après-midi, pour leur demander le retrait de cette loi qui produira "une médecine sans liberté, sans indépendance, sans secret médical". Certains parlent d'étatisation de la médecine.

La CSMF, principal syndicat de médecins libéraux, promet aussi de nouvelles actions, qui seront annoncées mercredi.

Derrière les médecins, l'opposition, l'UMP et UDI, dénonce un texte qui "va conduire à une forme de déresponsabilisation de l'assuré social" et "à une surconsommation potentielle d'actes médicaux et de consultations". Les députés de l'opposition annoncent déjà qu'ils saisiront le Conseil constitutionnel.
Les centristes de l'UDI vont aussi voter contre un projet de loi qui ne s'attaque pas aux sujets du "reste à charge" pour les assurés ou à la désertification médicale.

Au delà des promesses de prévention et d'innovation ou de médecine de proximité, le projet de loi pompeusement intitulé "de modernisation de notre système de santé" comprend en fait une kyrielle de dispositions sournoises. outre celle sur le tiers payant: lutte contre le "binge drinking" (hyper-alcoolisation des jeunes: 'défonce alcoolique', en langage clair de chez nous), mise en place de logos nutritionnels, de l'action de groupe pour les dommages dus aux traitements, accès ouvert aux données de santé, ou encore - mesures des plus contestées par la droite - redéfinition du service public hospitalier, expérimentation de "salles de shoot" et "paquet neutre" de cigarettes.
Les mesures s'ajoutent les unes aux autres. Encore vendredi, les parlementaires ont ouvert la porte à une extension du "droit à l'oubli", au regard des assurances, au-delà des anciens malades du cancer.

Et les mesures dont la presse ne fait guère état: la facilitation des prélèvements d'organes sur les personnes décédées qui ne sont pas inscrite au registre des refus et qui croyaient ainsi exprimer leur refus du pillage de leurs organes. Ces dispositions sont inscrites au projet de loi santé et ont été votées en commission par des députés en fin de semaine, dans la nuit de vendredi à samedi l'amendement.

La gauche légifère pour laisser une trace

La majorité espère que, sur le nombre, une disposition fera date. En effet, selon un sondage publié mardi, d'ores et déjà 73% des Français estiment que ce "paquet neutre" ne sera pas efficace pour lutter contre le tabagisme, mais 61% soutiennent l'interdiction de la cigarette électronique au travail, autre mesure programmée.
La majorité, frondeurs PS compris, devrait néanmoins soutenir un texte qui comporte "plusieurs marqueurs de gauche, zéro de droite", selon une responsable socialiste.
Même s'ils notent "des avancées réelles mais modestes" en matière de santé environnementale, les écologistes devraient se rallier à un vote pour ce "texte clairement social", selon Jean-Louis Roumégas.
Les radicaux de gauche devraient en majoritéfaire de même, mais ils ne sont que 19. Leur groupe est d'ailleurs divisé, notamment les mesures anti-tabac. Jeudi 9, les élus du PRG ont en outre voté contre l'article portant la réforme du tiers payant, pour laquelle ils préféraient une expérimentation.

Bien que ce texte soit "clairement social", le Front de Gauche s'achemine vers un vote défavorable sur ce texte qui "met en œuvre la privatisation tous azimuts", et tait "les coupes budgétaires", d'après le PCF. La généralisation du tiers payant "camoufle l'offensive des complémentaires privées", prévient-il aussi.

Les députés, dont de nombreux médecins, ont été exclus de la "co-construction" avec le gouvernement, ont remarqué plusieurs... socialistes. Ils ont pu cependant enrichir les 57 articles du projet de loi, notamment en supprimant le délai de réflexion de sept jours imposé aux femmes souhaitant une interruption volontaire de grossesse (IVG), qui remonte à la loi Veil de 1975, en renforçant le consentement présumé au don d'organes ou encore en interdisant l'embauche de mannequins trop maigres. 

mercredi 19 novembre 2014

Le Conseil Constitutionnel autorise désormais la destitution du président de la République

Une "action de groupe" permet-elle de destituer un chef de l'Etat défaillant ?

Dans des circonstances exceptionnelles, le Parlement destituer le chef de l'Etat. 
La loi encadrant les modalités d'une telle destitution a été validée par le Conseil constitutionnel, a-t-on appris mercredi. Les juges du Palais-Royal ont jugé conforme à la constitution cette loi organique prévoyant les conditions dans lesquelles un chef de l'Etat peut être destitué par la Haute Cour, composée de l'Assemblée nationale et du Sénat constitués en Haute Cour. 

Le président ne peut toujours pas être poursuivi pénalement pendant son mandat, mais il peut  donc désormais être destitué "en cas de manquement manifestement incompatible avec l'exercice de son mandat", selon les termes de la Constitution. 

Désormais en vigueur, le texte met en œuvre une réforme de 2007 

Les "Sages" ont toutefois apporté deux retouches à la loi organique
Le texte originel limitait à une seule fois par mandat présidentiel la possibilité pour un parlementaire de signer une proposition de résolution visant à destituer le président. Le mécanisme doit être en effet enclenché par 10% des sénateurs ou 10% des députés qui signent une résolution. Or, limiter à une fois par mandat est une restriction excessive, selon les juges constitutionnels. 
Ils ont aussi demandé un règlement pour l'organisation des débats de la Haute Cour.

La loi organique est en effet une mise en application d'une réforme voulue par le président Jacques Chirac. Soucieux de faire adopter sa réforme constitutionnelle de juillet 2008, Nicolas Sarkozy n'avait pas poussé ce texte et l'Assemblée nationale ne l'avait pas adopté en premier lecture avant janvier 2012.

Le projet de loi organique avait sommeillé jusqu'à ce que l'UMP Gérard Larcher revienne au "perchoir" et le propose au vote des sénateurs. François Hollande a en effet ses propres projets visant le statut pénal du chef de l'Etat et Jean-Pierre Bel, président PS du Sénat, avait plongé la loi organique dans le sommeil du Palais du Luxembourg. 

Les sénateurs l'avaient finalement adopté le 22 octobre dans les mêmes termes que les députés, par 324 voix, avec la seule opposition des 18 sénateurs communistes. D'où la transmission automatique au Conseil constitutionnel, comme pour tous les textes organiques, relatifs à l'organisation des pouvoirs.