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lundi 5 octobre 2015

La loi santé de Marisol Touraine provoque une grève des médecins libéraux.

Les médecins ferment leurs cabinets contre la loi santé


Certains d'entre eux ont commencé ce samedi un mouvement de grève en fermant leur cabinet pour demander le retrait du projet de loi.

Plusieurs manifestations sont prévues ces prochains jours.  
En région parisienne, une trentaine de voitures était attendue dès ce samedi à midi pour une opération escargot à partir de Cergy, a indiqué le président de la Chambre syndicale et la coordination des médecins du Val-d'Oise, Serge Larcher.

Ils manifestent leur rejet du projet de loi de la ministre de la Santé, Marisol Touraine, qui sera soumis au Sénat mardi. 
Le cortège devait rejoindre dans l'après-midi l'hôpital Cochin, à Paris, où était prévue une réunion entre les syndicats et les Collectifs pour l'organisation et la défense du territoire de santé (COTDS) qui rassemblent des médecins libéraux, "la plupart non syndiqués".

Eric Henry, président du syndicat des médecins libéraux : "cette opération escargot n’était qu’un tour de chauffe"
"De nouvelles actions vont avoir lieu pour faire comprendre aux Français qu’ils risquent de perdre leur médecine libérale qui est leur médecine de proximité"
Ce samedi après-midi, les praticiens ont donné un aperçu de leur colère. Tracts collés sur les vitres, retentissements de klaxon, feux de détresse allumés : une vingtaine d’entre eux, répondant à l’appel du SML 95, a provoqué de sérieux ralentissements sur l’autoroute A 15. Si l’opération escargot était encadrée par les forces de police, une certaine pagaille a régné de Cergy à Argenteuil, du fait que les contestataires circulaient sur deux voies au lieu d’une: c'est le principe de l'opération escargot !

Le 26 septembre, les médecins libéraux avaient déjà organisé des "flashmobs" à Paris.
Le 26 septembre, les médecins libéraux avaient déjà organisé des "flashmobs" à Paris.
Depuis deux ans, les médecins s’inquiètent de l’avenir de leur profession, alors que le projet de loi de santé de la ministre Marisol Touraine est en marche. Déjà monté au créneau à plusieurs reprises ces derniers mois, le SML 95 a voulu montrer, par cette nouvelle action, que sa détermination était intacte. "On ne lâche pas, acquiesce Serge Larcher, le président de la chambre syndicale du Val-d’Oise. Les patients ne se rendent pas compte de la catastrophe annoncée."

"Cette loi va détruire un très beau système de santé, abonde Jean-Pierre Enjalbert, le maire (DLR) de Saint-Prix et angiologue de profession, qui a participé au cortège jusqu’à l’hôpital Cochin (Paris XIVe). Ce projet prétend offrir l’accès aux soins pour tous, mais c’est faux. Les déserts médicaux progressent partout, notamment dans le Val-d’Oise et cette loi ne va faire qu’ajouter à la pénibilité du travail des médecins avec une surcharge des tâches administratives. Beaucoup de confrères en ont marre. Ils mettent la clé sous la porte de leur cabinet ou partent en retraite."

Xavier Rigaut, le vice-président du conseil régional de l’Ordre des médecins, dénonce ainsi "l’importation de médecins étrangers". "Depuis des années, le conseil national de l’Ordre attire l’attention des pouvoirs publics sur la nécessité d’ouvrir le numerus clausus, mais rien n’a été fait. On n’a rien contre les médecins roumains, mais la formation médicale est bonne en France."

Ce lundi, les médecins appellent à une grève des soins de 48 heures. A Cergy, ils se donnent rendez-vous devant la CPAM. "On y déposera la charte qu’ont signée les médecins, poursuit Serge Larcher. C’est un engagement de solidarité entre praticiens, si jamais l’un d’entre eux désobéissant à la future loi était attaqué."
A Lorient, une vingtaine de généralistes se sont mobilisés samedi après-midi. Ils ont sensibilisé la population et informé "des dangers de certains articles de la loi de santé publique de Marisol Touraine".

Les médecins vont notamment organiser une opération escargot sur la rocade de Rennes lundi matin, de 10h à 12h. Cette opération escargot, rebaptisée "opération bulot-bigorneau", a lieu  aujourd'hui à l'appel du syndicat Syndicat des Médecins Libéraux (SML). Les manifestants partent de la porte d'Alma à 10h et feront le tour de la rocade au ralenti, avant d'entrer dans Rennes par la route de Châteaugiron. Un grand rassemblement est ensuite prévu sur la place de la Mairie entre 12h et 15h avec la mise en place d'un "parcours fléché type loi santé" pour sensibiliser le public aux revendications des médecins. 

A Quimper, deux journées "santé morte" seront organisée lundi et mardi par le CODTS du Pays de Quimper et SOS médecins. De nombreux cabinets médicaux seront fermés durant ces deux jours. Lundi, une table ronde sur la "démographie médicale et loi santé" sera organisée à 15h, à l'auditorium de l'hôtel Mercure (21 bis, avenue de la gare, à Quimper) en présence de représentants du secteur médical et d'élus locaux. Elle sera suivie d'une soirée d'information publique, à 20h30, toujours à l'hôtel Mercure. Mardi, des "cafés santé" seront organisés dans plusieurs cafés de la ville, pour "informer les patients sur la loi santé autour d'un verre". 

Et ce mardi, à 7 h 30, les médecins ont rendez-vous devant le Sénat, le jour de discussion de la loi.

La prise en charge des patients doit être assurée 



La quasi-totalité des organisations de médecins libéraux a appelé à la fermeture des cabinets de samedi à mardi. 
La prise en charge des patients devrait en tout cas être assurée, éventuellement grâce à des réquisitions de médecins. Le ministère de la Santé assure "avoir pris, en lien avec les Agences régionales de santé (ARS), les dispositions nécessaires pour que la continuité des soins soit assurée et pour que chaque patient puisse être pris en charge dans de bonnes conditions sur l'ensemble du territoire". 

Ce nouveau "coup de semonce" contre le projet de loi santé de la ministre Marisol Touraine a été lancé par le Syndicat des médecins libéraux (SML), la Fédération des médecins de France (FMF) et le Bloc (chirurgiens). 
Le mouvement doit rallier lundi un appel à la grève lancé par MG France, principal syndicat de généralistes. L'action doit durer jusqu'à mardi, date du vote de la loi au sénat, avant son retour à l'Assemblée nationale. 

Tiers payant et "étatisation", dans le collimateur des grévistes

Opposés à la généralisation du tiers payant (une dispense d'avance de frais) d'ici à 2017, les grévistes dénoncent également une «étatisation de la santé» et la mise en péril, selon eux, de l'exercice libéral. "Nous refusons d'être placés sous la tutelle des mutuelles et de l'Etat", a dit Eric Henry, président du SML (Syndicat des médecins libéraux). 
"C'est l'indépendance du couple médecin-patient qui est remise en cause avec cette loi. Nous ne voulons pas que des puissances financières interfèrent dans notre travail", a ajouté le médecin généraliste. 

"La ministre se trompe si elle croit que la mobilisation va s'arrêter après les élections professionnelles", a averti Jean-Paul Hamon, président de la FMF. D'ici au 12 octobre à minuit, 120.000 médecins sont appelés à élire ceux qui les représenteront aux sein des unions régionales des professionnels de santé (URPS) face aux autorités publiques (ARS) pour les cinq prochaines années.

lundi 13 avril 2015

Projet de loi santé: l'heure grave du vote à l'Assemblée

Quand le Parti de gauche dénonce le "clairement social" à la socialiste... 

L
a généralisation du tiers payant, mesure "phare" qui cache les écueils
Le projet de loi sur la santé ne passe toujours ni à droite, ni chez les médecins. Il est pourtant soumis ce mardi au vote solennel en première lecture de l'Assemblée, une occasion pour la majorité de se rassembler, notamment le don d'organes  forcé "à l'insu du plein gré" des donneurs, voté en commission, de nuit.‏

Le texte, qui a été défendu durant deux semaines par la ministre de la Santé Marisol Touraine, ira ensuite au Sénat, en procédure accélérée, forme édulcorée de l'usage de l'article 49.3. Une ministre "courageuse" selon Manuel Valls -promoteur de la loi liberticide sur le renseignement - qui se félicite qu'elle ait imposé son projet en la maquillant en "loi d'égalité d'accès aux soins", mais obtuse, selon les observateurs, qui soulignent quant à eux son inaptitude au dialogue avec les médecins et le lest symbolique qu'elle consent face aux manifestations.

Le tiers payant généralisé malgré son coût pour la collectivité
Avant qu'il mette le feu à la dette publique, en 2012, François Hollande avait promis la dispense d'avance de frais pour les consultations en ville. Elle va doit devenir "un droit" pour tous les assurés fin novembre 2017, après la présidentielle, à la charge du nouveau président et de la minorité de contribuables qui paiera pour une majorité d'exemptés de l'impôt, chômeurs et clandestins.
Même à cette échéance, il sera "impossible de revenir en arrière", souligne MST, qui est seule à estimer que "la loi a changé pour tenir compte de demandes de médecins" (garanties de paiement, souplesse de mise en oeuvre...).

Plusieurs syndicats de médecins- Bloc, FMF, SML et UFML - vont encore interpeller les députés 

Ils seront rassemblés aux abords de l'Assemblée mardi matin, avant le scrutin en milieu d'après-midi, pour leur demander le retrait de cette loi qui produira "une médecine sans liberté, sans indépendance, sans secret médical". Certains parlent d'étatisation de la médecine.

La CSMF, principal syndicat de médecins libéraux, promet aussi de nouvelles actions, qui seront annoncées mercredi.

Derrière les médecins, l'opposition, l'UMP et UDI, dénonce un texte qui "va conduire à une forme de déresponsabilisation de l'assuré social" et "à une surconsommation potentielle d'actes médicaux et de consultations". Les députés de l'opposition annoncent déjà qu'ils saisiront le Conseil constitutionnel.
Les centristes de l'UDI vont aussi voter contre un projet de loi qui ne s'attaque pas aux sujets du "reste à charge" pour les assurés ou à la désertification médicale.

Au delà des promesses de prévention et d'innovation ou de médecine de proximité, le projet de loi pompeusement intitulé "de modernisation de notre système de santé" comprend en fait une kyrielle de dispositions sournoises. outre celle sur le tiers payant: lutte contre le "binge drinking" (hyper-alcoolisation des jeunes: 'défonce alcoolique', en langage clair de chez nous), mise en place de logos nutritionnels, de l'action de groupe pour les dommages dus aux traitements, accès ouvert aux données de santé, ou encore - mesures des plus contestées par la droite - redéfinition du service public hospitalier, expérimentation de "salles de shoot" et "paquet neutre" de cigarettes.
Les mesures s'ajoutent les unes aux autres. Encore vendredi, les parlementaires ont ouvert la porte à une extension du "droit à l'oubli", au regard des assurances, au-delà des anciens malades du cancer.

Et les mesures dont la presse ne fait guère état: la facilitation des prélèvements d'organes sur les personnes décédées qui ne sont pas inscrite au registre des refus et qui croyaient ainsi exprimer leur refus du pillage de leurs organes. Ces dispositions sont inscrites au projet de loi santé et ont été votées en commission par des députés en fin de semaine, dans la nuit de vendredi à samedi l'amendement.

La gauche légifère pour laisser une trace

La majorité espère que, sur le nombre, une disposition fera date. En effet, selon un sondage publié mardi, d'ores et déjà 73% des Français estiment que ce "paquet neutre" ne sera pas efficace pour lutter contre le tabagisme, mais 61% soutiennent l'interdiction de la cigarette électronique au travail, autre mesure programmée.
La majorité, frondeurs PS compris, devrait néanmoins soutenir un texte qui comporte "plusieurs marqueurs de gauche, zéro de droite", selon une responsable socialiste.
Même s'ils notent "des avancées réelles mais modestes" en matière de santé environnementale, les écologistes devraient se rallier à un vote pour ce "texte clairement social", selon Jean-Louis Roumégas.
Les radicaux de gauche devraient en majoritéfaire de même, mais ils ne sont que 19. Leur groupe est d'ailleurs divisé, notamment les mesures anti-tabac. Jeudi 9, les élus du PRG ont en outre voté contre l'article portant la réforme du tiers payant, pour laquelle ils préféraient une expérimentation.

Bien que ce texte soit "clairement social", le Front de Gauche s'achemine vers un vote défavorable sur ce texte qui "met en œuvre la privatisation tous azimuts", et tait "les coupes budgétaires", d'après le PCF. La généralisation du tiers payant "camoufle l'offensive des complémentaires privées", prévient-il aussi.

Les députés, dont de nombreux médecins, ont été exclus de la "co-construction" avec le gouvernement, ont remarqué plusieurs... socialistes. Ils ont pu cependant enrichir les 57 articles du projet de loi, notamment en supprimant le délai de réflexion de sept jours imposé aux femmes souhaitant une interruption volontaire de grossesse (IVG), qui remonte à la loi Veil de 1975, en renforçant le consentement présumé au don d'organes ou encore en interdisant l'embauche de mannequins trop maigres. 

mardi 10 mars 2015

Touraine impose à tous le tiers payant dès janvier 2017

Le service public d'information prend parti

La généralisation du tiers payant -de gré ou de force-  en 2017
France 3 (France Télévisions) se félicite de l'autoritarisme de la ministre de la Santé.  Marisol Touraine a confirmé ce lundi 9 mars son intention de ne pas céder face aux praticiens et la télévision d'Etat vante ce bras de fer: "Marisol Touraine tient le cap", positive France 3. Mais c'est le successeur de Hollande qui devra faire assumer dépenses non financées par les finances surendettées de l'Etat: "ce sera l'affaire de tous en 2017", comme l'assure la journaliste! La Thatcher du gouvernement exige de ne pas avancer les frais de ses soins contre son autisme.
"La ministre n'a pas cédé au bras de fer " avec les médecins, prétend la journaliste militante. Mais, après ses flagorneries, la militante du service public ajoute pourtant que le gouvernement a accepté non seulement quelques concessions mais aussi une mise en place progressive du dispositif. 

La ministre nous fait avaler la pilule avec des mots
"Le tiers payant sera étendu à tous les Français, car c'est une mesure de justice, parce que c'est une mesure de progrès et que l'égalité d'accès aux soins est pour moi une priorité", a déclaré Marisol Touraine.

Il faut voir...

Un reportage qui ne donne pas la parole aux médecins

Dès juillet 2016, les 15 millions de patients couverts à 100% par l'Assurance maladie en bénéficieront ainsi que les malades de longue durée et les femmes enceintes. 
A partir de janvier 2017, tous les Français pourront y prétendre. Le patient n'aura donc plus rien à débourser, car c'est l'Etat qui paie. Mais l'Etat, ce n'est ni Touraine (soumise à l'ISF), ni Hollande (qui tutoie l'ISF), mais la moitié des Français, les contribuables solidaires des autres, étrangers, sans papiers et clandestins. 
Le médecin sera rémunéré directement par les caisses de sécurité sociale et les mutuelles. Les praticiens devront être payés dans un délai de sept jours, ce à quoi les intéressés ne croient pas un instant. L'hypothèse est d'ailleurs prévue que ce délai soit dépassé. L'Assurance maladie devra leur verser des pénalités, accroissant du même coup leur temps consacré au travail administratif et comptable de contrôle, au détriment des patients. Cet engagement théorique de la ministre de la Santé n'apaise donc pas le secteur médical par ailleurs placé sous la menace d'étatisation.

Les sondés sont-ils aussi favorables 
au tiers payant généralisé qu'on le dit ?

Septembre 2014: 66% des Français interrogés étaient favorables à la généralisation du tiers payant qui permettrait de ne plus avancer d'argent chez les médecins, mais ces derniers y étaient très majoritairement hostiles (95%), selon un sondage publié et réalisé par OpinionWay pour le syndicat de médecins libéraux SML.

Mars 2015: mieux informés, mais toujours manipulés, 63% des personnes interrogées ont répondu favorablement à leur "dispense" du paiement des frais d'avance: "personnellement, souhaiteriez-vous être dispensé d'avancer le montant de la consultation chez votre médecin généraliste". Ont-ils compris que personne ne paierait plus rien ? Seulement... l'Etat?

Ou les (bonnes) mutuelles de santé, pour ceux/celles qui auraient les moyens de  cotiser. Et encore, seulement ceux qui pourraient supporter les hausses des assurances complémentaires que le tiers payant ne manquera pas de générer ?

Sans compter que les jeunes sont particulièrement exposés, sachant qu'après la faillite de la pompe à fric du PS, la Mutuelle des Etudiants de France (MNEF), suite à une affaire politico-financière, c'est le tour de Mutuelle des étudiants (LMDE) de connaître de graves problèmes de gestion et de paiement.

Les médecins exprimeront leur mécontentement dans la rue dimanche 15 mars

Du jamais vu ! Lancé par des internes (Intersyndicat national des internes et Intersyndicat national des chefs de clinique assistants), le mot d’ordre en vue de la manifestation du 15 mars a réuni l'ensemble des syndicats de médecins libéraux, ainsi que des syndicats de professionnels de santé exerçant à titre libéral (dentaire, odontologie, …), sauf les syndicats de pharmaciens.

Dans un communiqué commun intitulé "Tous unis pour la santé de demain / Non au projet de loi de santé", les organisations syndicales médicales affirment rejeter collectivement le projet de loi de santé. Selon le président du syndicat des médecins libéraux (SML), Eric Henry, le parcours du défilé parisien a été tracé de la place Denfert-Rochereau jusqu’au ministère des Affaires sociales et de la Santé, avenue de Ségur.
Alors que les quatre groupes de travail chargés de proposer des réécritures du projet de loi devront rendre leurs copies cette semaine, quelle sera l’attitude de Marisol Touraine face à ce mouvement de protestation grandissant des professionnels de santé ? Eric Henry, lui, est formel : " La ministre de la Santé va reculer sur tout ".