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lundi 13 avril 2015

Projet de loi santé: l'heure grave du vote à l'Assemblée

Quand le Parti de gauche dénonce le "clairement social" à la socialiste... 

L
a généralisation du tiers payant, mesure "phare" qui cache les écueils
Le projet de loi sur la santé ne passe toujours ni à droite, ni chez les médecins. Il est pourtant soumis ce mardi au vote solennel en première lecture de l'Assemblée, une occasion pour la majorité de se rassembler, notamment le don d'organes  forcé "à l'insu du plein gré" des donneurs, voté en commission, de nuit.‏

Le texte, qui a été défendu durant deux semaines par la ministre de la Santé Marisol Touraine, ira ensuite au Sénat, en procédure accélérée, forme édulcorée de l'usage de l'article 49.3. Une ministre "courageuse" selon Manuel Valls -promoteur de la loi liberticide sur le renseignement - qui se félicite qu'elle ait imposé son projet en la maquillant en "loi d'égalité d'accès aux soins", mais obtuse, selon les observateurs, qui soulignent quant à eux son inaptitude au dialogue avec les médecins et le lest symbolique qu'elle consent face aux manifestations.

Le tiers payant généralisé malgré son coût pour la collectivité
Avant qu'il mette le feu à la dette publique, en 2012, François Hollande avait promis la dispense d'avance de frais pour les consultations en ville. Elle va doit devenir "un droit" pour tous les assurés fin novembre 2017, après la présidentielle, à la charge du nouveau président et de la minorité de contribuables qui paiera pour une majorité d'exemptés de l'impôt, chômeurs et clandestins.
Même à cette échéance, il sera "impossible de revenir en arrière", souligne MST, qui est seule à estimer que "la loi a changé pour tenir compte de demandes de médecins" (garanties de paiement, souplesse de mise en oeuvre...).

Plusieurs syndicats de médecins- Bloc, FMF, SML et UFML - vont encore interpeller les députés 

Ils seront rassemblés aux abords de l'Assemblée mardi matin, avant le scrutin en milieu d'après-midi, pour leur demander le retrait de cette loi qui produira "une médecine sans liberté, sans indépendance, sans secret médical". Certains parlent d'étatisation de la médecine.

La CSMF, principal syndicat de médecins libéraux, promet aussi de nouvelles actions, qui seront annoncées mercredi.

Derrière les médecins, l'opposition, l'UMP et UDI, dénonce un texte qui "va conduire à une forme de déresponsabilisation de l'assuré social" et "à une surconsommation potentielle d'actes médicaux et de consultations". Les députés de l'opposition annoncent déjà qu'ils saisiront le Conseil constitutionnel.
Les centristes de l'UDI vont aussi voter contre un projet de loi qui ne s'attaque pas aux sujets du "reste à charge" pour les assurés ou à la désertification médicale.

Au delà des promesses de prévention et d'innovation ou de médecine de proximité, le projet de loi pompeusement intitulé "de modernisation de notre système de santé" comprend en fait une kyrielle de dispositions sournoises. outre celle sur le tiers payant: lutte contre le "binge drinking" (hyper-alcoolisation des jeunes: 'défonce alcoolique', en langage clair de chez nous), mise en place de logos nutritionnels, de l'action de groupe pour les dommages dus aux traitements, accès ouvert aux données de santé, ou encore - mesures des plus contestées par la droite - redéfinition du service public hospitalier, expérimentation de "salles de shoot" et "paquet neutre" de cigarettes.
Les mesures s'ajoutent les unes aux autres. Encore vendredi, les parlementaires ont ouvert la porte à une extension du "droit à l'oubli", au regard des assurances, au-delà des anciens malades du cancer.

Et les mesures dont la presse ne fait guère état: la facilitation des prélèvements d'organes sur les personnes décédées qui ne sont pas inscrite au registre des refus et qui croyaient ainsi exprimer leur refus du pillage de leurs organes. Ces dispositions sont inscrites au projet de loi santé et ont été votées en commission par des députés en fin de semaine, dans la nuit de vendredi à samedi l'amendement.

La gauche légifère pour laisser une trace

La majorité espère que, sur le nombre, une disposition fera date. En effet, selon un sondage publié mardi, d'ores et déjà 73% des Français estiment que ce "paquet neutre" ne sera pas efficace pour lutter contre le tabagisme, mais 61% soutiennent l'interdiction de la cigarette électronique au travail, autre mesure programmée.
La majorité, frondeurs PS compris, devrait néanmoins soutenir un texte qui comporte "plusieurs marqueurs de gauche, zéro de droite", selon une responsable socialiste.
Même s'ils notent "des avancées réelles mais modestes" en matière de santé environnementale, les écologistes devraient se rallier à un vote pour ce "texte clairement social", selon Jean-Louis Roumégas.
Les radicaux de gauche devraient en majoritéfaire de même, mais ils ne sont que 19. Leur groupe est d'ailleurs divisé, notamment les mesures anti-tabac. Jeudi 9, les élus du PRG ont en outre voté contre l'article portant la réforme du tiers payant, pour laquelle ils préféraient une expérimentation.

Bien que ce texte soit "clairement social", le Front de Gauche s'achemine vers un vote défavorable sur ce texte qui "met en œuvre la privatisation tous azimuts", et tait "les coupes budgétaires", d'après le PCF. La généralisation du tiers payant "camoufle l'offensive des complémentaires privées", prévient-il aussi.

Les députés, dont de nombreux médecins, ont été exclus de la "co-construction" avec le gouvernement, ont remarqué plusieurs... socialistes. Ils ont pu cependant enrichir les 57 articles du projet de loi, notamment en supprimant le délai de réflexion de sept jours imposé aux femmes souhaitant une interruption volontaire de grossesse (IVG), qui remonte à la loi Veil de 1975, en renforçant le consentement présumé au don d'organes ou encore en interdisant l'embauche de mannequins trop maigres. 

lundi 20 août 2012

Financement de la protection sociale: Touraine cherche toujours des "pistes"

Des "pistes" ? Touraine parle beaucoup pour ne rien dire




Fallait-il plutôt
l'envoyer à la Santé ?




 Marisol Touraine tergiverse

La ministre des Affaires sociales et de la Santé, a évoqué quelques pistes permettant de faire évoluer le financement de la protection sociale, tout en avouant qu'elle n'a toujours rien arbitré, puisque "aucune" n'est "privilégiée" dimanche à Frangy-en-Bresse.
"A l'évidence, nous ne pouvons éviter de faire évoluer le financement de notre modèle social, qui pèse aujourd'hui principalement sur le travail".
"Réformer le financement de notre modèle social, c'est aussi faire contribuer d'autres revenus que le travail. On ne peut pas d'un côté expliquer qu'il y a trop de cotisations sur le travail et de l'autre refuser la mise à contribution des revenus du capital".




Rien n'est décidé, tout reste à faire
Mais elle assure que "c'est cela le changement que nous avons engagés", a-t-elle prétendu, à la tribune de la Fête de la Rose.

Les entrepreneurs devront tout faire: innover, produire, investir et financer l'action gouvernementale.

"Plusieurs pistes s'offrent à nous et aucune n'est privilégiée. Mais il est normal de se demander si une taxe écologique ne serait pas utile alors que l'impact de l'environnement sur notre santé est chaque jour confirmé", selon elle.
"
Il n'est pas anormal que l'industrie pharmaceutique contribue à la politique de santé, alors que les médicaments occupent une place trop importante. Et il n'est pas anormal que l'industrie du tabac contribue elle aussi à notre politique de santé, alors que 73.000 personnes par an meurent à cause du tabac, ce qui coûte 18 milliards d'euros à la Sécurité sociale".Des jugements de valeur et des stigmatisations !


A la Fête de la Rose de Frangy
Marisol Touraine expose
son poil dans la main


Par ailleurs, la question des retraites est "un des enjeux importants de l'année qui vient", a-t-elle déclaré pour ne rien dire.

Rien de plus en somme que ce que Hollande a promis voilà plus de 100 jours. Opposant l'espérance de vie entrecadres supérieurs (qui échappent à la crise cardiaque avant cinquante ans) et ouvriers, elle a affirmé: "nous devons faire en sorte que les conditions de départ en retraite ne soient pas les mêmes pour tous. De ce point de vue là, la durée du travail est un critère plus juste que le seul critère de l'âge". Des lois inégalitaires sont donc en préparation.

Les médecins devront contribuer

La ministre n'innove en rien, puisqu'elle a indiqué -sans plus de précisions- qu'elle mettrait "dans quelques semaines en place une expérimentation, qui permettra -un jour peut-être- de redonner confiance dans la médecine de proximité, en valorisant le travail d'équipe dans les maisons de santé, par exemple (...), en mettant fin à la seule tarification à l'acte pour valoriser la rémunération forfaitaire", censée renforcer la prévention.

La ministre de la santé dévalorise les médecins
"Je ne suis pas certaine qu'il faille être médecin pour faire tout ce que l'on demande aux médecins. Il y a des infirmières, des kinés, des sages-femmes", a-t-elle souligné, "qui sont pleinement engagées et dont le rôle peut être renforcé".
La ministre ne fait pas du redressement positif mais du nivellement vers le bas du secteur médical.

Avant Noël: après huit mois !

"Les premières décisions seront prises dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale à l'automne. Je proposerai ensuite que l'on expérimente cette réorganisation dans une OU deux régions pendant un an. Dans le même temps, les études de médecine devront imposer des stages dans les déserts médicaux", a-t-elle dit.