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mardi 24 février 2015

Le déni de l'islamisme en France favorise la montée des communautarismes

La répression tout azimut, solution Hollande au terrorisme religieux comme à l'homophobie 

Il est reproché au président du CRIF, Roger Cukierman, des propos stigmatisants sur les "jeunes 
musulmans"

Le président Hollande accueilli au 30e dîner annuel du CRIF
 
par son président et son vice-président, Roger Cukierman 
et Francis Kalifat, le 23 février 2015 à Paris
et équivoques sur Marine Le Pen, à quelques heures du dîner de son organisation.
  
Au cocktail apéritif, le socialiste Jean-Paul Huchon, président PS de l'Ile-de-France, prenait parti: "C'est très embêtant (...) Là il fait la totale, l'ami Cukierman", a-t-il lâché. Quant à Jean-Vincent Placé (EELV), il a regretté que ce dîner n'ait pas été un "temps d'unité nationale maximale". Latifa Ibn Ziaten, mère d'Imad, le militaire assassiné par Mohamed Merah, terroriste islamiste franco-algérien et auteur des tueries de mars 2012 à Toulouse et Montauban campait dans le communautarisme: "Les jeunes musulmans se sentent déjà montrés du doigt. Ce n'est pas la peine d'en rajouter".

A son arrivée, l'ancien président Nicolas Sarkozy a pris le contre-pied de Serge et Arno Klarsfeld, qui avaient les premiers condamné les mots de R. Cukierman sur Marine Le Pen: "Heureusement qu'il y a des gens dans la communauté (juive) qui tiennent des propos sensés," a-t-il commenté, avant  un vif échange, quelques minutes plus tard,  avec le numéro 2 du Crif, Francis Khalifa.

Roger Cukierman a tenté de faire retomber la pression en exprimant, en introduction de son discours, son «vif regret» de l'absence du CFCM. "Juifs et musulmans, nous sommes sur le même bateau, j'espère que le contact sera rapidement rétabli", a déclaré R. Cukierman, rappelant son amitié "ancienne et sincère" avec D. Boubakeur. 

Il a réitéré sa mise au point sur la présidente du Front national, qui n'est «ni fréquentable ni irréprochable» tant qu'elle ne se désolidarisera pas des propos de son père. "Nous continuerons à ne pas inviter Mme Le Pen au dîner du Crif et à ne pas conseiller de voter pour le Front national".

Marion Maréchal-Le Pen, au secours de Cukierman, "broyé par le politiquement correct"

La classe politique française aurait remonté les
 bretelles du président du CRIFselon l'élu FN du Vaucluse, suite à ses propos objectifs sur Marine Le Pen, lundi.  "Le président du Crif ne peut pas établir un état de fait sans être immédiatement broyé par le politiquement correct", a souligné,  mardi, Marion Maréchal-Le Pen sur France 2, après la déclaration de Roger Cukierman sur Marine Le Pen, lundi, suivie d'un rétropédalage. 
"Le fait que Marine soit irréprochable sur la question de l'antisémitisme est un état de fait. Elle n'a jamais été condamnée. (Le fait) que la majorité des actes antisémites en France sont le fait de musulmans est une réalité", a poursuivi la députée du Vaucluse.

Lundi matin, le jour du dîner annuel du CRIF, Roger Cukierman avait déclaré que Marine Le Pen est "irréprochable personnellement".  
Mais il avait dû revenir sur cette déclaration: "Marine Le Pen n'est pas une personne fréquentable, ni irréprochable, aussi longtemps qu'elle continuera à ne pas se désolidariser des propos de son père pour lesquels il a été condamné par la justice" et qui " continue d'accepter au Front national des personnalités qui sont des négationnistes, des vichystes, des pétainistes". A noter que si François Mitterrand a été pétainiste (photo ci-contre), il n'a jamais adhéré au Front national.

Le président du CRIF a subi des pressions de toutes parts, la bouderie du Conseil français du culte musulman, une espèce de réaction médiatique très forte. Bref, le mécanisme habituel de terroriser toute réflexion politique dans ce pays qui sort du cadre établi par la classe politique française", a-t-elle dénoncé.
"Marine Le Pen, à plusieurs reprises, s'est expliquée sur les propos de son père, elle a dit d'ailleurs qu'elle n'en partage pas le contenu; il n'y a là-dessus aucune espèce d'ambiguïté", a rappelé sa nièce. 

Hollande promet des sanctions accrues contre la "lèpre" de l'antisémitisme

Au 30e dîner annuel du Crif, le président Hollande a annoncé un renforcement de l'arsenal répressif contre "tout propos de haine" raciste ou antisémite, alors que les représentants musulmans du CFCM, choqués par des propos de son président Roger Cukierman, boycottaient le repas.
"Il n'y a pas d’antisémitisme ordinaire", a affirmé Hollande parlant d'une "lèpre» qui est "toujours là 70 ans après la Shoah" et que "la France combattra sans faiblesse".  Manuel Valls présentera "dans les prochains jours" un plan "aussi complet que concret", a précisé le président. Des "sanctions plus rapides et plus efficaces" vont être prises:  Hollande "a souhaité" que "tout propos de haine, raciste, antisémite ou homophobe ne relève plus du droit de la presse mais du droit pénal". C'est l'annonce d'une répression sur des bases subjectives et donc des règlements de comptes. De plus, sera renforcé le caractère aggravant de la connotation antisémite d'un délit.

"Nous allons renforcer les outils du droit" contre les personnes tentées par le djihadisme, a ajouté Hollande, annonçant la présentation en conseil des ministres, le 18 mars prochain, d'un projet de loi sur le renseignement"Pour être efficace", Hollande a insisté sur la dimension européenne de la lutte contre le terrorisme et s'est félicité de l'application "d'ici la fin de l'année" du PNR (Passenger Name Record), la communication des données des fichiers de passagers aériens. 
Outre ses voisins européens, Hollande a également mis en cause les "majors" américaines, les mettant face à leurs responsabilités: "Si vraiment les grands groupes d'internet ne veulent pas être complices du mal, ils doivent participer à la régulation". Lors de leur venue en avril, «nous fixerons un cahier des charges clair et précis avec ces géants d'internet et je vous assure que nous contrôlerons son application". "

Roger Cukierman a appelé à une minute de silence en hommage aux victimes du "cauchemar effroyable que nous avons vécu au début de cette année".

Le président du CRIF faisait notamment référence aux tueries -par des djihadistes de France- provoquées par les dessinateurs libertaires de la feuille anarcho-révolutionnaire Charlie Hebdo et contre un supermarché casher près de Paris, qui ont fait 17 morts dont quatre juifs, ainsi qu'aux récents attentats de Copenhague qui ont fait deux morts, dont un juif mi-février.

Le Conseil français du culte musulman (CFCM) et son président Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris, avait choisi de bouder le dîner, une politique inédite de la politique de la chaise vide à ce rendez-vous œcuménique religieux et politique.

Le président du Consistoire israélite de France a apporté aujourd'hui son soutien au président du CRIF

Joël Mergui a dénoncé un "islamisme radical".
"On est dans un moment de vérité en France, on ne peut pas dire, faire comme si l'islamisme radical n'existe pas", a déclaré Joël Mergui, interrogé par i-télé (groupe Canal+).

"C'est une question de transparence de dire que quand des actes sont commis en disant 'Allah Akbar' ils sont commis au nom de l'islam", a-t-il ajouté, en référence notamment aux attentats commis depuis janvier à Paris.

"Quand des meurtres ont été faits en France, ou dans différents pays, en instrumentalisant l'islam, on a le devoir de le dire", a martelé le président du Consistoire, précisant que cela "ne concerne pas tous les musulmans" mais que "tous les musulmans doivent dénoncer ces actes faits au nom de l'islam". Plutôt que de poser un lapin aux CRIF...

dimanche 28 septembre 2014

Rocambolesque affaire des 3 djihadistes en libre circulation en France

Des mesures anti-terroristes renforcées pour quoi faire?

Le ministère de l'Intérieur avait annoncé l'arrestation de trois djihadistes
Le petit Cazeneuve a dégainé un peu trop vite. 
Mardi 23 en début d'après-midi, le ministre de l'Intérieur avait en effet tenté de se grandir, annonçant que trois djihadistes présumés, arrêtés fin août en Turquie, avaient été interpellés dès leur arrivée à l'aéroport d'Orly. Les trois suspects ne sont que Abdelouahed Baghdali, le mari de Souad Merah, la sœur de Mohamed Merah, auteur  franco-algérien des tueries de Toulouse et Montauban en mars 2012, un ami d'enfance de Merah, déjà condamné en 2008 pour sa participation à une filière djihadiste vers l'Irak, et un Européen converti à l'islam, originaire d'Albi. Du menu fretin...

Sauf que les trois suspects sont rentrés en France mardi,
sans être inquiétés, comme dans un moulin...
Les trois islamistes ont été arrêtés fin août en Turquie, alors qu'ils tentaient de fuir l'Etat islamique, qu'ils avaient rejoint en début d'année, selon leur avocat Me Christian Etelin, un avocat sulfureux des milieux d'extrême gauche. Les suspects devaient être transférés par avion vers la France mardi midi, mais le commandant de bord de la compagnie aérienne turque aurait refusé, selon la version officielle, de les embarquer. Les autorités françaises, prévenues de leur livraison prochaine sur le sol français, se sont empressées d'annoncer l'interception des suspects par la DGSI. Elles avaient juste vendu la peau de l'ours avant de l'avoir capturé: un exemple actuel de la primauté du dire sur le faire.
En réalité,  sans prendre la peine d'une petite vérification de principe, les autorités françaises s'imaginant que les trois suspects avaient été placés dans un centre de rétention administrative en Turquie, les policiers étaient absents au moment de l'arrivée des terroristes sur le sol français, à Marseille, mardi après-midi. A la stupéfaction du trio, personne n'était présent pour les accueillir et les interpeller. Les djihadistes présumés ont donc contacté leur avocat, Me Christian Etelin, qui était l'avocat de Mohamed Merah et qui conseille aujourd'hui sa sœur Souad. "On a passé la douane, on a montré le passeport, on a tout montré, c'est ça qui est étonnant. Aucun policier n'est venu nous accueillir à l'aéroport. Même nous, ça nous a étonné. On s'était dit qu'ils allaient nous interpeller, qu'on allait être placés en garde à vue", commente l'un des suspects déboussolés.

Me Etelin raconte que les trois suspects se sont livrés aux autorités turques pour échapper à l'Etat islamique, où ils auraient "vécu l'horreur". "Ils n'ont jamais voulu participer à un combat djihadiste tel qu'on l'imagine. Ils se sont mis entre les mains des autorités turques pour être protégés et pour pouvoir être transférés vers la France. Ils sont heureux d'une chose, c'est d'avoir la vie sauve, parce qu'ils ont vraiment cru qu'ils allaient être exécutés", assure-t-il.
Selon l'avocat toulousain, Souad Merah serait bien partie en Syrie en mai dernier avec ses quatre enfants, mais la franco-algérienne se trouverait actuellement en Algérie, chez son père. "Elle devrait revenir bientôt à Toulouse", a ajouté l'avocat toulousain.
Christian Etelin, militant comme son épouse Marie-Christine avec Me François Roux, l'avocat de José Bové, de Dieudonné, des Déboulonneurs, des Faucheurs et du seul condamné, Zacarias Moussaoui, dans les Attentats du 11 septembre 2001, se dit désemparé par la trajectoire du cercle Merah.

Le ministère de l'Intérieur français met en cause la Turquie
"Les services français ont été informés par leurs homologues turcs de ce changement de vol après l’arrivée sur le sol français des trois ressortissants expulsés", accusait mardi soir un communiqué de la Place Beauvau. "Dès cette information communiquée aux services français de sécurité et de renseignement, ceux-ci poursuivaient les investigations dans le cadre du mandat délivré par le magistrat instructeur du pôle antiterroriste", assurent donc les services de Bernard Cazeneuve.
Stressé comme son premier ministre à l'oeil noir et déterminé comme son président, le ministre de l'Intérieur a annoncé l'ouverture d'une enquête administrative pour "faire toute la lumière" sur les conditions de ce raté... Il a par ailleurs annoncé qu'il se rendrait prochainement en Turquie. "Ce dysfonctionnement entre les services turcs et les services français mérite qu'une concertation approfondie s'engage entre les autorités françaises et turques, de manière à ce que d'autres événements de ce type ne se produisent pas", a clamé le ministre de l'Intérieur dans la cour de Matignon.

Les "bonnes" raisons d'un raté de Manu, premier ministre et ancien ministre de toutes les polices de France
 
Les trois djihadistes français présumés qui se sont livrés à la police sont désormais en garde à vue. 
Mais ils n'ont pas été interpellés: officiellement expulsés de Turquie, ces trois touristes ordinaires, n'étaient pas attendus en France. La police hexagonale en avait perdu la trace et les terroristes ont dû se constituer prisonniers mercredi matin, en se rendant à la gendarmerie du Caylar, dans l'Hérault, alors qu'ils n'avait nullement été inquiétés depuis leur arrivée à Marseille, la veille. Ils ont eu droit à une nuit offerte. De retour de Syrie, les trois Français, bien sous tous rapports et appréciés dans leur quartier selon la formule consacrée, dont le beau-frère et un ami d'enfance de Mohamed Merah, se sont livrés à la police, médusée.
Comment ces trois terroristes, déjà condamnés et fichés, ont-ils ainsi pu passer à travers les mailles du filet ?  
De l'aveu même de Manuel Valls, cette affaire "ne s'est pas déroulée comme il aurait fallu" et deux fautes graves consécutives, ça fait désordre. Une fois de plus, les socialistes français se déclarent responsables, mais pas coupables. Selon le ministère de l'Intérieur, la France aurait été informée du changement de destination, Marseille et non Paris-Orly, mais beaucoup trop tard, alors que l'avion a déjà atterri et que les trois hommes ont quitté l'aéroport de Marignane.
Mais en admettant que le téléphone ne marche pas entre la Turquie et la France, le deuxième couac, non imputable à France Télécom, est 100% "made in France". Au moment où, suite à l'assassinat d'Hervé Gourderl, de nouvelles mesures sécuritaires sont annoncées, à l'issue d'un Conseil de défense réuni en urgence par Hollande, en plus de la loi anti-terroriste, votée la semaine dernière à l’assemblée en procédure accélérée, et  à l'heure où les trois djihadistes présumés passent par le contrôle aux frontières, le système CHEOPS est en maintenance, alors qu'il est censé permettre d'accéder notamment aux fichiers des personnes recherchées. C'est en tout cas ce qu'affirment les syndicats de police et ce qu'a confirmé le ministère de la Défense. Ce serait donc à la faveur de ce bug informatique de CHEOPS (Circulation hiérarchisée des enregistrements opérationnels de la police sécurisés) que les trois hommes ont pu rentrer en France sans être inquiétés.

 Le gouvernement nie tout "dysfonctionnement" des services français...

Les parlementaires qui ont voté les mesures anti-terroristes nient tout en blocla délégation parlementaire au renseignement (DPR) a conclu jeudi à l'absence de "dysfonctionnement" des services français ! Et voilà les services de sécurité français dédouané du cafouillage qui a permis mardi à trois djihadistes français présumés de rentrer en France en provenance de Turquie, sans être contrôlés. Cette instance spécialisée, constituée de députés et de sénateurs, s'est fiée au directeur central de la police aux frontières, David Skuli, et le directeur général de la sécurité intérieure, Patrick Calvar. "Au vu des informations obtenues, la délégation ne conclut pas à un dysfonctionnement de nos services", déclare-t-elle dans un communiqué.
Cette délégation de comiques est présidée par l'illustre Jean-Jacques Urvoas,  député PS, ce qui est déjà beaucoup dire. Il est assisté de Jean-Louis Carrère, sénateur PS, et principalement constituée de parlementaires de la majorité, dont Patricia Adam, présidente de la Commission de la défense nationale et des forces armées, députée du Finistère, comme la ministre Lebranchu et JJ. Urvoas, tous Bretons, comme Jean-Yves Le Drian, ministre de la ...Défense! Pour être complet (en omettant 2 UMP sur le nombre), ajoutons un autre béni-oui-oui du PS, Jean-Pierre Sueur, sénateur du Loiret, 67 ans et qui est  toujours supposé mouiller la chemise.
On n'est pas obligé de connaître cet autre membre, Philippe Nauche, PS, mais il suffit de savoir qu'il est député de ...Corrèze. Si on en veut encore un autre, citons Michel Boutant, sénateur de la Charente (Poitou-Charentes): sans commentaires! 
Améliorer les échanges d'informations.
Le drapeau djihadiste du front Al-Nosra,
 rebelles armés affilié à al-Qaïda,
flotte au coeur de Paris en août 2004
avec les manifestants pro-palestiniens
La délégation parlementaire souligne toutefois "l'impérieuse nécessité d'améliorer les conditions d'échanges des informations avec les services étrangers" et "de mettre en place le plus rapidement possible le système de traitement des données passagers (PNR-Passenger Name Record)", dont "l'absence explique en grande partie les événements étudiés".

Avant toute frappe aérienne sur l'Irak,
les socialistes au pouvoir pourraient aussi commencer par combattre les forces terroristes dans ce pays...