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vendredi 5 juillet 2019

Municipales 2020 : l' "Anschluss" de LREM sur le PS, révélée

La méthode aggressive du parti du président pour saigner le PS  

Un proche du président de l'Assemblée, Richard Ferrand, a élaboré un plan d'"annexion" du Parti socialiste

Image associéeUn "cercle" ou un "collectif" nouvellement créé a pour mission secrète de ..."rééquilibrer la majorité". Mais, comme les sujets du bac qui fuitent, l'opération est éventée et les scélérats vont devoir changer leurs plans. Les responsables de la majorité étaient tellement sûrs de leur affaire - l'arrogance est intrinsèque à ce parti  - que cette stratégie de débauchages, qui a si bien réussi sur les Républicains avant la présidentielle, devait, pensaient-ils, finir d’achever le Parti socialiste avant les municipales de mars 2020. 

Une note censée rester confidentielle et dont l’existence a été révélée ce jeudi dans le Point, donnait par le menu la manière dont La République en marche comptait s’y prendre pour "mettre en place un 'Agir de gauche' avant la rentrée de septembre. Soit le plan de construction du lieu d’accueil pour transfuges socialistes LREM-compatibles sur lequel travaillent d’anciens de Solférino aujourd’hui au gouvernement, comme Jean-Yves Le Drian, Didier Guillaume, Olivier Dussopt ou Stéphane Travert, tous des traîtres au PS, le dernier nommé devenu délégué d'En marche ! en octobre 2016 et le premier, ministre de la Défense de Hollande. Un "secret industriel" politique que, désormais, tout le monde connaît…

Une machine de guerre
Car après s’être indigné sur Twitter de l’existence de ce document rédigé par Jean-Marie Girier, directeur de cabinet de Richard Ferrand, président de l’Assemblée nationale, le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a publié des clichés du document, dénonçant l'utilisation de fonds publics à des fins partisanes.
Olivier Faure
✔@faureolivier
Voici la note du directeur de cab du pdt de l’AN @RichardFerrand. Où l’on découvre qu’au delà de l’AN, les membres des cabinets ministériels servent à d’autres missions que celles pour lesquelles ils sont payés. Les barbouzes de la République ça continue, un an après #Benalla !
739

Comment les traîtres au PS devenus 'Marcheurs' comptaient-il s’y prendre pour accueillir d’anciens camarades désireux de rejoindre la grande maison de la majorité ? 


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Surtout pas en fondant un nouveau parti, "forme […] totalement inadaptée aux enjeux et aux attentes" et en permettant à ces élus de pouvoir rester au PS "pour imposer à ses instances nationales de subir le "choc" […] et d’être ainsi contraintes de revoir la doctrine actuelle refusant toute main tendue par des soutiens" LREM.

Cette nouvelle structure aurait pu d’abord être lancée par un premier "appel d’élus", selon les plans du directeur de cabinet de Ferrand, avant d’être incarnée par "un cercle" ou un "collectif" comme "étaient organisés les courants en leur temps au sein du PS". Cela "aurait l’avantage de canaliser les différents acteurs sans pour autant devenir un mouvement trop structuré", peut-on lire également dans cette note.

"Opération de blanchiment d’ex-socialistes" ?

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Girier colle ici au train de Macron
"Pour assurer l’efficacité de l’opération", l’ancien collaborateur de Gérard Collomb propose de "rassembler des maires socialistes sortants", puis d’ "équilibrer les rôles entre les élus en exercice […] et les anciens ministres et parlementaires" époque Hollande. Le tout pour ne "pas apparaître comme une opération de blanchiment d’ex-socialistes en quête de retour". "Il conviendra d’être prudent pour éviter l’image d’une amicale "d’anciens combattants", dont la perception politicienne pour notre base électorale ne serait pas bonne", écrit également Girier. Lequel détaille ensuite un calendrier menant à septembre et une "vague d’investiture" de LREM "à des maires socialistes".

Image associée
La note se termine sur la composition de la "task force pour "chasser"" ces édiles PS avec Le Drian en tête d’affiche, accompagné du député LREM de Gironde Florent Boudié, de la sénatrice (toujours PS) des Pyrénées-Atlantique Frédérique Espagnac et de leurs ex-camarades parlementaires Hélène Geoffroy (proche de Ségolène Royal) et Gilles Savary, animateur sous le quinquennat Hollande de l’aile droite du PS baptisée 'Les réformateurs' et dont les membres étaient partagés entre Valls et Macron.

"Dès le mois de septembre, les anciens parlementaires et élus en place pourraient méthodiquement faire remonter des propositions de soutien ou d’investiture de candidats issus du Parti socialiste en vue des élections municipales, poursuit le directeur de cabinet de Ferrand. 

Ce maillage sera précieux en vue des élections sénatoriales," commente en outre Girier.
Il va falloir changer de stratégie. D’ailleurs, le document annonçait en juin un "premier appel" de sénateurs, avant une "tribune des 'réformateurs' ".
LR (Les Républicains) a désormais une petite idée de la méthode LREM suivie pour  provoquer une fuite de ses Macron-compatibles.
Imaginons un instant ce qu'une telle révélation donnerait si cette méthode avait été mise en oeuvre par le RN...

mardi 5 février 2013

Mariage pour tous: " triangle jaune " contre Taubira pour le saccage du Code civil

Taubira a encore piqué une crise à l'Assemblée 

La ministre de la Justice s'en est prise au chef de file des députés UMP Christian Jacob
La harpie
à la tête de la Justice "sereine"
Au "petit théâtre" (Libération) de l'Assemblée, Christiane Taubira a joué la grande scène de la colère, dénonçant l'emploi des expressions " triangle rose " et " triangle noir " par le député Elie Aboud, en référence aux symboles utilisés par le régime nazi. Le chef de file des députés UMP Christian Jacob, qui a jugé  " indigne " la réaction de la ministre, a notamment rappelé à la malveillante que c'est un député PS qui avait le premier évoqué la semaine dernière le " triangle rose ".
Sans référence aucune à la couleur de la peau, le triangle noir était dans l’univers concentrationnaire nazi, le symbole utilisé pour marquer les prisonniers considérés comme "socialement inadaptés", catégorie floue qui mêlait aussi bien les vagabonds, les marginaux, les alcooliques, les drogués et certains malades mentaux, que les prostituées, les femmes qui employaient des contraceptifs et les lesbiennes.

Christian Assaf (PS) commença par lancer que "le temps du triangle rose est terminé"


Cette formule du député PS de l'Hérault, dans la veine des propos de feu José Frêche, a indigné les élus UMP,
mercredi 30 janvier.
Durant la Seconde Guerre mondiale, des dizaines de milliers d'homosexuels masculins allemands arrêtés et déportés étaient forcés d'arborer un "triangle rose". Le Mémorial de l’Alsace-Moselle à Schirmek, à proximité du site de l’ancien camp de concentration de Natzwiller, au lieu-dit " Le Struthof " ouvert par les nazis en août 1940, leur rend notamment justice (lien).

VOIR et ENTENDRE à partir de 4'15 :

Des protestations se sont immédiatement élevées des bancs de l'UMP
L'un des principaux orateurs du parti de l'opposition sur le projet de loi, Hervé Mariton, a peu après dénoncé "un propos inacceptable". "Nous condamnons absolument l'homophobie, les actes inqualifiables accomplis par le régime nazi à l'encontre des personnes homosexuelles. Oui, nous sommes en sympathie avec tous ceux qui ont souffert du régime nazi et les homosexuels en font partie", s'est exclamé le député de la Drôme.
"Faites attention à vos propos, à vos critiques, à votre vindicte", a prévenu Hervé Mariton. "Sans doute la fréquentation prolongée du très subtil Georges Frêche en son temps vous a appris les règles de la subtilité", avait-il lancé peu avant au député PS de l'Hérault.

Le pouvoir socialo-écolo tente de pousser l'opposition à la faute

Le gouvernement cherche l'affrontement 

Tandis que les élus de gauche font de la provocation et crient à tout propos à l'homophobie, les media sont à l'affût, prêt à déformer et gonfler le moindre propos mal tourné. C'est ainsi que, faisant les questions et les réponses, Sergio Coronado (EELV) prêta à Christian Jacob des propos que le patron du groupe UMP n'avait pas tenus. 

VOIR et ENTENDRE le procès d'intention de l'altermondialiste "inverti " sur des injures non prononcées :

Coronada a fait son coming-out par tweet, le samedi 30 juin 2012.

L' "hystérique" présumé est en revanche l'auteur d'un de ces tweets outrageants qui foisonnent sur Twitter et que l'exécutif voudrait par ailleurs sanctionner quand ils sont homophobes :
Propos sectaires
Dimanche, " le gouvernement a cherché à nous humilier en organisant cette séance de nuit [jusqu'à 8 heures lundi matin], alors qu’il n’y avait pas d’urgence." Pour autant, il crée les conditions pour qu’en "développant ses arguments", la droite parvienne "à libérer des voix à gauche".


Un député UMP se voit en revanche reprocher l'évocation du "triangle noir" 
La cocotte-minute Taubira a explosé. La ministre de Hollande ne supporte pas certains triangles et l'a fait savoir avec véhémence au député UMP de la 6ème circonscription de l'Hérault qui, après le "triangle rose" de Christian Assaf la semaine dernière, a rappelé un fait d'histoire également dérangeant.


VOIR et ENTENDRE le député Aboud évoquer le 'Triangle noir' :

Elie Aboud évoque le "triangle noir" à l... par LeLab_E1


VOIR et ENTENDRE Christiane Taubira répond à Elie Aboud: 


Noms de famille

L'opposition a vaillamment poursuivi le débat sur le texte. 
Mais, à plusieurs reprises, la majorité de gauche a voté  une disposition pour réduire la durée de la discussion générale sur chaque article, ce que la droite a dénoncé. 

"Une révolution", selon Bernard Accoyer (UMP). 
Ils ont examiné une disposition du texte qui prévoit qu'en cas de désaccord ou d'absence de choix des parents, les noms de chacun d'eux, accolés dans l'ordre alphabétique, seront donnés à l'enfant, alors qu'actuellement c'est le nom du père qui est attribué.
Accusant gouvernement et majorité de " tromper les Français ", Hervé Mariton (UMP) a notamment souligné qu'à l'avenir, " en l'absence de déclaration conjointe, s'il n'y a pas de démarche des parents, l'enfant ne prendra pas le nom du père ". Par ce biais, le nom des mères prendra l'ascendant et celui des pères tendra à disparaître. 

Bien que discipliné et donc politiquement favorable à la disposition sur la transmission du nom, le radical de gauche Alain Tourret s'est toutefois inquiété de son avatar " technique ", évoquant la possibilité qu'un enfant adopté ne se retrouve avec trois noms. 
Dépassée, la ministre déléguée à la Famille, Dominique Bertinotti, a affirmé dans les couloirs que " les choses ne sont pas figées " et que le gouvernement va "essayer de trouver quelque chose de satisfaisant ", peut-être à la faveur de la navette parlementaire.
Un numéro digne du Concours d'entrée
au Conservatoire d'Art dramatique

"Père " et " mère "

La majorité envisage sereinement le risque que la future loi  " fragilise les adoptions à venir ", notamment internationales. 
Mme Bertinotti a balayé la mise en garde en reprochant à l'UMP " à nouveau de jouer sur les peurs ". 

Les modifications des mots " père " et " mère " du Code Civil 

L'article 4 revu et corrigé du projet de loi (dit " balai "), constitué d'une longue série de coordinations visant à remplacer les termes de père et de mère par parents, indique que, d'office, les dispositions du Code civil étendent "aux parents de même sexe lorsqu'elles font référence aux père et mère ", etc. 
" Un tour de passe-passe mettant 170 fois à la trappe les termes 'père et  mère' qui transforme profondément le droit de la famille et de la filiation ", a dénoncé l'un des principaux orateurs de l'UMP, Philippe Gosselin. 

Et l'UDI Charles de Courson de s'écrier: " Si vous avez aimé le roman '1984' de George Orwell, vous adorerez l'article 4, stricte application de la 'novlangue' ".
Lien PaSiDupes - " Hollande et la montée du langage de la dissimulation vertueuse : Novlangue : ces tentatives de diversion sémantique qui peinent à masquer l'impuissance politique"

La ministre de la Justice Christiane Taubira a retorqué que, sur la filiation biologique, " rien n'a été modifié ", selon elle, simplement  affaibli, voire dénaturé, par la multiplication des extensions ! Elle soutient que les " modifications nécessaires" (selon elle), avec le terme "parents" notamment, ne concernent que la filiation adoptive.

PMA

lundi matin, Hervé Mariton avait souligné que " la pression de l'opposition et de l'opinion aura servi à quelque chose avec le rétropédalage du gouvernement sur l'assistance médicale à la procréation". 

Actuellement réservée aux couples hétérosexuels stériles, à d'autres cas (couples d'homosexuelles, femmes seules, etc), l'élargissement de la procréation médicalement assistée, divise, y compris au sein du gouvernement et de la gauche.
Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a assuré lundi qu'un projet de loi sur la famille incluant la PMA  est repoussé, " avant la fin de l'année", après l'avis du Comité consultatif national d'éthique attendu à l'automne, alors qu'il était initialement annoncé pour un Conseil des ministres en mars. 

Or, des député de la majorité ont menacé
Si la PMA ne figure pas dans un projet de loi famille, "les députés socialistes feront le nécessaire ", a prévenu Frédérique Espagnac, une porte-parole du parti, faisant planer la menace d'un amendement. 
Un enterrement de la PMA est cependant "probable", a jugé à l'inverse un député PS, bravement anonyme.



mardi 11 décembre 2012

Procès Trierweiler: l'interventionnisme de Hollande fait débat

Le président socialiste se place au-dessus de sa charte de déontologie

Mélange des sphères public et privée
"J'interdirai les interventions 
du gouvernement 
dans les dossiers individuels", 

l'un des 60 engagements du candidat
Les avocats de la concubine du Président Hollande, Valérie Trierweiler, ont produit lundi des lettres du président et de son ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, pour faire pression sur le juge instruit les poursuites en diffamation contre un livre de deux journalistes.


La journaliste de Paris Match, Valérie Trierweiler, demande 80.000 euros de dommages et intérêts pour "diffamation et atteinte à la vie privée" aux auteurs de "La Frondeuse", ses deux confrères, Alix Bouilhaguet (France 2) et Christophe Jakubyszyn (TF1, ci-contre à droite).
La lettre manuscrite de François Hollande a été produite par ses défenseurs, concernant un passage du livre révélant que l'actuel chef de l'Etat aurait écrit à Patrick Devedjian en 1994. Hollande y sollicitait l'intercession de l'élu UMP pour rencontrer le Premier ministre d'alors, Edouard Balladur."Je tiens à dénoncer comme pure affabulation les passages du livre 'La Frondeuse' concernant une prétendue lettre jamais écrite et donc jamais parvenue à son prétendu destinataire", lit-on dans le courrier à en-tête manuscrit avec une adresse personnelle à Paris: lien PaSiDupes.
"L'invention ne peut être un procédé dans un essai politique sauf à être présenté comme un roman", affirme le président dans ce document, daté du 25 novembre 2012.
Manuel Valls conteste de son côté avoir mis en doute l'avenir du couple Hollande-Trierweiler."Les propos qui me sont prêtés dans ce livre sont souvent approximatifs, partiels et sortis de leur contexte", estime-t-il sur papier à en-tête de son ministère, pour plus de pression politique. "Des propos portant sur des faits politiques ou des remarques à caractère personnel me sont attribués alors même que je ne les ai pas tenus".


VOIR et ENTENDRE  Frédérique Espagnac, porte-parole du PS, appelée à exprimer son sentiment...:
 
Un combat judiciaire à armes inégales
La défense de l'éditeur et des auteurs s'est déclarée stupéfaite de ces démarches qui constituent à ses yeux une pression du pouvoir exécutif sur la justice. "On sort l'arme nucléaire pour écraser une mouche", a dit en marge de l'audience Yves Derai, directeur des éditions du Moment qui a publié cet essai.
A l'audience, les avocats de l'éditeur ont soulevé des arguments de procédure, estimant que Valérie Trierweiler n'a pas visé de passage spécifique dans sa plainte.Le tribunal a décidé de statuer sur cet argument et d'autres le 28 janvier, sans examiner le fond. L'affaire pourrait donc se terminer du fait de ce problème de procédure.
François Hollande avait promis durant la campagne présidentielle de ne pas mêler sa vie privée aux affaires de l'Etat.Il prétendait se démarquer de son prédécesseur qui avait subi des déchaînement de la presse militante à tous propos. Nicolas Sarkozy  avait été critiqué pour ses interventions dans des procédures judiciaires, comme par exemple celle de la manipulation Clearstream,  dont il était à son corps défendant la cible et où il était partie civile contre son rival Dominique de Villepin.
Selon la Constitution, le chef de l'Etat est garant en France de l'indépendance des magistrats et procède à leur nomination par décret. Toute interventionnisme est donc juridiquement considérée comme une pression anticonstitutionnelle par les juristes.
La gauche militante blanchit le président de toute ingérence
A l'Elysée, on soutenait lundi la thèse d'une démarche "individuelle, citoyenne et privée" de la part de François Hollande, "directement concerné" par cette affaire."Tout se fait dans la transparence puisque la lettre a été transmise [?] à la presse. On est à 10.000 lieues de quelconques voies de pression comme cela a pu se faire par le passé", a-t-on argumenté, alors que les lettres ont été "révélées par RTL", précise la radio: article du 10/12 intitulé "Valérie Treirweiler vs "La Frondeuse": l'affaire prend une tournure politique". 
Bruno Le Roux (PS) soutient d'ailleurs que ce sont des "lettres privées".
Bruno Beschizza, conseiller général d'Ile-de-France élu en Seine-Saint-Denis et secrétaire national de l'UMP, a critiqué l'initiative."Ces deux courriers peuvent légitimement être considérés comme un moyen de pression tant sur le tribunal de grande instance de Paris que sur l'ensemble des journalistes couvrant l'événement", a écrit cet ancien secrétaire général du syndicat Synergie-Officiers, dans un communiqué.
Quant au secrétaire général sortant de l'UMP, Jean-François Copé a estimé qu'une "brèche" avait été ouverte. "Je m'interroge sur les raisons qui ont pu conduire M. Hollande à donner tellement de leçons de morale à M. Sarkozy pendant le quinquennat précédent et à ne pas se les appliquer à lui-même", a-t-il dit lors d'un point presse.
Le Front national a aussi protesté. "C'est scandaleux. Je pense que la séparation des pouvoirs dans ce pays n'est pas respectée", a déclaré Gilbert Collard, député lié à ce parti, sur le Talk Orange-Le Figaro.
Le Front de gauche, Mélenchon et les communistes, comme les altermondialistes d'Europe Ecologie-les Verts, gardent un silence complice inquiétant pour les libertés.
Mais avec ces deux lettres de "simples citoyens", les Français découvrent ce que Hollande appelle un "président normal". 
En Egypte aussi, Mohammed Morsi devait être un président normal.

samedi 3 novembre 2012

Extradition d'Aurore Martin: Hollande doit rendre des comptes

Les soutiens de la militante basque demandent à Hollande de se justifier
Couac, bavure ou faute?
Vont-ils en venir aux mains ?




Les soutiens de la militante de Batasuna Aurore Martin demandent désormais  des explications à François Hollande sur les conditions d'interpellation de la jeune française incarcérée à Madrid.


De leur côté, la gendarmerie et le Parquet général de Pau ont réaffirmé le caractère fortuit de l'interpellation par des gendarmes jeudi à Mauléon (Pyrénées-Atlantiques), ce qui est une chose, mais qui ne justifie pas l'extradition. Ils endossent la responsabilité de la remise de la jeune Française  à l'Espagne où elle est illégale: ce ne serait rien d'autre que l'application  d'une décision ... judiciaire.
Samedi, plusieurs soutiens d'Aurore Martin, 33 ans, ont demandé au chef de l'Etat des explications sachant que  les autorités madrilènes reprochent à la citoyenne française, placée vendredi en détention provisoire, sa participation en Espagne à des réunions publiques comme membre du parti terroriste Batasuna. Illégal en Espagne où il est considéré comme le bras politique de l'organisation séparatiste basque ETA, Batasuna est en effet légal en France.


François Hollande n'a-t-il qu'une parole ?

"
En juillet 2011, François Hollande en vacances au Pays basque avait demandé la clémence pour Aurore Martin à Claude Guéant. Que pense-t-il aujourd'hui de son ministre de l'Intérieur Manuel Valls ? ", a lancé Laurence Hardouin (Cimade).
Adjointe Europe Ecologie-les Verts au maire UMP de Bayonne, Martine Bisauta a demandé à  Hollande "président normal (?) de répondre normalement à notre question". "Nous allons solliciter le gouvernement, intervenir auprès des autorités espagnoles par l'intermédiaire de notre ambassadeur et saisir le Conseil constitutionnel", a prévenu la sénatrice PS des Pyrénées-Atlantiques, Frédérique Espagnac.
"S'il ne s'agit pas d'une décision de François Hollande, Aurore doit revenir", selon Pedro Carrasquedo (NPA).
La gendarmerie et le Parquet général de Pau portent le chapeau
Ils communiquent sur l'arrestation
Ils ont réaffirmé samedi que l'arrestation de Mme Martin lors d'un contrôle routier était fortuite, la gendarmerie soulignant la multiplication de tels contrôles un jour de Toussaint.
C'était "un contrôle normal par la gendarmerie locale", selon un porte-parole du Parquet général. Celui-ci est rès disert sur l'enchaînement des faits : "Les gendarmes ont appelé le parquet local (Bayonne) qui a dit qu'il n'était pas concerné par ce MAE" (mandat d'arrêt européen) émis par l'Espagne, et accepté fin 2010 par la Cour d'appel de Pau. 
Les militaires mettent en cause le ministère de la Justice
Ils expliquent alors avoir pris attache avec "le Parquet général de Pau, compétent en la matière", a poursuivi le porte-parole.
"A partir du moment où elle a été interpellée, il n'y avait pas d'autre solution que de la remettre" à l'Espagne, a-t-il insisté, précisant que le Parquet général avait "informé le bureau parisien de la Chancellerie spécialisé dans l'exécution des MAE" au ministère de la Justice, "comme lors de chaque MAE", car ce bureau s'occupe généralement des modalités de transfert.
Ce porte-parole banalise l'exécution de ce mandat, qui selon lui et même en l'occurrence, "n'exigeait pas d'organisation particulière (...) puisque nous sommes près de la frontière".

L'ensemble de la classe politque est en émoi

Représentants du PCF, du PS, du MoDem, de l'UMP et de partis indépendantistes basques, de la CFDT, de la CGT cheminots, des syndicats basques, ainsi que la Ligue des droits de l'Homme, tous veulent  savoir qui est à l'origine de l'extradition et pourquoi la France a fait droit à la demande de l'Espagne.
Le camp du ministre Valls serre les rangs
"On nous dit que cette arrestation est fortuite. Je demande au gouvernement de procéder à une enquête", a déclaré le sénateur (MoDem) Jean-Jacques Lasserre. 
Lien PaSiDupes : "Valls fragilise Hollande en livrant une Française à l'Espagne"
Samedi, Manuel Valls a reçu le "soutien sans réserve" du président du Parti radical de gauche, Jean-Michel Baylet, après ceux la veille du député PS Jean-Jacques Urvoas et du sénateur PS Luc Carvounas, deux proches du ministre.

Très critiqué, le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a assuré dans un entretien à Sud Ouest Dimanche n'avoir pris "aucune décision" dans la mise à exécution du mandat d'arrêt européen (MAE) lancé en 2010 contre la jeune Française.
Les étranges justifications du  ministère de Christiane Taubira 
La ministre de la Justice précise dans un communiqué que la jeune Française a été interpellée lors d'un contrôle d'alcoolémie aléatoire qui aurait justifié qu'elle soit conduite à la frontière, à Biriatou, et livrée  aux autorités espagnoles.

La ministre française de la Justice explique que cette extradition s'inscrirait dans "le strict cadre" du mandat d'arrêt européen émis le 13 octobre 2010 par l'Espagne pour "des faits de participation à une organisation terroriste".


Cette action intempestive du ministère de la Justice est-elle un nouveau dommage collatéral dans la guéguerre que se livrent  Christiane Taubira et Manuel Valls ?   

A Bayonne, on ne se satisfait pas des explications de Taubira
Une manifestation a déjà rassemblé 500 personnes vendredi soir et le collectif Bake Bidea ["le chemin de la paix", en langue basque] a depuis organisé dans la matinée une conférence de presse réunissant militants associatifs, élus et syndicats.
Ce même collectif appelle à un rassemblement lundi à 13h30 devant la sous-préfecture de Bayonne.