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samedi 11 mai 2013

Portrait de Hollande par son chauffeur

Mohamed, Rachid, Faouzi, Khader et les autres 
Beaucoup de diversité autour de ce fils d'OAS

Rachid Kasri a conduit le premier secrétaire un peu partout, en ces années d'opposition, mais Hollande l'a abandonné au bord de la route en mai 2012.
Pendant dix ans, il fut pourtant au service de François Hollande: son garde du corps, son aide de camp, son chauffeur, dans la Renault Espace du Parti socialiste, de Charleville-Mézières à Guéret. Il courait acheter Le Monde dès sa parution, déposait les costumes du patron au pressing et quoi encore ? 
Dévoué, mais aussi redoutablement efficace dans la protection rapprochée. 
Maintes fois, cet ancien videur de boîte de nuit a exfiltré Hollande quand des manifestants se montraient trop hostiles. Ainsi, le 1er février 2012, est-il "le premier à bondir sur la  déséquilibrée  qui aspergea de farine" le candidat à la présidentielle. D'autres que  Reuters considèrent que le garde du corps a jeté à terre l'opposante qui a enfariné François Hollande.

A l'occasion de la Journée de l'esclavage, l'homme parle
Il n'a plus que des nouvelles indirectes de son ancien patron. Aujourd'hui, date du premier anniversaire de l'arrivée de son patron à l'Elysée, le serviteur a un pincement au coeur. "Le peuple n'est pas assez solidaire avec son président, grogne ce membre du PS en avalant un cheese-burger dans un restaurant proche de la rue de Solferino. Avec le recul, on le créditera d'avoir entrepris des réformes indispensables, d'avoir lancé les 12 travaux d'Hercule." De la victoire du 6 mai 2012, il se souvient d'une scène. Ce soir-là, il patiente sur le tarmac de l'aéroport du Bourget. Arrive le Falcon en provenance de Tulle. Le nouveau président sort de l'appareil et fait la bise, chaleureusement, à Rachid. Puis le Corrézien file vers la place de la Bastille, aspiré par son destin. 

Leurs chemins ne se croiseront plus. La sécurité du président est assurée par une soixantaine de policiers et de gendarmes d'élite du Groupement de sécurité du président de la République (GSPR), et sa voiture est conduite par un autre. Rachid Kasri n'a plus que des nouvelles indirectes, distillées par certains ministres, comme Kader Arif ou des hollandiens de la première heure, tel Faouzi Lamdaoui, qui quant à lui a suivi François Hollande à l'Elysée comme conseiller, et qui l'invitent parfois à déjeuner, dit-on. Au début, il a ressenti comme un vide. L'autre jour, un poids lourd du gouvernement l'a croisé par hasard dans le VIIe arrondissement de Paris : "Quand est-ce que tu reviens auprès de François?" 

Quand il voit son président à la télévision, le garde du corps a l'oeil humide": "François Hollande n'a pas changé, contrairement à ce que certains pensent. Toujours ce sens du contact, qui fait sa force." Et d'ajouter, après une courte réflexion : "D'ailleurs, il pourrait s'en servir davantage. A l'époque, on se déplaçait même dans les quartiers nord de Marseille. Alors, avec le large dispositif de protection dont il bénéficie maintenant comme chef de l'Etat, il ne devrait pas hésiter à aller sur le terrain," assure cette caution  de la diversité. 

Ce que Mitterrand pouvait, Hollande ne le veut pas

Dans le passé, François Mitterrand avait emmené à l'Elysée son fidèle chauffeur, Pierre Tourlier.
 Visiblement plus amer qu'il ne veut le laisser paraître, le gros bras coupe court aux questions. "Pourquoi Hollande m'appellerait-il auprès de lui? Le président a autre chose à faire et je ne vois pas en quoi je lui serais utile,"  murmure-t-il, conscient de sa condition modeste.

Un précédent chauffeur de Hollande est moins tendre
Lien PaSiDupes - 
Mohamed, ancien chauffeur de F. Hollande, payé au noir : une affaire qui rappelle une autre patronne anti-sociale...
Lien PaSiDupes - Royal harcèle son petit personnel : un collaborateur a porté plainte contre Royal
Lien PaSiDupes - Royal poursuivie en justice par son employée : un témoignage accablant sur la candidate socialiste.
Sans parler d'Olivier Chupin ni de son premier vice-président Jean-François Fountaine (PS) en Poitou-Charentes... 

Le pouvoir rend les puissants ingrats, glissent certains. Lui s'y refuse. 

"J'ai eu de la chance, je suis tombé sur le meilleur, veut-il croire, nostalgique. Chaque jour était exaltant." A 48 ans, il travaille toujours comme permanent au siège du PS. Mais il a quitté, à sa demande, le service des chauffeurs. Il n'arbore plus de costume-cravate, mais une casquette négligemment vissée sur le crâne. 
Il attend qu'on lui confie une nouvelle affectation. D'où cette indulgence...


jeudi 8 mai 2008

Les aventures de Marie-sEGOlène au tribunal

Liste provisoire des démêlés judiciaires de Royal

Procès gagné contre son père
En 1978, elle assigne son propre père en justice car celui-ci refuse de payer ses études universitaires. Elle avait alors 25 ans, était diplômée de Sciences Po et rémunérée. Après de nombreuses années, elle obtient gain de cause
.

Condamnation pour licenciement abusif
Après la dissolution de 1997, M-S Royal a conservé trois collaboratrices lors des élections législatives. Suite à un litige sur les salaires, ces dernières saisissent le conseil de prud'hommes de Niort et obtiennent en 1999 une condamnation de leur patronne à un rappel de salaires de trois semaines (sur les trois mois demandés).
En 2001, Sa Cynique Majesté Royal est déboutée de la plainte pour « diffamation » qu'elle avait déposée contre ses anciennes collaboratrices qui portent plainte au pénal pour « recours au travail clandestin », mais Royal obtient un non-lieu en 2003.
Le 16 janvier 2007, le non-lieu est cassé par la Cour de cassation qui condamne la patronne socialiste à payer 2 500 euros aux plaignantes, dans l'attente d'un nouveau procès. L'une des plaignantes, Evelyne Pathouot, a écrit un ouvrage sur la future présidente socialiste de la région Poitou-Charentes : Ségolène Royal, ombre et lumière, Evelyne Pathouot, 2007 (PaSiDupes, colonne de droite)
Le 10 avril 2008 : Royal a été condamnée, par la cours d'Appel de Rennes, à verser leurs salaires aux deux ex-collaboratrices. Selon une dépêche d’agence du 10 avril 2008, la Cour d'appel de Rennes a donné raison aux deux ex-attachées parlementaires de Royal, la patronne socialiste si peu socialiste, qui réclamaient depuis 1997 le versement de plusieurs mois de salaires non payés, et pour licenciement abusif.
Mai 2008, M° Mignard annonce que sa cliente, dont on espère qu’elle le paie, annonce qu’elle se pourvoie contre sa condamnation pour «licenciement abusif ».

Relaxe d'une plainte pour diffamation déposée par des enseignants
I- En 2000, elle est poursuivie pour diffamation par des enseignants s'estimant diffamés par sa dénonciation de faits de pédophilie qui n'avaient pas été encore jugés au Lycée Thiers à Marseille. Royal, magistrate, a été relaxée par la Cour de justice de la République
II- Le quotidien Sud-Ouest en date du 7 novembre 2006 rapporte qu'une plainte pour harcèlement moral aurait été déposée contre la même Royal par Olivier Chupin, directeur du Fonds régional d'art contemporain de Poitou-Charentes. La plainte, déposée six mois après les faits qui sont reprochés à Royal (la délocalisation du Frac) et après que cette dernière a démissionné de la présidence du Frac, semble politiquement opportuniste à l'intéressée, qui commente : « C'est une plainte sans aucun fondement qui intervient dans un contexte politique qui n'est pas neutre. Elle ne débouchera sur rien. » Sa ligne de défense est toujours la-même et à nouveau en 2008, contre Raffarin.
Plainte pour atteinte à la vie privée
I- Le 11 mai 2007, deux journalistes du Monde, Ariane Chemin et Raphaëlle Bacqué, publient chez Albin Michel un nouveau livre sur Royal,
La femme fatale. Sa rédaction a été bouclée après le 6 mai et évoque les réactions de la candidate et du PS face à la défaite. L'avocat du couple Royal-Hollande, M° Jean-Pierre Mignard, a annoncé qu'il allait attaquer ce livre en justice pour « violation de la vie privée » après en avoir lu des extraits dans les bonnes feuilles du Nouvel observateur. Il réclame, au nom du couple, le 31 mai 2007, la somme de 150 000 euros de dommages et intérêts pour atteinte à la vie privée et diffamation publique. Cette demande pécuniaire est une première en France, où les personnalités politiques demandaient jusqu'à présent l'euro symbolique … C'était même le 'franc symbolique', mais Royal participe à l'inflation...
L'association Reporters sans frontières a apporté son soutien aux deux journalistes, jugeant « exorbitant » le montant exigé par le couple, et rappelant que les personnalités publiques « doivent, autant que possible, s'abstenir de porter plainte contre les journaliste. ». D'après une dépêche d’agence de presse du 9 avril 2008, M-S Royal et François Hollande se sont finalement désistés de leur action pour atteinte à la vie privée. Selon cette même dépêche, Royal maintient son action pour diffamation.
II- Ses plaintes sont multiples, à l’encontre de magazines people.
Gala et Voici ont passablement craché au bassinnnet...

Entourage familial
Ses parents, le lieutenant-colonel Jacques Royal et Hélène Dehaye ont eu huit enfants en neuf ans ; en ordre décroissant : Marie-Odette, Marie-Nicole, Gérard, Marie-Ségolène, Antoine, Paul, Henry et Sigisbert[.
Gérard Royal est un ancien lieutenant-colonel de la DGSE. Il est un des protagonistes de l'
affaire du Rainbow Warrior (l'homme au bonnet rouge) : il a transporté les deux plongeurs de la 2e équipe (la première équipe étant Dominique Prieur et Alain Mafart) à l'origine du sabotage du bateau de Greenpeace en 1985. En signe de protestation, Royal - qui assure ignorer les activités de son frère - aurait projeté de rallier l'atoll de Moruora, en compagnie de militants d'associations antinucléaires. (Source Wikipedia)
30 passés à engorger les tribunaux ! Suite aux prochains numéros....

mercredi 7 février 2007

Royal poursuivie en justice par son employée.

Un témoignage accablant sur la candidate socialiste.
Rappelez-vous le billet de PaSiDupes (03/02/07) intitulé: "Royal harcèle son petit personnel"... Sa Gracieuse Majesté Royal est coutumière du fait ! Jugez plutôt de ses mauvais traitements à sa collaboratrice, relatés ci-dessous. Il ne s'agit pas de 'femme battue', mais on peut néanmoins être -pour le moins- déçu par les procédés de la vertueuse candidate socialiste.
Evelyne Pathouot a été salariée de Marie-sEGOlène Royal pendant environ deux ans (1995-1997) dans les Deux-Sèvres, en tant qu'assistante parlementaire. Elle publie le 8 février un livre témoignage* de son quotidien au côté de celle qui aspire aujourd’hui à diriger le pays. (* Ségolène Royal, ombre et lumière, éditions Michalon, 16 euros.) Les extraits suivants proviennent du journal Le Figaro (lien):
Qui est Ségolène ? « Sujet tabou, explique sa collaboratrice. Elle a verrouillé ses codes d’accès. Il fallait les décrypter, c’est pourquoi mon livre n’est pas un pamphlet, mais un portrait, où je n’avance rien qui ne soit vérifié ni vérifiable. Ségoliste convaincue au début, j’ai, peu à peu, découvert une personnalité dont j’ai préféré me séparer. En cette veille d’élection présidentielle, avant que les électeurs ne la choisissent ou ne la rejettent, j’entends qu’ils sachent qui elle est. Car il y a Dr Royal et Miss Ségo. Nul ne pourra dire qu’il n’a pas été prévenu. »

Tout commence à l’automne 1995, à la mairie de Beauvoir-sur-Niort. Employée d’une association – Ruravive –, Evelyne Pathouot vient expliquer à Ségolène Royal certains problèmes de la région. Intéressée par ses propos, la députée lui propose de l’embaucher. Evelyne commence « de manière informelle » en décembre 1995. Rien n’a été défini sur le plan juridique. Début janvier 1996, surprise...

Au moment d’établir mon contrat, Ségolène m’expliqua qu’elle ne serait sans doute pas en mesure de me verser un salaire équivalent à celui que je percevais avec Ruravive. Sur le moment, cela ne m’inquiéta pas outre mesure. Elle avait sans doute épuisé son indemnité parlementaire et tout rentrerait dans l’ordre quand les services de la questure de l’Assemblée nationale débloqueraient des fonds. En attendant, Mme Royal avait une solution de « dépannage » grâce à l’un de ses « camarades », trésorier d’une association de type loi de 1901 : Poitou 93.
Cette structure me verserait un complément de salaire. Je pourrais ainsi rester auprès d’elle, officiellement engagée à mi-temps. J’avais donc un demi-emploi légal et un demi-emploi au statut moins... net.

Hormis la petite sensation désagréable d’avoir été un peu « baladée », je m’accommodai de cette proposition un peu « limite » en me disant que c’était une solution temporaire. Il est vrai que ce genre de « petits arrangements entre amis » était encore assez courant à cette époque même s’il était le plus souvent fustigé par ceux-là mêmes qui y avaient recours. Il m’était revenu de contacter mon autre « demi-patron », le trésorier de Poitou 93, une association créée dans la petite commune de Melle, le 20 avril 1990, et présidée par Ségolène Royal. Ségoliste convaincu, ce responsable d’association était cependant suffisamment lucide pour être agacé par la manière dont on usait de lui comme d’un « intendant des volontés royales ». Aux premiers mots échangés, je m’aperçus, avec stupéfaction, qu’il ignorait tout de mon existence, tout de la situation nouvellement créée et que Ségolène ne lui avait rien dit. Je pris sur moi et, essayant de garder mon calme, je me décidai à expliquer le plus fermement que je le pouvais : « Ségolène m’a assurée que vous étiez disposé à prendre en charge la moitié de mon salaire. » Il blêmit, se leva de son bureau et se mit à arpenter la pièce contenant mal ce qui commençait de ressembler à une grosse colère. Au bout de quelques minutes, il explosa : «Elle est folle, complètement folle ! Avec ses histoires, on va tous finir en prison. »
Suite au refus de l’association, Ségolène propose à Evelyne de lui verser le solde de son salaire de la main à la main. C’est à prendre ou à laisser. Elle prend... La députée multiplie les poses de premières pierres et les inaugurations. Elle n’a que peu de temps pour s’occuper du suivi concret des dossiers, car elle ne dispose d’aucun endroit pour travailler. Elle ne possède pas de studio sur place et, plutôt que de descendre dans un hôtel, préfère loger chez les militants.

On sortait du placard le service des jours de fête, on allait chercher à la cave une bonne bouteille. Pour ne pas faire d’envieux, on conviait des voisins ou des camarades de parti. A l’arrivée, l’addition était plutôt salée pour des gens le plus souvent modestes. Mais de cela, Ségolène n’avait pas la moindre idée. Elle s’imaginait que c’était l’ordinaire de ses hôtes et c’est tout juste si elle ne s’attribuait pas le mérite de l’apparente prospérité de sa circonscription où la poule au pot n’était pas réservée au dimanche seulement. Et honneur à celui qui la recevait trop bien ! Il aurait certainement droit à une nouvelle visite. A cette époque, Ségolène n’aimait pas trop non plus s’embarrasser de bagages. Elle voyageait avec le strict minimum. Aussi, quand il faisait froid, elle n’hésitait pas à enfiler les charentaises du grand-père dès que celui-ci était monté se coucher.

Et puis, elle profitait de ces agapes pour tenir réunion sur réunion. Après son départ, la maison ressemblait souvent à un véritable champ de bataille, mais elle, elle n’était pas peu fière d’assumer ce rôle d’élue de proximité. Comme elle ne disposait pas de voiture et qu’elle ignorait visiblement qu’on peut en louer une auprès d’établissements spécialisés – c’est l’hypothèse basse que je préfère retenir –, un militant ou une militante était réquisitionné pour lui servirde chauffeur et la convoyer du matin jusqu’au soir.

Sitôt mon contrat signé, c’est à moi qu’échut cette mission qui allongeait indéfiniment mes journées de travail « à mi-temps ». Avec deux problèmes supplémentaires à la clé. D’abord, et au début du moins, Ségolène semblait ignorer superbement qu’il est nécessaire de faire, de temps à autre, le plein d’essence et que les stations préposées à cet effet ne distribuent pas gratuitement le précieux liquide qui sort de leurs pompes, comme le font avec l’eau les fontaines Wallace de Paris. Il me faudra beaucoup de temps et de doigté pour l’avertir de cette mauvaise nouvelle.

Tout se passait bien sauf... à la fin de chaque mois, car je devais lui réclamer le complément de salaire qu’elle s’était engagée à me verser de la main à la main. Je me retrouvais transformée en mendiante sollicitant d’une bonne âme le secours financier dont elle a besoin pour nourrir les siens.

C’était là une démarche profondément humiliante, dont je me serais volontiers passée car elle me faisait sentir la précarité de mon statut et ma totale dépendance à l’égard de ma « demi-employeuse ». Et, à chaque fois, Ségolène Royal semblait presque étonnée de me voir exiger mon dû, même si j’y mettais certaines formes.

Très vite, je découvris qu’elle entretenait des rapports plutôt singuliers avec l’argent. A la manière de son mentor, François Mitterrand, elle n’avait jamais de liquide sur elle. Parfois, avant de repartir pour Paris, elle m’invitait à boire un verre au buffet de la gare. Comme deux amies de longue date, nous discutions autour d’un Perrier jusqu’au moment où, s’apercevant que l’heure avait tourné et qu’elle risquait de manquer son train, elle se levait précipitamment, me faisait « au revoir » avec un petit signe de la main et... me laissait régler l’addition.

Scène sur le vif, au bureau, dans la permanence. Nous étions au téléphone et, pour la première fois, Ségolène me parlait d’un ton cassant, quasiment méprisant. Selon l’expression consacrée, elle me passait un savon, au motif que ma maladresse, pour ne pas dire mon incompétence, risquait fort de priver notre fameux comité d’expansion de la manne européenne. Elle s’était rendue à Bruxelles en toute confiance, assurée de pouvoir étudier avant son départ le dossier contenant l’ensemble des pièces qu’elle devait soumettre à ses interlocuteurs. Or, elle ne l’avait pas reçu suffisamment tôt parce que j’avais omis de l’envoyer à temps. J’avais devant les yeux le reçu de la poste prouvant que je lui avais bien fait parvenir à temps le fameux dossier. J’avais même avancé sur mes deniers personnels l’envoi du Chronopost. Je préférai néanmoins laisser passer l’orage.

Pour la première fois, je venais de faire les frais de son interprétation personnelle du divertissement pascalien. Car je l’apprendrai ultérieurement, Ségolène était en « représentation publique ». En effet, lors de ce fameux coup de téléphone passé depuis son portable, elle se trouvait dans le TGV en compagnie de Jacques Delors. Sans doute avait-elle voulu déclencher chez son compagnon de voyage une réflexion admirative en lui exposant ses difficultés d’élue de terrain. Entourée de maladroits et d’incompétents, elle était obligée de veiller au moindre détail et de réparer les erreurs commises dans son dos. De quoi éventuellement susciter les encouragements de son interlocuteur et quelques sagaces conseils sur la manière dont elle devrait diriger son équipe. Elle avait, je le suppose, choisi de s’affirmer de la sorte.

Elle me raccrocha donc quasiment au nez et je m’attendais à ce que sa prochaine visite dans les Deux-Sèvres ne soit pas pour moi une véritable partie de plaisir. Je me trompais lourdement. Vingt minutes plus tard, le téléphone sonna à nouveau. C’était Ségolène qui, cette fois, minaudait et bafouillait quelques excuses embarrassées. Elle regrettait de s’être emportée et m’embrassait.

Il n’était plus question du fameux Chronopost. Elle me donnait l’impression de se conduire comme une petite fille prise en faute qui cherchait à se faire pardonner.

Du grand art ! Et je tombai dans le panneau. J’aurai d’ailleurs l’occasion de constater qu’elle utilise volontiers cette « stratégie » pour désarmer ses adversaires. Et elle sait merveilleusement dissimuler cette tendance « colérique » en endossant, parfois inconsciemment, le rôle de la faible créature égarée dans un univers impitoyable d’hommes tous plus machistes les uns que les autres.

Elle est parfois une sorte de saint Sébastien criblé de flèches auquel le sens de l’honneur ordonne qu’on le délivre de ses bourreaux. Cela lui permet d’esquiver certains coups bas ou de placer ses adversaires en position de faiblesse. S’ils la critiquent, ce n’est pas parce qu’elle a tort ou parce qu’ils ont une autre vision de la société. Non, elle est, en tant que femme, en tant que mère, en tant que Ségolène, la victime d’odieuses machinations qu’on épargne à ses rivaux. Cette posture victimaire ne se traduit pas exclusivement chez elle par « des cris et des larmes ». Elle en joue pour éluder toutes les questions embarrassantes...

Au cours de l’été 1996, Evelyne est devenue assistante parlementaire en titre, dépendant de l’Assemblée nationale, mais, pour engager une personne supplémentaire, Ségolène médite de la faire rémunérer par EDF. La stupéfaction du responsable juridique de l’entreprise mettra un terme à cette velléité... Quelques mois plus tard, victime d’un accident vasculaire cérébral, Evelyne est en congé de maladie. Ségolène Royal lui garantit son paiement, quand arrive la fiche de paie de février 1997, où figure cette mention : « Suspension de salaire ».

Je décidai de faxer tous les documents aux services administratifs de l’Assemblée, et ses agents, particulièrement férus en matière de droit social, s’aperçurent rapidement qu’il y avait irrégularité.

Devant la gravité des faits, Madame la députée fut convoquée pour s’expliquer. C’était une affaire qui risquait de lui nuire politiquement et Ségolène dut rendre des comptes. Cela me valut évidemment de sérieuses réprimandes. Sitôt sortie de son entretien avec les services administratifs du Palais- Bourbon, elle m’appela, folle de rage.
J’avais semé la zizanie et j’étais la dernière des idiotes car je ne comprenais rien. Visiblement, la précarité éventuelle de ma situation financière ne semblait plus l’émouvoir. Ainsi, quand je lui expliquai que la suspension d’un mois de salaire était une véritable catastrophe, elle me rétorqua simplement : « Mais Evelyne, vous avez une pension alimentaire ! »

De tout ce que j’ai pu entendre de Ségolène durant toute la durée de notre travail en commun, c’est probablement la phrase qui m’a le plus choquée. Comment cette femme, estampillée militante de la cause des femmes et qui prétend même aujourd’hui faire bouger les choses très vite (comme d’habitude...) sur cette question si elle est élue présidente de la République, pouvait-elle considérer une pension alimentaire comme un privilège et non comme un droit ? Et puis, de quel droit se permettait-elle de s’immiscer dans ma vie privée sous le fallacieux prétexte de ne pas me payer mon salaire alors que, dans le même temps, elle percevait mes indemnités journalières ? Visiblement impressionnée par ma réaction, elle finit par changer de ton, adoptant celui de la petite fille égarée dans un monde trop compliqué pour elle. Elle s’excusa en m’expliquant qu’elle ignorait tout des démarches administratives et me promit que tout allait s’arranger...

Mai 1997, Jacques Chirac dissout l’Assemblée nationale. Ségolène est réélue. Lionel Jospin s’installe à Matignon, Ségolène devient ministre déléguée, chargée de l’Enseignement scolaire, sous la houlette de Claude Allègre. L’ambiance est assez tendue, car elle propose à ses trois collaboratrices des contrats « Education nationale ».

Nous étions surprises, car nous ne comprenions pas, même avec la meilleure volonté du monde, en quoi notre mission de propagande ségoliste à Melle pouvait se rapprocher du service public de l’Education nationale. De plus, ces contrats étaient pour le moins singuliers. N’y figuraient ni la date de début d’engagement, ni la durée et l’intitulé du poste, et encore moins le salaire. La légalité de ces contrats était incertaine car, même ministre déléguée, Ségolène ne pouvait passer outre certaines règles de recrutement de la fonction publique. Tout cela me rappela ses promesses d’embauche par Poitou 93 ou EDF... Les trois jeunes femmes refusent. Peu de temps auparavant, elles avaient songé à alerter la presse sur les « curieuses conceptions du droit social » de la nouvelle ministre.

Sentant la tension monter, Ségolène nous invita à déjeuner pour nous narrer par le menu son installation rue de Grenelle. Elle tentait son jeu de la séduction auquel j’avais déjà tellement succombé...

Le patron du restaurant était très heureux de la recevoir. Madame la ministre fut saluée comme il se devait et se conduisit avec une apparente simplicité. Elle n’était pas en représentation mais avec des « ami(e)s de longue date », qu’elle entendait régaler de bons plats et du récit de ses nouvelles aventures parisiennes.

Je pensais que plus rien ne pourrait me surprendre venant de sa part, quand soudain, elle proféra, avec une insouciance totale des propos qui, dix ans plus tard, me paraissent toujours inqualifiables. Alors qu’elle évoquait certaines de ses déclarations sur la pédophilie dont la presse avait fait grand bruit et qui avaient assis sa réputation de femme d’ordre et d’autorité, elle se félicita elle-même d’avoir eu « la chance » – ce fut le terme qu’elle employa – d’avoir eu un cas de pédophilie dans sa circonscription, « ce qui (lui donnait) de l’avance sur Claude Allègre ». Le terme « chance » me semblait plutôt mal approprié. Je ne voyais pas en quoi cela pouvait constituer pour une élue une occasion de se réjouir, ni de l’« avance » sur un autre ministre.

Sa langue n’avait pas fourché. Elle avait tenu ces propos parce qu’elle y croyait sincèrement, tout comme elle pensait qu’une pension alimentaire pouvait aisément permettre à une employée à plein-temps de se contenter d’un demi-salaire. Cette phrase, prononcée de manière anodine, opéra en moi un véritable déclic. La séduction cessa définitivement d’opérer. Ce fut le dérapage de trop. Dorénavant, il ne me restait de ma collaboration avec Ségolène qu’une immense déception. Ma décision était prise, je ne travaillerais plus jamais à ses côtés **.

** Evelyne Pathouot démissionne en 1997. L'année suivante, avec deux de ses collègues, elle dépose une plainte aux prud'hommes pour récupérer des salaires non versés. S'ensuivront dix années de procédure. Condamnée en première instance, Ségolène Royal fait appel. Evelyne et ses collègues contre-attaquent en déposant une plainte au pénal pour «travail clandestin». Ségolène répond par le biais de deux plaintes pour «procédure abusive» et «propos calomnieux», mais qui seront classées sans suite.

2002 : la procédure pour travail clandestin débouche sur un non-lieu et une condamnation des anciennes employées de Ségolène Royal à une amende de 2 000 euros. Evelyne et ses collègues font appel.

2005 : l'amende est annulée. L'accusation de travail clandestin, quant à elle, est rejetée. Insatisfaites de ce demi-succès, les trois plaignantes se pourvoient en cassation.

Le 16 janvier 2007, succès : le jugement est annulé. Vu l'article 455 du nouveau code de procédure civile, la cour «condamne Mme Royal aux dépens» ; et, vu l'article 700, la condamne «à payer à Mme Pathouot la somme de 1 250 euros».

C'est désormais à la Cour d'appel de Rennes de juger l'affaire.

Les informations qui suivent viennent aussi d’un entretien de Madame Pathouot au journal Le Figaro (lien).
E. Pathouot explique pourquoi elle a démissionné : « Je collaborais avec elle à des projets de développement sur le canton dont elle était conseillère générale, les choses se sont gâtées. Son attitude, ses actes, m’ont déplu de plus en plus. Après avoir mis fin à mes fonctions, je me suis rendue compte que les gens ne la connaissaient pas. J’ai eu envie de faire connaître sa personnalité. »
Elle raconte sa déconvenue à la suite de cette démission: «Lorsque j’ai démissionné, j’ai eu, ainsi que deux collègues, un litige avec elle qui portait sur deux à deux mois et demi de salaire non payé, ce qui ne représentait pas une grosse somme. Quelqu’un de raisonnable aurait choisi de négocier pour régler le litige, mais elle a préféré aller en justice. On a tout eu les prud’hommes, le pénal, la cassation ; j’ai été mise en examen, elle a porté plainte contre moi en diffamation… J’ai même été approchée par des personnalités socialistes qui ont fait pression pour que je retire ma plainte. L’affaire dure depuis dix ans. Elle vient d’être renvoyée devant un nouveau tribunal par la cour de cassation.
Elle décrit le caractère de la candidate socialiste :« Son caractère n’est pas facile, elle est dure au travail, c’est vrai mais cela ne m’a jamais choqué. Lorsqu’on travaille avec un élu, il est rare qu’il ne pique pas une colère, et on sait bien qu’on ne rentrera pas tous les soirs à 18 heures. En revanche, c’est quelqu’un de très cyclothymique, en dents de scie. Il m’est arrivé d’avoir des prises de bec avec elle, elle pouvait être très cassante, puis l’instant d’après me rappeler pour me dire «je vous embrasse». C’est quelqu’un qui n’admet pas facilement qu’elle a tort. On peut considérer que cette pugnacité est une qualité, mais souvent elle s’enferre et ne fait rien pour en sortir. »Et la dépeint dans son travail d’élue :« C’est quelqu’un de léger, qui se disperse beaucoup. Je ne l’ai jamais entendu se prononcer sérieusement sur un dossier. Elle travaille beaucoup, mais elle va dans tous les sens. En revanche, elle a l’art de se saisir des causes les plus médiatiques, comme le bizutage ou la pédophilie lorsqu’elle était ministre déléguée à l’Enseignement scolaire. Je ne suis pas étonnée qu’elle fasse des bourdes dans sa campagne. En local, cela lui arrivait aussi, mais elles passaient mieux, ça la rendait presque sympathique. »Elle porte un jugement sur sa campagne :« Je suis très perplexe, j’ai même un peu de compassion. La connaissant, j’ai l’impression qu’elle s’est engagée dans quelque chose qui la dépasse un peu. Elle ne doit pas être au mieux. Elle a profité de l’absence d’une personnalité forte au PS pour s’imposer, notamment parce que c’est une femme, mais je ne sais pas si son pari tiendra. C’est à pile ou face. Les débats participatifs correspondent sûrement à une volonté de l’électorat, alors si sa légèreté n’est pas trop prise en compte, cela peut passer. En revanche, je ne crois pas à son discours. Au niveau de la région, elle n’a jamais mis en application les propositions issues des débats. Et au niveau de son équipe, elle a toujours dirigé seule. »


PaSiDupes s'est abstenu autant que possible de faire des commentaires: les propos recueillis se suffisent à eux-mêmes.

On comprend que des militants socialistes veuillent changer de candidat!...
(lien du blog 'des militants du PS qui souhaitent que Ségolène Royal ne soit plus la candidate du PS!')

samedi 3 février 2007

Royal harcèle son petit personnel.

Un collaborateur a porté plainte contre Royal.
La justice est plus lente qu'en Chine... et Sa Sournoise Majesté Royal ne s'en plaint pas: elle peut continuer d'étaler son sourire figé dans tous les médias, car l'affaire ne risque pas d'être plaidée avant les élections!...
Cette affaire de harcèlement moral, et typiquement Royal, se situe en Poitou-Charentes où la propagande Royal affirme que tout baigne, le peuple est HEU-reux, au point que ce serait un champ d'expériences transférables au pays tout entier... ET pourtant, Olivier Chupin, directeur du Fonds Régional d'Art Contemporain (FRAC), un homme de gauche qui ne convient pas à la maîtresse des lieux, a porté plainte en novembre 2006 pour les humiliations publiques dont il a à souffrir de la présidente locale qui milite méanmoins pour l'"ordre juste" et le "respect", que personne autour d'elle ne voit en oeuvre. En voici la preuve de la malignité de la candidate socialiste:

VOYEZ et ECOUTEZ le plaignant:

Merci à segol-haine