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vendredi 8 mai 2009

Rue89 : information ou militantisme sur les violences à la fac de Lyon 2 ?

Libération prend parti sur son site Internet

A la 13e semaine des perturbations de l’Université par des minorités contre les réformes Pécresse et Darcos, les étudiants, enseignants et personnels de Lyon 2 étaient appelés lundi 4 mai à voter pour ou contre le blocage de l'université Lyon 2, qui dure depuis le 4 mars.
La consultation voulue par le président élu d’université était contestée par les étudiants pro-blocage, pour qui seule une assemblée générale peut décider de la levée ou non de ce blocage. La vérité est tout autre : un vote secret de tous les étudiants serait intolérable à la minorité qui noyaute les AG et impose des votes à main levée sous la pression de réprésailles.
A la suite d'une tentative de fraude au vote, cinq étudiants, dont deux syndicalistes, ont d’ailleurs été arrêtés. Selon plusieurs témoignages choisis, les interpellations auraient été particulièrement violentes.
VOIR et ENTENDRE les interlocuteurs sélectionnés par Libération:

Rien de grave : seulement de l’eau de javel dans les urnes !

Vers 15h00, site des Berges du Rhône, quelques étudiants opposés à la consultation de la présidence investissent le bureau de vote, dans l'intention de le « bordéliser » en vidant de la javel dans les urnes. Rapidement repérés, ils se font appuyer par un groupe plus important qui tente d'entrer par la force dans le bureau. Cris, bousculades, pétards, la confusion est totale. Les vigiles doivent s'interposer.

Deux versions :


  • Selon des bloqueurs-fraudeurs, des vigiles auraient répondu à la tentative de passage en force des étudiants en aspergeant de gaz lacrymogène le visage de certains d'entre eux. Un des étudiants qui voulaient verser de la javel témoigne :
    « Ils se croyaient dans une guerre civile avec leur barricade. Nous, nous étions à l'intérieur, coupés de nos soutiens. Un vigile a alors aspergé de lacrymo le visage d'un copain qui se trouvait à terre. Il n'y a eu ni fumigène, ni pétards à l'intérieur. Finalement, ils ont fini par nous laisser sortir quand une secrétaire asthmatique s'est plaint de ne pouvoir respirer. »
  • Stéphane Nivet, le responsable de la communication de Lyon 2, raconte :
    « J'ai repéré des bloqueurs. Une foule a alors essayé de forcer le passage en cognant au besoin sur les vigiles qui ont répliqué avec les lacrymo. On a essayé de bloquer la porte, mais ils se sont emparés des barrières et les ont retournées contre nous. Le tout en nous aspergeant avec un extincteur et en nous jetant des pétards et des fumigènes.
    On en voyait aussi sur les marches. On s'est dit que ça allait être la même chose. On a pris les isoloirs, les tables et les chaises pour les empêcher de rentrer. C'était violent. Il y a des personnes traumatisées. »
  • Et celle de Rue89/Libération
    Durant la demi-heure de confusion, la présidence de Lyon 2 appelle la police :
    « On ne savait pas qui étaient les meneurs, explique Stéphane Nivet. Les interpellations étaient impossibles. Le président a donc demandé à la police de ne pas entrer à l'intérieur de l'université. » Postée à l'extérieur, la police respecte les consignes du président de l’université et attend que les étudiants sortent afin d'effectuer des interpellations.
    Mais Rue89 commente ainsi: « C'est en tout cas ce que comprennent les étudiants. La suite leur donnera raison. Après s'être réunis dans un amphi, environ 200 étudiants et quelques enseignants décident de sortir groupés pour éviter des arrestations.
    Dans la rue Chevreul, à quelques pas de l'université, ils sont rapidement pris en tenaille par les forces de l'ordre qui procèdent à cinq interpellations. Selon plusieurs témoins, dans des conditions particulièrement violentes. Un pistolet à impulsion électrique, un Taser, aurait notamment été utilisé.
    » Taser contre javel…

    Ces arrestations sont clairement politiques », juge Rue89

    « Il y avait des CRS devant nous, d'autres derrière avec des chiens, explique une étudiante. La BAC était sur le côté. Ils ont fait des percées à grands coups de matraque pour interpeller ceux qu'ils voulaient. Ils les attrapaient, les mettaient à terre puis les traînaient. J'ai même vu une fille se prendre un coup de taser dans le ventre ». Une faible fille, puisqu'on n'a pas d'enfant sous la main à la fac, ça n'impressionne peut-être pas suffisamment, alors c'est le ventre qui est visé ! C'est en tout cas ce qu'elle a vu...

    Camille Hamidi
    , maître de conférence en science politique, participait avec d'autres collègues du même département à une réunion d'information avec des étudiants sur les modalités d'évaluation du semestre. Elle a rapidement été mise au courant de la tournure des événements :
    « On s'est dit qu'il fallait sortir tous ensemble, car la police allait certainement arrêter les militants les plus en vue. C'est ce qui s'est passé. »
    Parmi les personnes arrêtées figurent deux militants du syndicat FSE (majoritaire à Lyon 2), très actifs (!) depuis le début du mouvement.

    L'enseignante, dont Rue89 privilégie le témoignage, a publié quelques ouvrages ou articles, qui donne un aperçu de son engagement, parmi lesquels :
    - « Eléments pour une approche interactionniste de la politisation. Engagement associatif et rapport au politique dans des associations locales issues de l’immigration » (février 2006) ;
    - La société civile dans les cités. Engagement associatif et politisation dans des associations de quartier ( 2009) ;
    - « Les raisons de l’engagement associatif. Le cas de trois associations issues de l’immigration maghrébine », oct.-déc. 2002.

    Libération laisse la parole à Camille Hamidi qui poursuit :
    « Ces arrestations sont clairement politiques puisque ces deux étudiants étaient présents à la réunion d'information. Ils n'ont donc pas pu participer à l'action ! [Faux témoignage ?] En tant que membre de la liste “Pour une Autre Université” (PAU), j'étais favorable au boycott du vote de la présidence, en estimant qu'il y avait d'autres questions à poser que celle portant sur le blocage et que cette consultation ne faisait que casser le mouvement et attiser les tensions. Les problèmes étaient courus d'avance. »

    Les soutiens du mouvement sont-ils des modérés ?

    Dans un communiqué, plusieurs organisations manipulatrices de chlore (?), dont l'UNEF, la FSE, SUD et le PCF condamnent « les violences auxquels se sont livrés les vigiles, en perdant leur sang froid [appréciation subjective...], et les violences policières [qui manipulaient l'eau de javel ?], ainsi que les arrestations préméditées » [maintien de l'ordre avec préméditation !].

    La FSE, des démocrates?
    Dans un souci louable d’information, Rue89 (Libération), ne nous précise pas que la dame qui s’exprime longuement est membre de Pour une autre Université, collectif des personnels mobilisés de Lyon 2 .
    La FSE (Fédération syndicale étudiante) se revendique du syndicalisme de lutte et non pas de négociation, pas plus que SUD. Elle cherche d’ailleurs à favoriser les convergences syndicales, ce qui explique qu'elle co-signe certains de ses tracts avec un nombre restreint d'organisations étudiantes, mais toujours avec SUD Étudiant. En septembre 2005, la FSE a lancé au niveau national le "processus de fusion du syndicalisme de lutte" visant à rassembler l'ensemble des syndicalistes de lutte (militants de SUD Étudiant, de la TTE-UNEF, de la CNT-FAU, de syndicats locaux comme l'AGEN) dans une nouvelle organisation. Divers journaux comme Le Monde ou Le Figaro, dans des articles sur les mouvements étudiants, classent la Fédération syndicale étudiante et plusieurs autres organisations impliquées comme appartenant ou étant proche de l'extrême gauche ! N’est-ce pas bien peu dire ?
    Si la FSE n'est pas un syndicat représentatif dans le monde étudiant, puisqu’elle ne dispose d'aucun d'élu au sein du CNOUS ou du CNESER, elle l’est toutefois assez pour Libération et Rue89…

    La présidence de Lyon 2 a décidé la fermeture administrative du site des Berges du Rhône en tenant compte de « graves violences ».

    Le 6 mai sur France Inter, dans un débat avec Isabele This ('sauveteur' de Sauvons la Recherche), le Président de la CPU, Louis Collet, appelait à "la reprise des cours" et rappelait que la CPU demande "un réel report" de la réforme des IUFM. Il souhaite que, pour l'année transitoire, "l'année de stage soit maintenue immédiatement, et non pas une année après le concours sous prétexte qu'il (le jeune enseignant) doit préparer un Master".

    Rappel des violences à Lyon2
    :
    lien Jeunes Populaires
  • jeudi 2 avril 2009

    Formation des enseignants: étalement de la réforme jusqu'à 2011

    Confirmation de stages pour les deux premières années de master...
    Malgré des avancées

    La réforme de la formation des enseignants du premier et second degrés cristallisait les
    mécontentements dans le monde conservateur de l'Education
    , depuis la maternelle jusqu'aux universités. Nombre d'acteurs ont demandé le report d'un an de sa mise en oeuvre et l'ouverture de négociations.

    Le 13 mars dernier, au lendemain d'une
    énième journée de mobilisation massive dans le monde de l'éducation, on disait les deux ministres prêts à faire un geste.
    Depuis une quinzaine de jours, on sait que les ministres en charge du système éducatif et de la recherche de la maternelle à l’université ont pris en compte les revendications, mais ils n’ont pas été entendus des extrémistes de ce jeudi 2 avril qui maintiennent les manifestations prévues.

    Les syndicats veulent ignorer le communiqué commun de V.Pécresse et X. Darcos

    La
    réforme de la formation des enseignants aura bien lieu. Elle prendra toutefois un «caractère transitoire» en 2009-2010 et verra son «aboutissement à l'occasion des concours 2011». Les syndicats reprochaient en effet la suppression de l'année de stage prévue dans la réforme. La mise en œuvre de la mesure n'est donc pas reportée, mais étalée, pour permettre aux étudiants d’en prendre connaissance et de s’adapter à leur époque..=> Comme annoncé, les étudiants en master 1 et 2 bénéficieront d'un dispositif de stages afin de «permettre une préparation progressive à l'exercice du métier d'enseignant».
    Bourses et stages rémunérés ne satisfont pas les bloqueurs


    Rémunérations

  • En master 1, les étudiants pourront bénéficier de ces stages «d'observation et de pratique accompagnée» de 108 heures.
  • En master 2, les stages «en responsabilité», de même durée, seront rémunérés à hauteur de 3.000 euros au total et seront proposés à 50.000 étudiants.
  • Par ailleurs 12.000 bourses pouvant atteindre 2.500 euros seront attribuées, au mérite, pour l'année de master 2.
  • Malgré tout cela, les syndicats continuent à manifester et perturber l’activité universitaire

    Des enseignants-chercheurs, à l’origine de ces actions revendicatrices, appellent à la reprise des cours là où ils sont empêchés.

    Les enseignants-chercheurs de la faculté de lettres et sciences humaines à Aix-Schuman (Université de Provence) ont cosigné ce matin un communiqué dans lequel ils disent avoir "décidé de tourner la page". "Le gouvernement a répondu à une série des préoccupations qui se sont exprimées dans la communauté universitaire, expliquent-ils. " Il est temps pour nous de retrouver la voie de la raison, il en va de la crédibilité de notre université ainsi que des obligations juridiques et morales envers nos étudiants", pour lesquels, privés de cours depuis plus de huit semaines, "la situation est tout à fait récupérable dès lors que les rattrapages se mettent en place à partir de cette semaine". (La Provence, le 1er avril 2009)


    C’était un poisson d’avril ! Au troisième mois de grèves et de blocages, le sujet n’est-il donc pas aussi grave qu’il y paraît ?

    => Dans un texte adopté à l'unanimité en assemblée plénière, la Conférence des présidents d'université (CPU) stipule, jeudi 26 mars, que "les enseignements doivent reprendre" et que l'organisation des examens doit être mise en oeuvre dans les établissements universitaires "perturbés".
    La CPU "prend acte (...) de l'évolution concrète (...) de tous les sujets qui sont à l'origine des mouvements actuels", écrit-elle, dans ce texte conclut lors de son colloque annuel qui se tient à Brest depuis mercredi et jusqu'à vendredi. » (Lire plus : Nouvel Observateur)
    Les manifestations du jeudi 2 avril sont-elles justifiées ?

    jeudi 12 février 2009

    Nicolas Sarkozy aurait troublé la béatitude des chercheurs français

    La vérité dérange les chercheurs qui cultivent l’autosatisfaction

    Avons-nous les moyens de nos illusions ?

    Le 22 janvier, lors du lancement de la réflexion pour une Stratégie Nationale de Recherche et d'Innovation, le Chef de l’Etat avait notamment observé que les chercheurs français étaient peu productifs.
    "Certes, nos meilleurs chercheurs obtiennent des récompenses prestigieuses (...) mais ces admirables chercheurs et ces points forts ne sont-ils pas l'arbre qui cache la forêt?", s'était-il interrogé. Le président avait également remercié ses interlocuteurs d'être venus, ironisant sur leur présence, en témoignage de leurs sympathies: "il y a de la lumière, c'est chauffé".

    Les chercheurs se donnent de mauvaises raisons

    -> « C'est un discours avec des propos pour le moins malencontreux, et c'est un discours qui a été très mal vécu par l'ensemble de la communauté », s’est plaint le président de la Conférence des présidents d'université (CPU), Lionel Collet sur …France-Info. Et de poursuivre: « Une des raisons pour lesquelles la communauté est aussi remontée actuellement, c'est parce qu'elle ne se sent pas considérée par la plus haute autorité de la République. »
    L’incapacité des chercheurs à se remettre en cause perce dans la déclaration de Lionel Collet, qui ne s’interroge pas sur le bien-fondé de cette observation.

    -> Très critiques, les chercheurs n’acceptent que les éloges
  • La réforme serait-elle moins irritante que les blessures d’amour propre ?
    Il semblerait que la réforme des universités perturberait moins nos intellectuels que la vérité crue. Lionel Collet ne réclame plus davantage de crédits, mais se place sur le terrain subjectif de la considération, quel que soit l’effort de la nation pour sa recherche et les résultats obtenus par ses chercheurs.
    La colère de la communauté universitaire serait due en effet aux propos du Président de la République le 22 janvier, à qui elle conteste le droit de souligner qu'"à budget comparable, un chercheur français publie de 30 à 50% moins qu'un chercheur britannique". Le ‘monarque’ serait-il coupable de lèse-majesté ?
  • Le chef de l'Etat qui s'exprimait devant les présidents d'université et des directeurs de grandes écoles avait eu l’outrecuidance de faire observer aux responsables que "nous ne sommes pas aujourd'hui dans le peloton de tête des pays industrialisés pour la recherche et l'innovation", ce qui est vérifiable. Plus que la déclaration, c'est la réalité qui est scandaleuse.
  • Mais où sont les responsables des universités ?
    Comme un jeune des quartiers, le président de la Conférence des présidents d'université (CPU), pris en défaut, prétend que son interlocuteur lui parle mal, qu’il lui manque de respect. Le respect ne se mérite-t-il donc pas ? Certes, n'importe quel prétexte subjectif peut faire l'affaire et celui-ci est très mode. Il évite d’aborder le fond du problème et de creuser le sujet. Le blocage du raisonnement (et par conséquent de la discussion) par de prétendus ‘sentiments’ bafoués est une technique fort répandue dans une opposition démunie en arguments objectifs, factuels.

    De plus, bien que le mouvement contestataire ait été engagé antérieurement au 22 janvier, Lionel Collet assure que la grogne universitaire dériverait de ce sentiment adolescent d’être mal aimés.
    Jeudi, plongée dans un psycho-drame infantile, la CPU a réclamé "une meilleure prise en considération des résultats de la recherche française et de la compétence de ceux qui la font, dans les prises de positions publiques des plus hautes autorités de la République".
    Quels que soient les résultats ?
    « Peut mieux faire », l’appréciation des bulletins scolaires, est aujourd’hui bannie des écoles. Tout aussi mûrs, nos chercheurs ne veulent pas entendre parler de mérite ou de rentabilité: la crise ne leur crée aucun devoir ! Ils attendent seulement des Français qu’ils leur disent, "c'est très bien! ", et à l'extrême rigueur, « c’est déjà pas mal ! » et « c’est pas grave ! »…
    C'est que c'est fragile, un chercheur adulte...

    Est-il en revanche permis à l’élu du suffrage universel de veiller au bon usage des deniers de l’Etat ?
  • mercredi 4 juillet 2007

    Avant-projet de loi sur les Universités : rallonge de crédits

    Les étudiants et syndicats seront-ils enfin satisfaits ?
    5 milliards d'euros supplémentaires d'ici 2012 aux universités, à la veille de la présentation en Conseil des ministres du projet de loi de Valérie Pécresse sur l'autonomie de celles-ci.
    Les représentants de la communauté universitaire interrogés ont diversement accueilli cette annonce, certains exprimant certes leur satisfaction, mais d'autres estimant que "ce ne serait pas suffisant" et déplorant que de nouveaux moyens ne soient pas envisagés dès la rentrée de septembre.
    Tout, tout de suite ! Telle est l’exigence de ceux qui ne sont pas producteurs de richesse et ignorent tout de la façon de faire de l’argent. Lors de son discours de politique générale, François Fillon a pourtant confirmé cette "priorité" du gouvernement. Cela au moment où est présenté aujourd’hui mercredi l'avant-projet de loi sur l'autonomie des universités par la ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse. Celui-ci prévoit que "dans un délai de cinq ans", toutes les universités acquièrent de nouvelles compétences, notamment la totale gestion du budget, des ressources humaines et la possibilité de devenir propriétaire de leurs biens mobiliers ou immobiliers.

    Interrogé sur ces 5 milliards d'euros, Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, fédération dominante de l'Education, y a certes vu "un progrès", mais a regretté que le Premier ministre n'ait pas annoncé de nouveaux moyens pour la prochaine rentrée, à travers un "collectif budgétaire".
    En outre s'est-il demandé, "sous quelle forme cet argent sera-t-il distribué? A qui?", a-t-il demandé, déplorant l'absence de réponse à cette question. La question est aussi de savoir COMMENT cette somme sera dépensée: ce n'est pas u n souci pour la FSU; seulement pour le contribuable.
    Pour les étudiants de l'UNEF, "5 milliards d'euro sur 5 ans, c'est plutôt positif, mais ça reste insuffisant, c'est notamment en dessous des 3% du PIB que consacrent nos pays voisins à l'enseignement supérieur", a expliqué l'éternel étudiant, Bruno Julliard. "Nous serons très vigilants sur leur répartition", a-t-il ajouté, défiant, exigeant que l'argent ne serve pas à financer "les exonérations fiscales d'entreprises qui passeraient des contrats avec les facs". Nous partons sur de bonnes bases: tant de bonne volonté laisse pantois!

    En revanche, le premier vice-président de la Conférence des présidents d'université (CPU), Jean-Pierre Finance, s'est montré satisfait: "On a toujours dit que le passage à l'autonomie, le fait d'acquérir de nouvelles compétences et les futurs chantiers (réussite en premier cycle, conditions de vie des étudiants etc., ) nécessitaient un renforcement financier", a-t-il dit. Sans compter que l'autonomie des universités peut enfin se faire: lontemps réclamée, elle arrive sans qu'aucun acteur universitaire ne la salue... "Nous allons rebâtir l'université française", a par ailleurs souligné le Premier ministre. Il a aussi fait observé qu'était engagée une "concertation de fond (...) sur les conditions de vie et de travail des étudiants". Hollande ne s'est pas fait encore entendre, mais bon... Ce sera sans surprise: il a pourtant promis une opposition constructive!

    Comment peut-on avoir une analyse à ce point différente, selon que l’on est syndicat ou gestionnaire. Le CPU n’a pas oublié quelles étaient ses revendications et salue l’effort de la collectivité en faveur de son Université. Et pourquoi le secrétaire général à la triste figure de la FSU n’y voit-il pas ‘une avancée’, comme il l’affirma au moment où la réforme du régime des retraites des enseignants était engagé tambour battant, sans délai ni précaution, ni progressivité raisonnable : le contrat signé par les enseignants avec l’Etat à leur entrée dans la carrière avait été brutalement modifié avant son terme.

    Attentif à son interlocuteur étudiant, François Fillon a également déclaré que le gouvernement voulait "tendre vers 3%" du PIB consacrés à la recherche et a rappelé l'objectif que "50% des jeunes" décrochent un diplôme de l'Enseignement supérieur, comme il l'avait inscrit dans sa loi sur l'Ecole en 2005. 50% à tout prix ? Comme les 85% du bac ?
    Vaille que vaille, sans dévalorisation ?
    Il va falloir nier l’évidence…