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vendredi 13 avril 2018

Réforme de l'université: intervention policière à la Sorbonne contre les "professionnels du désordre"

La police a délogé les "agitateurs professionnels", selon les termes de Macron

Les forces de l'ordre ont investi la Sorbonne jeudi soir pour évacuer des étudiants radicalisés

Les protestataires s'opposent à la réforme de l'accès à l'enseignement supérieur.
Selon le cabinet du recteur de l'université, les étudiants réunis en assemblée générale avaient voté "l'occupation" du site et "après trois heures de négociations infructueuses" avec eux, le recteur a requis "à regret" l'intervention des forces de l'ordre dans ce haut-lieu de la contestation estudiantine en mai 68, a demandé l'intervention de la police.

"Environ 200 étudiants [sur 12.000 étudiants inscrits et chercheurs en 2015] qui se trouvaient à la Sorbonne depuis le milieu de l'après-midi votaient une 'occupation' et refusaient de quitter les lieux", a indiqué la préfecture de police de Paris (PP) dans un communiqué. "L"évacuation, qui a concerné 191 personnes, s'est déroulée dans le calme et sans aucune incident", a ajouté la PP.

La Sorbonne a ensuite indiqué que "pour des raisons de sécurité, la Sorbonne sera fermée vendredi et samedi" et la majorité des étudiants empêchés d'étudier au moment des partiels.

Un mouvement étudiant en convergence sociale avec les cheminots

La réforme de l'accès à l'université, qui s'apparente selon ses détracteurs à une "sélection" en raison du classement des candidatures des bacheliers, crée des perturbations dans un nombre grandissant d'universités parisiennes et en régions, depuis des semaines, voire des mois.

A Paris-Tolbiac, occupée depuis fin mars, le président de l'université Panthéon-Sorbonne avait demandé mercredi l'intervention de la police, mais la préfecture n'avait pas donné suite à cette demande. Jeudi soir, des forces de l'ordre étaient présentes à l'extérieur de l'université. Elles ont quitté les lieux vers 23h30, sous les huées de quelque 200 personnes. 
L'AFP donne la parole à une 'agitatrice professionnelle' anonyme qui raconte sa bataille de Tolbiac (496-2018). Installée dans le site de Tolbiac (Centre Pierre-Mendès-France, annexe de l'université Paris-1 Panthéon-Sorbonne) depuis une semaine, elle rapporte que "dans la soirée, les flics sont arrivés et ont encerclé Tolbiac. Ils se sont rapprochés (des grilles) et au bout d'un moment sont repartis". Cette étudiante en histoire a ajouté: "On a va rester ici parce qu'on veut que le gouvernement nous entende. Les gens sont en colère, on le voit partout".

L'analyse de la situation par Macron, président de l'ordre

Une dizaine d'universités sont bloquées par des "agitateurs professionnels", a estimé jeudi Emmanuel Macron en conseillant paternellement aux étudiants de réviser leurs examens, qui ne seront pas "en chocolat".

Selon le dernier décompte du ministère de l'Enseignement supérieur, quatre universités sont entièrement bloquées ou fermées: Jean-Jaurès à Toulouse, Paul-Valéry à Montpellier, Rennes-2 et Paris-8 ('Université Vincennes à Saint-Denis').
 
Onze autres sites sont perturbés ou bloqués, en fonction des fluctuations du jour.
"Il y a très peu d'universités qui sont occupées", a estimé Emmanuel Macron lors de son entretien télévisé à TF1. "Qu'il y ait du débat, c'est une très bonne chose", a-t-il ironisé. "Je constate quand même que dans beaucoup d'universités occupées, ce ne sont pas des étudiants mais des agitateurs professionnels, les professionnels du désordre", qu'il ne nomme pas, mais qui sont à l'initiative des blocages. Une évocation troublante, dans une école élémentaire, singulièrement après celle de la guerre en Syrie.

Mercredi, Macron avait déjà dénoncé "des mobilisations violentes qui cherchent la convergence des luttes".

A l'université Paul Valéry de Montpellier, bloquée depuis deux mois (mi-février), personnels et enseignants ont fait front jeudi face aux étudiants opposés à la loi Vidal dans une ambiance houleuse. Les examens dématérialisés - via la plateforme numérique Moodle - qui étaient prévus "sont suspendus" après le "sabotage" mercredi de la salle des serveurs, a annoncé le président de l'université, Patrick Gilli, Professeur d'Histoire médiévale, alors que le président de la faculté de Droit est tracassé par des "agitateurs professionnels" qui se plaignent de son opposition au désordre créé dans ses locaux par des agitateurs venus de la fac de Lettres.

A Marseille, pour la première fois depuis le début du mouvement, la faculté des sciences était totalement bloquée jeudi matin par des étudiants qui empêchaient toute entrée dans l'université. "Les étudiants ont annoncé un blocage pour 24 heures, jusqu'à vendredi matin", a indiqué la doyenne de la faculté Saint-Charles, Laurence Mouret. 

A Nanterre, une assemblée générale a voté de nouveau le blocage de la fac jusqu'à mardi prochain. Ils ont appelé à une validation du second trimestre avec une moyenne de 15/20 pour tous. 
"Les étudiants, s'ils veulent avoir leurs examens en fin d'année, c'est mieux de les réviser", a sermonné le quadra paternaliste, parce qu'"il n'y aura pas d'examen en chocolat dans la République", a-t-il mis en garde.


A Nantes, environ 500 étudiants et lycéens ont aussi manifesté jeudi dans le centre-ville.

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