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mercredi 11 avril 2018

François Hollande exécute Emmanuel Macron dans un livre

Enquête sur une affaire de parricide politique

Histoire d'un 'tueur du père' qui se fait assassiner

François Hollande refuse de rendre son dernier soupir politique sans un râle rageur. 
Il publie donc mercredi un bouquin intitulé "Les leçons du pouvoir" où, sur plus de 400 pages, il exécute son successeur, serpent qu'il a réchauffé dans son sein.
L'ancien chef de l'Etat y parle beaucoup de lui-même, mais le long bilan qu'il dresse de son quinquennat est l'occasion de planter un bon nombre de banderilles dans le président en exercice et de prendre position sur plusieurs sujets d'actualité, quand tant d'autres préfèrent se faire oublier dans une ONG. Duflot est allée squatter Oxfam et Ségolène Royal tente de fonder sa propre organisation non gouvernementale, tandis que Sapin rôde aux confins du monde politique et que Cazeneuve s'est fondu dans la nature et l'oubli.

Hollande porte la parole partout où Macron n'est pas.
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L'opération marketing mise sur pieds pour cette sortie a prévu un plan media lourd : entretien avec l'hebdomadaire L'Obs, propriété du Groupe Le Monde (Xavier Niel et Matthieu Pigasse) et du Groupe Perdriel, les sanisettes), et la réquisition du service public que Macron néglige au profit de TF1 et du groupe BFM. Il ira sur les chaînes boudées par son successeur, le JT de 20h sur France 2, la matinale de France Inter et France 5 (C à Vous)... Pour les Français, un rude moment à passer, puisqu'il ne sauront plus vers qu'elle chaîne se tourner pour oublier leurs tracas.

Hollande accuse notamment les réformes de Macron de "creuser les inégalités".
Hollande dénonce la politique fiscale de son ancien ministre de l'Economie, dans son livre, cette fois. 
"Mes gouvernements réduisaient les inégalités. Celui-là les creuse", attaque l'ancien président, après avoir déjà critiqué, à Angoulême au mois d'août, les "sacrifices inutiles" demandés aux Français et, à Séoul en octobre, la réforme de l'impôt sur la fortune.

A son ancien conseiller à l'Elysée, Hollande reproche aussi, pêle-mêle, 
le recours aux ordonnances, qui "traduisent l'abandon par le Parlement de ses prérogatives"; 
la mise à l'écart des syndicats dans les TPE, "laissant les salariés seuls face à leurs employeurs"; 
la suppression du secrétariat d'Etat aux victimes; 
la définition d'un statut pour la première dame (non élue).

Hollande désapprouve l'introduction d'un peu de proportionnelle 
Dans son interview à L'Obs comme auprès de France 2, Hollande a enfoncé le clou. "Mon expérience m'a prouvé que chaque fois que j'ai pu engager une concertation et négocier, j'ai réussi à réformer. Chaque fois que j'ai voulu aller trop vite ou trop brutalement, je n'ai pas été compris. La négociation prend plus de temps, mais elle produit des résultats plus solides", a-t-il taclé, sans considération du moment choisi pour faire entendre sa voix, alors que Macron affronte une conjonction de mouvements sociaux.
Sur la réforme institutionnelle envisagée par Macron, son ex-mentor estime qu'un peu de proportionnelle "priverait le chef de l'État d'un appui solide pour mener ses réformes".
Quant à la diminution du nombre de parlementaires, elle aurait "comme conséquence d'éloigner le député de ses électeurs," souligne Hollande.

Hollande, donneur de leçons

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Invité à réagir d'abord à l'actualité, mardi soir - justement sur France 2 - et donc à l'attaque chimique imputée au régime de Bachar al-Assad, Hollande estime que "la seule réaction possible (est) une frappe" aérienne, car il a la conviction qu'il y a "eu une nouvelle utilisation des armes chimiques".

Hollande met aussi en garde son ancien protégé contre un excès d'assurance, en particulier à l'international. "Pour lui, une volonté clairement affirmée et beaucoup de séduction pourvoient à tout. C'est sa méthode".
"Si on veut supprimer le statut des cheminots, on ne le fera pas sans la négociation et sans une convention collective pour tous les salariés du secteur ferroviaire qui soit au même niveau que leur statut actuel", a-t-il conseillé sur France 2.

L'ancien président de la République prend position sur d'autres réformes en cours ou à venir.
Il se dit favorable à l'euthanasie et à l'extension de la procréation médicale assistée (PMA) pour les couples de femmes. "La réforme de la PMA se fera", prédit-il.

De manière plus générale, Hollande prend ses distances avec l'effacement du clivage droite/gauche théorisé par Macron. Certains pensent que la gauche "professe une idéologie dépassée, que d'autres clivages dominent, que tout se réduit finalement à une lutte entre les tenants de l'ouverture et les partisans du repli. C'est une caricature", assène-t-il.

Hollande se dit vaincu par traîtrise

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A mots couverts, il accuse Macron de l'avoir trahi dans l'ombre. "J'ai toujours admis la compétition politique. Mais je pense qu'elle doit se livrer au grand jour et s'assumer franchement. Convenons que ce ne fut pas le cas".

En quelques formules bien senties, l'ancien chef de l'Etat règle aussi ses comptes avec d'anciens ténors du PS.
Martine Aubry, qui l'aurait assuré de son "soutien" en juin 2016, mais est restée muette, 
Arnaud Montebourg et Benoît Hamon qui, en poursuivant la "chimère" d'une réécriture des traités européens, "ont fait sombrer leur famille politique", et "ouvert à Jean-Luc Mélenchon un espace dans lequel il a constitué une force qui, si elle devenait dominante à gauche, interdirait le retour de la social-démocratie aux responsabilités".

mardi 10 avril 2018

Juliette Méadel, chassée du PS pour infidélité

Elle était à fond pour Hollande et maintenant pour Macron...

L'ancienne ministre n'a pas pu voter lors du congrès du PS, samedi dernier.

"C'est un divorce par "consentement mutuel", raconte-t-elle, avec aigreurs. L'ancienne secrétaire d'Etat à l'Aide aux victimes, Juliette Méadel, a annoncé, à ceux que ça intéresserait, mardi 10 avril sur franceinfo, qu'elle a appris sa radiation du Parti socialiste, à sa grande surprise, au moment de voter lors du 78e congrès, les 7 et 8 avril derniers. 

C'est pourtant dès février 2018 qu'elle a été radiée du PS par le bureau fédéral des adhésions de la fédération de Seine-et-Marne, en raison de son soutien affiché à La République en marche ! avant la dernière élection présidentielle, alors qu'elle appartenait encore au gouvernement de Hollande.

"Je suis socialiste, mais je ne suis plus membre du PS. J'en ai été radiée", a-t-elle fait savoir à la planète, précisant qu'ainsi elle n'a pas pu participer à l'élection du secrétaire général du parti. Elle avait été secrétaire nationale à l'Industrie, au Numérique et à l'Économie sociale et solidaire en août 2014.
"J'ai décidé de ne pas faire de recours. C'est un divorce par consentement mutuel", a-t-elle ajouté. "Ça s'est passé au moment du congrès. Mon secrétaire de section m'a dit que je ne pouvais pas voter. Donc, j'ai été radiée du Parti socialiste", a insisté celle qui fut ...porte-parole du parti (2014-2016) !

Le Parti socialiste continuera sans elle

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"Je continuerai à défendre les idées socialistes et je serai aussi cette héritière de la gauche de gouvernement dans laquelle je crois", a estimé celle, à bonne école, qui fut membre de l'équipe de campagne de Ségolène Royal pour l'élection présidentielle de 2007.

Samedi dernier, Olivier Faure est officiellement devenu samedi le 13e premier secrétaire du PS, avec 48,37% des voix, lors d'un congrès à Aubervilliers en région parisienne.

Secrétaire d'État à l'aide aux victimes pendant une année (février 2016-mai 2017) et fille de l'ancien directeur de cabinet d'Edith Cresson à Matignon, Juliette Méadel est aujourd'hui membre d'un groupe de travail désigné par l'Élysée de définir les contours du futur service national universel.

Le prince héritier saoudien sous le coup d'une plainte en France

En visite en France, le Saoudien retourne au bled 'fissa', ce jour...

Une association yéménite accuse le prince d'exactions dans le cadre de l'intervention militaire saoudienne contre les rebelles houthis.

Etreinte de Macron avec le prince saoudien, tortionnaire présumé
Alors que le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane est en visite officielle en France depuis dimanche, l'hôte de Macron fait l'objet d'une plainte déposée en France pour "complicité d'actes de torture", rapporte franceinfo mardi 10 avril. La plainte avec constitution de partie civile a été enregistrée lundi par les magistrats du pôle spécialisé sur les crimes de guerre du tribunal de Grande instance de Paris.

L'avocat pénaliste français Joseph Breham, qui représente l'association yéménite de défense des Droits de l'homme, est à l'origine de la plainte, précise franceinfo.
Image associée
Visite du Louvre par le prince héritier saoudien
Mohammed ben Salmane, escorté de Macron,
malgré la plainte pour torture, le 9 avril 2018
Selon lui, Mohammed ben Salmane s'est rendu responsable de "complicité d'actes de torture" dans le cadre de l'action de la coalition militaire menée par l'Arabie saoudite contre les rebelles houthis au Yémen. Cette guerre a fait près de 10.000 morts depuis 2015, dont des milliers de civils, et provoqué ce que l'ONU qualifie de "pire crise humanitaire du monde".

Résultat de recherche d'images pour "Macron Salmane"Le texte de la plainte accuse Ryad d'avoir "sciemment" attaqué des cibles civiles, notamment avec des frappes aériennes visant des camps de déplacés, des marchés, des hôpitaux... 
La plainte évoque également l'utilisation d'armes à sous-munition, interdites par une convention internationale, que l'Arabie saoudite n'a cependant pas signée. 
La plainte évoque enfin 18 centres de détention clandestins, "dirigés par les Émirats arabes unis ou par des forces yéménites".

Macron a-t-il évoqué cette accusation avec le prince ?

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La France, qui a ratifié la Convention contre la torture, a le droit et le devoir d'enquêter sur toute personne soupçonnée de ce type de crimes présente sur son territoire, rappelle Joseph Breham.

Mohammed ben Salmane achève mardi sa visite officielle en France par une rencontre et un dîner avec le président Emmanuel Macron, qui souhaite définir un nouveau cadre stratégique pour sa relation avec cet acteur important au Proche-Orient.  
Saad Hariri, Mohammed VI et Mohammed Ben Salmane, à Paris
Macron a associé Saad Hariri, premier ministre libanais, aux discussions, lundi 9 avril à 18h, avant le dîner officiel. Les trois hommes devaient notamment évoquer "la stabilité du Moyen-Orient, la lutte contre le terrorisme et les coopérations économiques et culturelles", ont fait savoir les services de la présidence française." 

Quelques heures auparavant, Emmanuel Macron avait reçu le roi du Maroc, Mohammed VI, comme le montre le 'selfie' ci-dessus réunissant symboliquement  Saad Hariri, Mohammed VI et Mohammed Ben Salmane, un cliché mis en ligne par le Liban le 9 avril, peu avant minuit. Les trois hommes sont au restaurant deux étoiles de l’hôtel La Réserve, 'Le Gabriel', un hôtel 5 étoiles Luxe dans le VIIIe arrondissement, selon une source marocaine bien informée.



Macron et Salmane, qui ont déjà dîné ensemble dimanche au musée du Louvre, s'exprimeront devant la presse en fin d'après-midi au palais de l'Elysée, avant un repas officiel qui marquera la fin de trois jours de visite princière placée sous le signe de la diplomatie, de la culture, et assez peu d'économie.

Nouvelle grève de la fonction publique, le mardi 22 mai : convergence sociale ?

Sept syndicats de la fonction publique dénoncent le projet de réforme et appellent à défendre leur pouvoir d'achat

Déjà à l'origine de la manifestation nationale des fonctionnaires le 22 mars, 
sept organisations syndicales de la Fonction publique ont lancé un appel, le mardi 10 avril, à une nouvelle journée de mobilisation le mardi 22 mai.

La CGT (communiste), FA-FPT (Fédération autonome de la fonction publique territoriale), FO (socialistes, infiltrés d'éléments d'extrême gauche), FSU (socialiste ou communiste, selon la fédération), Solidaires (révolutionnaires trotskistes) la CFTC (réformistes) et les cadres de la CFE-CGC,  dénoncent le projet de réforme de la fonction publique, comme en mars.  L'ensemble des organisations syndicales, mis à part la CFDT fonction publique qui préfère attendre l'issue des discussions avec le gouvernement, dénoncent une absence de dialogue.

Ils appellent à défendre leur pouvoir d'achat

Le gouvernement prévoit la suppression de 120.000 fonctionnaires, d'ici la fin du quinquennat, dans le cadre de son projet de réforme plan Action publique 2022. 
Alain Juppé a affirmé en novembre 2016 que "150.000 emplois [de fonctionnaires] avaient été supprimés avant 2012" et que depuis (Hollande) 60.000 autres avaient été créés. Juppé se fondait en fait sur les objectifs du gouvernement de l’époque et les projets de lois de finances qu’il a successivement voté, mais tous n’ont pas été exécuté :les départs en retraite anticipés ont été parfois moins important que prévus, on n’a pas pu appliquer la règle du un sur deux, et puis parce qu’il y a aussi eu quelques recrutements au ministère de la Justice notamment, ou à la Recherche. Le challenger de la primaire de la droite affirmait que la proposition de son concurrent de supprimer 500.000 postes de fonctionnaires n’était pas crédible: lui, il fixait un objectif plus modeste de 300.000, basé sur l’expérience.Mais Juppé oubliait juste les fonctions publiques territoriales et hospitalières, dont les effectifs ont régulièrement augmenté de 2007 à 2012: 200.000 postes en plus sous le mandat de Nicolas Sarkozy.
Le pouvoir macronien promet aussi de "dynamiser" le dialogue social en touchant aux instances représentatives du personnel, mais que peut-on attendre - en matière de 'dialogue social' - d'un président qui a recouru aux ordonnances,  contournant  le Parlement sur la Loi Travail, et qui promet d'y recourir encore à chaque fois que besoin, de développer le recours aux contractuels, d'introduire une rémunération au mérite et d'imposer la mobilité aux fonctionnaires, en mettant notamment en place un plan de départs volontaires.

Macron dialogue avec Plenel, accusé de s'être déclaré solidaire des terroristes des Jeux olympiques de Munich ?

Edwy Plenel, rattrapé par ses propos  dans la revue "Rouge"

Edwy Plenel a appelé à "défendre inconditionnellement" les militants terroristes de l'organisation palestinienne 'Septembre Noir'

Alors que les terroristes venait d'assassiner onze membres de l'équipe olympique israélienne lors d'une prise d'otage pendant les Jeux Olympiques de Munich, le trotskiste Plenel avait applaudi dans un texte de 1972, publié dans 'Rouge', l'hebdomadaire de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR),  en ces termes :
"L'action de Septembre Noir a fait éclater la mascarade olympique, a bouleversé les arrangements à l'amiable que les réactionnaires arabes s'apprêtaient à conclure avec Israël (...) Aucun révolutionnaire ne peut se désolidariser de Septembre Noir. Nous devons défendre inconditionnellement face à la répression les militants de cette organisation (...) A Munich, la fin si tragique, selon les philistins de tous poils qui ne disent mot de l'assassinat des militants palestiniens, a été voulue et provoquée par les puissances impérialistes et particulièrement Israël. Il fut froidement décidé d'aller au carnage".
Signés Joseph Krasny, nom de plume de Plenel dans Rouge, ces propos  ressortent quarante ans plus tard et ne sont pas connus des jeunes qui défilent, bloquent et saccagent. C'est en 2008 dans 'Enquête sur Edwy Plenel', écrit par le journaliste Laurent Huberson, qu'ils sont pour la première fois exhumés. Quasiment un chapitre est consacré à l'anticolonialisme, l'antiracisme et l'antisionisme radical du jeune militant Plenel. C'est dans ces pages que sont retranscrites ces lignes.

Qu'elles figurent aujourd'hui en bonne place sur la page Wikipedia du journaliste ne banalise en rien la gravité des propos du révolutionnaire que Macron a choisi pour interlocuteur.
Jeter l'opprobre sur des sites et comptes taxés de "proches de l'extrême droite" ajoute encore à l'infamie des supporteurs du trotskistes. Libération n'hésite pas à choisir ses cibles...
Ce 3 avril, Gilles-William Goldnadel, avocat, longtemps chroniqueur au pas moins respectable (que Mediapart) 'Valeurs Actuelles', qui officie aujourd'hui sur C8 dans l'émission de Thierry Ardisson 'Les Terriens du Dimanche', a interpellé le co-fondateur de Mediapart sur Twitter : 
"Bonsoir Edwy Plenel, c'est pour une enquête de la France Libre [la webtélé de droite lancée par l'avocat début 2018]. Pourriez-vous s'il vous plaît confirmer ou infirmer les infos qui circulent selon lesquelles vous auriez sous l'alias de Krasny féliciter dans Rouge Septembre Noir ?".
"Ce texte exprime une position que je récuse fermement aujourd’hui," se défend le révolutionnaire embourgeoisé

Plenel n'a pas répondu à Goldnadel sur Twitter. Mais contacté par CheckNews, Libération. Pour Laurent Mouchard-Joffrin, il a accepté de revenir, par ce mail, sur son égarement que la suite de sa vie n'a jamais démenti. En leur demandant de reproduire intégralement sa réponse, "car évidemment, cette campagne n’est pas dénuée d’arrière-pensées partisanes," accusent les manipulateur de l'opinion et falsificateurs de l'Histoire. 

Que raconte donc le Plenel de 2018 sur ses écrits de Krasny en 1972 ?
"Je n’ai jamais fait mystère de mes contributions à 'Rouge', de 1970 à 1978, sous le pseudonyme de Joseph Krasny, assure-t-il d'abord. Ce texte, écrit il y a plus de 45 ans, dans un contexte tout autre et alors que j’avais 20 ans, exprime une position que je récuse fermement aujourd’hui, ose-t-il - un peu facilement - maintenant. 
Elle n’avait rien d’exceptionnel dans l’extrême gauche de l’époque, comme en témoigne un article de Jean-Paul Sartre, le fondateur de Libération, sur Munich dans La Cause du peuple–J’accuse du 15 octobre 1972, se justifie-t-il, en convoquant pour sa défense l'écrivain-militant, égaré lui-même. Tout comme ce philosophe, j’ai toujours dénoncé et combattu l’antisémitisme d’où qu’il vienne et sans hésitation. Mais je refuse l’intimidation qui consiste à taxer d’antisémite toute critique de la politique de l’Etat d’Israël," polémique-t-il enfin.

Libération résume : le co-fondateur de Mediapart, sous le pseudo Joseph Krasny, a bien soutenu en 1972 l'action de l'organisation palestinienne Septembre Noir, qui venait alors d'assassiner onze athlètes israéliens lors des Jeux Olympiques de Munich. Cette chronique, exhumée en 2008 dans un livre critique sur Plenel, a refait surface ces derniers jours sur les réseaux sociaux. Contacté par CheckNews, Edwy Plenel, récuse fermement ce texte aujourd'hui qui, selon lui, n'avait rien d'exceptionnel dans l'extrême gauche de l'époque. 
Honteux ! Je dirai même plus, odieux.

Onze personnes assassinées, "détail de l'Histoire", selon Plenel et Libération ?

L'offensive médiatique de Macron boude le service public, mais flatte l'extrême gauche révolutionnaire

Les chaînes publiques ont-elles réussi à perdre l'une de leurs nombreuses exclusivités ?

Après TF1 jeudi, le président de la République sera l'invité de RMC et BFMTV dimanche
Résultat de recherche d'images pour "Macron sur toutes les chaines"Trois jours après son adresse royale aux ruraux et aux retraités du 13 Heures de TF 1, Emmanuel Macron poursuivra son offensive médiatique dimanche soir sur BFMTV, RMC et Mediapart. Pendant deux heures à partir de 20h35, il répondra, en direct depuis le palais de Chaillot,  aux questions de Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel, cofondateur trotskiste du site internet anti-républicain. Le président en vient ainsi à accorder un label républicain à ce site révolutionnaire. 

L'attelage inédit d'une chaîne privée commerciale et d'un site anti-capitaliste payant a surpris jusqu'à la rédaction de Mediapart, laquelle avait dénoncé sur son site le choix d'"un duo d'hommes blancs de plus de 60 ans, désigné par le président : zéro parité, zéro diversité, personnalisation poussée à l'extrême". 
Durant la présidentielle, Emmanuel Macron avait juré qu'il recevrait BFMTV et Mediapart une fois élu. 
En tenant parole, Macron consacre trois ruptures, d'une  part avec le service public par trop rebelle, ainsi qu'avec l'ancien monde auquel il a pourtant appartenu au sommet de l'Etat au service de Hollande, à l'Elysée, puis au gouvernement, et par conséquent celui des entretiens sacralisées, diffusés conjointement sur les deux chaînes les plus écoutées, et d'autre part, en troisième lieu, avec la démocratie qui combat tous les extrémismes, qu'ils soient de droite comme de gauche.

VOIR et ENTENDRE dans ses oeuvres, au moment des résultats de la présidentielle, celui qu'on dit habile en communication et qui ne se sait pas filmé par la presse internationale, avec notes et prompteur (bretelles et ceinture) :


L'ex-banquier s'aliène le service public attaché à ses "avantages acquis"

Cette innovation a humilié les journalistes de France Télévisions et de Radio France, dont le statut privilégié est ainsi remis en cause par cette exclusion du dispositif présidentiel. "On avait pourtant proposé plusieurs formats d'émission modulables", se désole un ponte de France 2, avouant ainsi que le président n'est pas invité mais que Macron a imposé sa présence à RMC-BFMTV et TF1, comme au site web d'information payant du marché de l'information, sous la pression du mouvement social qui s'étend. Le service public se sent placardisé par un président qui, le premier, le met en concurrence avec les chaînes privées: un seul passage sur France 2, face au journaliste à mèches peroxydées, Laurent Delahousse, en décembre, sur quatre entretiens en près de douze mois depuis son élection.

"Macron avait l'occasion de se rattraper après avoir qualifié l'audiovisuel public de 'honte de la République' [début décembre 2017, il avait dénoncé la gestion de l’audiovisuel public, mais également les programmes diffusés : "une série d’euphémismes résumée en langage moins châtié par un participant : "Il a dégommé France Télé. La charge était violente. Chaque phrase était dure. Le malaise doit être profond pour qu'il se soit lâché comme ça", confia un invité]. Mais il a délibérément choisi de se moquer de ces choses-là", souffle un journaliste anonyme. 

Des temps d'antenne 'low cost' pour les chaînes, mais à double tranchant pour les acteurs politiques 
Hasard ou non du calendrier, le prédécesseur de Macron, François Hollande, a décidé de clamer son amour du service public : il sera, quant à lui, invité des 20 Heures de France 2,  ce soir mardi, 36 heures avant la prestation du monarque-président sur TF1, et jeudi sur France Inter, puis France 5, le même soir...
Le capitaine de pédalo a-t-il préféré se saborder, en saturant le public d'émissions politiques, que de laisser Macron occuper tout l'espace médiatique, sans aucune offre alternative ?

L'Ecole d'architecture de Nanterre, saccagée, mais en vente

A l’abandon et vandalisée, tel est le sort de l’école d’architecture de Nanterre 

Cette école est considérée comme l’un des bâtiments emblématiques de l’architecture française
 
L'école d’architecture de Nanterre : le grand saccage
Réalisée par Jacques Kalisz et Roger Salem en 1971 dans les années 1970, elle est défendue par le président de l’association 'Les amis de l’école d’architecture de Nanterre', mais les courriers de Serge Kalisz, fils de Jacques, ne semblent pas trouver d’écho auprès des élus. 

L'hôtel de ville.Cette école de 9.500 mètres carrés sur cinq niveaux s'inscrit dans la production architecturale nanterrienne de qualité des années 60 et 70. Avec la préfecture d’A. Wogenscky (disciple de Le Corbusier), les tours d’E. Aillaud, le théâtre des Amandiers, le parc André Malraux, les logements en pyramides et le foyer des musiciens de J. Kalisz, elle est partie intégrante de cette "palette" de l’architecture des années 70 que constitue cet ensemble.
En guise de mairie, ci-dessus à droite, la municipalité de gauche a dégagé les crédits pour dresser ce blockhaus.
Mais cette école supérieure est devenue ce que la mairie de Nanterre s'est obstinée, vingt ans durant, en rejetant tous les projets, dans un conflit incessant droite-gauche.




Voici d'autres aperçus du saccage.
L'école d’architecture de Nanterre : le grand saccage

Ce n’est pas le premier courrier que Serge Kalisz adresse au ministère de la Culture pour alerter de l’état de dégradation de l’école d’architecture Paris-La Défense réalisée par son père, Jacques Kalisz, et Roger Salem. 

L'école d’architecture de Nanterre : le grand saccage
Une œuvre expérimentale reconnue au plan international et susceptible d’une inscription au titre des Monuments historiques depuis 2005. 
Un nouvel incendie s’est pourtant déclaré en décembre 2015, aggravant l’état de délabrement du bâtiment. 

Dans une lettre adressée à Fleur Pellerin, datée du 18 décembre 2015, ci-dessus, le président de l’association 'Les amis de l’école d’architecture de Nanterre' rappelle pourtant les engagements de la ministre de la Culture dans la Stratégie nationale pour l’architecture, dont l’un des points vise à sensibiliser le grand public, les scolaires et les professionnels à l’architecture. Il souhaite la rencontrer pour envisager les conditions de la réintégration de ce bâtiment, situé au cœur d’un quartier de 20.000 habitants et faisant partie de l’identité patrimoniale de la ville de Nanterre. Le rendez-vous se fait attendre…

L'école d’architecture de Nanterre : le grand saccage
L'attente d'une décision est "un scandale," commente la mairie, qui souhaite que l’établissement soit réinvesti. "En 2007, nous avons placé le site en ' emplacement réservé', en vue de réaliser un équipement public à vocation culturelle et sociale, indique la mairie. Mais l’Etat nous a tout de suite mis en demeure d’acheter."

Quelques mois après l’élection de François Hollande, en 2012, il était question d’y construire près de 200 logements sociaux. En réaction, la ville modifia le Plan local d’urbanisme (PLU), qui paralysa l’Etat. Et soutint "pleinement" le projet d’une école de cuisine internationale, portée par Alain Ducasse. Mais c’est l’Etat qui refusa à son tour. L’école Ducasse revint sur le tapis, avec le promoteur Redman qui proposa de réaliser un centre de formation sous l’égide du célèbre cuisinier, en achetant le site 6 M€. Nouvelle fin de non-recevoir.

La mise sur le marché de l’école allait-elle signer la fin du bras de fer ? La mairie veut toujours avoir son mot à dire. "Soit nous parvenons à un accord, soit c’est reparti encore pour dix ans !", insiste-t-on au cabinet de Patrick Jarry.


Août 2017, la décision est tombée

L'école d’architecture de Nanterre : le grand saccageL'Etat va mettre en vente l'ancienne école d'architecture, après douze ans de négociations infructueuses avec la ville communiste de Nanterre.

"Hors de question de détruire un millimètre !"  avait prévenu Serge Kalisz, le fils de l’architecte. Attention aux futurs acheteurs qui voudraient raser tout ou partie de l’ancienne école.

Outre les acheteurs, les mécènes se sont fait rares, semble-t-il, alors que la France peut s'enorgueillir d'architectes de renommée internationale.
La nouvelle ministre Françoise Nyssen - dont on se demande combien de temps lui sera nécessaire pour trouver se retourner avant la fin du quinquennat - et singulièrement le président du Conseil départemental des Hauts-de-Seine, Patrick Devedjian, issu d'une lignée de prédécesseurs célèbres, ne pourraient-ils s'investir dans le sauvetage de ce bâtiment et solliciter  Rudy Ricciotti, Christian de Portzamparc, Paul Chemetov et/ou Jean Nouvel. 
Mais, vue l'étendue des surfaces vitrées brisées, on pense aussi au plasticien Daniel Buren, magicien des jeux de lumières.

lundi 9 avril 2018

A Nanterre, les étudiants bloqueurs délogés par des CRS

L'accès de l'université n'est toujours pas libre à tous à Nanterre


L’université Paris Nanterre a été partiellement fermée ce matin

Résultat de recherche d'images pour "evacuation université Paris Nanterre"50 ans après les manifestations historiques de mai 68, les CRS sont de retour à l’université de Nanterre, depuis l’occupation de bâtiments par des étudiants opposés à la réforme de l’accès à l’université. 
Epargnée jusque-là par les mobilisations, l’université de Nanterre a subi une tentative d'investissement du campus par plusieurs dizaines d’étudiants d'extrême gauche révolutionnaire, ce  matin du lundi 9. Avec succès d’abord, puisque la communication de l’établissement annonça vers 10h30 que les cours de la matinée avaient été banalisés, c'est-à-dire annulés, comme les départs de trains SNCF ou des vols d'Air France, et la bibliothèque fermée. "Trois bâtiments, ceux abritant le département des sciences sociales et de psychologie" [filières irrationnellement pléthoriques et aux débouchés notoirement incertains], ont été occupés lundi matin, a indiqué la présidence de Nanterre, qui a décidé de fermer la plupart des accès à l’université."

Forte de l'expérience d’autres universités, où les étudiants manifestants ont pu imposer le blocage du site - par un vote à main levée, méthode anti-démocratique -, comme à Tolbiac à Paris, à Strasbourg ou encore Nancy, la direction de l’université de Nanterre a d'abord sollicité l’intervention des forces de l’ordre, pour favoriser la sérénité d'un vote véritablement républicain. Jugeant, comme c'est sa responsabilité, que les revendications des manifestants dépassent le cadre de la manifestation contre la loi sur l’orientation des étudiants, elle a réclamé l’évacuation des bloqueurs.

La résistance des extrémistes retranchés sur le toit a rendu l'évacuation à haut risque

Les CRS sont intervenues dans les bâtiments des sciences sociales pour déloger "une vingtaine de personnes", étudiants ou non, selon la préfecture de police de Paris. Ces jeunes s'étaient retranchés sur le toit d’un bâtiment, selon deux étudiants mobilisés, et s'exposaient aux risques d'un drame. Une bloqueuse a parlé, elle, d’"une cinquantaine d’étudiants" réfugiés "sur les toits" après l’arrivée des forces de l’ordre, qui se sont déployées à l’intérieur et autour des bâtiments. Selon Le Parisien, l’intervention a donné lieu à plusieurs interpellations, pour la forme. 

Sept interpellations pour "rébellion" à l'université de Nanterre
"Nous avons tenté une négociation et proposé un local associatif pour les étudiants occupant le bâtiment", a fait savoir la présidence de l'université, tout en regrettant que ses propositions aient été refusées. 
Expulsé à la mi-journée par les forces de l'ordre, le groupe des réfractaires s'était "introduit par effraction dans un des bâtiments", révèle l'université sur Twitter.
  

La gauche crie son indignation.
De nombreux militants de "la gauche de la gauche" (puisqu'il n'est plus d'extrémistes qu'à droite! ) se sont indignés en meute de cette intervention sur les réseaux sociaux. "Le président de l’université de Nanterre fait intervenir des CRS à la fac de Nanterre, dans l’amphi occupé par les étudiant.e.s de la fac [certains le sont, d'autres peuvent voter sans présenter leur carte d'étudiant] pour l’AG. Plusieurs blessés, d’autres embarqués. Honte à lui, qu’il démissionne" lance par exemple un étudiant en droit à Nanterre et engagé politiquement à gauche. L'AFP devrait même dire à l'extrême gauche, puisque les occupants sont menés par des anarcho-autonomes.

De nombreuses personnalités politiques ont également réagi, comme Jean-Luc Mélenchon (candidats du PCF), Olivier Besancenot (trotskiste du NPA) 
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ou encore Benjamin Lucas, engagé à Génération•s et conseiller jeunesse de Benoît Hamon pour la présidentielle 2017. 
En septembre dernier,  le président des Jeunes socialistes, MJS, Benjamin Lucas, avait lancé une insulte aux femmes adressée au patron de La République en marche, LREM, traitant Castaner de "con"...