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dimanche 8 mars 2015

Hôpitaux: Marisol Touraine fait le lit de la logique comptable

Les syndicats ne descendent  plus tousser dans la rue 

L
e pouvoir socialiste se décharge sur les régions, 
mais il prévoit la mise à la diète du budget de la santé et des amputations d'effectifs 

Les syndicats ont fait fuiter un document confidentiel - le "Kit de déploiement régional du plan Ondam à destination des ARS" - pour prendre le pouls de la population. C’est un plan opérationnel sur trois ans, distribué le mois dernier aux directeurs des agences régionales de santé (ARS), avec mention explicite : "diffusion restreinte". La semaine dernière, le magazine Challenges avait fait état d’une version de ce document qui aurait été débattu avec la ministre de la Santé, Marisol Touraine. 
Ce plan global de 69 pages n'a qu'un seul objectif: 10 milliards d’économies à l’horizon 2017. Et, dans ce lot, la part des restrictions pour l’hôpital tournent autour de 3 milliards d’euros

Marisol Touraine veut des pétaudières à la place d'hôpitaux

Au nom de la démocratie, la ministre socialiste de la Santé veut donner plus de poids aux médecins et réformer la tarification. 
Pour ce faire, elle entend remettre en cause l'emblématique loi "Hôpital patients santé et territoires" (dite HPST) votée en 2009 par la majorité précédente, en prétendant "un sentiment de démobilisation et de perte des repères" du personnel. "Il faut donc rétablir la confiance", a-t-elle estimé. 
Son idéologie la conduit à s'attaquer aux symboles. Pour commencer, elle entend rogner les prérogatives du directeur d'hôpital, élargies lors de la loi HPST. Elle assure qu'"une gouvernance équilibrée" redonnera du poids aux médecins dans la stratégie des établissements. "Il n'y aura plus de patron: comme l'hôpital n'est pas une entreprise, c'est un terme plus que malvenu. Attention, cela ne veut pas dire qu'il n'y aura plus de directeur, a nuancé la ministre. Un médecin a beaucoup de qualités, mais il rencontrerait des difficultés pour faire tourner une blanchisserie ou dresser un compte d'exploitation," a-t-elle admis, soulignant du même coup que son projet constitue un risque.

Les patients auront aussi leur mot à dire dans la gestion de l'hôpital. 
Un "comité technique des usagers" - au rôle encore flou - sera mis en place dans les grands établissements. Une mission, confiée à une personnalité du monde associatif en 2013, devait en préciser les pouvoirs "dans les prochains mois". Ce sera peut-être pour 2015... ou les prochaines années. 

L'hallucinée s'attaque également au mode de financement des établissements. Aujourd'hui, un hôpital est rémunéré pour chaque acte médical qu'il réalise. Or, "cette méthode génère des effets pervers", soutient la ministre, certains hôpitaux multipliant les actes pour générer plus de revenus. Un patient a deux fois plus de chances de se faire opérer de l'appendicite dans certains départements qu'à Paris, dénonce ainsi l'Inspection ­générale des affaires sociales, une niche dorée de retraités méritants de la socialie. C'est ainsi qu'en janvier 2013, l'ancien secrétaire général de la CFDT -proche du PS- a été intronisé inspecteur général des affaires sociales à 7.257,55 euros net par mois. Savoir si le syndicaliste et ses petits camarades, tel Aquilino Morelle, ancien conseiller politique de François Hollande, va être mis à la diète.

La ministre veut donc introduire une "tarification au parcours".
Elle met par terre un système qui a fait ses preuves, mais qu'elle a décrété médicalement inefficace et mauvais pour les... finances publiques. En clair, le gouvernement socialiste veut réduire la rémunération des hôpitaux avec un forfait pour la prise en charge de certains patients. Et les autres ? Par exemple, lorsqu'il accueille une personne âgée en fin de vie dans son service de soins palliatifs. Il ne fera donc pas bon s'accrocher à la vie. Quant aux "riches", la plupart des Français depuis plusieurs générations, ils ne seront plus bons qu'à financer la CMU et l'AME, l'aide médicale dite de l'Etat, au bénéfice des défavorisés d'ici et d'ailleurs.

L'entourage de la ministre dresse le public contre le privé
"Les intentions de la ministre sont bonnes", clame Gérard Vincent, délégué général de la Fédération hospitalière de France, alliée du gouvernement dans sa politique de décentralisation. Mais il faudrait qu'elles soient suivies par des actes. Or, les cliniques privées ont été favorisées cette année dans les choix budgétaires.»
Marisol Touraine devait présenter sa loi sur l'hôpital début... 2014 seulement. L'agenda des réformes en cours, des retraites et de la dépendance notamment, ne permettra pas de s'y pencher plus tôt, avait prévu la ministre. Soit un retard augmenté encore d'une année au moins.
  
Dans un hôpital parisien, en novembre.L’hôpital devra réduire ses effectifs et les malades passer la ceinture de contention

Après avoir fait obstacle à la réforme de l'hôpital par Nicolas Sarkozy en 2008, la presse aux ordres a entrepris de convaincre les malades que nul ne conteste plus la nécessité d’une forte évolution du paysage hospitalier. Le journal socialiste Libération affirme tout à coup qu'il y a beaucoup d’hôpitaux en France, "voire trop" (sic), et qu'ils coûtent cher. L’hôpital représente 45% des dépenses de santé, insiste le quotidien. Avec près de 3.000 établissements, la France est un pays largement doté, avec 6 lits pour 1.000 habitants, le double de la Suède ou de la Grande-Bretagne. Ces hôpitaux sont en outre souvent mal localisés : trop pour les soins de courte durée, pas assez pour les handicapés et les personnes âgées. Et ils sont trop nombreux dans les grandes villes comme Paris, Lyon ou Marseille.

Touraine veut défaire la réforme Sarkozy
Alors, et ce "kit" -cette trousse médicale du ministère de la Santé- permettra-t-il de sauver la vie de l'hôpital public ? "Des économies ? C’est possible", réagit Gérard Vincent, toujours ce même délégué général de la FHF, décidément ravi. Mais ce responsable FHF, qui fédère la totalité des hôpitaux de France se sent mené en bateau : "On a le sentiment d’un double langage. La ministre nous avait promis que ce serait à chaque région, à chaque établissement de s’adapter. Et, là, on voit la technostructure du ministère qui prend le pouvoir." Et d’enfoncer le clou : "Avec ce plan, on assiste à l’étatisation rampante du système hospitalier. Où est la ministre ?" s'agace le responsable, découvrant que Marisol Touraine refuse le dialogue. C'était le cas en décembre quand, après avoir donné satisfaction aux Urgentistes en 48 heures, elle avait renvoyé la concertation avec les médecins du secteur privé à un mois, au milieu janvier. 

L’Ondam hospitalier (objectif national de dépenses de l’assurance maladie) est un levier fort les pouvoirs publics pour agir sur la masse budgétaire des hôpitaux. Il fixe d’une année à l’autre l’augmentation des budgets des hôpitaux. Si rien n’est fait, le budget des hôpitaux augmente automatiquement de 2,9%, et cela en particulier avec les hausses automatiques de salaires. Là, l’objectif est clair : en 2015, l’Ondam sera de 2,1% en 2015, de 2% en 2016 et de 1,9% en 2017.
En conséquence, les budgets des hôpitaux vont baisser fortement de plusieurs centaines de millions d’euros. "Si les hôpitaux ne veulent pas augmenter leur déficit, ils doivent faire des économies. Et le premier poste, ce sont les salaires, la masse salariale représentant 65% des charges des établissements de santé, donc de l’emploi", explique un ancien directeur des hôpitaux, sans faux-fuyant, mais anonyme. Et on arrive à la question sensible de l’emploi. Le chiffre de 22.000 postes supprimés a été évoqué pour les trois années à venir dans les hôpitaux. Mais, voilà, le gouvernement ne veut pas assumer. Mercredi, la ministre de la Santé a nié devant les députés que son plan de 3 milliards d’euros d’économies pour les hôpitaux d’ici à 2017 a  vocation à "baisser les effectifs hospitaliers".

L'étude du "kit" révèle qu'il est prévu 860 millions d’économies sur la masse salariale pour 2015-2017. Pour y parvenir, il est proposé tout un ensemble d’indicateurs et de pistes, comme : "la mise à plat des protocoles ARTT, le réexamen des avantages extra-statutaires ou non conventionnels, l’optimisation des dépenses de personnel médical, la réduction des coûts liés à l’intérim médical". Les bonnes pratiques sont détaillées: "mettre en place des maquettes organisationnelles par unités en fonction de leur taille et procéder à une harmonisation au sein de l’établissement". Si cela ne veut pas dire… diminuer les effectifs !

L’avenir, c’est l’ambulatoire: dans l'intérêt du patient ?

Les vertus de l’ambulatoire sont devenu un refrain. les hôpitaux de demain ne doivent plus être des lieux de séjour, le patient ne devra plus s'attarder. Bien des interventions chirurgicales ne nécessitent plus d’hospitalisations et l’hôpital public prend désormais en exemple le privé qu'il décriait.

Mais, dans ce plan,  la montée en puissance de l’ambulatoire est purement statistique, sans la moindre évaluation de son coût, ni de l’intérêt du patient en termes de santé publique. Des études indiquent, par exemple, que l’ambulatoire peut engendrer des inégalités d’accès aux soins. Qu’importe, un seul objectif est affiché : économiser un milliard en 3 ans. Et des chiffres : "52,1% en 2015, 54,2% en 2016, 57% en 2017".

8 blocs et 23 actions

Le plan se décline en 8 blocs (chirurgicaux !), avec 23 actions. Certaines sont pleinement justifiées, comme celui concernant la pertinence des actes médicaux. Pourquoi certaines régions font deux fois plus de césariennes que d’autres ? Et pourquoi y a-t-il aussi des variations en chirurgie cardiaque ? "La réduction du nombre d’actes non pertinents est un enjeu fort",souligne le document.
Or, le plan ne prodigue  aucun conseil pertinent pour atteindre l'objectif de 140 millions d’euros, dont 50 millions sur les actes hospitaliers.

Une action forte est prévue, ensuite, sur les médicaments
Les génériques vont être imposés aux patients, pour "une maîtrise médicalisée de médicaments de spécialités." Ces derniers sont en effet des médicaments extrêmement chers - comme on l’a vu encore récemment avec celui contre le virus de l’hépatite C (45.000 euros, le traitement sur un mois, comme s'il n'existait pas déjà un produit alternatif...). Comment limiter les prescriptions sans ouvrir la voie à une médecine à plusieurs vitesses ? La ministre n'a pas la réponse. Là encore, Marisol Touraine n'a rien à proposer d'autre qu'un objectif économique à atteindre.

Autres économies : des actions sur le transport sanitaire. Et enfin ce qu’ils appellent les GHT, les groupes hospitaliers de territoire, qui visent à regrouper sur un même territoire des hôpitaux. Objectif : 400 millions d’euros d’économies.

D’aucuns voient dans le "kit" un plan désespérément technocratique, sans le moindre volet sanitaire. "Mais c’est un peu la loi du genre. Le problème est que ce sujet soit porté de façon cohérente", tempère un ancien ministre. Et de prendre un exemple récent : "Un jour, pour cause d’épidémie de grippe, le ministère va affirmer qu’il n’y aura pas de fermeture de lits. Et, en même temps, il fait paraître ces instructions. Comment voulez-vous mobiliser de cette façon-là ?"

vendredi 3 octobre 2014

Orthez: la maternité du drame était soutenue par des "collectifs citoyens"...

Décès à la maternité d'Orthez : l'anesthésiste placée en détention provisoire

Une jeune femme de 28 ans est décédée
, victime d'un accident d'anesthésie lors de son accouchement à la maternité d'Orthez
,
Mais pas de "marche blanche" pour la jeune victime de 28 ans
et le bébé orphelin ?

dans les Pyrénées-Atlantiques, à deux pas de Pau. 
Orthez, octobre 2014
L'anesthésiste est poursuivie pour "homicide involontaire aggravé par la violation manifeste et délibérée d'une obligation de prudence et de sécurité", une infraction passible de 5 ans d'emprisonnement, selon le procureur de Pau, Jean-Christophe Muller, qui indique que le médecin "n'était pas dans son état normal au moment de l'intervention"
De nationalité belge et âgée de 45 ans, elle était employée à la maternité d'Orthez depuis le 12 septembre. A la suite de l'accident, elle s'était présentée à la gendarmerie mardi avec un taux d'alcoolémie "supérieur à 2 grammes" d'alcool par litre de sang et s'est prévalue aux enquêteurs d'"un problème d'alcool pathologique". Elle a été mise en examen jeudi pour homicide involontaire aggravé et placée en détention provisoire. Deux jours plus tôt, 

L'état de dépendance de la femme médecin-anesthésiste était notoire 
La ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, a fait part de sa volonté d‘éclaircir les circonstances du drame! "La première préoccupation qui est la mienne, c'est de faire la lumière sur ce qui s'est passé et d'apporter des explications à la famille de cette jeune maman qui a perdu la vie en accouchant de son bébé", a déclaré la ministre à la sortie de la réunion du gouvernement à Matignon. 
L'accident est survenu dans la nuit du vendredi 26 au samedi 27 septembre lors de l'accouchement par césarienne sous anesthésie générale de la jeune maman. La jeune femme, victime d'un arrêt cardiaque, avait été transférée à l'hôpital de Pau où elle est décédée. Son bébé est sain et sauf. Le mari de la victime a déposé plainte pour "homicide involontaire" contre X.

Les petites structures offrent-elles toutes les garanties?

Un collectif "citoyen" venait de pétitionner pour sauvegarder l'unité médicale

Le CDAAD est une association qui a pour vocation de défendre la possibilité de pouvoir accoucher à domicile accompagnée d'une sage-femme. 

Une activité citoyenne intense à Orthez (DVG)

"Cependant, par extension, nous soutenons tous les accompagnements qui permettent un respect de la physiologie. Nous réclamons que chaque couple puisse choisir le lieu de naissance de ses enfants," soutient ce mouvement, à travers la France.

A Orthez, le CDAAD avait mené une action pour le maintien de la maternité défaillante
"C'est pourquoi aujourd'hui, nous nous mobilisons aux côtés du personnel médical de la maternité d'Orthez. En effet, l'Agence Régionale de la Santé est actuellement en cours de réflexion pour délocaliser les accouchements sur Pau.

Une fermeture "inadmissible"

La maternité, déjà en sursis par manque de gynécologues-obstétriciens, devrait fermer ses portes définitivement. L'établissement relève de l'hôpital public, mais le bloc chirurgical et le personnel d'anesthésie sont mis à disposition par une clinique privée de la ville. La décision de fermeture pourrait être accélérée et prise dès vendredi, avant d'être validée par une commission spécialisée d'organisation des soins, a indiqué l'Agence régionale de santé (ARS).

Le week-end précédent, avant que l'accident ne soit connu, 800 personnes avaient manifesté pour réclamer son maintien.  

"Il est odieux de prendre prétexte d'un cas dramatique pour fermer les structures de proximité", a réagi jeudi la Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximitéaprès l'annonce de la procédure visant la maternité d'Orthez.
FO à droite et la CGT à gauche
"Là, c'est caricatural: fermer une structure sans savoir précisément si c'est une faute d'organisation ou si c'est une faute individuelle, alors que le praticien est en garde à vue, c'est inadmissible", s'est enflammé Jean-Luc Landas le président de la coordination.

mercredi 11 décembre 2013

La surfiscalité de Hollande pour le bien des clandestins ou des nôtres ?

Le vice-président des chirurgiens de France nous livre le témoignage d'un homme de terrain

Du tourisme social on dit ce qu'on veut

Il a pour objectif de permettre à chacun de partir en vacances et de pratiquer des activités de loisirs. Fort bien, mais ce n'est pas seulement cela. Pour les pays "pauvres" dont les richesses naturelles ne sont pas seulement exploitées par les multinationales occidentales, mais aussi par une élite politique locale avide et peu partageuse, c'est autre chose.


Témoignages de professionnels de la Santé qui pointent les dérives de l'"Aide médicale d'État".
Act Up appelle les malades étrangers
Cette fois-ci encore, les médecins ne lui ont rien trouvé. Depuis un an et demi, Abukaria, jeune Comorienne de 33 ans, entrée en France en touriste, séjourne illégalement sur le territoire français. "C'est pour me faire soigner, confie-t-elle. L'hiver dernier, j'ai eu des fourmis dans les mains. Parfois, ça me reprend. J'ai vu des généralistes, des spécialistes, fait des radios, des scanners, mais personne n'y comprend rien…" Grâce à l'Aide médicale d'État (AME), qui rembourse tous les soins de maladie et de maternité, Abukaria, tout comme 220.000 clandestins en 2011, n'a payé cette année qu'un droit de timbre de 30 euros.
Au Centre médical Europe, près de la gare Saint-Lazare, des "AME", on en croise à tous les étages. Et chez les médecins débordés, on sent poindre une exaspération certaine. "Beaucoup sont charmants, mais d'autres sont très exigeants !, soupire une généraliste. Il est normal que la France soigne les plus misérables, sauf que certains abusent vraiment." Il y a cette femme qui vient faire un bilan complet tous les deux mois. Cette autre qui a exigé la sclérose de ses varicosités, ainsi que six paires de bas de contention, "pour sa sœur en Algérie". Ces Africaines qui savent mieux que la dermatologue quelle crème guérira leur eczéma: le Diprosone, un dermocorticoïde qui a la particularité d'éclaircir la peau… Il y a aussi cette patiente victime d'un malaise, dont on prévient le mari, qui constate, ahuri… que ce n'est pas sa femme. "Ah oui, explique la patiente, j'ai perdu ma carte, alors j'ai pris celle d'une amie…"

"On a failli en venir aux mains!"
La plupart des médecins déplorent le manque de contrôle. Pour obtenir l'AME, «c'est superfacile!», témoigne Abukaria. Il suffit de justifier d'une résidence ininterrompue de trois mois en France, et d'un revenu inférieur à 634 euros par mois. Pour "prouver" qu'elle n'avait aucune ressource, Abukaria a simplement montré que le forfait de son portable n'était qu'à 5 euros… "La semaine dernière, j'ai reçu un homme qui voulait se faire arracher quatre dents, toutes saines, raconte un dentiste. En fouillant dans son dossier, j'ai vu qu'il était adressé par un service d'orthodontie, où il avait entamé un traitement esthétique pour aligner ses dents, facturé 4.000 euros! Rendez-vous compte que ce type bénéficie de l'AME et s'offre un service que n'ont pas les moyens de se payer la plupart des assurés sociaux ! J'ai réussi à le faire payer pour les extractions, mais on a failli en venir aux mains!"

Comment admettre qu' "un assuré social lambda qui paye ses cotisations sociales, mais qui n'a pas de mutuelle, ait une moins bonne couverture qu'un étranger en situation irrégulière?", s'interrogent plusieurs praticiens du Centre Europe, qui voient défiler de nombreuses familles modestes. "Cela fonctionne comme un supermarché, témoigne le dentiste. À partir du moment où c'est gratuit, les gens veulent tout ce à quoi ils ont droit, même s'ils n'en ont pas besoin." Comment tenir bon lorsque le patient, parfois accompagné d'un interprète ou d'un "cousin" costaud, s'énerve et exige "vingt boîtes de Doliprane et dix flacons de bain de bouche", puisque "c'est gratuit"? "Parfois on craque, avoue un médecin. De toute façon, si on ne cède pas, ils iront voir ailleurs…" Comme les bénéficiaires de l'AME n'ont pas de médecin traitant à déclarer, "cela entraîne un nomadisme et la multiplication d'examens redondants", poursuit-il.

Prêts à se faire opérer pour être régularisés
Car le système est pervers. "Plus ils ont d'ordonnances et de certificats, plus ils ont de chances d'être régularisés, explique un généraliste. C'est pour cela qu'ils veulent absolument qu'on leur trouve une maladie grave! Certains sont même prêts à se faire opérer quatre ou cinq fois… Il y a quelque temps, ils s'étaient passé le mot de manger avant les prises de sang, pour qu'on leur trouve du diabète !
Urologue et député UMP, Bernard Debré confirme: "Lundi, deux Turcs sont venus me voir, tous deux disant souffrir de brûlures urinaires, raconte-t-il. Mais leurs examens ne montraient rien! J'ai donc refusé de leur prescrire les antibiotiques et les analyses complémentaires demandés. En cas d'arrestation, cela leur aurait permis de dire "Regardez, je suis très malade, j'ai vu cinquante médecins, je suis même allé jusqu'au Pr Debré pour me soigner!". 
Il y a trois ans, c'était un député malien qui lui avait demandé de l'aide. "Sa première épouse avait déjà fait une FIV ici, en payant, se souvient le Pr Debré. Il voulait une autre FIV pour sa seconde épouse, en situation irrégulière, donc à l'AME. J'ai refusé. Il fallait du courage, car à l'époque, c'était théoriquement possible !" En 2011, après l'instauration du forfait annuel de 30 euros, le gouvernement a également restreint le panier de soins: en sont désormais exclues la procréation médicalement assistée et les cures thermales…

Durées d'hospitalisation plus longues
"Des mesures qui visaient à ralentir la progression des dépenses liées à l'AME", rappelle l'ancien ministre de la Santé, Xavier Bertrand. Car depuis son entrée en vigueur, il y a douze ans, le coût du dispositif a explosé: 588 millions d'euros en 2011, contre 75 millions dans le budget 2000! Pour expliquer cette courbe exponentielle, le rapport parlementaire de Claude Goasguen (UMP) et Christophe Sirugue (PS), publié en 2011, "exclut la fraude caractérisée". "Les causes sont plutôt dues à la croissance du nombre de bénéficiaires, avancent les deux députés, et aux modalités de la tarification hospitalière."

La seule facture hospitalière pèse pour trois quarts des dépenses. En contrepartie de cette "mission d'intérêt général", les hôpitaux ont tendance à surfacturer les soins accordés aux sans-papiers. "Il est pour le moins surprenant qu'une séance de dialyse coûte 349 euros en général mais 990 euros à l'APH de Paris pour les patients AME et 1.815 euros à Marseille !", souligne le député UMP Dominique Tian. Comme le note le rapport, "l'hôpital, aujourd'hui, n'est parfois pas incité à une sortie rapide du patient d'un service coûteux en raison du caractère journalier de la facturation. Cela peut conduire à des durées d'hospitalisation des bénéficiaires de l'AME sensiblement plus longues que la moyenne"...
En tout cas, même si personne n'a su mettre de nom sur ses mystérieux picotis, Abukaria est "satisfaite de (sa) prise en charge médicale». Et bien décidée à rester en France. "Si les médecins ici ne trouvent pas ce que j'ai, lâche-t-elle, vous pensez bien qu'aux Comores ils ne trouveront pas plus!"

Les faits sont connus mais occultés, lorsqu'ils ne sont pas contestés et leurs auteurs vilipendés. 
ECOUTER ce témoignage du Didier Legeais, chirurgien urologue à Grenoble, vice-président de l'Union des Chirurgiens de France, sur R.M.C:

"[...] les passeurs peuvent avoir plusieurs noms : certains sont même des associations Loi 1901 qui profitent des réseaux pour ramener des patients se faire opérer en France et une fois que les patients sont ici, ils restent ici [...]
Quand un jeune arrive et qu'il est en insuffisance rénale, il passe immédiatement en dialyse. Il va être dialysé chez nous (70 000 € par an) puis il va passer en greffe rénale prioritaire parce qu'il est mineur et qu'il est étranger. Mais il ne repartira pas chez lui car les traitements immunosuppresseurs (comme la Cyclosporine) n'existent pas dans son pays. Il va donc rester sous statut CMU et comme il ne pourra pas jamais travailler parce qu'il a été dialysé-greffé et qu'il ne parle pas la langue, il sera par la suite déclaré 'adulte-handicapé' [...] Pas de problème pour soigner un patient étranger, mais que son pays nous rembourse et nous prenne en charge [...]
Sachant que dans le pays il y a 500.000 AME, vous arrivez à près de 1 milliard 7 de déficit, juste avec la générosité des Français pour soigner des étrangers en situation irrégulière."
(extrait de 'Carrément Brunet' du 7 octobre 2013)

Si vous vous demandez au réveil pourquoi vous vous levez, 
L'arbre qui cache la forêt est-il celui-là?
si c'est pour travailler pour payer des impôts toujours plus lourds, dites-vous que vous êtes un humaniste qui s'ignore: si vous en doutiez, soyez désormais convaincu que vous êtes une vache à lait financière pour ceux qui considèrent que la France ne serait pas ce qu'elle est sans eux et qui vous qualifient d'ex-exploiteur colonial, de mécréant et de sale Blanc raciste.

Et nous ne cotisons pas assez
"Dans certains secteurs, il n’y a même plus de docteur… Alors l’ARS sort l’alibi Pompiers et SAMU. C’est un peu comme un pays où il n’y aurait plus ni sécurité ni justice, juste le GIGN ou la BAC pour éviter le chaos. Maintenir un SMUR, ça fait bien devant les élus et les caméras du 20-heures, mais ça ne sert que pour les urgences vitales, soit 5% des urgences. Quant aux pompiers, le contre-argument vient de leur puissante fédération; les véhicules de secours vont de plus en plus loin et attendent des heures que des brancards se libèrent dans des centres d’urgences sursaturés. Et les malades dans tout cela ? Ils sont bien loin, car les ARS ne s’occupent que des euros, pas des êtres." C'est ce que publiait le Dr Pelloux dans ...Charlie Hebdo. Et ce n'était même pas pour accabler le président Sarkozy quand il était pourtant confronté à la crise économique et financière internationale. Non, c'est publié le 14 août 2013 et ça vise donc Hollande et Touraine qui n'ont rien changé en mieux.

Hollande a supprimé le forfait annuel
Elu en mai, suppression du forfait le 12 juillet 2012. La ministre des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine, n'a pas tardé à annoncer que les clandestins n'auront plus longtemps à attendre leur régularisation. Puisqu'ils n’ont plus à s’acquitter du forfait annuel de 30 euros pour bénéficier de l’aide médicale de l’Etat (AME), ils obtiennent ainsi plus de facilités pour s'engager dans un parcours de santé qui les maintient le temps qu'il faut sur le territoire jusqu'à l'obtention de papiers.
En 2010, plus de 200.000 personnes avaient accès à cette couverture maladie. Ils sont aujourdh'ui 500.000 !  Merci, non pas Hollande, mais les Français ! 

lundi 4 novembre 2013

Fermeture des urgences à l'Hôtel-Dieu : la profession tarde à se solidariser

Le gouvernement bénéficiera-t-il de la complicité du milieu hospitalier ?

Le journal Le Parisien tient la fermeture pour acquise !

Cette presse-là se trompe d'objectif: elle acte sans broncher la fermeture des urgences et se tourne déjà vers la suite... "Les opposants à la fermeture des urgences de l'Hôtel-Dieu, prévue ce lundi, sont restés mobilisés, interpellant les responsables politiques sur la saturation des autres services parisiens qui accueilleront désormais les cas les plus graves. Pas un instant le quotidien ne questionne la décision...
En juin 2009, les soignants se mobilisaient
"Ce qu'on voudrait dire à François Hollande (PS), Marisol Touraine (ministre PS de la Santé), Bertrand Delanoë (maire PS de Paris) et Anne Hidalgo (candidate PS aux municipales), c'est que si vous laissez mourir les urgences de l'Hôtel Dieu, vous allez aggraver la saturation des urgences à Paris", a déclaré l'urgentiste Gérald Kierziek, fer de lance de l'opposition, lors d'une conférence de presse.

Les socialistes laissent faire
La CFDT avait le virus de la loi Bachelot:
depuis mai 2012, le syndicat est porteur sain 
Syndicalistes CGT, médecins et élus (EELV, NPA, Front de gauche) étaient installés devant l'entrée de l'établissement où des affichettes ont été disposées, sur lesquelles on pouvait lire "Madame Touraine, c'est oui ou non pour les urgences" ou "Madame Hidalgo, c'est oui ou non pour les urgences". Plusieurs banderoles barraient également la façade de l'Hôtel-Dieu: "Non à la fermeture de l'hôpital Hôtel-Dieu" ou "urgences fermées, patients en danger". Mais Le Parisien n'adhère pas à cette tentative de sauvetage.

"C'est aujourd'hui la date de fermeture des urgences de l'Hôtel-Dieu, ce qu'on constate c'est qu'elles sont en train d'agoniser" car "aujourd'hui, 4 novembre, la dernière caserne de pompiers a amené le dernier patient", a expliqué G. Kierziek.

Le Guen reste dans le coma
Avril 2010
Tandis que l'encéphalogrammme du directeur de Jean-Marie Le Guen, député PS et président du conseil de surveillance de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) reste plat, Gérald Kierziek image la situation. "C'est comme un château de cartes, la direction de l'AP-HP (Assistance publique-Hôpitaux de Paris) enlève les cartes pour que le château s'effondre". "Les autres hôpitaux ne pourront pas faire face à cet afflux de patients,» a poursuivi l'urgentiste, alors que l'Hôtel Dieu, situé au coeur de Paris, «rayonne sur neuf arrondissements, dans une zone accueillant «20 millions de touristes» par an «Plus on attend aux urgences, plus le taux de mortalité augmente», a-t-il souligné.
En juillet dernier Le Guen déplorait non pas tant la fermeture que la polémique visant la décision de Marisol Touraine: "Je regrette que la polémique sur les urgences vienne brouiller les cartes, car ce n’est pas le vrai sujet. Le maintien dans la forme actuelle du service des urgences sans service hospitalier n’a pas de sens durable. 80 % des services ont déjà été transférés ailleurs. La communauté médicale l’a dit et répété", avait-il accepté.

VOIR et ENTENDRE un reportage de BFMTV sur la disparition des urgences à l'Hôtel-Dieu : la ministre avait promis un report de date d'effet...

Le Guen, patron socialiste de l'AP-HP, souhaite fermer ces urgences pour les remplacer par une maison médicale ouverte 24 heures sur 24.

"La concertation doit reprendre le pas sur l’autoritarisme."

Tel est le mot d’ordre du rassemblement qui mobilise syndicats, médecins, associatifs et élus devant le ministère de la Santé ce mercredi matin. 
Le comité de soutien veut demander des comptes à Marisol Touraine, qui s’était engagée en juillet 2013 à retarder la fermeture des urgences de l’hôpital parisien de l’Hôtel-Dieu (4e), prévue le 4 novembre. Une annonce mensongère, puisque son avenir est plus que jamais compromis.

Le Parisien se satisfait d'un pis-aller
Un centre de consultations 24 heures sur 24A la place des urgences, un centre de consultations 24 heures sur 24, voit le jour en dépit d'une vive opposition. Les personnes arrivant à l'Hôtel-Dieu par leurs propres moyens - soit les trois quarts de la fréquentation, selon la direction - seront toujours accueillies par des médecins, à toute heure et sans rendez-vous. Elles seront transférées ailleurs en ambulance si leur état nécessite des examens plus poussés ou une hospitalisation. Ces nouvelles consultations en médecine générale ont commencé début octobre à l'Hôtel-Dieu et l'AP-HP prévoit une montée en charge, jusqu'à accueillir 30 000 personnes par an. Le bureau de la commission médicale d'établissement (CME) de l'AP-HP, sorte de parlement des médecins, a réaffirmé mercredi son soutien au projet de la direction.«Les urgences de l'Hôtel-Dieu ne ferment pas, elles évoluent vers un nouveau modèle d'accueil pour les patients ayant besoin d'un avis médical sans délai, dans un environnement enrichi (plateau technique d'imagerie et de biologie) et sûr (présences de médecins urgentistes, ambulance du Smur)», a rapporté le président de la CME, Loïc Capron. Les opposants au projet estiment que cette nouvelle organisation va mettre en danger les patients en provoquant une «sursaturation» des urgences des autres établissements parisiens
L'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), souhaite par ailleurs transférer son siège à l'Hôtel-Dieu et convertir l'établissement en centre de recherche et d'enseignement, sans lits d'hospitalisation.

Qu'est donc devenu Patrick Pelloux, médecin urgentiste médiatique?
Est-il en réanimation?
Avant de rentrer dans le rang, il a débranché Roselyne Bachelot ou encore Jean-François Mattei.

L’avenir de ce service du centre de Paris s’est invité dans la campagne municipale. 

Dans un communiqué,
Danielle Simonet, conseillère de Paris et candidate du Parti du Gauche, hurle son mécontentement: "Dans six jours, le service de médecine interne est censé fermer. Si cette fermeture se confirme, les urgences devront également fermer ne pouvant légalement se maintenir sans lits d’aval. La promesse de la Ministre Marisol Touraine du report sine die de la fermeture des urgences se transformera en énième mensonge du gouvernement...

Le groupe UMPPA
(Groupe Union pour une Majorité de Progrès à Paris et Apparentés) moquait de son côté dans un communiqué la "mascarade orchestrée par Jean-Marie Le Guen", adjoint au maire de Paris en charge de la Santé et les "revirements incessants de l’exécutif". 
Des critiques qui n'ont pas interpellé la ministre: la concertation n'est que baliverne.