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lundi 18 octobre 2010

Tout sur l'instrumentalisation de la FIDL par Julien Dray

Le témoignage d'un ex-vice-président dela FIDL
Dans l’ombre, un député PS tirait les ficelles

Nasser Ramdane-Ferradj, aujourd’hui maire adjoint PS de Noisy-le-Sec raconte
Il y a 20 ans jour pour jour, Julien Dray (PS) instrumentalisa un mouvement lycéen.
Agé de 18 ans à l’époque, Ramdane-Ferradj avait été propulsé à la tête du mouvement en tant que vice président de la FIDL (Fédération indépendante et démocratique lycéenne).

« Le mouvement de 1990 a commencé à Saint-Ouen, au lycée Auguste Blanqui, après le viol collectif d’une élève de 15 ans. Très vite, des dizaines de lycées du 93 se mettent en grève. Militant à SOS Racisme depuis deux ans, je me précipite sur mon téléphone pour appeler Malek Boutih dès que le mouvement arrive dans mon lycée. Il m’écoute et me demande de le rappeler dix minutes plus tard. Je le fais. Il me dit juste : « Nasser, tu dois mettre en grève un maximum de lycées ». J’étais devenu sans le savoir le bras armé de Julien Dray dans sa guerre contre Lionel Jospin et Michel Rocard. Ce dernier n’avait pas pris Julien dans son gouvernement, et Julien était persuadé que la faute en revenait à Lionel. Le tout sur fond de guerre des courants au PS, quelques mois après le congrès de Rennes… Autant vous dire que tous ces enjeux m’échappaient assez largement. Comme militant, je n’ignorais pas qu’il y avait des batailles d’appareil. Mais je n’avais aucune vision du tableau d’ensemble.

En bon militant, je fais donc le tour des lycées des environs pour les mettre en grève et, en fin de journée, je me rends dans les locaux de SOS Racisme. Il y a là un certain nombre de militants de SOS comme Malek Boutih et Harlem Désir, quelques anciens du mouvement de décembre 86 contre la loi Devaquet, et Julien, que je connais à peine. Il décide pourtant : “Nasser sera le porte-parole de ce mouvement.”

Au soir de la première manif parisienne, mon boulot consiste donc à me glisser dans la délégation qui doit être reçue par Lionel Jospin, alors ministre de l’Education nationale. Aidé par les militants de SOS, j’y parviens sans trop de difficultés. Là, surprise, à peine ai-je pris la parole que Jospin me coupe : « Vous, je sais que vous êtes là pour une raison particulière ». Il n’en dit pas plus mais le message est clair : il n’est pas dupe et me voit avant tout comme l’homme de Julien, ce qui, d’ailleurs, me vexe un peu ! A la sortie du ministère je vais au devant des micros et j’appelle tous les lycéens à se mettre en mouvement. Et c’est ce qui se passe.

On monte une première coordination, puis une seconde quand les Jeunesses communistes prennent le pouvoir dans la première. Avant chaque réunion, avant chaque manifestation, Julien me briefe, m’indique quel doit être le rythme des manifs, quels slogans mettre en avant… Il m’apprend tout : que c’est celui qui donne les dates des manifs qui est le patron du mouvement, qu’on ne peut pas contenir un mouvement lycéen mais seulement l’accompagner et l’amplifier… Pendant les réunions des coordinations, Malek Boutih est dans un café et rend compte quasiment en temps réel à Julien à partir d’une cabine téléphonique il n’y avait pas de portables à l’époque ! Tout cela a donné lieu à des scènes cocasses, notamment le jour où Malek a cherché à me joindre en pleine négociation au ministère en montant un bateau. On glisse un papier à Jospin qui me dit, narquois : « Monsieur Ramdane, il y a quelqu’un de votre famille qui cherche à vous joindre à propos d’un souci de santé ; je pense que c’est Malek Boutih ». Evidemment, tout du long, Julien et moi faisons semblant de ne pas nous connaître. Nous nous saluons à peine sur les plateaux de télé. Et quand les médias m’interrogent je soutiens que je ne l’ai croisé qu’une ou deux fois lors des concerts de SOS Racisme.

Pendant ce temps,
Julien est en relation permanente avec l’Elysée, via Jean-Louis Bianco et Isabelle Thomas mais aussi directement avec François Mitterrand. C’est Julien qui m’annonce que la coordination va être reçue par le Président, c’est lui aussi qui me fait apprendre par cœur la phrase que je dois répéter à la sortie : « Le président de la République a entendu nos revendications ; c’est maintenant au gouvernement Rocard de prendre ses responsabilités ». Je l’ai fait, et cette phrase a marqué la défaite de Jospin, la victoire du mouvement, et celle de Julien - même si Jospin a aussitôt publié un communiqué disant “Nasser Ramdane n’est pas le porte-parole de l’Elysée” !

Je pense que Julien a tenu les mouvements lycéens et étudiants jusqu’à la fin des années 1990, jusqu’à l’éclatement de son courant au PS. Depuis, personne n’a pris le relais de la même façon que lui, ne serait -ce qu’à cause des évolutions technologiques : le SMS illimité et les réseaux sociaux sont désormais plus forts que les coordinations pour appeler à une manif ou à une AG. Et puis les lycéens disposent aujourd’hui, grâce au mouvement de 1990, d’un cadre démocratique qui n’existait pas : ils peuvent se réunir, ils ont des élus notamment dans les Conseils de la vie lycéenne. De mon temps, on se réunissait clandestinement.

Aujourd’hui ? Les liens existent toujours entre les partis et les organisations lycéennes. Et même si j’ai été instrumentalisé, je persiste à penser que c’est une bonne chose : quand vous êtes lycéen et que vous vous retrouvez à la tête d’un mouvement, vous avez besoin de conseils, de formation, de contacts pour étoffer un service d’ordre…

En tout cas, si j’étais Luc Chatel, je me dépêcherais de recevoir les lycéens pour commencer à chercher une sortie de crise : depuis 20 ans, les gouvernements ont toujours reculé face aux lycéens, pour la simple raison qu’il n’existe qu’une seule façon de mettre un terme à un mouvement lycéen : céder à ses revendications [c'est toujours Ramdane qui parle !]. En plus, le contexte a changé. En 1990, les débordements violents se faisaient contre les biens – il y avait notamment eu la casse du magasin C&A de Montparnasse pendant le mouvement. Mais depuis 2005, la violence s’exerce aussi contre les personnes. Sur cette question, les intérêts des lycéens et ceux du gouvernement convergent : personne ne veut d’un mort dans les manifs.

Ce qui me reste de 1990 ? De l’amitié pour Julien Dray, qui m’a beaucoup appris, et qui m’a permis de rencontrer François Mitterand ! Du respect pour Harlem Désir, qui se tenait un peu en retrait et qui a tenté, pendant et après le mouvement, de me protéger un peu de l’instrumentalisation dont j’étais l’objet. De l’admiration pour Lionel Jospin, dont je ne mesurais pas à l’époque qu’il était un bon ministre de l’Education nationale. Et un regret : que le mouvement lycéen soit désormais scindé entre la FIDL et l’UNL, qui se tirent la bourre. Franchement, on n’imaginait pas ça quand on négociait les droits des lycéens en 1990. Vivement une réunification ! »
Du devoir de mémoire à l'actualité

VOIR et ENTENDRE
une autre manipulatrice socialiste. Celle-ci ment et nie et se renie. Vous avez deviné; ça pourrait être la Ch'tite Aubry, mais il s'agit cette fois de Sa Cynique Majesté Royal:

mercredi 16 avril 2008

Xavier Darcos dialogue à nouveau avec les organisations lycéennes

Les nostalgiques de la gestion paritaire s’obstinent
Outre des retraités, intermittents du spectacle de rue et oisifs de tout poil, des lycéens, enseignants et parents d'élèves (disponibles le mardi non pas pour garder leurs enfants mais pour une petite cure de jouvence) se sont mobilisés en nombre mardi avant les vacances à Paris, où ils étaient au total quelques dizaines de milliers à défiler contre la politique éducative du gouvernement et les suppressions de postes que Xavier Darcos a défendues avec la même détermination. A Paris, les manifestants, toutes catégories confondues, y compris les militants de la CGT réquisitionnés, étaient 20.000 selon la police, 40.000 et jusqu’à 50.000 selon les organisateurs. Ils vont bientôt en annoncer trois fois plus : même la CGT se contentent de seulement les doubler…

Côté manifestant, en dépit de la réalité du terrain, Alix Nicolet, présidente de la Fidl, n’a pas craint d’affirmer : "On est en train de creuser le rapport de force avec le ministre" ! Son compère de l'UNL, Florian Lecoultre a ajouté : "Les lycéens sont satisfaits d'être associés à une réforme du lycée. On retiendra donc que l'UNL admet que le gouvernement pratique la concertation. Mais, à la façon de son mâitre, Gérard Aschiéri, le meneur des professeurs du SNES-FSU, il a estime que "la revendication centrale reste les moyens". Bien que la démonstration de mardi ait été un franc succès, elle ne semble pas si déterminante que cela, car Florian Lecoultre, le président de cette organisation abusivement qualifiée de 'syndicat', a appelé à une nouvelle mobilisation jeudi. Ces défilés à répétition laissent la grande majorité des lycéens de marbre, pour peu qu’ils veuillent acquérir non seulement le niveau du bac, mais celui qui leur permettra de ne pas se faire éliminer de l’enseignement supérieur, puisque ni la randonnée ni le graphisme sur banderole n’est inscrit dans le cursus universitaire : ils ne rapportent aucun point en première année, sauf pour faire carrière au PS qui ne recrute que les meilleurs meneurs, comme le MEDEF.

Côté enseignant, l'appel à la grève en Ile-de-France, seule avec Bordeaux à ne pas encore être en vacances de printemps, a été suivi par moins d'un professeur sur cinq selon le ministère, près d'un sur deux , selon le principal syndicat, le SNUipp-FSU, mais seulement un sur quatre (26%)dans le primaire, selon le ministère. Le zélé SNUipp du primaire anticipe donc les problèmes du lycée ? Il serait donc plus sensibilisé que les professeurs de lycée pourtant directement concernés puisque le SNES-FSU ne juge pas utile de perdre des journées de salaires pour des suppressions de postes qui ne l’affectent donc pas tant que cela! Ils envoient les jeunes au front...
Nouveauté mardi, de nombreux professeurs des écoles ont grossi les rangs du front anti-Darcos lycéens-étudiants-enseignants-parents, constitué la veille avec un appel de 18 organisations à deux nouvelles journées de mobilisation les 15 et 24 mai. L’appellation -très personnalisée- de ce front anti-Darcos est symptomatique de la volonté politique des enseignants d’utiliser les lycéens pour en découdre avec le gouvernement.

Pour ce qui est des programmes du primaire à proprement parler, puisque la réforme du bac pro est devenu le cadet des soucis des responsables lycéens, X. Darcos a assuré que "plus de la moitié des enseignants sur deux les approuvent".
Pourtant, contre toute évidence,"ce qui anime les professeurs des écoles aujourd'hui, ce sont des questions éducatives" et non de moyens ou de conditions de travail, a insisté Gilles Moindrot, secrétaire général du SNUipp-FSU, en fustigeant la "volonté du ministre d'imposer une vision passéiste de l'école"... Ce qui est un comble de la part d’un syndicat qui entend figer l’école et invoque Jules Ferry en permanence. Très hostiles aux nouveaux programmes de l'école primaire présentés le 20 février par le ministre Darcos, des professeurs des écoles souhaitent que "le ministre prenne la mesure du mécontentement" qu'il suscite et qu’il "s'appuie sur leur "expérience professionnelle", a ajouté M. Moindrot. Que le ministre s’appuie sur ce que l’Europe évalue comme un échec lorsqu’elle fait le constat de ses résultats?
Ce syndicat passéiste refuse toute évolution et se fige dans un système qui n’a pas fait ses preuves et que l’Europe situe très moyennement parmi les autres nations. Les maths modernes lui convenaient très bien, comme la méthode globale d’apprentissage de la lecture ! Le SNIuipp et les IUFM recommandent encore la méthode semi-globale pour ne pas admettre leur erreur. Ajoutez à cela que les syndicats enseignants font un blocage sur tous les projets dont ils n’ont pas l’initiative, gardant la nostalgie des époques où ils squattaient le ministère et décidaient de ce que le ministre mettait en œuvre : la gestion paritaire est morte mais ils ne se résignent pas à faire leur deuil.

Xavier Darcos a rétabli la vérité sur las suppressions effectives de postes d’enseignants (3.500) : LIRE PaSiDupes. Il a en outre suggéré un travail avec les organisations lycéennes sur une réforme du lycée passant entre autres par l'accroissement de l'autonomie des élèves -une vieille revendication tarte à la crème que la gauche au ouvoir n'a pas satisfaite- et la création d'un réel statut lycéen, des revendications traditionnelles de l'UNL et de la Fidl. Les parents qui pratiquent l'autonomie savent ce que çà donne...

300 lycéens ont manifesté à Bordeaux, 100 à Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne) et 100 à Grenoble, selon les organisateurs (diviser par deux au moins pour avoir la vérité), alors que les vacances débutent vendredi en région parisienne, terrain principal et presqu’exclusif de la contestation depuis plus de trois semaines. Les syndicats organisations lycéennes se sont pourtant dites confiantes dans la poursuite du mouvement. "La Fidl a un très gros comité parisien: il va aller aider la province à amplifier la mobilisation" lorsque la zone B rentrera de vacances, a assuré Alix Nicolet. ‘Aider’ signifie en fait ‘débaucher’: ce qui n'est pas gagné car la province n'aime pas se faire dicter sa conduite par Paris et ce qui met en évidence que le mouvement n’est pas aussi important que le prétend la presse militante. Quant à la cause!...
De son côté, le jeune Florian Lecoultre, passéiste, remue le passé pour évoquer l'exemple du mouvement anti-CPE qui a survécu en 2006 à un long mois de vacances tournantes.
Quant à Gérard Aschieri (FSU), il a rappelé les "larges perspectives" du mois de mai avec, outre les 15 et 24 mai, une manifestation nationale à l'appel de sa fédération, le 18. Passéiste, le retraitable Aschiéri va-t-il évoquer Mai 68 avec nostalgie
Les deux organisations lycéennes ont confirmé que le ministre, Xavier Darcos, leur maintient ses portes ouvertes et poursuivrait le dialogue mercredi.