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dimanche 2 juin 2019

Redressement fiscal de deux membres du gouvernement sur trois en 2018

Mais ils ont des excuses, selon un universitaire partisan

Les deux tiers du gouvernement de Macron ont fraudé le fisc

Il est temps de déclarer vos impôts.
Ils ont été rattrapés par le fisc et ont subi un redressement fiscal l’an passé. 
Mais le président de l’Institut Sapiens (libéral) et porte-parole du think tank économique Fondation Concorde (centre droit), qui plus est professeur d’université - à Bordeaux, zone macronienne de non-droit -, l'omniprésent Olivier Babeau, 43 ans, considère que s''ils sont responsables, ils ne sont surtout pas coupables ! En effet, loin de s'indigner, il accuse l’impôt qui, en France, est décidément trop illisible, surtout pour cette "société civile" qui devait être exemplaire. Et c’est le contribuable qui en pâtit, observe cet auteur de L'Eloge de l’hypocrisie (2018).  

Le rapport 2018 de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique dévoilé par le Canard Enchaîné révèle que 21 ministres sur 35 ont dû "rectifier" leur déclaration d’impôt. [Car un ministre fraudeur bénéficie d'une "rectification fiscale" quand le citoyen écope d'un redressement...]

Les membres de l’exécutif ont un devoir d’exemplarité, mais ce ne sont que des hommes et des femmes ! On avait tendance à l'oublier, en les voyant parader en tête de leur cortège de hauts-fonctionnaires gris. Chargés de mettre en œuvre la volonté générale, la contrepartie du pouvoir qui leur est confié doit être une rigueur extrême dans le respect des règles qu’ils imposent aux autres, assure notre universitaire, le temps de son édifiant préambule. Evidemment, l’hypocrisie de ministres qui répètent à l’envi combien la fraude fiscale est une chose détestable, tout en rendant eux-mêmes des déclarations imparfaites, est révoltante, insiste-t-il, sur le ton du sachant. Mais il y a plus qu’une nouvelle illustration de la duplicité des puissants qui nous dirigent dans ces redressements massifs de 60 % du gouvernement. 
L’HATVP précise que tous les ministres concernés, sauf un, étaient de bonne foi, souligne bientôt notre vertueux. C'est l'amorce de son virage à 180 °... Car cet interlocuteur proche de la majorité présidentielle met en cause la fiscalité elle-même, plus que les contribuables, qui mériterait d’être redressée. Il pourrait même nous démontrer que Jérôme Cahuzac, ex-ministre du Budget, mais pourtant fraudeur fiscal condamné, serait finalement innocent : une erreur judiciaire. 
Laurent Fabius, autre socialiste impliqué dans l'affaire du sang contaminé (par le virus du VIH) était lui aussi de ces "responsables, mais pas coupables", blanchis d'un coup de baguette magique par Georgina Dufoix, ministre des Affaires sociales et de la Solidarité nationale de Mitterrand, de 1984 à 1985, avec cette simple formule ("responsables, mais pas coupables"), alors que, sous leur autorité, le Centre national de transfusion sanguine (CNTS) avait sciemment distribué des produits sanguins contaminés. Laurent Fabius et Georgina Dufoix ont été relaxés le 9 mars 1999 par la Cour de Justice de la République, l’accusation d’homicide involontaire n'étant pas retenue à leur encontre.
En février 2016, François Hollande a nommé Fabius président du Conseil constitutionnel le 8 mars suivant. La marche en avant de nos 21 ministres fraudeurs du jour ne sera pas entravée.
Il est très difficile, même en étant de bonne foi, de respecter des règles que nul cerveau ne peut parfaitement connaître, assène O. Babeau

Avant la loi de Gérald Darmanin, d'autres tentatives ont voulu simplifier les démarches administratives françaises.
Notre impôt est devenu, à force d’empilement et de raffinements, un effrayant écheveau de règles incompréhensibles, explique-t-il. Le prélèvement à la source en a été le terrible exemple: mis en place avec le but initial de simplifier, il s’est traduit en pratique par un enchevêtrement à côté duquel les centrales nucléaires sont d’aimables mécanos pour enfant. Il est très difficile, même en étant de bonne foi, de respecter des règles que nul cerveau ne peut parfaitement connaître, juge Babeau, quand il s'agit d'hommes de pouvoir.

La complexité n’est pas seulement le produit du travail de fonctionnaires payés pour la créer, et dont l’efficacité est évaluée à l’aune de leurs idées d’impôts nouveaux. Elle a trois autres fonctions essentielles.
Son premier grand avantage est qu’en créant l’opacité, elle tient à distance. [Tout ce qui est abscons génère des experts qui exercent leur supériorité spécifique sur l'autre, qu'il soit béotien ou chirurgien]. Elle éloigne les importuns, débarrasse la bureaucratie des curiosités malsaines de citoyens prétentieux qui se mettraient en tête de la contester [les cabinets spécialisés font commerce de leur expertise en opacité], voire, les nouvelles technologies aidant, de la concurrencer. "Passez votre chemin, braves gens, semblent dire ces textes empilés, l’Etat veille sur vous du haut d’une expertise aux raffinements prodigieux dont vous ne pouvez même pas comprendre la divine efficacité." [Le monde étant bien fait, en l'occurrence, les 21 piégés sont des macroniens, les puissants méprisants du moment]. 
"Compliquer, c’est régner", écrit Jacques Bichot. La numérisation de l’administration n’y change rien. Les accès en ligne, moteurs de requêtes, forums de discussion, "questions fréquentes" ne parviennent pas à clarifier l’écheveau inouï des obligations, règles, régimes, exceptions qui s’appliquent aux administrés [Visent-ils cet objectif pédagogique ou plutôt l'érection d'une barrière de plus, marquant la distance et renforçant leur tranquillité]. Quiconque a déjà voulu créer une entreprise, faire une déclaration de revenus, verser un salaire à un employé ou pire encore travailler comme indépendant l’a expérimenté [le pékin n'a pas ce souci !]. Comprendre à qui l’on doit des cotisations et les calculer relève en soi de la gageure [il existe pour ça des experts, des comptables: ils sont aussi accessibles que les cabinets d'optimisation fiscale...]. Avoir fait dix ans d’études supérieures vous laissera absolument démuni face au Moloch administratif qui enchevêtre les caisses et a créé d’ahurissantes procédures de "cotisations préalables" assises sur les "revenus de l’année N-2" avec rattrapage à la clé et de cotisations partiellement déductibles [L'administration a sa part, mais le législateur aussi et le partage des responsabilités n'est pas à l'avantage de nos parlementaires].
Ces complications sont en réalité des tirs de barrage: elles signifient que nous devons nous en remettre entièrement au dieu Etat et à son clergé. Exactement comme, avant la Réforme, les fidèles chrétiens n’étaient pas censés comprendre les textes bibliques ni y avoir accès.
Dompter l'Administration, bien d'autres, avant Gérald Darmanin, l'ont tenté avec plus ou moins de succès tant sont fortes les réticences de la haute fonction publique. Dès les années 1990, plusieurs structures ont été chargées de faire fondre la paperasserie, comme la commission pour la simplification des formalités (1994), la commission pour les simplifications administratives, ou encore la Direction générale de la modernisation de l'Etat en 2005.
La mission de lutte contre l’inflation normative qui avait rendu son rapport le 26 mars 2013 a comptabilisé l’existence de
400.000 normes en France. L’enjeu de la simplification est donc de taille. Il s’agit d’alléger les procédures et les démarches administratives, mais aussi de limiter la production continue de normes. Or, en même temps que le gouvernement présente ses mesures de simplification, de nouvelles normes sont adoptées, créant de nouvelles obligations.
Tandis que la réforme de la fiscalité locale promise par Macron prend du retard, les 
5 milliards d'euros de baisse annoncée de l'impôt sur le revenu créera de nouvelles disparités entre les contribuables. 
Une entreprise française est sans doute le lieu le plus réglementé de l’histoire de l’humanité.
L’Etat a réservé à l’activité économique la fine fleur de son savoir-faire en matière de complication. Du droit du travail aux obligations sociales, en passant par les normes de sécurité et de représentation, les entreprises font face à des centaines, à des milliers d’obligations et de déclarations en tout genre. L’encadrement de l’activité économique représente la quintessence de l’esprit bureaucratique. Une entreprise française est sans doute le lieu le plus réglementé de l’histoire de l’humanité. Tout simplement.

Plusieurs économistes ont montré que la taille de l’Etat est inversement liée au degré d’influence directe des citoyens sur les résultats politiques. Autrement dit, plus l’Etat s’abstrait du contact avec les gens, plus il s’en éloigne, plus il grossit. Et, en grossissant, il peut aussi accroître cet éloignement, en plaçant entre lui et les citoyens l’impénétrable rideau de fumée de sa complexité. 

Cercle vicieux, donc. Abrité derrière les murailles des services, bureaux, commissions, agences, l’Etat peut grossir en paix, servir ses clientèles, organiser les spoliations légales et les redistributions préférentielles en toute impunité. Il faut que le système soit incompréhensible, car quiconque le comprendrait serait saisi d’effroi et d’indignation. La transparence provoquerait la révolution. Compris par les foules, le système  ne tiendrait pas trois jours.

L’administration a intérêt à rendre son système fiscal ambigu pour une deuxième raison: cela empêche l’évaluation. L’immense complexité de la machine parvient à jeter le doute sur son inefficacité. "Un moteur si complexe, des tuyauteries si finement réglées, des fils si magnifiquement tendus de toutes parts ne peuvent avoir été placés en vain", pense-t-on. Elle fait de la nocivité du système un sujet de débat et non un fait. Elle brouille les cartes: impossible d’identifier précisément que la plupart de ces complications ne servent à rien, comme ces amas de cordes qui semblent de terribles nœuds mais sur lesquels il suffit de tirer pour obtenir un fil. La complexité donne l’illusion de la précision de la machinerie fiscale, alors qu’elle n’est en réalité qu’éparpillement. Elle permet aussi de multiplier les prélèvements en plusieurs fois pour rendre le rançonnage moins douloureux: le revenu de notre travail est prélevé sous forme de cotisations patronales, de cotisations salariales, d’impôt sur le revenu et de TVA au moment de la consommation. Au bout du processus, c’est souvent 80 % de la valeur que vous avez créée qui vous a été confisquée, et cela sans (trop de) douleur. La complication est une bombe nucléaire d’asymétrie informationnelle que la puissance publique entretient avec passion à son propre profit.

Bercy est une forteresse si puissante qu’aucune remise en cause de notre jungle fiscale ne semble vraisemblable

Le troisième intérêt de la complexité fiscale est qu’il permet l’arbitraire. Il est par exemple à l’œuvre depuis longtemps dans les redressements liés à l’évaluation du patrimoine. Comment en effet évaluer la valeur d’un appartement que l’on ne vend pas? L’administration propose sans vergogne — cas réel qui m’a été rapporté — de redresser la valeur de votre rez-de-chaussée sur cour en la comparant à celle des appartements situés en étage élevé avec une vue magnifique… L’arbitraire tient aussi une place désormais reconnue à travers le fait qu’il est possible de sanctionner des montages fiscaux où dominerait l’intention d’optimisation [de même que les députés de la majorité présidentielle ont accordé aux préfets le pouvoir d'arrestation préventive, ce qui a produit l'effet immédiat, dès décembre 2018, de 50 heures de garde à vue, ponctuées de nombreuses humiliations, pour... une paire de lunettes de protection et un "mini fumigène"]. L’Etat s’autorise à sonder les cœurs en jugeant des buts d’une action et en la punissant quand bien même elle respecte les règles.

Nos gouvernants qui protègent [?] notre système fiscal tout en étant victimes [c'est du Babeau ! Nul n'est censé ignorer la loi, hormis au gouvernement ?] de ses roueries souffrent d’une sorte de syndrome de Stockholm, selon Olivier Babeau [les ministres sont des victimes, mais le contribuable de base est un mauvais payeur, un odieux réfractaire à la solidarité nationale ?]. 
"C’est bien là le drame", tente de nous convaincre Babeau [même si le drame est plutôt celui vécu par le citoyen qui ne peut payer sans se priver, alors qu'un secrétaire d'Etat au Commerce extérieur de Hollande, Thomas Thévenoud, joueur de Scrabble en séance de l'Assemblée, peut opposer une "phobie administrative" (2014) et se voir condamner pour une fraude fiscale de 2012 à du sursis en janvier 2016]. 
Bercy est une forteresse si puissante, la dépendance de notre Etat à l’égard de ceux [parlementaires et ministres potentiels] qui assurent les recettes de son fonctionnement [sic] est si absolue, qu’aucune remise en cause de notre jungle fiscale ne semble vraisemblable.

Le "monde nouveau" de Macron fait du sur-place
En réponse à 20Minutes qui s'interroge gravement : "Les 21 ministres rattrapés par le fisc sont-ils de mauvais contribuables ?Sibeth Ndiaye, porte-parole du Gouvernement, Philippe, et Amélie de Montchalin, secrétaire d’Etat chargée des Affaires européennes, répondent : ces ministres étaient "de bonne foi". 
Solidarité nationale, non, mais solidarité gouvernementale, oui.

Qui sont ces 21 ministres "exemplaires" de Macron ?
Nul ne saura ! Le secret est mieux gardé que celui des livraisons d'armes de la France au Yémen en guerre...
Seul le cas Laura Flessel nous est donné en pâture. 
Résultat de recherche d'images pour "denis colovic"L'affaire commence lors de la nomination de l'ancienne escrimeuse au gouvernement, en mai 2017. Comme chaque nouveau ministre, elle est soumise à un contrôle fiscal supervisé par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Les comptes du couple, ainsi que ceux de la société dont ils sont conjointement actionnaires, sont alors minutieusement épluchés. L'entreprise, créée en 2006 pour gérer les droits à l'image de la quintuple médaillée olympique, dite "la guêpe" attire l'attention de l'administration fiscale. 
Cette dernière s'interroge sur d'importantes sommes d'argent qui transitent depuis le compte de la société jusque sur celui des époux Laura Flessel-Denis Colovic. "Des revenus qui n'ont par ailleurs pas été déclarés au fisc et alimentent donc un soupçon d'abus de bien social", indique Le Monde.
La société, Flessel & Co, a fait l'objet d'une "dissolution anticipée", le 30 septembre 2017. 
Depuis l'info est verrouillée.

lundi 6 février 2017

Faut-il que Mediapart rembourse le fisc en salissant la droite?

Mediapart récupérera-t-il sur Fillon les 2,4 millions d'euros qu'il doit au fisc ? 

Le site trotskiste d'information, en redressement fisc sur la TVA applicable à ses abonnements, a-t-il dû verser l'argent réclamé ? 

En mars 2016, le site révolutionnaire annonçait son intention de faire appel. Edwy Plenel, le président fondateur de Mediapart, a dû verser au ministère du Budget un chèque de 2,1 millions d'euros,  le 15 décembre. Un beau cadeau de Noël pour Bercy.
Il a logiquement été suivi d'un autre de 243.000 euros, le 4 février. Soit au total 2,36 millions d'euros. Mediapart s'acquittait ainsi des redressements notifiés par le fisc à l'automne. Mais ce n'est pas tout. 

Au total, le fisc réclame en fait 4,7 millions d'euros: 3,35 millions de redressement, plus 1,35 million de pénalités pour mauvaise foi. Le site a provisionné l'intégralité de la somme, ce qui a plombé ses comptes. Notamment, en 2014, une provision de 2,6 millions d'euros a été passée, rendant Mediapart déficitaire cette année-là (perte d'un million d'euros), contrairement à ce qui avait été annoncé à l'époque (bénéfice de 1,5 million d'euros). 

Or, par chance, les juges Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire ont signifié, lundi 10 février 2014, la fin de leur instruction de l'affaire Karachi au Parquet de Paris
- au service  de Christiane Taubira -  et à toutes les parties liées au dossier – parties civiles, mis en examen ou témoins assistés –, quatre jours après avoir saisi la Cour de justice de la République (CJR) des cas d’Édouard Balladur, de François Léotard et, dans une moindre mesure, de Nicolas Sarkozy. De quoi assurer des rentrées d'argent à Mediapart. L'Etat-PS redonna d'une main ce qu'il prendrait de l'autre.

Le chèque au fisc a vidé les caisses du site trotskiste 

Résultat de recherche d'images pour "Plenel"
Hollande poussait ainsi Plenel a sortir des affaires juteuses pour assurer son équilibre financier. "Nos fonds propres sont tombés à 100.000 euros fin 2015", a déploré jeudi 10 mars la directrice générale, Marie-Hélène Smiejan, lors d'une conférence de presse.

Comment en est-on arrivé là? Le redressement porte sur la TVA appliquée par le site web entre sa création mi-mars 2008 et fin janvier 2014. Durant cette période, la loi stipulait que tous les sites de presse devaient acquitter une TVA à taux plein (19,6%). Mais Mediapart a violé la loi appliquant le taux super réduit de 2,1% en vigueur pour la presse papier. "Nous avons pris ce risque de manière transparente", a raconté Edwy Plenel. 

Début 2014, la loi a été modifiée pour faire baisser le taux de TVA sur la presse en ligne à 2,1%. Mais cela n'a pas réglé la question des années antérieures, d'où le redressement fiscal. 
"Ce contrôle fiscal n'a pas été déclenché par les services fiscaux de Bercy, mais d'en haut", accusa Edwy Plenel. Finalement, le redressement fiscal a été mis en recouvrement le 30 septembre. 

Mediapart a alors lancé un appel aux dons auprès de ses lecteurs, qui a rapporté 500.000 euros. Les révolutionnaires ne sont pas les "sans dents" moqués par Hollande. 

Parallèlement, les sites visés par un redressement (Mediapart, Arrêt sur images et Indigo) ont soutenu un amendement rétroactif qui aurait appliqué la TVA réduite à partir de juin 2009, effaçant ainsi les redressements... 

L'amendement a été co-signé par les socialistes Jean-Marc Ayrault, Aurélie Filippetti (en couple avec Montebourg), Valérie Rabault (proche de Peillon), Karine Berger (au côté de Hamon), Patrick Bloche (directeur de campagne de Vincent Peillon pour la primaire citoyenne de 2017), Christian Paul, soutien d'Arnaud Montebourg à la même primaire dite citoyenne de 2017,... Des amis de Benoît Hamon ! 
Adopté en première lecture par les députés, il a toutefois été rejeté par les sénateurs, puis à nouveau par l'Assemblée. "L'amendement a été rejeté suite à l'opposition du gouvernement", a expliqué Edwy Plenel, qui assure: "Nous n'avons demandé aucune amnistie. Il ne s'agissait pas de passe-droit"

Parallèlement, plusieurs élus des Républicains (Nathalie Kosciusko-Morizet, Franck Riester, Patrice Martin-Lalande...) ont déposé un amendement similaire, avant de le retirer d'eux-mêmes. "Ces députés de droite, qu'on ne peut pas soupçonner de tendresse pour Mediapart, ont dû ravaler leur amendement à la demande de Nicolas Sarkozy, pour des raisons de sectarisme", assure Edwy Plenel.

Au final, Mediapart a donc dû faire son chèque au fisc, mais compte le reprendre en faisant appel devant le tribunal administratif. 
Sans grand espoir toutefois, car le même tribunal a déjà débouté Arrêt sur images sur la même question. "Le tribunal administratif suit pratiquement toujours la position du fisc. Ce n'est que devant la cour d'Appel que la question est étudiée plus sérieusement", accuse le site, qui compte aussi déposer -avec Arrêt sur images et Indigo- une question prioritaire de constitutionnalité, ainsi qu'une question préjudicielle auprès de la cour de justice européenne. 

"La bataille va durer 4 à 5 ans", prédit Marie-Hélène Smiejan. Reste que Mediapart comptait utiliser sa trésorerie accumulée pour tout à fait autre chose. Selon Edwy Plenel, l'argent devait être utilisé "pour racheter les actionnaires extérieurs" (c'est-à-dire autres que les dirigeants fondateurs), pour ensuite apporter le site à une structure "garantissant son indépendance", de type fonds de dotation. "Nous redémarrons donc de zéro", a raconté Marie-Hélène Smiejan, rappelant que le site n'a jamais redistribué ses profits sous forme de dividendes. En revanche, des bons de souscription d'actions (BSPCE) avaient été accordés aux salariés fin 2010, et ont été exercés fin 2014, leur donnant droit à 2% du capital. "Ces BSPCE ont ensuite été rachetés", indique Mediapart, tout anti-libéral qu'il soit.

Sarkozy et Fillon auraient-ils été amenés à souscrire 
à l'insu de leur plein gré en faisant tourner Mediapart à leur encontre, par le biais des rumeurs tournées en affaires par les confrères ?

 

lundi 6 octobre 2014

Mediapart: la phobie fiscale d'Edwy Plenel

Mediapart doit 4,2 millions € au fisc 

Le site trotskiste fait de l'auto-défense fiscale

Moqueur, dissimulé 
derrière sa moustache 
et sa main
 
Le refus de payer comme arme révolutionnaire. 
Entre 2008 et 2013, pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy, Mediapart a décidé de s'auto-appliquer un taux de 2,1%, alors que le taux de TVA de la presse en ligne était de 19,6% pour les autres.

Hollande a acheté la presse au détriment des rentrées fiscales
Ce cadeau fiscal que la "gauche sociale" refuse aux Français, jusqu'aux plus démunis, représente un million d’euros de redressement fiscal (improductif). D'autorité, et pendant six ans, le père la vertu de la gauche révolutionnaire s'est exempté de 17.5% du taux de TVA à 19,6. 

Hollande s'est aujourd’hui soumis au rebelle en accordant un taux unique de 2,1% à toute la presse, à compter de février 2014, qu’elle soit numérique ou en version papier.

Le droit commun, à l'exclusion de la presse
Certains taux de TVA ont changé au 1er janvier 2014:
- le taux normal passe de 19,6 % à 20 %
- le taux intermédiaire passe de 7 % à 10 %
Le taux réduit, qui devait passer de 5,5 à 5 %, a été maintenu à 5,5% par la loi de finances pour 2014.
Abaissé à 2,1%, le taux dérogatoire et préférentiel de l'ensemble de la presse défie toute concurrence et assure sa docilité au pouvoir.

De surcroît, le site Mediapart doit trois millions d’euros à l’administration fiscale 

Pas de prélèvement à la source ?
Déjà en redressement fiscal pour un montant d’un million d’euros correspondant donc aux années 2008, 2009 et 2010, le site partisan du chaos révolutionnaire doit trois autres millions d’euros à l’administration fiscale pour s’être soustrait à 17,5 des 19,6% dus au titre de la TVA.

De plus, Mediapart doit aussi 1.200.000 euros 

Le fisc français réclame en effet 200.000 euros de pénalités de retard et un million d’euros pour "mauvaise foi", en plus de ces quatre millions d’euros.

Réfractaire à la redistribution solidaire (sociale et citoyenne) des richesses.

Edwy Plenel avait alors déposé un recours. 
Parce que les tribunaux ne sont pas déjà encombrés d'affaires pendantes et douloureuses qui peuvent attendre ?

Plenel dénonce une "vengeance"
Interrogé ce lundi 29 septembre sur la situation du site internet, Edwy Plenel a dénoncé une "vengeance de l'affaire Cahuzac de la part d'une partie de l'administration fiscale".  Le site internet avait révélé l’affaire de  fraude fiscale Cahuzac du ministre du Budget de François Hollande, scandale qui avait poussé  à la démission Jérôme Cahuzac, malgré son déni "les yeux dans les yeux" de la représentation parlementaire
Et de hausser le ton: "Nous irons jusqu'au tribunal administratif s'il le faut"! menace le Plenel au-dessus des lois. La solidarité n'est pas le truc des trotskistes...

Mediapart est bénéficiaire de l'aide publique
Comme les autres, si anti-républicain soit-il, Mediapart reçoit un soutien du fonds d’aide au développement des services de presse en ligne créé en 2004 et refondu  en 2009. Le site mauvais payeur est assisté pour la réalisation de projets de développement de services de presse en ligne, avec l'accord d'une commission propre. Il suffit de pratiquer (majoritairement!) la langue française ou une langue régionale en usage en France, ou contribuer au rayonnement de la pensée et de la recherche scientifique françaises...
C'est ainsi qu'un site en redressement fiscal peut demander à bénéficier d’une subvention ou d’une avance remboursable. Pour chaque projet, la subvention accordée est plafonnée à 40 %, mais pour les services de presse en ligne présentant un caractère d’information politique et générale, ces taux sont respectivement majorés à 60 % et 70 %.

Ses journalistes bénéficient d'un régime fiscal de faveur
De même qu'on peut être clandestin et avoir droit à la CMU et à l'AME, de même un journaliste anti-républicain professionnel bénéficie-t-il depuis 1935 d'un statut particulier avec allocation pour frais d'emploi de journaliste. Le calcul du revenu imposable intégrait une déduction de 30 % des revenus bruts, pour les titulaires de la carte de presse, jusqu'à ce que le gouvernement d'Alain Juppé la supprime en 1996, mais Lionel Jospin a mis en place un nouveau système identique en 1998 permettant à chaque journaliste de déduire de son revenu réel une somme forfaitaire plafonnée à 7.650 €, une aide catégorielle directe qui officiellement correspond aux dépenses spécifiques liées au travail de journaliste !
 
Pour un journaliste confirmé, gagnant 3.000 euros nets par mois (3.700 bruts), soit 36.000 euros par an, cette déduction diminue son revenu imposable de 18 %. S'il a deux enfants et subit un taux d'imposition d'un dixième de son revenu, l'avantage fiscal représente 1,8 % de son revenu annuel, soit environ 600 euros par an. En 2007, il y avait 37.000 titulaires de la carte de presse, dont un quart de pigiste. 
Cette aide à la presse représente environ 20 millions d'euros par an, soit un peu plus de 1 % du total des aides à la presse.

Cet abattement a pour effet direct que de nombreux journalistes sont bénéficiaires de la prime pour l'emploi. En effet, les deux critères de cette prime sont de travailler (nombre d'heures) et d'avoir un faible revenu fiscal de référence (RFR) et ce RFR est fortement diminué par l'abattement.

Envie de s'adonner à la révolution ?

Lors de sa campagne d'abonnement et donc d'appel à l'aide, le site révolutionnaire avait reçu nombreux soutiens d'acteurs politiques, notamment par vidéos publiées sur le pré-site, notamment ceux d'Olivier Besancenot, ou José Bové, Daniel Cohn-Bendit ou Noël Mamère, d'Arnaud Montebourg ou Malek Boutih et de François Bayrou ou François Hollande
Le soutien qui avait le plus choqué était venu de Ségolène Royal, ancienne candidate à l’élection présidentielle de 2007, qui recommanda l’abonnement à tous les adhérents de son association Désirs d'avenir. Mais la presse est évidemment indépendante.

Le contribuable a aussi la satisfaction que le fisc le frappe sévèrement, mais
c'est le prix fort à payer pour la liberté de la presse et le pouvoir d'achat d'Edwy Plenel ou Laurent Mauduit et de Fabrice Lhomme ou Fabrice Arfi (ci-contre), et leurs méthodes de justiciersà mettre en parallèle avec celles des juges Eva Joly, Jean-Pierre Michel, Isabelle Prevost-Desprez, Jean-Michel Gentil ou Claire Thépaud, etc.

 

mercredi 19 mars 2014

La majorité parlementaire a demandé d'effacer le redressement fiscal de Mediapart


Faveur des députés de la majorité au site d'information Mediapart. 

Ils ont demandé au gouvernement d'
effacer le redressement fiscal du site d'extrême gauche.

Cette demande du mercredi 29 janvier, formulée à l'occasion de l'examen en commission, s'ajoute à une proposition de loi baissant à 2,1 % le taux de TVA sur la presse en ligneElle fait en effet suite à la proposition du gouvernement, le 17 janvier, d'aligner le taux de TVA classique des media en ligne (de 19,6 % jusqu'au 1er janvier et de 20 % maintenant) sur celui, réduit, des media imprimés. 
Pour protester contre cette différence, plusieurs media en ligne comme Mediapart, Indigo (éditeur de La Lettre A et de Presse News) et Terra Eco, en infraction avec la législation, s'appliquent actuellement d'autorité la TVA à 2,1 % de la presse écrite. Outre Mediapart, c'est surtout à l'avantage de Rue89 (Libération), Arrêt sur images, Slate.fr (issu du journal Le Monde) ou encore le Huffington Post dirigé par Anne Sinclair (PS), tous étant désormais redevables, non pas aux contribuables, mais à la majorité présidentielle. Ce qui autorise à jurer de son indépendance...

La majorité présidentielle désavoue Bercy
Les votes des députés et sénateurs contribuent-ils au redressement des finances publiques ?  Le ministère des Finances s'est fait envoyer dans les cordes et a regagné son coin: les travailleurs français panseront ses plaies par l'impôt...
Placés devant le fait accompli, comme les députés en janvier, les sénateurs ont en effet voté le texte à l'unanimité, se défendant de se vote partisan par la nécessité, selon eux,  de mettre fin à "une inégalité de traitement" entre les supports de presse et d'accompagner une "révolution" médiatique!
 
A la mi-décembre, Mediapart avait reçu du ministère des Finances un avis de contrôle fiscal "portant explicitement sur la TVA", selon Edwy Plenel, fondateur du site. Terra Eco et Indigo avaient reçu un avis similaire. Le site Arrêt sur images était déjà en contentieux avec Bercy, et Dijonscope avait dû fermer. A noter qu'Indigo, ce sont 5 sites web, mais aussi 15 lettres d'information à destination de l'Afrique et du Maghreb. 

Le gouvernement a été expéditif

Le pouvoir a déclaré l'urgence -une seule lecture par chambre- sur ce texte d'assistance aux camarades, qui passé en séance le 4 février. Il a été déposé par le groupe socialiste et adopté à l'unanimité en commission

Cette proposition de loi risque pourtant d'être en infraction avec les règles européennes.

Elle prévoit une entrée en vigueur rétroactive au 1er février...  

La majorité présidentielle s'est ralliée une presse inquisitrice

VOIR et ENTENDRE Hollande quémander le soutien de Mediapart

Aujourd'hui,
en toute impunité, Mediapart sort des extraits des écoutes illégales de Taubira sur Nicolas Sarkozy, l'homme à abattre.
La presse "républicaine" se déchaîne à quatre jours du 1er tour des municipale...  sans qu'aucune institution ne s'élève contre cette méthode de "batards".