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vendredi 13 juillet 2018

Municipales : qui sont les ministres et députés dont Macron pourrait se passer ?

Des ministres et des députés LREM tenteront de faire leurs premières armes dans les communes en 2020

Des ministres et députés LREM (La République en marche) pourraient découvrir le terrain de plus près lors des élections municipales de 2020.

Gérard Collomb, comme Christophe Castaner, est au nombre des candidats au retour au pays, autant pour assurer leur avenir que pour combler un déficit de figures dans les grandes villes.

Placé un peu après le mitan du mandat d'Emmanuel Macron, le scrutin municipal pourrait offrir une porte de sortie à certains ministres après presque trois ans d'exercice.

Le ministre de l'Intérieur se partagerait le gâteau avec sa femme : maire de Lyon de 2001 à 2017, lseptuagénaire pourrait briguer la métropole, dont l'élection s'annonce incertaine, tandis que son épouse, de trente ans sa cadette et référente de La République en marche dans le Rhône, Caroline Collomb, pourrait prendre la ville...

A Marseille, le secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement, Christophe Castaner, laisse courir le bruit d'une possible candidature, sans jamais confirmer, ni infirmer. Mais il a une défaite cuisante à son passif en région PACA depuis les Régionales, puisqu'il n'était pas parvenu à faire barrage au FN.

Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, lui, fait beaucoup moins mystère de son intention de se présenter à Paris face à Anne Hidalgo, même si son investiture n'a pas été officialisée.

Ancienne adjointe de Pierre Cohen à Toulouse entre 2008 et 2010, la Garde des Sceaux Nicole Belloubet est poussée par certains marcheurs pour dégager de la Place Vendôme et s'attaquer au Capitole. La ministre a récemment fermé la porte, mais la perspective de soutenir le maire sortant Jean-Luc Moudenc (LR), proche d'Edouard Philippe, hérisse une frange d'élus et et adhérents LREM.

Image associée
Le ministre de l'Action et des comptes publics Gérald Darmanin a pour sa part écarté l'idée d'une candidature à Lille et a annoncé qu'il souhaitait se présenter de nouveau à Tourcoing.
C'est le Haut-commissaire à l’Economie sociale et solidaire, Christophe Itier, qui est attendu à Lille, contre Martine Aubry.

Protégée de Jean-Claude Boulard, maire (PS) du Mans décédé le 31 mai, la secrétaire d’État à l’Égalité entre les hommes et les femmes les femmes et les hommes Marlène Schiappa est pressentie. Mais la bécasse devrait affronter un vieux cheval de retour, l'ancien porte-parole du gouvernement et ministre intermittent de l'Agriculture de François Hollande, le socialiste Stéphane Le Foll, élu en juin à la succession de Boulard.

Certains députés pourraient eux aussi se lancer

Résultat de recherche d'images pour "charcutage electoral"
Or, l'important charcutage des circonscriptions électorales prévu par la réforme des institutions devrait supprimer plus de 250 d'entre elles : est-ce le moment d'envoyer des nouveaux quand tous les plus expérimentés ne sont pas assurés de retrouver leur territoire ? 

Olivier Véran à Grenoble, Anne-Laurence Pétel à Aix-en-Provence, Romain Grau à Perpignan ou encore Bruno Bonnell à Villeurbanne et Françoise Dumas à Nîmes seraient sur les rangs.

Ailleurs, La République en marche souffre surtout d'un déficit de figures locales. Des référents du parti (à Clermont, Rennes...) pourraient incarner le renouvellement prôné par Emmanuel Macron.
Mais à Nantes par exemple, cette même carence oblige LREM à lancer des discussions avec la maire (PS) Johanna Rolland, pourtant critique de la politique du gouvernement. "Johanna est quelqu'un de constructif, on aurait tort de ne pas négocier avec elle", positive une source ministérielle, faute de mieux.

dimanche 22 avril 2018

Transparence de la vie publique : Transparency dresse un bilan mitigé de l'action de Macron

Une année de pouvoir sans partage et pourtant des "avancées insuffisantes"...

L’imbu de lui-même à l'Elysée, ainsi que sa bande d'arrogants, taclés sèchement

L'ONG altermondialiste 'Transparency International France' a pointé dimanche des "avancées insuffisantes" du pouvoir macronien sur l’éthique et la transparence de la vie publique, faisant la leçon au "pédagogue" de l'Elysée. 
ONGI d'origine allemande, qui a pour principale vocation la lutte contre la corruption des gouvernements et des institutions gouvernementales mondiaux, Transparency lui adresse deux conseils :  "ne pas se contenter de la loi de confiance dans la vie politique" et à "replacer ces questions en haut de l’agenda politique".
Transparency s'arroge le droit de juger les états souverains, singulièrement ceux du Nord, mais aussi ceux du Sud, ces derniers ayant droit à toutes ses indulgences. Ainsi se pose-t-il en observateur du fonctionnement démocratique des institutions nationales, allant jusqu'à émettre des avis sur les actions gouvernementales, bien qu'évidemment elle ne puisse se prévaloir d'aucun mandat électif.
Un an après une élection qui a bénéficié d'un contexte "lourdement marqué par les affaires", le bilan est "mitigé et contrasté", juge dans ce rapport Marc-André Feffer, président de Transparency International. 

L’ONG pointe notamment "un chantier au point mort" sur le financement de la vie politique, "parent pauvre" des réformes sur la transparence. 
Si elle salue la suppression de la réserve parlementaire et l’encadrement des frais de mandats, Transparency appelle à "renforcer les dispositifs de contrôle et d’audit interne à l’Assemblée nationale et au Sénat" et à "inclure des membres indépendants dans les commissions chargées d’apurer les comptes".

Concernant l’indépendance de la justice, l’ONG loue des projets de réforme qui "vont dans le bon sens", notamment la suppression de la Cour de Justice de la République ou l’alignement des règles de nomination des magistrats du parquet sur celles des magistrats du siège. Mais "seule une réforme complète de l’indépendance du Parquet (…) est de nature à lever de matière pérenne les soupçons d’interférence politique dans les dossiers judiciaires", insiste-t-elle.

Retour en arrière sur le lobbying

L’ONG pointe en revanche "un retour en arrière" sur les questions de lobbying, critiquant la décision du gouvernement "d’exclure les associations cultuelles du registre des représentants d’intérêts", à travers l’article 38 de son projet de loi sur le droit à l’erreur. "Tous les acteurs publics comme privés – qu’il s’agisse d’associations, d’entreprises, d’ONG, ou de syndicats – doivent y être inclus", plaide cet organisme supra-national et, à ce titre, illégitime.

L’incertitude autour des contours de la limitation à 3 mandats identiques dans le temps 

Cette autre faiblesse de la politique de
Macron qui a fait la promesse de campagne d'introduire via la réforme des institutions. L’ONG préconise que la mesure prenne en compte les "mandats déjà effectués" lors de son application, et exprime le regret que les maires des communes de moins de "9.000 habitants" puissent ne pas être concernés, ce qui "limiterait considérablement la portée du dispositif".
De plus, concernant l’"intégrité" des responsables publics, le rapport salue certaines avancées: "la loi a effectivement renforcé l’encadrement des activités annexes des parlementaires", note-t-il. En revanche, l'ONG déplore que la nécessité d’avoir un casier judiciaire vierge pour se présenter à une élection ne soit pas entérinée.
Président de Transparency International France de 2003 à 2017, Daniel Lebègue, un haut-fonctionnaire qui a fait carrière dans le Tiers-monde, a milité dès 2011 pour l'introduction du principe de "super procureur" pour couper les liens entre le Garde des Sceaux et le Parquet. Daniel Lebègue affirma alors que "la démocratie française est malade" et se prononça déjà contre le cumul des mandats.
Son successeur, Marc-André Feffer, qui a été élu le 29 mai 2016, est diplômé de l’IEP Paris, ancien élève de l’ENA et auditeur au Conseil d’Etat, puis conseiller de Gaston Thorn, président de la Commission des Communautés européennes. Il entra à Canal+ en 1988 comme secrétaire général, avant de rejoindre le groupe La Poste en 2004 en tant que directeur général délégué, chargé de la stratégie, des affaires internationales et juridiques et de la régulation. Il a pris sa retraite en 2015.
Transparency International France est la section française de Transparency International, un mouvement mondial animé par une vision : un monde dans lequel les États, les entreprises, la société civile et les individus dans leur quotidien seraient épargnés par la corruption sous toutes ses formes. Avec plus de 100 sections dans le monde et un secrétariat international à Berlin, nous conduisons le combat contre la corruption pour faire de cette vision une réalité.
La France se classe 23e sur 180 pays dans l’Indice de Perception de la corruption publié par Transparency International, derrière certains de ses voisins européens comme la Belgique (16e), l’Allemagne (12e) ou le Royaume-Uni (8e).

dimanche 20 février 2011

G20 - La présidence française met les 20 d'accord

Des critères communs d'évaluation des déséquilibres économiques



Ch. Lagarde et le gouverneur de la Banque de France (2003), Christian Noyer



La France a pu annoncer un premier succès
à l'issue de la réunion des ministres des Finances du groupe qu'elle préside et qui rassemble 85% de l'activité économique de la planète.

Notre ministre de l'Economie, Christine Lagarde, n'a pas caché que l'accord a été difficile à trouver, mais les pays du G20 réunis à Paris se sont entendus samedi sur des critères d'évaluation de leurs déséquilibres économiques en évitant toute référence directe aux points de friction avec la Chine.
"Les négociations ont été franches, parfois tendues, toujours très respectueuses et elles ont fait l'objet d'un compromis final dont on ne peut pas dire qu'il est attribuable à tel ou tel", a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse.
"Ça n'a pas été simple, il y avait évidemment des intérêts divergents. Mais nous avons réussi à faire converger les positions vers un texte qui nous paraît à la fois équilibré et exigeant dans sa mise en oeuvre."

Ces critères sont
la dette et les déficits publics,
le taux d'épargne
et l'endettement privé,
ainsi que "les déséquilibres extérieurs à partir de la balance commerciale, des flux nets de revenus d'investissement et des transferts,
en tenant pleinement compte du taux de change et des politiques budgétaire, monétaire ou autre".

La Chine fait de la résistance

Les discussions, entamées vendredi soir, se sont poursuivies toute la nuit avec les "sherpas" des délégations et à la reprise des ministres, samedi matin, l'issue des négociations restait incertaine, en raison de l'opposition de la Chine à toute référence aux réserves de change et aux transactions courantes pour mesurer les déséquilibres.
Réaffirmant la volonté des pays membres de coordonner leurs politiques pour parvenir à une croissance économique "forte, durable et équilibrée" dans son communiqué, le G20 explique viser, d'ici sa prochaine réunion ministérielle en avril à Washington, un accord sur des "lignes directrices indicatives" pour l'évaluation des indicateurs de déséquilibres.

Le souci chinois
Premier exportateur mondial et deuxième puissance économique de la planète, la Chine s'emploie à réduire son énorme excédent commercial (plus de 130 milliards d'euros en 2010) mais elle dispose parallèlement des premières réserves de change mondiales, estimées à plus de 2.000 milliards d'euros.

Respect des membres et souplesse
La phase d'évaluation des indicateurs retenus devra prendre en compte les "circonstances nationales et régionales, y compris celles des grands producteurs de matières premières".
Parmi ces derniers figurent entre autres, dans le G20, l'Arabie saoudite, le Brésil, l'Argentine et l'Australie.

Christine Lagarde a précisé que les indicateurs n'étaient pas des "cibles" et qu'ils n'étaient pas contraignants.
De son coté, la ministre espagnole Elena Salgado a parlé d'un "excellent début qui (...) annonce une excellente fin".

Lors du sommet des dirigeants du G20 à Séoul en novembre, plusieurs pays, parmi lesquels figurait l'Allemagne, avaient rejeté une proposition américaine visant à fixer des limites chiffrées en matière de déficit ou d'excédent courant.

Rôle moteur de la présidence française
A la suite de la France, les Vingt ont aussi émis le souhait d'une amélioration du système monétaire international (SMI), ce qui les conduit à réaffirmer leur volonté d'éviter "les fluctuations déstabilisatrices des flux de capitaux" et "les mouvements désordonnés des taux de change".

Diplomatie française
Christine Lagarde a une nouvelle fois réfuté l'idée d'une "guerre des changes" évoquée depuis plusieurs mois, assurant que "le G20 ne fonctionne pas comme ça".
Son homologue américain, Timothy Geithner, a néanmoins profité de l'occasion pour dénoncer une nouvelle fois la sous-évaluation du yuan chinois.

=> Washington accuse depuis longtemps Pékin d'entretenir la faiblesse de sa monnaie pour doper ses exportations. "Il y a un large consensus sur le fait que les grandes économies, pas seulement l'Europe, le Japon et les Etats-Unis mais aussi les grandes économies émergentes, doivent permettre un ajustement de leurs taux de change pour répondre aux forces des marchés", a dit le secrétaire au Trésor de Barack Obama.

=> De leur côté, les grandes puissances émergentes, comme la Chine et le Brésil, reprochent aux Etats-Unis de provoquer des distorsions dans les flux de capitaux mondiaux par le biais de leur politique monétaire d'injections massives de liquidités sur les marchés.

Patience et longueur de temps...
La lutte contre la volatilité des prix des matières premières, autre priorité de Paris, n'a encore réalisé aucune avancée notable lors de la réunion de Paris.
Un groupe de travail y sera consacré, sous présidence japonaise.
Le débat sur le SMI sera au centre d'un "séminaire" du G20 fin mars à Shenzhen, en Chine. Mais, a reconnu Christine Lagarde, "le système monétaire international ne va pas être refait en un jour, ni même en un an".

jeudi 11 septembre 2008

Montebourg se la joue rassembleur et « appelle Aubry et Moscovici à se réunir" !

Le Martin Luther King de Saône-et-Loire : « I have a dream… »
Le cyclothymique socialiste Arnaud Montebourg est dans une phase positive : après avoir agressé tout le monde, le coupeur de têtes se rêve rassembleur ! Crédible ?

Le convulsionnaire Nono Montebourde rêve de jours meilleurs, où les socialistes aboliraient l’apartheid qui frappe Lolo Fabius. Dans un entretien au magazine Le Point, il expliquait le 03 septembre quels fantasmes le hantent au fond de sa couette.

Rataplan !
Voici l’intégrale du script du film que se fait le désopilant Nono :
À La Rochelle, le week-dernier, le Parti socialiste a laissé éclater au grand jour les divisions qui le rongent à l'approche du congrès de Reims (14-16 novembre). Dans la course au leadership, tous les coups sont permis... À la suite de cette "désolante" université d'été, le député de Saône-et-Loire Arnaud Montebourg livre ses impressions au point.fr et clame la nécessité d'un large rassemblement autour de Martine Aubry et Pierre Moscovici. Sans quoi le PS va "disparaître des radars".

Lepoint.fr : Dans quel état d'esprit êtes-vous après La Rochelle, que vous qualifiez dans un appel à vos partisans de "dernier épisode des tristes convulsions" du PS ?
(
Lire "L'appel aux rénovateurs" )
Arnaud Montebourg : Je suis malheureux devant le spectacle désolant d'un parti multifracturé. Tous les efforts de reconstruction sont vains et improductifs. Le PS est divisé en de très nombreuses chapelles qui ne se parlent plus et ne se rassemblent plus. Aux vieux clivages entre Rocard et Mitterrand et Fabius et Jospin se superposent les divisions entre les partisans du oui et ceux du non au référendum européen, mais aussi les ambitions personnelles. À cela, il faut ajouter le risque de déchaînement des présidentiables... Ce parti est en train de se rayer de la carte, par sa faute, et celle de ses dirigeants. Ses élus sont d'ailleurs tentés de se réfugier dans leurs circonscriptions et c'est normal : tous ceux qui tentent de mettre le doigt dans ce travail de reconstruction se prennent des baffes. Avec Pierre Moscovici, nous avons entamé il y a neuf mois un travail courageux de rapprochement de points de vue auparavant divergents et une recherche de nouvelles synthèses. Mais cela ne suffit pas. Il faut atteindre la majorité.

Lepoint.fr :
Toutes les alliances, toutes les combinaisons semblent aujourd'hui possibles. Quelle majorité doit finalement émerger du congrès de Reims ?
A. M. : Nous devons desserrer l'étau entre les attaques de François Bayrou, qui cherche à se substituer à nous sur le terrain de la crédibilité, et Olivier Besancenot, qui cherche à se substituer à nous sur les valeurs de la gauche. Il faut donc inventer un nouvel alliage, fidèle à nos valeurs. Le rassemblement doit se faire entre Pierre Moscovici, Martine Aubry, La ligne claire (les barons locaux Jean-Noël Guerini et Gérard Collomb) et le pôle écologique.

Lepoint.fr :
Pierre Moscovici travaille avec La ligne claire et n'est pas enclin à se rapprocher des fabiusiens pour le moment. Martine Aubry travaille avec les fabiusiens et n'est pas prête à se rapprocher de La ligne claire... La partie est-elle injouable ?
A. M. : J'appelle Martine Aubry et Pierre Moscovici à se réunir. Ils doivent se voir et sortir avec un accord de rénovation du parti. Personne ne doit prendre la responsabilité de faire des micro-motions parce qu'il a un problème avec untel ou un tel ! S'il y a cinq ou six motions dans ce congrès, il n'y a plus de PS... La solution de facilité, c'est la division. La solution de difficulté, mais des dizaines de milliers de militants et des millions de Français nous remercieront, c'est la conciliation de nos contraires et le sacrifice des ambitions personnelles. Si on ne trouve pas un moyen de s'en sortir, on va disparaître des radars. "Un nouveau cadre stratégique"

Lepoint.fr :
Le PS peut-il éviter un choc des présidentiables à Reims ?
A. M. : La plus grande catastrophe serait de se retrouver, après le congrès de Reims, avec un parti coupé en deux entre les partisans de Ségolène Royal et ceux de Bertrand Delanoë. J'ai pourtant beaucoup d'amitié pour Bertrand Delanoë et je conserve une affection toute particulière à l'égard de Ségolène Royal dont j'ai été le porte-parole pendant la campagne présidentielle. Mais je ne suis d'accord ni avec l'un, ni avec l'autre, lorsqu'ils veulent emporter ce parti dans une guerre des écuries qui conduirait à une absence de rénovation. Ce serait le top-départ de trois ans et demi d'un match épuisant en vue de la présidentielle. Il faut donner un nouveau cadre stratégique au PS grâce à un système de primaires ouvertes sur la société. Les listes électorales seraient constituées dans les sections socialistes et ce serait quatre millions d'électeurs, moyennant une participation symbolique d'un ou deux euros, qui désigneraient le candidat socialiste à la présidentielle. Cela permettrait au parti non seulement d'élargir son audience, mais en plus de reprendre pied dans la société. Cela constituerait un premier pas vers le parti de toutes les gauches et permettrait de faire face à l'avance stratégique de l'UMP.

Lepoint.fr :
L'Assemblée nationale reprend ses travaux le 22 septembre. Comment le PS peut-il mettre à profit la réforme des institutions (contre laquelle il a voté en janvier) ?
A. M. : Nous serons attentifs à la mise en oeuvre de cette réforme. Et à l'application des lois organiques, qui précisent des articles de la Constitution et donc qui peuvent améliorer ou restreindre la portée de ce texte. Je pense au référendum d'initiative populaire, à la saisine du Conseil constitutionnel mais surtout aux droits des parlementaires de l'opposition. La droite a le pouvoir exclusif de nous octroyer ou de nous retirer des droits, nous n'avons donc aucune confiance en l'application de cette réforme qui, comme je l'avais dit lors de mon discours au congrès de Versailles, renforce la pratique personnelle du pouvoir, et dans laquelle les droits de l'opposition sont inexistants.

Lepoint.fr : Quel sujet doit mobiliser les socialistes en cette rentrée ?
A. M. : La "privatisation" de La Poste est une opération désastreuse pour l'intérêt général. Dans mon département de Saône-et-Loire, la direction de La Poste prépare la suppression de 45 bureaux. Les tarifs de La Poste étaient élevés mais ne coûtaient rien aux contribuables. Et c'est bien eux qui vont payer pour ce changement de statut. Tout cela pour permettre aux futurs actionnaires de se servir des dividendes... Ces méthodes brutales et violentes sont en rapport avec la libéralisation des services publics, donc avec leur disparition.

Le diagnostic du Dr Montebourg laisse peu d’espoir au malade socialiste.

vendredi 30 mai 2008

«Il faut oser la réforme permanente», encourage Raffarin

Cà compense la « rentrée sociale permanente »…
Le 07 mai 2008, Le Figaro publia un entretien accordé par Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre. En voici le texte :

LE FIGARO Quel bilan dressez-vous de la première année de la présidence Sarkozy? J
Jean-Pierre RAFFARIN - De­puis un an, la France a franchi des étapes majeures de sa modernisation, grâce à l'initiative européenne de Nicolas Sarkozy, à la nouvelle pensée sur le travail et aussi au rôle international du président. Si les sondages ne sont pas au rendez-vous, c'est parce que les Français s'inquiètent davantage de leurs attentes que des réformes. Ils espèrent plus de progrès social. L'em­ploi s'améliorant, ils sont plus exigeants en terme de revenu.

Ça veut dire qu'on avait trop promis ?
Ça veut dire que les campagnes présidentielles sont trop généreuses, depuis longtemps en France.

Il n'y a donc pas eu rupture sur ce point entre Sarkozy et ses prédecesseurs?
Pas plus qu'entre Jospin et Royal. Mais dans l'action, la rupture est incontestable.
Pensez-vous toujours qu'il aurait fallu hiérarchiser les réformes ?
Il est vrai que c'est ma conviction. Je reconnais que la démonstration du président sur la simultanéité des réformes est convaincante. Il conserve sa vision de la réforme globale, mais je remarque néanmoins qu'aujourd'hui, des priorités se dessinent pour les mois à venir : le paquet social contrat de travail, retraites, représentativité , la réforme institutionnelle, et l'Europe avec la présidence française. Cette hiérarchie me paraît nécessaire.
Quelles marges de manœuvre reste-t-il pour les réformes ?
L'adversaire, c'est l'immobilisme. Nous avons devant nous mille jours de mouvement et de réforme. Il serait coupable de perdre du temps. Le champ de la réforme est très large, y compris dans un contexte de faible croissance. La situation internationale ne saurait être un prétexte à l'inaction.
Pourtant la majorité ne semble pas très allante…
Le président de la République est le premier réformateur de ce pays. Il est important qu'avec l'UMP et nos groupes parlementaires, nous puissions procéder aux débats préalables aux arbitrages que chacun devra ensuite assumer avec loyauté.
Partagez-vous les réticences exprimées à l'UMP sur la réforme des institutions? Non. Sur ces sujets de fond, je suis totalement sur la ligne d'Édouard Balladur. Chaque parlementaire ne pourra pas dessiner lui-même la réforme idéale, il faut donc rechercher des compromis. Le seul compromis qui me paraisse inacceptable, c'est celui qui ferait du Sénat la variable d'ajustement des négociations entre députés.
Etes-vous favorable au droit d'expression du président de la République devant le parlement?
Je souhaite que cela soit rare et solennel, donc devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles.
Faut-il prendre en compte le temps de parole du président dans les médias?
Je ne suis pas fermé à une discussion sur le sujet à condition que l'on reconnaisse que la parole présidentielle est, pour l'essentiel, au-dessus des partis.
Approuvez-vous la limitation du recours au 49-3?
Mon expérience de premier ministre me conduirait à être réservé sur un certain nombre de propositions qui limitent l'efficacité gouvernementale, par exemple la restriction du recours au 49-3. Mais je ne voudrais pas que la somme de nos réserves conduise à l'immobilisme. Il faut oser la réforme, et la réforme permanente, garante du mouvement, plutôt qu'un «grand soir» de la réforme.
Regrettez-vous la suppression du dispositif de contrôle de l'action du gouvernement par le Parlement?
Oui, et je souhaite que le Parlement renforce son pouvoir de contrôle.
Le PS lie la révision constitutionnelle à une réforme des modes de scrutin. Faut-il lui donner satisfaction?
Je ne suis pas pour négocier avec la gauche sur des sujets qui ne sont pas du domaine de la loi constitutionnelle. Cette loi doit trouver en elle-même ses propres équilibres.
Que ressentez-vous quand certains de vos anciens ministres disent que rien n'a été fait depuis vingt ans?
En toutes circonstances, au plan international comme dans notre action intérieure, j'assume mon bilan sereinement. Critiquer ses prédécesseurs est un travers national. Pour ma part, j'ai appris depuis longtemps à surmonter mes humeurs.
Comment va l'UMP ?
Mieux depuis la réorganisation post-municipales. Elle est plus offensive, et le travail est mieux partagé. Il faut poursuivre dans cette voie, offensive et collégiale.
Quand annoncerez-vous votre candidature à la présidence du Sénat?
Votre question est prématurée. La campagne sénatoriale ne doit pas gêner l'action réformatrice de cette session de printemps. Quand elle s'achèvera, vers la mi-juillet, nous verrons quels sont les candidats les plus aptes à porter une nouvelle ambition pour le Sénat et à valoriser le travail de ses membres.