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dimanche 21 juillet 2019

Transparence et déontologie, selon Edouard Philippe et ses prédécesseurs

© Fotolia.com
Les ministres et secrétaires d’Etat sont nommés par le président de la République sur proposition du Premier ministre. A leur entrée dans le gouvernement, durant leurs fonctions puis à leur sortie, ils sont soumis à certaines obligations en matière de transparence et de déontologie.
En outre, ils ont interdiction de cumuler leur activité gouvernementale avec certaines autres fonctions.
Lorsqu’ils cessent de faire partie du gouvernement, les ministres et secrétaires d’État peuvent percevoir une indemnité pendant trois mois maximum.

Les règles en matière de transparence et de déontologie

Ces règles ont été renforcées par la loi ordinaire du 11 octobre 2013 relative à la transparence de la vie publique, adoptée dans l’urgence à la suite de l’affaire "Cahuzac", et par la loi ordinaire du 15 septembre 2017 pour la confiance dans la vie politique.
[Il faudrait également citer la Charte de déontologie des membres du gouvernement, 17 mai 2012, déjà suggérée par JY Le Drian]

A l’entrée dans le gouvernement

Dans les deux mois suivant leur nomination, les ministres et secrétaires d’État doivent adresser à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) une déclaration de patrimoine concernant la totalité de leurs biens propres ainsi que, le cas échéant, ceux de la communauté ou les biens indivis. La déclaration porte notamment sur les immeubles, les assurances-vie, les comptes bancaires détenus.
Dans le même délai, les ministres et secrétaires d’État doivent transmettre à la HATVP et au Premier ministre une déclaration d’intérêts. Celle-ci doit mentionner les intérêts détenus à la date de leur nomination et dans les cinq années précédentes. Elle fait notamment apparaître, les activités professionnelles ou de consultant passées et présentes du déclarant, ses différentes participations aux organes dirigeants d’organismes publics ou privés, la profession de son conjoint, partenaire pacsé ou concubin.
La HATVP, qui a remplacé en janvier 2014 la Commission pour la transparence financière de la vie politique créée en 1988, est chargée de vérifier ces déclarations. Elle peut enjoindre un membre du gouvernement qui aurait omis de les déposer de le faire sous un mois, ainsi que de compléter ses déclarations ou de fournir des explications.
Pour assurer sa mission, la HATVP transmet à l’administration fiscale les déclarations de patrimoine afin obtenir tous les éléments pour en contrôler l’exhaustivité, l’exactitude et la sincérité (par exemple avis d’impôt sur le revenu, avis d’impôt sur la fortune immobilière). Elle saisit le parquet de toute déclaration de patrimoine irrégulière (cas en mars 2014 des déclarations de Yamina Benguigui, ministre déléguée chargée de la Francophonie).
La HATVP publie sur son site internet les déclarations de patrimoine et d’intérêts des membres du gouvernement, assorties de ses éventuelles appréciations. Cette publicité est une innovation majeure de la loi du 11 octobre 2013, même si dès juin 2012 et avril 2013, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault avait ordonné la publication des déclarations d’intérêts et de patrimoine des ministres sur le portail internet du gouvernement.
Lors de leur entrée au gouvernement, les ministres et secrétaires d’État doivent également confier à un tiers la gestion de leurs instruments financiers.
Ils font en outre systématiquement l’objet, dès leur nomination, d’une procédure de vérification fiscale. Cette procédure, supervisée par la HATVP et conduite par l’administration fiscale, permet de vérifier que les membres du gouvernement sont à jour du paiement de leurs impôts. Si tel n’est pas le cas, le président de la République et le Premier ministre en sont immédiatement informés (depuis la loi Sapin II du 9 décembre 2016) et le membre du gouvernement fautif contraint à la démission (comme le secrétaire d’État au commerce extérieur Thomas Thévenoud en septembre 2014). Jusqu’à la loi de 2013, cette vérification était mise en œuvre, de manière officieuse, à la demande du ministre du budget.
De plus, la vérification de la situation des membres du gouvernement peut avoir lieu avant même leur nomination. Cette pratique, initiée lors de la composition du gouvernement d’Édouard Philippe en mai 2017, est désormais prévue par la loi ordinaire du 15 septembre 2017 pour la confiance dans la vie politique. En vertu de ce texte, le président de la République peut, préalablement à la nomination du Premier ministre, des ministres et secrétaires d’État, demander :
  • à la HATVP des informations sur leur situation au regard des conflits d’intérêts et sur le respect de leurs obligations déclaratives en matière de patrimoine et d’intérêts et d’activités ;
  • une attestation sur leur situation fiscale ;
  • le bulletin n°2 de leur casier judiciaire.
Le Premier ministre reçoit également ces informations (sauf si elles le concernent).

Pendant leurs fonctions

En cas de modification importante de leur patrimoine durant l’exercice de leurs fonctions, les ministres et secrétaires d’État doivent le déclarer à la HATVP. Il en est de même en cas de modification substantielle de leurs intérêts. Dans ce dernier cas, le Premier ministre doit également recevoir une déclaration.
Par ailleurs, les membres du gouvernement doivent exercer leurs fonctions avec dignité, probité et intégrité et veiller à prévenir ou à faire cesser immédiatement tout conflit d’intérêts. La loi de 2013 définit pour la première fois la notion de conflits d’intérêts. Il s’agit de "toute situation d’interférence entre un intérêt public et des intérêts publics ou privés qui est de nature à influencer ou à paraître influencer l’exercice indépendant, impartial et objectif d’une fonction".
Dans une telle situation, le ministre doit prévenir le Premier ministre afin que ce dernier exerce ses attributions pour régler les dossiers en interférence. La même règle s’applique au secrétaire d’État (ou ministre délégué) qui doit alerter le Premier ministre et son ministre de rattachement afin que ce dernier le remplace pour traiter les affaires en cause.
Depuis mai 2017, trois ministres et un secrétaire d’État du gouvernement d’Édouard Philippe ont fait l’objet de décrets de "déport". C’est le cas notamment d’Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé, qui a été déchargée de la tutelle de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), dirigé par son mari, ou de Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique et solidaire, qui a été déchargé des questions relatives à la "Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme" et à la marque de cosmétiques Ushuaïa. [L’une des cinq membres du gouvernement Philippe concernés par un décret restreignant ses compétences est Emmanuelle Wargon, fille de Lionel Stoleru (ancien secrétaire d'Etat de Giscard d'Estaing, puis de Mitterrand), secrétaire d’Etat à la Transition écologique et solidaire, à la suite de Sébastien Lecornu, en plus de Françoise Nyssen, en conflit d'intérêts patent entre la patronne d'Actes Sud et la ministre de la Culture.]
 Ces décrets de déport figurent sur le "registre de prévention des conflits d’intérêts", accessible sur le portail internet du gouvernement.
Ce registre mentionne également les cas dans lesquels un membre du gouvernement a estimé ne pas pouvoir participer à une délibération en conseil des ministres en raison d’une situation de conflit d’intérêts relative à la question débattue. La création de ce registre date de la loi précitée du 15 septembre 2017.

A la sortie du gouvernement

Dans les deux mois suivant la cessation de leurs fonctions, les ministres et secrétaires d’État doivent transmettre une nouvelle déclaration de patrimoine ainsi qu’une nouvelle déclaration d’intérêts à la HATVP.
La déclaration de patrimoine terminale doit récapituler l’ensemble des revenus perçus par le ministre ou secrétaire d’État (et le cas échéant par la communauté) depuis son entrée au gouvernement. L’objectif est de lutter contre la corruption en vérifiant que la personne ne s’est pas illégalement enrichie lorsqu’elle était au gouvernement. En cas de variation inexpliquée de la situation patrimoniale, la HATVP transmet le dossier au parquet.
Par ailleurs, les membres du gouvernement sortants peuvent se voir interdire ou autoriser sous réserve par la HATVP, pendant un délai de trois ans après la fin de leurs fonctions, une activité libérale ou une activité rémunérée au sein d’une entreprise ou d’un établissement public industriel et commercial. Si les ex-ministres violent l’interdiction ou les réserves édictées afin de prévenir un conflit d’intérêts, la HATVP publie un rapport spécial et le transmet au parquet.

Les règles en matière d‘incompatibilité et de cumul avec d’autres fonctions

Les fonctions ministérielles sont incompatibles avec diverses autres fonctions, qu’elles soient publiques ou privées, électives ou non. Ces incompatibilités, qui sont pour l’essentiel prévues à l’article 23 de la Constitution du 4 octobre 1958, visent à garantir la disponibilité et l’indépendance des ministres.

Incompatibilité avec un mandat parlementaire

Un membre du gouvernement ne peut pas exercer en même temps un mandatparlementaire. Cette incompatibilité date de la Ve République.
Les députés et les sénateurs qui acceptent une nomination au gouvernement sont remplacés par leurs suppléants. Ce remplacement est, depuis la réforme constitutionnelle du 23 juillet 2008, temporaire : il prend fin un mois après la fin des fonctions ministérielles. L’ex-ministre retrouve automatiquement son siège de parlementaire. Il n’a plus à attendre, comme auparavant, la fin du mandat de son suppléant ou sa démission et l’organisation d’une élection partielle pour retrouver son siège.

Incompatibilités professionnelles (avec un emploi public, une activité privée ou une fonction de représentation professionnelle)

Le fonctionnaire, qui devient ministre ou secrétaire d’État, ne peut pas continuer à exercer son emploi public. Lorsqu’il entre au gouvernement, il est placé d’office en disponibilité. Dans cette position, il ne peut pas obtenir d’avancements de carrière, ni acquérir de droits à pension. Cette règle, instituée par la loi organique du 11 octobre 2013, est applicable depuis le 1er octobre 2014. Elle a mis fin au régime plus avantageux du détachement pour les fonctionnaires nommés au gouvernement.
L’exercice d’une activité professionnelle privée, y compris libérale, est également interdit aux membres du gouvernement. L’incompatibilité peut concerner toute activité, même annexe à la profession de la personne appelée au gouvernement (par exemple une activité publicitaire, comme ce fut le cas pour le secrétaire d’État aux sports Bernard Laporte en 2007).
Il est également impossible de cumuler des fonctions gouvernementales avec une fonction de représentation professionnelle à caractère national. Cette interdiction vise la direction nationale des syndicats patronaux ou de salariés et des organismes professionnels ou interprofessionnels (publics, semi-publics ou privés).

Les autres incompatibilités

Les fonctions de membre du gouvernement sont également incompatibles avec celles de :
  • président de la République (coutume constitutionnelle) ;
  • député européen (article 6 de la décision du Conseil des Communautés du 20 septembre 1976) ;
  • membre du Conseil constitutionnel (article 57 de la Constitution) ;
  • membre du Conseil supérieur de l’audiovisuel ;
  • membre du Conseil économique, social et environnemental ;
  • Défenseur des droits ou adjoints au Défenseur.

La question du cumul avec un mandat local

Aujourd’hui, aucun texte n’interdit à un ministre ou à un secrétaire d’État de détenir des mandats locaux. Toutefois, les présidents de la République Jacques Chirac en 2002 et François Hollande en 2012 ont appliqué à leurs gouvernements la doctrine instituée en 1997 par Lionel Jospin. Lors de sa nomination comme Premier ministre, celui-ci avait imposé à ses ministres de renoncer à la direction d’un exécutif local. En mai 2012, après l’élection de François Hollande, la "doctrine Jospin" a été formalisée dans une "charte de déontologie des membres du Gouvernement". A son tour en mai 2017, Emmanuel Macron a demandé aux ministres nouvellement nommés de démissionner des exécutifs locaux qu’ils dirigeaient.
Un projet de loi constitutionnelle relatif aux incompatibilités applicables à l’exercice de fonctions gouvernementales et à la composition du Conseil constitutionnel, présenté le 13 mars 2013, prévoyait d’inscrire dans la Constitution l’interdiction du cumul des fonctions de ministre avec un mandat d’exécutif local. Toutefois, ce projet de loi a été abandonné faute pour le Sénat de l’avoir examiné.
Le projet de loi constitutionnelle, présenté le 9 mai 2018 en Conseil des ministres dans le cadre de la réforme des institutions, reprend cette interdiction. Son article 1er dispose que "Les fonctions de membre du Gouvernement sont également incompatibles… avec l’exercice d’une fonction exécutive ou de présidence d’assemblée délibérante au sein des collectivités…, de leurs groupements et de certaines personnes morales qui en dépendent".
En novembre 2012, la Commission "Jospin" de rénovation et de déontologie de la vie publique, allait plus loin. Elle préconisait d’interdire le cumul d’une fonction ministérielle avec l’exercice de tout mandat local, exécutif ou non.

L’indemnité de cessation de fonction des membres du gouvernement

Après avoir cessé leurs fonctions, les ministres et secrétaires d’État perçoivent une indemnité équivalente au traitement qu’ils recevaient au gouvernement. Le versement de cette indemnité leur est assuré pendant trois mois (contre six mois avant la loi organique du 11 octobre 2013), sauf s’ils reprennent une activité rémunérée avant.
Les ministres et secrétaires d’État qui ont oublié de déclarer tout ou partie de leur patrimoine ou de leurs intérêts sont privés de leur indemnité (depuis la loi organique du 11 octobre 2013).
Concernant les avantages matériels (logement, voiture de fonction, etc.) des ex-ministres et secrétaires d’État, la loi ne prévoit rien.
Dans un souci de complète transparence et au nom de la séparation des pouvoirs, à l’instar du député René Dosière qui souhaitait en mars 2016 un débat parlementaire sur les avantages des anciens présidents de la République, certains ont réclamé une loi sur le statut des membres et anciens membres du gouvernement.


mercredi 10 avril 2019

Le Maire voit du "populisme" dans les oppositions à sa privatisation d'Aéroports de Paris

Le projet de référendum contre la privatisation d'ADP fait "le jeu des populismes", selon Le Maire 

Nul ne sait si le RIP peut faire se crasher le projet de privatisation d'ADP 

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Les parlementaires ont enclenché un "référendum d'initiative partagée" (RIP) pour tenter d'empêcher la privatisation du groupe Aéroports de Paris.
Furieux, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire les accuse de "faire le jeu des populismes".
"Tous ceux qui se réunissent dans un attelage de circonstance pour proposer un référendum d'initiative partagée, alors que le texte n'est même pas encore voté, font le jeu des populismes et affaiblissent la démocratie représentative", a éructé le petit maître de Bercy à l'ouverture des débats sur le vote définitif de la loi Pacte, qui comprend la mesure de privatisation.

Plus de 250 parlementaires, de LFI à LR, et avec le soutien du RN, ont sorti pour la première fois la carte d'un RIP - une mesure jamais utilisée depuis son inscription dans la Constitution en 2008 -, afin de tenter d'empêcher le gouvernement de "vendre la poule aux oeufs d'or" pour renflouer ses caisses, notamment dilapidées en dépenses discutables, telles que la réfection de la salle des fêtes de l'Elysée.

Le projet de loi PACTE pour "la croissance et la transformation des entreprises" prévoit que l'Etat procède à la vente au privé de tout ou partie des actifs qu'il détient dans ADP (ex-Aéroports de Paris), soit 50,63% des parts représentant quelque 9,5 milliards d'euros. Il était jusqu'alors obligé par la loi de conserver la majorité des parts du groupe aéroportuaire, une partie des "bijoux de famille", comme la Française des Jeux. 

Le RIP permet tout, sauf un passage en force

"Vous voulez passer en force" sur ADP, prétend un Le Maire oublieux des trois recours à l'article 49.3 du gouvernement sur la Loi Travail de Muriel Pénicaud.

Et "vous êtes manifestement très inquiets par cette décision [d'un RIP], ce qui prouve que nous avions raison de le faire", a objecté le député Insoumis Alexis Corbière. "Ce dont vous avez peur, c'est du peuple (..) Vous êtes dans cette affaire dans une dérive autoritaire", a-t-il enchaîné, alors que des petits soldats En marche! vociféraient.

Et Bruno Le Maire de répliquer: "Ce n'est pas votre RIP qui nous fait peur, c'est vous", quand "vous vous mettez à hurler à la tribune".
"Oui, vous faites peur M. Corbière et, avec vous M. Mélenchon, quand vous nous expliquez que (...) le travail parlementaire ne compte pas", car "vous nous menacez et je ne pense pas que la menace contre les représentants du peuple français ait droit de cité ici", a polémiqué le ministre, alors que l'hémicycle se transformait en chaudron.

Le ministre de l'Economie avait au début de son discours flatté le travail parlementaire réalisé au cours de l'examen du projet de loi Pacte, citant les 8.500 amendements déposés dont 1.275, émanant de tous les bords politiques, qui ont été adoptés. "Ce texte est la preuve que la démocratie représentative reste le meilleur modè"le politique et qu'il serait dangereux de le fragiliser", avait-il lancé.

"Le référendum d'initiative partagée n'ira sans doute nulle part," juge BFMTV

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Rest In Peace
"Comme le montre bien l'article 11 de la Constitution, selon le journaliste Jules Pecnardla réunion de plus de 4,7 millions de signatures pour valider la procédure n'est pas le pallier le plus compliqué à franchir. Loin de là," écrit un apôtre de Macron passé par L'Express (groupe du cable-opérateur SFR de Altice détenu par P. Drahi, établi au ...Luxembourg), France 24 (état français) et CNews (groupe Bolloré) et RTL (groupe M6, propriété du groupe allemand Bertelsmann, domicilié au ...Luxembourg).

Le chiffre, revu à la hausse ce mercredi, a de quoi impressionner "au premier coup d'œil," admet le journaliste pourtant inféodé. La proposition de loi référendaire visant à empêcher la privatisation d'Aéroports de Paris, "brandie" (sic] par des parlementaires issus de toutes les oppositions réunies contre le projet de Macron, compte désormais 218 signataires, selon la journaliste du Monde qui ne dédaigne pas de tweeter ci-dessous comme une vulgaire internautes. "Un bond de 21" par rapport au jour du dépôt, commente le journaliste visiblement partisan, notamment grâce au soutien des députés de La France insoumise (LFI).


dimanche 16 décembre 2018

Les "gilets jaunes" représentent-ils vraiment le peuple ? Une interrogation de démocrate ?

Ils ne le représentent pas; ils sont le peuple : une vaine offensive de la macronie 

Toute polémique de discréditation est bonne...

Une manifestation de \"gilets jaunes\" à Marseille (Bouches-du-Rhône), le 8 décembre 2018.
Discréditer s'appelle débattre. "
"Certains affirment depuis un mois que les 'gilets jaunes' sont le peuple' ": qui se cache derrière "certains", anonymés par France Info, chaîne de service public qui offre à Olivier Costa l'opportunité de jeter le doute sur la légitimité des Gilets jaunes ? C’est un raccourci problématique à plusieurs égards, selon ce directeur de recherche au CNRS à Sciences Po Bordeaux, qui estime néanmoins que la crise [sociale] des "gilets jaunes" est sans doute l’occasion de repenser tout cela.

On a entendu, depuis un mois, beaucoup d’approximations sur ce que la démocratie est censée être, du côté des "gilets jaunes" et des responsables politiques qui entendent récupérer leur mouvement, mais aussi du côté de certains journalistes et chroniqueurs. Costa entend nous faire la leçon, sa pédagogie tendant à démêler le vrai du faux et le bon grain de l'ivraie. Sans condescendance, bien sûr, mais avec la hauteur de vue qui manque au peuple des "illettrés" accroché à sa calculette  et inquiets de ses fins de mois.

Au nom du peuple…

Certains affirment à satiété depuis un mois que "les gilets jaunes sont le peuple". "A satiété" est introduit subrepticement... C’est un raccourci problématique à plusieurs égards. Dans un système démocratique, "le peuple", c’est la communauté formée par l’ensemble des citoyens. C’est une abstraction, un idéal qui permet de penser le vivre en commun. D'entrée, nous apprenons, que ceux et celles qui filtrent notre vie aux ronds-points sont des "entités", des concepts...

"Il reste à savoir ce que veut le peuple," s'interroge, perplexe, le sachant. Par convention, on peut s’en approcher par le suffrage universel. A la présidentielle de 2017, rappelons que 37 millions de citoyens se sont rendus aux urnes. On peut insister sur l’importance de l’abstention et du vote blanc et nul, mais 37 millions, cela reste 100 fois plus que les plus importantes mobilisations de gilets jaunes. [On peut aussi rappeler que 12 millions d’électeurs inscrits sur les listes électorales se sont abstenus de voter le 7 mai 2017, soit un taux de 25,4% - un inscrit sur quatre -, auxquels s'ajoutent 4 millions de votes blancs et nuls. Au second tour, les électeurs inscrits ont mis quatre millions de bulletins blancs ou nuls dans les urnes et 12 millions se sont abstenus  (un record absolu sous la Ve République, depuis 1969 et le duel Georges Pompidou-Alain Poher). L'actuel président a été choisi par seulement 44% des inscrits. Macron n'a pas été élu avec la majorité absolue. Il l'a en outre été par défaut : 43% disent avoir voté pour lui en premier lieu pour faire barrage à Marine Le Pen, selon le sondage Ipsos/Sopra Steria pour France Télévisions. 8 français sur 10 n’ont pas voté pour Macron. Costa peut dissimuler cette réalité, mais il fragilise sa démonstration ]


Emmanuel Macron44%
Abstention25%
Marine Le Pen22%
Votes blancs et nuls9%
Total:
100
La règle majoritaire est une approximation de ce que "veut" le peuple, énonce Costa. 

En France, pour certaines élections du moins, notamment pour les présidentielles, le mode de scrutin veille à ce qu’une majorité se dégage [la peur du retour au chaos subi durant la IVe République]. Au second tour, on contraint les électeurs à choisir entre deux candidats seulement, de sorte que le vainqueur puisse clamer avoir été élu par une majorité [explique sentencieusement Costa]. C’est là encore une illusion, mais les électeurs jouent habituellement le jeu. Ainsi, ils confirment toujours le résultat de l’élection lors des législatives, car ils savent que – en France du moins – l’existence d’une majorité claire est indispensable au bon fonctionnement des institutions et à la conduite de l’action publique. [Les blancs-becs de la majorité présidentielle à l'Assemblée ne sont pas mieux élus que Macron : plutôt plus mal, d'ailleurs, car les Français ne sont pas demandeurs d'une cohabitation]

Certes, cette majorité est un peu artificielle, et Emmanuel Macron a sans doute perdu de vue qu’il a été élu par de nombreux citoyens qui entendaient, avant tout, s’opposer à Marine Le Pen. En outre, la démocratie ne s’épuise pas dans le vote, et la majorité ne peut pas tout imposer. Les citoyens doivent pouvoir s’exprimer entre deux élections [d'où la revendication du 'référendum d'initiative citoyenne' (RIC) par nombre de Gilets jaunes]. C’est la raison pour laquelle la démocratie garantit le droit de s’exprimer, de s’engager dans un parti, un syndicat ou une association, de manifester, de faire grève, de signer une pétition. [notre politologue est attaché aux institutions] Par ailleurs, les droits des minorités doivent être défendus par la Constitution et le droit, et par les autorités [Costa aborde le sujet de la 'proportionnelle'].

Distinguer les revendications légitimes

En France, la démocratie reste largement fondée sur la représentation. Les mécanismes de démocratie participative jouent un rôle modeste, les corps intermédiaires sont traditionnellement considérés avec suspicion [allez savoir pourquoi], les juges ont une influence relativement modeste [ils ne sont d'ailleurs pas élus !], et les élus ont une grande autonomie d’action [les juges aussi...]. En effet, les députés ne sont pas censés représenter leurs électeurs, mais la nation [ce qui autorise à penser que le mille-feuille territorial puisse être allégé], et le président jouit d’importantes prérogatives, dans une approche de sa fonction très gaullienne, voire bonapartiste.

La crise des "gilets jaunes" est sans doute l’occasion de repenser tout cela, et de donner plus de poids à des mécanismes de démocratie participative et délibérative [retour à la Commune, période pourtant troublée]. Elle est aussi une salutaire mise en garde pour les gouvernants qui ont trop fait abstraction de la manière dont certaines mesures ont été perçues par la population [la manière dont ces mesures ont été prises est en question: avant la perception qu'on en a, la méthode qui les a imposées interpelle...]. Réforme de l’ISF, baisse des APL, hausse de la CSG pour les retraités, limitation à 80 km/h ou fiscalité sur le gazole [sans oublier trois recours à l'article 49.3 pour faire passer en force la loi Travail, avec l'accord des blancs-becs de la majorité qui s'autorisent à nous donner des leçons de démocratie...] sont autant de décisions qui ont suscité de fortes récriminations qui n’ont pas été entendues [elles ont été "écoutées", mais "assumées", selon les porte-paroles et les mal-élus mal-aimés du Palais Bourbon], au nom de l’idée que le président avait un mandat clair [sic] et un projet pour la France [des promesses de campagne reniées], et qu’il devait garder le cap [contre la volonté du peuple souverain].

Il n’en reste pas moins qu’une minorité, même très mobilisée, même bénéficiant d’un soutien de l’opinion publique, ne peut pas se substituer à la majorité et effacer les résultats des élections [Cette assertion serait recevable si le pouvoir en place représentait une majorité de Français]. Les "gilets jaunes" sont un mouvement d’ampleur, mais on n’a jamais eu plus de 300.000 personnes [selon le ministère de l'Intérieur...] dans la rue [quantité négligeable ?]. La foule n’est pas le peuple [sic : le peuple, c'est les autres...] et 300.000 personnes ne peuvent pas décider pour le peuple [577 députés et 348 sénateurs, soit 925 parlementaires, le sont davantage que plus de 300.000, des "entités"?].

Que faire, en effet, si 300.000 personnes défilent pour demander l’interdiction de la chasse, et si la semaine d’après 300.000 défilent pour demander son maintien ? [un référendum d'initiative populaire, c'est pour les chiens de chasse? L'Edouard a-t-il eu un cas de conscience lorsqu'il a imposé les 80 km/h ?] Quand les opposants au mariage pour tous ont défilé en masse, et durablement, le gouvernement aurait-il dû retirer sa loi ? [pourquoi Costa n'illustre-t-il pas son propos avec les suites données au référendum français de 2005 sur le traité établissant une constitution pour l'Europe ?...] Comment distinguer les revendications légitimes, qui doivent être prises en compte, des autres [toutes choses égales par ailleurs, il n'appartient pas à Costa d'en juger]?

Dans le cas du mouvement des "gilets jaunes", le gouvernement aurait dû comprendre plus tôt qu’il était l’expression d’un fort mécontentement chez une partie substantielle du corps électoral [singulièrement parmi les électeurs qui ont rejeté le ministre-candidat]. Les premières réactions – ou l’absence de réaction – n’ont fait que mettre de l’huile sur le feu et cultiver chez les citoyens mobilisés l’idée qu’ils étaient déconsidérés [euphémisme !].

Il n’en reste pas moins [sic] que, dans une démocratie représentative, on ne peut laisser la rue gouverner [doit-on pour le moins l'entendre et l'écouter ?], sinon toute réforme – qui fait généralement des gagnants qui s’ignorent et des perdants qui se mobilisent [présentation schématique et fallacieuse] – serait exclue.

La logique du "tout ou rien"



En outre, comment intégrer la violence à cette équation ? Une manifestation violente est-elle plus ou moins légitime qu’une manifestation pacifique ? [la violence est le recours ultime d'un peuple dont les représentants restent sourds  à la colère inspirée par la misère] Certains estiment que la violence est un indice du degré de mécontentement des manifestants (de "désespoir", diraient ceux qui les soutiennent) [parenthèse révélatrice] et que le gouvernement doit être plus à l’écoute en cas de débordements [entendre le peuple AVANT qu'il ne se répande dans les rues serait plus responsable et respectueux de l'humain...]. Mais, une fois encore, peut-on gouverner un pays ainsi ?

Ce qui caractérise le mouvement des "gilets jaunes" depuis le premier jour, c’est la méconnaissance des règles habituelles de la mobilisation [les codes mondains appliqués aux citoyens ?], qui doit opérer à travers un ensemble d’outils démocratiques et pacifiques [amalgame larvé entre Gilets jaunes et "casseurs"]: pétitions, tribunes dans la presse, manifestations (déclarées et encadrées), contacts avec les élus, grèves… [les révoltés des ronds-points ne recrutent pas parmi les bobos-intellos. Est-ce une faute?]

Le mouvement avait trouvé, avec le gilet jaune, un marqueur de mobilisation très astucieux [ironie ?]: chaque automobiliste français était équipé de cet accessoire visible, facile à porter ou à mettre en évidence sur son tableau de bord [et ils l'ont arboré, librement]. Mais les initiateurs du mouvement ont choisi d’emblée d’opter pour des formes d’action illégales [à 48 ans, Costa n'a encore pas connu l'angoisse des fins de mois] : manifestations non déclarées en préfecture et dépourvues de responsable et de service d’ordre [ils sont pourtant présentés ici et là comme des militants extrémistes masqués], blocages de routes et de commerces [on attend les prochaines condamnations de Costa visant les blocages cégétistes...], violences envers les automobilistes récalcitrants [et inversement] et les forces de l’ordre [et réciproquement], dégradations et incendies volontaires…
Antoine pourrait être un étudiant de Costa.
Ce jeune homme a voulu ramasser une grenade lancée par les policiers, samedi, lors de la mobilisation des "gilets jaunes" à Bordeaux. Mais celle-ci lui a explosé dans la main. Il est aujourd'hui amputé.
Ils ont en outre, par principe, refusé de rencontrer les représentants de l’Etat et cherché à imposer leurs revendications de manière unilatérale [la loi Travail de Macron, c'était consenti ?], dans une logique du "tout ou rien" [ce sont aussi des sacrifices familiaux sur cinq semaines de mobilisation]. Si n’importe quelle organisation – mouvement politique, syndicat, association, collectif – s’était rendue coupable du dixième des exactions commises par le mouvement des "gilets jaunes", elle aurait sans doute été rapidement dissoute [les 'ultra' de droite comme de gauche sont-ils 'dissolubles' ?].

En l’espèce, l’impunité règne [les "Gilets jaunes sont-ils pas pacifiques ? Combien d'activistes sont-ils punis ?], car le mouvement n’a pas de structure et de représentants officiels [logique répressive d'un universitaire] : chacun peut s’improviser porte-parole des "gilets jaunes" auprès de médias très complaisants [les syndicats de journalistes ont-ils reçu copie de ces accusations ?], sans endosser la moindre responsabilité 
[en 1991, la ministre socialiste de la ministre des Affaires sociales et de la Solidarité nationale du gouvernement Fabius de Mitterrand, Georgina Dufoix, s'exonéra d'un simple et "respectueux" "responsable mais pas coupable" dans l'affaire du sang contaminé par le VIH ou le virus de l'hépatite C. Faute de l'adoption de mesures de prévention adéquates a provoqué la contamination de plusieurs centaines de personnes, à l'occasion de transfusions sanguines Aujourd'hui, les acteurs politiques sus-nommés jouissent du"coupable mais dispensé de peine"], 
ou se livrer à une surenchère sur les réseaux sociaux [un supplément d'info aux journaux pratiquant la désinformation].

La question de la violence, nœud du conflit 
[et la perte de pouvoir d'achat, c'est quoi ?]

Certains commentateurs relativisent cette violence structurelle [Costa n'est pas dans la nuance]. Ils opposent la violence du gouvernement, qui étrangle de taxes les classes laborieuses [trop drôle (pour certains, à l'Elysée) cette terminologie évoquant feu Georges Marchais], et fait montre d’arrogance, et celle des manifestants. Ils [savoir qui ?] comparent les débordements des "gilets jaunes" à ceux des supporters de foot les soirs de victoire [des hooligans?] ou à ceux du Nouvel An [des incendiaires de voitures à Strasbourg ?]. Ils renvoient dos à dos casseurs et forces de l’ordre. Le citoyen qui se promène aujourd’hui dans les rues désolées de Paris, Bordeaux, Saint-Etienne ou Toulouse [ou Nantes], entre carcasses de voitures brûlées, barricades et devantures de magasins défoncées, pourra difficilement considérer que ce ne sont que les inévitables effets collatéraux d’un mouvement fondamentalement non violent. ["Certains" mais, au fait, et les autres ?]

La question de la violence est le nœud de ce conflit [la tête du noeud étant à l'Elysée]. Elle en constitue alternativement la légitimité ("Il faut prendre en compte les revendications de ces gens en colère" : un brin paternaliste et condescendant) et l’illégitimité ("On ne cède pas aux casseurs et aux factieux" : Costa prendrait-il à son compte le terme de "peste brune" "en marge" des mobilisations?). Car, sitôt que le pouvoir accède à des revendications exprimées avec violence – et le gouvernement n’a eu d’autre choix que de le faire [à force d'autisme hautain], pour que la pression retombe –, on [Macron "responsable mais pas coupable"] encourage d’autres groupes sociaux à adopter des comportements inciviques et délictueux [si le nombre exorbitant d'interpellations n'est pas dissuasif, malgré des gardes à vue, pourquoi engorger les tribunaux ?]

Pourquoi faire grève des semaines durant ou se réunir pacifiquement – à la manière du mouvement Nuit debout – pendant des mois sans rien obtenir si, en mettant à sac les Champs-Elysées ou en incendiant une préfecture, l’on provoque un recul immédiat du gouvernement ? La manière dont certains lycéens se sont récemment "mobilisés" – en brûlant des voitures et en s’équipant pour en découdre avec les forces de l’ordre – montre que le recul face à la violence crée des effets de contagion difficilement contrôlables. [Cela montre aussi que la colère est transgénérationnelle. Costa n'évoque d'ailleurs pas l'injustice fiscale subie par les retraités précaires : parce qu'ils ne retournent pas les voitures ?] 

Les sondages, un outil à manier avec prudence

[Ils n'étaient pas suspects aussi longtemps que Sarkozy ou Fillon étaient visés]
Les partisans des "gilets jaunes" argueront [il leur suffira de souligner] que le gouvernement n’a pas cédé à la violence, mais à l’opinion publique. Que les sondages établissent que les citoyens ont pris fait et cause pour les gilets jaunes, contre le président. Mais qu’en est-il réellement ? [Costa va nous expliquer...]
D’abord, que veut dire "soutien aux 'gilets jaunes'" ? On ne reviendra pas ici sur l’inanité de certains sondages. Interroger les gens sur leur comportement passés ou futurs ("pour qui avez-vous/allez-vous voter ?" ou sur leurs préférences "quelle est votre sensibilité politique ?") a du sens, mais interroger les gens [Costa ne fait pas partie des "gens qui ne sont rien" !] sur des questions vagues ou très complexes [exemple : Estimez-vous que la France a trop de politologues improductifs à nourrir ?] , donne des résultats qui doivent être considérés avec prudence.

Eprouver une forme de sympathie [faut pas trop lui demander non plus] pour des citoyens qui protestent contre la hausse des taxes, réclament plus de pouvoir d’achat et de services publics, s’élèvent contre des réformes impopulaires, et dénoncent le mépris des élites, ne revient pas à valider l’ensemble de leurs revendications [l'essentiel y est...] ou à souscrire à un changement de pouvoir ou de régime [Costa n'est pas pressé de voir l'avènement du "monde nouveau" imprudemment annoncé par Macron ? Gare à sa promotion... ].

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On [c'est Costa, modestement, mais discrètement, ci-contre] rappellera alors que 80% des Français désapprouvent l’action du président. Mais qui peut se dire satisfait de son action alors que la France vit une situation insurrectionnelle [confusion intellectuelle des causes et des conséquences ?], que les citoyens sont empêchés de circuler à leur guise [les filtrages occasionnent des retards : que dire alors des grèves des transports?...] ou de travailler [les enseignants FSU accueillent-ils effectivement leurs élèves ou les parents se débrouillent-ils sans eux ?] que les chaînes de télévision passent en boucle des images de guérilla urbaine [Costa pourrait citer LCI, CNews ou BFMTV, mais il s'en garde bravement] ? Le citoyen de bonne foi ne peut que constater que le président s’y prend mal pour gouverner le pays.

Pour autant, est-ce que les 80 % de sondés seraient prêts à porter Jacline Mouraud ou Eric Drouet au pouvoir [question intelligente valable pour Henri Krasucki, CGT ?] 

ou l’un des leaders de l’opposition [tel François Rebsamen ?]

Jean‑Luc Mélenchon, Marine Le Pen, Laurent Wauquiez et Olivier Faure soufflent sur les braises depuis le début du mouvement, en espérant tirer leur épingle du jeu et rejouer la présidentielle, mais les citoyens ne sont pas dupes : les sondages les plus récents montrent qu’aucun ne tire bénéfice du mouvement et ne constitue une alternative politique crédible.
France Info fait en revanche confiance à Olivier Costa
Hasard pur : plusieurs centaines de manifestants ont défilé, vendredi 14 décembre à Paris, à l'appel de la CGT pour plus de pouvoir d'achat. Une manif aux airs de remobilisation pour la centrale de Montreuil, à la veille de "l'acte V" des gilets jaunes. Quel crédit accorder à ce politologue de province qui biaise ses démonstrations? Ses étudiants sont-ils dupes ?
Une majorité attachée aux institutions et à la paix sociale

Nul ne sait où va ce mouvement [Qui sait où nous mène Macron ?]. La mobilisation est numériquement en baisse, mais les plus radicaux pensent leur heure venue, raconte encore O. Costa, et ne vont sans doute pas relâcher la pression. Les échauffourées ne sont plus le fait de gilets jaunes, mais d’extrémistes, de casseurs et d’opportunistes [l'ont-ils jamais été ?].

Les chercheurs en sciences sociales n’aiment pas faire de prédictions : ils sont scientifiquement mal équipés [sans doute parce que leur discipline n'est pas une science exacte et, comme l'Histoire, réécrite sous la dictée de l'idéologie] pour cela et préfèrent plus prudemment "prédire le passé" [ouaf, ouaf ! Galimatias ou carabistouille ?], en analysant le déroulement d’événements dont on connaît l’issue. On peut néanmoins penser que, à ce stade du mouvement, l’opinion publique va se retourner [Costa est la cartomancienne des sciences sociales].

L’émotion passée, les citoyens français, dont la vaste majorité est attachée aux institutions, à l’ordre public et à la paix sociale, s’entendront sans doute pour considérer qu’une insurrection hebdomadaire n’est pas le moyen le plus sûr d’améliorer le sort des Français [c'est juste tendance : contre la réforme du statut des cheminots, l'intersyndicale CGT-Unsa-Sud-CFDT de la SNCF avait pratiqué une grève sur le rythme de "deux jours sur cinq", à partir du mardi 3 avril 2018], et que le coup de semonce à l’endroit [ou à l'encontre] du gouvernement [disons l'exécutif...] était suffisant. Désormais, rares sont les personnalités et les acteurs de la société civile qui affichent leur soutien à un mouvement marqué par une ligne politique confuse [où il va Costa-Concordia ? le mouvement n'est justement pas aligné sur une quelconque parti, mais centré sur une revendication sociale, la défense du pouvoir d'achat et la protection du niveau de vie], par sa fascination [sic !] pour la violence [ayons une pensée pour les 788 manifestants blessés (sur les trois premières semaines) et des 7 Gilets jaunes morts...] et par son refus de la négociation [à la vérité, deux sont allés à Matignon et l'un d'eux, Jason Herbert, un Charentais de 26 ans (pour l'information de Costa, homme de "science" faisant profession de rigueur), a claqué la porte, Edouard Philippe ayant refusé que l'entretien soit retransmis en direct].

Les Français ont, dans un premier temps [dixit le fielleux], largement approuvé les "gilets jaunes" parce qu’ils partageaient leurs revendications, étaient déçus par le gouvernement ou manifestaient une certaine sympathie [ou une sympathie certaine] pour un mouvement inédit [plus sûrement, parce que citoyen et populaire]. Certains étaient sans doute [appréciation peu scientifique] aussi mus par une forme de suivisme [jugement désobligeant], de culpabilité de classe [appréciation marxisante], de griserie médiatique [aller s'échouer sur BFM ?] ou de romantisme révolutionnaire [incontournable poncif]. D’autres refusaient d’afficher leur soutien à un gouvernement sourd aux revendications, et désapprouvaient le discours de ceux qui affichaient leur mépris pour cette mobilisation populaire ou dénonçaient un peu rapidement la "peste brune" [Darmanin est petit mais tireur précoce].

On [on aura reconnu Costa Concordia] rappellera aussi que le mouvement des "gilets jaunes" n’a, initialement, guère laissé le choix au quidam [péjoratif: "au pauvre bougre" ?]. Face à un barrage, il était contraint, plus ou moins aimablement ["mouvement 'bon-enfant' seriné par la presse n'est pas arrivé au cerveau de notre intello de Bordeaux], d’enfiler son gilet jaune, de prêter allégeance à la cause [bienveillant], d’y contribuer éventuellement par une obole [si un casse-dalle en est une], afin de pouvoir aller travailler ou conduire ses enfants à l’école [un incontournable : les femmes et les enfants poussés devant]. Nombreux étaient les automobilistes qui arboraient un gilet jaune dans leur véhicule, "au cas où" [pour "certains", un geste de sympathie, non ?].

"Ce qui n’était encore que le sentiment d’une partie de la nation parut ainsi l’opinion de tous…"
Face à ces pressions [Costa a-t-il été témoin de violences de Gilets jaunes envers des Français indifférents ?], face à la quasi-unanimité des responsables politiques, des commentateurs et des leaders d’opinion [l'ami Costa ne regarde ni BFM, ni LCI, ni CNews: il faut qu'il cesse de se contempler!], il semblait difficile pour le citoyen de faire part de ses doutes [violences psychologiques caractérisées, torture, et quoi encore ?]. Mais, sauf à penser que l’électorat modéré, qui a dominé les élections l’an passé, s’est subitement volatilisé ou a radicalement changé d’orientation politique, on peut faire l’hypothèse qu’une partie des citoyens a dissimulé ses préférences.

Il y a près de deux siècles, Tocqueville avait révélé les falsifications auxquelles pouvaient conduire certaines contraintes  en prenant l’exemple du sentiment religieux durant la Révolution française[Costa fait allusion aux menaces de la guillotine exercées par les révolutionnaires - pour un "monde nouveau" - sur les braves gens]. Selon lui, les pressions qui s’exerçaient sur les croyants [la majorité], qui jugeaient malvenu [risqué] d’exprimer leur attachement au christianisme, avaient fait apparaître l’opinion publique comme antireligieuse, alors qu’elle ne l’était pas [en somme, la majorité des Français sont des dévots en Macron et les Gilets jaunes les auraient contraints à renier leur dieu].

Ce phénomène s’entretenait de lui-même, continue Costa, la faiblesse supposée du nombre des croyants au sein de la société française les incitant à continuer de taire leurs convictions [jusqu'en... décembre 1905 et la séparation de l'Eglise et de l'Etat: v'la que l'Histoire se répète !]
"Ceux qui niaient le christianisme élevant la voix et ceux qui croyaient encore faisant silence [descriptif encore valide dans la France de 2018], il arriva ce qui s’est vu si souvent depuis parmi nous, non seulement en fait de religion, mais en tout autre matière. […] Ce qui n’était encore que le sentiment d’une partie de la nation [une minorité] parut ainsi l’opinion de tous [la minorité de croyants peut donc être opprimée : ils n'ont pas droit à la proportionnelle ?], et sembla dès lors irrésistible aux yeux mêmes de ceux qui lui donnaient cette fausse apparence." (De la démocratie en Amérique. Laffont, p. 1045) The Conversation[irrésistibles aussi les campagnes sur réseaux sociaux, de #JeSuisCharlie à #BalanceTonPorc, en passant par #BlackLivesMatter, l'immense majorité irréprochable est contrainte au silence par les "fermes à clic(100.000 'likes' pour 50 euros)...]

Cet article - expurgé de ses commentaires ! - est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons.

Bref, lire Olivier Costa sur le mouvement des Gilets jaunes, c'est être entraîné au temps de la Commune de Paris en 1871.