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mardi 14 juin 2016

Daesh revendique la tuerie homophobe d'Orlando

Un djihadiste de l'Etat islamique serait l'auteur du massacre dans une boîte gay

Vers 20 h 45, heure française, quelques minutes après l'intervention édifiante de Barack Obama, Amak, l'agence de presse officielle du groupe djihadiste, s'est flatté du massacre de 50 personnes dans une boîte de nuit LGBT, la tuerie la plus meurtrière de l'Histoire des Etats-Unis, en temps de paix.

Le président des Etats-Unis oriente l'enquête vers le terrorisme

Bien que Barack Obama ait évoqué "un acte de terreur et de haine" sans utiliser le terme de "terrorisme", le président avait néanmoins estimé aussi que le FBI avait bien fait d'ouvrir une enquête pour "terrorisme." 
En pleine période électorale américaine, cette revendication terrible fait de la tuerie du 'Pulse', la plus importante attaque terroriste depuis le 11 septembre 2001 sur le sol américain. 
C'est le deuxième attentat revendiqué par Daesh aux Etats-Unis après la tuerie de San-Bernardino (Californie) le 2 décembre 2015 qui avait causé la mort de 14 personnes.

Sur les bâtiments officiels, à commencer par la Maison Blanche, les drapeaux ont été mis en berne et les Américains ont été appelé à observer une minute de silence dans la soirée de dimanche. 
Signe de la gravité de la situation, Barack Obama a annulé le meeting qu'il devait tenir en soutien à la candidate démocrate.

Une tuerie commise par "un combattant de l'armée islamiste"

"L'attaque armée qui a visé un club pour homosexuels dans la ville d'Orlando, dans l'Etat américain de Floride, faisant plus de 100 morts et blessés, a été exécutée par un combattant de l'Etat islamique", affirme Amaq dans un court communiqué citant "une source" au sein du groupe de l'Etat islamique. Le communiqué a été diffusé d'abord en arabe, puis en anglais. Il a été revendiqué par un des organes de presse officiels de l'organisation. Une source l'a confirmé à l'agence Amaq. "L'attaque qui a visé une boite de nuit pour les homosexuels à Orlando (Floride) et qui a fait plus de 100 morts et blessés a été réalisé par un combattant de l'armée islamiste", ont-ils partagé sur les réseaux sociaux.

Le FBI avait enquêté sur Omar Mateen, le tireur d'Orlando, mais sans suite 

"Il s'agit d'un acte terroriste, confirme le gouverneur de Floride, en direct à la télévision, à 21 heures, heure de Paris. Une minute de silence sera observée dans tous les Etats-Unis, à 18 heures, heure locale, a-t-il également annoncé. "Nous avons déclaré un état d'urgence", a-t-il annoncé.

Le FBI avait enquêté sur le tireur d'Orlando, mais des media américains ont identifié sous le nom d'Omar Seddique Mateen, Américain d'origine afghane de 29 ans, qui avait prêté allégeance à l'EI dans un appel passé aux services d'urgence 911, quelques instants avant son crime, et il était déjà connu du FBI pour ses "sympathies" islamistes.

"Le FBI a eu connaissance de son existence quand il a fait des remarques à ses collègues laissant penser à d'éventuels liens avec des terroristes", a expliqué Ronald Hopper au cours d'une conférence de presse, précisant qu'il avait été interrogé à deux reprises. Il avait une première fois été mis sous surveillance en 2013 après des propos extrémistes nouvelle fois. 
Il avait attiré l'attention du FBI une seconde fois en 2014. Aucune suite n'avait été donnée à ces investigations.

Des perquisitions sont menées dans son domicile de Port Saint-Lucie. Les enquêteurs cherchent notamment à déterminer si Omar Mateen a entretenu des liens avec Abou Sallah, un ressortissant américain qui a commis un attentat suicide en Syrie.

lundi 6 avril 2015

Kenya: le massacre d'étudiants de Garissa laisse indifférente la gauche des humanistes et humanitaires

Mieux vaut être d'extrême gauche avec Charlie Hebdo que modéré avec les Chrétiens

Le monde ne se lève que contre le massacre de dessinateurs libertaires

Les Chrétiens sont-ils des sous-hommes au Proche-Orient et en Afrique ?

Kenya: tuerie islamiste
(Université de Garissa)
Le Kenya est entré dans trois jours de deuil national à la mémoire des 148 victimes, essentiellement des étudiants, de l'attaque de son université de Garissa, jeudi 2 avril. Prises dans leur sommeil et froidement exécutés sur le campus par un commando de djihadistes, elles sont les victimes de l’attentat le plus sanglant du pays depuis l’attaque de l’ambassade américaine par al-Qaida en 1998. 

Sur les réseaux sociaux, des internautes s'indignent en vain du manque de réaction de la communauté internationale et des media. Le pape lui-même s'évertue à faire bouger le monde. Les Chrétiens d'Occident sont-ils devenus trop individualistes ou sont-ils étouffés par l'idéologie marxiste dominant le monde plus sournoisement que la banque ? Toujours est-il que, privés des relais médiatiques et universitaires, leurs voix ne parviennent pas à se faire entendre. 


Les chrétiens de France sont-ils victimes de leur respect des lois de la République qui fait peser sur eux le poids de la laïcité ? A force de se résigner aux railleries de leur foi et de leurs fidèles, voire à sa mise en procès pour des actions passées auxquelles d'autres opposeraient la prescription des siècles, à force de culpabilité insensée, de contrition et d'auto-flagellation, les Chrétiens paient partout le prix fort de l'enseignement de leurs religions d'amour et de respect.  Ainsi se trouvent-ils face à la barbarie aussi démunis que les démocrates.

Le Kenya, pays chrétien à 80%, a célébré Pâques dans le chagrin
Les messes données à travers le pays -et dans le monde chrétien- ont été dédiées aux personnes tuées jeudi à l'aube sur le campus de l'université148 personnes, essentiellement des étudiants, ont été exécutées par des islamistes shebab somaliens. On parle de martyre, comme si -partie intégrante de leur condition- il s'agissait de leur destin. S'en prendre à un pays membre de l'internationale socialiste ou à la Palestine suscite la levée des boucliers des media. Assassiner des dessinateurs provocateurs mobilise la gauche, certes, mais aussi la droite, qui leur sert pourtant couramment de cible, mais exterminer des Chrétiens innocents laisse les mêmes de marbre. Les magnats de la presse socialiste, les actionnaires multimillionnaires de Libération, du Monde ou de L'Obs, relatent et s'en tiennent à une simple couverture qui les rend pourtant complice de génocides: ils auront ensuite  les moyens médiatiques de réécrire l'Histoire tout loisir et de s'exonérer de toute faute déontologique et historique.  
Le président kényan Uhuru Kenyatta a promis une riposte sévère. Mais son gouvernement essuie depuis trois jours les critiques pour son incapacité à enrayer un cycle d'attaques des islamistes shebab sur le sol kényan ayant fait plus de 400 morts depuis mi-2013.
"Contrer le terrorisme est devenu particulièrement difficile, car ceux qui le planifient et le financent sont profondément implantés dans nos communautés et étaient considérés comme des gens ordinaires et inoffensifs", a expliqué Uhuru Kenyatta. Nos djihadistes français, assassins de 17 de leurs concitoyens, n'étaient-ils pas considérés comme sympathiques et inoffensifs par leurs voisins?  Mais "nous ne les laisserons pas continuer à vivre normalement," prévient-il.

La France profonde de l'internet international s'indigne 

Le pape François est-il le chef de combat
dont l'Eglise a besoin ?
Dans le monde entier, des messages de soutien ont été partagés sur twitter, certains dénonçant l'indifférence de la communauté internationale. Un indignation naturelle reprise également par le Pape François lors de son message de Pâques à Rome. Après "jesuischarlie" né des attentats du 7 janvier à Paris, un nouveau mot-clé "Jesuiskenyan" a émergé dans les pays francophones. 

Mais un autre mot-clé envoie aussi un message plus cruel pour la gauche libertaire et révolutionnaire qui s'était enflammée lors de l'assassinat des leurs à Charlie hebdo. "174isNotJustaNumber" dénonce le peu de réactions des chefs d'Etat : Obama lâche un peu al-Assad et Poutine, mais se rabat sur Israël en dédiabolisant l'Iran, pays des ayatollahs sectaires. Il ne manifeste pas plus d'intérêt pour les Chrétiens du Proche-Orient et d'Orient que la moyenne des chefs d'états qui s'acquittent à la sauvette de leur devoir de compassion et retournent à leurs manoeuvres politiciennes. 
Or, ce président des Etats-Unis est d'origine kényane par son père...
Obama, coiffé du turban kenyan, 
lors d'un voyage au Wajir en 2006
Barack Obama n'est pas aussi noir qu'on le dit volontiers. Il est en effet le premier métis afro-américain à la Maison Blanche, car fils d'une Blanche américaine de souche irlandaise et d'un Kényan noir et musulman. La stupéfaction face à l'inertie du prix Nobel de la... paix (2009) est légitime, mais il faut aussi savoir que, pendant la campagne électorale pour l'investiture de 2008, l'éditorialiste Daniel Pipes a révélé que Barack Hussein Obama a  été élevé dans l'islam durant son séjour en Indonésie, entre 6 et 10 ans. Obama nie quant à lui que son foyer était religieux.

Ensuite, les agences de renseignements égyptiennes possèdent des "documents et preuves". Au cours de la discussion sur le fait que ces documents contiennent des extraits d’échanges financiers massifs entre des instances internationales et les Frères Musulmans, la vice-présidente de la Cour Suprême Constitutionnelle d’Egypte a déclaré: "Le frère d’Obama (Malik, ci-contre) est l’un des architectes des investissements pour le compte de l’organisation internationale des Frères Musulmans."

Enfin, selon Waffa Taha Latik, journaliste marocain, "La Ilaha Illa Allah" est inscrite sur la bague que porte Barack Hussein Obama à la main gauche depuis 30 ans. Ce signe de foi confirme les liens étroits que le président américain entretient avec l'islam… Si Obama a menti au peuple américain en se déclarant chrétien et non musulman, cela expliquerait son discours du Caire où il fait pratiquement "allégance" à l’islam, allant jusqu’à s’incliner devant les nababs égyptiens…
Mais aussi un message plus polémique : "174isNotJustaNumber", mot-clé qui dénonce le peu de réactions des chefs d'Etat : pas de marche internationale prévue comme celle du 11 janvier à Paris... 
Le traitement est également jugé insuffisant par les media traditionnels notamment outre-Atlantique. Aux USA par exemple, Charlie Hebdo avait été cité plus de 1400 fois en 24 heures dans les media américains juste après l'attaque des frères Kouachi. L'attaque de Garissa, elle, n'a été cité que 214 fois, rapporte le site breaking3zero.com.

Une tragédie traitée comme un fait divers

Un Occident en perte de toute hiérarchie des valeurs
L'AFP privilégie l'anecdotique, sans que Le Figaro doive se sente pour autant obligé de diffuser ce qui distraie de l'essentiel, mais se prête à la diversion. Francetv info,‎ 20minutes.fr‎, europe1.fr, bfmtv.com, leparisien.fr, SudOuest.fr, etc rapportent tous que, samedi matin, plus de 50 heures après le début de l'attaque, une survivante terrorisée, a encore été retrouvée, cachée dans une penderie, échappant ainsi à la tuerie... La veille, quatre rescapés avaient été secourus. Tout est-il donc pour le mieux ? A bord de bus affrétés par le gouvernement, 663 étudiants rescapés ont quitté Garissa pour rejoindre les villes dont ils sont originaires. L'université est fermée jusqu'à nouvel ordre.


Les djihadistes ont pris pour cible les étudiants chrétiens 
Jeudi à l'aube, un commando est entré sur le campus, ouvrant le feu au hasard, avant de pénétrer dans la résidence universitaire, séparant musulmans et non-musulmans, laissant partir les premiers et gardant les seconds en otage.

Cinq suspects ont été arrêtés depuis jeudi: "Nous les soupçonnons d'être des complices des assaillants (...), nous tentons d'établir des liens", a expliqué le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Mwenda Njoka. Deux d'entre eux ont été arrêtés à l'intérieur de l'université: un Tanzanien, caché avec des grenades, et un vigile kényan d'ethnie somali, soupçonné d'avoir aidé les assaillants à entrer, selon M. Njoka. Les trois autres suspects ont été arrêtés alors qu'ils tentaient de fuir vers la Somalie.

Une école coranique hébergeait le cerveau du raid islamiste 
Quatre membres présumés du commando ont été tués. La police a exhibé samedi leurs dépouilles nues et ensanglantées dans les rues de Garissa, devant une foule en colère ou indignée par cette sinistre parade. Jeudi, les autorités avaient offert d'une récompense d'environ 200.000 euros pour la capture du cerveau présumé de l'attaque, Mohamed Mohamud, alias "Kuno", ancien professeur kényan d'une école coranique de Garissa.

Ce massacre s'ajoute à la série de l'assaut du centre commercial Westgate, d'une succession de raids sur la côte kényane et dans la ville de Mandera frontalière de la Somalie, au cours desquels environ 160 personnes au total avaient été exécutées en 2014.

Affaiblis en Somalie, les islamistes ont choisi le Kenya, pays frontalier majoritairement chrétien (à 80% catholique), miné par la corruption, où une minorité musulmane jeune et délaissée est agité par les islamistes, pour montrer qu'ils peuvent continuer de frapper à leur guise impunément.

dimanche 6 avril 2014

La France détourne le regard des commémorations du génocide rwandais

La France annule sa participation aux commémorations du 20e anniversaire du génocide rwandais

Le président Paul Kagame l'accuse en effet d'avoir participé aux massacres.
Le président rwandais Paul Kagame a accusé la France de "participation" à l'"exécution" du génocide de 1994. [AP Photo/Carl Court - Keystone]
Le président Kagame a accusé la France 
de "participation" à l'"exécution" 
du génocide de 1994
"La France est surprise par les récentes accusations portées à son encontre par le président du Rwanda" qui "sont en contradiction avec le processus de dialogue et de réconciliation engagé depuis plusieurs années entre nos deux pays", a déclaré le porte-parole du Quai d'Orsay.
"Dans ces conditions, Christane Taubira, Garde des Sceaux, ministre de la Justice ne se rendra pas ce lundi à Kigali", a-t-il ajouté, alors que la ministre avait été désignée par François Hollande pour représenter la France aux cérémonies. "La France regrette de ne pouvoir prendre part aux commémorations du vingtième anniversaire du génocide, car elle tient à s'incliner devant la mémoire des victimes et à s'associer au deuil des familles et du peuple rwandais", déclare également le Quai d'Orsay.

"Participation" européenne au génocide

Dans un entretien à paraître dimanche dans l'hebdomadaire Jeune Afrique, le président rwandais Paul Kagame accuse la France de "participation" à l'"exécution" du génocide de 1994, qui a fait 800.000 morts, principalement tutsi.Les accusations du président Kagame, ancien chef de la rébellion tutsi à la tête du Rwanda depuis 1994, reprennent celles déjà formulées par Kigali à plusieurs reprises et notamment en août 2008 à l'occasion de la publication du rapport de la commission d'enquête rwandaise sur le rôle supposé de la France dans le génocide.
Evoquant la question des responsabilités sur le site d'information africaine, le président rwandais dénonce le "rôle direct de la Belgique et de la France dans la préparation politique du génocide et la participation de cette dernière à son exécution même".

Il accuse les soldats français de l'opération militaro-humanitaire Turquoise, déployée en juin 1994 sous mandat de l'ONU dans le sud du pays, d'avoir été " complices certes", mais aussi "acteurs" des massacres. Ces accusations ont été maintes fois démenties par Paris.
En 2008, la commission d'enquête avait déjà évoqué l'affaire du village de Bisesero, où jusqu'à 50.000 Tutsis avaient trouvé refuge. Elle avait accusé l'armée française "d'avoir retardé sciemment de trois jours le sauvetage de près de 2.000 survivants, afin de laisser le temps aux tueurs de les achever".

Ces accusations ont été maintes fois démenties par Paris. 
Dans une première réaction, la présidence française avait jugé samedi que les nouvelles déclarations de Paul Kagame ne vont "pas dans le sens de l'apaisement."

Le site Mediapart accuse le "génocidaire au Congo", Paul Kagamé, de faire du "génocide rwandais son fonds de commerce. "Paul Kagamé, le Nazi africain, le "Kapita" des pillards Anglo-Saxons, a tué plus qu'Adolphe Hitler en seconde guerre mondiale," y lit-on... Et d'interroger: "Avec quels moyens, Paul Kagamé a reconstruit le Rwanda ? Si ce n'est par le pillage organisé des ressources de la République démocratique du Congo." (lien)

La Belgique n'a pas annulé sa participation aux commémorations.
Egalement accusée par le président rwandais d'avoir joué un "rôle direct" dans le Rwanda, la Belgique ne changera pourtant pas de programme. "Je comprends la réaction française, puisque la France est accusée d'avoir participé activement au génocide y compris sur le plan militaire", a réagi ce dimanche le ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders, interrogé par la radio-télévision publique francophone RTBF. 

"C'est un vieux débat. Paul Kagame parle de préparation politique au génocide (...) Tout cela a été examiné en long et en large par une commission d'enquête en Belgique et à l'époque les conclusions étaient très claires: la préparation du génocide est due à des groupes extrémistes au Rwanda même", a-t-il rappelé."
"Il n'y a aucun changement dans le programme. Nous verrons sur place les déclarations et les propos exacts qui auront été tenus à l'occasion des commémorations. Mais en ce qui me concerne je souhaite vraiment être sur place à Kigali car c'est la seule façon de vraiment rendre hommage aux victimes, notamment les paras belges", a insisté le ministre. "C'est ça le sens de notre démarche. Nous n'allons pas rendre hommage à un gouvernement rwandais actuel", a-t-il ajouté.

mardi 25 décembre 2012

Messe de minuit sanglante au Nigéria

Six chrétiens tués par des islamistes dans une église

L'attaque dans le nord-est du pays visait des chrétiens

Eglise Sainte-Thérèse à Madalla,
située à 40 km d'Abuja (cf. ci-dessous)
Des hommes armés ont attaqué pendant la messe de minuit une église dans le village de Peri (nord-est), tuant six fidèles, dont un prêtre, avant de mettre le feu au bâtiment, ont indiqué la police et des habitants mardi.

"Des hommes armés non identifiés ont essayé d'attaquer Potiskum mais ont été repoussés par nos troupes", selon les explications d'Eli Lazarus, un porte-parole de l'armée. "Alors qu'ils prenaient la fuite, ils ont attaqué une église dans un village qui porte le nom de Jiri."

"Un groupe d'hommes armés a fait irruption dans le village à minuit et sont allés directement dans l'église (...) Ils ont ouvert le feu et tué le prêtre et cinq fidèles. Puis ils ont mis le feu à l'église", a déclaré Usman Mansir, un habitant.

Un responsable de la police à Yobe a confirmé cette version des faits.


Les agresseurs ont également mis le feu à des habitations voisines de l'église
, selon des habitants.

L'église visée était une branche de l'Eglise évangélique d'Afrique de l'Ouest, selon un habitant.


Enclave chrétienne dans un pays majoritairement musulman


Peri est une ville proche de Potiskum, capitale économique de l'Etat de Yobe qui compte une importante minorité chrétienne.

Pays le plus peuplé d'Afrique, le Nigeria compte 160 millions d'habitants, le sud du pays étant à majorité chrétienne et le nord à majorité musulmane.

Ces meurtres n'ont pas été pour l'heure revendiqués. 
Le groupe islamiste radical Boko Haram a déjà mené plusieurs attaques similaires, ciblant fréquemment des églises les jours de culte: c'est la troisième année consécutive que le Nigeria est le théâtre d'attaques contre des églises au moment de Noël. 

En 2010, une série d'attentats pendant Noël avait fait plus de 40 morts. 
En 2011, 44 personnes avaient été tuées le jour de Noël dans le nord et le centre du Nigeria dans une série d'attaques attribuées à Boko Haram, dont 35 dans un attentat à la bombe contre une église. 

Début décembre, une série d'attaques attribuées à Boko Haram avait été menées contre des églises et des maisons habitées par des chrétiens dans le nord du Nigeria. Dix personnes étaient mortes égorgées et trois églises avaient été incendiées. 

22 décembre à Kano, Nigéria
Le dimanche 22 décembre 2012, un double attentat suicide avait fait onze morts et une trentaine de blessés dans une église protestante, toujours dans le nord.

Sans compter 44 personnes victimes il y a un an d'une attaque à la voiture piégée contre l'église Sainte-Thérèse à Madalla, une ville située à 40 km d'Abuja. 

Ce samedi 22 décembre à Kano, dans le Nord, une double attaque suicide a a frappé des locaux de MTN et de Airtel, deux des principaux opérateurs téléphoniques du pays.

 Au total, les violences attribuées à la secte Boko Haram, mais aussi leur répression sanglante par les forces de l'ordre nigérianes ont fait, selon les estimations, plus de 3.000 morts depuis la mi-2009, lorsque les membres de Boko Haram ont pris les armes pour imposer la "charia", la loi coranique", dans le nord du pays.

Réaction violente aux efforts du gouvernement
Islamistes armés de Boko Haram

Les forces de sécurité nigérianes ont arrêté 28 membres présumés de la "secte "islamiste Boko Haram au cours d'une série d'opérations menées contre leurs repaires au cours du week-end du 15 décembre dernier. "Notre objectif est d'étrangler (les militants), de les asphyxier et nous commençons à obtenir les résultats souhaités", a déclaré un porte-parole des forces communes de l'armée et de la police à Kano, deuxième ville du pays. 


Selon Human Rights Watch, au moins 2.800 personnes ont péri depuis le début de l'insurrection lancée en 2009 par le groupe islamiste, principalement dans le nord du Nigeria à majorité musulmane. Huit islamistes présumés ont été arrêtés à Kano après avoir lancé une bombe artisanale contre un véhicule de patrouille de la police sans faire de victime. 

 En janvier, Kano avait été le théâtre d'une série d'attentats coordonnés contre plusieurs commissariats qui avaient fait 186 morts, soit l'opération la plus meurtrière depuis le début de l'insurrection.

Boko Haram, qui se réclame des talibans afghans, veut créer un Etat islamique dans le nord du Nigeria.


Ils ont mené récemment plusieurs attaques à Yobe, proche de la ville de Maiduguri (capitale de l'Etat de Borno), berceau du groupe islamiste, affilié à Al-Qaïda.

 Outre des chrétiens, le groupe islamiste attaque aussi régulièrement les forces de sécurité, des hommes politiques et des intérêts économiques.

 A Rome, le pape Benoît XVI, lors de sa bénédiction de Noël, a condamné les "atroces" attaques contre les lieux de culte.

"La concorde doit revenir au Nigeria, où d?atroces attentats terroristes continuent à faucher des victimes, en particulier parmi les chrétiens", a-t-il dit.

 Dans le village de Peri, le chef de l'Association chrétienne du Nigeria à Yobe a précisé que de nombreux fidèles sont toujours manquants.

"Six corps ont été retrouvés", et des personnes vivant près de l'église "ont fui leurs foyers lors de l'attaque et on peut penser qu'ils se cachent toujours dans la brousse ", a déclaré Idi Garba.