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samedi 17 août 2013

Manifestations pro- et anti-Morsi autorisées à Paris

Paris, terrain d'affrontement de manifestants maghrébins solidaires...

Un rassemblement avait déjà eu lieu vendredi, et un nouveau défilé a eu lieu samedi à Paris
 
Ca se passe à Paris...
Tous les jours, aux cris de "Morsi président" et "À bas les militaires", des sympathisants islamistes manifestent librement à Paris pour réclamer le "rétablissement de la démocratie" en Égypte.
Les rassemblements de vendredi et samedi ont dénoncé un "coup d'État", selon les manifestants, et les violences pourtant partagées en Égypte. Ils veulent le retour au pouvoir du président islamiste déchu par l'armée, sous la pression populaire des laïcs inquiets que la loi coranique supplante le système démocratique depuis l'arrivée au pouvoir de Mohamed Morsi. 
Ces manifestations mobilisent plus de maghrébins que de bi-nationaux égyptiens et cette solidarité inquiète le gouvernement.

Les manifestants étaient regroupés près de la station de métro Couronnes,
dans Paris, entre le 11e et 20e arrondissements. "Nous sommes prêts à manifester tous les jours car ce qui se passe en Égypte est terrible", déclarait Mahmoud Ahmed, agent de sécurité binational franco-égyptien de 37 ans et soumis à la consigne des Frères musulmans depuis l'étranger. 

Une contre-manifestation, anti-Morsi, est également prévu dimanche à Paris.
Hostiles aux Frères musulmans, l'influente confrérie de l'ex-chef de l'État, les participants comptent défiler pour réclamer le "rétablissement de la démocratie".

Des musulmans radicaux de toutes origines se mobilisent

"Si je ne viens pas manifester pour ça, je ne viendrai jamais...", disait aussi au rassemblement de samedi un artisan de 42 ans, Français d'origine algérienne, venu avec son fils de 11 ans. "Ce qui se passe est d'une gravité sans nom", ajoutait-il, brandissant la photo d'une victime ensanglantée des violences en Égypte.

Depuis la dispersion mercredi dans le sang des campements au Caire des partisans de Mohamed Morsi, l'Égypte est un champ de bataille où s'affrontent pro-Morsi et forces de l'ordre du nouveau pouvoir, des militaires que la pression de la rue contre la charia a porté au pouvoir début juillet. 
Les heurts auraient fait plus de 750 morts en quatre jours, mais la réalité est certainement inférieure: les islamistes annoncent des chiffres encore plus terribles, sans qu'aucune vérification ne puisse les contredire.

lundi 12 août 2013

Egypte: les islamistes occupent la rue; le pouvoir menace

La fin du ramadan sera-t-elle synonyme du retour de la violence ?

Les partisans du président islamiste Mohamed Morsi
 ont appelé lundi à de nouvelles manifestations en Egypte


A l'issue d'une vaste opération militaire contre les Frères musulmans dont est issu l'ex-chef d'Etat, un haut magistrat, Adly Mansour, 67 ans, a remplacé comme président par intérim de l'Egypte, l'islamiste Mohamed Morsi démocratiquement élu en juin 2012, mais destitué par l'armée qui le détient, après un an de pouvoir islamiste marqué par des crises à répétition et une forte contestation populaire. Président de la Haute cour constitutionnelle, Mansour a promis de "protéger le système républicain" et d'être le "garant des intérêts du peuple" dans une brève allocution. Il a aussi rendu hommage à l'armée, "conscience de la nation" et à la presse "libre et courageuse".

Les supporters de Mohamed Morsi occupent deux places du Caire
 depuis plus d'un moisL'appel de ces islamistes a été lancé alors que la police évoquait une dispersion imminente mais "graduelle" de leurs sit-in au Caire à l'expiration d'un ultimatum fixé à la fin du ramadan.

Les pays occidentaux prennent parti

Fabius s'est aligné sur la position du président américain.
Tandis que A. Mansour a reçu des félicitations de plusieurs dirigeants arabes en tête desquels l'Arabie saoudite, la Turquie a jugé antidémocratique le renversement de M. Morsi. Barack Obama a appelé à réexaminer l'importante aide militaire à l'Egypte, la Russie a exhorté les camps rivaux à "la retenue" et l'Europe a insisté sur la tenue rapide d'une présidentielle. Alors que le Soudan a fait savoir qu'il espère que "la paix et la stabilité prévalent" dans son pays "frère", l'Egypte, la France réclame la libération de l'islamiste.

Dispersion du sit-in

A l'aube, à l'issue des quatre jours décrétés fériés pour fêter la fin du ramadan, des milliers d'islamistes étaient barricadés depuis plus d'un mois avec femmes et enfants sur deux places du Caire. La communauté internationale, qui a récemment tenté en vain une médiation, redoute une nouvelle effusion de sang à propos de cette poche de résistance.
Des hauts responsables de la police et du ministère de l'Intérieur ont toutefois affirmé que les policiers vont d'abord encercler les sit-in des places Rabaa al-Adawiya et Nahda avant de les disperser en "plusieurs jours et après "plusieurs sommations".
Une fois le siège entamé, la police attendra "deux ou trois jours avant de se mettre en mouvement pour disperser les manifestants", selon l'un d'eux. Ils n'ont pas précisé quand débuterait l'opération et assuré dimanche soir que "la décision n'était pas encore prise".

Les manifestants envisagent une épreuve de force

  
La presse occidentale rapporte le point de vue des insurgés de la place Rabaaalors qu'aucune présence policière n'est visible, mais que des partisans du président déchu achèvent les prières nocturnes, derrière des remparts de sacs de sable et de briques empilés  gardés par des volontaires. L'un d'eux dit s'attendre à une intervention de la police. "Nous aurons des martyrs. Le prix à payer sera élevé mais la victoire nous attendra au bout du chemin", a-t-il assuré.
Plus tôt, en réponse aux menaces gouvernementales, Farid Ismaïl, haut responsable des Frères musulmans, la confrérie de Mohamed Morsi, a assuré que "le peuple égyptien poursuivra sa révolution" pour exiger le retour de Morsi.

Nouvelles manifestations programmées pour lundi et mardi, quoi qu'il arrive. 
S'adressant aux "dirigeants du coup d'Etat" lors d'une conférence de presse sur la place Rabaa dans la nuit, Farid Ismaïl a appelé les Egyptiens à l'insurrection, en occupant "toutes les places" du pays, tandis que son mouvement annonce de nouvelles manifestations "massives" pour lundi et mardi.

Ces appels font redouter une escalade
Plus de 250 personnes - essentiellement des manifestants pro-Morsi - ont pourtant déjà péri dans des heurts entre pro et anti-Morsi, et entre pro-Morsi et forces de l'ordre depuis fin juin.
Dans la journée, plusieurs milliers d'islamistes radicaux sont  néanmoins appelés à manifester pour réclamer, disent-ils, le retour du président "légitime" renversé par "un coup d'Etat militaire sanglant", conspuant le nouvel homme fort du pays, le chef de la toute-puissante armée, le général Abdel Fattah al-Sissi.

La menace islamiste
Les opposants à Morsi lui reprochent d'avoir accaparé tous les pouvoirs au seul profit des Frères musulmans et d'avoir achevé de ruiner l'économie égyptienne. Pour l'organisation de défense des droits de l'Homme International Crisis Group (ICG), "en l'absence d'un accord politique, le résultat le plus probable est une impasse prolongée, des heurts à répétition". Mais, "personne ne doit sous-estimer le risque que certains islamistes, convaincus qu'ils n'auront pas de place dans le processus démocratique, se tournent vers la violence".

Dans le Sinaï, où des combattants islamistes multiplient les attaques depuis le 3 juillet, l'armée a tué au moins huit djihadistes dans des raids samedi soir. Mercredi, les militaires avaient dû tuer "60 terroristes"
 en un mois.


mardi 25 décembre 2012

Messe de minuit sanglante au Nigéria

Six chrétiens tués par des islamistes dans une église

L'attaque dans le nord-est du pays visait des chrétiens

Eglise Sainte-Thérèse à Madalla,
située à 40 km d'Abuja (cf. ci-dessous)
Des hommes armés ont attaqué pendant la messe de minuit une église dans le village de Peri (nord-est), tuant six fidèles, dont un prêtre, avant de mettre le feu au bâtiment, ont indiqué la police et des habitants mardi.

"Des hommes armés non identifiés ont essayé d'attaquer Potiskum mais ont été repoussés par nos troupes", selon les explications d'Eli Lazarus, un porte-parole de l'armée. "Alors qu'ils prenaient la fuite, ils ont attaqué une église dans un village qui porte le nom de Jiri."

"Un groupe d'hommes armés a fait irruption dans le village à minuit et sont allés directement dans l'église (...) Ils ont ouvert le feu et tué le prêtre et cinq fidèles. Puis ils ont mis le feu à l'église", a déclaré Usman Mansir, un habitant.

Un responsable de la police à Yobe a confirmé cette version des faits.


Les agresseurs ont également mis le feu à des habitations voisines de l'église
, selon des habitants.

L'église visée était une branche de l'Eglise évangélique d'Afrique de l'Ouest, selon un habitant.


Enclave chrétienne dans un pays majoritairement musulman


Peri est une ville proche de Potiskum, capitale économique de l'Etat de Yobe qui compte une importante minorité chrétienne.

Pays le plus peuplé d'Afrique, le Nigeria compte 160 millions d'habitants, le sud du pays étant à majorité chrétienne et le nord à majorité musulmane.

Ces meurtres n'ont pas été pour l'heure revendiqués. 
Le groupe islamiste radical Boko Haram a déjà mené plusieurs attaques similaires, ciblant fréquemment des églises les jours de culte: c'est la troisième année consécutive que le Nigeria est le théâtre d'attaques contre des églises au moment de Noël. 

En 2010, une série d'attentats pendant Noël avait fait plus de 40 morts. 
En 2011, 44 personnes avaient été tuées le jour de Noël dans le nord et le centre du Nigeria dans une série d'attaques attribuées à Boko Haram, dont 35 dans un attentat à la bombe contre une église. 

Début décembre, une série d'attaques attribuées à Boko Haram avait été menées contre des églises et des maisons habitées par des chrétiens dans le nord du Nigeria. Dix personnes étaient mortes égorgées et trois églises avaient été incendiées. 

22 décembre à Kano, Nigéria
Le dimanche 22 décembre 2012, un double attentat suicide avait fait onze morts et une trentaine de blessés dans une église protestante, toujours dans le nord.

Sans compter 44 personnes victimes il y a un an d'une attaque à la voiture piégée contre l'église Sainte-Thérèse à Madalla, une ville située à 40 km d'Abuja. 

Ce samedi 22 décembre à Kano, dans le Nord, une double attaque suicide a a frappé des locaux de MTN et de Airtel, deux des principaux opérateurs téléphoniques du pays.

 Au total, les violences attribuées à la secte Boko Haram, mais aussi leur répression sanglante par les forces de l'ordre nigérianes ont fait, selon les estimations, plus de 3.000 morts depuis la mi-2009, lorsque les membres de Boko Haram ont pris les armes pour imposer la "charia", la loi coranique", dans le nord du pays.

Réaction violente aux efforts du gouvernement
Islamistes armés de Boko Haram

Les forces de sécurité nigérianes ont arrêté 28 membres présumés de la "secte "islamiste Boko Haram au cours d'une série d'opérations menées contre leurs repaires au cours du week-end du 15 décembre dernier. "Notre objectif est d'étrangler (les militants), de les asphyxier et nous commençons à obtenir les résultats souhaités", a déclaré un porte-parole des forces communes de l'armée et de la police à Kano, deuxième ville du pays. 


Selon Human Rights Watch, au moins 2.800 personnes ont péri depuis le début de l'insurrection lancée en 2009 par le groupe islamiste, principalement dans le nord du Nigeria à majorité musulmane. Huit islamistes présumés ont été arrêtés à Kano après avoir lancé une bombe artisanale contre un véhicule de patrouille de la police sans faire de victime. 

 En janvier, Kano avait été le théâtre d'une série d'attentats coordonnés contre plusieurs commissariats qui avaient fait 186 morts, soit l'opération la plus meurtrière depuis le début de l'insurrection.

Boko Haram, qui se réclame des talibans afghans, veut créer un Etat islamique dans le nord du Nigeria.


Ils ont mené récemment plusieurs attaques à Yobe, proche de la ville de Maiduguri (capitale de l'Etat de Borno), berceau du groupe islamiste, affilié à Al-Qaïda.

 Outre des chrétiens, le groupe islamiste attaque aussi régulièrement les forces de sécurité, des hommes politiques et des intérêts économiques.

 A Rome, le pape Benoît XVI, lors de sa bénédiction de Noël, a condamné les "atroces" attaques contre les lieux de culte.

"La concorde doit revenir au Nigeria, où d?atroces attentats terroristes continuent à faucher des victimes, en particulier parmi les chrétiens", a-t-il dit.

 Dans le village de Peri, le chef de l'Association chrétienne du Nigeria à Yobe a précisé que de nombreux fidèles sont toujours manquants.

"Six corps ont été retrouvés", et des personnes vivant près de l'église "ont fui leurs foyers lors de l'attaque et on peut penser qu'ils se cachent toujours dans la brousse ", a déclaré Idi Garba.