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mardi 15 septembre 2015

Affaire du dessin de Chaunu: Aylan, à toutes les sauces aigrelettes

Depuis la tuerie de Charlie, le dessin de presse reste létale

Exercer une activité publique sans avoir à en assumer les contreparties, notoriété et déraillements ?
Dessin originel...
Suite à son dessin contesté du petit Aylan, FigaroVox offre à Emmanuel Chaunu la capacité de réagir après les insultes et les menaces dont il dit avoir été victime, alors que les 5èmes Rencontres internationales des dessinateurs de presse auront lieu à Caen ce week-end.

Vous avez publié un dessin du petit Aylan qui a suscité de violentes critiques sur les réseaux sociaux. On reconnait la position du petit garçon dont la photo a fait le tour du monde, allongé ["échoué", face contre "terre", si on veut bien faire face à la réalité cruelle de la mort d'un enfant, tout en se portant au secours d'un dessinateur vivant] sur la plage [en fait, "une plage" de Turquie et non celle que fréquentent les familles qu'il ne sert à rien de culpabiliser]. Au dessus on peut lire: «C'est la rentrée». 
Que désiriez-vous dire à travers ce dessin?
[Allons-y, mais si son auteur doit s'en justifier, le dessin n'est-il pas raté?]
Emmanuel Chaunu: Quand l'image est diffusée, on est en plein dans le grand marronnier de la rentrée. [Aïe, ça démarre mal: la période est propice au grand n'importe quoi...] Les reportages sur le stress des enfants, les angoisses des parents etc. se multiplient. [Aveu de l'hypocrisie de la presse qui contribue donc à ce malaise pour faire du papier et combler le vide de l'actualité !] Puis, cette photo déclenche un tsunami émotionnel et nous bouscule, nous renvoyant aux angoisses un peu futiles de notre monde. [Quelles sont précisément ces futilités floues? Le chômage des Français? La hausse déguisée des impôts et la baisse réelle du pouvoir d'achat? L'augmentation de la mortalité sur les routes et la traque des automobilistes? Les mensonges de la presse partisane?] Je ne donne pas de leçon, je me brocarde aussi car on est tous égoïstes et, parfois, éloignés des réalités. [Autocritique vague et indulgente] Pour la rentrée et mon dessin pour L'Union, j'ai voulu rendre hommage à cet enfant qui est le nôtre. [Car nous sommes "citoyens du monde" et tous des "êtres humains": le discours dérape dans la philosophie de comptoir !] Alors que la rentrée des classes fait l'actualité, il y a la guerre et la montée de Daesh. Des peuples vivent ce que nous avons vécu en 1940. [en termes à peine voilés, Chaunu suggère l'exode des Français à l'incontournable "période la plus sombre de notre histoire", mais  l'exorciste s'écarte ainsi de l'actualité en évitant d'ailleurs de désigner les "nazis" qu'il évoque pourtant: le "dictateur" syrien ou les islamofascistes?]

Etes-vous surpris par la violence des réactions ?


J'ai été littéralement surpris par ces réactions incroyables. On a des gens qui réagissent de façon épidermique, sans analyse, se revendiquant de l'esprit du 11 janvier, alors que c'est beaucoup plus complexe que ça. [Les réactions incriminées sont de celles auxquelles on doit s'attendre en considération du sujet abordé, du choix du support internet et de l'ampleur de la cible recherchée.] Mon dessin n'est pas une caricature: on est plus proche du dessin publié au lendemain des attentats (où l'on voit des crayons transformés en poteaux d'exécution, ndlr) [qui  se revendique de l'esprit du 11 janvier ?] et dans le registre du symbolique et du poétique. [comment peut-on assumer une proximité avec le dessin et se retrancher derrière le "symbolique"? Quant à la poésie de la mort violente d'un enfant, il faut être Victor Hugo pleurant sur sa propre fille disparue...] L'enfant est restitué tel qu'il est sur la plage. C'est un dessin hommage. [Avec le cartable bien en place, pour faire plus symbolique et poétique...]

Que disent-elles de la société française?

Ce n'est pas attaché uniquement à la société française mais signe des temps, la toile est un vide-ordures, une grande décharge. [Chaunu y porte ses dessins -  ses encombrants, parfois - , à charge de ne pas participer à la pollution] Plus rien ne se structure. On lapide, on dégobille. [Une prise de conscience salutaire: Chaunu est-il en train de nous dire que les internautes sont des lanceurs d'alerte utiles ?] Il est temps d'analyser les réseaux sociaux, cette fantastique technologie. 
Que peut-on opposer à cette diarrhée du net? [Ne pas distribuer des produits pourris, par exemple !] 
Cela pose aussi la question du temps long et celui de la réflexion. [Emmanuel le dessinateur, fils de l'historien Pierre Chaunu, va-t-il réserver sa production à l'édition? Fini le numérique; retour au papier ?] On réagit de suite, simultanément, ne donnant pas le temps à la pensée de se construire. [Reproche valable pour les dessinateurs qui, à la différence des historiens, collent à l'actualité] Or, cette question du temps, on se la pose, dans notre métier de dessinateur, en même temps que nous surfons sur l'actualité. On est à la croisée des chemins.

A propos, le dessin reproduit par francetvinfo est amputé...
Dessin tronqué: pourquoi? (lien)
Pourquoi, croyez-vous, le service public a-t-il cru bon de censurer le titre malsain non tronqué en tête d'article? 

Ce week-end auront lieu les 5èmes Rencontres internationales des dessinateurs de presse à Caen
[où est né E. Chaunu], dont vous êtes l'un des organisateurs. Les premières depuis les attentats. Quel message voulez-vous y faire passer ?

Le Mémorial nous donne la chance de
pouvoir tous nous retrouver pour pouvoir échanger sur notre métier, notre passion. Des dessinateurs du monde entier seront présents. Mon message? le dessin de presse comme toutes les œuvres réclame un peu d'éducation: Il n'y a pas de caricature sans culture !
[Bienvenue aux lecteurs de Télérama: les ferrailleurs de grandes décharges et les raclures de vide-ordures y sont indésirables ...]

Chaunu dessine mieux qu'il ne se justifie, mais "peut mieux faire" toutefois, en cette rentrée des enfants des écoles et ce retour des marronniers. Il le doit, en hommage authentique et durable à tous les Aylan dont on ne parle pas. Et aux innocentes victimes des dessinateurs.

dimanche 1 mars 2015

Polémique sur la chanson des "Enfoirés" : Le Forestier et Lavoine soutiennent Goldman

Tout va très bien Mme la Marquise, hymne des jeunistes ? 

La dernière chanson des "Enfoirés" serait "anti-jeunes"

Comparant les comportements de deux générations sur des thèmes sociaux, la chanson suscite l'émoi de faiseurs d'opinion qui orchestrent la colère exemplaire d'internautes vertueux. "Hymne anti-jeunes", "cacophonie indécente", "chanson malaise" : Sourds à l'appel du président Hollande à lutter contre le dénigrement, les auteurs des critiques les plus virulentes accusent la nouvelle chanson des "Enfoirés", "Toute la vie", depuis sa diffusion en début de semaine. Le clip vise à "encourager la jeunesse à se bouger pour faire changer les choses", mais des pisse-vinaigres n'ont pas la tête à la fête et à l'humanitaire et en font leur propre lecture, suscitant l'émoi et la colère d'internautes se disant à leur tour consternés par le ton jugé "paternaliste" de leurs aînés sur la jeune génération.

Des polémistes professionnels s'en prennent à la lutte contre la pauvreté
Pour ses 30 ans, l'avenir des Restos du cœur, association à but non lucratif et reconnue d'utilité publique créée par Coluche en 1985, est menacé par les arbitres anonymes de la bien-pensance parisienne. 
Pour @FabienTipon, "le clip des Enfoirés est l'inverse total de la chanson de Coluche sur les Restos du coeur" sans idéologie, discours ou baratin". "Les enfoirés n'ont jamais aussi bien porté leur nom! " écrit carrément @louisdefroment. J



Parce qu'on est jeune, on est nécessairement actif?
Et parce qu'on est vieux, forcément c*n?
Le clip montre un groupe de jeunes aigris interpellant les Enfoirés
"Vous aviez tout: liberté, plein-emploi. Nous, c'est chômage, violence et sida". Qui n'a entendu des jeunes exprimer cette nostalgie pour une époque qu'ils n'ont pas connue? Les chanteurs des Restos du Coeur leur répondent en choeur "tout ce qu'on a, il a fallu le gagner; à vous de jouer, mais faudrait vous bouger". "Vous avez raté, dépensé, pollué", poursuivent les jeunes, "je rêve ou tu es en train de fumer ?",  interrogent les Enfoirés. Mais le refrain est  enjoué et les paroles optimistes: "Vous avez toute la vie, c'est une chance inouïe. (...) C'est à ton tour et vas-y". Paroles stigmatisantes donc, pour les uns, mais stimulantes pour les autres, pour un débat tabou: le recours par Hollande à l'article 49.3 a définitivement annihilé l' "effet Charlie".
S'offrant une cure de jouvence sur Twitter également, Jacques Attali, 71 ans, a dénoncé - avec l'outrance d'un ado - un "monument de vulgarité et de haine des jeunes."


Qui écrit les tweets du plagiaire?

Nouvelle querelle des Anciens et des Modernes
Parmi les chanteurs des Enfoirés aperçus dans le clip, des artistes marqués à droite, comme à gauche: Matt Pokora (29 ans), Lorie (32), Zaz (34), Jenifer (33), aux côtés de Maxime Le Forestier, Gérard Jugnot, Michèle Laroque, Patrick Bruel, Pascal Obispo, MC Solaar, Jean-Louis Aubert, Julien Clerc, Mimie Mathy ou encore Bénabar, Michaël Youn, et l'auteur de la chanson, Jean-Jacques Goldman (né à Paris dans une famille juive du populaire 19e arrondissement de Paris, d'un père juif polonais et communiste), personnalité préférée des Français depuis décembre 2012.

Les détracteurs se situent clairement aux extrêmes du paysage politique:


Accusés d'être "anti-jeunes", les Enfoirés se défendent. Quelques jours après sa diffusion sur les réseaux sociaux de leur nouvelle chanson, "Toute la vie", des chanteurs de la troupe décryptent le texte pour les bisounours professionnels, apportant leur soutien à son auteur, Jean-Jacques Goldman, mélodiste à succès de 63 ans, plus que François Hollande (60 ans), mais moins que Martine Aubry (65 ans) ou Laurent Fabius (69 ans).

Plusieurs chanteurs  soutiennent le texte de Jean-Jacques Goldman

Depuis mardi soir, le compte Twitter des Enfoirés n'a eu de cesse que de répondre aux invectives. "Ce n'est pas le sens du message, qui est positif. désolé que vous en ayez une autre interprétation". La chanson "se veut être un message d'espoir pour la jeunesse". "Ce qu'il faut comprendre dans les paroles, c'est qu'au lieu de rester sur un désaccord générationnel où chacun se renvoie la balle, il faut encourager la jeunesse à faire bouger les choses car c'est elle qui peut le faire", plaide-t-il encore. Prouver en somme qu'elle n'est pas la génération d'assistés que l'on dit...

On notera un rassemblement multiculturel avec Amel Bent notamment ou la présence du chanteur canadien Corneille, dont on ne peut dire qu'il est un vieux privilégié puisque, fils d'une mère Hutu et d'un père Tutsi, il est l'unique rescapé du génocide rwandais dont sa famille a été victime.

Plusieurs chanteurs participants défendent le texte de Jean-Jacques GoldmanParmi eux, son complice de toujours Michael Jones, Marc Lavoine ou encore Maxime Le Forestier, qui soulignent que, dans le clip, "les vieux (sont présentés comme) aussi cons que les jeunes". 

Jean-Jacques Goldman s'est livré à un décryptage pour les Nuls vendredi, insistant sur le second degré de la chanson. Selon l'interprète de "Je marche seul", les Enfoirés "jouent le rôle des adultes qui leur répondent [aux jeunes], comme trop souvent, en se dédouanant et avec mauvaise foi, mais en espérant qu'ils feront mieux".

Un peu plus tard vendredi, le comédien et chanteur Marc Lavoine -pourtant généralement consensuel- a soutenu l'auteur. "Il est des injustices plus cruelles que d'autres quand elles s'attaquent à des êtres doux et fraternels. Accuser Goldman d'être réactionnaire, par-delà son caractère absurde, c'est aussi vouloir empêcher un artiste de jouer avec ses mots pour tenir à distance les maux qui nous gangrènent : refus de la faim et de la misère, refus têtu, obstiné, de toutes les discriminations", fait-il valoir.

Les casseurs envahissent les media


Depuis 1989, Les Enfoirés, groupement d'artistes et personnalités publiques bénévoles investissent temps et énergie pour chanter au profit de l'association caritative des Restos du Cœur, créée par Coluche - l'humoriste anarchiste Michel Colucci - qui est aussi à l'origine de cette appellation. Cette nouvelle polémique est aussi affligeante que celle lancée en 2009 par l'illustre socialiste Pierre Bergé pour soutenir le Sidaction contre le Téléthon... 

Chaque année, le concert des Enfoirés constitue une part non négligeable des recettes de l’association.
Qui veut sa mort - Jacques Attali ? - sachant que chaque CD ou DVD vendu des Enfoirés - dont les bénéfices sont intégralement reversés -représente 18 repas servis à des naufragés de la vie ?

Le concert sera diffusé le 13 mars sur TF1 et l'album sera disponible le lendemain. En 2014, les bénéfices avaient rapporté à l'association près de 23 millions d'euros, soit 12,5 % de son budget. Et pourquoi Bercy ne réclamerait-il pas aussi les droits de la Sacem pour payer les déplacements de Hollande, sauveur de la planète ?

mercredi 11 février 2015

Hollande reperd huit points de popularité: rechute du grand corps malade

Le soufflet de Charlie hebdo retombe

Avec 30% d'opinion favorable, la popularité de François Hollande est en net recul

Sale temps pour Hollande
   
Manuel Valls perd lui aussi sept points, à 52%, c'est-à-dire sept points de moins, selon le baromètre mensuel Ipsos-Le Point publié lundi. 

Fin de l' "effet Charlie" pour l'exécutif. Ce recul ne les ramène toutefois pas encore aux niveaux critiques d'avant les attentats de djihadistes de France à Paris, il y a un mois. La cote du chef de l'État reste en effet 12 points supérieure à celle de décembre. Celle du Premier ministre est de 16 points supérieure à celle de la fin d'année.

Globalement, 67% des personnes interrogées (+10 pts en un mois) ont une opinion défavorable du président de la République. Seulement 3% ne se déterminent pas. Concernant Manuel Valls, elles sont 43% à émettre un jugement défavorable (+7). 5% ne se prononcent pas.

Juppé reste le leader politique préféré des Français sondeurs



Sifflé par des militants UMP et en recul de quatre points, Alain Juppé (56% d'avis positifs) reste nettement en tête du palmarès des leaders politiques, devant la directrice générale du FMI, Christine Lagarde (47%, +2 pts), et les ministres des Affaires étrangères, Laurent Fabius, et de l'Écologie, Ségolène Royal (43% tous les deux). Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, arrive cinquième à 42% d'avis favorables (-5 pts).

Le président de l'UMP, Nicolas Sarkozy, rassemblerait 38% de jugements favorables). Parmi les sympathisants de l'UMP, il est 1er avec 76% d'avis favorables.

Une des seules à ne pas reculer, Marine Le Pen, gagne un point et se trouve avec 31% d'avis positifs au 20e rang.

* Sondage réalisé par téléphone les 6 et 7 février auprès d'un échantillon de 963 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas).

dimanche 8 février 2015

Le journal Le Monde, organe de presse du Parti socialiste ?

Son acharnement anti-Sarkozy n'éprouve-t-il pas l'"honnêteté intellectuelle" des  lecteurs ?


Haro sur le reconstructeur de l'UMP
La théorie de l'évolution, oui,
mais la sélection naturelle, non!
L'empathie du Monde est touchante. "Après les sifflets de Bordeaux, les sifflets de Paris. Alain Juppé a été hué par une partie des cadres de l’UMP, réunis au conseil national, samedi 7 février. Comme lors du meeting dans sa ville, l’ancien premier ministre a été chahuté lorsqu’il a appelé à un large "rassemblement de la droite et du centre", y compris le MoDem [de Bayrou, son voisin en Aquitaine], afin de lutter contre le Front national." Le PS ne jouerait-il pas pourtant à l'unité avec les "frondeurs" de la Ch'tite maire de Lille? 

"
La semaine où Sarkozy a perdu de son aura," titre encore Le Monde, le même jour.
A croire que le journal du soir dispose d'une cellule dédiée... "Engoncé dans l’impératif d’unité nationale, jouant des coudes lors de la marche citoyenne du 11 janvier, peinant à faire entendre ses propositions contre le terrorisme…
Dimanche 1er février, coup de tonnerre rue de Vaugirard." A la législative partielle du Doubs, le candidat de l'UMP -choisi par l’ancienne direction, le triumvirat Alain Juppé, François Fillon et Jean-Pierre Raffarin- n'a pas mieux réussi dans la circonscription acquise à la gauche qu'aux scrutins précédents depuis que Pierre Moscovici l'avait investie, avant de l'abandonner pour faire carrière à Bruxelles. Le premier tour du 1er février dernier administra d'ailleurs un camouflet au candidat du PS qui arriva derrière la candidate du... Front national. Pour la première fois depuis mai 2007, la gauche est défiée par l'extrême droite et appelle à un "front républicain" de circonstance, à son service, pour parvenir à le contrer.

"La droite se retrouve face à un casse-tête," alors que l'arrivée d'un troisième député FN à l'Assemblée serait une échec de la gauche avant quiconque. Il appartient à la gauche de faire le "job", mais il semble au Monde - peu confiant - que le problème FN serait celui de l'UMP, parce qu'il lui revient de " trancher entre deux choix inconfortables" - créés par le PS qui peine à conserver sa circonscription. "Soit il appelle les électeurs de l’UMP à voter en faveur du PS pour faire barrage à l’extrême droite, au risque d’alimenter le discours du FN sur l’"UMPS" ; soit il ne prend pas position et risque d’être accusé de faire le jeu du parti de Marine Le Pen. Autant de procès qui lui sont déjà faits...

Le PS n'assume pas une éventuelle défaite

"
Doubs: l’UMP arbitre du second tour," titre Le Monde, comme si l'unité de la gauche ne devait pas suffire. Si le PS était envoyé dans les cordes, ce serait la responsabilité de la droite. Et à l'inverse? L'incertitude du Monde est si grande que le journal prépare l'argumentaire accusant l'UMP. "La campagne du PS, qui a capitalisé sur la bonne gestion du gouvernement après les attentats des 7, 8 et 9 janvier, semble avoir porté ses fruits. De nombreux responsables socialistes ne cessent de vanter la "fierté retrouvée" de la base. Un effet de "l’esprit du 11 janvier" invoqué par Manuel Valls, venu apporter son soutien à son candidat mardi 27 janvier ?" Celui-ci aurait-il accédé au second tour sans les interventions répétées de membres du gouvernement, ajoutées à l'"effet Charlie" qui a traumatisé la France et au-delà ?  

"Pas si sûr
.
Le FN est tout de même arrivé largement en tête (4 points d’avance) et le scrutin a été marqué par une forte abstention, peu étonnante dans le contexte d’une partielle: 60,4 % des inscrits ne se sont pas déplacés, sans qu'on sache à quel bord elle a profité. De plus, le PS perd environ 10.000 voix par rapport au scrutin législatif de 2012. En l'absence de concurrent du MoDem, le PS peut compter sur le centre, puisque le président de l'UDI, Jean-Christophe Lagarde, a appelé à voter pour le candidat du PS, mais une bonne part de l'électorat du Front de gauche a bien dû passer d'un extrême à l'autre, puisque le communiste Vincent Adami, outre le NPA d’Olivier Besancenot et le MRC de Jean-Pierre Chevènement notamment, propose du bout des lèvres de faire "confiance aux électeurs afin qu’ils orientent leur choix vers cet impératif : pas de députée frontiste supplémentaire à l’Assemblée Nationale le 8 février", après avoir recueilli 3,7% des suffrages dimanche 1er février. 
'Vu les circonstances, on aurait dû être éliminés', déclare Christophe Borgel, en charge des élections au PS, contredisant Le Monde. '"Ça montre qu’il y a un effet de remobilisation, mais ça ne règle pas tous les problèmes. On a perdu la moitié de nos voix", concède-t-il au Monde.  Si le PS échouait malgré les deux déplacements  de Manuel Valls, le premier ministre, et celui de Cazeneuve, ministricule de l'Intérieur, la faute serait rejetée sur l'UMP et singulièrement sur Sarkozy. Si le PS l'emportait, il le devrait à quelques figures de l'UMP qui se sont prononcées en faveur du candidat du Parti socialiste, tels Alain Juppé ou Nathalie Kosciusko-Morizet.

Le "ni-ni " – ni Front national, ni Parti socialiste - de Sarkozy n'est pas une surprise.


Dans un billet publié mercredi 4 février, Pierre Moscovici s'était offusqué de la stratégie du "ni-ni" adoptée par l'UMP pour l'élection législative partielle de dimanche dans le Doubs.

Les aléas de la reconstruction de l'UMP


Le choix du "ni-ni" de l’UMP signe de manière symbolique l’échec du retour de Nicolas Sarkozy. "Une stratégie du front républicain est mortifère", martèle Roger Karoutchi. Et à l'extérieur, la presse de gauche s'en prend à Nicolas Sarkozy qui incarne la seule fermeté face au PS et FN. Pour Nicolas Sarkozy, le début d'année avait déjà été compliqué. Bien malgré lui, les attentats de djihadistes français à Paris avait contraint le patron de l'UMP à laisser la main au pouvoir, le privant de la parole au profit d'un exécutif qui l'a accaparé sans aucune retenue. Il a finalement bien dû rompre le silence le 21 janvier au JT de 20 heures sur France 2 en déplorant les propos de Manuel Valls sur l'"apartheid" en... France.

Et la presse de gauche a récupéré l'esprit du 11 janvier à son profit 
C'est le cas de L'Obs, cette fois. Réélu en décembre dernier avec 64,5% des voix à la tête de l'UMP, s'agit-il "d'une épreuve pour Nicolas Sarkozy, d'une contre-performance, voire d'une Berezina", s'interroge l'hebdomadaire, sans considérer que la tête protéiforme du parti puisse être ébranlée ? Peu importe à L'Obs de savoir s'ils sont meilleurs que l'autre ceux ou celles qui en sont à appeler à voter pour l'un ou l'autre des deux partis arrivés au second tour? "Il faut se pincer pour être sûr d'entendre ce qu'on entend", raille un proche du patron de l'UMP qui s'ébahit du "tapage médiatique".

Une certaine presse a matraqué toute la semaine
Voulant à toute fin ignorer que le président de l’UMP plaide depuis plusieurs années pour la liberté de vote, tout en disant « non » au FN, la presse a déclenché un tir de barrage contre lui, alors que le bureau politique est revenu du « ni-ni » avec abstention ou vote blanc. Quelques voix personnelles divergentes ont suffi à la majorité présidentielle pour dénaturer ce concours de nuances à l'UMP.
La partielle du Doubs a donc relancé le débat pendant sur la doctrine du "ni-ni" (ni Front national, ni Front républicain) instaurée dès 2011 par Nicolas Sarkozy lorsqu'il était encore président de la République. Avant 2011, le front républicain avait presque toujours prévalu entre l'UMP et le Parti socialiste, le parti arrivant troisième se désistant en faveur du second pour faire battre le parti d'extrême droite. En 2011, l'UMP opère un virage à 180 degrés. Plombé par la crise économique et financière que la gauche minimisait et l'avènement de Marine Le Pen, le parti majoritaire avait été éliminé dès le premier tour dans plus de 200 cantons. Jean-François Copé avait donc passé le mot d'ordre salutaire du "ni-ni." En avril 2012, les électeurs de Nicolas Sarkozy sont, selon une enquête OpinionWay, 64% à se dire favorables à une alliance UMP-FN aux législatives en échange du soutien de Marine Le Pen à Nicolas Sarkozy. Une position qui dénote une écoute attentive des 67 % de sympathisants de l'UMP qui sont favorables à la posture du " ni-ni."

Quatre ans plus tard, les féaux de la majorité jouent l'étonnement


D'autant qu'elle serait la première bénéficiaire...


Libération, Le Point ou France Inter titrent le même élément de langage: "Sarkozy peine à s'imposer comme leader naturel de l'UMP." Libération le dépeignait en Bonaparte, mais assure aujourd'hui que "Nicolas Sarkozy s’évertue à rassembler l’UMP mais, apparemment mal à l’aise dans le costume de simple chef de parti." Et de gloser sur des amis anonymes qui "ne le reconnaissent plus"... Ils feraient parler les morts ! "Sarkozy est devenu l’homme de la synthèse à l’UMP, alors qu’avant, c’était un guide", déplorerait, à la faveur du "secret des sources," un élu francilien, soi-disant sarkozyste convaincu. Ainsi, Libération rapporterait-il fidèlement les confidences de "nombre de responsables UMP interrogés par l’AFP".
Et de citer les 30% des voix remportées par Bruno Le Maire à la présidence de l’UMP. 


Mais Libération omet de préciser que B. Le Maire s'est prononcé en faveur du "ni-ni"
Cela lui a valu une nouvelle agression verbale du patron coopté à la tête du PS. sur Radio J, le premier secrétaire du PS a estimé que l'UMP était «dans la grande difficulté". Et Cambadélis  a eu un mot presque tous les dirigeants du parti, dans une formule de préau d'école. Pour lui, Nicolas Sarkozy "fait flop", Alain Juppé "fait toc", alors que Bruno Le Maire est "le plus dangereux". De quoi construire un "front républicain" ? Sur France 3, le ministre-porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, s'était déjà alarmé d'une "radicalisation de la droite", montrant du doigt la "nouvelle génération", à savoir Laurent Wauquiez et Bruno Le Maire.

Libération fait aussi l'impasse sur le "ni-ni" de François Fillon. L'ancien Premier ministre s’est justifié devant le groupe UMP à l’Assemblée, jugeant "impossible de voter PS", ont pourtant rapporté plusieurs participants, de source AFP. Le quotidien des socialo-bobos en fait cinq lignes: "Pas de complaisance avec le FN, pas d’indulgence avec le PS", explique Fillon, pour qui il est "impossible de voter pour le PS".


En somme, se comportant en chef de  parti rassembleur, Sarkozy a bien changé et la presse partisane regrette qu'il ne soit pas aussi seul qu'elle voudrait.

Mais ceux qui à l'UMP font le jeu du PS croient-ils servir leur parti, les chômeurs et les victimes de la surfiscalisation directe et indirecte ?



François Hollande est un "mauvais président" pour deux Français sur trois

Le sondage qui révèle l'intox de la presse sur "l'esprit du 11 janvier"


Pour 67% des personnes interrogées lors d'un sondage publié samedi dans le Parisien, François Hollande est un "mauvais président"


Malgré les efforts de l'Elysée pour reconquérir l'opinion et faire croire à sa popularité retrouvée dans... Le Monde, une majorité de Français reste mécontente.

L'effet Charlie n'aura été qu'un leurre et l'"esprit du 11 janvier" du pipeau médiatiques: les sondages sont toujours sans appel pour François Hollande.
Le 19 janvier 2015à peine le délai de décence écoulé, le baromètre IFOP-Fiducial s'empressait d'affirmer que "la cote de popularité du président de la République est en hausse de 21 points", Le Monde, journal socialiste du soir clamait en titre: " Bond de popularité pour François Hollande." Et de positiver : "40 % des sondés [qui] disent satisfaits de l'action de François Hollande, " quand six sur dix ne l'étaient pas... 
Les 5 et 6 février, une enquête Odoxa  publiée samedi dans Le Parisien annonçait,  deux semaines plus tard, que deux Français sur trois (67%) estiment qu'il est un "mauvais Président de la RépubliqueEn l'aggravant, ce dernier sondage confirme le précédent que Le Monde avait habilement présenté sous un angle "favorable". On peut, certes, considéré qui la cote présidentielle est "moins pire" qu'en juillet dernier, quand 77% des sondés estimaient qu'il n'était pas un bon chef de l'Etat, mais les pseudo "effet Charlie" ou "esprit du 11 janvier" est une vaste entourloupette qui ne fonctionne guère que parmi les lecteurs du Monde.

Testé sur les attributs présidentiels, le résultat est encore négatif 

Chute à l'Elysée d'Helle Thorning-Schmidt,
premier ministre du Danemark

 avant la marche républicaine"
du 11 janvier 2015 à Paris 
Si 54% des sondés le trouvent sympathique, une majorité de sondés ne le trouve ni charismatique (81%)ni dynamique, (78%)ni compétent (67%) ni courageux (58%).

Les personnes interrogées semblent regretter son prédécesseur. 
Plus de la moitié (56%) pense qu'il est "plutôt moins bon" que Nicolas Sarkozy, quand 41% penseraient qu'il est "plutôt meilleur". 

Le peuple de gauche n'a toujours pas trouvé mieux
69% des sympathisants gardent une bonne opinion de lui et presque autant trouvent qu'il est un bon Président (68%). Mais il peut encore mieux faire auprès d'eux : deux sympathisants sur trois ne le trouvent pas assez à gauche

Enquête réalisée les 5 et 6 février auprès d'un échantillon de 1.008 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, par internet, selon la méthode des quotas.