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jeudi 17 septembre 2015

André Santini (UDI) condamné pour injure publique; Guy Bedos, relaxé, pour le même motif...

Face à la justice, les élus sont-ils égaux, qu'ils soient de droite ou de gauche ?

Difficile d'apprendre aux enfants de ne pas traiter les petites filles de 'connes'

La Justice distribue donc des primes à l'agression verbale des opposants au régime...
 
Poursuivi pour avoir insulté l'eurodéputée Nadine Morano (Les Républicains) en la traitant de "conne" en public, pour faire rire son public de beaufs, Guy Bedos a été relaxé lundi: eu égard à son âge ?

Bien que Guy Bedos soit allé provoquer l'élue jusque dans sa circonscription de 
Toul
(Meurthe-et-Moselle) en octobre 2013 devant 1.300 spectateurs et électeurs potentiels, le tribunal correctionnel de Nancy a estimé que l'octogénaire est resté dans "la loi du genre" en tant que comique, et qu'il n'a "pas dépassé ses outrances habituelles", lorsqu'il avait copieusement insulté l'ex-ministre de Nicolas Sarkozy.

"Nadine Morano a été élue ici à Toul ? Vous l'avez échappé belle ! On m'avait promis qu'elle serait là… Quelle conne !" avait notamment lancé l'artiste sur scène, entre autres injures à l'intention de l'élue. L'humoriste était resté "dans son registre habituel", a tranché le tribunal.  Tout bien considéré, ce commentaire prononcé par le juge est beaucoup plus sévère sur le fond qu'une peine correctionnelle. Il est aussi révélateur du niveau du juge: peut-être n'est-il pas abonné à Télérama...

Cette relaxe n'était que la première partie du grand spectacle judiciaire
"Je demande à mon avocat de faire appel de cette décision" de relaxe, a indiqué en fin de journée sur Facebook Nadine Morano, alors en déplacement au Liban. Me Alain Behr a en effet affirmé un peu plus tôt que "déterminée comme elle est, Nadine Morano fera sûrement appel de cette décision" bien que le tribunal ait qualifié les propos de l’humoriste "d’injures bedossiennes". Plus vous en dites, mieux c'est ! 
Sa cliente "ne partage pas la décision du tribunal, s’étant sentie insultée personnellement par l’humoriste." Pour lui, la décision du jour "n’est que la première mi-temps de leur match".

Guy Bedos avait récidivé avant le jugement.
Il en effet a renouvelé son injure dans l'émission "On n'est pas couché" sur France 2 le samedi précédent. "Pas un mot, ni pour, ni contre Nadine Morano. Elle est trop chère. J'aurai le jugement lundi, d'ici là, je me tais", avait-il répondu dans un premier temps à Laurent Ruquier, avant de s'emporter une nouvelle fois. "15.000 euros quand même ! 15.000 euros ! Ça ne va pas non ? Connasse !", avait-il hurlé, suscitant les rires du public, répondant à l'incitation de l'animateur du service public. Interrogé sur cette sortie, Me Alain Behr a précisé que sa cliente "ne portera pas plainte pour cette nouvelle insulte".

Il serait naturel que les associations mettent un terme à cet engrenage de l'insulte, mais leur orientation politique ne les y incite pas. 
Et Mme Laurence Rossignol serait bien inspirée de prendre le parti de sa consoeur, en qualité de ministre, non pas de femme, féministe et ..., comme dirait Bedos !  
Et un Bedos peut en cacher un autre: les chiens ne font pas des chats.

Le député-maire d'Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), André Santini (UDI), a été condamné jeudi à 1.000 euros d'amende pour injure publique
A-t-il traité de "con" son adversaire politique EELV, lors de la campagne des municipales? 



La décision de la cour d'Appel de Versailles est identique à celle prononcée en première instance par le tribunal correctionnel de Nanterre, en décembre 2014: solidarité corporatiste oblige ! De plus, A. Santini devra verser au plaignant, l'étudiant de 22 ans, Serge Brière, un euro de dommages et intérêts.

Connu pour ses bons mots, l'ancien ministre n'est donc ni humoriste, ni dessinateur de son état, or, l'insulte est leur domaine réservé. Le 20 octobre 2013, il avait taxé S. Brière, candidat sans étiquette, de "petit con". "Regardez-le bien, vous ne le verrez pas longtemps", avait ajouté l'édile, prenant à partie les personnes présentes à une terrasse de café. A un petit garçon déçu de tomber sur Hollande au Salon de l'Agriculture 2013, à la place de Nicolas Sarkozy, le président ne lui avait-il pas lancé : "Sarkozy? Tu ne le reverras plus !" Le juge a feint de ne pas faire le lien entre les mots de Hollande et ceux d'A. Santini en écho 

Aux yeux de la justice que l'on dit aveugle, l'insulte "conne" - franc et massif, sans demi-mesure, ni repentance,  serait plus respectueux que l'apostrophe d'homme à homme. Mais sans doute que, en effet, l'adjectif "petit" est-il plus humiliant que le mot "con" dans le langage viril des hommes. Il est probable que si A. Santini maniait le langage "politiquement correct" avec l'aisance du fieffé hypocrite, son appréciation sur ce  "con à verticalité contrariée" aurait été salué de la relaxe... 

Quoi qu'il en soit, prononcée sur une estrade publique, cette gracieuseté langagière lui aurait valu la relaxe

"Monsieur Santini ne saurait se draper dans son statut d'humoriste politique pour justifier les injures proférées à l'encontre de ses opposants politiques", s'est réjoui l'avocat de l'élu écologiste, Me Tewfik Bouzenoune, prolongeant le procès par communiqué.

"Cet arrêt rappelle la nécessité de respecter ceux que l'on combat politiquement sans débordement langagier. En qualité d'homme politique expérimenté, il a un devoir d'exemplarité", a encore estimé le bavard.

Maire depuis 1980 de sa commune située au sud de Paris, André Santini avait déjà été condamné à deux reprises pour "injure publique": une première fois à l'encontre d'un élu socialiste traité de "minable", une deuxième contre une édile écologiste qualifiée de "complètement givrée".  A. Santini a été aussitôt excusé par ce jugement que le blog livre à l'appréciation du juge friand d'insanités plutôt que d'humour : "La preuve que le pape ne connaît rien à l'utilisation du préservatif, c'est qu'il l'a mis à l'index."


Dans le même registre, on se demande pourquoi Bourg-la-Reine n'a pas été rebaptisé, puisqu'il a fallu rebaptiser Tremblay-lès-Gonesses en Tremblay-en-France, à cause  d'une contrepèterie anti-féministe pourtant peu accessible. Maintenant, le mot "con" est interdit  au masculin; au féminin, il est de bon aloi. Le combat des femmes continue ! 


Le machisme du dessinateur Alex ne s'étale-t-il pas sur les réseaux ?



Les femmes et les féministes - ici dépoitraillées comme des Femen - apprécieront-elles d'être croquées en chiennes en chaleur ?

mardi 15 septembre 2015

Affaire du dessin de Chaunu: Aylan, à toutes les sauces aigrelettes

Depuis la tuerie de Charlie, le dessin de presse reste létale

Exercer une activité publique sans avoir à en assumer les contreparties, notoriété et déraillements ?
Dessin originel...
Suite à son dessin contesté du petit Aylan, FigaroVox offre à Emmanuel Chaunu la capacité de réagir après les insultes et les menaces dont il dit avoir été victime, alors que les 5èmes Rencontres internationales des dessinateurs de presse auront lieu à Caen ce week-end.

Vous avez publié un dessin du petit Aylan qui a suscité de violentes critiques sur les réseaux sociaux. On reconnait la position du petit garçon dont la photo a fait le tour du monde, allongé ["échoué", face contre "terre", si on veut bien faire face à la réalité cruelle de la mort d'un enfant, tout en se portant au secours d'un dessinateur vivant] sur la plage [en fait, "une plage" de Turquie et non celle que fréquentent les familles qu'il ne sert à rien de culpabiliser]. Au dessus on peut lire: «C'est la rentrée». 
Que désiriez-vous dire à travers ce dessin?
[Allons-y, mais si son auteur doit s'en justifier, le dessin n'est-il pas raté?]
Emmanuel Chaunu: Quand l'image est diffusée, on est en plein dans le grand marronnier de la rentrée. [Aïe, ça démarre mal: la période est propice au grand n'importe quoi...] Les reportages sur le stress des enfants, les angoisses des parents etc. se multiplient. [Aveu de l'hypocrisie de la presse qui contribue donc à ce malaise pour faire du papier et combler le vide de l'actualité !] Puis, cette photo déclenche un tsunami émotionnel et nous bouscule, nous renvoyant aux angoisses un peu futiles de notre monde. [Quelles sont précisément ces futilités floues? Le chômage des Français? La hausse déguisée des impôts et la baisse réelle du pouvoir d'achat? L'augmentation de la mortalité sur les routes et la traque des automobilistes? Les mensonges de la presse partisane?] Je ne donne pas de leçon, je me brocarde aussi car on est tous égoïstes et, parfois, éloignés des réalités. [Autocritique vague et indulgente] Pour la rentrée et mon dessin pour L'Union, j'ai voulu rendre hommage à cet enfant qui est le nôtre. [Car nous sommes "citoyens du monde" et tous des "êtres humains": le discours dérape dans la philosophie de comptoir !] Alors que la rentrée des classes fait l'actualité, il y a la guerre et la montée de Daesh. Des peuples vivent ce que nous avons vécu en 1940. [en termes à peine voilés, Chaunu suggère l'exode des Français à l'incontournable "période la plus sombre de notre histoire", mais  l'exorciste s'écarte ainsi de l'actualité en évitant d'ailleurs de désigner les "nazis" qu'il évoque pourtant: le "dictateur" syrien ou les islamofascistes?]

Etes-vous surpris par la violence des réactions ?


J'ai été littéralement surpris par ces réactions incroyables. On a des gens qui réagissent de façon épidermique, sans analyse, se revendiquant de l'esprit du 11 janvier, alors que c'est beaucoup plus complexe que ça. [Les réactions incriminées sont de celles auxquelles on doit s'attendre en considération du sujet abordé, du choix du support internet et de l'ampleur de la cible recherchée.] Mon dessin n'est pas une caricature: on est plus proche du dessin publié au lendemain des attentats (où l'on voit des crayons transformés en poteaux d'exécution, ndlr) [qui  se revendique de l'esprit du 11 janvier ?] et dans le registre du symbolique et du poétique. [comment peut-on assumer une proximité avec le dessin et se retrancher derrière le "symbolique"? Quant à la poésie de la mort violente d'un enfant, il faut être Victor Hugo pleurant sur sa propre fille disparue...] L'enfant est restitué tel qu'il est sur la plage. C'est un dessin hommage. [Avec le cartable bien en place, pour faire plus symbolique et poétique...]

Que disent-elles de la société française?

Ce n'est pas attaché uniquement à la société française mais signe des temps, la toile est un vide-ordures, une grande décharge. [Chaunu y porte ses dessins -  ses encombrants, parfois - , à charge de ne pas participer à la pollution] Plus rien ne se structure. On lapide, on dégobille. [Une prise de conscience salutaire: Chaunu est-il en train de nous dire que les internautes sont des lanceurs d'alerte utiles ?] Il est temps d'analyser les réseaux sociaux, cette fantastique technologie. 
Que peut-on opposer à cette diarrhée du net? [Ne pas distribuer des produits pourris, par exemple !] 
Cela pose aussi la question du temps long et celui de la réflexion. [Emmanuel le dessinateur, fils de l'historien Pierre Chaunu, va-t-il réserver sa production à l'édition? Fini le numérique; retour au papier ?] On réagit de suite, simultanément, ne donnant pas le temps à la pensée de se construire. [Reproche valable pour les dessinateurs qui, à la différence des historiens, collent à l'actualité] Or, cette question du temps, on se la pose, dans notre métier de dessinateur, en même temps que nous surfons sur l'actualité. On est à la croisée des chemins.

A propos, le dessin reproduit par francetvinfo est amputé...
Dessin tronqué: pourquoi? (lien)
Pourquoi, croyez-vous, le service public a-t-il cru bon de censurer le titre malsain non tronqué en tête d'article? 

Ce week-end auront lieu les 5èmes Rencontres internationales des dessinateurs de presse à Caen
[où est né E. Chaunu], dont vous êtes l'un des organisateurs. Les premières depuis les attentats. Quel message voulez-vous y faire passer ?

Le Mémorial nous donne la chance de
pouvoir tous nous retrouver pour pouvoir échanger sur notre métier, notre passion. Des dessinateurs du monde entier seront présents. Mon message? le dessin de presse comme toutes les œuvres réclame un peu d'éducation: Il n'y a pas de caricature sans culture !
[Bienvenue aux lecteurs de Télérama: les ferrailleurs de grandes décharges et les raclures de vide-ordures y sont indésirables ...]

Chaunu dessine mieux qu'il ne se justifie, mais "peut mieux faire" toutefois, en cette rentrée des enfants des écoles et ce retour des marronniers. Il le doit, en hommage authentique et durable à tous les Aylan dont on ne parle pas. Et aux innocentes victimes des dessinateurs.