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jeudi 19 novembre 2015

Le donneur d'ordres présumé des attentats déclaré tué à Saint-Denis, mais comment ?

L’instigateur présumé des attentats, Abdelhamid Abaaoud, retrouvé mort à Saint-Denis

Les enquêteurs ont désormais une certitude
 
Abdelhamid Abaaoud, un djihadiste belge d'origine marocaine - établi à Paris - qui a rejoint les rangs de l’Etat islamique (EI) au début de 2013, est mort dans  l'opération d'assassinats de masse concertés et simultanés qui ont endeuillé la France. sa participation d’une façon ou d’une autre à l’élaborationIl est encore trop tôt pour établir son degré de responsabilité dans les carnages islamistes qui ont fait au moins 129 morts à Paris et Saint-Denis, vendredi 13 novembre.

Le cadavre a été "formellement identifié comme ayant été tué au cours de l’assaut", a annoncé le Parquet de Paris, jeudi 19 novembre,  six jours après l’assaut mené à Saint-Denis en Seine-Sait-Denis (93).

Cible potentielle des frappes aériennes françaises

Il est établi qu’Abdelhamid Abaaoud était un proche de l’un des auteurs présumés de l’attaque : Salah Abdeslam, actuellement en cavale et frère du kamikaze qui s’est fait exploser dans le bar Comptoir Voltaire (11e arrondissement) sans faire de mort. Les deux hommes ont été incarcérés ensemble en 2010 en Belgique pour des affaires de braquage. 

Or Abdelhamid Abaaoud, également connu sous ses noms de guerre Abou Omar Soussi, un Belgo-marocain de 28 ans originaire de Molenbeek-Saint-Jean, qurtier à forte concentration musulmane, était un des terroristes islamistes les plus actifs du djihadisme belge, en raison notamment de son activité sur les réseaux sociaux depuis 2013. Ses parents l'avaient pourtant inscrit en 1999 dans un établissement scolaire catholique réputé d'Uccle, avant qu'il commence à commettre des braquages. 

Abou Omar Soussi, en noir
Les services de renseignement français le considéraient depuis plusieurs mois comme l’un des principaux organisateurs des projets d’attaques visant le sol français. Il a d'ailleurs laissé la vie lors d'un assaut du RAID à Saint-Denis.
Les enquêteurs le soupçonnent fortement, sans que son degré d’implication puisse être établi avec certitude, d’avoir joué un rôle dans
l’attentat avorté de bras cassés contre une église de Villejuif, le 19 avril 2015, 
un projet déjoué d’attaque contre une salle de concert, dont l’auteur avait été interpellé le 11 août, 

Selon une source proche des services de renseignement, ce tueur était considéré comme suffisamment dangereux pour devenir à la fin de septembre l'une des cibles potentielles des frappes aériennes françaises sur la Syrie: soit le ministère de l'Intérieur se croyait bien renseigné, soit il cherchait à justifier ses cinq raids sur des "camps d'entraînement", assurait-il...

Chef présumé d’un réseau démantelé en Belgique

D'origine familiale marocaine, Abdelhamid Abaaoud, alias Abou Omar Al-Soussi, fait pour la première fois parler de lui quelques jours seulement après les attentats du 7 janvier contre Charlie Hebdo. Il est en effet considéré comme le meneur d’un réseau démantelé le 15 janvier à Verviers, en Belgique, dont deux membres avaient été tués par les forces de police belges.

Cette cellule projetait de passer à l’acte le 16 janvier et pouvait, selon les écoutes effectuées, compter sur l’appui d’une dizaine d’ "étrangers". Déjà à l’époque, les enquêteurs belges collaboraient étroitement avec divers services européens pour tenter de savoir jusqu’où s’étendait ce réseau et creuser ses éventuelles ramifications avec la France. Le ministre de l'Intérieur français se flattait d'une étroite collaboration entre les services antiterroristes belges et français.

Le 19 avril 2015, Sid Ahmed Ghlam, un étudiant algérien, est interpellé après s’être tiré... une balle dans la jambe. Récemment arrivé en France (2001), il a été mis en examen dans le cadre du meurtre ou de l'assassinat à Villejuif d'une jeune femme, Aurélie Châtelain, à Villejuif, et d’avoir projeté de mitrailler le matin même la sortie de messe d’une église dans la ville au nom de l'islam.

En l’état actuel de l’enquête, l
es enquêteurs suspectent Abdelhamid Abaaoud d'avoir activement participé au  projet, confie au Monde une source policière. Ainsi va le journalisme dit d'investigation...

"Ils cherchent vraiment à frapper la France et l’Europe"
Le 11 août, un djihadiste français, Reda Hame, est interpellé à son retour de Syrie. Radicalisé depuis peu, ce Parisien n'était pas suivi par les services de renseignement. C'est grâce à un autre djihadiste espagnol, entendu par la justice antiterroriste de son pays, que le jeune homme apparaît sur les radars français et reconnaît en garde à vue s’être entraîné pendant six jours dans un camp de Rakka avant d’être missionné pour rentrer en Europe. Cette fois-ci, le nom d’Abdelhamid Abaaoud apparaît de façon explicite. Il est désigné comme le commanditaire qui aurait demandé à Reda Hame de passer par Prague, pour éviter d’être repéré, avant de frapper la France. Il aurait remis au jeune homme une clé USB contenant des logiciels de cryptage et 2.000 euros en lui demandant de viser une cible "facile", telle une "salle de concert", pour "faire un maximum de victimes"Les renseignements étaient donc avertis: restait à savoir qu'était visé le Bataclan, salle de spectacles rachetée par une filiale du groupe dirigé par Arnaud Lagardère.
Les jeunes gens pris en otages par les djihadistes lors de l'attaque de Bataclan rapportent que les tueurs ont précisé leur mobile: venger l'action militaire de la France en Irak et en Syrie menée par le président Hollande nommément désigné. Une jeune rescapée témoigne de leur mise en cause directe du président Hollande:

Interrogé durant sa garde à vue sur l’existence d’autres projets d’attaques, Reda Hame avait prévenu les enquêteurs : "Tout ce que je peux vous dire, c’est que cela va arriver très bientôt. Là-bas, c’était une vraie usine, et ils cherchent vraiment à frapper la France et l’Europe."

Dix jours plus tard, un homme est maîtrisé dans un train Thalys alors qu’il s’apprête à faire usage d’une kalachnikov et d’un pistolet automatique Luger. Né à Tétouan, dans le nord du Maroc, le suspect, Ayoub El-Khazzani, un 'SDF selon son avocate, avait séjourné quelque temps en Belgique avant de passer à l’acte. Comme dans le dossier de l’église de Villejuif, le nom d’Abdelhamid Abaaoud revient avec insistance sans que son degré d’implication puisse être établi avec certitude. L’assaillant du Thalys aurait été en lien avec une mouvance djihadiste belge proche d’Abdelhamid Abaaoud.

L’analyse téléphonique a par ailleurs permis d’établir qu’Abdelhamid Abaaoud avait été en contact avec Mehdi Nemmouche en janvier 2014, quatre mois avant le quadruple assassinat du Musée juif de Belgique, à Bruxelles. Selon le journaliste spécialisé dans les mouvements djihadistes David Thomson, Abdelhamid Abaaoud a d’ailleurs fait partie du groupe de combattants auquel appartenait Mehdi Nemmouche.

Des allers-retours entre la Syrie et la Belgique

Le parcours d’Abdelhamid Abaaoud est une preuve édifiante des ratés des services de renseignement belges. Une accusation qui exonère les services français.... Parti en Syrie au début de 2013, il serait rentré en Belgique à la fin de cette même année en passant par la Grèce pour repartir ensuite sans être inquiété par les autorités belges, explique une source proche du dossier. Il a pu aussi pénétrer sans encombre sur le sol français. En mars 2014, il apparaît dans une vidéo de terrorisation de l’Etat islamique à bord d’un véhicule traînant des cadavres au sol. 

Vidéo qui ne doit pas faire diversion: Bernard Cazeneuve, ministricule de l'Intérieur, le croyait en Syrie, alors qu'il était dans Paris...

En février 2015, Abdelhamid Abaaoud s’était vanté dans le magazine de l’Etat islamique Dabiq de ses multiples allers-retours entre la Syrie et la Belgique, mais aussi la France. Selon David Thomson, il affirme avoir séjourné en Belgique jusqu’à l’attentat déjoué de Verviers, en janvier 2015, qui l’aurait incité à regagner la Syrie… sans être intercepté.

L'exécutif semble ainsi charger Abdelhamid Abaaoud de toutes les monstruosités qui se sont déroulées sur le territoire français. C'est facile, mais est-ce responsable ?  

samedi 22 août 2015

Les agents du Thalys auraient failli à leur devoir d'assistance aux passagers, révèle Jean-Hugues Anglade

Le comédien était en famille à bord du Thalys Paris-Amsterdam et témoigne

Ce n'était pas du cinéma


L'attaque du train Thalys par un individu lourdement armé n'était pas une scène du tournage de Braquo, la série policière de Canal+ dont Jean-Hugues Anglade est le héros.  Le comédien se trouvait vendredi 21 août à bord du Thalys Paris-Amsterdam où un homme d'origine marocaine, armé d'une kalachnikov, a tenté de faire un carnage d'hommes d'affaires et de fonctionnaires européens qui fréquentent communément la ligne.
Si le comédien français ne faisait pas partie des passagers qui ont neutralisé l'homme et ainsi évité un drame, J.-H. Anglade a néanmoins gardé son sang-froid le temps de tirer la sonnette d'alarme du train tandis que deux militaires américains  livraient un corps à corps avec le tueur qu'il avaient surpris à sa sortie des toilettes où ils avaient repéré ses agissements suspects
L'acteur de 37°2 le matin s'est d'ailleurs blessé "légèrement" à la main en brisant la vitre du signal, a révélé la préfète du Pas-de-Calais, Fabienne Buccio, au micro de France Info. En fait, "le verre a méchamment entaillé mon majeur jusqu'à l'os et les machines ont ralenti. Mais nous étions toujours bloqués à l'intérieur", précise le comédien qui a d'ailleurs été admis vendredi soir à l'hôpital d'Arras dans un fauteuil roulant, comme le montrait une photo de La Voix du Nord (cf. tweet ci-dessous).
Jean-Hugues Anglade qui se trouvait dans le train avec ses deux enfants, va bien malgré le choc, indiquait l'un de ses amis au Parisien. "Ils ont entendu la fusillade parce qu'ils étaient dans la voiture à côté de celle où elle s'est produite. Il a été héroïque puisqu'il a déclenché le système d'alarme", a confié au quotidien ce proche, qui a préféré garder l'anonymat.
"J'ai pensé que c'était la fin, que nous allions mourir, qu'il allait tous nous tuer" (Jean-Hugue Anglade)
Mais sur le moment le comédien était terrorisé. 
"Le tireur était à quelque dizaines de mètres de nous, dans le wagon numéro 12. Nous étions dans la voiture 11, la dernière. L'homme armé venait vers nous, il était déterminé. J'ai pensé que c'était la fin, que nous allions mourir, qu'il allait tous nous tuer. Oui, on s'est vu mourir car nous étions prisonniers de ce train, et qu'il était impossible de s'échapper de ce cauchemar. Nous étions piégés dans une souricière !", a-t-il déclaré à Paris-Match. "Nous avons entendu des passagers hurler en anglais "Il tire ! Il tire ! Il a une kalachnikov ! " J'étais avec mes deux enfants et ma compagne, autour de nous, il y avait une quinzaine de passagers," a-t-il raconté à l'hebdomadaire.

Le personnel de Thalys (62% SNCF) aurait manqué à tous ses devoirs

Alors que la classe politique internationale s'accorde à saluer le courage des passagers ayant neutralisé le suspect, Jean-Hugues Anglade pointe du doigt le personnel du Thalys qui aurait manqué du courage dont ont fait preuve les trois passagers qui ont neutralisé le terroriste. Selon ses confidences, les cheminots se seraient retranchés et verrouillés à l'intérieur de la motrice, abandonnant à leur sort les passagers sous leur responsabilité .
"Tout à coup, des membres du personnel navigant ont couru dans le couloir, le dos courbé. Leurs visages étaient blêmes. Ils se dirigeaient vers la motrice, leur wagon de travail. Ils l'ont ouvert avec une clef spéciale, puis se sont enfermés à l'intérieur... Le tireur était à quelque dizaines de mètres de nous, dans le wagon numéro 12", rapporte le comédien à Paris Match.



Deux personnes ont été blessées dans cette attaque survenue huit mois après les attentats de Charlie Hebdo. Si les motivations du tireur (photo ci-contre, sur le bracard) restent inconnues, le Parquet antiterroriste de Paris, dont la compétence est nationale, s'est "immédiatement saisi" (sic) de l'enquête...

jeudi 8 janvier 2015

Carnage de Charlie hebdo: Hollande a appelé Sarkozy à le rencontrer à l'Elysée

Sarkozy appelle "à s'unir contre la barbarie"
Le président Hollande a souhaité consulter son prédécesseur

François Hollande a rencontré Nicolas Sarkozy à l'Elysée 
F. Hollande a appris à descendre les marches
du perron de l'Elysée pour Sarkozy

Suite à l'attaque ciblée des caricaturistes de Charlie Hebdo à son siège, le président de la République recherche le plus large consensus national, à l'exclusion du FN. A 9h30, il a consulté l'ancien président de la République, son prédécesseur immédiat à l'Elysée, Nicolas Sarkozy, contre lequel une partie de la gauche, comme Robert Badinter dans Le Monde, polémique sur son droit à siéger au Conseil constitutionnel. Pourtant, quand la nécessité l'y oblige, la majorité présidentielle fait appel aux responsables compétents, d'autant que la sphère politique se montre divisée: le député socialiste J.-J. Urvoas, président de l'Observatoire "Thémis" de la Fondation Jean Jaurès, juge ainsi que la question "n’a vraiment pas lieu d’être".

"Les hommes civilisés doivent s'unir pour répondre à la barbarie"
a estimé l'ancien chef de l'État sur le perron de l'Élysée, à l'issue de l'entretien de 45 minutes.
Nicolas Sarkozy a salué " l'attitude de nos compatriotes, et les démonstrations spontanées d'unité", se déclarant "impressionné, bouleversé", selon ses mots. 

L'ancien président de la République a également expliqué avoir donné ses recommandations à François Hollande sur les mesures à prendre
"Je lui ai indiqué combien il serait utile de faire un travail précis sur ce qui s'est passé". "Une sécurité à 100% n'existe pas, mais on peut travailler à améliorer nos dispositifs dans un souci partagé de protection des Français". Le nouveau président de l'UMP a laissé entendre que le président de la République devrait détailler de nouvelles mesures dans l'après-midi.

Le président Sarkozy a renouvelé son appel à l'unité nationale de la veille, 
demandant la "hausse notre niveau de vigilance".
VOIR et ENTENDRE l'ancien chef de l'Etat:

Nicolas Sarkozy se dit également prêt à participer à la grande manifestation prévue dimanche, "sous condition".
"Cette manifestation doit se faire dans un climat de recueillement", souhaite-t-il. "Si les conditions sont réunies, nous appellerons à la tenue de cette manifestation. Nous avons prévu d'en reparler après cet après-midi", a poursuivi  Sarkozy.

Un bureau politique de l'UMP ce jeudi après-midi
Le nouveau président de l'UMP va réunir dans l'après midi un bureau politique extraordinaire de l'UMP, rue de Vaugirard.
Comme d'autres responsables de l'UMP, Nicolas Sarkozy a parlé de la "guerre" à mener et de la "question de civilisation" que pose l'attaque terroriste à Charlie Hebdo. "Il faut que les gens civilisés s'unissent face à cette barbarie. C'est une guerre déclarée à la civilisation. La civilisation a la responsabilité de se défendre.
"Le député UMP et maire de Nice Christian Estrosi, interrogé sur RMC, considère que la France entière a été attaquée. "Il y a une guerre globale qui est déclarée contre la France", juge-t-il.
Même réaction d'Éric Ciotti, également élu UMP des Alpes-Maritimes et proche de François Fillon (qui ne s'est pas encore exprimé), qui déclare le pays en guerre juste après avoir fait part de son "émoi" et de sa "stupéfaction".
— Geoffroy Didier (@GeoffroyDidier) 7 Janvier 2015