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mercredi 25 novembre 2015

Le tueur du commando des terrasses, Abaaoud est-il revenu pour seulement contempler le carnage du Bataclan?

Le président était-il la cible privilégiée des assassins islamistes ?

Le président Hollande l'a échappé belle

Tout commence à 21h20 au Stade de France où se trouve le président Hollande
pour un match de foot amical entre les Bleus  et l'équipe  nationale allemande, quand soudain une puissante détonation, puis une deuxième retentissent. Deux kamikazes viennent de se faire exploser après avoir échoué à pénétrer dans le stade de Seine-Saint-Denis où des grilles ont été tirées à temps et le président peut être exfiltré, laissant la foule des spectateurs à l'intérieur. 
A 21 h 36, le chef de l'État a rejoint le PC sécurité du stade, comme en atteste une photo désormais célèbre montrant François Hollande au téléphone (ci-dessous).
 
Avant de quitter les lieux avec son petit ministre de l'Intérieur, il fait demander aux membres du gouvernement présents en tribune de rester pour ne pas alarmer le public.


Ces explosions dans le 9.3 sont suivies au même moment d'une fusillade dans le 10e arrondissement. Pendant quelques heures, trois commandos terroristes - agissant en coordination - ont jeté Paris dans le chaos, vendredi 13 novembre. Au moins 129 morts sont à déplorer.
Des terroristes en voiture ouvrent le feu à la kalachnikov sur les clients d'un restaurant. On compte au moins 12 victimes innocentes. L'horreur a duré une ou deux minutes. Les tueurs continuent leur route et abattent au moins cinq civiles dans une rue voisine.
 
A 21h35, le mode opératoire est le même rue de Charonne, dans le 11e arrondissement. Les clients d'un restaurant sont abattus au fusil d'assaut. Cinq minutes plus tard, un terroriste se fait exploser boulevard Voltaire sans faire de victime. 

Au Bataclan, où un concert de rock bat son plein, commence un autre drame.
Quatre hommes ouvrent le feu dans la salle de spectacles du boulevard Voltaire, dans le 11ᵉ arrondissement. Les 1.500 spectateurs  sont  pris au piège: les issues de secours sont rares et les assassins, froidement déterminés, prennent les jeunes spectateurs en otages. A 0h20, l'assaut de 30 minutes intervient. Deux kamikazes se font exploser, un autre est abattu. Dans la salle, les policiers découvrent l'horreur. Au moins 89 morts, des dizaines de blessés.
Six lieux différents ont été ciblés le même soir par les terroristes.Huit islamistes sont morts.

Pendant deux heures, Abaaoud a rôdé sur les lieux des carnages islamistes 

On en sait désormais que l'assassin islamiste belgo-marocain, Abdelhamid Abaaoud, a réussi 
des jours durant à déjouer la vigilance des forces de l'ordre 
en état d'alerte maximale et qu'il ne peut pas être le "cerveau" qui a organisé les assassinats de masse du 13 novembre

"On peut penser qu'Abdelhamid Abaaoud est revenu sur les lieux des attentats, alors que la BRI intervenait encore au Bataclan". Les déclarations du procureur de Paris ne sont pas flatteuses pour les services de Bernard Cazeneuve, ministricule de l'Intérieur, dont la presse nous ferait croire qu'il est à la hauteur. 

C'est désormais une certitude, Abdelhamid Abaaoud faisait partie du commando des terrasses, à bord de la Seat noire. C'est lui qui a arrêté la voiture quelques minutes devant les terrasses de plusieurs bars du 10e et 11e arrondissements de Paris pour tirer à vue à la kalachnikov. La tuerie a démarré vers 21h25, avec des attaques menées devant Le petit Cambodge et le Carillon dans le 10e arrondissement de Paris.
Les attaques se poursuivent sept minutes plus tard devant le bar A la bonne bière. Une fois de plus, le bilan est lourd, avec cinq morts et plusieurs blessés. 
Quatre minutes plus tard, le bar La Belle Equipe est à son tour visé par les terroristes. Il s'agira de l'attaque la plus meurtrière, avec 19 morts. Pendant les attaques, Abaaoud serait resté en contact avec Bilal Hafdi, l'un des assaillants du Stade de France, jusqu'à ce que ce dernier ne fasse exploser sa ceinture d'explosifs. 

Vers 21h43 et l'attaque kamikaze au Comptoir Voltaire, le commando des terrasses se sépare. Brahim Abdeslam, le frère de Salah, pénètre seul au comptoir Voltaire. Il se fait sauter à son tour. Miraculeusement, il sera la seule victime. De leur côté,
Abaaoud et son complice auraient, selon Le Monde, continué de tourner dans le 11e arrondissement pendant une quinzaine de minutes. Ils auraient ensuite garé la voiture à Montreuil, à l'endroit où elle a été retrouvée le lendemain par les forces de l'ordre. La Seat noire contenait trois kalachnikovs.  Que cherchaient-ils ? Qu'attendaient-ils ?

Entre 
22h28 et 00h28: Abaaoud sur les lieux des attaques
 
C'est l'une des principales révélations du procureur François Molins du mardi 24 au soir. Abdelhamid Abaaoud n'a pas cherché à fuir après les tueries, comme si sa mission n'était pas achevée. Son portable a "borné" à proximité des lieux des attentats, deux heures durant. Et ce alors même que la police, les secours, et les attroupements de passants se trouvaient encore sur les lieux. "On peut penser qu'Abdelhammid Abaaoud est revenu sur les scènes de crime alors que la BRI intervenait encore au Bataclan" a expliqué François Molins.

Or, une heure plus tard, à 01h21, François Hollande s'est rendu au Bataclan avec plusieurs responsables politiques, annonce l'AFP.
Au Bataclan, accompagné de Manuel Valls, 
Bernard Cazeneuve, Christiane Taubira et de la maire PS de Paris
Abdelhamid Abaaoud s'est-il rendu près du Bataclan pour rencontrer le président de la République ? A-t-il renoncé parce que l'arrivée de François Hollande tardait Les révélations de François Molins, le procureur de la République de Paris, ont stupéfié les citoyens français et les services de sécurité de la présidence.



dimanche 22 novembre 2015

Islamistes infiltrés: Valls dit ce qu'il ne fallait pas, jusqu'aux tueries du 13 novembre 2015

"Des terroristes [islamistes] se sont glissés parmi les réfugiés", admet finalement Valls 

Le premier ministre chercherait-il des excuses au revirement de Hollande?

Certains des islamistes auteurs des assassinats de masse à Paris et Saint-Denis le 13 novembre à Paris ont "profité de la crise des réfugiés [...] pour se glisser" en France, a avoué le chef du gouvernement, jeudi 19 au 20 heures de France 2.
"Ces individus [terme inapproprié démontrant que l'exécutif à encore du chemin à faire] ont profité de la crise des réfugiés, notamment au moment de ce chaos, peut-être, pour certains d'entre eux, se glisser..." en France, a raconté Manuel Valls, sans finir sa phrase et jusqu'ici resté sourd aux appels à la vigilance que sa presse stigmatisait. Il a aussitôt mis en cause ses alliés belges:  "d'autres étaient en Belgique, déjà. D'autres, je veux le rappeler, étaient en France", a-t-il ajouté, noyant le poisson.

Par ailleurs, concernant l'enquête dans les milieux islamistes, "157 personnes [sans doute ne peut-on pas les désigner comme des "islamistes] ont été assignées à résidence depuis vendredi" et "600 perquisitions" ont été menées, a indiqué le Premier ministre. Le précédent bilan faisait état d'environ 400 perquisitions et 118 assignations à résidence.

A ce bilan qu'il veut flatteur, le Premier ministre ne peut faire figurer l'ennemi public numéro 1. 
Valls a admis son ignorance sur la menace que constitue la présence de Salah Abdeslam, autre auteur présumé des attaques recherché par les forces de l'ordre, s'il  se trouve en France ou en Belgique.

Manuel Valls s'est également voulu très
incertain sur le fait de savoir "si des groupes, des individus, qui sont directement liés à l'attaque de vendredi soir sur Paris, sur Saint -Denis" sont encore actifs.
"Nous ne le savons pas encore. On peut l'imaginer", a-t-il admis, dépassé par les événements. "Et c'est la raison pour laquelle la menace est toujours présente et va être longue et permanente", a-t-il estimé, évoquant "un certain nombre d'individus qui représentent un vrai danger": on ne peut être plus vague!

Le chef de gouvernement n'en sait pas davantage non plus sur l'entrée en France d'Abdelhamid Abaaoud, coordinateur présumé des attentats tué mercredi dans un assaut policier à Saint-Denis. "A ce stade, nous ne le savons pas, mais je ne doute pas que l'enquête le démontrera [...] pour comprendre pourquoi cet homme qui faisait l'objet d'un mandat d'arrêt international émis par la Belgique a pu ainsi traverser toute une série de frontières". 
Ainsi Valls passe-t-il son temps sur les antennes de radio et de télévision pour ne rien dire: il ne sait rien...
Par ailleurs, le Premier ministre ignore toujours si le fugitif Salah Abdeslam a quitté l'Hexagone.
Avec deux tueurs dans la nature, Valls et Hollande portent une lourde responsabilité dans l'insécurité régnant en France. 
Après trois ans et demi au pouvoir, difficile de continuer encore longtemps à pointer le pouvoir précédent et la baisse des effectifs de police avant les menaces djihadistes en France et du fait de la crise financière de 2008 et des enjeux de dette publique.   

Il était criminel de refuser cette possibilité

Djihadistes infiltrés parmi les réfugiés : le fantasme, la peur… et la vigilance
Vent de panique sur les réseaux sociaux [qui recèlent toutes les menaces, selon les privilégiés de la presse mercantile],
Des réfugiés contrôlés par la police autrichienne, le 12/9/2015
des combattants de l’organisation de l’Etat islamique se seraient mêlés aux réfugiés. Selon un tabloïd britannique, ils seraient plus de 4.000 à s’être infiltrés parmi les réfugiés en Europe. Des sites et même des media relaient des rumeurs, présentées comme des informations. Et pourtant...

Les rumeurs ont la peau dure, surtout quand elles trouvent place dans des media et sont nourries par des personnalités politiques. Et quand elles sont propagées par les réseaux sociaux. Voici le commerce de la peur démantelé en quelques points :

1-Aucune information crédible : "Nous n’avons pas d’éléments qui indiqueraient qu’il y aurait des terroristes infiltrés parmi les réfugiés. Il n’y a aucun indice d’une présence éventuelle de Daech parmi les migrants. Pas une seule information", affirme à Géopolis un haut fonctionnaire de Bruxelles chargé de la sécurité.

2-Risque de noyade : "Si jamais l'Etat islamique perd pied sur le terrain et veut se lancer dans une offensive de terreur internationale, il ne va pas envoyer ses nervis parmi les réfugiés : il leur faudrait un mois pour arriver, avec une chance sur deux de se noyer... Du coup, la mission serait à l'eau avec", analyse Alain Chouet, qui a dirigé de 2000 à 2002 le service Renseignements de sécurité à la DGSE (renseignements extérieurs français).
La photo d'Aylan Kurdi utilisée par l'Etat islamique pour illustrer un chapitre de son magazine de propagande, « Dabiq ».
Le 2 septembre, la photo du petit Aylan Kurdi, Syrien d’origine kurde retrouvé mort noyé sur une plage turque, choquait le monde entier. Une semaine plus tard, l’EI réagissait et condamnait les parents " syriens et libanais prêts à risquer la vie et l’âme (…) de leurs enfants lors d’un voyage dangereux vers les terres des (…) croisés". Une sentence qui transforme le père d’Aylan Kurdi en premier coupable du décès de son fils, à en croire un article au titre évocateur – "Les dangers d’abandonner les terres d’islam" – paru dans le 11e numéro de Dabiq, le magazine anglophone de propagande de l’organisation.

3-Contrôle policier : les réfugiés sont contrôlés deux fois, à leur entrée en Europe et dans leur pays d’accueil. «Nous travaillons avec nos services de renseignements et n'octroyons pas l'asile à ceux dont nous savons qu'ils ont des activités terroristes», insiste le ministre de l'Intérieur français Bernard Cazeneuve.
Car "l’organisation Etat islamique cherche à récupérer à son profit le drame de l’accueil des réfugiés en Europe", affirmait Le Monde,en septembre dernier  encore, tout en essayant de retenir les aspirants à l’exil qui fuient les conflits syrien et irakien.
Choisir de vivre "en Europe ou en Amérique" constituerait en effet un "péché majeur". Car là-bas les fidèles, qui pourraient "abandonner l’islam pour le christianisme, l’athéisme ou le libéralisme", seraient sous "la constante menace de la fornication, de la sodomie, des drogues et de l’alcool" [ce qui, dans l'après vendredi 13 novembre, nous est présenté comme un "art de vivre" à l'occidentale], ou encore "[oublieraient] la langue du Coran"… Cette propagande s’appuie sur une notion de territoire propre à la foi musulmane, puisqu’elle distingue le "Dar Al-Islam", où le souverain gouvernerait en se référant aux injonctions du Coran – comme dans le 'califat' autoproclamé de l’Etat islamique –, et le "Dar Al-Kufr", où régnerait l’impiété.
4-Vivier local et réseaux sociaux : "L’organisation Etat islamique (EI, Daech/Daesh) dispose de sympathisants en Europe et continue de recruter via les réseaux sociaux. Ces sympathisants ont des papiers en règle. Il y a un vivier en Europe", explique la source [du journal officieux du PS], qui a requis l’anonymat. Le Français Mehdi Nemmouche, revenu de Syrie quand il a attaqué le musée juif de Bruxelles en mai 2014, en est la parfaite illustration.

5-Qui a diffusé la thèse de l’infiltration des combattants (djihadistes?) de Daech parmi les réfugiés ? 
Masked Islamic State gunmen march in one of the terror group's propaganda videos
Dès début août, des sites complotistes (souvent proches de l’extrême droite) inondaient les réseaux sociaux de rumeurs, les mêmes qui ont détourné la photo du petit Aylan le montrant vivant… après le drame, grâce à des photomontages.

Le tabloïd anglais Sunday Express annonce la présence de plus de 4.000 combattants de l’Etat islamique parmi les réfugiés. Comme le démontre Libération, dans sa rubrique Désintox, le tabloïd s’appuie sur une interview [entretien, en français] d’un membre de l’Ei datée de… janvier 2015 au site américain Buzzfeed. Des propos mis en doute par les journalistes qui les ont recueillis. Cela n’empêche pas des sites et même des médias de relayer le chiffre abracadabrant," dénonçait le quotidien rupin des hommes d'affaires socialistes, Ledoux et Drahi.

6-Vigilance : ce n’est pas parce que ce n’est pas le cas que cela n’arrivera pas. 
L'AFP et M. Berkani appelaient à la vigilance du bout des lèvres.  "Il ne faut pas exagérer la rumeur d'infiltration de terroristes parmi les réfugiés, car elle peut être utilisée par les anti-migrants [une raison admirable, en effet], qui veulent que l'Europe se barricade en disant que seuls des islamos vont entrer [les méchants ne sont pas les musulmans de l'intérieur, mais les indigènes, ces mécréants de croisés], mais on ne peut être sûr qu'il n'y en a pas du tout, avertit Eric Dénécé, directeur du Centre français de recherches sur le renseignement et consultant pour plusieurs media français et internationaux, dont Le Monde ou Slate (proche du Monde).
Lors du Printemps arabe, Dénécé se prononça contre la thèse de la génération spontanée de ces "révolutions" que l'on disait 'sociales', et livra des informations qui ne retinrent pas l'attention des idéologues. Les "printemps arabes" étaient préparés de longue date. 

Dès 2007-2008, similairement aux Révolutions de couleur (mouvements insurrectionnels ou révolutionnaires qui se sont développés dans les pays post-communistes d'Europe centrale et orientale et d'Asie centrale, dont l'Ukraine), les leaders de ces mouvements assistaient à des conférences organisées par des ONG américaines, comme Canvas, qui travaille avec des mouvements révolutionnaires non-violents au Moyen-Orient et dont l'un des projets est de faire basculer l’Algérie en exploitant son mouvement social.
Le 23 mai 2014, Dénécé cosigna avec Chérif Amir un article dans Le Monde concernant les élections présidentielles égyptiennes de 2014. Cet article faisait valoir que le chef d'État égyptien Abdel Fattah al-Sissi est moins dangereux que le candidat socialiste Hamdine Sabahi, co-dirigeant du Front du salut national et soutenu par les Frères musulmans. Cette position lui vaut d'être accusé de désinformation par l'extrême gauche.
Et pendant ce temps, l'exécutif socialiste et sa presse ne nous abreuvent plus d'informations sur les bons "réfugiés" du Proche-Orient... 

jeudi 19 novembre 2015

Le donneur d'ordres présumé des attentats déclaré tué à Saint-Denis, mais comment ?

L’instigateur présumé des attentats, Abdelhamid Abaaoud, retrouvé mort à Saint-Denis

Les enquêteurs ont désormais une certitude
 
Abdelhamid Abaaoud, un djihadiste belge d'origine marocaine - établi à Paris - qui a rejoint les rangs de l’Etat islamique (EI) au début de 2013, est mort dans  l'opération d'assassinats de masse concertés et simultanés qui ont endeuillé la France. sa participation d’une façon ou d’une autre à l’élaborationIl est encore trop tôt pour établir son degré de responsabilité dans les carnages islamistes qui ont fait au moins 129 morts à Paris et Saint-Denis, vendredi 13 novembre.

Le cadavre a été "formellement identifié comme ayant été tué au cours de l’assaut", a annoncé le Parquet de Paris, jeudi 19 novembre,  six jours après l’assaut mené à Saint-Denis en Seine-Sait-Denis (93).

Cible potentielle des frappes aériennes françaises

Il est établi qu’Abdelhamid Abaaoud était un proche de l’un des auteurs présumés de l’attaque : Salah Abdeslam, actuellement en cavale et frère du kamikaze qui s’est fait exploser dans le bar Comptoir Voltaire (11e arrondissement) sans faire de mort. Les deux hommes ont été incarcérés ensemble en 2010 en Belgique pour des affaires de braquage. 

Or Abdelhamid Abaaoud, également connu sous ses noms de guerre Abou Omar Soussi, un Belgo-marocain de 28 ans originaire de Molenbeek-Saint-Jean, qurtier à forte concentration musulmane, était un des terroristes islamistes les plus actifs du djihadisme belge, en raison notamment de son activité sur les réseaux sociaux depuis 2013. Ses parents l'avaient pourtant inscrit en 1999 dans un établissement scolaire catholique réputé d'Uccle, avant qu'il commence à commettre des braquages. 

Abou Omar Soussi, en noir
Les services de renseignement français le considéraient depuis plusieurs mois comme l’un des principaux organisateurs des projets d’attaques visant le sol français. Il a d'ailleurs laissé la vie lors d'un assaut du RAID à Saint-Denis.
Les enquêteurs le soupçonnent fortement, sans que son degré d’implication puisse être établi avec certitude, d’avoir joué un rôle dans
l’attentat avorté de bras cassés contre une église de Villejuif, le 19 avril 2015, 
un projet déjoué d’attaque contre une salle de concert, dont l’auteur avait été interpellé le 11 août, 

Selon une source proche des services de renseignement, ce tueur était considéré comme suffisamment dangereux pour devenir à la fin de septembre l'une des cibles potentielles des frappes aériennes françaises sur la Syrie: soit le ministère de l'Intérieur se croyait bien renseigné, soit il cherchait à justifier ses cinq raids sur des "camps d'entraînement", assurait-il...

Chef présumé d’un réseau démantelé en Belgique

D'origine familiale marocaine, Abdelhamid Abaaoud, alias Abou Omar Al-Soussi, fait pour la première fois parler de lui quelques jours seulement après les attentats du 7 janvier contre Charlie Hebdo. Il est en effet considéré comme le meneur d’un réseau démantelé le 15 janvier à Verviers, en Belgique, dont deux membres avaient été tués par les forces de police belges.

Cette cellule projetait de passer à l’acte le 16 janvier et pouvait, selon les écoutes effectuées, compter sur l’appui d’une dizaine d’ "étrangers". Déjà à l’époque, les enquêteurs belges collaboraient étroitement avec divers services européens pour tenter de savoir jusqu’où s’étendait ce réseau et creuser ses éventuelles ramifications avec la France. Le ministre de l'Intérieur français se flattait d'une étroite collaboration entre les services antiterroristes belges et français.

Le 19 avril 2015, Sid Ahmed Ghlam, un étudiant algérien, est interpellé après s’être tiré... une balle dans la jambe. Récemment arrivé en France (2001), il a été mis en examen dans le cadre du meurtre ou de l'assassinat à Villejuif d'une jeune femme, Aurélie Châtelain, à Villejuif, et d’avoir projeté de mitrailler le matin même la sortie de messe d’une église dans la ville au nom de l'islam.

En l’état actuel de l’enquête, l
es enquêteurs suspectent Abdelhamid Abaaoud d'avoir activement participé au  projet, confie au Monde une source policière. Ainsi va le journalisme dit d'investigation...

"Ils cherchent vraiment à frapper la France et l’Europe"
Le 11 août, un djihadiste français, Reda Hame, est interpellé à son retour de Syrie. Radicalisé depuis peu, ce Parisien n'était pas suivi par les services de renseignement. C'est grâce à un autre djihadiste espagnol, entendu par la justice antiterroriste de son pays, que le jeune homme apparaît sur les radars français et reconnaît en garde à vue s’être entraîné pendant six jours dans un camp de Rakka avant d’être missionné pour rentrer en Europe. Cette fois-ci, le nom d’Abdelhamid Abaaoud apparaît de façon explicite. Il est désigné comme le commanditaire qui aurait demandé à Reda Hame de passer par Prague, pour éviter d’être repéré, avant de frapper la France. Il aurait remis au jeune homme une clé USB contenant des logiciels de cryptage et 2.000 euros en lui demandant de viser une cible "facile", telle une "salle de concert", pour "faire un maximum de victimes"Les renseignements étaient donc avertis: restait à savoir qu'était visé le Bataclan, salle de spectacles rachetée par une filiale du groupe dirigé par Arnaud Lagardère.
Les jeunes gens pris en otages par les djihadistes lors de l'attaque de Bataclan rapportent que les tueurs ont précisé leur mobile: venger l'action militaire de la France en Irak et en Syrie menée par le président Hollande nommément désigné. Une jeune rescapée témoigne de leur mise en cause directe du président Hollande:

Interrogé durant sa garde à vue sur l’existence d’autres projets d’attaques, Reda Hame avait prévenu les enquêteurs : "Tout ce que je peux vous dire, c’est que cela va arriver très bientôt. Là-bas, c’était une vraie usine, et ils cherchent vraiment à frapper la France et l’Europe."

Dix jours plus tard, un homme est maîtrisé dans un train Thalys alors qu’il s’apprête à faire usage d’une kalachnikov et d’un pistolet automatique Luger. Né à Tétouan, dans le nord du Maroc, le suspect, Ayoub El-Khazzani, un 'SDF selon son avocate, avait séjourné quelque temps en Belgique avant de passer à l’acte. Comme dans le dossier de l’église de Villejuif, le nom d’Abdelhamid Abaaoud revient avec insistance sans que son degré d’implication puisse être établi avec certitude. L’assaillant du Thalys aurait été en lien avec une mouvance djihadiste belge proche d’Abdelhamid Abaaoud.

L’analyse téléphonique a par ailleurs permis d’établir qu’Abdelhamid Abaaoud avait été en contact avec Mehdi Nemmouche en janvier 2014, quatre mois avant le quadruple assassinat du Musée juif de Belgique, à Bruxelles. Selon le journaliste spécialisé dans les mouvements djihadistes David Thomson, Abdelhamid Abaaoud a d’ailleurs fait partie du groupe de combattants auquel appartenait Mehdi Nemmouche.

Des allers-retours entre la Syrie et la Belgique

Le parcours d’Abdelhamid Abaaoud est une preuve édifiante des ratés des services de renseignement belges. Une accusation qui exonère les services français.... Parti en Syrie au début de 2013, il serait rentré en Belgique à la fin de cette même année en passant par la Grèce pour repartir ensuite sans être inquiété par les autorités belges, explique une source proche du dossier. Il a pu aussi pénétrer sans encombre sur le sol français. En mars 2014, il apparaît dans une vidéo de terrorisation de l’Etat islamique à bord d’un véhicule traînant des cadavres au sol. 

Vidéo qui ne doit pas faire diversion: Bernard Cazeneuve, ministricule de l'Intérieur, le croyait en Syrie, alors qu'il était dans Paris...

En février 2015, Abdelhamid Abaaoud s’était vanté dans le magazine de l’Etat islamique Dabiq de ses multiples allers-retours entre la Syrie et la Belgique, mais aussi la France. Selon David Thomson, il affirme avoir séjourné en Belgique jusqu’à l’attentat déjoué de Verviers, en janvier 2015, qui l’aurait incité à regagner la Syrie… sans être intercepté.

L'exécutif semble ainsi charger Abdelhamid Abaaoud de toutes les monstruosités qui se sont déroulées sur le territoire français. C'est facile, mais est-ce responsable ?  

mercredi 18 novembre 2015

Saint-Denis: qui est l'ennemi public islamiste n°1, "Abou Omar" ?

Abou Omar, cerveau présumé des assassinats de masse islamistes du 13 novembre à Paris

Les mille visages d'Abou Omar Soussi, commanditaire présumé des attentats

Domicilié à Saint-Denis, l'homme soupçonné d'avoir commandité les attentats de Paris est un Belge de 27 ans nommé Abdelhamid Abaaoud, dit "Abou Omar (Soussi)". Qualifié de sanguinaire, il pourrait être impliqué dans un grand nombre de dossiers criminels islamistes.
Sur l'échelle de l'horreur djihadiste, Abdelhamid Abaaoud atteint les sommets. Ce Belge binational est suspecté d'être le donneur d'ordres des attentats sanglants de Paris. "C'est une hypothèse sérieuse", a admis ce lundi une source proche de l'enquête, confirmant une information de RTL. La nature de son rôle précis reste encore à déterminer. Mais il est un intime d'Abdeslam Salah, le "huitième terroriste" actuellement en fuite et recherché.

Surnommé "Abou Omar Soussi", l'homme se trouvait, croyait Cazeneuve, en Syrie. 
Alors qu'il se trouvait en France, c'est de là-bas qu'il tirait les ficelles de tous les récents dossiers terroristes, assuraient les services de renseignement. 
M6 révèle pourtant que son nom apparaît dans la procédure de l'attentat "déjoué" contre une salle de concert cet été. Affaire pour laquelle un Français de retour de Raqqa a été arrêté et écroué le 15 août. D'après la chaîne, ce terroriste aurait expliqué en garde à vue avoir reçu sa mission et un entraînement militaire de Abdelhalmid Abaaoud. Coïncidence embarrassante pour le ministère de l'Intérieur, les terroristes de Paris ont attaqué le Bataclan, un établissement du même type, sans que les services aient rien vu venir. 

Plus inquiétant étonnant, dans un article à diffusion limitée qu'il réservait jusqu'ici aux seuls abonnés du journal, Le Monde affirme que le commanditaire présumé est également impliqué, là encore sans que l'on sache à quel niveau, dans l'attentat évité de Villejuif et l'attaque du Thalys. Sa dangerosité serait telle qu'il aurait été envisagé de le cibler spécifiquement, au même titre que le djihadiste Salim Benghalem, durant les frappes aériennes françaises. 
Le gouvernement Valls garantissait jusqu'alors que les djihadistes de retour de Syrie seraient étroitement surveillés...

Ce fanatique musulman a rapidement gravi les échelons dans l'Etat islamique

Suspecté d'être le commanditaire des attentats de Paris,Abu Omar est sans doute le jihadiste belge le connu de Syrie pic.twitter.com/mG3hzStucT

— David Thomson (@_DavidThomson) 16 Novembre 2015

Des commandos francophones se livrent à des exécutions aussi barbares que massives contre les troupes de Bachar al-Assad, mais aussi contre les rebelles modérés et les civils. Paris Match a pu se procurer des images inédites filmées par des djihadistes sur leurs smartphones. 
Dans cette vidéo, le djihadiste belge - installé depuis en Seine-Saint-Denis à l'insu des services de Bernard Cazeneuve - filmé par Abou Medhi, Abou Omar, traîne au sol, à l'arrière de son pick-up, les cadavres de rebelles et de civils jusqu'à la fosse commune creusée par l'escadron francophone. Attention, ces images accablantes peuvent heurter la sensibilité de certaines personnes.
VOIR et ENTENDRE comment on accède à la célébrité en milieu barbare ou auprès des Français qui restent hermétiques à la vérité des faits, refusant d'ouvrir les yeux sur la réalité du risque encouru et de se remettre en cause:
 
 
 
De son vrai nom, Abdelhamid Abaaoud, il a emmené avec lui son jeune frère d' "à peine 13 ans" en Syrie en 2014. Certains media présentent l'enfant comme le plus jeune djihadiste du monde. Maître Nathalie Gallant, l'avocate du père, Omar Abaaoud, qui a porté plainte contre son fils, raconte cet épisode.

"J'ai honte pour Abdelhamid, mon fils"

Quelle est la réalité concrète de l'étroite collaboration entre les renseignements belge et français ?
Marianne écrira qu'il a
l'air sympathique, comme jeune !
En janvier dernier, les media belges révélèrent qu'Abdelhamid Abaaoud est le cerveau des attentats déjoués de Verviers (Belgique), durant lesquelles deux terroristes présumés sont tués. Comme le souligne le spécialiste du djihadisme David Thomson, le jeune homme nargue quelques semaines plus tard les autorités belges dans une revue de propagande de l'organisation Etat islamique. 
Il confirme que les djihadistes entrent sortent librement en Europe. Il y affirme en effet qu'il est parvenu, durant cette période, à quitter la Syrie pour aller en Belgique, avant de retourner à Raqqa. "Cela a été une véritable humiliation pour les services de renseignement belges. Il semblerait qu'il soit passé par la Grèce", raconte le journaliste, contacté par L'Express. "S'il a échappé à la vigilance des autorités, c'est parce que son frère aurait indiqué à leurs parents qu'il était mort. Et comme la famille était probablement écoutée..." 

Younès Abaaoud, le petit frère, âgé de moins de 13 ans, 
combat lui aussi en Syrie. Selon les media belges, c'est Abdelhamid en personne qui l'a radicalisé en 2013 et convaincu de partir faire le djihad. L'affaire émeut la Belgique. La famille est dévastée. "Je n'en peux plus. Je suis à bout de force. J'ai honte pour Abdelhamid, mon fils. Il a ruiné nos vies", se désole, impuissant, le père de famille, dans un entretien avec le journal belge Het Laatste Nieuws, selon des propos traduits par Le Courrier International.


"L'antithèse des cellules dormantes"

Durant son séjour en Syrie et jusqu'à ces derniers mois, Abdelhamid Abaaoud affiche sa fierté de son quotidien de djihadiste. Il publie des photos, narre quelques anecdotes, se met en scène. "Abou Omar est le visage le plus connu du djihad belge. Il est l'antithèse des cellules dormantes, des combattants discrets. C'est un homme décomplexé", résume David Thomson. 

Mehdi Nemmouche, djihadiste français soupçonné
de la tuerie du musée juif de Bruxelles-juin 2014
Dans un documentaire récent (qui n'est plus disponible sur YT), la RTBF publiait plusieurs éléments du contenu du téléphone portable d'Abdelhamid. Entre "images de charme et dessins humoristiques", l'homme, qui se qualifie de "touriste terroriste", montre également un visage cruel et sanguinaire. Dans une vidéo, on le voit notamment au volant d'un 4X4 en train de tracter des cadavres traînés à même le sol (cf. ci-dessus). Et proférer des menaces. "Avant, on tractait des jet-skis, des quads, des motocross [...] Maintenant, sur le chemin d'Allah, on tracte les apostats, les mécréants qui nous combattent, qui combattent l'islam", lance-t-il dans cette séquence morbide.
En Syrie, David Thomson indique que le commanditaire présumé est affecté à la même brigade qu'un autre "Abou Omar". Celui-ci n'est autre que... Mehdi Nemmouche, le tueur de Bruxelles.