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lundi 13 mai 2019

Pourquoi les pressions sur la jeune femme en jupe, interdite de bus de la RATP ?

Paris XIXe, arrondissement de non-droit ?

L'usagère qui accuse un chauffeur de la RATP de l'avoir refusée dans son bus est visée par une plainte pour "dénonciation calomnieuse"

malka

La jeune femme qui clame son indignation maintient sa version des faits : le chauffeur de la RATP l'a discriminée parce qu'elle portait une jupe, a-t-elle répété, lundi.
"Je veux que la vérité soit dite", affirme Elise Bencheikh, 29 ans, qui n'a pas, quant à elle, l'intention de porter plainte.

Le 30 avril, vers 23h00 dans le XIXe arrondissement de Paris, la jeune femme et une amie attendent le bus. "On fumait une cigarette et on a vu le bus arriver au loin. Mon amie lui a fait signe pour qu'il s'arrête; on a jeté nos cigarettes. Le bus a ralenti et s'est arrêté pratiquement devant nous", raconte la jeune femme dans le cabinet de son avocat, Me Richard Malka.

"Les portes ne se sont pas ouvertes, et le bus est reparti. Il y avait un feu rouge quelques mètres plus loin, donc on a décidé de rattraper le bus. On a toqué à sa porte, et [le chauffeur] me dit "tu jetteras ta clope et tu n'as qu'à te rhabiller" ", rapporte-t-elle. "J'étais habillée en jupe, en collant et avec un manteau, et mon amie avait une veste en cuir assez courte avec une jupe", précise-t-elle.

La jeune femme n'avait pas l'intention de signaler les faits, mais son père a rapidement relaté l'incident sur Facebook, dans un texte effacé depuis, commençant par: "Je revendique mon islamophobie", et décrivant le chauffeur, comme "un barbu de type maghrébin".
Un message que la jeune femme ne partage pas totalement, tout en estimant "pas normal qu'on refuse de (la) laisser entrer dans un bus, qu'un chauffeur selon un avis subjectif décide de qui ou pas monte dans son bus, selon comment on est habillé... c'est choquant".

Info Panamza : "l’avocat de la pseudo-victime est un sioniste anti-islam"
VOIR et ENTENDRE le compte-rendu de CNews, avec une débauche de conditionnels de nature à discréditer l'usagère. 

"Fille d'un islamophobe revendiqué et salariée par un franc-maçon du Crif, Elise Bencheikh, conseillée par l'avocat pro-israélien de Valls et Fourest, ne portera pas plainte," note le site subversif Panamza. 
Et d'ajouter : "Des syndicalistes de la RATP font bloc pour soutenir leur collègue qui aurait simplement refusé de faire monter la femme de 29 ans après la station de bus."
Hicham Hamza, fondateur du site Panamza, mis en examen pour sa contre-enquête sur le Bataclan.

Seule l'identité du chauffeur est masquée : un indice ?

L'avocat du chauffeur, Me Samim Bolaky, avait expliqué la semaine dernière que son "client n'a aucune pratique religieuse affectant son activité professionnelle", qu'il avait marqué l'arrêt, mais que les deux jeunes femmes "continuaient à fumer devant les portes de son bus", qu'il n'avait donc pas ouvertes.
 
Me Bolaky a déposé une plainte pour "discrimination sur le fondement de l'appartenance, vraie ou supposée, à une religion déterminée", ainsi que pour "dénonciation calomnieuse" et pour "faux et usage de faux".

"J'ai subi un préjudice et en plus on m'accuse de mentir", a réagi Mme Bencheikh. "Mais, avec le recul, je me dis que ça peut permettre une enquête, et que ça pourra faciliter la vérité".
Une enquête interne a aussi été ouverte par la RATP.

Décrit par certains comme site d'investigation (et, pourquoi pas, modéré), Panamza écrit :
"Employeur de l'ultra-sioniste André Bercoff, Sud Radio n'a pas manqué (avec Nadia Remdana, à l'origine de l'affaire bidon du bar sexiste de Sevran) d'exploiter le filon de l'islamophobie.
"Idem pour RMC et RT France, médias sous contrôle israélien", selon Panamza.

dimanche 24 septembre 2017

Affrontement de deux bandes : la rixe se termine en drame à Paris 19e

Un mort et plusieurs blessés dans une rixe géante à Paris

Une "bagarre" impliquant une trentaine de "jeunes" a éclaté dans la nuit de vendredi à samedi dans le 19e arrondissement de Paris


Peu avant minuit, des détonations ont été entendues entre la gare RER Rosa Parks et les rues de Crimée, de l'Ourcq, Gaston Tessier et d'Aubervilliers, révèle Le Parisien. Sur place, les secours et les forces de l'ordre y découvrent un "jeune homme" de 18 ans, "agonisant, une balle dans l'abdomen". Il était connu des services de police, précise Le Point.
Mortellement touché, il décédera dans la nuit à l'hôpital Bichat, indique le quotidien. Dans le quartier de la rixe, qui n'aurait opposé que "deux groupes d'une vingtaine de jeunes des cités Mathys et Colette-Magny, qui se sont affrontés en utilisant armes à feu et bombes de gaz lacrymogène". Les policiers découvrent neuf douillesSelon Le Point, "les enquêteurs ont retrouvé trois cartouches percutées, de calibre 9 mm".

Résultat de recherche d'images pour "Paris 19e"Un deuxième mineur s'est présenté de lui-même à l'hôpital Lariboisière dans le 10e arrondissement de la capitale. Lui aussi était blessé par balle, mais au niveau de l'épaule.

Un peu plus tard, c'est une mère de famille qui a contacté les secours pour son fils, âgé de 17 ans, qui avait reçu un coup de couteau au bras et au flanc droit. La radio effectuée par les médecins de la Pitié-Salpêtrière a également révélé la présence d'éclats de balle dans la blessure de ce troisième "jeune homme". 

Mars 2016 : lors qu'un rassemblement de lycéens devant le lycée Bergson (19e) en soutien à l'élève qui agressa un policier la veille, plusieurs dizaines de jeunes s'en sont violemment pris aux commissariats du 10e et 19e arrondissement.
Les circonstances de cette rixe restent encore très floues, d'autant que "les témoins ne sont guère bavards", raconte une "source proche du dossier" au quotidien. Les images de vidéosurveillance du quartier ont été saisies : seront-elles plus "bavardes" ? 
L'enquête a été confiée aux enquêteurs de la 2e DPJ de Paris. Le ou les tireurs n'ont encore pas été identifiés.

Le XIXe arrondissement est une zone multiculturelle au NE de Paris
"Une" du Parisien (édition Paris) du 14 avril 2017

Roger Madec, sénateur socialiste, a imprimé sa marque sur cet arrondissement pendant 17 ans (1995-2013). 
Cet apparatchik socialiste fut aussi favorable au pack mariage homosexuel, Procréation Médicale Assistée (PMA) et Gestation pour autrui (GPA). Modèle de tolérance démocratique, du tournage dans la salle des mariages de la mairie d'arrondissement d'un numéro de l'émission de France 2 Complément d'enquête, consacré à l'homosexualité, le 29 novembre 2012, lors, il fit couper l'électricité pendant l'interview de la porte-parole de l'opposition au mariage pour tous, Frigide Barjot.


En 2012, il salua comme un "grand pas" le vote "consacrant la Palestine comme un État observateur" à l'ONU. Fin juillet 2017, trois semaines après l’évacuation de 2.770 migrants dans le quartier de la Chapelle, les campements se sont reformés et, dans l’immense majorité des cas, ce sont ceux qui ont été mis à l’abri début juillet, pour la plupart des migrants venus du Soudan, d’Erythrée ou d’Afghanistan, de passage en France vers le Royaume Uni, après avoir transité par l'Allemagne, la Suède ou la Norvège. Le 18 août dernier, plus de 2.000 migrants étaient à nouveau évacués. "Une partie des migrants présents à la Chapelle serait probablement là-bas pour tenter la traversée. Mais on recense également énormément de migrants qui souhaitent rester en France pour commencer une nouvelle vie ici," admet Pierre Henry, directeur général de France Terre d'Asile.
Soudanais aux abords du CAO du Boulevard Ney
En novembre 2016, un centre pour migrants a ouvert ses portes à Paris et c'était dans le XIXe, au 70, boulevard Ney. Exclusivement réservé aux hommes, ce Centre d’accueil et d’orientation(CAO), "centre humanitaire d’accueil pour réfugiés" de 400 places, mais un lieu de transit : les clandestins sont censés y rester de cinq à dix jours maximum. La Ville de Paris (ses contribuables) a déboursé 6,6 millions d’euros pour l’installation de ce nouveau centre d’accueil d’urgence, et l’Etat (c'est qui ?) 1,3 million. Les frais de fonctionnement annuels (dont les salaires des 120 salariés) sont partagés par la Ville – 1,4 million d’euros – et l’Etat – 7,2 millions d’euros.

En avril 2017,
une bagarre généralisée a éclaté au centre d'accueil des migrants Porte de la Chapelle à Paris, impliquant plus d’une cinquantaine de migrants, Afghans d’un côté et Soudanais de l’autre. Une vingtaine de migrants a été blessée. Un jeune homme, frappé à coups de bâton, était dans un état grave, sans que soit engagé son pronostic vital.

Les armes à feu parlent de manière récurrente.
En août 2016, un homme fut blessé par balle près des Buttes-Chaumont, le long de l’avenue Simon Bolivar (19e arrondissement), après qu’une bagarre ait éclaté vers 2h30 du matin, d'après Metronews. La police soupçonna un règlement de comptes et on en resta là, malgré une personne laissée "allongée au sol"...Une habitante du quartier donne davantage d’éléments. "Je dormais les fenêtres ouvertes et j’ai entendu plusieurs détonations, comme trois ou quatre coups de feu. Quand j’ai regardé dans la rue, j’ai vu un groupe de personnes, dont une était allongée sur le sol. Ensuite, d’autres hommes sont arrivés avec des barres de fer", expliqua-t-elle.
Le 21 mars 2017, un jeune homme un adulte de 30 ans est mort des suites de ses blessures après une bagarre dans un bar à Paris, rue de la Grange-aux-Belles dans le Xe arrondissement. Une vingtaine d'individus ont mené une expédition punitive, pénétrant dans un bar et provoquant une violente bagarre. Dans un premier temps, trois "personnes" ont été grièvement blessées, à coups de couteau ou à coups de barre de fer. Mais le plus durement touché, qui avait reçu pas moins de quatre coups de couteau, a été transporté à l'hôpital Lariboisière avant de décéder sur place. La victime, âgée de 30 ans, était domiciliée dans le ...XIXe arrondissement de Paris.

XIXe contre XVIIIe: la guerre de bandes qui déchire le nord-est de Paris
Dans un article d'octobre 2016, Les InRocks alerta sur la montée de la violence - singulièrement depuis 2014- entre "ses jeunes" et ceux de l'arrondissement voisin du XIXe, dans des "batailles rangées" à proximité du "pont bleu", rue Riquet.
Des bandes de plus en plus jeunes – certains n'ont pas mué – mais aussi de plus en plus violentes, comme le témoigne une vidéo amateur d'une de ses "batailles rangées", qui ont lieu à proximité du "pont bleu", rue Riquet, à la frontière des deux arrondissements.

VOIR et ENTENDRE l'affrontement entre "personnes" de couleur en 2013:
Pour tenter une prise de conscience de la violence et de l'absurdité de ces violences juvéniles, un documentaire, en collaboration avec Pas 2 Quartier, donne la parole à ces jeunes, en leur demandant ce qu'ils pensent de l'engrenage dans lequel ils se piègent. Associé à Medhi, un bénévole du LAI (une structure dediée aux jeunes du 18e), ainsi que Youssouf de l’association Entr'Aide, basée dans le XIXe, il présente ce document :
"Si, arrivé à un certain âge, il peut y avoir de vrais enjeux chez les plus jeunes, ces bastons ont plutôt un air de 'guerre des boutons' ", mais mortelle !, entre "gamins de deux territoires"sans objectif précis. 
Dans le quartier La Chapelle, les campements se reforment évacuation après évacuation.
Migrants désoeuvrés, Porte de La Chapelle, Paris 19e (juillet 2017)
Beaucoup d’entre eux sont déscolarisés. Et de manière plus générale, les activités manquent dans ces quartiers", assure-t-on sur France 24, suggérant une faible attractivité de l'école...
Image associée
Des élus locaux interrogés mettent en cause la pauvreté et le manque d'encadrement familial pour tenter de se défausser de la responsabilité de ces tensions. La pauvreté, la forte démographie dans le quartier de La Chapelle et le manque d’encadrement familial, quand les parents ne maîtrisent pas la langue véhiculaire et n’ont pas un rythme de travail sécurisant, "si bien que leur goût du challenge n’est pas utilisé à bon escient" !

Image associéePour apaiser les tensions entre les bandes des deux arrondissements, de nombreux projets culturels ont été lancés, ce qui contredit l'excuse du "manque d'encadrement". La dernière étape est de montrer cette vidéo aux protagonistes des bagarres, pour leur faire prendre conscience de l'aspect primitif de ces luttes meurtrières, un retour à la barbarie décrit par William Golding dans "Sa Majesté des Mouches".


lundi 24 juillet 2017

Paris : une voiture fonce sur des policiers; le suspect a réussi à prendre la fuite

L'état d'urgence est-il dissuasif, efficace et justifié ?

Un homme au volant d'une voiture volée a foncé sur une patrouille de police

Lundi matin vers 5 heures du matin dans le nord de Paris, après une course-poursuite dans les rues de Paris, un véhicule s'est élancé contre des policiers dans le XIXe arrondissement de la capitale, selon une information de RTL. 
Tout a commencé lorsque l'équipe de police a remarqué un individu qui tentait de se cacher dans une voiture de luxe. A l'approche de la patrouille, l'homme a démarré en trombe. Les agents l'ont alors pris en chasse.

L'un d'eux a fait usage de son arme à feu pour tenter d'arrêter le véhicule. 

Deux coups de feu ont été tirés vers l'avant du véhicule et le conducteur s'est enfui, abandonnant la voiture derrière lui après avoir percuté un lampadaire. 
Aucun des agents n'a été blessé. 
Dans l'après-midi, l'homme courait toujours.


samedi 29 octobre 2016

Afflux de clandestins de Calais dans le 'triangle des migrants' du nord parisien

Hollande veut empêcher la création d'une "Jungle de Paris"

Des réfugiés sur des couchages de fortune entre Stalingrad et Jaurès en septembre.
Jungle de Paris, entre Stalingrad et Jaurès


Depuis plusieurs jours, les tentes igloo se multiplient, au moment où, à 300 kilomètres de Paris, à Calais, les clandestins sont triés et ventilés et où la 'jungle' est démantelée.
Avenue de Flandre (Paris 19e), place Jean-Jaurès (à la limite des 10ee et 19), place Stalingrad (10e et 19e), les files devant les marmites des distributions de repas s’étirent de plus en plus: les squatteurs des trottoirs sous les lignes de métro aérien sont trois fois plus nombreux qu'il y a trois mois. "Il y a trois jours, on distribuait 700 à 800 repas. Aujourd’hui, on est à plus de mille. Je ne sais pas comment on va faire", confie Charles Drane, un coordinateur de l’ONG confessionnelle Adventist Development and Relief Agency (Adra, Eglise adventiste du septième jour, des chrétiens favorables à la séparation des Églises et de l'État et au dialogue interreligieux) qui distribue des repas le midi sur l’avenue de Flandre, à l'Est de Paris, en bordure des communes d'Aubervilliers, de Pantin, des Lilas et du Pré-Saint-Gervais, du 20e arrondissement au sud et des 10e et 18e arrondissements à l'Ouest. Mais pourquoi ces étrangers arrivent-ils tous là, spontanément ? Ces communes sont communistes (Aubervilliers) ou PS (Pantin, Les Lilas, Pré-Saint-Gervais, Paris 10e et 20e).

"Il n’y a pas d’arrivée massive de Calais sur Paris", nie la ministre du Logement, Emmanuelle Cosse
L'épouse de Denis Baupin et ex-EELV l’a assuré vendredi sur la chaîne Public Sénat. Même son de cloche du côté du préfet de la région Ile-de-France, Jean-François Carenco, qui affirme que "des contrôles ont été mis en place, sur les routes, sur les voies ferrées, et rien n’indique à ce stade qu’il y ait un afflux de migrants venus de Calais". Les associations mentiraient-elles ? Et les riverains ?

"Beaucoup de migrants vont à Paris" en bus, par train ou en voiture, affirme au contraire une source de la police aux frontières du Nord : "Certains sont récupérés directement par des voitures venues de Paris", révèle cette source, suggérant que des militants d'extrême gauche servent de passeurs entre les contrôles policiers. Difficile de dire d’où ils viennent mais une chose est sûre : ça grandit de manière inquiétante. Et il y a désormais des familles avec des enfants, parfois de quelques mois", souligne Violette Baranda, élue du XIXe arrondissement qui visite régulièrement ce "triangle des migrants" du nord parisien.
Certains ont replié leurs tentes vendredi matin en voyant arriver des cars de CRS. Il s'agissait d'une opération "de contrôle" de la situation administrative des occupants et de l'état sanitaire du campement, et non d'une évacuation avec "mises à l'abri".parisien. Le démantèlement de Calais est-il le succès que le gouvernement et sa presse présentent s'il ne règle pas tout ?Soudanais, Somaliens, Ethiopiens, Erythréens, Syriens, Libyens, Afghans... "Il y a tous les malheurs du monde ici", sourit Ibrahim Zakaria, originaire du Darfour soudanais. A l'arrière d'une tente, on peut lire: "No place like home" (rien de mieux que sa maison).
Entre deux et trois mille migrants sont en dehors du bidonville de Calais et des CAO (centres d’accueil et d’orientation), estime un collectif d’associations (Auberge des migrants, Utopia 56, Cabane juridique, Médecins du monde), quoi qu'en disent la ministre et le préfet du gouvernement. "Nous n’avons pas d’informations précises sur le nombre de migrants présents à Paris. Mais il est évident que certains ont rejoint la capitale", explique à Libération un bénévole de l’association Utopia 56. Mathilde Bourdon Lamraoui, administratrice de l’association KÂLÎ, qui vient en aide aux femmes "exilées" sans titre de séjour en région parisienne, confirme un nombre "important" de réfractaires aux CAO qui ont fuit les ramassages de la jungle ces derniers jours. "Ce qui complique les choses, c’est que leurs démarches administratives ont été entamées à Calais et pas à Paris", prétend-elle pour masquer leur statut d'illégaux

Une situation qui les rend d’autant plus vulnérables lors d’opérations de rafles. Ainsi, une trentaine de clandestins a été emmenée par les forces de l’ordre. La préfecture de police s’est refusée à tout commentaire. Dans un souci de dialogue et de transparence !

Les migrants refusent d'évoquer ces arrivées depuis la jungle ces derniers jours. Le gouvernement l'a donc belle de profiter de la solidarité entre migrants pour faire dire à la presse que le 'triangle des migrants' ne s'étend pas.

Les tentes, isolées à la hâte avec des bâches ou des couvertures de survie, s’entassent désormais sur plus de 700 mètres sur le terre-plein de l’avenue de Flandre, du linge sèche sur des fils tendus entre deux arbres, on discute sur une chaise de bureau à roulettes ou un fauteuil défoncé. Sous le métro aérien place Stalingrad, une grande partie de l’espace a été grillagée après une évacuation policière mi-septembre. Mais le moindre bout de trottoir accessible est recouvert de dizaines de tentes. Quelques mètres plus loin, près de la station Jaurès, les tentes s’alignent le long du quai de Jemmapes, point de ralliement des Afghans.

Une évacuation aura lieu "dans les jours qui viennent", affirme-t-on dans l'entourage d'Anne Hidalgo, maire PS de Paris. Cette opération sera le signal de l’ouverture du premier centre d’accueil humanitaire pour les migrants de la capitale, d’une capacité initiale de 400 lits. Il n'y aura pas de place pour tout le monde, mais d'ici là, les réfractaires seront partis vers d'autres destinations inconnues...

mardi 26 avril 2016

Des clandestins squattent un lycée parisien désaffecté, sous la direction d'un collectif

Un collectif organise l'occupation par des illégaux anonymes d'un lycée abandonné

A l'initiative du collectif «la Chapelle debout !», le lycée abandonné Jean-Jaurès, dans le XIXe arrondissement de la capitale, est occupé. Le mot d'ordre est d'épargner aux migrants illégaux les affres de la nuit à la belle étoile et de leur faire porter des revendications politiques dans le pays qui ne les a pas invités.

Devant les grilles du lycée désaffecté Jean-Jaurès, dans le XIXe arrondissement de Paris, un policier échange avec les activistes et les migrants qui squattent des apprenant à l'Éducation nationale. «Je veux connaître le maximum d’informations sur ce qui se passe à l’intérieur», répète l’homme d’un ton calme. Pour que chacun comprenne la situation, un ex-migrant engagé auprès du collectif s’occupe de la traduction en arabe.

Dans cet imposant édifice, les militants de «la Chapelle debout !» refusent de dévoiler le nombre de migrants présents. «Le bâtiment est tellement grand… Je peux juste vous dire qu’ils sont nombreux», explique un individu qui refuse de collaborer.
Selon une militante, beaucoup viennent du campement de Stalingrad, du nom de la station de métro parisienne, dans le même arrondissement, où vivent «des hommes, des femmes et des enfants dans des conditions particulièrement précaires». Si plusieurs nationalités semblent présentes, le ministère de l'Intérieur n'en a pas connaissance... «Nous sommes tous migrants, peu importe notre origine», élude un activiste chargé de transmettre le message des clandestins présents. 

Méfiance envers les media

Pour pénétrer à l’intérieur, il faut passer à l’horizontale à travers des barreaux étroits. Aussitôt entrés, les media sont expulsés. «La décision a été prise en assemblée générale [les règles du milieu prévalent sur la loi de la République] : pas de journalistes à l’intérieur pour le moment.»
Un camarade militant s’adresse à l’un des migrants qui veulent s’exprimer : «Il faut lui expliquer qu’ils ne vont garder qu’un court extrait de son entretien. Soit il répète le même message, soit il fait des phrases courtes.» Quant aux journalistes qui souhaitent tout de même les interroger à l’intérieur, le message est ferme. «Respectez leur volonté, et restez à l’extérieur."

Une zone de non-droit

Entre les grilles du lycée Jean-Jaurès, on s’échange autant d’informations que de matériel. «J’ai un gars de la commission cuisine de "Nuit debout" au téléphone, il demande de quoi on a besoin ?» s’écrie un anarcho-révolutionnaire auprès de ses camarades. «Un réchaud et des casseroles ! Et si tu peux trouver des matelas et des fringues ça serait super», lui répond-on derrière les grilles.
D’autres arrivent en voiture pour faire parvenir des outils de bricolage. Non loin de là, les forces de l’ordre scrutent la scène d’un regard suspicieux. «Fais gaffe, ils ont noté ta plaque», alerte un activiste. Alors qu’on s’organise sur le plan logistique, personne ne semble prêt à quitter les lieux. Une jeune femme prévient : «On restera indéfiniment.»

"Racisme dans les foyers"

Réunis en assemblée générale, militants d'extrème gauche et illégaux transmettent leurs demandes à travers les grilles du lycée.

D’abord sur l’obtention des papiers.
 «Il est inacceptable de favoriser les démarches en fonction des nationalités», rapporte un individu. Tout le monde évoque les difficultés à "régulariser" sa situation administrative.
L’Etat est aussi critiqué pour son incapacité à résoudre les problèmes des clandestins... : «Pourquoi, quand je demande de l’aide, on me renvoie vers des associations ?» s’insurge un animateur.
Autre problème de taille, le logement : «On trouve des foyers pires que les mers que nous avons fuies. Il y a du racisme. On se retrouve dans l’incapacité d’aller et venir. Et quand il y a un problème, c’est à la rue qu’on [finit].» Un migrant tient à conclure son discours par un message chaleureux : «Nous remercions les personnes solidaires ainsi que le peuple français.»