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mardi 9 février 2010

Un élève passé à tabac dans un lycée du Val-de-Marne

La grève des enseignants perturbe le calme retrouvé

Le lycée "défavorisé"
Adolphe Chérioux
de Vitry-sur-Seine

Pas de nouvelles de la victime et de ses agresseurs...

Un adolescent -anonyme- a été hospitalisé après avoir été poignardé à l'intérieur de son établissement
. Lire PaSiDupes Deux mineurs suspects -de "jeunes garçons"- ont été interpellés. Leur âge reste secret défense, puisqu'il pourrait justifier le couvre-feu voulu par le ministre Hortefeux (et le socialiste Chevènement à Belfort), le fichage des mineurs récidivistes ou la loi sur les mineurs de 13 ans: lire PaSiDupes. Une bagarre entre deux jeunes, voire davantage, pourrait être à l'origine de l'agression.

La prévention par l'éducation civique

Un lycéen de 14 ans scolarisé au lycée polyvalent Adolphe-Chérioux de Vitry-sur-Seine, dans le Far West du Val-de-Marne, a été violenté, mardi matin, au coeur même de ce qui devrait être un sanctuaire, son lycée. Le jeune homme a été passé à tabac par au moins sept personnes, qui avaient pris soin de dissimuler leur visage: euphémisme pour désigner les foulards interdits par la loi. De source judiciaire, on indique qu'il a reçu un coup de couteau dans la cuisse, souffre d'une plaie à l'oreille et a les yeux tuméfiés par les gaz lacrymogènes. Son état n'est toutefois pas jugé préoccupant.

La gauche ne veut pas de portiques de sécurité

Sans qu'on s'en émeuve outre mesure, tant la violence est banalisée, un coup de feu a par ailleurs été entendu par des témoins, mais aucune blessure par arme à feu n'a été constatée. Il semblerait que l'arme utilisée soit un pistolet à grenailles, «sans doute pour impressionner», estime une source policière.
Une bagarre entre bandes de Thiais et de l'Haye-les-Roses pourrait être à l'origine de cette agression. «Il y a quelques jours, deux jeunes se sont bagarrés, puis deux clans se sont formés, apprend-on. Cette agression pourrait être une vengeance de l'un des groupes». Les enquêteurs de la Sûreté territoriale cherchent à établir les raisons de cette rivalité. Interpellés mardi vers 11 heures, deux jeunes de Thiais se trouvaient toujours en garde à vue mercredi matin.

Des enseignants font de l'animation politique devant ...le rectorat

Les professeurs victimes de la violence de leurs élèves ne mobilisent pas tant: faut-il se faire poignarder pendant une campagne électorale pour mobliser la gauche ? Lire PaSiDupes
=> En décembre 2005 à Etampes, une enseignante, Karen Montet-Toutain, avait été poignardée par un élève, Kévani Wansale, 20 ans, qui n'avait encore vu sa victime qu'à trois ou quatre reprises mais voulait déjà "faire un truc de ouf" et "schlapper" (planter) son professeur principal.

Alors que, le calme retrouvé, l'établissement rouvrait ses portes mercredi sous la surveillance de quelques policiers, des enseignants ont décidé de profiter de la situation pour exercer leur droit de retrait (lire le prochain article de PaSiDupes sur le sujet) et refuser de donner leurs cours aux élèves. Ils appellaient à manifester devant le ...rectorat de Créteil plutôt que devant le Conseil Régional et «envisageaient de poursuivre leur action» jeudi dans le cas où leur revendication «ne serait pas satisfaite», annoncaient-ils. Ils réclament le doublement du nombre d'assistants d'éducation. Lire PaSiDupes sur la totale absence de formation de ceux-ci.

L'incurie des Conseils Général et Régional

Le ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, a souligné mercredi sur RMC que le lycée avait fait l'objet en mai dernier d'un diagnostic de sécurité. Ce dernier avait recommandé la pose d'une clôture autour de l'établissement situé «dans un parc sur plusieurs hectares» avec «22 bâtiments ouverts à tous les vents». «Malheureusement, ça n'a pas été fait et je regrette que les collectivités locales, la région et le département se soient un peu renvoyés la balle sur ce sujet, puisque le département est propriétaire du site et la région responsable du lycée. Ce que je souhaite, c'est que dans les meilleurs délais, on mette en oeuvre les préconisations de ce diagnostic», a-t-il affirmé.

La manifestation des enseignants n'aurait-elle pas dû prendre le chemin du CR ? Les syndicats enseignants ont préféré entraîner les enseignants, parents et élèves devant le ministère. Nous assistons manifestement à une action de détournement des responsabilités des responsables sur les adversaires politiques traditionnels. En période électorale, ça s'appelle de l'intox de l'opinion, du maquillage des coupables et de la récupération politicienne.

Des élus d'opposition peu réactifs

Le maire, Alain Audoubert et le président du Conseil Général, Christian Favier, sont communistes. Quant à celui du Conseil Régional, Jean-Paul Huchon, il est socialiste. La FSU a la délicate attention politique de ne pas nuire à sa campagne des régionales...

Au lycée de Vitry
Le ministre a en outre répété que les diagnostics de sécurité seraient effectués dans tous les lycées de France d'ici à la fin de l'année scolaire. A ce stade, ils ont déjà été réalisés dans 57% des établissements.
Cette agression survient au lendemain de l'annonce de l'accélération du plan de sécurisation des établissements scolaires par Luc Chatel. Il a ainsi affirmé que la mise en place des équipes mobiles de sécurité (EMS), mesure phare du dispositif, sera achevée d'ici au 31 mars.

D'autres lycées du Val-de-Marne
Le 10 janvier dernier, un lycéen du Kremin-Bicêtre dans le même département, Hakim, 18 ans, avait trouvé la mort (Lire PaSiDupes), frappé de trois coups de couteau dans son établissement. Son agresseur présumé, un camarade de lycée, avait été placé en garde à vue.

Le maire, Jean-Luc Laurent, est socialiste de la mouvance Jean-Pierre Chevènement (MRC) et membre (in)actif du Conseil régional d'Île-de-France.
=> Si la récupération politique des coups de poignards en établissements scolaires profite à la gauche, c'est à désespérer de l'électorat. Lien PaSiDupes

Et pendant ce temps-là

Malgré les élections et le populisme de l'opposition,la majorité souhaite responsabiliser les parents: lire PaSiDupes

Devoir de mémoire: Vitry-sur-Seine

  • 11 octobre 2002
    VOIR et ENTENDRE Reportage.
    Evocation du meurtre d'une jeune fille à Vitry-sur-Seine : Sohane a été volontairement brûlée vive après avoir été aspergée de liquide inflammable. Commentaires sur images des lieux du meurtre en alternance avec des témoignages anonymes sur les circonstances du drame et l'interview de Nicolas Couteau, policier et membre du Syndicat général de la police.

  • 1992
    VOIR et ENTENDRE Vitry: drogue au foyer des immigrés (doc INA)
  • vendredi 22 mai 2009

    Violence scolaire : Darcos lance l’idée de la fouille des cartables

    Pas assez de blessés dans les collèges et les lycées

    Assez n’est pas assez pour les syndicats d’enseignants

    Des postes, encore des postes !

    Seules les incivilités en augmentation seraient dignes d’intérêt, selon les syndicats dominants de l’Education Nationale et leurs réseaux. Ils redoutent davantage les insultes et les crachats que les coups de couteaux, mais dans aucun des cas ils n’ont les solutions. Ils préconisent bien des effectifs renforcés, mais les personnels qu’ils réclament ne seraient pas formés et les CPE donnent dans la psychologie de salon depuis leurs bureaux. Les surveillants à l’ancienne ne sont pas formés et souvent employés à des tâches administratives, tandis que les CPE ne jugent pas compatible avec la dignité de leur fonction d’arpenter les couloirs et de faire l’entrée et la sortie des établissements.

    Un nouveau drame laisse la communauté de marbre

    Le vendredi 15 mai dernier, une nouvelle enseignante était encore poignardée en plein cours et devant les élèves du collège François Mitterrand de Fenouillet (Haute-Garonne). Un drame d’une autre ampleur que l’interpellation de deux petits voleurs précoces à la sortie de l’école.

    Le premier coup de poignard aurait dû suffire.

    Mais
    pour la gauche des intellos rêveurs, des idéologues idéalistes et des libertaires destructeurs, le compte n’y est pas. (lien 20minutes)

    Or, depuis le début de l’année, les cas se multiplient :


  • Dans la banlieue de Toulouse, "l’enseignante ayant refusé de retirer la punition, l’élève a sorti de son sac un couteau et lui a dit « Bien. Je vais te tuer ! » avant de la frapper au thorax.
    Atteinte d’une hémorragie interne frappant une artère au thorax, l’enseignante a été opérée en «extrême urgence». L’hôpital évoque des «suites opératoires sévères» mais ses jours ne sont pas en danger. L’adolescent auteur du coup de couteau prémédité a été interpellé. Une “cellule de soutien psychologique” a pris en charge les 610 élèves et le personnel enseignant."
    Le choc des cultures’, ironise F. Desouche
  • Le 2 mars 2009, un professeur de 59 ans à la Cité scolaire internationale (1300 élèves du secondaire, collège et lycée) du VIIe arrondissement de Lyon a été poignardé à plusieurs reprises par un élève de seconde, en plein cours. (lien TF1-LCI)
  • Lundi 12 janvier 2009 au lycée Pierre et Marie Curie de Château-Gontier, en Mayenne, un lycéen de 18 ans a porté à trois reprises des coups de poignard dans l’abdomen de son professeur d'électrotechnique (lien LeParisien et lien Ouest France) .

    Les syndicats sont content d'eux et polémiquent

  • La justice est-elle clémente ou angélique ?

    Le 23 janvier 2009, Kévani Wansale, un lycéen qui avait poignardé en plein cours son enseignante à Etampes dans l’Essonne a été reconnu coupable d'avoir frappé de plusieurs coups de couteau le 16 décembre 2005 sa professeure d'arts plastiques au lycée professionnel Louis-Blériot. L'enseignante, Karen Montet-Toutain, avait été grièvement blessée à l'abdomen et au bras. Les jurés de la cour d'assises d'Evry avaient jugé que Kévani Wansale avait prémédité son geste. Condamné à 13 ans de réclusion criminelle en première instance, la Cour d'Assises d'appel de Paris a réduit sa peine à 10 ans.
    C’était dix jours après l’agression à l’arme blanche du 12 janvier à Château-Gontier…

    La gauche enseignante accepte et instrumentalise

    Elle mène non pas une réflexion sur la prévention de la violence scolaire, mais un procès politique contre le gouvernement.
    Lien
    AgoraVox

    La famille accable l’hôpital

    A Château Gontier, pour le père de l’élève majeur qui poignarda son professeur « l'hôpital psychiatrique dans lequel son fils a séjourné en novembre 2008 porte la responsabilité de cet acte. "Je reproche à l'hôpital [le Centre hospitalier du Haut-Anjou à Château-Gontier, NDLR] de ne pas m'avoir écouté : mon fils n'était pas prêt à sortir. De toute façon, on ne nous a jamais écoutés, sa mère et moi. Tout ce qu'on pouvait dire, c'était du vent", s'est insurgé mardi Thierry Desmots. Et d'ajouter que le médecin qui suivait son fils lui avait dit : "De toute façon, qu'il fasse une connerie dans deux jours ou trois mois, il la fera." (Lien Le Point)
    L’Education Nationale a donc été bien avisée de réinsérer ce malade dangereux.

    La solution n’est pas syndicale

    Les professeurs refusent de voir leurs vies exposées, mais les syndicats n’écoutent pas leur souffrance. L’idéologie dominante est sourde aux petits tracas quotidiens des petits profs. Créer des postes règlerait les problèmes, car une maladie psychiatrique ne serait pas innée et la violence serait acquise: c’est simple ; tout, en un mot, est social !

    Extrait du communiqué du SNES (FSU) du Lot

    « Selon nos premières informations, l’établissement scolaire serait un collège « sans histoires » de la banlieue de Toulouse où les incivilités sont toutefois nombreuses, comme dans la plupart des collèges, et l’élève ne serait pas spécialement connu pour des problèmes de comportement. Cette agression montre donc une fois de plus que l’école n’échappe pas aux tensions souvent violentes qui marquent la société actuelle, et qu’aucun établissement n’est à l’abri d’un acte de violence. […]

    Loin de se satisfaire de quelques effets d’annonces interministérielles en matière de sanctuarisation des établissements scolaires, le SNES demande avec insistance au ministre de l’éducation nationale de privilégier l’éducatif sur le « tout sécuritaire », de privilégier les moyens humains permettant le dialogue et l’accompagnement plutôt que de développer les « portiques » et dispositifs de vidéo-surveillance. Cela nécessite de revenir sur les suppressions massives de postes dans le second degré qui dégradent les conditions d’enseignement et dégarnissent les vies scolaires. Le SNES exige le recrutement, en nombre suffisant, de personnels statutaires et formés pour apporter, dans le cadre d’équipes pluri-professionnelles complètes, des réponses éducatives sérieuses qui prennent en compte tous les facteurs qui engendrent ou aggravent les phénomènes de violence dans l’école. »

    Extrait du communiqué de FO du Lot

    Le SNFOLC, syndicat Force Ouvrière (FO) regroupe des enseignants, des
    Conseillers principaux d'éducation et des éducateurs des lycées et collèges.
    « Le gouvernement a annoncé de nouvelles mesures contre la violence à la suite des déclarations du président de la république du 19 mars. S’agit-il de prendre les mesures de sauvegarde indispensables à la sérénité des établissements scolaires ou de poudre aux yeux sécuritaire ? Une circulaire a été adressée aux recteurs et préfets de police le 24 mars par les ministres de l’intérieur et de l’éducation. Il s’agit « de procéder à la systématisation du dispositif de policiers référents dans les établissements sur la base de ce qui a été mis en place en 2006 dans les collèges des Hauts-de-Seine ». Qui peut croire que la présence des forces de l’ordre dans les établissements scolaires rétablira le calme ? 50 000 postes de surveillants ont disparu des établissements depuis septembre 2003 : cela n’aurait aucun lien avec la dégradation du climat ? […]
    Le SNFOLC propose aux personnels de se réunir dans les établissements, avec les organisations syndicales afin d’établir les revendications pour pouvoir enseigner normalement, notamment les postes statutaires nécessaires à rétablir ou créer et à prendre les initiatives nécessaires pour les faire aboutir."

    Blocage syndical et les poignards continuent de frapper professeurs et élèves...

    A propos des effectifs et des suppressions de postes

    "L'agression s'est produite alors que le professeur d'électrotechnique, âgé de 30 ans, travaillait avec un petit groupe de soutien de quatre élèves qui faisaient du câblage. Il s'est alors levé pour se diriger vers son ordinateur dans une pièce attenante. Il y a été rejoint par son agresseur qui l'a frappé de trois coups de couteau à l'épaule, au thorax et au flanc, avant de prendre la fuite."

    Le Point a rencontré des professeurs "choqués" et "en colère"

    Qui dira que la vie enseignants est souvent mise en danger ?
    « Le proviseur de l'établissement d'Antoine, Michel Péneau, a d'ailleurs déclaré mardi que plusieurs enseignants étaient "choqués" ou "en colère" en découvrant qu'Antoine, qui faisait simplement l'objet d'un "suivi personnalisé" pour ses difficultés scolaires, avait séjourné en hôpital psychiatrique. "Ils se plaignent de ne pas avoir été mis au courant de l'état de l'élève dont ils avaient la charge", a-t-il indiqué en affirmant "comprendre leur colère". Mais il a souligné n'avoir été lui-même informé que d'une "tentative de suicide" par la famille d'Antoine. "Nous n'avions pas tous les éléments, et en plus, certains relevaient du secret médical."

    La création de tous les postes de CPE, d’assistantes sociales, de psychologues scolaires » et d’infirmières scolaires réclamés et présentés comme la panacée ferait-elle avancer le schmilblick, si les équipes pédagogiques ( ?) se voient opposer le secret médical et la loi du silence?

    A la négligence des uns s’opposent les propositions des autres
  • Certains cherchent à dédramatiser ?
    le collège option opinel (Bakchich)

    L'humour noir est bien adapté à la source, mais est-il de bon aloi?<
    br>C'est du second degré? A très bien !
  • D’autres réitèrent leurs propositions rejetées par les syndicats de gauche.
    Le syndicat FO rappelle opportunément que « Le gouvernement a annoncé de nouvelles mesures contre la violence à la suite des déclarations du président de la république du 19 mars. S’agit-il de prendre les mesures de sauvegarde indispensables à la sérénité des établissements scolaires ou de poudre aux yeux sécuritaire ? Une circulaire a été adressée aux recteurs et préfets de police le 24 mars par les ministres de l’intérieur et de l’éducation. Il s’agit « de procéder à la systématisation du dispositif de policiers référents dans les établissements sur la base de ce qui a été mis en place en 2006 dans les collèges des Hauts-de-Seine ». Qui peut croire que la présence des forces de l’ordre dans les établissements scolaires rétablira le calme ? » Pas les mécréants de FO...

    En attendant que les syndicats dominants adaptent leur idéologie au monde tel qu’il est, lire le prochain article que PaSiDupes consacre à la proposition Darcos.