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jeudi 16 décembre 2010

Autolib': la mairie de Paris et Delanoë (PS) choisissent Bolloré

Paris et Bolloré lancent le grand chantier Autolib'
Comme à Antibes, où dix petites voitures électriques en libre-service permettent de sillonner la ville depuis trois ans, le groupe Bolloré a été choisi pour faire circuler ses voitures électriques dans Paris et sa région. D'ici à la fin 2011, 3000 véhicules seront en libre-service.

Jeudi, adjointe PS chargée des transports à la mairie de Paris et présidente du syndicat mixte Autolib, Annick Lepetit a confirmé que le groupe de Vincent Bolloré a bel et bien remporté le marché de location de véhicules électriques dans la capitale. Le groupe, avec ses voitures BlueCar, a ainsi battu Veolia Transports urbains et le consortium Fourcity (RATP, SNCF, Vinci et Avis).

Un projet d'envergure

Depuis une quinzaine de jours, la Ville de Paris était en négociation avec le groupe Bolloré, pourtant réputé proche de Nicolas Sarkozy.

D'ici à la fin de l'année 2011, 3000 voitures seront en libre-service dans la capitale, ainsi que sur 27 communes voisines de l'Ile-de-France gérée par le président socialiste Jean-Paul Huchon, pour encore quelques jours, peut-être. Elles seront disponibles dans 1000 stations, dont 700 dans Paris intra muros.
Avec ou sans abonnement, l'automobiliste pourra retirer une voiture et la rendre sur une station de son choix. Un projet qui s'annonce comme un défi pour l'opérateur qui remportera le marché. Deux villes, La Rochelle et Antibes, se sont déjà lancées dans la location de véhicules électriques avec chacune 50 et 10 modèles sur leur territoire. Mais le projet de Paris - Autolib' - est d'une tout autre dimension.



Au point mort

De la voiture électrique voulue par
la présidente socialiste de Poitou-Charentes,
il n'est pas même question.


Une nouvelle ère

Ce programme de transports ambitieux ne fait pas oublier celui de l'agglomération de Nice, qui, en mars prochain, se dotera de 51 voitures électriques et de 17 stations. Objectif annoncé: 210 modèles et 70 stations d'ici à la fin de 2012.

Avec ces deux initiatives, l'autopartage, qui a le vent en poupe depuis 1999 en France, va basculer dans l'ère de l'écologie. La voiture électrique dégage en effet moins de CO2. Mais elle est aussi plus coûteuse que la voiture thermique.

Un défi pour Bolloré
Dans son récent rapport sur ce mode de déplacement de novembre dernier, le cabinet d'études Xerfi s'interroge sur la rentabilité du dispositif parisien. « Dans le cas du modèle Autolib', la rentabilité paraît même difficilement accessible », est-il écrit, même si des soutiens financiers par les villes et la région sont prévus.

À La Rochelle, ville pionnière où l'on pratique l'autopartage propre depuis dix ans, on confirme que c'est coûteux. «La voiture thermique coûte 11.000 euros contre 30.000 pour l'électrique», souligne Denis Leroy, en charge des transports à l'agglomération de La Rochelle. Avec cinquante voitures et sept stations sur la ville, le coût de fonctionnement est de 300.000 euros, tandis que les recettes sont de 130.000 euros. Bientôt la ville va passer à 13 stations, 70 voitures et va renouveler la flotte: un nouveau souffle qui devrait permettre à l'affaire, exploitée depuis quatre ans par Veolia Transport, de tendre vers l'équilibre financier.

Développement des transports écolo

Bien qu'onéreux, ce choix reste satisfaisant. Pour la ville, tout d'abord. « En dix ans, 20 tonnes de CO2 n'ont pas été rejetées», souligne Denis Leroy. Ensuite, le trafic en ville baisse. Selon une étude européenne, un véhicule partagé remplace 4 à 8 voitures privées. Côté usagers, la voiture en libre-service séduit tous les profils, les professionnels installés en ville comme les étudiants ou encore les mères de famille. Engendrant une dépense mensuelle comprise entre 35 et 150 euros, elle permet aussi des économies notables.

La possession d'un véhicule particulier représente un budget mensuel de 500 euros. L'autopartage diversifie donc peu à peu son offre. Jusqu'alors, en effet, les véhicules thermiques partagées y étaient largement représentés. À ce jour, ce service est mis en place dans 24 villes dont Montpellier, Marseille ou Strasbourg. Selon Xerfi, il rassemble 28.000 abonnés contre 6000 il y a seulement trois ans. Encore confidentiel, il constitue, cependant, « un marché prometteur pouvant atteindre 140.000 abonnés à l'horizon 2015 », note l'étude qui ajoute: «La structuration et l'industrialisation du secteur se sont considérablement accélérées avec les entrées successives de géants du transport urbain (Veolia Transport, Transdev, Keolis).»
L'autopartage tisse donc peu à peu sa toile. Mais on est loin des 76.000 utilisateurs en Suisse. Les freins à son développement sont nombreux. Parmi eux, la difficile viabilité économique des projets et l'attachement viscéral des Français à la voiture particulière.

Le projet de Sa Cynique Majesté Royal ne tient pas la route

VOIR et ENTENDRE le sketch des Guignols où l'on voit Désirdavenir Royal tomber en panne avec une voiture électrique (émission de Canal+ du 20 octobre 2010)


Dossier de presse

mercredi 2 avril 2008

Attention, Jospin revient !

Son portrait du prochain premier secrétaire du PS lui ressemble !
Lionel Jospin est en pleine promotion de sa candidature au poste de premier secrétaire du PS. Arrivé troisième et battu au premier tour à la présidentielle de 2002, puis obligé en interne de renoncer devant Sa Cynique Majesté Royal en 2006, l'ancien Premier ministre serait sur le retour…
En sortant du silence avec une tribune dans Le Monde du 22 mars, manifesterait-il le désir de sortir de l’ombre? Il n’est pas anodin en effet qu’il y esquisse le portrait du successeur de François Hollande à la tête du PS: "Une personnalité dotée d'une culture et d'une expérience politiques indiscutables. Qui connaisse le PS et respecte ses militants." Certains auraient vu resurgir l’image de Jospin et se prennent à espérer qu’il s'intéresse au poste et, en dressant d'elle un anti-portrait, les délivre de Royal.

Les promesses de Delanoë envers les Parisiens et le respect du refus du cumul des mandats ne permettent pas de soutenir longtemps la totalité de l’alternative soutenue au PS. "Il veut peser, soit en soutenant Delanoë, soit, si celui-ci n'y va pas, en montrant qu'il pourrait être l'homme de la situation", estime un dirigeant, rappelant que lors des primaires du PS en 2006, l'ancien Premier ministre s'était montré tenté par l'aventure présidentielle. "Je suis sûr qu'il pense à être premier secrétaire, renchérit un autre, mais il ne sortira du bois qu'en cas de crise. Peut-être même favorisera-t-il la crise car il est obsédé par l'idée d'une réhabilitation." La défaite en politique est une blessure profonde. Ainsi, les larmes aux yeux, Giscard d'Estaing vient-il d'avouer, dans l'émission Empreintes sur France 5, qu'il n'a surmonté la souffrance de 1981 que vingt ans plus tard, en prenant la tête de la Convention pour une Constitution européenne en 2001.

Dans l’entourage même de Delanoë, on ne veut pas croire vraiment à une candidature Jospin, mais on s’interroge sur sa tribune. "C'est assez énigmatique, soupire un partisan de Delanoë. Il écrit que le premier secrétaire n'a pas nécessairement vocation à être candidat en 2012, cela ouvre le jeu..." Jospin aurait-il repris goût à l’intrigue ? Pierre Moscovici, qui postule lui-même au fauteuil de premier secrétaire, reste perplexe: "Où veut-il aller? Je ne sais pas. Je souhaite en parler avec lui. J'ai des questions à lui poser, des observations à faire. Notamment je ne crois pas que le leadership soit le problème central du PS aujourd'hui."
Autour de Lionel Jospin, on joue à qui est le plus "stupéfait". "Qu'on le soupçonne de vouloir revenir dès qu'il ouvre la bouche me fait éclater de rire, s'exclame la députée de Paris Annick Lepetit. C'est un fantasme, il a pourtant été très clair dans son dernier livre" (L'Impasse). Daniel Vaillant, autre fidèle, est également aussi formel d’ambigu: "Lionel n'est candidat à rien, mais s'intéresse à tout. Ce papier ne visait qu'à éclairer le chemin des socialistes." D'ailleurs, Jospin distille les indices: le premier secrétaire devrait être choisi "parmi les dirigeants actuels"...

Du côté des Fabiusiens on n'envisagent pas non plus un retour de Jospin : "Il y a une telle volonté de tourner la page au PS..." Le sénateur de l'Essonne Jean-Luc Mélenchon minimise cruellement: "Je ne crois pas une seconde à cette rumeur. Cela signifierait que pour la troisième fois Lionel Jospin deviendrait premier secrétaire [il l'a été de 1981 à 1988 et de 1995 à 1997], il a déjà eu du mal à s'y remettre la deuxième fois... Ce n'est pas un emploi de tout repos, on passe son temps dans les fêtes de la rose, les meetings..."
Alors peut-on imaginer sérieusement un compromis de retour en grâce partiel, à la tête du PS? "C'est absurde", "une plaisanterie", "ceux qui disent cela sont des farfelus", "bons pour faire un tour à Sainte-Anne". La génération montante multiplie les causes de rejets. "La question serait plutôt de savoir pourquoi certains font courir cette rumeur, interroge un expert en détournement. Pour se faire peur? Pour compliquer la situation? Au PS, il y a toujours des esprits tordus." Si c’est lui qui le dit !

En revanche, personne ne conteste que l'ancien chef du gouvernement puisse avoir un rôle à jouer, réel ou symbolique, donc secondaire ! "Celui d'un grand témoin", avance son grand ami Jean Glavany battu à la municipale. "Un observateur attentif", glisse Claude Allègre. Faouzi Lamdaoui, qui ‘cause riche’ en tant que nouveau secrétaire national à l'Egalité, considère qu'il est devenu "une figure tutélaire" qui "représente une forme d'éthique et d'austérité dont nous avons besoin face au 'bling-bling' de Sarkozy". Un rôle "d'influence" que certains jugent déjà "excessif pour un retraité de la politique". De Profundis !

Quid de Bertrand Delanoë, alors ? Lionel Jospin était présent à l'Hôtel de Ville lors de la réélection du maire de Paris. Il participe régulièrement aux déjeuners du mardi qui réunissent une dizaine d'amis de Delanoë: Daniel Vaillant, Jean Glavany, Elisabeth Guigou, Harlem Désir, Jean-Pierre Caffet, Kader Arif...
Pour d'autres, le leader "doté d'une culture et d'une expérience politiques indiscutables" ne correspond pas seulement à Delanoë. "Même Ségolène peut s'y reconnaître", sourit l'un d'entre eux... On a le sens de l’humour au PS…