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vendredi 28 novembre 2014

Hollande a dissimulé le conflit d'intérêts de la famille Kader Arif, accuse Mediapart

Hollande savait qu'une société du frère de Kader Arif travaillait pour lui

La crédibilité de "Moi, président" est ébranlée par une affaire de surfacturation


Le trésorier de campagne de François Hollande a surpayé des prestations de la société du frère de l’ancien secrétaire d’Etat Kader Arif pour la campagne des primaires du Parti Socialiste.
Or, le président Hollande savait depuis trois mois et a délibérément choisi de maintenir son secrétaire d'Etat aux Anciens Combattants jusqu'au 11 novembre, pour l'exfiltrer sans faire de vagues après les commémorations.

L'entourage trouble de François Hollande
Kader Arif, contraint de quitter le gouvernement suite à des soupçons de favoritisme pour l'attribution de marchés publics, aurait fait pression pour que les sociétés de son frères soient préférées, sans appels d'offres, de gré à gré, en dépit de la réglementation. Selon Mediapart, l’entreprise de communication d’Aissa Arif, qui a récemment travaillé pour le ministère de la Défense et la région socialiste Midi-Pyrénées, a également eu droit aux largesses de François Hollande en 2011 et 2012, alors candidat : l’actuel président aurait versé plus de 700 000 euros à AWF Music, l’entreprise du frère de Kader Arif.

Acte I des malversations de François Hollande: les primaire du PS
Entre juillet et octobre 2011, lors des primaires PS, une grosse dizaine de factures ont été réglées à AWF Music par… le micro-parti de François Hollande, "Répondre à gauche". En l'espèce, le montant avoisine les 160.000 euros, selon Mediapart.

Acte II : la campagne des présidentielles de 2012
Toujours selon le site trotskiste d’information, AWF Music a continué de travailler pour François Hollande en 2012, pour des montants allant jusqu’à 550 000 euros. Les prestations sont variées : organisation de meetings, connexions internet…
"Répondre à gauche" était la pompe à fric du candidat socialiste. Ce micro-parti de Hollandiens est un micro-parti, ou "parti de poche", dont les structures associatives de circonstance pouvent servir à contourner légalement la loi sur le financement des partis politiques. Le mardi 10 juillet 2012, Stéphane Le Foll, qui fut le bras droit de François Hollande au PS onze ans durant, continua à réunir les Hollandiens au ministère de l'Agriculture, 80 ministres et parlementaires affichant leurs appétits respectifs, dont Kader Arif. L'agitation ambiante est à la mesure des ambitions de chacun: "Kader Arif, aussi remonté que Stéphane le Foll, prépare la succession de Martin Malvy à la tête de la région Midi-Pyrénées. Il veut se renforcer face au député du Gers Philippe Martin, qui a les mêmes ambitions", raconte un ministre.

Acte III : rupture brutale de contrat, l’Elysée, dans l’embarras, ne fait aucun commentaire
Selon Mediapart, à un mois du premier tour en 2012, l’équipe de campagne de François Hollande décide de rompre ses contrats avec l’entreprise. Une rupture qui va coûter cher, en termes de dédommagement : environ 85.000 euros, non pas réglés par le candidat Hollande, mais … par le Parti Socialiste. Or, cette somme n’a pas été intégrée aux comptes de campagne de François Hollande.Une enquête judiciaire est toujours en cours. L’enquête se focalise également sur une société détenue par un autre membre de la famille de Kader Arif, dont aurait bénéficié la région socialiste de Toulouse. Coût des contrats ? Plus de deux millions d’euros. 
Acte IV : Le Drian avait informé Hollande et Valls en ...août

Quand une enquête préliminaire visant les sociétés du frère de Kader Arif qui ont obtenu les marchés de 2011 et  de 2012 sans appels d'offres entraîne la démission du secrétaire d'Etat, la collaboration a déjà cessé en pleine campagne, affirme Mediapart jeudi. La veille de sa démission, une source judiciaire avait révélé qu'une perquisition avait été menée, dans le cadre de cette enquête, le 6 novembre dans un service du ministère de la Défense.

"Cette entreprise spécialisée dans l'image et le son (...) aurait même dû gagner davantage pendant la campagne (...) Mais à un mois du premier tour, en mars 2012, l'équipe du candidat l'a remerciée en catastrophe après une trentaine de prestations marquées par une coupure d'électricité intempestive ou l'effondrement d'un pupitre", écrit le site d'information en ligne. Pourquoi avoir continué à travailler avec cette société si celle-ci n'avait pas donné satisfaction lors des primaires? "Ils travaillaient pour pas cher, le rapport qualité-prix nous a intéressés", a raconté à Mediapart le trésorier de la campagne présidentielle de Hollande, Jean-Jacques Augier.

Cette fin prématurée de collaboration avec AWF Musique, société créée par Aissa Arif, frère de Kader Arif, aurait donné lieu à un "dédommagement", réglé non pas par le candidat, mais par le PS, après l'élection de François Hollande, selon Mediapart. L'ancien trésorier du PS, le député Régis Juanico, a confirmé au site d'information "avoir décaissé 85.000 euros à ce titre".
L'entourage de François Hollande élude le problème, se bornant à déclarer que "les comptes de campagne du candidat Hollande (ont) été examinés et validés. Il n'y a donc aucun commentaire à faire". 

La presse militante néglige cette affaire d'Etat
Pris dans la nasse, François Hollande et Manuel Valls ne sont pourtant pas inquiétés par la presse. L'affaire a coûté deux millions d’euros de contrats avec une collectivité territoriale, la région Midi-Pyrénées, celle de Martin Malvy et de Kader Arif, où une enquête pour favoritisme est en cours.
Selon le Point, le 6 novembre, les enquêteurs ont aussi découvert une facture de 50.000 euros hors taxe pour diverses prestations datant de 2013, dont une de media training au profit du secrétaire d'Etat de Ayrault, assurées par des entreprises gérées par le frère et les neveux de… Kader Arif.
Le Point confirme les dires de Mediapart: c'est le 22 août que des fonctionnaires du ministère ont retrouvé cette facture. 
Le président de la République et le Premier ministre sont alors alertés. 

Côte à côte Kader Arif et Manuel Valls commémorent la bataille de la Marne, le 12 septembre 2014
Décision est alors prise de se séparer de Kader Arif. Le secrétaire d'État est convoqué. Il prend acte de cette décision le 29 août. Pour ne pas faire de "vagues", il est prévu qu'Arif quittera ses fonctions après les différentes commémorations liées à la Première Guerre mondiale. Après le 11 novembre dans l'Hexagone, le souvenir de 14-18 est aussi commémoré en Australie. Kader Arif a quitté ses fonctions vendredi 21 novembre, rejoignant la longue liste des ministres salissants écartés - Jérôme Cahuzac et Thomas Thévenoud, en passant par Yamina Benguigui et aussi le conseiller Aquilino Morelle -  en  seulement deux ans.


Une situation d’autant plus gênante que le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, ministre de tutelle de Kader Arif, a été alerté dès le 22 août 2014 par ses services de l’existence du contrat. Manuel Valls et François Hollande ont été informés dans la foulée.

Mais Kader Arif a démissionné trois mois plus tard, sous l'effet des révélations de la presse.
Pour Mathieu Magnaudeix, journaliste à Mediapart et co-auteur des révélations sur Kader Arif, le cas de Kader Arif n’a pas été aussi bien et aussi vite géré que le prétendent des responsables socialistes :

Ce jeudi, Mediapart souligne que François Hollande a accepté d'avoir recours à une société gérée par des proches de Kader Arif, alors que lui-même est un ami intime de François Hollande. Mathieu Magnaudeix pose la question : " Est-ce que Kader Arif a beaucoup insisté pour que ses proches travaillent pendant la campagne ?" 




La rupture du contrat entre François Hollande et AWF Music par François Hollande en pleine campagne présidentielle, à un mois du premier tour, soulève aussi la question du paiement du dédommagement de 85.000 euros non pas par l’association de financement de la campagne de François Hollande "Réponse à gauche" gérée par un autre ministre, Stéphane Le Foll, mais par le Parti socialiste.

Le journaliste de Mediapart se refuse à toute analogie avec l'affaire Bygmalion

Sept mises en examen dans l'affaire Bygmalion; aucune dans l'affaire Arif...

Acte V : La question de l'indépendance de la justice va-t-elle à nouveau se poser ?
Outre les conflits d'intérêts présumés frappant le membre des gouvernements Ayrault et Valls, peut-on parler de surfacturation dans le cas présent de prestations de faible qualité ?
Y a-t-il eu tromperie de la Commission nationale des comptes de campagnes et des financements politiques (CNCCFP) par le candidat Hollande ?

jeudi 27 novembre 2014

Hollande et Valls impliqués dans les nouveaux soupçons contre Kader Arif

Hollande et Valls auraient été au courant de tout

"Moi, président..." se serait encore mis dans de mauvais draps


La liste des ministres limogés ou démissionnaires depuis le début du quinquennat de François Hollande s'est encore allongée vendredi avec la démission forcée du secrétaire d'État aux Anciens combattants Kader Arif, soupçonné de favoritisme dans l'attribution marchés publics, pendant la primaire socialiste de 2011 en travaillant pour le micro-parti du futur président, "Répondre à gauche", et lors de la présidentielle de 2012. 


Avant lui, d'autres "présumés innocents", Cahuzac, le ministre du Budget, qui niait toute fraude fiscale "les yeux dans les yeux", Thévenoud, le "phobique administratif", et aussi Aquilino Morelle, le "bling-bling" de l'Elysée aux frais de la République, ont dû abandonner leurs fonctions. Le numéro 2 de l'Elysée, Jean-Pierre Jouyet, est au centre d'une méchante affaire de diffamation, mais le bras droit du président est en revanche maintenu.

VOIR et ENTENDRE Jérôme Guedj, qui dénonce la pression" mise sur Arif, parle de "vertu républicaine" et veut voir dans la démission du secrétaire d'Etat Arif une "décision honorable et respectable": 

2 millions d'euros de prestations à des entreprises dirigées par des parent du membre des gouvernements de Hollande. La veille de sa démission, une source judiciaire avait révélé qu’une perquisition avait été menée, dans le cadre de cette enquête, le 6 novembre dans un service du ministère de la Défense.
"Je crois que le mieux c'est de faire que cela se passe avec transparence, mais en même temps avec beaucoup de sérénité" disait-il le 11 septembre, "je ne suis pas concerné moi par cette affaire", ajoutait-il, les yeux dans les yeux, devant la caméra de France 2.


Le démis assure avoir démissionné "par respect pour la fonction ministérielle".
 Une perquisition avait en effet été menée par la police judiciaire dans les locaux de la sous-direction des achats du ministère de la Défense dans le cadre d'une enquête préliminaire sur des marchés publics attribués à deux sociétés dirigées notamment par son frère puis par ses neveux.
"Cette entreprise spécialisée dans l'image et le son (...) aurait même dû gagner davantage pendant la campagne (...) Mais à un mois du premier tour, en mars 2012, l'équipe du candidat l'a remerciée en catastrophe après une trentaine de prestations marquées par une coupure d'électricité intempestive ou l'effondrement d'un pupitre", écrit le site d'information en ligne.
Le candidat Hollande pouvait-il tout ignorer de ce conflit d'intérêts ?

Hollande aurait agi vite pour limiter la casse médiatique
Le secrétaire d'État lui a avoué dans son bureau à l’Élysée, jeudi 20 novembre, qu'il était cité dans une enquête préliminaire sur des marchés passés par le Conseil régional des Midi-Pyrénées et une société dont les associés sont des membres de sa famille.


Il a été immédiatement décidé que Kader Arif devait démissionner. Selon l'entourage du Président, il fallait rapidement couper court au déferlement médiatique et éviter de mettre le gouvernement en mauvaise posture. François Hollande n'a pas voulu voir s'installer un nouveau feuilleton, alors que l'affaire Jouyet est encore omniprésente. François Hollande a été exceptionnellement expéditif à l'encontre de son ami K. Arif. 

La journaliste de France 2 Maryse Burgot donne son analyse:



La journaliste participe-t-elle au désamorçage en détournant l'attention de ce qui a  pu contraindre le président à agir vite: la peur de Hollande que la presse remonte jusqu'à lui ?

AWF Music avait été initialement chargée des petits meetings du candidat Hollande. 

"Mais à un mois du premier tour, en mars 2012, l'équipe du candidat l'a remerciée en catastrophe, après une trentaine de prestations [...] d'une qualité jugée insuffisante", explique Mediapart. "Cette entreprise spécialisée dans l’image et le son (...) aurait même dû gagner davantage pendant la campagne (...) Mais à un mois du premier tour, en mars 2012, l’équipe du candidat l’a remerciée en catastrophe après une trentaine de prestations marquées par une coupure d’électricité intempestive ou l’effondrement d’un pupitre", écrit le site d’information en ligne.
L'insistance pour affirmer que c'est  le Parti socialiste, et non François Hollande, qui aurait alors versé un "dédommagement" à la société du frère de Kader Arif. Régis Juanico, trésorier du PS à l'époque, a concédé avoir budgété 85.000 euros à cet effet, a mis la puce à l'oreille de la presse d'investigation.
Interrogé par Mediapart, un ancien responsable de campagne charge Kader Arif : "Il ne peut pas y avoir de favoritisme au sens pénal du terme puisqu'un candidat est absolument libre de choisir ses prestataires. Mais il n'est pas impossible que Kader ait un peu forcé le passage." Kader Arif se serait donc plaint auprès du président qu'on lui fait porter seul le chapeau et Hollande l'aurait congédié comme un malpropre pour se tenir plus blanc que blanc. Mais si les parents du secrétaire d'Etat ont profité de l'entremise de Kader Arif, la famille n'est pas seule en cause.

Mais 
Kader Arif serait inquiété par une autre affaire, à Paris


Les affaires de favoritisme qui inquiètent l'ex-secrétaire d'État de Hollande et Ayrault, puis Valls s'étendent jusqu'à Paris, croit savoir le "Journal du Dimanche". Il rapporte que l'explication "a été houleuse" entre Kader Arif et François Hollande, qui a du quitter prématurément la remise des prix de la Fondation Chirac. Le secrétaire d'État reprochait au président de la République de ne pas le couvrir comme il le fait pour Jouyet.

Une enquête en Midi-Pyrénées, une autre à Paris ?
Mediapart, le site trotskiste d'information, a épluché les factures de la société du frère de l'ex-secrétaire d'État aux Anciens Combattants, AWF Music, visée par une enquête préliminaire. "Les sociétés d'événementiel pilotées par le frère et les neveux du secrétaire d'État démissionnaire ne se sont pas contentées de contrats juteux avec le conseil régional du Midi-Pyrénées et le ministère de la Défense", expliquent les journalistes Mathieu Magnaudeix et Mathilde Mathieu. 
Le Journal du Dimanche révèle que l'enquête ne porterait pas seulement sur des contrats attribués en Midi-Pyrénées à deux sociétés successives d'organisation de spectacles, dirigées notamment par le frère de Kader Arif puis par ses neveux,  ont pu bénéficier de favoritisme pour remporter deux marchés publics pluriannuels d'un montant de plusieurs millions d'euros, mais aussi sur "un contrat de conseil de 53.000 euros signé entre l'une de ces sociétés, AWF, et son secrétariat d'État".  
L'ex-secrétaire d'État aux Anciens Combattants a annoncé avoir démissionné de son poste "par respect pour la politique mémorielle que j'ai conduite et pour le monde combattant que j'ai servi avec fierté et conviction, je fais le choix, en responsabilité, de quitter le poste que j'ai eu l'honneur d'occuper pendant deux ans et demi".
L’entourage de François Hollande s’est borné à déclarer que "les comptes de campagne du candidat Hollande (ont) été examinés et validés. Il n’y a donc aucun commentaire à faire".

Hollande et Valls dans la nasse



Pourquoi avoir continué à travailler avec ces sociétés si celles-ci n’avaient pas donné satisfaction lors des primaires ? "Ils travaillaient pour pas cher, le rapport qualité-prix nous a intéressés", a raconté le trésorier de la campagne présidentielle de Hollande, Jean-Jacques Augier, à Mediapart. 
AWF Music et AWF ont remporté les appels d'offres de la Région pour deux contrats de quatre ans, respectivement en 2009, puis 2014. Les deux sociétés, spécialisées dans la sonorisation et l'éclairage d'événements publics, ont d'ores et déjà empoché deux millions d'euros pour leurs prestations.  


Le président socialiste de Midi-Pyrénées, Martin Malvy, avait démenti vigoureusement ces mises en cause par l'opposition de droite au Conseil régional.

Le Premier ministre avait pris l'affaire de haut 
Entre autres vertueux, Manuel Valls avait fait la leçon aux indignés.

Hollande, l
e président de l'exemplarité, va-t-il pouvoir 
refuser longtemps encore de communiquer ?
Le chef de l'État peut désormais être destitué...



mercredi 26 novembre 2014

Hollande en campagne a réglé 700.000 euros à la société des proches de Kader Arif

Mediapart porte le pet sur les agissements de la bande à Hollande

Encore une amitié encombrante de Hollande
L’amitié de Kader Arif devient de plus en plus embarrassante pour François Hollande. Les contrats juteux avec le Conseil régional de Midi-Pyrénées de Martin Malvy et le ministère de la Défense de Jean-Yves Le Drian ne sont pas les seuls entachés du soupçon de favoritisme visés par une enquête préliminaire sur  sociétés d’événementiel pilotées par le frère et les neveux du secrétaire d’État démissionnaire. D’après des informations recueillies par Mediapart, la première d’entre elles, AWF Music, a aussi encaissé plus de 700 000 euros du candidat Hollande.
Cette entreprise du frère de Kader Arif, spécialisée dans l’image et le son,  a travaillé pour le candidat Hollande pendant la primaire socialiste de 2011 et la présidentielle de 2012 et  pour environ 700.000 euros, d'après des factures livrées à Mediapart. 
La collaboration a été brutalement interrompue à un mois du premier tour. En compensation, le PS aurait versé un "dédommagement" à l'entreprise.

Un chauffeur algérien qui a bien su prendre l'ascenseur social

Fils de harki débarqué en France à l’âge de 3 ans, ancien rugbyman (talonneur au Castres Olympique au début des années 80), Abdelkader Arif est entré au parti socialiste en 1983 où Lionel Jospin alors conseiller général de Haute-Garonne et premier secrétaire du Parti socialiste mise en 1987 sur ce militant de la diversité au crâne rasé et lui fait grimper tous les échelons à Toulouse jusqu'à lui confier la fédération de la Haute-Garonne, une des plus grosses de France, de 1999 à fin 2008. "Je ne suis pas le représentant d'une communauté: c'est d'abord l'appartenance à une classe sociale qui compte, le fait d'être immigré ajoute à la difficulté", assure Arif. Il est toutefois l'un des fondateurs et le vice-président de l'association France plus dès 1983. 

Ce fils d'ouvriers harkis illettrés construit lui-même sa réputation de détermination, expliquant : " J'avais la rage au ventre, une envie de donner toute mon énergie, un besoin d'appartenance à la République et de reconnaissance citoyenne". 

Lorsqu'il est conseiller général de Cintegabelle à partir de 1988, Jospin en fait un chargé de mission, en réalité, son chauffeur. A la fin des années 1990 Arif travaillait à la faculté du Mirail, pour l'université qui lui délivra en 1999 une maîtrise-maison en communication. Après la défaite de Jospin, le 21 avril 2002, Kader Arif renvoie l'ascenseur à l'ancien Premier ministre, lui permettant de renouer pour la première fois avec la vie politique, lors d'un meeting  à Toulouse au cours de sa campagne pour les élections européennes de juin 2004. Député européen du grand Sud-Ouest depuis 2004, Abdelkader Arif a aussi fait partie des rares socialistes à plaider à l'été 2006 pour une candidature Jospin à la présidentielle de 2007.
Depuis les instances dirigeantes du PS dont il fait partie depuis 2000, Arif a toujours été proche d'un autre disciple de Lionel Jospin, François Hollande, premier secrétaire de 1997 à 2008. Après les déboires de Hollande face à Ségolène Royal en 2007 et ceux de Dominique Strauss-Kahn qui devait se porter candidat à l'Elysée, il se tient auprès de Hollande dans son cheminement vers la présidence de la République. Arif fait figure de hollandien de la première heure. "Hollande incarne le rêve français, qui consiste à dire à chacun, quelle que soit son origine, qu'il appartient à une nation commune", déclare-t-il opportunément.


Kader Arif mêle aussi le sens des affaires et esprit de famille 

P
arallèlement à sa vie politique, l'ancien chauffeur et homme fort du PS de Toulouse, Arif partage  depuis 1998, avec son frère Aissa la société immobilière AA (comme Abdelkader et Aissa, leurs deux prénoms), dont il indique dans sa déclaration de patrimoine qu’elle " ne détient aucun bien". 

Or, la société du frère de l’ancien secrétaire d’Etat Kader Arif a travaillé 
pour la campagne présidentielle 
de François Hollande.
 Une activité familial qui vaut aujourd’hui à ce proche de François Hollande, la perte de son poste de secrétaire d’Etat chargé des Anciens Combattants. Car son frère Aissa, Nathalie, l’épouse de ce dernier, et leurs deux fils Nassim et Idriss sont sous le coup d’une " enquête préliminaire" du nouveau Parquet général financier, soupçonnés de favoritisme lors de l’obtention de marchés publics. 

Le dossier de conflit d'intérêts est sensible. 
AWF Music et AWF, les deux sociétés d’audiovisuel d’Aissa Arif et de ses enfants, ont décroché plus de 2 millions d’euros de contrats au Conseil régional Midi-Pyrénées à majorité socialiste, dans le fief de l’ex-secrétaire d’Etat.


AWF Music a ainsi participé à l’organisation de plus d’une vingtaine de meetings de l'actuel président de la République, lors des primaires du Parti socialiste, puis pendant sa campagne présidentielle de 2012. 
Et le président Hollande a pourtant maintenu Kader Arif à son poste aux Anciens Combattants dans tous les gouvernements Ayrault I et II, puis Valls I et II...

jeudi 21 février 2013

Otages au Cameoun: le scandale de l'annonce gouvernementale intempestive

Un sous-ministre annonce la libération de la famille d'otages

L'AFP désinforme en titrant : "Cameroun: Paris dément la libération des otages français enlevés mardi"

Prise en otage de 7 Français au Cameroun:
Hollande fait porter ses soupçons 
sur la secte Boko Haram
(au centre, son leader, Abubakar Shekau)

Il s'agit de trois adultes et quatre enfants âgés de 5 à 12 ans, des expatriés en vacances dans le nord du Cameroun, qui ont été enlevés mardi par des hommes à moto qui les ont emmenés ensuite vers le Nigeria voisin et dont on est sans nouvelles.

Froidement, l'AFP tient les comptes: il s'agit du "premier enlèvement de Français depuis le début de la guerre lancée par la France le 11 janvier au Mali" pour déloger des groupes islamiques armés qui occupaient le nord du pays. L'agence établit clairement une relation de cause à effets entre l'intervention du  Hollande, "chef de guerre" contre des pickups et des mobylettes et le kidnapping : sur quelle base ?

A la vérité, l'agence de presse française couvre l'impardonnable bévue du  sous-ministre qui, dans la précipitation, a en effet commencé par clamer leur libération à l'Assemblée nationale, sur la foi d'une dépêche de presse hasardeuse.

L'AFP se fait l'écho du rectificatif des services de Fabius: "Le Quai d'Orsay dément l'information selon laquelle les otages français seraient libérés", a indiqué le ministère dans un communiqué. 

L'AFP vante la gestion du scandale par le ministère des Affaires étrangères: "Auparavant, le porte-parole adjoint du Quai d'Orsay, Vincent Floreani, avait mis en garde contre 'toute information prématurée' ". Surtout quand elle est issue de ses rangs.

L'AFP met en cause ses propres sources : "Au Nigeria, le porte-parole de la Défense, Mohammed Yerima, a lui aussi démenti toute libération. 'C'est faux. Nous ne savons même pas où ils sont' ", a-t-il déclaré.

L'AFP accuse un officier supérieur de l'armée camerounaise: il "avait annoncé jeudi matin que les sept otages, membres d'une même famille, avaient été libérés et étaient "sains et saufs", "aux mains des autorités nigérianes". "Ils ont été retrouvés abandonnés dans une maison dans la localité de Dikwa", à une centaine de km de la frontière camerounaise, avait-il affirmé."

L'AFP pointe du doigt le chaos à Yaoundé : " Mais le ministre camerounais de la Communication, Issa Tchiroma Bakary, avait ensuite démenti la libération de la famille, qualifiant l'information de "folle rumeur"."

Mais l'AFP occulte la précipitation et l'amateurisme du gouvernement

VOIR et ENTENDRE la scène de l'annonce par le ministre délégué présent à l'Assemblée nationale :
L'agence de presse tente de déculpabiliser le gouvernement Ayrault
" Pour ajouter à la confusion, le ministre délégué français des Anciens combattants, Kader Arif, avait confirmé la libération des otages avant de se rétracter." Le sous-ministre aurait été abusé ! Cet homme de confiance de Ayrault s'est rendu coupable de précipitation, mais l'AFP glisse sur sa responsabilité dans l'officialisation de ce qui aurait dû rester une rumeur, par respect pour la douleur des familles. Pas un mot de compassion de l'agence de presse qui fait profil bas, mais n'assume pas sa responsabilité.

La chaîne d'information pro-gouvernementale i-télé livre le démenti -en des termes impersonnels- du ministère:
Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo

Une certaine confusion ou une confusion certaine ?

i-télé stigmatise l'AFP qui, avec une incroyable légèreté, se contente d'une seule source non recoupée.

VOIR et ENTENDRE le commentaire d'Olivier Ravanello, spécialiste des questions internationales de i>télé:
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Kader Arif s'est précipité pour diffuser l'information AFP reçue sur son portable dans l'hémicycle...

Bien qu'en tant que ministre délégué aux Anciens combattants, il ne soit pas habilité sur le sujet, l'ancien député européen PS né en Algérie  fait le buzz, au mépris des sentiments des proches des otages.