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samedi 19 octobre 2019

Une musulmane sur trois est voilée en France, révèle Castaner

"30% des femmes musulmanes portent le voile" en France ?

L'exécutif dispose de plus de statistiques qu'il ne veut bien le dire
La loi du 11 octobre 2010 interdit la dissimulation du visage

Elles sont voilées pour passer inaperçue en milieu européen : une gageure ! 
Et pour ne pas exciter la concupiscence des hommes, tous lubriques: sexisme ?

Lors de l’émission 'Vous avez la parole' sur France 2, diffusée jeudi soirChristophe Castaner et l’ancienne journaliste de Charlie Hebdo Zineb El Rhazoui ont estimé qu'en France "à peu près 30% des femmes musulmanes décident de porter le voile". Mais le décident-elles ? Et librement ? 
Au delà de cette nuance importante, ce taux grandissant correspond à celui calculé par l'Institut Montaigne dans un rapport datant de 2016. "Je pense qu’aujourd’hui il y a, à peu près, 30% des femmes musulmanes qui décident de porter le voile." 
On observe que les plus âgées d'entre elles, qu'on a pu côtoyer habillées à l'européenne, se sont alignées sur la tendance actuelle, plus rigoriste. Toujours librement...

Ce même chiffre a été repris par Marlène Schiappa, la ministre secrétaire d'Etat chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes (dans l'ordre d'égalité!) et de la lutte contre les discriminations, le 18 octobre sur LCI. "Il peut y avoir plusieurs sens. Ça peut être la manifestation d'une foi : il a été rappelé hier que ça concerne environ 30% des femmes musulmanes en France. Ça peut aussi avoir un sens lié à de l'islam politique", a-t-elle explicité.

Transparents à l'instar des journalistes, ces acteurs politiques ne citent pas leur source
C'était ça ou le pantalon. Mais ça ne suffit plus...
Mais ce pourcentage de femmes voilées en France est connu pour être celui du rapport 'Un islam français est possible', rendu par un ancien de la banque Rothschild, le géographe et ex-président de l’Institut des cultures d’islam, Hakim El Karoui (Young Mediterranean Leaders) et publié par l’Institut Montaigne, en partenariat avec l’institut de sondage Ifop et affichée en Une du JDD, il y a déjà trois ans, en septembre 2016, et correspondant à la période d'étude datant de quatre. A l'époque, la presse intéressée à l'opacité de l'information s'inquiéta de que cette publication - qui se voulait un moyen de "se préparer à répondre aux polémiques venues de tous les camps tant cette question est sensible, complexe et sujette à manipulation en ces temps de campagne électorale" pour "construire un islam français", selon l’auteur de l’enquête, - puisse au final fournir les armes d'une relance des débats sur les statistiques basées sur la religion, et risquer de stigmatiser une population, à contresens des ambitions affichées par l’étude. Depuis quatre ans, la montée de l'islamisation en France a rendu cette étude obsolète : elle sert encore de base toutefois à la contradiction de la gauche qui tente de minimiser les chiffres et de banaliser le phénomène. 

Après avoir interrogé (aidé par l’Ifop) un échantillon de 499 femmes "de culture musulmane" (c’est-à-dire des femmes se déclarant musulmanes ou qui ne se déclarent pas comme telles, mais dont l’un des parents au moins est musulman), le think tank notait que "la pratique sociale la plus répandue reste le non-port du voile. Ainsi, les deux tiers des femmes de culture musulmane déclarent ne pas porter le voile. 57% déclarent ne l’avoir jamais porté et 8% déclarent l’avoir déjà porté, mais ne plus le faire aujourd’hui". 
L’étude détaillait ensuite les 35% de femmes qui déclarent porter le voile de manière constante ou épisodique : "23% des femmes déclarent "toujours" porter le voile ; 7 % déclarent le porter sauf sur le lieu de travail ou d’étude ; 5% déclarent le porter "rarement"."

En septembre 2016, Libération pointait "une enquête 'pionnière' mais limitée" 
Cette enquête visait à "mieux connaître les musulmans", "afin d’être à même ensuite de proposer des solutions susceptibles d’accélérer la sereine insertion de la majorité silencieuse, mais aussi des mesures destinées à combattre le fondamentalisme, tout en ramenant le plus grand nombre possible de musulmans tentés par l’intégrisme vers des croyances et des idées en phase avec les valeurs républicaines." Que disait cette l’enquête qui préoccupait la gauche ? 

Selon l’Institut Montaigne, les musulmans comptent pour 5,6% des habitants de... métropole. Soit un pourcentage "moins important que ne l’avancent bon nombre de chiffres fantaisistes", souligne Hakim El Karoui qui détourne les yeux des Françaises de l'Outre-Mer... Ce chiffre grimpe à 10% dans la catégorie des moins de 25 ans. Signe, selon le think tank, de "la prégnance croissante de la seconde religion du pays auprès des jeunes générations". Autre information sur le profil démographique des personnes se déclarant musulmanes : elles ont en grande majorité (72%) deux parents également musulmans. La transmission religieuse familiale joue donc fortement, là où les conversions restent minoritaires (ils sont néanmoins 7,5% à n’avoir aucun parent musulman). Autres enseignements : trois musulmans sur quatre sont Français (dont 50% de naissance). 30% ne fréquentent jamais la mosquée et 60% ont "un rapport distancié ou inexistant aux lieux de culte".

Résultat de recherche d'images pour "femmes voilees en France"En déclarant qu’en France, "à peu près 30% des femmes musulmanes décident de porter le voile", le ministre de l’Intérieur reste dans l’ordre de grandeur des estimations de l’Institut Montaigne, une étude critiquée pour sa méthodologie.

Si les résultats de l’étude de l’Institut Montaigne ont été largement diffusés par les media et les personnalités politiques, la gauche la dénonce, notamment sur le terrain de la méthodologie. Dans une tribune parue dans... Le Monde, le socio-démographe et directeur de recherche à l’Institut national d’études démographiques (Ined) Patrick Simon -co-coordinateur d'une enquête centrée sur les processus  de discrimination des immigrés et de leurs descendants en France - considérait l’étude comme "entachée d’approximations et d’opacité méthodologique", car "pour identifier les personnes musulmanes, l’Ifop a exploité un panel de 15.459 personnes où la question de la religion est posée pour tirer un échantillon de 874 musulmans et 155 personnes "de culture musulmane". Il contestait aussi la prise en compte des 155 non-musulmans issus de familles musulmanes. Une intégration pourtant susceptible d'abaisser les taux. L'Institut Montaigne consacrait un graphique à ces 155 personnes de culture musulmane qui ne se définissent donc pas comme musulmanes. Parmi ces 155 personnes dont au moins un parent est musulman, 10% avaient un "profil religieux" de "sans religion", 3,4% de "chrétien" et 84,9% de "musulman". Soit des personnes qui ne revendiquent pas comme étant musulmans, mais qui ont un profil religieux de musulmans. Difficile à comprendre de ceux et celles que l'intégration des Français de milieu musulman dérange.

Résultat de recherche d'images pour "manifestation musulmanes contre education sexuelle ecole"
Quand les petites musulmanes sont
retirées de l'école de la République
Un autre reproche formulé ["Les musulmans imaginaires de l’Institut Montaigne", dans Mediapart, ce qui semble un détail subalterne à Libération] par la militante féministe (revendiquée, ce que Libération occulte) antiraciste Mélusine 2 était celui de la représentativité. Son avis partisan ne vaut que pour information, en terme de pluralisme, mais sujet à caution du fait de ses partis-pris. Ainsi, bizarrement, les minorités ne la concernent pas ici. Selon elle, donc, si les 15.459 personnes sont bien représentatives de la société française, qu’en est-il des 874 musulmans ? Dans une note de blog, elle estimait que "rien n’assure que ce sous-échantillon [comme on parle de "sous-chiens" (souchiens)], extrait d’un échantillon plus grand réalisé par la méthode des quotas, soit lui-même représentatif de la population qui intéresse les auteurs du rapport – c’est-à-dire des musulmans de quinze ans et plus vivant en France". L'enquête ne le prétend pas : elle intègre tous les cas de figure, sans discriminations, quand notre féministe antiraciste choisie par Libération tendrait à faire croire que les femmes voilées dans notre paysage quotidien serait un mirage dans le désert... 

L’auteur distingue "deux réalités très différentes"
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"Une majorité silencieuse, très souvent pratiquante mais sans conflit majeur avec les normes de la société française, d’une part ; une minorité, attirée par le fondamentalisme, qui utilise l’islam pour dire sa révolte, d’autre part." Si ce n'est son objectif de prise du pouvoir, comme l'indique l'apparition de listes communautaristes aux municipales de mars 2020, après l'infiltration du tissu associatif, suivie de la création d'un réseau d'associations musulmanes. 
Mais, entre les deux, les chiffres mettent surtout en lumière une grande diversité de situations, notamment sur la question du port du voile (du foulard au niqab) : 65% des hommes musulmans – de religion ou de culture – se déclarent favorables au fait de le porter. 24% se disent également favorables au principe du port du voile intégral, même le niqab, le plus couvrant : il ne laisse apparaître que le regard. 

Le port du voile n'est qu'un indicateur parmi d'autres. 
Les résultats montrent par ailleurs que les femmes - interrogées par téléphone entre le 13 avril au 23 mai 2016, dans leur milieu familial - y seraient plus attachées que les hommes : le port du voile est approuvé ou préconisé par trois hommes musulmans sur quatre : il n'est rejeté que par 26% des hommes et seulement par 18% des femmes. Rien d'étonnant donc à ce que l'institut Montaigne, Castaner et Schiappa s'accordent pour évaluer à 30% le nombre des musulmanes soumises à cette pratique. 
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Ce qui hérisse les féministes. Pourtant, approbation ne signifie pas nécessairement usage, puisque, précise l’enquête de 2016, "la pratique sociale la plus répandue reste le non-port du voile". Ainsi, il y a quatre ans, les deux tiers des femmes de culture musulmane déclaraient ne pas le porter. Et 57% ne l’avoir jamais porté. Même chose sur la question de la mixité : s’ils sont une écrasante majorité, plus de 92% de répondants (hommes et femmes confondus), à accepter de se faire soigner par un médecin de sexe opposé, 30%, en revanche, ne feraient pas la bise à une personne du sexe opposé et 33% refusent de se rendre dans une piscine mixte.

Qu'en est-il en 2019, quatre années plus tard ? 
A l'époque, le think tank admettait que "les enseignements qu’elle [l'enquête] indique reflètent un état de l’opinion à l’instant de sa réalisation et non pas une prédiction". 
Ensuite, la marge d’erreur moyenne est d’environ 3% pour un sondage effectué auprès d’un échantillon de 1.000 personnes. Elle s’élève même à entre 6 et 8% pour l’analyse d’un sous-groupe de ce même échantillon. L’écart peut donc être significatif. Ainsi quand l’enquête établit que 28% des femmes musulmanes – de religion ou de culture — acceptent le voile intégral - signe d'une radicalisation affichée - ce chiffre peut en fait osciller entre 20% et 36%. D’où la prudence de l’Institut Montaigne qui évoque "une première analyse exploratoire (e "pionnière"), qui devra être précisée et affinée ultérieurement" et la possibilité forte que ces chiffres soient actuellement dépassés. 

D'où la montée au créneau de la gauche partisane du port du voile hors de la sphère publique

Les gauches internationaliste, communautariste et anarchiste ont aussitôt craint la récupération de ces informations pour combattre leurs idéologies. Plutôt que d'éclairer leur jugement, elles ont vilipendé cette enquête exploitée par des personnalités de droite également extrême  contre "l’islam politique". Le port du foulard est déjà un signe distinctif et discriminant la population majoritaire, mais le voile islamique est par essence anti-républicain, en ce qu'il est un choix du Coran et de la charia contre loi républicaine.

Des responsables  de droite ont pallié l'absence de vigilance de la gauche
Sur Europe 1, le candidat François Fillon a ainsi alerté "qu’un tiers des musulmans français sont radicalisés ou en voie de radicalisation, et que cela augmente"
Même mise en garde chez la députée FN Marion Maréchal-Le Pen, qui fait état du chiffre de "28% de radicaux", mais en gardant pour hypothèse (controversée: cf. ci-dessous) qu’il y aurait 6 millions de musulmans en France, alors que les données de l'enquête de 2016 adoptent une estimation basse de 3 millions - aujourd'hui encore plus invraisemblable -  de ceux de 15 ans et plus vivant en... Métropole.
La fourchette des estimations va en fait de 4,1 millions (selon l'Observatoire de la laïcité en 2019) à 8,4 millions de musulmans en France (estimation du professeur au Collège de France élu à la chaire 'Migrations et sociétés', François Héran, en 2017) en fonction des méthodes de calcul retenues pour les estimations. L'INED et l'Insee comptent  en outre 70.000 à 110.000 convertis.
Mayotte fait partie de la France et environ 95 % de la population mahoraise (260.000) est musulmane. Outre la centaine de musulmans antillais du Val-d'Oise où  l'AMA (Association Musulmane Antillaise) a son siège, la Martinique possède sa première mosquée depuis 2013 et la population de confession musulmane est estimée à près de 3.000). Pour certains, l’islam serait apparu sur l’île dans les années 70, mais d'autres sources affirment que les premiers musulmans martiniquais, arrivés dans les années 30, seraient Palestiniens pour la plupart. 


"28% de radicaux ? Si il y a 6 millions de musulmans en France cela fait 1,5 million !"



Image associéeL’étude de référence permet à certains un distinguo subtile (et hautement manipulateur) entre les "radicalisés" et musulmans ayant "des attitudes autoritaires" et les "sécessionnistes", lesquels useraient  l’islam pour "signifier leur révolte" dans l'islamisme politique et sa branche armée terroriste. On aurait de "gentils radicalisés" et de "méchants islamistes" que les fachos tenteraient d'amalgamer.

Libération interdit ainsi de soupçonner les premiers d'être des "terroristes potentiels". Qu'ont-ils fait de leurs chevaux de bataille, casaque rouge et toque noire, vigilance et prévention ?

"Une étude révèle qui ils sont, ce qu’ils pensent et comment ils vivent".
C'est en ces termes que Elodie Hervé - une voix autorisée ? - confie son malaise: selon cette journaliste indépendante, l'enquête contribue à présenter les musulmans comme des citoyens à part.
Les obscurantistes font le procès de la connaissance.

mardi 20 septembre 2016

Institut Montaigne: pourquoi son estimation a minima du nombre de musulmans en France ?

Ce think tank remet en cause son expertise sur les enjeux de politiques publiques à long terme

L'Institut Montaigne a fondé sur une enquête discutable de l’IFOP son étude des musulmans en France
 
Moins nombreux et plus visibles six ans plus tard ?
Grâce à des questions filtres sur la religion des enquêtés et celles de leurs parents, un échantillon de 1029 personnes musulmanes a été ainsi établi. Or, s'ils permettent de garantir à peu près la représentativité sur ces critères, les quotas d'âge, sexe, nationalité, etc... n'assurent pas la représentativité selon la religion, objecte Michèle Tribalat, démographe, chercheuse à l'Institut national d'études démographiques (INED) depuis 1976, spécialisée dans le domaine de l'immigration et de l'islam, que le site Atlantico a interrogée. Michèle Tribalat et le démographe Hervé Le Bras, chouchou des media s'opposent régulièrement sur les statistiques ethniques. Dans son ouvrage "Les Yeux grands fermés", Michèle Tribalat se montre critique vis-à-vis de l'attitude de l'État français face au décompte de l'immigration, le solde migratoire ne représentant pas, selon elle, la réalité de la présence étrangère en France. Elle met en doute notamment l'apport de l'immigration à la croissance économique, l'intégration réelle des étrangers au tissu social des pays d'accueil.

Atlantico : Dans son rapport sur les musulmans de France [ou en France !] publié en exclusivité par le JDD, l'Institut Montaigne avance qu'il y a entre 3 et 4 millions [approximativement] de musulmans en France. Ces derniers représenteraient par ailleurs 5,6% des plus de 15 ans. Ces estimations vous semblent-elles correctes ?
Michèle Tribalat : L’enquête de l’IFOP [et le JDD] réalisée pour l’Institut Montaigne a été conduite auprès de personnes âgées de 15 ans ou plus. Très prudemment, nulle part dans le rapport de l’Institut Montaigne, il n’est écrit qu’il y a entre 3 et 4 millions de musulmans. Seul le pourcentage de 5,6 % est cité et 5,6 % de la population de France métropolitaine de cet âge correspond exactement à 3 millions. Je suppose que l’on a extrapolé, sans trop savoir comment, aux plus jeunes (moins de 15 ans), ce qui a donné cette fourchette incroyable : entre 3 et 4 millions.

Ces chiffres sont très en-dessous d’estimations plus fiables. J’avais estimé, à partir de l’enquête Teo de 2008, dans laquelle on demandait la religion, à 4,2 millions le nombre de musulmans. Le tableau de l’accroissement en 2008 (à partir de l’estimation des naissances, des décès et du solde migratoire) m’avait amenée à écrire que les 5 millions seraient franchis autour de 2014. Imagine-t-on, compte tenu des flux migratoires et de l’accroissement naturel, que le nombre de musulmans a diminué depuis 2008 ? Les musulmans se seraient-ils mis à quitter en masse leur religion ces dernières années ?

Sur quelles bases ces estimations ont-elles été faites ? 

En fait, l’enquête IFOP est une enquête par quotas auprès d’un peu plus de 15. 459 personnes, réalisée sur une quarantaine de jours entre le 13 avril 2016 et le 23 mai 2016. Grâce à des questions filtres sur la religion des enquêtés et celles de leurs parents, un échantillon de 1029 personnes musulmanes ou ayant au moins un parent musulman (dont 874 se déclarant musulmanes) a été ainsi établi. Les quotas - âge, sexe, CS, nationalité, région, taille d’unité urbaine - permettent de garantir à peu près la représentativité sur ces critères et non sur d’autres critères. La représentativité selon la religion n’est ainsi pas assurée. Il est d’ailleurs vraisemblable que l’enquête de l’IFOP n’a pas touché la population musulmane en proportion comme elle l’aurait dû. 
Il n’est pas sûr non plus qu’elle ne souffre pas de biais d’observation. Rappelons que les estimations réalisées précédemment par l’IFOP en 2005-2009 et en 2008-2011 donnaient une proportion légèrement plus élevée de musulmans (5,8 % dans les deux cas).

L’enquête Teo, réalisée de manière aléatoire (tirage au hasard) par l’INED et l’INSEE en 2008 auprès de personnes âgées de 18-50 ans, est un outil plus fiable. Elle comprenait un échantillon d’un peu plus de 5.000 musulmans. Les informations recueillies sur les enfants ont permis de compléter la pyramide des âges, par le bas. Restait à estimer les plus de 50 ans. Je l’ai fait. L’équipe de chercheurs de l’enquête Teo a, ensuite, fait à peu près la même chose, donnant des résultats similaires. Et le Pew Research Center s’en est lui-aussi servi pour estimer la population musulmane en France à la mi-2010 (4,7 millions).

Comment expliquez-vous qu'il y ait de tels écarts entre les différentes estimations sur le nombre de musulmans en France ? Quels sont aujourd'hui les moyens de la statistique publique ?

Les écarts proviennent pour ce cas précis de méthodes différentes pour des enquêtes d’envergures différentes. Ce que j’ai expliqué plus haut. Les chiffres qui nourrissent régulièrement l’actualité sont le plus souvent entièrement fantaisistes. Leurs promoteurs sont incapables d’en expliquer la fabrication. Ils ne sont jamais sourcés. Pour être discutée, il faut qu’une estimation repose sur une méthode susceptible d’être discutée et s’appuie sur une observation. La statistique publique peut tout à fait, en droit, introduire des questions sur la religion dans certaines de ses grandes enquêtes.

L’enquête Teo, qui a été menée sur le terrain par l’Insee, l’a fait. Il lui faut seulement avoir un avis favorable de la CNIL et du CNIS. L’INSEE a du mal à franchir le pas car elle craint des polémiques interminables et il garde un mauvais souvenir du scandale causé, dans les années 1970, par le projet SAFARI [Système automatisé pour les fichiers administratifs et le répertoire des individus] censé connecter des fichiers administratifs [nominatifs], afin de produire des informations statistiques et qu’il a dû abandonner sous une bronca médiatique [le projet fut révélé en mars 1974 par le quotidien socialiste Le Monde, sous la présidence de Georges Pompidou, dans un article intitulé "SAFARI ou la chasse aux Français"]. C’est à la suite du scandale du fichier SAFARI que la CNIL a été créée. Ça a rendu l’INSEE timide et précautionneux.

Pourquoi Le Monde accepte-t-il aujourd'hui les statistiques de l'enquête IFOP sans sourciller ?

jeudi 17 mars 2011

Espèce non protégée, le Gaulois est en voie d'extinction

Une sénatrice UMP propose l'éradication des Gaulois

La rédaction d'un manuel franco-africain, telle est l'effarante proposition de Fabienne Keller, ex-maire UMP de Strasbourg que les Alsaciens ont chassée, mais qui a encore droit à un fauteuil UMP au Palais du Luxembourg.

Son rapport rendu public mercredi matin est intitulé
L'avenir des années collège dans les quartiers difficiles: elle vise les "souchiens" et y préconise l'euthanasie des têtes blondes, sans espoir de contenter à la fois les Maghrébins et les Noirs du Sénégal ou du Burundi, en passant par le Mali.
Quel serait le traitement réservé au Soudan ou à la Guinée ?

En préambule, le rapport démarre fort, avec une interprétation douteuse de chiffres incertains mais têtus.
La collation de chiffres confidentiels sur la population immigrée donne lieu à des conclusions dans l'air du temps...
Par exemple, le quartier des Bosquets à Montfermeil compte 44 % de jeunes de moins de 20 ans. En moyenne, ces quartiers connaissent un taux de chômage de plus de 40 % et 29 % de leurs habitants vivent en dessous du seuil de pauvreté. À Clichy-sous-Bois, selon la démographe (INED) Michèle Tribalat (dont les travaux sont souvent des collaborations avec l'ambigü conseiller du CRIF, Pierre-André Taguieff), citée par Fabienne Keller, la proportion des jeunes de moins de 18 ans d'origine étrangère (1) est passée de 22 % en 1968 à 76 % en 2005, sur deux générations. Dans le même temps, leur nombre n'aurait-il pas cru dans des proportions supérieures ? Il faut dire que la sénatrice est tombée sous la coupe de sociologues peu suspects de sympathies droitières (Didier Lapeyronnie, Gilles Kepel, Eric Maurin, ou le philosophe Vincent Cespèdes).

Pour enrayer ce que la pensée unique qualifie de "spirale de la ghettoïsation", consacrant l'association marxiste inéluctable de la paupérisation et de la violence, la sénatrice préconise en premier lieu de participer à leur non-intégration par un travail sur la mémoire de ces jeunes collégiens français. L'Education nationale, en effet, n'a plus aucune ambition et ne jiue donc plus son rôle de facilitatrice d'intégration à la communauté nationale, quand d'ailleurs elle ne l'entrave pas, dans son enseignement, ses ouvrages scolaires orientés et la formation de ses transmetteurs, dans ses nombreuses manifestations syndicales professionnelles et dans la participation et l'encadrement anonymes des fonctionnaires de l'Etat aux associations, tel RESF, par exemple, et à leurs actions politiques radicales de rébellion.
Outre une politique éducative plus large, le rapport énumère toutefois une vingtaine de "leviers d'action" mais peu innovants qui portent à la fois sur la politique de la ville et la "rénovation urbaine". Exemple de manipulation: ce qui se dit et se colporte devient réalité plausible. A propos des stages de classe de troisième et la proposition de leur conférer, avec l'aide d'associations d'étudiants (FIDL ou l'UNL, socialistes l'une et l'autre !) plus de mobilité géographique, afin qu'ils cessent d'être "le miroir de l'enfermement des quartiers": la sénatrice tombe dans le panneau de la fatalité d'un stage d'entreprise au "kebab" du quartier et prend cette caricature au sérieux.


Fabienne Keller peut aisément observer que, "nés en France, mais vivant dans des références qui sont liées à des pays dans lesquels ils n'ont pas vécu, ces jeunes ont un problème personnel d'identité". D'où sa proposition : "Écrire une histoire commune serait un premier pas dans la construction d'un vivre-ensemble." Vivre ensemble ou co-habiter ? Partager une culture hybride dans laquelle personne ne se reconnaît pleinement ? Il fallait bien être polytechnicienne pour battre les énarques sur leur terrain et régler le problème identitaire d'une minorité en déconstruisant les repères nationaux de la majorité ...

Son stimulus: la peur ! Sa solution: le renoncement. La rédactrice de la pensée des démographes et sociologues s'est laissée convaincre que la puissance publique est impuissante à se maintenir face à la menace d'une "contre-société" prise en main par des réseaux mafieux ou extrémistes. Bien que ce comportement défaitiste soit le rappel douloureux d'un passé que l'on croyait révolu, cédons du terrain aux mafia et aux extrêmes, sans combattre...
Ses propositions sont une nouvelle ligne Maginot: les performances du modèle ne l'ont pas dissuadée de céder aux mêmes illusions.

Fabienne Keller humilie les immigrés du sud de la Méditerranée

Si elle était prise au sérieux, cette hallucinante proposition ne rendrait service à aucun Français, ni Ancien, ni Moderne mais, dans cette querelle, il ne fait pas de doute qu'elle recevrait le soutien de la gauche dite républicaine.

Réécrivons donc notre Histoire de France
, suggère la sénatrice et capitaine de corvette de réserve, une UMP reconditionnée par Michèle Tribalat, en sorte qu'elle convienne aux immigrés: ce qui n'avait pas été nécessaire aux immigrés européens le deviendrait aux Africains. Ne serait-ce pas une indécente stigmatisation de leur capacité d'adaptation ?

Qu'en pensent donc la LDH (ligue des droits de l'homme), le MRAP et le CRIF et les autres ? Leur silence concerté serait une complicité suspecte de l'égarement de Fabienne Keller.

Croyez-vous que les sociétés d'historiens vont manifester leur indignation face à cette falsification annoncée de la vérité historique ? Rien n'est évidemment moins sûr.
A étudier l'Histoire de France revisitée à l'usage de la diversité, les Européens ne risqueraient-ils pas de bientôt se sentir étrangers en Europe ?

Fabienne Keller : "Ich bin ein Afrikan !

Est-ce la bonne méthode pour reconquérir la mairie de Strasbourg ?

  • Mme la sénatrice réitère une mauvaise action commise précédemment: un manuel d'histoire franco-allemand a en effet vu le jour il y a quelques années sans susciter la moindre polémique. Signe éclatant de la réconciliation, les historiens de part et d'autre du Rhin ont su rédiger d'une même plume un unique récit de l'histoire des relations entre nos deux pays. Détail de l'histoire, s'il a bien failli s'agir d'occupation et de conquête, il ne s'agissait pas d'immigration. Mais est-ce à dire que la différence est bien mince et simplement provisoire?
  • Autre précédent, la compilation du socialiste Benjamin Stora, qui a bâti sa carrière sur le conflit franco-algérien. Il a produit avec Mohammed Harbi un livre La guerre d'Algérie, paru en 2004, mais il s'agissait de la juxtaposition de contributions très différentes d'historiens français et algériens : un manuel de réconciliation qui flatte le FLN et nos amis algériens.
  • Stora est d'accord pour opposer, mais non pour rassembler. "Un récit unique, non, ça, vraiment, je ne vois pas, déclare Benjamin Stora. Les conceptions sont trop diamétralement divergentes, et à ma connaissance, les intellectuels africains ne sont pas prêts au compromis. Ils ont une vision totalement négative de la colonisation, et la tendance est au ressourcement identitaire contre l'ancienne puissance coloniale. Évidemment, je comprends cette proposition et je la préfère au discours de repli sur l'histoire nationale et au refus des étrangers. Mais elle me paraît irréaliste," sanctionne Stora.

    L'idée d'un manuel franco-africain d'histoire sur mesure ne le choquerait quère au fond, puisque les régimes totalitaires ont pratiqué des relectures des faits historiques. Mais l'Education nationale française n'aspire-t-elle donc qu'à passer sous le préau des méthodes de la FSU, avec la collaboration de l'UMP ?

    Que les cicatrices ne soient pas refermées, là n'est pas le problème.
    Mais alimenter les différences, cultiver le resentiment et entretenir la haine n'ont jamais conduit à la réconciliation. Le renoncement français ne serait pas facteur d'intégration, mais de mépris.

    Nous refusons le mépris de qui que ce soit.


    (1) ayant au moins un parent né hors de France.

    Le candidat de la majorité à la cantonale du Neudorf, Jean-Claude Bader, devra assumer ce rapport Keller...

    mercredi 16 février 2011

    France: géopolitique des flux migratoires

    Intervention au Sénat de Michèle Tribalat (INED)

    VOIR et ENTENDRE
    ce directeur de recherche à l'Institut National d'Etudes démographiques
    , le 27 janvier 2011:

    mardi 30 mars 2010

    M. Tribalat: l'étude qui doute des bienfaits économiques de l'immigration en France

    La pensée unique contre la diversité de la pensée

    La chercheuse Michèle Tribalat dénonce l'autocensure teintée d' "antiracisme idéologique" dans le débat sur l'immigration. Un "antiracisme idéologique" aveugle s'appuyant sur la "valorisation de la minorité en tant que telle".

    La démographe Michèle Tribalat remet en particulier en cause les bénéfices économiques de l'accueil des étrangers en France. Et, comme il se doit, ces travaux universitaires agitent la gauche outragée par cette contestation interne. Les mandarins affichent leur scepticisme méprisant, opposant des réserves hautaines sur la méthode de leur consoeur.

    Hervé Le Bras vs. Michèle Tribalat

  • Directrice de recherche à l'Institut national des études démographiques (INED, depuis 1976), Michèle Tribalat est étiquetée sociologue souverainiste.
    Ses travaux portent sur la démographie de l’immigration, avec des études à l’immigration étrangère en France et les problèmes liés à l’intégration et à l'assimilation des immigrés et de leurs enfants. En 1998, elle a écrit un ouvrage en collaboration avec le politologue Pierre-André Taguieff sur le Front national. Ses derniers travaux portent sur les sujets sensibles liés à l'immigration et à l'islam en France. Lien

    Elle vient de publier "Les yeux grands fermés: l'immigration en France" où elle dénonce une "vigilance antiraciste" entravant l'"analyse rationnelle du réel qui pourrait conduire à l'analyse de politiques adéquates". Cette chercheuse se fonde sur des études volontairement non seulement ignorées par ses confrères, mais vouées à la censure des obscurantistes progressistes.
  • Directeur d'études à l'Institut national d'études démographiques (INED), le sociologue Hervé Le Bras est fils rebelle de l'universitaire Gabriel Le Bras, fondateur de la sociologie religieuse en France. Il occupe plusieurs chaires d'histoire sociale et démographie, dont celle de l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS), siège de la « nouvelle » histoire .

    EHESS est une bien démocratique école de la république. Ainsi, les étudiants candidats à l'intégration doivent-ils se faire « parrainer » par un directeur d'étude (!). L'EHESS est en outre issue de l'autonomisation de la VIe Section de l'École pratique des hautes études (EPHE) où enseignait d'ailleurs le papa Le Bras avant lui et en ... VIe section ! Le parrainage n'est donc rien dans cet ordre universitaire dynastique.
    Dans cette école et sans trop fouiller, on trouve aussi une génération d'ethnologues héritiers critiques de la tradition coloniale française et qui fonda la tout aussi « nouvelle » sociologie, dont celle des pays du tiers-monde qui applique les méthodes de l'anthropologie à l'étude de leurs sociétés d'origine.

    Champion de la pensée dominante, membre du parti socialiste et fervent partisan de l’immigration et de la France métisse, Hervé Le Bras déclare que « “Français de souche” c’est horrible ! » Les études scientifiques de ce chercheur se fondent par conséquent sur de bonnes bases objectives.
    Lien PaSiDupes

    Le Bras s’applique toujours, à 67 ans, à marxiser l'école française de démographie, créant volontiers la polémique en dénonçant les études qui contredisent ses thèses et menacent sa position hégémonique sur ce secteur de la recherche.

    En 1998, il stigmatisait déjà les recherches de Michèle Tribalat.
    Il accusait l'INED de faire le jeu du FN en n'occultant pas les origines raciales dans ses études. Michèle Tribalat objectait déjà que seules les données de ce type permettent de lutter efficacement contre les discriminations.
    « Hervé Le Bras accuse Mme Tribalat de pratiquer une " ethnologie de pacotille " en analysant les difficiles parcours d'intégration des immigrés en fonction de leurs origines. Pis, elle réserverait aux étrangers une division ethnique contestable d'un point de vue anthropologique, tandis que la variable nationale suffirait lorsqu'il s'agirait de décrire les Européens, " L'INED décèle, écrit-il, du Kurde sous le Turc, du Kabyle sous l'Algérien et du Berbère sous le Marocain ", faisant fi des frontières nationales. »
    Selon le mandarin socialiste, « s'interroger, comme le faisait Michèle Tribalat dès 1991, sur les stratifications de la population française en fonction des vagues migratoires, conduit, par défaut, à utiliser la catégorie des " Français de souche ". […] Hervé Le Bras se dit " révulsé " par cette expression qui flatte, selon lui, le " vieux fond ethnique " de la droite. " Du Français de souche, on glisse insensiblement vers l'Indo-Européen ", cher à l'extrême droite païenne, affirme-t-il. » Lien source

    Ainsi estime-t-il que Michèle Tribalat, sa distinguée collègue de « pacotille », défie sa puissance tutélaire et les débats en cercle fermé. En effet, elle "désire se consacrer à une science des migrations, pure et objective qui les surplombe". Sauf que, selon lui, "elle ne fait pas preuve de rigueur dans les chiffres et surtout dans les concepts".
    Las, tandis que H. Le Bras brandit l'épouvantail frontiste, François Héran, chercheur à l'Insee et à l'INED a résumé en novembre 1998 l'étrange contexte de la controverse qui agite en permanence démographes et statisticiens. « A ma gauche, Hervé Le Bras; à ma gauche, Michèle Tribalat: deux versions fortes de la gauche républicaine s'affrontent. Ce serait beaucoup plus simple si le débat opposait la droite à la gauche mais on n'en est pas là. C'est comme si Chevénement et Badinter luttaient ensemble publiquement et que l'extrême droite comptait les points. »

    La démonstration de Michèle Tribalat


    La liberté de recherches menacée

    "L'INED fait de la bonne recherche et la diffuse", sans embrigadement idéologique, ni dissimulation, assure l'ancien directeur de l'INED, François Héran, en affirmant "récuser avec la dernière énergie" ces arguments d'H. Le Bras qui sont une "atteinte à l'honneur professionnel" des chercheurs.

    Mais "la réalité ne compte guère", déplore Michèle Tribalat. Celle-ci dénonce la pensée dominante qui stérilise la recherche, car, selon Le Bras, "il faut se montrer favorable à l'immigration quoi qu'il en soit et quelles que soient ses caractéristiques".

    En écrivant « Les yeux grands fermés: l'immigration en France », Paris, Denoël, mars 2010. (ISBN 978-2-207-26177-4), explique-t-elle, "mon idée était de réhabiliter, pour les réintégrer dans le cercle du débat légitime, des points de vue différents qui ne marquent pas un engouement particulier pour l'immigration".

    La diversité de la pensée aurait-elle plus de mal à percer que la diversité ethnique ?
  • samedi 29 mars 2008

    Retraites : la gauche ne berce plus les Français d’illusions

    Les syndicats mobilisent faiblement pour le statu quo sur les retraites
    La gauche échoue contre le bon sens des Français dont seulement 56% seraient encore contre un allongement de la durée de cotisation. Près de 5 Français sur dix se prononcent pour l’adaptation de la durée de cotisation et réformer le système des retraites et ne sont pas hostiles à un recul de l'âge légal de départ à la retraite, indique un sondage Ifop à paraître demain dans Ouest France.
    Partis et syndicats de gauche veulent absolument ignorer les données nouvelles de la société dans laquelle ils militent selon une idéologie et des comportements du siècle passé.
    Comment la gauche fait-elle pour se fermer au monde d’aujourd’hui et aux informations accessibles à tous ? Arc-boutés sur leurs schémas traditionnels et leur idéologie sclérosée, ils cherchent à tenir la population dans l’ignorance. Malgré les blocages de cette gauche, les Français réalisent quant à eux que l'espérance de vie a progressé depuis 2003, année où la canicule a fait 15.000 victimes et que plus de 20 000 centenaires vivent aujourd'hui en France.

    Un gouvernement responsable et prévoyant peut-il s’aligner sur la démagogie de son opposition ? En effet, selon l'étude de l'INED (Institut national d'études démographiques) publiée vendredi 28 mars, l'espérance de vie des femmes en 2007 s'élève à 84,5 ans, alors qu’entre 1994 et 2002, elle était de 83,7 ans. L'écart, en revanche, est moindre pour les hommes, puisque sur la période, leur espérance de vie est passée de 77,2 à 77,6 ans.
    Les centenaires pourraient être 60 300 en 2050, selon l'INED, car l'espérance de vie ne cesse de progresser. En 2007, l'espérance de vie a fait un véritable bond. Cette amélioration serait en partie «due à la canicule, car depuis, la surveillance s'est renforcée», avance France Meslé, directrice de recherche à l'Ined.
    Il faut que la gauche intègrent les chiffres nouveaux. Les centenaires qui n'étaient qu'une centaine en 1900 et quelque 3 760 en 1990, sont désormais, plus de 20 000 selon les chiffres divulgués cette semaine par l'Institut national d'études démographiques (Ined) dans son portrait annuel de la population française. Au cours des prochaines décennies, leur progression sera freinée, car des classes d'âge moins nombreuses gagnent les sommets de la pyramide. Mais les centenaires restent promis à un bel avenir. Mais qui financera ces retraites ? « Veux pas savoir ! », répond la gauche.
    Que l'opposition le veuille ou non, les conditions de vie et de travail s’améliorent. Les progrès de la médecine et la qualité de l’encadrement ouvrent des perspectives de longévité inédites. L'Insee prévoit que 16,6 % de la population aura plus de 75 ans en 2050 (contre 8 % aujourd'hui). Heureusement, les années gagnées semblent se dérouler en meilleure santé (l'espérance de vie sans incapacité augmente elle aussi), même si la fin de vie varie largement selon les catégories socioprofessionnelles. Faut-il prendre en compte ces avancées ou manipuler l’opinion ? Les Français appelés à manifester aujourd’hui apportent une réponse à la gauche.
    Les manifestations à l'appel de la CGT, de la FSU et de Sud-Solidaires ont été clairsemées samedi. Où étaient FO et la CFDT? Cette faible mobilisation pour la hausse des pensions et contre l'allongement de la durée de cotisation des retraites est qualifiée de "mise en jambes" par Bernard Thibault. La CGT, qui avait fait état d'une centaine de défilés et de rassemblements à travers toute la France, a comptabilisé entre 80.000 et 100.000 personnes au niveau national. A Paris, le plus gros défilé de la journée a rassemblé 4.600 personnes selon la police, 12.000 de source syndicale. Ce désaveu les conduit à multiplier par trois leurs estimations…

    La CGT se comporte en conservatrice de musée.
    A Paris, les protestataires -essentiellement des militants de la CGT- ont défilé dans l'après-midi derrière une banderole sur laquelle on pouvait lire: "Oui à la revalorisation des pensions et des retraites. Non à l'allongement de la durée des cotisations. Stop à la casse de nos retraites". C’est vendeur, mais est-ce réaliste ?
    Reconnaissant la faiblesse de la mobilisation, le secrétaire général de la Fédération syndicale unitaire (FSU) située à gauche et partagée entre socialistes et communistes, Gérard Aschieri qui n'a rien su négocier pour les profs, déclare aujourd'hui –comme les lycéens de la FIDL jeudi !- qu'il s'agissait d'un "début de mouvement qui a le mérite de commencer à poser le débat", bien que le ministre du Travail Xavier Bertrand ait entamé des consultations avec les partenaires sociaux sur cette deuxième phase de la réforme des retraites, jeudi dernier. Le Parlement des représentants du peuple ne comorte donc plus d' interlocuteurs aussi valables et légitimes que les élus de quelques travailleurs encore syndiqués?
    Quant au communiste Thibault, il estime toujours que "les entreprises sont exonérées d'efforts". Les charges sociales leur sont trop légères et l'emploi n'en souffre pas... Et de réclamer sur le dossier des retraites une "vraie négociation interprofessionnelle" -patronat, syndicats, gouvernement- au lieu de simples "consultations".
    Les députés peuvent rentrer à la maison ?
    Tout se passe dans la rue...
    La rentrée sociale de septembre à septembre, et on recommence ?