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samedi 16 décembre 2017

Patrimoine : des ministres millionnaires au gouvernement

En ces temps d'économies, La République en marche ne fait pas pitié

Plusieurs ministres du gouvernement d'Edouard Philippe se sont révélés millionnaires.

Muriel Pénicaud, Nicolas Hulot et Françoise Nyssen sont d'heureux millionnaires, selon leurs propres déclarations de patrimoine publiées vendredi 15 décembre par la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), conformément à la loi relative à la transparence de la vie publique adoptée en 2013.

La ministre du Travail a un patrimoine de plus de 7,5 millions d'euros, selon les documents mis en ligne. 
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Son coiffeur n'est pas millionnaire,
la maquilleuse de Macron, si !
En juillet dernier, la HATVP avait déjà révélé que Muriel Pénicaud a perçu au total 4,74 millions d'euros net de 2012 à 2014, une plus-value réalisée sur des actions Danonealors qu'elle était directrice des ressources humaines du groupe.
Muriel Pénicaud est notamment propriétaire d'une maison dans les Hauts-de-Seine d'une valeur estimée à 1,3 million d'euros, et d'une maison dans la Somme valant 340.000 euros. Le total de ses contrats d'assurance vie, instruments financiers, comptes courants et produits d'épargne atteint quelque 5,9 millions d'euros.

Le ministre de la Transition écologique de plus de 7,2 millions.
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Nicolas Hulot a déclaré une maison de plus de 300 mètres carrés en Corse estimée à plus d'un million d'euros, ainsi que plusieurs autres biens immobiliers en Côte d'Armor et en Savoie dont il est co-propriétaire, d'une valeur totale de 1,9 million.
A cela s'ajoute sa société Eole, qui encaisse ses droits d'auteurs et les royalties des produits dérivés Ushuaïa et dont la valeur est estimée à 3,1 millions d'euros, tandis que le total de ses contrats d'assurance vie, instruments financiers, comptes courants et produits d'épargne atteint environ 1,17 million d'euros.

La ministre de la Culture est à la tête de plus de 4,3 millions en euros
L'ancienne patronne des éditions Actes Sud, déclare 4 millions d'euros pour sa société arlésienne et pour plus de 600.000 euros de biens immobiliers.

Les ministres millionnaires que la presse avait tenté d'escamoter

N'en déplaise aux féministes, deux autres femmes ont fait leur pelote, malgré le sexisme ambiant que dénoncent les activistes.

La ministre de la Culture est talonnée par sa collègue de la Défense, Florence Parly, qui affiche un patrimoine brut de près de 4,6 millions d‘euros, dont 41% d‘un appartement et d‘une maison détenus par une société civile immobilière (SCI).
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Début octobre, Florence Parly avait été épinglée sur son impressionnante rémunération à la SNCF, alors qu’elle était la directrice générale de SNCF Voyageurs : plus de 52.000 euros mensuels dans les six mois précédant sa nomination au gouvernement.
La ministre des Armées, Florence Parly, n’a pas non plus quitté Air France sans biscuits en 2014. L’hebdomadaire Marianne s’est penché sur sa nouvelle déclaration d’intérêt. Il en ressort que son passage  à Air France a été, lui aussi, on ne peut plus que fructueux, alors que la compagnie était en crise. En 2014, au moment de son départ de la compagnie aérienne, Florence Parly a empoché la coquette somme de 675.000 euros, une somme tout à fait légale, mais qui étonne au regard de la crise traversée par Air France qui a subi, sur la période 2012–2013, des plans de départs volontaires et des pertes financières de 129 millions d’euros en 2014.
D’autant qu’avant de recevoir son parachute doré, Florence Parly a par ailleurs amassé près de 80.000 euros par mois de la part d’Air France de janvier 2013 à août 2014, soit environ 69 SMIC mensuels. 
Marianne rappelle que ce parachute doré correspond en fait à une "tradition ancrée au sein de cette entreprise cotée en bourse."

Résultat de recherche d'images pour "Agnès Buzyn laboratoires"
La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, déclare quant à elle un patrimoine brut de près de 3 millions d‘euros, mais dont il faut défalquer 500.000 euros d‘emprunts à rembourser : pas de quoi la menacer des Restos du Coeur...
A la date de janvier 2016, cette ministre - de la Santé - avait été rémunérée par trois laboratoires privés avant 2011 tout en occupant diverses positions dans des organismes publics...

Les autres ministres ne sont pas dans le besoin

Le ministre de l'Economie affiche quant à lui des parts d'une société civile (de 2 personnes) évaluées à 1,5 million d'euros, dans le secteur d'activité des Transports (60130 Cuignières). S'il en possède les deux-tiers il est également millionnaire. 
Selon sa déclaration à la HATVP, il ne serait plus gérant de l'entreprise SCI Aulembra, dont l'activité activité est la location de terrains et d'autres biens immobiliers.
Bruno Le Maire déclare en outre 168.000 euros de placements financiers. Et sa conjointe, Pauline Doussau de Bazignan ?

Cachottier et grincheux
Le premier ministre possède un patrimoine estimé à un peu plus de 1,7 million d’euros, mais certains journaux tiennent absolument à le juger "modeste" ! On trouve néanmoins un appartement parisien (1,25 million d’euros), un appartement en Seine-Maritime (400 000 euros) et des valeurs mobilières d’environ 56.000 euros. 
Or, "mon poulet" de Castaner a déclaré son appartement parisien en ...copropriété (à 50%). En vérité, le couple Philippe est millionnaire. 
Même procédé de l'ancien adjoint chargé de l'urbanisme dans la ville du Havre, dont il est devenu maire, avec un appartement en Seine-Maritime, dont il est également copropriétaire (à 20%) d'une valeur de 400.000 euros. 
Le site Mediapart a récemment pointé une zone d’ombre dans le rapport d'Edouard Philippe à la pierre. L'ancien maire aurait tendance à se faire beaucoup plus discret lorsqu’il s’agit de son propre patrimoine. Alors qu’il ne dispose pas d’un patrimoine immobilier fantôme, comme celui d’Emmanuel Macron, il a constamment évacué l'évaluation de ses biens avec la formule "Aucune idée". Aussi bien pour son appartement à Paris que pour ses parts dans une résidence de Seine-Maritime. Une attitude désinvolte qui lui aurait valu, révéla Mediapart en 2014, un blâme de la part de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique, pour une déclaration incomplète et fantasque assortie d’annotations manuscrites ironiques. Une attitude que le grincheux explique par "une forme de mauvaise humeur" et son absence d’accès aux bases de données permettant une évaluation. Il faut que, de toute urgence républicaine, il découvre Patrim, un service mis à disposition par l’administration fiscale, notamment pour éclairer les propriétaires qui ne sauraient plus quelle est l'étendue de leur propre patrimoine.
Quant au total de ses contrats d'assurance vie, instruments financiers, comptes courants et comptes épargne, il atteint environ 56.000 euros. Il doit également rembourser un emprunt immobilier de quelque 336.000 euros. Au taux d'intérêts consenti aux députés ?
"L’enrichissement personnel" de certains parlementaires grâce à leur IRFM (5.770 euros brut mensuels) "est notoire", déplore l'association 'Pour une démocratie directe'. L'IRFM : en plus de leur "indemnité parlementaire" (soit leur salaire, d'un montant de 7 100 euros brut) et de leur "crédit affecté à la rémunération de collaborateurs" (pour payer les assistants, conseillers…) L'association souligne par ailleurs que des prêts immobiliers ont été accordés jusqu'en 2012 à certains députés sur le budget de ...l'Assemblée. Or, c'est le statu quo, malgré l'annonce de la moralisation de la vie publique et alors même que certains prêts "courent jusqu'en 2020" et que leur attribution n'est plus autorisée aujourd'hui. Le montant avancé de ces prêts en cours est "entre 80 et 90 millions d'euros". Edouard Philippe a été député de mars 2012 à juin 2017.
Les prêts immobiliers ont été aux députés accordés à
des taux d'intérêt très inférieurs au marché ("1,9 point en dessous du taux auquel l’Etat empruntait" : d'où une perte pour l'Etat et surtout la collectivité des contribuables)...
En titre, Le Monde recense en revanche 
"De nombreux millionnaires parmi les membres du gouvernement"...

Le "président des riches", Emmanuel Macron,en vérité  compte une douzaine de millionnaires dans son équipe gouvernementale de 32. L'AFP en tête, certains journaux font donc l'impasse sur la plupart, sachant que, nommés lors du mini-remaniement du 24 novembre, les secrétaires d’Etat Olivier Dussopt et Delphine Gény-Stephann disposent d’un délai supplémentaire et leur patrimoine ne sera pas publié avant quelques semaines.

Outre Muriel Pénicaud, la ministre du Travail,  ou Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique et solidaire (qui possède six voitures polluantes, un bateau et une moto aux bilans carbone non moins négligeables, et un scooter électrique)

Le "sans dents" du gouvernement est Gérald Darmanin, le ministre de l’action et des comptes publics, qui possède moins de 50.000 euros de biens, principalement représentés par un terrain – non constructible – de deux hectares situé dans le Nord (estimé à 30.000 euros). Une "fortune" qui place l’ancien député Les Républicains parmi les Français les plus modestes.
Selon l’Insee, le patrimoine moyen est de 158.000 euros bruts par ménage en France. Les 10 % des Français les plus riches détiennent 595.700 euros d’actifs et les 1 % les plus favorisés disposent de plus de 1,95 million d’euros.

La Haute Autorité minimise les cas de tentative d'évasion
Selon la HATVP, tous les ministres se sont prêtés de bonne grâce, et dans les délais, à l’exercice de transparence. Le collège de la HATVP n’a pas relevé d’anomalies ..."graves", qui auraient nécessité une observation publique ou, pire, un signalement au parquet.

Néanmoins, un tiers des déclarations "de situation patrimoniale" des membres du gouvernement ont suscité des demandes d'éclaircissements de la HATVP aux déclarants, et des demandes de précisions ou de rectifications "techniques" portant sur des éléments manquants, incomplets voire erronés (quote-part, usufruit ou nue-propriété, etc.), ont été effectuées, selon la Haute Autorité. Il s’agit d’une proportion comparable à celle constatée pour les députés de la précédente législature (2012-2017) et qui reste donc importante, en dépit de la promesse que la moralisation de la vie publique se mettrait un jour en marche.

Trois membres du gouvernement ont été invités à réévaluer leur patrimoine, dans des déclarations rectificatives séparées

Avant
Résultat de recherche d'images pour "Nathalie Loiseau "
Après (2017)
La ministre chargée des affaires européennes. Elle veut tout (ci-contre), Nathalie Loiseau, mais a dû rehausser de 400.000 euros la valeur de son appartement de 190 m2 à Paris (à 2 millions d’euros).

La garde des Sceaux. Nicole Belloubet a dû retrouver la mémoire sur un patrimoine immobilier déjà conséquent, dont des parts dans deux appartements à Paris et une maison dans l’Aveyron, pour une valeur vénale supplémentaire de 336.000 euros (environ 1 million d’euros au total). Celles-ci ne figuraient nulle part dans sa première déclaration... 

L'écologiste Nicolas Hulot avait lui aussi fait une omission : des parts dans une maison et un appartement, pour une valeur cumulée de 157.000 euros, une broutille dans sa longue liste de biens.

Toutes les déclarations publiées vendredi restent sous le contrôle de la HATVP durant toute la durée des fonctions ministérielles des déclarants, la Haute Autorité se réservant la possibilité d’en réexaminer la sincérité, si de nouvelles informations lui parvenaient… signalées par des citoyens ou par la presse. "Ces premières vérifications constituent une étape importante. Mais elles n’ont pas valeur de quitus ad vitam aeternam", souligne-t-on à la HATVP.

Quant à Emmanuel Macron, c’est la déclaration qu’il a effectuée lorsqu’il s’était porté candidat à l’élection présidentielle qui reste valable. 
Résultat de recherche d'images pour "patrimoine ministres Macron"
A la différence de ses ministres, celle-ci n’a pas été contrôlée par la HATVP, la loi alors en vigueur ne le prévoyant pas. Mais celle sur la confiance dans la vie publique du 15 septembre 2017 a changé les règles. Du coup, la Haute Autorité sera amenée à contrôler sa déclaration à la fin de son mandat… en 2022.

Près d'un ministre sur trois est millionnaire
Ils sont une douzaine. D'autres, parmi les 32 membres du gouvernement, sont à la tête d'un patrimoine brut tutoyant le million d'euros, tel Jean-Yves Le Drian (Affaires étrangères) ou Gérard Collomb (Intérieur).

mercredi 11 octobre 2017

Hulot, ministre suspect de noyautage de la médiation sur Notre-Dame-des-Landes

Ministre d'Etat interpellé sur les liens de sa fondation avec l'aéroport de N-D-des-Landes

Le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, avait affirmé vouloir "remettre les choses à plat"

Des médiateurs ont jusqu'à la fin de l'année 2017 pour donner au gouvernement leur expertise sur la pertinence écologique de construire un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Pour l'heure, il apparaît que les trois experts seraient unanimement en faveur de l'option alternative à l'aéroport Ayrault : l’adaptation de l'aéroport de Nantes. 
Mais, lors de la séance de questions au gouvernement du mardi 10 octobre le député UDI de la Mayenne Yannick Favennec (Les Constructifs, juppéiste) a interpellé Nicolas Hulot au sujet des membres de cette médiation et surtout des partenaires qu'ils choisissent, dont certains sont proches de la Fondation Hulot. 


"Monsieur le ministre, quand allez-vous arrêter de nous embrouiller sur le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes ?" demanda Yannick Favennec.
"Les médiateurs que vous avez nommés ont demandé à la société Carbone 4 une expertise complémentaire sur le bilan carbone des deux options possibles [...]. Or, deux des dirigeants de cette société sont des personnalités que vous connaissez très bien. Au même titre qu'un des trois médiateurs, Jean-Marc Jancovici siège au comité stratégique de la Fondation Hulot. Alain Grandjean siège quant à lui au conseil scientifique de votre fondation. Vous lui avez d'ailleurs remis la légion d'honneur. [...] 
L'appartenance de ces deux personnalités à la Fondation Hulot créé la suspicion sur l'indépendance de leurs futures conclusions. Si on y ajoute que messieurs Grandjean et Jancovici ont pris des positions personnelles contre Notre-Dame-des-Landes, alors, monsieur le ministre, Notre-Dame-des-Landes, réelle médiation ou véritable manipulation ? 

Le ministre d'Etat Nicolas Hulot a répondu avec mépris

Le numéro 2 du gouvernement n'a pas apprécié la question et a répliqué "peu importe" à l'élu, lui qui n'est l'élu de nulle part et qui, comme le président Macron, appartient à la société civile. 
Nicolas Hulot, 62 ans, n'arrive d'ailleurs pas à cacher son embarras, au point d'écorcher le nom du député Les Constructifs. "Monsieur le Président, Mesdames Messieurs les députés, Monsieur le député Favenne... ['Favennec', entend-on dans l'hémicycle] Peu importe. [Nicolas Hulot est hué].

Il traite à leur tour avec mépris les élus de la nation qui le corrigent alors : 
"Peu importe parce que votre propos est lourd d'insinuation. 
Pardon de vous le dire, mais je vous demanderai de faire la démonstration que j'ai, en quoi que ce soit, participé de près ou de loin, non seulement à la nomination des experts, mais à la demande de ces experts de désigner Carbone 4 pour faire cette évaluation. [...] Pour tout vous dire, je l'ai découvert en ayant connaissance de votre question. [...] Je me plierai à la décision du gouvernement qui sera consécutive au travail de cette médiation, qui a pour vocation d'étudier en toute indépendance, et je peux le garantir, toutes les alternatives."
Nicolas Hulot s'est toujours clairement opposé à ce projet d'aéroport, persuadé qu'il existe "d'autres alternatives". La médiation "en fera la démonstration" avait-il assuré en mai dernier.

Deux médiateurs sont des mentors de Nicolas Hulot

Jean-Marc Jancovici, ingénieur consultant, 
Résultat de recherche d'images pour "Jean-Marc Jancovici"
collabora (2001-2010) avec l'ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, établissement public à caractère industriel et commercial) placé sous la tutelle des ministres chargés de la recherche, de l'écologie et de l'énergie, pour la mise au point du bilan carbone dont il est le principal développeur.

En 2001, il entre au comité de veille écologique de la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l'homme, puis en 2005 au comité stratégique de cette même fondation. Il y est coauteur du Pacte écologique, signé par les différents candidats à la présidentielle de 2007.

En 2007, il participe en tant que personne morale associée au groupe 1 du Grenelle Environnement : "Lutter contre les changements climatiques et maîtriser l’énergie".
En 2007, il fonde également le cabinet Carbone 4 avec Alain Grandjean, avec lequel il publie.

Il est membre du conseil scientifique du Service de l'Observation et des Statistiques (SOES) du ministère de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de la Mer.
Il est constamment invité à participer à des débats de radio et de télévision, en qualité d'expert, sans précisions de ses liens avec le pouvoir depuis environ six ans. 


Alain Grandjean, fondateur et associé de Carbone 4 
Alain Grandjean - 2009.jpg
(cabinet de conseil et d'études sur le carbone), est membre du comité de veille écologique et du comité stratégique de la fondation Nicolas-Hulot depuis 2005.


Il a participé à la rédaction de la partie 'Taxe carbone' du 'pacte écologique' de Nicolas Hulot.

Il fut le représentant de la fondation Hulot à l’atelier 1 (Énergie-climat) du 'Grenelle de l’environnement'. 

Accessoirement, avec Pascal Canfin et Gérard Mestrallet, il co-présida la "mission sur le prix du carbone au niveau européen" commandée par Ségolène Royal, alors ministre de l'Environnement et présidente de la COP.


Mais Hulot garantit qu'il n'avait pas connaissance de leur participation à la médiation.

mercredi 12 juillet 2017

Les prises d'intérêts privées du ministre Nicolas Hulot révélées

Les raisons pourquoi Hulot préférait n'entrer dans aucun gouvernement

Nicolas Hulot a tiré de larges rémunérations de sa fondation et d’une entreprise, révèle 
Le Canard Enchaîné le mercredi 5 juillet

Les révélations se multiplient sur les ministres du gouvernement Édouard Philippe.
 

Ainsi, quatre d’entre eux ont déjà dû démissionner – Richard FerrandSylvie GoulardFrançois Bayrou et Marielle de Sarnez – après des soupçons dans l’affaire des assistants parlementaires du MoDem et dans l'affaire des Mutuelles de Bretagne, pour Ferrand. 

Muriel Pénicaud est également accusée de ne pas avoir respecté des règles de mise en concurrence au profit du candidat Macron en campagne à Las Vegas, quand elle était en charge de l’organisme public Business France. 

Le cinquième à concentrer 
les soupçons sur sa personne est désormais Nicolas Hulot, le ministre de la Transition écologique. 

La Fondation Hulot tourne à plein régime 

Révélations sur des profits embarrassants pour le ministre Nicolas Hulot Selon les informations du Canard Enchaîné, la Fondation Nicolas Hulot est une juteuse pompe à fric: elle a reçu des gros chèques depuis plusieurs années. Audrey Pulvar, qui a eu vent des profits à en tirer, a volontiers pris la succession du ministre lorsque la fondation fut rebaptisée "Fondation pour la nature et l’homme". 

Ainsi, EDF a versé 460.000 euros à la fondation jusqu’en 2012 et 100.000 depuis. 
Malgré les délais supplémentaires pris par le Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Politique, Hulot est passé au travers des mailles, sauf si les supposés contrôles de moralité ont été une fumisterie pour permettre au président de constituer une équipe gouvernementale. Et le président Macron en a fait un ministre d'Etat et un second dans l'ordre protocolaire gouvernemental.

De possibles conflits d’intérêts entre EDF et l'actuel ministre ternissent l'image saine que l'écologiste veut véhiculer. Il va en effet devoir bientôt prendre position sur l’EPR de Flamanville, détenu par ...EDF 

"C’est la Haute Autorité qui appréciera" : a posteriori ...

La HATVP va devoir être juge et partie  ! 
Et elle n'en a pas fini. "De 2012 à 2017, Veolia a casqué 200.000 euros par an à la Fondation et ce généreux mécène siège même à son conseil d’administration [celui de Monsieur Hulot]", écrit le Canard Enchaîné. 

Sauf que dans le champ de compétences du ministre de la Transition écologique, apparaît "l’écologie circulaire" (le recyclage des déchets), un marché brigué par… Veolia. "Tout sera déclaré à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. C’est elle qui appréciera s’il y a conflit d’intérêts", répond Nicolas Hulot au journal satirique. Et la Justice n'aura pas à y mettre le nez ?

Les jolis bénéfices des produits Ushuaïa. 
Le CV de l'ancien animateur télé a donné quelques suées à l’Elysée avant son entrée au gouvernement. Et pour cause, à côté de sa Fondation, l’actuel ministre de la Transition écologique détient la société Éole Conseil, essentiellement alimentée par des royalties touchées sur les ventes des shampoings, gels douche et autres lunettes estampillés "Ushuaïa". Et le Canard Enchaîné de préciser : "la marque appartient à TF1, mais la chaîne a cédé la licence à une dizaine de grands défenseurs de la nature, tels L’Oréal ou l’opticien Atoll. Hulot, qui a signé un contrat avec TF1, touche une partie des royalties. En 1992, ce deal juteux lui rapportait déjà 113.000 euros". Ce qui n'est pas illégal, mais interpelle sur son indépendance de ministre à l'égard des intérêts d'EDF et aussi de sa société. 

Pourtant, ses comptes sont devenus moins transparents depuis 3 ans... "A partir des années 2000, Éole Conseil a dégagé entre 480.000 et 715.000 de chiffre d’affaire par an", révèle encore le Canard Enchaîné. Une véritable machine à cash pour l’écolo qui engloutit le gâteau à lui tout seul. Et pour cause, il est le seul salarié de sa société et possède 99,9% des parts. Des bénéfices auxquels il faut ajouter son salaire annuel, 290.000 euros en 2013. Mais depuis, les  comptes de la société des années 2014 et 2015 ont été déposés sous le régime de la confidentialité.

Les statuts de la société Éole Conseil ne sont pas moins gênants. 
La société a pour objet la "création" de livres ou de films dédiés à "la promotion de l’image et de la personne de Nicolas Hulot", de quoi inspirer un hyper-président fasciné par son image. Eole Conseil est aussi dédiée au "conseil en relations publiques et en communication sous toutes ses formes" ou encore "l’organisation et l’animation de conférences". Conseil et conférences qui pourraient également alimenter d’éventuels soupçons de conflit d’intérêts, le tout à quelques semaines de la loi sur la moralisation de la vie publique. "Je n’ai jamais donné de conférences rémunérées ni joué les consultants", se défend Nicolas Hulot dans LE Canard. "Toutes les recettes d’Éole proviennent des produits Ushuaïa et de droits d’auteur sur les livres".

Or, le nucléaire est le grand absent des annonces de Hulot 
sur son Plan climat...
Résultat de recherche d'images pour "feuille de route énergétique de la France créée par la loi sur la transition énergétique"
En matière nucléaire, l'écologiste se hâte lentement. Le 6 juillet dernier, Hulot a présenté son plan climatmais sans aborder concrètement la question du nucléaire, notamment en matière de réduction de la part du nucléaireC'était le grand thème absent de son plan climat. Nicolas Hulot a levé le flou ce lundi sur ses intentions sur le nucléaire. 

Le ministre de la Transition écologique a annoncé la fermeture de réacteurs. Mais quand il précise le calendrier, c'est pour déclarer : "Peut-être jusqu'à 17", a-t-il esquivé au micro de RTL. Le respect de la loi sur la transition énergétique ambitionne pourtant de ramener à 50% la part de l'atome dans la production d'électricité à l'horizon 2025. "Chacun peut comprendre que pour tenir cet objectif, on va fermer un certain nombre de réacteurs (...). Laissez moi planifier les choses, ce sera peut-être jusqu'à 17 réacteurs; il faut qu'on regarde", a avoué l'ex-militant. "Chaque réacteur a une situation économique, sociale et même de sécurité très différente", a commenté le ministre, qui semble découvrir toute la complexité de la situation et souhaite désormais "planifier" la transition vers une production d'électricité plus diversifiée. 
Résultat de recherche d'images pour "Hulot feuille de route énergétique"Des élus pointent le "flou" gouvernemental sur les moyens, mais la presse les pointe du doigt, les signalant comme des membres de l'opposition ! Quand ils ne gravitent pas dans la nébuleuse macronienne, les experts se montrent sceptiques sur l'échéance de 2025.  Le 9 juillet, le ministre de la Transition écologique avait maintenu le cap fixé par la loi de transition énergétique votée en 2015, mais dont les associations craignent qu'il ne débouche sur aucune application concrète. "Nous nous conformerons à la Programmation pluriannuelle énergétique", ou PPE, la feuille de route énergétique de la France créée par la loi sur la transition énergétique, a déclaré une porte-parole d'EDF, l'exploitant des 58 réacteurs nucléaires français, sans commenter directement les déclarations de Nicolas Hulot. De nombreux experts jugent toutefois l'échéance de 2025 difficile à tenir pour réduire de 75% à 50% la part du nucléaire dans la production électrique françaises.

Macron, ancien patron de Bercy, pouvait-il ignorer les entraves de son ministre d'Etat ?