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lundi 16 juillet 2012

Heures supplémentaires: le gouvernement renonce sur la rétroactivité

Le PS  abandonne la suppression de la défiscalisation au 1er janvier 2012

La commission des Finances de l'Assemblée nationale a proposé lundi de repousser au 1er juillet 2012, au lieu du 1er janvier 2012, la taxation des heures supplémentaires, lors d'une ultime réunion avant l'examen en séance du budget rectificatif

Le rapporteur général du Budget, Christian Eckert (PS), qui avait proposé de supprimer la défiscalisation des heures supplémentaires à compter du 1er janvier 2012, a modifié son amendement pour retarder l'entrée en vigueur de cette abrogation, selon des sources parlementaires.
Les socialistes n'appliqueront pas leur menace sur cette mesure du quinquennat de Nicolas Sarkozy qui symbolisait le slogan du "travailler plus pour gagner plus".
Selon le président du groupe socialiste à l'Assemblée, Bruno Le Roux, il est "logique que la fiscalisation prenne effet après l'élection de François Hollande", qui avait inscrit cette mesure dans ses engagements de campagne.
Comme on lui demandait s'il ne s'agissait pas d'"un renoncement" de la part de la gauche, le rapporteur général du Budget Christian Eckert (PS) ne convainc pas: "le renoncement eût été de ne pas appliquer la mesure en 2012. C'était une mesure annoncée, validée pendant les campagnes" !

Si Xavier Bertrand a parlé d' "une injustice sans nom" pour ceux qui font des heures supplémentaires, Eckert a en revanche minimisé, certifiant que la défiscalisation "sur les contribuables les moins aisés leur fait économiser 13 euros par an", sans compter que "la moitié des contribuables, dont les plus défavorisés, ne sont pas imposés". Puisque les plus défavorisés sont vraisemblablement en recherche d'emploi - et donc d'heures supplémentaires - , la remarque vaut son pesant de cacahuètes !


La majorité est divisée

Lundi matin, le ministre chargé des Relations avec le Parlement, Alain Vidalies, avait exprimé des réticences sur l'entrée en vigueur au 1er janvier, car elle entraînait une rétroactivité de la mesure, même si l'opposition ne contestait pas la légalité de la rétroactivité.

Le collectif budgétaire prévoit que l'autre partie des exonérations, qui sont des exonérations de cotisations sociales (patronales et salariales), sera supprimée à la date du 1er septembre. 
Seules continueraient à être exonérées les cotisations patronales dans les très petites entreprises.

Le projet de loi de Finances est revu et corrigé

Initialement, le projet de loi de Finances ne supprimait que cette partie du dispositif, les exonérations de cotisations, et ne supprimait pas le volet fiscal (environ 1,5 milliard d'euros). Ce volet ne devait être supprimé qu'à l'automne. 
Mais vendredi, Christian Eckert et les députés PS avaient déposé un amendement pour supprimer les exonérations d'impôt sur le revenu.

La droite raille ces reculades  

"Un demi-scandale reste un scandale, mais nous avons réussi à faire gagner six mois aux salariés concernés", a réagi l'ancien ministre UMP Xavier Bertrand, membre de la commission des Finances. "M. Eckert était en service commandé du gouvernement pour déposer son amendement", a-t-il ajouté.

L'ex-ministre du Travail Eric Woerth a estimé que "le 1er juillet, c'est mieux que le 1er janvier, mais c'est tout de même déjà passé". Selon lui, "changer les règles du jeu après le match, c'est tout à fait injuste".




jeudi 28 juin 2012

Parité socialiste: le compte n'y est pas aux présidences de commissions de l'Assemblée nationale

Présidences de commissions à l'Assemblée: 3 femmes et 5 hommes, dont un UMP

Les huit commissions permanentes de l'Assemblée se sont réunies jeudi pour élire leur président, sans surprise par rapport aux accords intervenus en début de semaine: trois femmes, cinq hommes, aucun écologiste, et Gilles Carrez (UMP) à la tête de la commission des Finances.

Les commissions de l'Assemblée ont un pouvoir prépondérant, puisque c'est le texte du gouvernement ou député tel qu'elles le modifient qui est ensuite examiné en séance publique, à l'exception des textes budgétaires.

Trois femmes ont été désignées

Elisabeth Guigou (PS, Seine-Saint-Denis) a obtenu un lot de consolation: elle présidera la commission des Affaires Etrangères
Patricia Adam (PS, Brest, Finistère) celle de la Défense
Catherine Lemorton celle des Affaires sociales.

Des hommes aussi, encore

Patrick Bloche (PS, Paris) prend la tête de la commission des Affaires culturelles et de l'éducation,
François Brottes (PS, Isère) celle des Affaires économiques,
Jean-Jacques Urvoas (PS, Finistère), celle des Lois, alors qu'on le donnait au ministère de la Justice,
et Jean-Paul Chanteguet (PS, Indre) celle du développement durable.

Le groupe écologiste avait fortement protesté mardi après s'être vu refuser par le PS la présidence de la commission du développement durable.

L'ancien rapporteur général du Budget, 10 ans aux manettes, Gilles Carrez (UMP), devient président de la commission des Finances, seule commission dont la présidence est réservée à l'opposition, depuis que le président Sarkozy l'a décidé.
Christian Eckert (PS, Moselle) a été désigné rapporteur général du Budget
La nouvelle députée écologiste Eva Sas (Essonne) a été élue vice-présidente de la commission des Finances.

Les membres de commissions

Les anciens ministres François Baroin, Valérie Pécresse, Xavier Bertrand, Laurent Wauquiez, Bruno Le Maire, Eric WoerthChristian Estrosi siègent à la commission des Finances, souvent considérée comme la plus prestigieuse.

L'ancien Premier ministre François Fillon est annoncé à la commission des Affaires étrangères.

Le nouveau député Gilbert Collard, élu avec le soutien du Front National et avocat de profession, siègera à la commission des Lois.
Marion Maréchal-Le Pen siègera aux Affaires culturelles.

Olivier Falorni, tombeur de Désirdavenir Royal à la Rochelle, siègera à la commission du développement durable.